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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;. Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.org/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Chronologie syndicale des luttes ouvri&#232;res en France et dans le monde - Les raisons de la d&#233;faite -</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
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		<dc:subject>Lutte des classes- Class struggle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Un exemple de pr&#233;tendu leader syndicaliste CGT pseudo-radical, Bernard Thibaut avec ses petits amis du pouvoir Sarkozy et Hortefeux qu'il pr&#233;tend combattre de toutes ses forces...Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique97" rel="directory"&gt;29 - Soixante ans de luttes de classe en France&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;prol&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot110" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?mot295" rel="tag"&gt;Lutte des classes- Class struggle&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un exemple de pr&#233;tendu leader syndicaliste CGT pseudo-radical, Bernard Thibaut avec ses petits amis du pouvoir Sarkozy et Hortefeux qu'il pr&#233;tend combattre de toutes ses forces...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/cul_et_chemise_004-0ffa6-2.jpg' width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_14026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://matierevolution.fr/IMG/jpg/sarkozy_thibault-4--cb231.jpg' width=&#034;250&#034; height=&#034;338&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des mobilisations parfois r&#233;ussies, les attaques patronales et gouvernementales de ces derni&#232;res ann&#233;es ont toutes &#233;t&#233; des succ&#232;s. Les entreprises qui licencient, comme New Fabris ou Continental, ont connu des gr&#232;ves (gr&#232;ves massives avec occupation et parfois des cadres et dirigeants s&#233;questr&#233;s et menaces de faire exploser l'entreprise &#233;ventuellement), mais, au final, les salari&#233;s sont licenci&#233;s, et les sous qu'ils ont gagn&#233; durement ne sont rien face au co&#251;t de la vie et rien face aux profits des capitalistes. Certains syndicats parlent de victoire et certains des salari&#233;s qui ont men&#233; ces luttes ressentent honn&#234;tement une victoire mais elle est bien am&#232;re... Pour le reste, le r&#233;sultat de la strat&#233;gie de journ&#233;es d'action suivies de n&#233;gociations avec l'Etat et les patrons est un recul sur toute la ligne. Les services publics sont progressivement attaqu&#233;s et privatis&#233;s. Le ch&#244;mage et la mis&#232;re augmentent. Les retraites, la sant&#233;, la s&#233;cu sont mis en cause. Et la crise est loin d'&#234;tre finie. C'est par la gr&#232;ve et dans la rue que les travailleurs peuvent d&#233;montrer que la retraite &#224; 60 ans ne se discute pas !!! Et le mouvement de 2003 sur la d&#233;fense des retraites nous a suffisamment montr&#233; que les centrales syndicales peuvent faire descendre du monde dans la rue pour une promenade mais qu'ensuite elles se retirent et abandonnent le combat..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie actuelle des centrales syndicales est tout enti&#232;re r&#233;sum&#233;e dans cette r&#233;cente d&#233;claration de la CGT sur les retraites qui annonce que le gouvernement devra accepter de discuter de la retraite &#224; 60 ans. C'est une strat&#233;gie de discussion face &#224; des patrons et &#224; un gouvernement qui attaquent...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1968 : la mobilisation trahie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1968, tout en organisant de fait la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale afin d'emp&#234;cher de se laisser d&#233;border par le mouvement spontan&#233;, la CGT a dans le m&#234;me temps d&#233;mobilis&#233; en s'opposant &#224; l'occupation massive et effective des usines comme en juin 1936. Du coup, il ne lui a pas &#233;t&#233; trop difficile de faire reprendre le travail malgr&#233; la minceur des concessions patronales et gouvernementales, malgr&#233; aussi l'&#233;chec politique puisque le ras-le-bol du r&#233;gime gaulliste qui &#233;tait pour une bonne part dans le d&#233;clenchement de la r&#233;volte n'eut aucun d&#233;bouch&#233; imm&#233;diat. Qui a donn&#233; un coup d'arr&#234;t &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re de mai-juin 1968 ? Les syndicats et, en premier, la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1967 et pendant les premiers mois de 1968, une s&#233;rie de gr&#232;ves, d'occupations et de confrontations avec les forces de l'ordre&#034; montra que la classe ouvri&#232;re devenait de plus en plus combative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1967, &#224; l'usine Rhodiaceta de Besan&#231;on, 3200 travailleurs firent gr&#232;ve contre les menaces de ch&#244;mage ; le mouvement s'&#233;tendit rapidement aux autres usines Rhodia, notamment &#224; Lyon, et aux filiales Cellophane et Nordsyntex. La majorit&#233; des gr&#233;vistes refusa un accord avec le patronat et maintint la gr&#232;ve. 300 gardes mobiles occup&#232;rent alors l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la rentr&#233;e de la m&#234;me ann&#233;e, des gr&#232;ves &#233;clat&#232;rent au Mans et &#224; Mulhouse en protestation contre les ordonnances et le ch&#244;mage. Au Mans les CRS encercl&#232;rent la ville. A Mulhouse, la pr&#233;fecture fut attaqu&#233;e par les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1968 &#224; Caen, les 4800 travailleurs de l'usine SAVIEM se mirent en gr&#232;ve pour une hausse de salaires, passant rapidement &#224; l'occupation de l'usine. Arm&#233;s de frondes et de matraques, les jeunes travailleurs (la moyenne d'&#226;ge &#233;tait de 25 ans) particip&#232;rent &#224; plusieurs affrontements avec les CRS. Li&#233;e au soutien massif venu d'autres travailleurs de la ville, cette volont&#233; de lutte montra clairement que des sections de la jeunesse ouvri&#232;re &#233;taient pr&#234;tes &#224; en d&#233;coudre avec le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, les salaires des travailleurs fran&#231;ais &#233;taient les plus bas de la CEE, les semaines de travail les plus longues (jusqu'&#224; 52 heures dans certaines branches !), et les imp&#244;ts les plus &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mieux faire face &#224; la fin des &#034;trente glorieuses&#034; qui s'annon&#231;ait &#224; l'&#233;chelle mondiale, notamment lors de la crise de l'&#233;talon-or, de la d&#233;valuation de la livre britannique en 1967, et de la lev&#233;e des contr&#244;les douaniers au sein de la CEE pr&#233;vue pour juillet 1968, le gouvernement Pompidou pr&#233;para de nouvelles attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de mars 1967, il commen&#231;a &#224; r&#233;diger des ordonnances pour faire passer les pires attaques, notamment contre la S&#233;curit&#233; Sociale et l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats montr&#232;rent &#224; plusieurs reprises leur capacit&#233; &#224; mobiliser les travailleurs, notamment autour de la S&#233;curit&#233; Sociale. Ainsi, le 13 d&#233;cembre 1967, des millions de travailleurs particip&#232;rent &#224; une journ&#233;e d'action organis&#233;e par toutes les centrales syndicales pour protester contre le ch&#244;mage et les attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le succ&#232;s de cette journ&#233;e, la quatri&#232;me protestation du genre, les syndicats ne propos&#232;rent rien, sinon une nouvelle journ&#233;e d'action... en mai 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la lutte des &#233;tudiants qui allait d&#233;montrer que le pouvoir fort dont parlaient les syndicats pour refuser d'entrer en lutte &#233;tait un mythe. Le 11 mai, le g&#233;n&#233;ral De Gaulle c&#233;dait au mouvement &#233;tudiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 mai entre 600.000 et 1 million de manifestants d&#233;fil&#232;rent dans une &#233;norme manifestation de solidarit&#233; entre syndicats et &#233;tudiants. Partout dans le pays, des millions de travailleurs firent gr&#232;ve, suivant les mots d'ordres des centrales syndicales. Le mouvement, d'abord limit&#233; aux seuls &#233;tudiants, devint un mouvement de classe et un mouvement national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait pu &#234;tre la fin de l'histoire. Les dirigeants syndicaux esp&#233;raient utiliser l'&#233;lan des &#233;tudiants pour renforcer leur campagne contre les ordonnances sur la S&#233;curit&#233; Sociale, mais sans chercher &#224; se servir des moyens politiques d'occupation et de manifestation employ&#233;s par les jeunes. Loin de l&#224;. C'est sous la forme d'une p&#233;tition que les syndicats lanc&#232;rent leur campagne, le 15 mai !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; Sud-Aviation (Nantes), o&#249; un conflit salarial qui devrait dur&#233; plusieurs mois, les travailleurs, encourag&#233;s par la victoire &#233;tudiante d&#233;cid&#232;rent d'en d&#233;coudre. Le 14 mai, ils lanc&#232;rent une occupation et enferm&#232;rent le directeur et ses sbires dans leurs bureaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain la gr&#232;ve &#233;clatait &#224; Renault Cl&#233;on. Le 16 mai, c'&#233;tait le tour de Renault Billancourt, &#224; l'&#233;poque le symbole de la classe ouvri&#232;re autant que celui de sa direction stalinienne. Encore une fois, ce furent les jeunes travailleurs qui lanc&#232;rent le mouvement, contre la pression des dirigeants syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s rapidement, la classe ouvri&#232;re presque toute enti&#232;re se mit en gr&#232;ve. Parmi 15 millions de travailleurs, pr&#232;s des deux-tiers firent gr&#232;ve. Plus de 4 millions pendant trois semaines, plus de 2 millions pendant un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revendications &#233;taient diverses : hausses de salaires, contre l'autoritarisme des patrons, pour la d&#233;fense de la S&#233;curit&#233; Sociale. La gr&#232;ve toucha toutes les couches de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, Michelin, Peugeot, Citro&#235;n, les ports et les mines d&#233;clar&#232;rent la gr&#232;ve totale. Les journaux, puis l'ORTF, l'Op&#233;ra, l'Od&#233;on, les chauffeurs de taxi et m&#234;me les laboratoires du Commissariat &#224; l'Energie Atomique de Saclay o&#249; des conseils ouvriers furent organis&#233;s, se mirent de la partie. De m&#234;me, certains secteurs paysans soutinrent la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pompidou entama les n&#233;gociations de Grenelle. Les dirigeants syndicaux se sentaient &#224; l'aise. Ils comprenaient bien le sens de la n&#233;gociation, et, eux aussi, voulaient qu'elle aboutisse, pour mieux retrouver leur emprise sur les travailleurs et leur r&#244;le d'interlocuteur aupr&#232;s du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du 27 mai, la t&#226;che des dirigeants syndicaux fut de vendre l'accord. A Billancourt, S&#233;guy, dirigeant de la CGT, fut hu&#233; par les jeunes travailleurs qui rejet&#232;rent la pauvre augmentation de 7% et le retrait de certaines attaques contre la S&#233;curit&#233; Sociale ou l'&#226;ge de la retraite, fruits pourris des compromissions des directions syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout ce fut la m&#234;me histoire : la reprise ne se faisait pas. Craignant le d&#233;bordement, le 29 mai, le PCF et la CGT appel&#232;rent une nouvelle fois &#224; manifester. 600.000 personnes descendirent dans la rue, scandant &#034;gouvernement populaire&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela signifiait que la gauche et les syndicats indiquaient que la voie n'&#233;tait pas dans la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re mais dans les &#233;lections... C'&#233;tait surtout la voix de salut pour le pouvoir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re urgence &#233;tait d'assurer le contr&#244;le des travailleurs sur leur propre mouvement, pour faire barrage &#224; toute tentative de la bureaucratie ouvri&#232;re de vendre la gr&#232;ve. Il fallait lutter pour des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales dans les entreprises et pour l'&#233;lection de comit&#233;s de gr&#232;ve, &#233;lus et r&#233;vocables. (extrait de P.O.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;guy qui participait aux n&#233;gociations de tromperie ci-dessus, estimait, dans une interview au journal L'Express en 1978, &#171; en mesure dans le mouvement syndical, comme nous en avons fait la d&#233;monstration en Mai 68, de ma&#238;triser toute vell&#233;it&#233; de d&#233;bordement ou d'irresponsabilit&#233; gauchiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la CGT qu'il dirigeait avait sauv&#233; les classes dirigeantes et l'Etat d'une situation dangereuse....&lt;br class='autobr' /&gt;
1973 : dans la foul&#233;e de la radicalisation, les d&#233;bordements comme LIP et la gr&#232;ve des banques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 68, une g&#233;n&#233;ration de militants ouvriers proches de l'extr&#234;me gauche a donn&#233; aux luttes un caract&#232;re plus offensif, moins respectueux du cadre impos&#233; par les centrales syndicales comme &#224; LIP autog&#233;r&#233;e par les salari&#233;s ou dans la gr&#232;ve des banques avec un comit&#233; national de gr&#232;ve. D'autres gr&#232;ves ont &#233;galement marqu&#233; cette nouvelle radicalit&#233;. La gr&#232;ve des LIP relay&#233;e au niveau national aurait permis que des gr&#232;ves contre les licenciements ne se d&#233;roulent pas dos au mur, comme cela a &#233;t&#233; le cas dans les ann&#233;es 70 pour la lutte contre les fermetures dans la sid&#233;rurgie lorraine.&lt;br class='autobr' /&gt;
1981 : vague rose, vague de recul des gr&#232;ves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette radicalit&#233; ouvri&#232;re va se d&#233;faire avec l'arriv&#233;e de la gauche au gouvernement en 1981. Celle-ci va parvenir &#224; faire semblant de concentrer les aspirations populaires. Le niveau des luttes descend consid&#233;rablement. Au bout d'une ann&#233;e, le gouvernement de gauche sait qu'il peut commencer une offensive anti-ouvri&#232;re et qu'il n'y aura pas de r&#233;pondant. Les attaques anti-sociales commencent avec le gouvernement Rocard et ne vont plus cesser.&lt;br class='autobr' /&gt;
1982 : le soutien syndical devient critique verbale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT, qui a soutenu la gauche gouvernementale, critique le plan d'aust&#233;rit&#233; mais sans mobiliser les travailleurs contre lui. La CFDT soutient le plan d'aust&#233;rit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1984 : les luttes contre les licenciements dans la sid&#233;rurgie lorraine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vendredi 13 avril, les syndicats organisent une grande marche des sid&#233;rurgistes sur Paris. Loin de s'appuyer sur la col&#232;re des sid&#233;rurgistes et d'en faire une marche contre les licenciements, contre le patronat et le gouvernement, les syndicats lui donnent un caract&#232;re r&#233;gional avec, en t&#234;te de cort&#232;ge, majorettes en costume r&#233;gional et croix de Lorraine. Et pourtant, ce plan Acier est d&#233;cid&#233; quelques mois seulement apr&#232;s les licenciements massifs chez Talbot &#224; Poissy et, le 13 avril, c'est Citro&#235;n qui annonce pr&#232;s de 6 000 suppressions d'emplois. Les conf&#233;d&#233;rations n'ont pas appel&#233; l'ensemble des travailleurs &#224; venir &#224; la manifestation, tr&#232;s encadr&#233;e par le service d'ordre syndical et qui traverse des quartiers d&#233;serts de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
1985 : syndicats auxiliaires du gouvernement de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de l'usine automobile Talbot de Poissy, r&#233;cemment impos&#233;e au patron de choc par la gr&#232;ve, choisit de casser la lutte contre les licenciements pour aider les copains du gouvernement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trahison de la gr&#232;ve de Talbot par la CGT et le PCF a mis un coup d'arr&#234;t aux gr&#232;ves radicales des OS immigr&#233;s qui se d&#233;veloppaient depuis mai 68, entra&#238;nant une division durable. C'est un tournant important du mouvement ouvrier en France. Sur la gr&#232;ve Talbot et les autres mouvements aux USA et en Angleterre du milieu des ann&#233;es 80&lt;br class='autobr' /&gt;
1986 : les coordinations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Novembre 1986 marque une rupture pour le mouvement ouvrier, apr&#232;s l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale de 1981 avec la gauche gouvernementale. La droite, revenue aux affaires en mars 1986, a lanc&#233; des attaques tous azimuts. Quatre puissants mouvements vont la faire reculer : les &#233;tudiants &#224; l'automne 1986, les cheminots en d&#233;cembre 1986, les instituteurs au printemps 1987, les infirmi&#232;res &#224; l'automne 1988. Un nouveau cycle de luttes s'annonce alors, marqu&#233; par l'av&#232;nement de pratiques de d&#233;mocratie directe et d'auto-organisation. C'est le temps des &#171; coordinations &#187;. Il y aura des suites : &#224; la SNECMA et Air France...&lt;br class='autobr' /&gt;
1993 : remont&#233;e des luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve Air France, comme l'ann&#233;e suivante le mouvement contre le CIP, ont repr&#233;sent&#233; une accentuation de la lutte des classes mais jamais, au cours de ces &#233;v&#233;nements, les syndicats n'ont fait plus qu'accompagner derri&#232;re le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
1994 : le g&#233;nocide rwandais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel rapport avec le syndicalisme en France me direz-vous ? Justement, aucun ! Les centrales syndicales n'ont jamais estim&#233; de leur r&#244;le de d&#233;noncer les crimes de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais, faisant de leur silence une v&#233;ritable complicit&#233;. L'exemple particuli&#232;rement criminel et sanglant d'un pr&#233;sident de gauche avec un gouvernement de droite, armant et organisant une contre-r&#233;volution fasciste en est une illustration particuli&#232;rement scandaleuse. Cela continue bien s&#251;r aujourd'hui avec l'absence de toute d&#233;nonciation de l'intervention militaire des grandes puissances en Ha&#239;ti. Les centrales syndicales dans un pays riche comme la France sont partie int&#233;grante de l'ordre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, le CIP, ou &#034;SMIC jeune&#034; de Balladur, est renvoy&#233; &#224; la poubelle par la mobilisation de la jeunesse : un mois de manifestations massives dans tout le pays. Les syndicats n'interviennent qu'en ponctuant la mobilisation par des &#034;journ&#233;es&#034; de manifestations massivement suivies. Elles n'ont nullement voulu ce mouvement et n'ont fait que le suivre de loin.... Elles chercheront encore moins &#224; en faire un point d'appui des luttes ouvri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
1995 : la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;vit&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1995, il y a eu s&#233;par&#233;ment une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant dans le priv&#233; (par exemple Renault, Thomson, SNECMA, Danone, etc..., au printemps 1995) et une gr&#232;ve se g&#233;n&#233;ralisant aussi dans le public en octobre. Les syndicats, apr&#232;s avoir approuv&#233; les mesures pr&#233;vues par Jupp&#233;, ont &#339;uvr&#233; consciemment et efficacement &#224; diviser et affaiblir. Au d&#233;but, elles ne pr&#233;voyaient m&#234;me pas une v&#233;ritable r&#233;action. Par exemple, Jean-Paul Roux, le dirigeant du syndicat ind&#233;pendant l'UNSA, d&#233;clarait : &#034;On ne peut pas faire la gr&#232;ve du si&#232;cle tous les mois, beaucoup de fonctionnaires ne peuvent se permettre de perdre 2 jours de salaire &#224; 6 semaines d'intervalle &#224; l'approche de No&#235;l&#034;. Gr&#226;ce aux syndicats, le gouvernement a pu se contenter d'un petit recul alors qu'il faisait face &#224; une remont&#233;e des luttes sociales. Certains syndicats comme la CGT et FO se sont port&#233;s &#224; la t&#234;te de la lutte des salari&#233;s du public alors qu'ils avaient sign&#233; les projets de r&#233;forme de Jupp&#233; qui s'est suffisamment plaint de leur retournement. Alors que Nicole Notat et la CFDT se rangeaient aux c&#244;t&#233;s du gouvernement Jupp&#233; contre les cheminots et les postiers), en d&#233;cembre 1995, Bernard Thibault avait lui-m&#234;me brad&#233; la gr&#232;ve dont il apparaissait comme le principal leader, en appelant &#224; la reprise, sans consulter aucun gr&#233;viste, d&#232;s la signature d'un accord avec le ministre des transports de l'&#233;poque. Cette gr&#232;ve, de la part des dirigeants de la CGT comme de Marc Blondel qui dirigeait FO, &#233;tait surtout une fa&#231;on de s'imposer comme interlocuteurs au gouvernement Jupp&#233;-Chirac, &#224; qui ils d&#233;montraient, en s'appuyant sur la col&#232;re des cheminots, que ce n'&#233;tait pas en collaborant avec la seule CFDT que l'on pouvait marchander le calme social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves ouvri&#232;res en 1995&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1996 : la lutte des sans-papiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre &#224; l'initiative ou m&#234;me en soutien, les centrales syndicales ont laiss&#233; les sans-papiers &#171; de Saint-Bernard &#187; mener seuls leur lutte jusqu'&#224; l'occupation du gymnase Japy puis de l'&#233;glise Saint-Bernard.&lt;br class='autobr' /&gt;
1997 : la fermeture de Vilvoorde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renault-Vilvoorde a ferm&#233; en 1997 et les salari&#233;s de Belgique ont fait appel &#224; la solidarit&#233; des travailleurs fran&#231;ais, une sympathie existant bel et bien ici. Mais, en Belgique comme en France, il n'y avait qu'une seule chose que craignaient vraiment les centrales syndicales : le coup de col&#232;re des salari&#233;s et ils se sont bien gard&#233;s de le favoriser ! On reverra une situation semblable lors de la fermeture de PSA-Ryton en Angleterre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1999 : les syndicats appuient les contre-r&#233;formes du gouvernement &#171; de gauche &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la SNCF, la CGT (avec la CFDT) s'oppose en mai 1999 &#224; la gr&#232;ve contre les modalit&#233;s de mise en application des 35 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour son 46&#232;me congr&#232;s, la CGT, avec Bernard Thibault, a engag&#233; sa mutation vers un syndicalisme de &#034;proposition&#034;, sur la m&#234;me voie que la CFDT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les enjeux du nouveau profil unitaire et consensuel des deux principales conf&#233;d&#233;rations fran&#231;aises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Thibault, &#224; la suite de Nicole Notat, invoque &#034;la crise du syndicalisme&#034; et la baisse des effectifs pour se convertir &#224; un syndicalisme plus &#034;moderne&#034;, plus &#034;ouvert&#034;, plus enclin au &#034;d&#233;bat&#034;, et ne jure plus que par la n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'annualisation et la flexibilit&#233;, la CGT a d&#233;j&#224; multipli&#233; les gages, en ayant sign&#233; &#224; ce jour plus de 20 % des accords. Au congr&#232;s, Maryse Dumas comme Bernard Thibault ont &#233;voqu&#233; les &#034;propositions&#034; de la CGT concernant la r&#233;daction de la future loi sur les 35 heures, en se gardant de s'opposer &#224; l'annualisation &#8211; Maryse Dumas tenant m&#234;me &#224; s'incliner devant le fait accompli.&lt;br class='autobr' /&gt;
2000 : la flexibilit&#233; ... de gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1985 : avec l'assaut sur la flexibilit&#233; du travail notamment, des efforts consid&#233;rables avaient &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s par le patronat et le pouvoir politique. Ils remettent en cause, soit par voie l&#233;gislative, soit par voie contractuelle, la plupart des acquis sociaux (la loi quinquennale de 1993 et les remises en cause des diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de la protection sociale constituent des pi&#232;ces ma&#238;tresses de l'offensive). La gr&#232;ve de 1995 avait renvoy&#233; la flexibilit&#233; version Jupp&#233; &#224; la poubelle. A partir de janvier 2000, la d&#233;r&#233;glementation est mise en place par voie r&#233;glementaire. La loi Aubry des 35 heures permet la casse programm&#233; du code du travail et des conventions collectives nationales, et ainsi de la quasi-totalit&#233; des acquis sociaux arrach&#233; au grand capital. Cette flexibilit&#233; est pr&#233;sent&#233;e par le syndicats comme une &#034;avanc&#233;e historique des 35 heures&#034; !&lt;br class='autobr' /&gt;
2001 : une tentative de g&#233;n&#233;ralisation de la lutte contre les licenciements qui n'est pas soutenue par les centrales syndicales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2001 les gr&#232;ves de Lu-Danone et de Marks &amp; Spencer notamment tentent de trouver un prolongement dans d'autres entreprises comme AOM-Air Libert&#233;-Air Littoral, et au travers de manifestations communes mais les centrales syndicales font la sourde oreille... Leur appel aboutit pourtant le 9 juin 2001 &#224; une manifestation de plus de 20 000 personnes &#224; Paris d&#233;montrant la volont&#233; et la n&#233;cessit&#233; de construire des courants unitaires et combatifs &#224; la base.&lt;br class='autobr' /&gt;
2002&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de la CGT en 2002&lt;br class='autobr' /&gt;
2003 : les syndicats emp&#234;chent une mobilisation sur les retraites, sujet pourtant explosif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'Enseignement qui est en t&#234;te avec une action importante de la base mais les centrales syndicales gardent la main mise sur la base ouvri&#232;re et le mouvement ne s'&#233;tend pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 janvier, puis premier f&#233;vrier, etc &#8230; Les syndicats laissent les journ&#233;es d'action pour les retraites, tr&#232;s r&#233;ussies, sans lendemain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2003 est un pic des gr&#232;ves en France contre le projet Fillon de retarder les d&#233;parts en retraite de tous les salari&#233;s (vers les 42 ans et plus d'ann&#233;es de cotisation). mais cela ne m&#232;ne &#224; rien !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la journ&#233;e d'action du 13 mai (deux millions de manifestants) a, comme on dit poliment, &#171; d&#233;pass&#233; les espoirs &#187; des directions syndicales, en particulier du fait de la bonne participation des travailleurs du secteur priv&#233;. L'empressement de Ch&#233;r&#232;que &#224; signer une version &#224; peine am&#233;lior&#233;e du projet de Fillon semble dict&#233; par la volont&#233; de briser au plus vite l'&#233;lan d'un mouvement dont l'&#233;norme potentiel s'est clairement manifest&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux secteurs ont reconduit la gr&#232;ve du 13 mai sans r&#233;el soutien des dirigeants syndicaux, comme par exemple &#224; la RATP. Le soir du 13 mai, Bernard Thibault a d&#233;clar&#233; &#171; comprendre l'&#233;motion &#187; des cheminots qui venaient de d&#233;cider de reconduire la gr&#232;ve pour le 14 mai. Apr&#232;s quoi ceux-ci ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s &#224; leur propre sort, c'est-&#224;-dire sans que leur soient donn&#233;es de perspectives sur une g&#233;n&#233;ralisation du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 mai, la CGT cl&#244;turait le ban par une manifestation imposante mais con&#231;ue comme une fin... Plus exactement, elle avait d&#233;cid&#233; que c'&#233;tait fini. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de faire crier aux manifestants : &#034;Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#034; !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004, la dispersion des luttes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thibault s'est, &#224; la rentr&#233;e de septembre 2004, pos&#233; spectaculairement en interlocuteur du pouvoir pour r&#233;soudre les crises en n&#233;gociant par dessus la t&#234;te des salari&#233;s le retrait de l'opposition de la CGT au plan de licenciements &#224; Perrier. C'est du c&#244;t&#233; de Bercy, par-dessus la t&#234;te des militants de Perrier, et m&#234;me contre les dirigeants de la F&#233;d&#233;ration CGT de l'Agroalimentaire, selon Le Monde, que Thibault a cherch&#233; une issue &#224; la crise, en r&#233;alit&#233; la reddition de la CGT. Cela s'est n&#233;goci&#233; entre lui, la direction de Nestl&#233; Waters France et le ministre des finances et de l'industrie Sarkozy, qui s'est fait le malin plaisir de jouer l'arbitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine la CGT avait-elle annonc&#233;, le 27 septembre, qu'elle allait retirer son veto, que la direction de Nestl&#233; montait les ench&#232;res. Ce n'&#233;tait pas suffisant, il fallait que la CGT signe le plan. Les gros yeux de Sarkozy &#224; la direction de Nestl&#233; ont suffit &#224; faire rentrer les choses dans l'ordre. Dans l'ordre patronal. Car Nestl&#233; ne s'engage &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT et l'affaire Perrier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les journ&#233;es du 20 janvier &#224; EDF-GDF, celle du 21 &#224; la SNCF et celle du 22 dans les h&#244;pitaux et dans les a&#233;roports de Paris, une &#171; semaine d'action &#187; est pr&#233;vue par les syndicats &#224; partir du lundi 26 dans toute la Fonction publique mais&#8230; pour des actions &#224; la carte. Le jeudi 5 f&#233;vrier, ce sera au tour des salari&#233;s de La Poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juillet 2004, le gouvernement adoptait la loi de r&#233;forme de la S&#233;cu, dans un grand silence syndical. pas de proposition de r&#233;action, quelle qu'elle soit ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Octobre 2004 : &#034;Un accord historique et prometteur&#034;, a d&#233;clar&#233; le ministre des transports De Robien, se r&#233;jouissant de la signature, le 28 octobre, par six syndicats, et surtout par la CGT, de l'accord imposant de nouvelles restrictions au droit de gr&#232;ve &#224; la SNCF, accord dit d' &#171; am&#233;lioration du dialogue social et pr&#233;vention des conflits &#187;. Historique ? Le terme est exag&#233;r&#233; : l'histoire syndicale (celle de la CGT comme des autres) est truff&#233;e d'autres accords, sign&#233;s par des syndicats en &#233;change de la reconnaissance de leur r&#244;le d'interlocuteurs privil&#233;gi&#233;s, du renforcement de leur monopole de repr&#233;sentation des travailleurs ou de quelques si&#232;ges dans des commissions. Mais la signature d'un tel accord anti-gr&#232;ve de la part de la CGT est, tout de m&#234;me, une premi&#232;re. C'est de la part de Bernard Thibault un geste politique vis-&#224;-vis du gouvernement et du Medef, dont le ministre a toutes les raisons de se f&#233;liciter. Car il s'accompagne de l'affirmation que le &#171; dialogue social &#187; serait pr&#233;f&#233;rable au conflit, au moment m&#234;me o&#249; &#224; la SNCF comme &#224; la Poste, sur fond de ce pr&#233;tendu &#171; dialogue &#187; avec les bonzes syndicaux, les suppressions de postes tombent &#224; tour de bras. Un service minimum par consentement mutuel en quelque sorte. Et Thibault a r&#233;pondu &#171; oui &#187; par avance, d&#233;clarant le 10 novembre au journal France soir que l'accord &#224; la SNCF &#171; change la culture de l'entreprise : auparavant, il fallait en passer par la gr&#232;ve avant que des discussions sur les revendications puissent s'engager. Notre souhait est de parvenir &#224; des accords similaires dans d'autres entreprises de transport en r&#233;gion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2005 : la gr&#232;ve trahie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix de la CGT de la SNCM, la direction nationale ayant pes&#233; de tout son poids, de cesser la gr&#232;ve a &#233;t&#233; assez soudain pour surprendre de nombreux gr&#233;vistes, qui &#233;taient d&#233;cid&#233;s &#224; tenir malgr&#233; le chantage au d&#233;p&#244;t de bilan et aux licenciements, fait par le gouvernement sous le couvert de lois pr&#233;sent&#233;es comme inexorables. C'est la CGT qui a organis&#233; le vote de reprise du travail. Deux piles de bulletins furent pos&#233;s sur l'estrade o&#249; se tenaient les dirigeants syndicaux. Ils avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s de fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re puisque l'un des bulletins portait &#171; Oui &#224; la reprise de l'activit&#233;. Pour &#233;viter le d&#233;p&#244;t de bilan &#187; et l'autre &#171; Non &#224; la reprise de l'activit&#233; = d&#233;p&#244;t de bilan &#187; !. Ainsi celui qui votait &#171; non &#187; &#224; la reprise du travail avait le sentiment qu'il votait pour le d&#233;p&#244;t de bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Paul Isra&#235;l, dirigeant CGT de la SNCM : &#034;Face aux ministres, on pouvait se battre mais face &#224; la justice, nous aurions pris des risques. Pour continuer &#224; exister, il fallait lever le pied mais cela ne veut pas dire que le combat en restera l&#224;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiques syndicales dans la gr&#232;ve de la SNCM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, un nouveau pic de gr&#232;ves est atteint notamment par les appels intersyndicaux &#224; des journ&#233;es de mobilisation sur les questions g&#233;n&#233;rales du pouvoir d'achat, du service public et des conditions de travail. Ces journ&#233;es sont l'occasion de fortes manifes&#173;tations (1 million le 10 mars et le 10 octobre). Mais la strat&#233;gie de la multiplication des journ&#233;es d'action par les directions syndicales s'essouffle &#224; chaque fois. Plus exactement, la strat&#233;gie syndicale r&#233;ussit parfaitement &#224; permettre des l&#226;chers de vapeur et n&#233;gocier ainsi leur r&#244;le de tampon social avec l'Etat et les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats qui n'ont rien fait pour qu'une liaison entre le mouvement ouvrier et les jeunes de banlieue se r&#233;alis&#233; d&#233;couvrent la &#034;violence des banlieues&#034; et Bernard Thibaut affirme que &#034;rein ne se r&#233;soudra dans la violence&#034;. A chacun d'interpr&#233;ter s'il s'agit de la violence de la mis&#232;re et de l'absence d'avenir ou celle des voitures br&#251;l&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2006 : mouvement anti-CPE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la jeunesse est mobilis&#233;e et appelle le mouvement ouvrier &#224; la rejoindre dans la gr&#232;ve et dans la rue, les centrales syndicales maintiennent profil bas et inaction quasi totale.... Le 18 mars, ils appellent cependant &#224; une journ&#233;e d'action bien suivie mais c'est plus une fin qu'un d&#233;but de quoique ce soit. Ils sauvent ainsi le gouvernement et &#233;vitent une radicalisation de l'ambiance sociale.&lt;br class='autobr' /&gt;
2007 : trahison syndicale de la lutte des cheminots sur les &#171; r&#233;gimes sp&#233;ciaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont r&#233;ussi &#224; isoler et trahir la gr&#232;ve des cheminots pour la d&#233;fense des r&#233;gimes sp&#233;ciaux de retraite. Apr&#232;s dix jours, sans aucune perspective sur laquelle se baser pour battre le gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy, les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales qui se sont tenues dans toute la France ont vot&#233; pour la reprise du travail. De larges poches de r&#233;sistance, quelque 10 pour cent, soit pr&#232;s de 14 000 cheminots, &#233;taient encore en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 18 et 19 octobre d&#233;marre une gr&#232;ve pour d&#233;fendre la retraite des cheminots. Loin de chercher &#224; l'appuyer, moins encore &#224; l'&#233;tendre, elle est bris&#233;e par les syndicats dont la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Gare de Lyon, bastion de la CGT, deux des trois assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont vot&#233; pour la poursuite de la gr&#232;ve, &#171; au grand dam des d&#233;l&#233;gu&#233;s CGT &#187;, rapporte Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs venus faire pression sur la r&#233;union entre les syndicats de la RATP, la direction et le gouvernement, mercredi dernier, &#233;taient furieux. Lib&#233;ration rapporte, &#171; Des sifflets. Puis des hu&#233;es. Dans le hall du si&#232;ge de la RATP, hier en fin de matin&#233;e, le responsable de la CGT redescendu de la n&#233;gociation tripartite, a du mal &#224; terminer son compte-rendu. &#034;Trahison !&#034;, &#034;Vendu !&#034;, lance une grande partie de l'assembl&#233;e, pourtant compos&#233;e en majorit&#233; de c&#233;g&#233;tistes. L'ambiance est &#233;lectrique. De petits groupes se forment, s'engueulent. Assis &#224; l'&#233;cart, Jean-Pierre a &#034;envie de vomir&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut lire dans la presse : &#034;Bernard Thibault, Didier Le Reste (cheminots), Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht (&#233;nergie) et G&#233;rard Leboeuf (RATP) s'expliquent ouvertement. Il faut entendre Didier Le Reste expliquer qu'il n'avait jamais &#233;t&#233; question de contester le passage aux 40 ans ! Il faut entendre Fr&#233;d&#233;ric Imbrecht expliquer qu'en tant qu'organisation majoritaire (et responsable) il fallait engranger des r&#233;sultats pour &#234;tre cr&#233;dible&#8230; Il a l'air malin, &#224; l'heure o&#249; les n&#233;gociations sont suspendues faute de r&#233;sultat dans le domaine de l'&#233;nergie ! Il faut entendre Bernard Thibault assurer que le mouvement a d&#233;stabilis&#233; les projets gouvernementaux !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve des ouvriers de Peugeot en 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, avec l'&#233;lection de Sarkozy, on aurait pu s'attendre &#224; un durcissement des r&#233;actions des dirigeants syndicaux vis-&#224;-vis du gouvernement. Il n'en a rien &#233;t&#233;, bien au contraire. Sarkozy a parl&#233; de dialogue, mais ni plus ni moins que les autres gouvernants avant lui. Les dirigeants des centrales ont sembl&#233; charm&#233;s. Thibault reconna&#238;t qu'&#171; il y a dialogue &#187;, qu'il ne s'agit pas de &#171; protester a priori &#187;. Mailly explique : &#171; Nous jugerons donc aux actes. En fonction des choix retenus sur tous ces points, tout est possible, le meilleur comme le pire. &#187; Inutile de parler de Ch&#233;r&#232;que, amoureux transis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos du &#171; service minimum &#187; dans les transports, Thibault a d&#233;clar&#233; : &#171; D&#232;s lors que le pr&#233;sident de la R&#233;publique nous dit son intention de ne pas vouloir remettre en cause le droit de gr&#232;ve et qu'il n'y a aucune raison de lui faire des proc&#232;s d'intention, on va essayer de le suivre. Mais ce sont les textes qui vont nous permettre de v&#233;rifier dans les actes qu'ils sont bien conformes au dialogue &#187;. La CFDT en rajoutait : c'est dans toute la fonction publique qu'il faudrait &#171; poser le probl&#232;me de l'anticipation des conflits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas un mot pour d&#233;noncer des n&#233;gociations envisag&#233;es entreprise par entreprise, qui permettront de mettre quelques entraves suppl&#233;mentaires au droit de gr&#232;ve. Ni le fait qu'en saucissonnant ainsi les accords, cela rendra plus difficile aux travailleurs de les combattre ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les syndicalistes veulent des n&#233;gociations, Sarkozy va leur en donner : outre celles relanc&#233;es avec le Medef, trois conf&#233;rences sociales sont envisag&#233;es &#224; la rentr&#233;e (sur l'&#233;galit&#233; salariale hommes-femmes, l'am&#233;lioration des conditions de travail et le pouvoir d'achat). D'autres encore pour 2008 : contrat de travail, &#171; d&#233;mocratie sociale &#187;, retraites...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2008 : la crise du capitalisme et les syndicats, avec les gouvernants, au chevet du malade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise financi&#232;re, bancaire et &#233;conomique trouve les centrales syndicales tout &#224; fait pr&#234;tes &#224; se mobiliser... pour d&#233;fendre le syst&#232;me. Elles n'auront pas un geste d&#233;plac&#233; vis-&#224;-vis des banquier, fiannciers et industriels, ne d&#233;nonceront pas les aides massives de l'Etat qui vont se faire aux d&#233;pens des travailleurs et des milieux populaires et qui n&#233;cessiteront ensuite des coupes sombres dans les effectifs de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je veux rendre hommage aux syndicats, qui ont eu une attitude responsable lors des conflits sociaux r&#233;cents, m&#234;me s'ils n'&#233;taient pas d'accord, ce qui est leur r&#244;le &#187; a assur&#233; Sarkozy lors d'un entretien t&#233;l&#233;vis&#233; en Mai 2008, r&#233;it&#233;rant l'hommage en question &#224; plusieurs reprises ! Cette d&#233;claration d'amour n'est pas que platonique. C'est Sarkozy lui-m&#234;me qui avait lanc&#233; la discussion entre &#171; partenaires sociaux &#187; sur la &#171; repr&#233;sentativit&#233; syndicale &#187;, afin de &#171; revivifier la d&#233;mocratie sociale &#187;. Il s'est d'ailleurs r&#233;joui, dans une tribune du Monde du 18 avril intitul&#233;e &#171; Pour des syndicats forts &#187;, de la conclusion de la discussion par une &#171; position commune &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple &#224; Continental o&#249; les syndicats ont sign&#233; un accord sur les 40 heures pay&#233;s 35 heures soi-disant &#171; pour sauver l'entreprise &#187; et qui n'a pas emp&#234;ch&#233; la fermeture. Il en va de m&#234;me pour l'accord cautionn&#233; &#233;galement par les syndicats &#224; Arcelor-Mittal. Ce sont les syndicats de Caterpilar qui ont accept&#233; les 600 licenciements, sous pr&#233;texte que le patron &#233;tait pass&#233; d'un projet de 600 &#224; 730 licenciements puis de nouveau &#224; 600. Jusqu'&#224; la derni&#232;re minute, le syndicat CFTC majoritaire dans l'usine Continental de Claroix se disait &#171; s&#251;r de l'avenir du site &#187; et &#171; faisait confiance &#224; la direction et &#224; Sarkozy &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi d'Ao&#251;t 2008 sur la repr&#233;sentativit&#233; des syndicats, vient surtout officialiser un nouveau tournant de la CGT. Dans le d&#233;tail la loi, rend de plus en plus technique, le fonctionnement des syndicats, leur r&#244;le aupr&#232;s des salari&#233;s, et accro&#238;t la d&#233;pendance financi&#232;re et l&#233;gislative aupr&#232;s de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une interview accord&#233;e au Financial Times le 18 avril, le dirigeant CGT (Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail) Jean-Christophe Le Duigou a fait l'&#233;loge de Sarkozy en disant, &#171; Il comprend que nous devons donner une place au dialogue. [&#8230;] Tout le monde pense que les choses doivent changer. &#187; Sarkozy qui avait reconnu dans un &#233;ditorial du Monde le 18 avril que toutes ses r&#233;formes avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;es &#224; l'avance avec les syndicats, avait fait leur &#233;loge lors de l'interview t&#233;l&#233;vis&#233;e du 24 avril : &#171; Je veux rendre hommage aux syndicats. [&#8230;] On ne peut pas gouverner un pays sans de forces syndicales responsables. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela se passait au moment o&#249; la bourgeoisie fran&#231;aise &#233;tait confront&#233;e &#224; des manifestations r&#233;p&#233;t&#233;es de lyc&#233;ens s'opposant aux suppressions de postes et aux r&#233;formes des programmes dans l'Education nationale ; &#224; des travailleurs sans-papiers dans les secteurs de la restauration et du b&#226;timent r&#233;clamant leur r&#233;gularisation ; &#224; des gr&#232;ves de travailleurs portuaires dans les principaux ports commerciaux. Dans une s&#233;rie inhabituelle de gr&#232;ves du secteur priv&#233;, les travailleurs de Coca-Cola, des magasins Carrefour, de Virgin Megastore, de la Redoute ont fait gr&#232;ve contre l'inflation et pour des augmentations de salaire, et les travailleurs d'Airbus ont fait gr&#232;ve contre la vente de leurs usines en France et en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'interview t&#233;l&#233;vis&#233;e de Sarkozy, dans laquelle il avait annonc&#233; sa d&#233;termination &#224; poursuivre ses r&#233;formes, les syndicats se sont sentis oblig&#233;s d'organiser un semblant d'opposition concert&#233;e. Mais ils ont compt&#233; sur des tactiques bien &#233;prouv&#233;es pour diviser le mouvement : appeler r&#233;guli&#232;rement &#224; des actions d'une journ&#233;e sur des questions s&#233;par&#233;es, diviser les manifestations entre les diff&#233;rentes f&#233;d&#233;rations syndicales, sans cesser en m&#234;me temps de n&#233;gocier avec les repr&#233;sentants de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif &#233;tait d'emp&#234;cher que les gr&#232;ves ne se rejoignent et ne puissent perturber l'&#233;conomie et ne pr&#233;sentent devant la classe ouvri&#232;re la possibilit&#233; d'une lutte unie contre l'ensemble du programme &#233;conomique de Sarkozy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai, 200 000 travailleurs ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays, bien que les syndicats Force ouvri&#232;re et la CFTC (Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des travailleurs chr&#233;tiens) aient organis&#233; des d&#233;fil&#233;s s&#233;par&#233;s. Les syndicats avaient pr&#233;vu pour le 15 mai une manifestation conjointe des travailleurs de la fonction publique contre les suppressions de postes dans l'enseignement et la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le 7 mai, le ministre du Travail Xavier Bertrand a confirm&#233; son projet de faire passer de 40 &#224; 41 ann&#233;es la dur&#233;e de cotisation ouvrant droit &#224; une retraite compl&#232;te, les syndicats n'ont pas appel&#233; les autres travailleurs touch&#233;s par cette mesure, dont les cheminots, les travailleurs du transport a&#233;rien, de l'&#233;nergie, de Telecom et de la poste, &#224; rejoindre l'action du 15 mai, mais ont plut&#244;t appel&#233; &#224; une journ&#233;e d'action s&#233;par&#233;e le 22 mai. Durant la manifestation du 15 mai, plus de 300 000 personnes ont d&#233;fil&#233; et un million de travailleurs ont fait gr&#232;ve ; cela a &#233;t&#233; suivi par la manifestation pour les droits &#224; la retraite le 22 mai o&#249; 700 000 personnes ont d&#233;fil&#233; dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour suivant, les syndicats signaient un accord sur le &#171; dialogue social &#187; et les conditions d'emploi dans le service public. En signant un accord que les gr&#232;ves des travailleurs du secteur public avaient pour but d'emp&#234;cher, les syndicats ont, dans les faits, torpill&#233; la mobilisation des travailleurs du secteur public. Le 24 mai, une manifestation contre les suppressions d'emplois dans l'&#233;ducation n'a r&#233;uni que 7000 personnes &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment des gr&#232;ves croissantes des marins-p&#234;cheurs les 26 et 27 mai sur la question du prix des carburants, les syndicats ont d&#233;cid&#233; de ne pas appeler &#224; d'autres gr&#232;ves contre les suppressions de postes dans l'&#233;ducation, au motif qu'il &#233;tait n&#233;cessaire de laisser lyc&#233;ens et enseignants travailler pour les examens de fin d'ann&#233;e. Une d&#233;claration commune des syndicats de l'&#233;ducation des diff&#233;rentes conf&#233;d&#233;rations syndicales d&#233;clarait qu'elles &#171; renvoyaient la question d'une suite &#224; leur mouvement apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; &#187;. Le 10 juin, la mobilisation des fonctionnaires et des cheminots contre les suppressions de postes, la r&#233;forme des retraites et la r&#233;forme du fret &#224; la SNCF a eu lieu alors que se d&#233;roulaient des gr&#232;ves de travailleurs dans les ports commerciaux strat&#233;giques contre la privatisation, ainsi que des gr&#232;ves de p&#234;cheurs, de transporteurs routiers et d'ambulanciers et fermiers contre la hausse des prix du gazole. Mais les syndicats n'ont aucunement cherch&#233; &#224; organiser une gr&#232;ve plus large du secteur des transports contre la privatisation et la hausse du prix des carburants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juin, les syndicats ont sign&#233; un accord sur &#171; seize points de convergence &#187; avec le ministre de l'Education nationale Xavier Darcos, torpillant la relance du mouvement des lyc&#233;ens apr&#232;s les grandes vacances ce qu'ils avaient faussement sugg&#233;r&#233; &#234;tre en train d'envisager le 27 mai. Les 12 et 13 juin, le parlement votait des lois de r&#233;forme et de d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail, la pr&#233;c&#233;dente ayant &#233;t&#233; sign&#233;e par les syndicats en janvier. Ces actes montrent de plus en plus clairement aux travailleurs que les syndicats ne s'opposent pas s&#233;rieusement au gouvernement, lequel n'a aucune intention de c&#233;der devant des gr&#232;ves isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manifestation du 17 juin pour les droits de retraite et contre le d&#233;mant&#232;lement de la semaine de 35 heures, d&#233;mant&#232;lement auquel les syndicats eux-m&#234;mes avaient particip&#233; dans une &#171; position commune &#187; avec les organisations patronales en avril, a rassembl&#233; 500 000 travailleurs dans tout le pays. Des manifestants interview&#233;s par le WSWS remettaient en question les motifs des syndicats et l'utilit&#233; des luttes qu'ils menaient. Apr&#232;s la manifestation, le dirigeant de la CFDT (Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise d&#233;mocratique du travail) Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que a expliqu&#233; &#171; Nous voulons reprendre le dialogue &#187; avec les employeurs, tandis que le dirigeant de la CGT Bernard Thibault sugg&#233;rait une autre mobilisation, mais &#233;trangement proposait de la remettre &#224; apr&#232;s les grandes vacances, soit en octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discr&#233;dit des syndicats est source de grande inqui&#233;tude pour le gouvernement de Sarkozy qui craint de perdre sa m&#233;thode la plus efficace pour briser l'opposition de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en Guadeloupe &#224; la t&#233;l&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Guadeloupe est d&#233;j&#224; en gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale depuis 9 jours, les syndicats organisent une journ&#233;e d'action le 29 janvier mais ne font aucun lien avec la situation qui monte Outremer. Plus tard, Bernard Thibaut expliquera que cela n'a rien &#224; voir et qu'il n'est pas question d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en France ....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte sociale en janvier 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Monde &#187; &#233;crivait en janvier 2009 : &#171; A l'Elys&#233;e comme au Parti socialiste, dans les syndicats comme dans les milieux patronaux, tout le monde redoute une explosion du chaudron social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle perspective s'ouvrait en f&#233;vrier 2009 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvel Observateur de mars 2009 : Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault ne croit pas &#224; une contagion de la situation antillaise en m&#233;tropole car elle &#034;n'est pas comparable&#034;, selon lui. Les conflits sociaux qui touchent l'outremer ne sont pas transposables en m&#233;tropole, car la situation n'est pas comparable, estime le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT Bernard Thibault dans un entretien au Parisien publi&#233; mardi 10 mars. &#034;Le conflit n'est pas transposable&#034;, affirme Bernard Thibault. &#034;La situation n'est pas comparable. Les Antilles sont gangren&#233;es par un taux de ch&#244;mage de 20%, les prix y sont deux ou trois fois plus &#233;lev&#233;s et les salaires de 15% inf&#233;rieurs &#224; ceux de la m&#233;tropole&#034;, explique-t-il. Concernant la journ&#233;e d'action du 19 mars, Bernard Thibault, faisant r&#233;f&#233;rence au succ&#232;s du 29 janvier, &#034;attend au moins autant de personnes que la derni&#232;re fois&#034; dans la rue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en mars 2009 ? Qui a refus&#233; de donner une suite &#224; la journ&#233;e nationale d'action du 19 mars 2009 ? Tous les appareils syndicaux unis en l'occurrence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; Continental contre les licenciements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De janvier &#224; juin 2009, se d&#233;roule le mouvement des enseignants-chercheurs dans lequel les syndicats sont rest&#233;s en marge sans &#234;tre capables ni de le diriger, ni de l'arr&#234;ter, ni de s'en d&#233;solidariser ouvertement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#224; Toyota en avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal &#233;conomique les Echos du 10 avril 2009 titre : &#034;L'ex&#233;cutif cherche &#224; associer les syndicats &#224; la gestion de la crise&#034;. &#034;Fran&#231;ois Fillon revient sur le paritarisme mais aussi &#171; la consolidation de la place de la repr&#233;sentation du personnel dans l'entreprise &#187;. Il reprend &#233;galement le sujet de la &#171; gouvernance des entreprises &#187;, avec une &#171; meilleure association des repr&#233;sentants des salari&#233;s en amont des op&#233;rations de restructuration et &#224; la strat&#233;gie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier mai 2009, de nombreux travailleurs &#233;taient dans la rue mais on ne pouvait remarquer que la suite des journ&#233;es de gr&#232;ve &#233;tait une journ&#233;e f&#233;ri&#233;e ! Pour faire reculer l'Etat et les patrons, ce n'&#233;tait pas exactement &#224; la mesure ... Thibaut affirmait qu'il n'est pas possible de demander aux travailleurs de faire gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale vu qu'ils ont de grosses difficult&#233;s financi&#232;res&#8230; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 2009 : une fin en queue de poisson&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite n'allait pas &#234;tre plus brillante ! Le 13 juin 2009, l'&#233;teignoir syndical des promenades &#233;tal&#233;es dans le temps avait fini de produire ses effets. Alain Minc, proche conseiller de Nicolas Sarkozy d&#233;clare dans &#034;Le Parisien Dimanche&#034; : &#034;Je constate que ce printemps 2009, leur (des syndicats) sens de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a &#233;t&#233; impressionnant pour canaliser le m&#233;contentement. L'automne a &#233;t&#233; d'un calme absolu. Je dis : chapeau bas, les syndicats !&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;t&#233; 2009, se multiplient les mouvements localis&#233;s o&#249; les salari&#233;s d'une entreprise luttent seuls face &#224; un patron qui licencie. Le cas est fr&#233;quent chez les sous-traitants de l'Automobile. Les salari&#233;s en col&#232;re bloquent leur patron ou leurs cadres dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte des New Fabris, le film&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarquera dans ce film qu'avant m&#234;me la d&#233;cision de l'AG, le dirigeant (pourtant catalogu&#233; radical) du syndicat a d&#233;cid&#233; que la gr&#232;ve est finie....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ont refus&#233; de tenter de centraliser les luttes contre les licenciements du priv&#233; sans parler de les lier &#224; celles contre les suppressions d'emplois du public. Du coup, les entreprises du type Continental, Caterpillar et autres se retrouvent dos au mur, les salari&#233;s &#233;tant contraints d'accepter d'&#234;tre jet&#233;s &#224; la rue contre une petite somme (toute petite) et les syndicats locaux criant victoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle politique patronale face aux luttes radicales contre les licenciements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2009 : la gr&#232;ve en Martinique et &#224; Tahiti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes syndicats, moins FO et la CFTC, ont appel&#233; &#224; une nouvelle &#171; journ&#233;e d'action interprofessionnelle &#187; le 7 octobre, &#171; pour le travail d&#233;cent &#187;. Pour compl&#233;ter, les bureaucraties syndicales, depuis la rentr&#233;e, ont multipli&#233; des initiatives dispers&#233;es pour &#171; &#233;viter que les expressions de radicalit&#233; fassent t&#226;che d'huile &#187; : &#224; partir du 1er octobre, un mouvement limit&#233; aux travailleurs immigr&#233;s sans papiers (les syndicats ne s'adressent pas &#224; leurs coll&#232;gues de travail qui ont la nationalit&#233; fran&#231;aise ou des titres de s&#233;jour) ; une journ&#233;e d'action limit&#233;e aux &#171; entreprises qui licencient &#187;, le 17 septembre, au Palais Brongniart (qui n'h&#233;berge plus la Bourse de Paris depuis&#8230; 1980) ; &#224; la Poste, le 22 septembre et le 24 novembre ; aux h&#244;pitaux le 30 septembre, le 20 octobre et le 15 d&#233;cembre ; &#224; la SNCF, le 20 octobre ; &#224; l'&#201;ducation nationale, le 24 novembre ; &#224; la fonction publique territoriale, le 18 novembre ; au P&#244;le Emploi, le 20 octobre, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de d&#233;fendre le service public de La Poste par une lutte ou une gr&#232;ve, il a &#233;t&#233; mis en place une com&#233;die en octobre 2009, c'est la &#034;votation citoyenne&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 2 novembre 2009, la collaboration de classe battait son plein et l'entente entre les dirigeants syndicaux et Sarkozy. Ce dernier installait un &#171; comit&#233; organisateur des &#233;tats g&#233;n&#233;raux pour une politique industrielle &#187; pr&#233;sid&#233; par un patron de Sanofi-Aventis, comprenant Bernard Thibault, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT, Fran&#231;ois Ch&#233;r&#232;que, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CFDT, Jean-Claude Mailly, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de FO, des repr&#233;sentants du patronat fran&#231;ais, des parlementaires UMP, PS&#8230; La d&#233;fense de &#171; l'industrie fran&#231;aise &#187; d&#233;signe comme ennemi commun l'&#233;tranger (inclus les travailleurs des autres pays), elle d&#233;bouche fatalement sur des concessions des producteurs aux exploiteurs (pour assurer l'avenir des entreprises nationales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des sans-papiers, on assiste de la part de la CGT &#224; la r&#233;cup&#233;ration de la lutte des sans-papiers, au travers de gr&#232;ves des sans-papiers et de constitution de dossiers, pour obtenir en accord avec Sarkozy &#224; une reconnaissance de la CGT comme seul interlocuteur charg&#233; par les pr&#233;fectures de filtrer les dossiers suivant des crit&#232;res inf&#233;rieurs &#224; ceux en vigueur dans les pr&#233;fectures jusque l&#224;. Il en d&#233;coule une occupation de la Bourse du Travail de Paris par des sans-papiers rejet&#233;s par la CGT, elle-m&#234;me achev&#233;e par une intervention muscl&#233;e du service d'ordre le CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT a en effet men&#233; une politique dans cette gr&#232;ve qui d&#233;molit le rapport de force qui avait &#233;t&#233; construit &#224; partir de la lutte des Saint-Bernard. Il collabore avec le pouvoir et nous ram&#232;ne au &#034;cas par cas&#034; rejet&#233; d&#233;finitivement par le mouvement des sans-papiers !&lt;br class='autobr' /&gt;
2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de Renault qui ne signait traditionnellement que rarement les accords avec le patron, qui avait refus&#233; de signer le Contrat Social de Crise, plan d'aust&#233;rit&#233; pr&#233;voyant notamment du ch&#244;mage partiel et couvrant d'autres licenciements chez les sous-traitants et pr&#233;caires, n'avait pas &#233;t&#233; sign&#233; par la CGT en 2009. Ce syndicat le signe en 2010 ! Et, pour faire bonne mesure, il ne vote pas contre les fermetures de sites de Renault : CTR (Rueil), Robinson, Boulogne. La plupart des autres syndicats ont vot&#233; contre : un comble !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les journ&#233;es d'action de 2009 &#233;tal&#233;es continuent mais, quel progr&#232;s !, elles sont sectoris&#233;es&#8230; Les ports et docks sont appel&#233;s &#224; la gr&#232;ve le 4 janvier, la Guadeloupe le 9 janvier, l'aviation civile les 13 et 14 janvier, la fonction publique le 21 janvier, les infirmi&#232;res et personnels de sant&#233; le 26 janvier, France T&#233;l&#233;vision le 28 janvier, l'Education le 30 janvier. Lorsque, par hasard, les hospitaliers &#233;taient appel&#233;s en m&#234;me temps que les enseignants, les conf&#233;d&#233;rations leur ont donn&#233; des rendez-vous diff&#233;rents pour manifester !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mobilisation pour les retraites en 2010 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous &#233;crivions au d&#233;but du mouvement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats nous appellent &#224; une journ&#233;e nationale et de manifestations le 23 mars 2010. Cela serait bien entendu indispensable et important vu l'ampleur des attaques qui menacent nos retraites. Le gouvernement vide les caisses, amplifie les suppressions d'emplois en supprimant des emplois dans le public et en organisant les suppressions d'emplois des prestataires de l'Automobile par exemple. Il pr&#233;voit, soi-disant pour renflouer les caisses, d'imposer des retraites sous-pay&#233;es, des cotisations salariales en hausse et une retraite &#224; 60, 61 ans ou plus&#8230; Mais, le texte m&#234;me des appels syndicaux en dit long sur leur absence de combativit&#233; sur le fond. Au lieu d'&#233;crire tout simplement : pas touche aux r&#233;gimes de retraites, ils &#233;crivent : &#171; pas de r&#233;forme sans un d&#233;bat national &#187;. Mais on sait que ces fameuses &#171; r&#233;formes &#187; sont des destructions ! Pas besoin d'en d&#233;battre ! Ou encore, ils &#233;crivent &#171; Reconnaissance de la p&#233;nibilit&#233; d'abord &#187;. Pas d'accord ! Ne commen&#231;ons pas par &#233;dicter des exceptions mais la r&#232;gle : 60 ans pour tous sans aucune r&#233;duction de pension ! Et qu'on ne nous refasse pas le coup des retraites de 2003&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la soi-disant gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries de fin f&#233;vrier 2010, on assiste &#224; une de raffinerie...dans la tactique pour renouveler le jeu patron/Etat/syndicat qui commen&#231;ait &#224; s'user.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en dire plus, il faut rentrer dans bien des d&#233;tails scabreux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de cette raffinerie sont v&#233;ritablement pris en otage, leur site menac&#233; leur dit-on de fermeture puis on leur dit non puis oui, puis pas tout de suite puis pas avant cinq ans, puis toutes les raffineries sont menac&#233;es, puis le gouvernement affirme qu'aucune ne l'est, puis le dirigeant de Total, nullement ind&#233;pendant du pouvoir, d&#233;clare qu'il verra, qu'il tentera de sauver des emplois, de proposer des alternatives, puis, puis, ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visiblement d&#233;j&#224; tout ce petit monde joue un jeu. Lequel ? Ils veulent provoquer une lutte ou quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la lutte d&#233;marre. Ou du moins ce qui est pr&#233;sent&#233; comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre qui lutte-on devrait-on demander dans chaque lutte. Et ici plus que jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Total, c'est la m&#234;me chose que le gouvernement et ils ne disent jamais la m&#234;me chose tout en faisant semblant de se concerter. Vous avez dit bizarre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats jouent un autre jeu, tout aussi compliqu&#233;. ils appellent une raffinerie, tout Total, toutes les raffineries, plus aucune, de nouveau Total, de nouveau plus aucune, finalement la seule para&#238;t-il menac&#233;e. Oulala ! &#231;a donne mal &#224; la t&#234;te aux concern&#233;s, aux gr&#233;vistes, aux non-gr&#233;vistes qui ne savent pas si on les appelle encore ou non...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle impression cherche-t-on &#224; donner ? Que les syndicats ont men&#233; une lutte alors qu'il y avait arrangement d&#232;s le d&#233;part, cela y ressemble bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;raliser les luttes n'entre pas dans la strat&#233;gie de ces centrales. Quand elles font semblant, c'est assez d&#233;sordonn&#233; et peu convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Sarkozy n'est-il pas en train de remercier ces syndicats en leur donnant le droit de se pr&#233;senter comme une direction radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout cela, il semble bien que personne ne se soucie du vrai probl&#232;me : les menaces qui p&#232;sent sur les salari&#233;s menac&#233;s de licenciements !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la CGT annonce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des raffineries est finie avant d'avoir commenc&#233;, sans consulter ni les sections syndicales, ni les travailleurs, sans que les travailleurs de la raffinerie en question n'aient obtenu de r&#233;elles garanties, sans rien... Chapeau bas, la CGT : pour les raffineries dans les manipulations, c'est fort...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a CGT a estim&#233;, mardi 23 f&#233;vrier, que les conditions d'une suspension de la gr&#232;ve dans le groupe Total, qui dure depuis mercredi dernier, &#233;taient r&#233;unies. &#034;La CGT consid&#232;re que des avanc&#233;es significatives obtenues par la mobilisation des salari&#233;s cr&#233;e les conditions d'une suspension&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; la presse Charles Foulard, coordinateur de la CGT pour le groupe Total. De m&#234;me, FO appelle &#224; la suspension du mouvement, a indiqu&#233; son n&#233;gociateur, Claude Maghue. La direction et les syndicats, apr&#232;s neuf heures de n&#233;gociations, sont arriv&#233;s &#224; un &#034;relev&#233; de conclusions&#034; qui &#034;sera soumis &#224; la signature des organisations syndicales&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le 11 mars, on peut lire dans Le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La CGT du groupe Total a indiqu&#233; jeudi qu'elle ne reprendrait pas d'&#233;ventuelle gr&#232;ve en soutien aux salari&#233;s de la raffinerie de Dunkerque (Nord) avant le jugement d'un recours du comit&#233; central d'entreprise (CCE) contre sa fermeture. Le d&#233;p&#244;t de ce recours est &#034;en cours&#034; et la CGT esp&#232;re une d&#233;cision de justice &#034;dans une quinzaine de jours&#034;, a d&#233;clar&#233; &#224; l'AFP Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous poursuivons la suspension du mouvement de gr&#232;ve nationale jusqu'au jugement en r&#233;f&#233;r&#233;, qui sera un point d'appui&#034;, a-t-il indiqu&#233;, apr&#232;s une gr&#232;ve tr&#232;s suivie d'une semaine fin f&#233;vrier qui avait menac&#233; les approvisionnements des stations-services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CGT de la branche p&#233;trole a d&#233;j&#224; appel&#233; &#224; la gr&#232;ve les salari&#233;s des 13 raffineries fran&#231;aises (dont 6 poss&#233;d&#233;es par Total) le 15 avril, date d'une table ronde nationale sur l'avenir du raffinage en France. Selon Sud, majoritaire &#224; la raffinerie de Dunkerque, cet appel n'&#233;tait &#034;pas l'urgence&#034; alors que les salari&#233;s de l'&#233;tablissement sont en gr&#232;ve depuis deux mois, mais le syndicat a dit vouloir &#234;tre &#034;constructif&#034; avec la CGT, majoritaire dans le groupe p&#233;trolier. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, trahison des salari&#233;s sur toute la ligne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvement des retraites de 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 mars&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intersyndicale (qui regroupe presque la totalit&#233; des syndicats fran&#231;ais, des plus ouvertement 'collaborationnistes' avec le gouvernement aux pr&#233;tendus 'radicaux') appelle &#224; une premi&#232;re Journ&#233;e d'Action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;800 0001 manifestants descendent dans la rue. L'atmosph&#232;re est plut&#244;t atone, la r&#233;signation domine. Il faut dire que la r&#233;forme des retraites est pr&#233;par&#233;e depuis de longs mois, et m&#234;me de longues ann&#233;es. Les politiques, les m&#233;dias, les &#034;sp&#233;cialistes&#034; en tous genres n'ont eu en effet de cesse de r&#233;p&#233;ter que cette r&#233;forme &#233;tait indispensable, incontournable, qu'il en allait de la survie m&#234;me du &#034;r&#233;gime par r&#233;partition&#034; et de &#034;l'&#233;quilibre budg&#233;taire national&#034;. D'ailleurs le mot d'ordre des syndicats n'est pas &#034;retrait de l'attaque sur les retraites&#034; mais &#034;am&#233;nagement de la r&#233;forme&#034;. Ils appellent &#224; se battre pour &#034;plus de n&#233;gociations&#034; Etat-Syndicats et pour une r&#233;forme &#034;plus juste, plus humaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, tous, Etat, Patrons, Syndicats, affirment que ce sacrifice est &#034;une n&#233;cessit&#233; salutaire&#034;. Face &#224; ce rouleau compresseur, le m&#233;contentement est grand, mais les t&#234;tes basses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26 mai&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rebelote. On prend les m&#234;mes et on recommence. L'intersyndicale appelle &#224; une seconde Journ&#233;e d'Action selon les m&#234;mes modalit&#233;s et mots d'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une tr&#232;s l&#233;g&#232;re hausse des participants (1 million) mais l'atmosph&#232;re est toujours marqu&#233;e par le manque d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 juin 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats pensent porter l'estocade, le coup de gr&#226;ce&#8230; au mouvement. Une troisi&#232;me Journ&#233;e d'Action est programm&#233;e. Compte tenu de l'ambiance relativement morose des deux pr&#233;c&#233;dentes, cette journ&#233;e de veille de vacances doit &#234;tre une sorte de &#034;manifestation enterrement&#034;. La m&#233;canique est bien huil&#233;e : une Journ&#233;e d'Action de m&#234;me ampleur que les pr&#233;c&#233;dentes signifierait que &#034;l'affaire est pli&#233;e&#034;. Avec les deux mois de cong&#233;s d'&#233;t&#233; qui suivent, le but est de faire perdre toute miette d'espoir sur un quelconque possible d&#233;veloppement de la lutte. Les syndicats avaient m&#234;me d&#233;j&#224;, certainement, pr&#233;par&#233;s leur discours : &#034;Nous avons essay&#233;, mais la combativit&#233; n'est pas suffisamment pr&#233;sente dans les rangs ouvriers&#034;. D&#233;couragement garanti !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette technique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;prouv&#233;e maintes fois par le pass&#233;, souvent avec r&#233;ussite. Mais&#8230; patatras&#8230; le jour-dit, le 24 juin, 2 millions de travailleurs, de ch&#244;meurs, de pr&#233;caires descendent dans la rue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la massivit&#233;, l'ambiance, elle aussi, change : la col&#232;re, le ras-le-bol sont grandissants. Depuis l'acc&#233;l&#233;ration de la crise en 2008, la pauvret&#233; et l'injustice ne cessent de cro&#238;tre. Cette r&#233;forme des retraites devient le symbole de cette d&#233;gradation brutale des conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juillet-Ao&#251;t&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Journ&#233;e d'Action du 24 juin a regonfl&#233; le moral du prol&#233;tariat. L'id&#233;e qu'une lutte d'ampleur est possible gagne du terrain. Les syndicats sentent &#233;videmment eux aussi le vent tourner, ils savent que la question &#034;Comment lutter ?&#034; trotte dans les t&#234;tes. Ils d&#233;cident donc d'occuper imm&#233;diatement le terrain et les esprits, il n'est pas question pour eux que les prol&#233;taires se mettent &#224; penser et &#224; agir par eux-m&#234;mes, en dehors de leur contr&#244;le. Ils annoncent donc d&#233;s le lendemain du 24 juin une nouvelle Journ&#233;e d'Action pour la rentr&#233;e (le 7 septembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre bien s&#251;rs d'endiguer la &#034;r&#233;flexion autonome&#034;, ils vont jusqu'&#224; faire passer des avions au-dessus des plages tirant des banderoles publicitaires appelant &#224; la manifestation du 7 septembre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un autre &#233;v&#233;nement, un fait-divers, vient durant l'&#233;t&#233; alimenter la col&#232;re ouvri&#232;re : &#171; l'affaire Woerth &#187; (il s'agit d'une connivence entre les hommes politiques actuellement au pouvoir et l'une des plus riches h&#233;riti&#232;res du capital fran&#231;ais, Madame Betancourt, patronne de l'Or&#233;al, sur fond de fraudes fiscales et d'arrangements ill&#233;gaux en tous genres). Or, Eric Woerth n'est autre que le ministre charg&#233; de la r&#233;forme des retraites. Le sentiment d'injustice est total : la classe ouvri&#232;re doit se serrer la ceinture pendant que les riches et les puissants m&#232;nent &#034;leurs petites affaires&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 septembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette Journ&#233;e d'Action s'annonce d'embl&#233;e comme tr&#232;s suivie. Pourtant, c'est la premi&#232;re fois qu'une manifestation est organis&#233;e si t&#244;t dans l'ann&#233;e scolaire. Avant m&#234;me le 7 septembre, devant l'ampleur de la grogne dans les rangs des prol&#233;taires, les syndicats promettent d'organiser sans attendre une nouvelle manifestation un samedi pour que &#034;tout le monde puisse participer&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 7 septembre : 2,7 millions de manifestants. La coupure de l'&#233;t&#233; n'y aura donc rien fait, la rentr&#233;e s'annonce chaude et part sur les m&#234;mes bases qu'elle a fini. Des appels &#224; la gr&#232;ve reconductible commencent &#224; fleurir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur de la grogne et &#224; la massivit&#233; de la mobilisation, l'intersyndicale r&#233;agit imm&#233;diatement :elle annule, mine de rien, la manifestation du samedi, &#233;carte la possibilit&#233; d'une gr&#232;ve reconductible et annonce dans la foul&#233;e une nouvelle Journ&#233;e d'Action pour dans&#8230; 15 jours (le 23 septembre) ! Il s'agit de casser la dynamique, de temporiser. Ce &#034;sens de la responsabilit&#233;&#034; de l'intersyndicale sera d'ailleurs salu&#233; par les plus hauts repr&#233;sentants de l'Etat fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 septembre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 millions de manifestants dans les rues ! Le mouvement enfle donc encore. Pour la premi&#232;re fois, les cort&#232;ges h&#233;sitent &#224; se disperser. Plus exactement, dans de nombreuses villes, quelques dizaines de personnes par-ci, quelques centaines par-l&#224;, restent discuter &#224; la fin de la manifestation. Des tracts d'interprofessionnelles commencent &#224; appeler &#224; la prise en main des luttes par les ouvriers eux-m&#234;mes2. Dans quelques villes, la CNT AIT organise des Assembl&#233;es Populaires pour &#034;lib&#233;rer la parole&#034; (le CCI se joindra ensuite &#224; cette excellente initiative). A partir de ce moment, ces assembl&#233;es de rue auront un succ&#232;s certain, parvenant &#224; regrouper chaque semaine plusieurs dizaines de participants, notamment &#224; Toulouse3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette volont&#233; de s'auto-organiser exprim&#233;e par des minorit&#233;s r&#233;v&#232;lent que l'ensemble de la classe commence &#224; se poser des questions sur la strat&#233;gie syndicale, sans oser tirer encore toutes les cons&#233;quences de leurs doutes et questionnements. 2 octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re manifestation organis&#233;e un samedi. Il n'y a pas d'&#233;volution r&#233;elle du nombre de participants. Seulement, au sein de ces 3 millions de manifestants, se retrouvent c&#244;te &#224; c&#244;te, avec les &#034;coutumiers du pav&#233;&#034;, des familles et des travailleurs du priv&#233; ne pouvant habituellement se mettre en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs tentatives d'organiser des Assembl&#233;es de rue en fin de manifestation &#233;chouent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, un tract est distribu&#233; par l'interprofessionnelle Turbin (du nom de son mail, turbin@riseup.net) appelant &#224; se rassembler sous ses banderoles (&#034;La meilleure retraite, c'est l'attaque&#034; et &#034;Prenons nos luttes en main&#034;), sous un kiosque, au point d'arriv&#233;e du cort&#232;ge. Preuve que cette information a bien circul&#233;, au point de rendez-vous seront effectivement pr&#233;sents des dizaines&#8230; de policiers (avec une cam&#233;ra !). Faute d'endroit adapt&#233; pour mener une discussion, l'assembl&#233;e ne peut se tenir. Le cort&#232;ge de l'interprofessionnelle d&#233;cide alors de continuer la manifestation. Une cinquantaine de personnes repartent et agr&#232;gent sous leurs banderoles, en une heure, pr&#232;s de 300 personnes. *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Tours, le comit&#233; &#034;Pour l'Extension des luttes&#034; appelle par tracts &#224; &#034;garder la rue&#034;. *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lyon, quelques dizaines de manifestants expriment le souhait de ne pas se quitter imm&#233;diatement, de rester l&#224; pour discuter, en assembl&#233;e de rue, et r&#233;fl&#233;chir collectivement &#224; comment poursuivre et d&#233;velopper le mouvement. Ce sont les sonos de la CGT (principal syndicat fran&#231;ais) qui seront finalement fatales &#224; cette initiative, le bruit assourdissant emp&#234;chant tout r&#233;el d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tentatives avort&#233;es r&#233;v&#232;lent &#224; la fois l'effort de notre classe &#224; prendre SES luttes en main et les difficult&#233;s encore pr&#233;sentes dans la p&#233;riode actuelle (principalement le manque de confiance en eux-m&#234;mes qui inhibe les exploit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, &#224; Toulouse, les assembl&#233;es populaires continuent &#224; se tenir. L'initiative prend m&#234;me de l'ampleur puisque la CNT-AIT et le CCI, &#224; la fin de la manifestation, plantent une banderole sur le lieu d'arriv&#233;e, sur laquelle on peut lire &#171; SALARIES, CH&#212;MEURS, ETUDIANTS, RETRAITES, PRENONS NOS LUTTES EN MAINS ! &#187;, et organisent dessous une assembl&#233;e de rue. Ce d&#233;bat regroupe quelques dizaines de personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle Journ&#233;e d'Action rassemble 3,5 millions de personnes en lutte ! Record battu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore, l'atmosph&#232;re est relativement effervescente. Les Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales interprofessionnelles commencent &#224; se multiplier, on peut en compter plusieurs dizaines dans toute la France. Elles regroupent chaque fois entre 100 et 200 participants. La politique de l'intersyndicale y est de plus en plus ouvertement critiqu&#233;e, de nombreux tracts de ces interprofessionnelle affirment m&#234;me qu'elle nous m&#232;ne volontairement &#224; la d&#233;faite4. Preuve de cette dynamique, &#224; Toulouse, en plus des Assembl&#233;es Populaires organis&#233;es par la CNT AIT (et, dans une moindre mesure, le CCI), un appel est lanc&#233; pour organiser une assembl&#233;e de rue tous les jours devant la Bourse du Travail &#224; 18 heures [elle continue &#224; se r&#233;unir encore aujourd'hui, 20 octobre] et &#224; lancer des appels par tracts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve reconductible est finalement d&#233;cid&#233;e par la majorit&#233; des syndicats. Compte tenu de ce marathon (le mouvement a commenc&#233; il y a 7 mois !) et des nombreux jours de gr&#232;ve pos&#233;s par les travailleurs lors des Journ&#233;es d'Action &#224; r&#233;p&#233;tition, cette gr&#232;ve reconductible arrive tr&#232;s tard. Les salaires des ouvriers sont d&#233;j&#224; largement amput&#233;s. C'est en tout cas le calcul que font les syndicats. Et pourtant, ce mouvement, lui aussi, sera relativement bien suivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les cheminots et les enseignants de la r&#233;gion parisienne, de nombreuses AG syndicales sont organis&#233;es. La division et le sabotage confinent d'ailleurs ici au ridicule. A la SNCF, les AG syndicales sont organis&#233;es par cat&#233;gories (les roulants d'un c&#244;t&#233;, les contr&#244;leurs de l'autre, les administratifs dans un autre coin encore) ; dans certains h&#244;pitaux, chaque &#233;tage &#224; sa propre AG ! De plus, elles ne sont absolument pas souveraines. Par exemple, Gare de l'Est, &#224; Paris, alors que la reconduction de la gr&#232;ve doit &#234;tre vot&#233;e jeudi 14 au matin, les permanents syndicaux la vote entre eux la vielle, le mercredi. Cette strat&#233;gie a un double effet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elle vide de son int&#233;r&#234;t l'AG, les personnels ne s'y rendent donc pas puisque tout est d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233;e ; *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;elle permet aux m&#233;dias de pr&#233;senter les votes de la reconduction de la gr&#232;ve comme le fruit d'une extr&#234;me minorit&#233;, ceci dans le but de rendre le mouvement impopulaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les syndicats tirent l&#224; sur leur plus grosse ficelle : paralyser les transports (&#224; partir du 12 octobre, de nombreux trains ne circulent plus et le blocage des raffineries fait planer la menace de la p&#233;nurie d'essence) pour cr&#233;er des tensions au sein de la classe ouvri&#232;re et dresser ceux qui veulent (doivent) aller travailler contre les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Second samedi de manifestation. Une nouvelle fois, pr&#232;s de 3 millions de personnes se retrouvent &#224; battre le pav&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait nouveau vient du c&#244;t&#233; de la jeunesse : les lyc&#233;ens, entr&#233;s &#224; leur tour dans la lutte quelques jours plus t&#244;t, pointent le bout de leur nez au sein des cort&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi suivant, pr&#232;s de 1000 &#233;tablissements sont bloqu&#233;s et de nombreuses manifestations lyc&#233;ennes spontan&#233;es voient le jour. L'UNL, principal syndicat lyc&#233;en (et non &#233;tudiant), qui a lanc&#233; ce mouvement, avoue lui-m&#234;me &#234;tre d&#233;pass&#233; par l'ampleur de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat exploite la pr&#233;sence de quelques jeunes casseurs dans les rangs lyc&#233;ens pour r&#233;primer tr&#232;s violemment certains &#034;bloqueurs&#034; et jeunes manifestants (un enfant de 17 ans a failli perdre un &#339;il &#224; la suite d'un tir de Flash-Ball &#224; Montreuil, en banlieue parisienne). Les forces de l'ordre attisent d'ailleurs elles-m&#234;mes la col&#232;re par de v&#233;ritables &#034;provocations polici&#232;res&#034;. Le but est clair : faire d&#233;g&#233;n&#233;rer le mouvement en le faisant plonger dans la violence aveugle et l'affrontement st&#233;rile aux flics. Par-l&#224; m&#234;me, l'Etat cherche &#224; tout prix &#224; rendre la lutte impopulaire, &#224; faire peur aux jeunes, &#224; leurs parents et &#224; toute la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiants, qui avaient &#233;t&#233; au c&#339;ur du mouvement victorieux contre le CPE en 2006, semblent commencer &#224; rentrer dans la danse. Quelques facult&#233;s (&#224; Paris, Toulouse et Rennes notamment) annoncent leur blocage, mais cela demeure pour l'instant relativement minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La menace du blocage des raffineries, qui planait depuis le 12 octobre, est effectivement mise &#224; ex&#233;cution. En g&#233;n&#233;ral, sans m&#234;me de d&#233;cision en AG, les troupes de la CGT paralysent les sites, sous l'ordre de leur syndicat. Tr&#232;s vite, l'essence manque dans de tr&#232;s nombreuses stations (entre 1000 et 2000 selon les estimations).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation cro&#238;t aussi &#224; la SNCF, de plus en plus de trains sont annul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette paralysie des transports, le mouvement ne devient pas impopulaire. M&#234;me les m&#233;dias, habituellement si dou&#233;s pour passer &#224; l'antenne des micro-trottoirs bidons o&#249; les &#034;usagers&#034; crient toute leur haine d'&#234;tre coinc&#233;s sans train dans une gare, doivent avouer cette fois que ces m&#234;mes &#034;usagers&#034; sont solidaires du mouvement, qu'ils prennent leur &#034;mal en patience&#034; et qu'ils soutiennent pleinement les gr&#233;vistes car &#034;ils se battent pour tout le monde&#034;. Certaines AG syndicales et quelques interprofessionnelles d&#233;cident m&#234;me de soutenir les bloqueurs des raffineries (qui subissent de nombreux assauts, parfois brutaux, de la police pour &#034;lib&#233;rer les raffineries&#034;, &#034;r&#233;tablir l'ordre&#034; et &#034;stopper les voyous&#034; (dixit le Pr&#233;sident de la R&#233;publique, Nicolas Sarkozy) en allant physiquement &#233;pauler les piquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat, malgr&#233; la p&#233;nurie d'essence et le manque de trains, malgr&#233; les intimidations et la r&#233;pression, 3,5 millions de manifestants sont encore et toujours dans la rue le 19 octobre. Cela montre la profondeur de la col&#232;re qui gronde dans les rangs ouvriers !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'ampleur de cette nouvelle mobilisation, l'Etat resserre encore un peu plus l'&#233;tau de la matraque et du Flash-Ball. En particulier, &#224; Lyon, un d&#233;ploiement massif de flics attend l'arriv&#233;e du cort&#232;ge de manifestants. V&#233;ritable d&#233;fi, ces agents attisent volontairement la haine chez les jeunes. Une poign&#233;e c&#232;de &#224; cette provocation. La r&#233;pression s'abat alors dans un d&#233;cha&#238;nement de violence, les flics tapant sur tout ce qui bouge : jeunes &#224; &#034;l'allure de casseurs&#034; (des jeunes beurres &#224; casquette quoi), ou jeunes tout court, mais aussi sur des t&#234;tes grises (le cort&#232;ge de Sud aurait fait les frais de ce matraquage en r&#232;gle). L'Etat a certainement senti qu'il avait &#233;t&#233; trop loin ce coup ci car certains ministres lancent des &#034;appels au calme&#034; (dirig&#233;s &#224; leurs propres troupes en r&#233;alit&#233;). La manifestation parisienne s'est d&#233;roul&#233;e ensuite &#034;sans heurts&#034;, comme l'a fortement soulign&#233; la presse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer, le mouvement se d&#233;veloppe comme une lame de fond depuis 7 mois. La col&#232;re est immense. Les revendications contre la r&#233;forme des retraites tendent &#224; passer au second plan : les m&#233;dias reconnaissent que le mouvement se &#034;politisent&#034;. C'est toute la mis&#232;re, la pr&#233;carit&#233;, l'exploitation, etc. qui sont ouvertement rejet&#233;es. La solidarit&#233; entre les diff&#233;rents secteurs, aussi, s'accro&#238;t. Mais, pour l'instant, la classe ouvri&#232;re ne parvient pas &#224; prendre r&#233;ellement en mains SES luttes. Elle le souhaite de plus en plus, elle s'y essaye de-ci de-l&#224; par des tentatives minoritaires, elle se m&#233;fie de fa&#231;on croissante de l'intersyndicale, mais elle ne parvient pas encore r&#233;ellement &#224; s'organiser collectivement &#224; travers des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales autonomes et souveraines, et donc en dehors des syndicats. C'est pourtant de telles AG qui avaient constitu&#233;es le c&#339;ur du mouvement contre le CPE en 2006 et qui lui avaient donn&#233; sa force. La classe ouvri&#232;re semble encore manqu&#233; de confiance en elle. Le d&#233;roulement &#224; venir de la lutte va nous dire si elle va parvenir &#224; d&#233;passer cette difficult&#233; cette fois-ci. Ce sera sinon pour la prochaine fois ! Le pr&#233;sent est riche de promesses pour l'avenir des luttes. CCI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Tous les chiffres de participation sont ceux donn&#233;s par l'intersyndicale. Entre les chiffres syndicaux et ceux de la police, il y a parfois un &#233;cart de 1 &#224; 10 ! Les m&#233;dias parlent d'ailleurs de &#034;guerre des chiffres&#034;. Cette gu&#233;-guerre permet de faire croire &#224; une opposition radicale entre les syndicats et l'Etat (alors qu'ils ne font que jouer d'un instrument diff&#233;rent au sein du m&#234;me orchestre et au service de la m&#234;me partition) et brouille les pistes. Personne ne sait vraiment combien de personnes participent aux manifestations. Nous avons toujours retenu les chiffres de l'intersyndicale, qui sont certainement tout de m&#234;me les plus proches de la r&#233;alit&#233;, car cela permet de d&#233;gager les tendances, savoir si cela diminue ou augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Des exemples de ces tracts sont publi&#233;s sur notre forum, sous le fil &#034;Prenons nos luttes en main&#034; (&lt;a href=&#034;http://fr.internationalism.org/foru..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.internationalism.org/foru..&lt;/a&gt;.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 Voici, par exemple, l'un de ces appels &#224; ces Assembl&#233;es populaires : &#034;Cette rentr&#233;e est marqu&#233;e par les manifestations massives attis&#233;es par la r&#233;forme des retraites. C'est par centaines de milliers que nous participons &#224; ces rassemblements organis&#233;s par les syndicats. Combien y vont sans fatalisme ? Combien ne rentrent pas chez eux frustr&#233;s ? Les exp&#233;riences pass&#233;es ont amplement montr&#233; que ces journ&#233;es d'action &#224; r&#233;p&#233;tition ne sont rien d'autre que de st&#233;riles promenades. Si nous ne r&#233;agissons pas, si nous ne prenons pas la parole pour d&#233;cider ensemble de comment faire pour mener et d&#233;velopper notre lutte, l'ensemble des attaques contre nos conditions de vie - dont celle sur les retraites - nous seront impos&#233;es, et d'autres suivront. C'est pour cela que nous invitons &#224; venir d&#233;battre pour briser l'atomisation &#224; laquelle nous sommes contraints. Que se passe t-il lorsque ceux, forc&#233;s au silence et &#224; l'isolement, s'assemblent et se mettent &#224; parler ? Faut-il encore attendre le &#171; bon contexte &#187; ou une permission pour cela ? Retrouvons-nous le lundi 11 octobre &#224; 13h sur les marches ext&#233;rieures de l'Arche pour d&#233;battre, ensemble et maintenant, des fa&#231;ons de mener et de d&#233;velopper une r&#233;ponse. Enrayons la dispersion ! Profitons de ce moment pour cr&#233;er un r&#233;el lieu de discussion fraternel, ouvert &#224; tous !.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 Lire notamment le tract &#034;ADRESSE A TOUS LES TRAVAILLEURS&#034; sign&#233; &#034;Des travailleurs et pr&#233;caires de l'AG interpro de la Gare de l'Est&#034; (disponible sur notre forum : &lt;a href=&#034;http://fr.internationalism.org/foru..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.internationalism.org/foru..&lt;/a&gt;.). Ce tract affirme par exemple : &#034;Laisser les Ch&#233;r&#232;que (CFDT), Thibault (CGT) et Cie d&#233;cider &#224; notre place, c'est se pr&#233;parer &#224; de nouvelles d&#233;faites&#034; et &#034;La forme que le mouvement prendra est notre affaire. C'est &#224; nous tous de le construire sur nos lieux de travail avec des comit&#233;s de gr&#232;ve, dans nos quartiers au travers d'Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales souveraines. Ils doivent r&#233;unir le plus largement possible la population travailleuse, coordonn&#233;s &#224; l'&#233;chelon nationale avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus et r&#233;vocable. C'est &#224; nous de d&#233;cider des moyens d'actions, des revendications&#8230; Et &#224; personne d'autre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pire des erreurs serait de croire que devant une attaque en r&#232;gle, les directions syndicales finiront pas se d&#233;cider &#224; v&#233;ritablement riposter. On ne peut pas confier notre sort &#224; ceux qui acceptent de n&#233;gocier des reculs sociaux. Pour riposter, il faudra reconstruire les liens d'un secteur &#224; l'autre, en commen&#231;ant par inviter dans toute entreprise en lutte les salari&#233;s des entreprises voisines pour reconstruire les AG interprofessionnelles comme en 1995. Ensuite, il va nous falloir b&#226;tir un r&#233;seau de comit&#233;s de lutte. C'est la premi&#232;re t&#226;che des militants conscients de la classe ouvri&#232;re. Sans ces comit&#233;s &#224; la base, se f&#233;d&#233;rant, &#233;lisant des d&#233;l&#233;gu&#233;s, les travailleurs se retrouveraient d&#233;munis si la lutte prend de l'ampleur. En cette p&#233;riode de crise du syst&#232;me capitaliste, nous ne pouvons faire confiance &#224; ceux qui sont li&#233;s au syst&#232;me, &#224; ces dirigeants r&#233;formistes qui ont laiss&#233; se d&#233;truire les retraites et la s&#233;cu, qui croient au syst&#232;me capitaliste et nous ont conseill&#233; de croire &#224; des promesses patronales ou gouvernementales. Avec la crise, les travailleurs ont besoin de peser politiquement et socialement pour entra&#238;ner non seulement tous les secteurs de la classe ouvri&#232;re, mais aussi de nombreux secteurs de la petite bourgeoisie la moins ais&#233;e qui seront &#233;galement frapp&#233;s. Travailleurs, soyons &#224; la t&#234;te de la r&#233;volte des paysans, des p&#234;cheurs, des petits artisans. Pour cela, une seule solution : que les travailleurs, organis&#233;s dans des comit&#233;s &#224; l'&#233;chelle du pays, affirment leurs propres perspectives pour toute la soci&#233;t&#233;. C'est cela l'avenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines trahisons historiques montrent que, m&#234;me lors d'une lutte de classe de grande ampleur, les syndicats prennent politiquement le parti de la bourgeoisie, menant Lula ou Lech Walesa au pouvoir ou encore le leader des mineurs sud-africains &#224; devenir milliardaire. La direction du syndicat NUM, le syndicat des mineurs, qui avait organis&#233; la fin de la lutte contre l'apartheid en accord avec les patrons des trutss, a &#233;t&#233; bien pay&#233; de ses efforts : 1,5 milliard de francs&#8230; investis dans une holding du trust minier Anglo American. Son ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, Cyril Ramaphosa, devenu milliardaire, r&#233;suma bien le singulier destin de ces chefs syndicalistes : &#171; Voil&#224; les syndicats qui se mettent aux affaires pour leur propre compte. (&#8230;) Je n'ai aucun scrupule moral &#224; m'engager dans cette voie nouvelle, parce que j'y travaillerai avec des camarades et que nous nous conformerons &#224; certains principes. Inutile de nous voiler la face : ce faisant, nous allons bien s&#251;r nous enrichir. Mais en m&#234;me temps, nous dirons que nos syndicats aussi doivent pouvoir s'enrichir. Bient&#244;t le NUM nagera dans les millions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1591&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La suite de Chronologie syndicale des luttes ouvri&#232;res en France et dans le monde - Les raisons de la d&#233;faite : lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Soixante ans de luttes de classe en France</title>
		<link>https://matierevolution.fr/spip.php?article139</link>
		<guid isPermaLink="true">https://matierevolution.fr/spip.php?article139</guid>
		<dc:date>2007-12-21T15:10:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Site : Mati&#232;re et r&#233;volution &lt;br class='autobr' /&gt;
www.matierevolution.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
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Pourquoi ce site ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous &#233;crire, cliquez sur R&#233;pondre &#224; cet article &lt;br class='autobr' /&gt; 1- La CGT en 1946 &lt;br class='autobr' /&gt; 2- La gr&#232;ve Renault de 1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
3- Les gr&#232;ves de 1948 &lt;br class='autobr' /&gt; 4- La gr&#232;ve des mineurs de 1953 &lt;br class='autobr' /&gt; 5- La gr&#232;ve de Saint-Nazaire de 1955 &lt;br class='autobr' /&gt; 6- La classe ouvri&#232;re, la guerre d'Alg&#233;rie et le coup d'Etat de De Gaulle &lt;br class='autobr' /&gt;
7- Gr&#232;ves de 1967 &lt;br class='autobr' /&gt;
8- Mai 68 &lt;br class='autobr' /&gt;
9- Contestation ouvri&#232;re des ann&#233;es 70 dont Lip &lt;br class='autobr' /&gt;
10- Gr&#232;ves dans la sid&#233;rurgie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://matierevolution.fr/spip.php?rubrique97" rel="directory"&gt;29 - Soixante ans de luttes de classe en France&lt;/a&gt;


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&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article88&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sommaire du site&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;1- La CGT en 1946
&lt;br /&gt;
2- La gr&#232;ve Renault de 1947&lt;br /&gt;
3- Les gr&#232;ves de 1948
&lt;br /&gt;
4- La gr&#232;ve des mineurs de 1953
&lt;br /&gt;
5- La gr&#232;ve de Saint-Nazaire de 1955 &lt;br /&gt;
6- La classe ouvri&#232;re, la guerre d'Alg&#233;rie et le coup d'Etat de De Gaulle&lt;br /&gt;
7- Gr&#232;ves de 1967&lt;br /&gt;
8- Mai 68&lt;br /&gt;
9- Contestation ouvri&#232;re des ann&#233;es 70 dont Lip&lt;br /&gt;
10- Gr&#232;ves dans la sid&#233;rurgie &lt;br /&gt;
11- Gr&#232;ves dans l'automobile (de Chausson &#224; Talbot) en 1982-85, face au gouvernement de gauche &lt;br /&gt;
12- Coordinations dans les gr&#232;ves SNECMA, SNCF et infirmi&#232;res&lt;br /&gt;
13- Gr&#232;ve de 1995&lt;br /&gt;
14- Les Saint-Bernard : mouvement des sans-papiers de 1996&lt;br /&gt;
15- 1997-98 : lutte des ch&#244;meurs&lt;br /&gt;
16- 2003 : gr&#232;ve pour les retraites &lt;br /&gt;
17- 2007 : mouvement contre le CNE-CPE&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la suite cliquez ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article203&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soixante ans de lutte de classe en France&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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