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Editorial 12-05-2009 - Pourquoi ces stratégies syndicales ?

samedi 9 mai 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

IL FAUT ÊTRE CLAIRS : IL N’Y AURA PAS DE VÉRITABLE CONVERGENCE DES LUTTES EN FAISANT SEULEMENT PRESSION SUR LES BUREAUCRATIES SYNDICALES

LES TRAVAILLEURS DOIVENT S’ORGANISER EUX-MÊMES ET DÉCIDER DES OBJECTIFS ET DU COURS DES LUTTES

La colère des travailleurs va-t-elle exploser malgré les stratégies syndicales ?

C’est la question que posent tous les média. C’est aussi ce que se demandent les dirigeants politiques, de gauche comme de droite, qui s’inquiètent que l’élection européenne ne suffise pas à canaliser le mécontentement populaire. Les syndicats patronaux s’inquiètent que cette colère déborde et que l’unité des syndicats de salariés ne suffise plus comme prétexte pour se contenter des journées d’action.

Alors que les suppressions d’emplois continuent et que le niveau de vie de la population baisse, que les attaques contre les services publics se multiplient, que la crise continue, les dirigeants syndicaux savent qu’ils risquent de ne plus pouvoir se contenter de leur stratégie journée nationale suivie de négociations. Les journées d’action de janvier, mars, mai, juin ne font peur ni au patronat ni au gouvernement. Les directions syndicales ont qualifié le premier mai de succès. En effet, la France était bel et bien bloquée… parce que c’était un jour férié. Et ces directions ont décidé que les deux prochaines journées qu’elles organisent les 26 mai et 13 juin ne seront pas non plus des journées de grève. Cela leur a valu au moins les félicitations du ministre Brice Hortefeux. Faute que cela serve à renforcer les travailleurs et à faire reculer le gouvernement, la modération des directions syndicales plait à nos adversaires. En fait, elles font bien plus que d’être modérées : leur stratégie s’intègre dans celle du patronat et du gouvernement.

Bernard Thibaut se garde bien de se solidariser entièrement des travailleurs dont la colère a explosé et il participe du discours des partis et des syndicats qui affirment que l’extrême gauche essaie de pousser à des débordements. Comme s’il y avait besoin de cette extrême gauche pour que les travailleurs soient révoltés quand des patrons le jettent comme des kleenex, mais aussi quand des syndicalistes signent des licenciements sous prétexte qu’ils sont seulement un peu inférieurs. N’y a-t-il pas de quoi être scandalisés quand Bernard Thibaut affirme que la lutte des Antilles n’est pas la même que celle en France, alors que cette lutte ne peut se mener à la victoire qu’ensemble. A preuve, la lutte est en train de repartir aux Antilles parce que les problèmes ne sont pas réglés. N’y a-t-il pas de quoi se fâcher quand on constate que, dans le mouvement des enseignants-chercheurs et des personnels et étudiants de l’université, les syndicats n’ont suivi que du bout des lèvres, ont refusé l’extension "de la maternelle à l’université" et tenté d’empêcher la jonction avec l’hôpital public qui a finalement eu lieu malgré eux. Les syndicats négocient dans le dos des grévistes, des enseignants chercheurs aux gardiens de prison et aux entreprises privées.

Cependant, la colère monte dans la classe ouvrière. Jamais on a autant vu tous les jours des grèves, des occupations d’usines, des patrons séquestrés par des salariés dont les entreprises ferment leurs portes ou licencient massivement. Syndicats patronaux et gouvernement s’indignent. Média, politiciens de droite et de gauche réprouvent « des violences », ainsi que certains dirigeants syndicaux. Bien sûr, nous tous, travailleurs, savons d’où vient la véritable violence, celle qui ne détruit pas seulement un bureau mais ferme des usines, détruit des régions, et surtout des emplois, des vies, des familles.

La stratégie syndicale de négociation est complètement caduque, quand elle ne se retourne pas directement contre l’intérêt des travailleurs. On l’a vu à Continental où les syndicats ont signé un accord sur les 40 heures payés 35 heures soi-disant « pour sauver l’entreprise » et qui n’a pas empêché la fermeture. Il en va de même pour l’accord cautionné également par les syndicats à Arcelor-Mittal. Ce sont les syndicats de Caterpilar qui ont accepté les 600 licenciements, sous prétexte que le patron était passé d’un projet de 600 à 730 licenciements puis de nouveau à 600. Tous les objectifs fallacieux comme « sauver l’économie » et même « sauver l’entreprise » ne visent qu’à nous faire accepter progressivement les sacrifices. Là où on aura accepté du chômage technique, plus de flexibilité, et des baisses de salaires, on nous imposera des licenciements. En évitant une grande lutte, on n’évite pas les fermetures d’usines.

Il y a une alternative à ces politiques de « proposition », d’ « accord », de négociation, c’est une lutte générale. Pour cela, il faut un vrai plan de lutte élaboré par des comités de travailleurs dans toutes les entreprises, privées et publiques, avec des revendications nationales et d’abord le salaire minimum de 1500€ pour tous, l’interdiction du chômage technique et des suppressions d’emplois dans les entreprises privées comme d’emplois d’enseignants, d’agents hospitaliers et de cheminots !

5 Messages de forum

  • Editorial 12-05-2009 17 mai 2009 11:04

    Les bureaucrates font bloc pour flinguer le mouvement et les étudiants / personnels qui se battent pour continuer la grève, refuser que se déroulent les examens, et revendiquer la validation automatique. Ils se sont mis d’accord, cf le communiqué ci-dessous.

    Les bureaucrates avaient déjà réussi à flinguer le mouvement des profs de 2003 en mettant tout leur poids pour que le mouvement s’arrête à l’approche du Bac. Car pour eux, il n’est pas question de toucher aux examens.

    La situation est de plus en plus difficile : poitiers a rejetté le blocage mardi, de même que Besançon, Dijon.

    Les bastions de la FSE tiennent, et de quelle manière : AG de 2000 étudiants à Toulouse vote la quasi unanimité le blocage, AG de 3000 (! !) étudiants à Caen vote la poursuite du blocage. A Aix, cela tient aussi ; à Reims, une AG de près de 2000 étudiants a également voté le blocage.

    Le problème est que les facs qui débloquent maintenant le font sans doute définitivement, car immédiatement rattrapages en cascade s’enchainent et font plonger la mobilisation à zéro.

    Il reste encore un nombre significatif d’universités bloquées. D’autres ont débloqué tout en votant la neutralisation du semestre (Grenoble III par exemple), pensant trouver une issue. Or, les présidents sont très habiles : quand ils voient que le report des examens n’est pas en position de passer, ils proposent la "neutralisation du semestre". C’est un gros piège, car pour eux, la neutralisation signifie simplement .... que les étudiants devront obtenir les crédits "neutralisés" l’année prochaine.

    Evidemment, la bonne revendication est la validation automatique du semestre, et les camarades de P7 ont fait un excellent tract là dessus.

    On voit à quel point un syndicat de lutte puissant et organisé nationalement serait nécessaire aujourd’hui, car les étudiants ne sont pas armés aujourd’hui pour résister aux pressions, manoeuvres, magouilles, détournements de votes de la part des présidences .....

    Un argument de poids est de dire que là où le syndicalisme de lutte est fort et bien organisé (Toulouse le mirail, Caen, Lyon II par exemple), les étudiants sont en capacité de résister. Non pas parce que les étudiants de ces facs seraient "radicaux" par nature, mais parce qu’ils ont un syndicat de lutte puissant. Si un tel syndicat existait au niveau national, les étudiants seraient en capacité d’imposer la non tenue des examens dans un grand nombre de facs, et cela permettrait une autre issue au conflit, sans pénalisation des étudiants.

    Un tel syndicat ne pourra pas se construire comme une excroissance de SUD ou de la FSE, ou même de la fusion d’appareil entre les deux, mais comme le dépassement des structures actuelles via l’organisation de l’avant-garde étudiante qui structure la mobilisation dans les différentes universités.

    Il faut faire voter le plus vite possible l’appel de la NOEL dans un endroit (syndicat ou AG) et le diffuser partout : je peux, si vous voulez, recenser les différentes adresses des comités de lutte.

    Sylvain

    Examens universitaires : le gouvernement doit répondre aux revendicationspour permettre à tous les étudiants de valider leur semestre Par ses tergiversations et son refus de répondre clairement aux revendications portées par les personnels et les étudiants depuis 14 semaines, le gouvernement porte aujourd’hui l’entière responsabilité des conséquences de la poursuite du conflit au sein des universités. Il est comptable de la situation et de l’avenir des étudiants.

    Les organisations soussignées condamnent l’attitude fermée et agressive du gouvernement. Elles refusent la dramatisation à laquelle se livre de manière irresponsable et dangereuse le gouvernement, au travers des déclarations de V. Pécresse, X. Darcos et F. Fillon. Elles dénoncent la volonté de la Ministre d’enfermer la mobilisation actuelle dans le débat sur les examens universitaires pour mieux se défausser de ses propres responsabilités.

    Dans de nombreuses universités, les communautés universitaires, dans le respect des prérogatives des CEVU et CA, ont trouvé des modalités d’examens, aménagés ou non, qui se mettent déjà en œuvre, ce que le gouvernement feint d’ignorer. Les discussions se poursuivent ailleurs. La force de cette exceptionnelle mobilisation réside dans son unité. En l’absence de réponses du gouvernement, les organisations soussignées estiment que la mobilisation doit se poursuivre. Ses formes doivent permettre à tous les étudiants de valider leur semestre et/ou leur diplôme dans les meilleures conditions.

    La validation du semestre et l’obtention des diplômes doivent reposer sur une juste évaluation des étudiants. Celle-ci suppose la mise en œuvre d’aménagements de la fin de l’année universitaire (report du calendrier de sessions d’examens, compléments de formations, cours de rattrapages, meilleure prise en compte du contrôle continu, modifications du contenu des épreuves ou de leur forme, etc.). Ces aménagements ne sauraient être un effacement du mouvement, comme le sous-entend la Ministre. Il appartient aux étudiants et aux personnels de décider des modalités les plus adaptées au sein de chaque université, en fonction de la situation locale afin qu’aucun étudiant ne soit pénalisé.

    Nous exigeons que la Ministre et les présidents d’universités apportent les garanties suivantes, préalables à une organisation de la fin du semestre qui ne pénalise aucun étudiant : -

    les examens ne doivent porter que sur les enseignements effectivement réalisés pour tous ; les modalités de rattrapages ne doivent en aucun cas priver les étudiants de leurs droits (suppression des sessions de rattrapage par exemple) ; le versement des bourses ne saurait être interrompu au motif d’un manque d’assiduité. La mobilisation particulièrement forte et unitaire dans les universités exige des réponses. La stigmatisation, la dramatisation et les provocations verbales sont de nature à renforcer l’incompréhension et l’exaspération au sein des universités. Le gouvernement doit trouver le chemin du dialogue au lieu de jeter de l’huile sur le feu. C’est à lui, en satisfaisant les revendications, de créer les conditions qui permettent aux étudiants de valider leur année.

    Paris, le 12 mai 2009 SNESUP-FSU - SNCS-FSU - SNEP-FSU - SNTRS-CGT - UNEF - SLU - SLR

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  • Editorial 12-05-2009 - Pourquoi ces stratégies syndicales ? 4 septembre 2009 10:10, par Robert Paris

    En cette rentrée, les centrales s’affichent divisées mais toutes continuent de nous promener.

    La CGT vient d’appeler à une journée d’action... mais comme le dirigeant de la CGT s’était dit d’accord avec la CFDT qu’il ne fallait pas de journée de grève, ce serait une journée d’action dans l’inaction...

    D’autre part, la date ne serait peut-être ni la même que celle des postiers ni peu-être que celle de la SNCF sans parler de l’hôpital public !!!

    Rien de bon à attendre de ce côté là.

    Il ne faut pas pousser les confédérations mais compter sur nos propres forces.

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  • Editorial 12-05-2009 - Pourquoi ces stratégies syndicales ? 4 septembre 2009 12:50, par Robert Paris

    Sur ce thème le point de vue de la [revue critique sociale :http://bataillesocialiste.wordpress...].

    Cette revue dénonce comme des détournements du syndicalisme sa trop grande adaptation à l’Etat.

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  • Une couverture de gauche est apportée aux syndicats par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte ouvrière (LO). Tous deux ont salué la trahison de Clairoix comme une « victoire. » Le NPA a donné la garantie écrite qu’il n’opposerait pas de critique aux trahisons de la CGT et d’autres syndicats. Après que la CGT eut refusé de se rendre à l’université d’été du NPA, car il s’y trouvait des travailleurs critiques de Thibault (notamment Xavier Mathieu de Continental Clairoix) le NPA a rencontré la CGT le 1er octobre et lui a dit, selon son propre reportage, que « Le NPA a réaffirmé qu’il n’avait pas vocation à se substituer aux syndicats... » et que « Le NPA a tenu à dire à la CGT que sa crainte de construction d’un courant NPA dans la CGT, était sans fondement. L’autonomie des syndicats quant à la défense des salariés va de soi pour le NPA... »

    Les syndicats et les partis traditionnels de la classe ouvrière sont complètement complices du gouvernement et du patronat dans le monde entier au moment où la situation des travailleurs et des jeunes est poussée à un niveau de pauvreté pareil à celui des années 1930.

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  • Editorial 12-05-2009 - Pourquoi ces stratégies syndicales ? 11 janvier 2010 07:06, par Robert Paris

    En 2010, les journées d’action de 2009 continuent mais, quel progrès !, elles sont sectorisées… La fonction publique est appelée à la grève le 21 janvier, les infirmières et personnels de santé le 26 janvier, France Télévision le 28 janvier, l’Education le 30 janvier. Les ports et docks avaient été appelés le 4 janvier. La Guadeloupe le 9 janvier. L’aviation civile les 13 et 14 janvier. Et, dans le privé, c’est plutôt entreprise par entreprise, etc, etc…

    Il est grand temps que les travailleurs lancent un grand mouvement d’organisation de comités de lutte dnas tous les secteurs pour décider eux-mêmes des revendciations, des formes d’action et discuter de l’avenir de la société....

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