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Editorial 30-06-2009 - Le joli temps des colos ....

lundi 29 juin 2009, par Faber Sperber

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

L’été, c’est le moment de visiter les colos !

Les petits copains à Bongo avaient à peine fini de visiter le Gabon françafricain que, jeudi, la marionnette a fait un petit tour éclair aux Antilles, (le propriétaire reste prudent car le terrain est encore chaud) dans les confettis de l’empire colonial, en Martinique puis en Guadeloupe, pour une visite de deux jours, dans le cadre des états généraux de l’outre-mer lancés officiellement par le gouvernement le 21 avril.

En visiteur généreux, il apporte quelques cadeaux : des millions pour ses hôtes les patrons-békés. Par contre, pour la population travailleuse, pas d’emplois, pas de hausse des salaires mais des discours doucereux sur une "autonomie éventuelle de la Martinique" (manière de recrédiibiliser les "élites" locales qui serait assortie d’une réduction des aides de la métropole !) et 1200 gendarmes accompagnant ce déplacement pour rappeler que le bâton n’est pas très loin de la carotte. En Guadeloupe, pas de proposition de ce type et le LKP appelait à la mobilisation dès lundi avec une grève reconductible de 24 heures, accompagné de « rendez-vous de solidarité » devant les entreprises en grève.

Que le gouvernement ait laissé mariner les choses pendant quatre mois le temps que ça se tasse, on le comprend, mais l’appel timide est en deçà de ce que la population a déjà entrepris avec les barrages des stations service. Des revendications qui étaient sorties du mouvement du début de l’année aux Antilles, rien n’a encore abouti. Les prix des denrées mises sur une liste ont peut-être baissé, mais on ne les trouve plus et celles qui les ont remplacé sont aussi chères qu’avant ; les salaires ont augmenté, subventionnés largement (et temporairement) par l’Etat, mais la plupart des grands patrons ne paient pas d’augmentation et le chômage explose.

Les signataires de l’"accord de sortie de grève" estiment eux-mêmes avoir été roulés dans la farine. Le LKP boycotte les Etats généraux, mais sa présence pour cette mascarade n’y aurait de toute façon rien changé. Peut-être se sont-ils rappelés les vers millénaires de Su Dongpo « On ne peut voir le vrai visage de la montagne Lu / Quand on se trouve encore au sein de la montagne ». Alors qu’ils avaient le rapport de force avec eux, les syndicats ont négocié à la baisse pour n’effrayer personne. Et après la victoire en chantant, ils geignent que ces méchants patrons et gouvernants ne respectent pas leur parole. C’est trop triste... Mais s’ ils reconnaissent leurs échecs à posteriori, c’est juste pour conserver leur crédit en vue de la prochaine éruption qui ne tardera pas.

La population n’accepte pas, elle le dit, mais elle laisse encore faire des représentants au lieu de prendre les choses en mains elle même. Les familles d’esclavagistes sont toujours là, détenant le monopole sur les produits de première nécessité.

De l’autre côté de l’Atlantique, les « il ne faut pas généraliser la grève » de la CGT nous montrent les limites des dirigeants qui se disent « réalistes et constructifs », pour l’unité syndicale contre l’unité ouvrière, pour négocier dans le dos des travailleurs les fermetures, des suppressions d’emplois sous prétexte de « sauver de la fermeture », pour négocier la casse des retraites sous prétexte de « sauver le système de retraite ». Résultats : le SMIC au minima, la retraite envisagée à 67 ans, des attaques renouvelées contre la Sécu et l’Hôpital public, des milliers de suppressions d’emplois dans la fonction publique et de nouvelles mesures pour aider les patrons à mettre au chômage partiel et à licencier, sans compter un emprunt pour faire des cadeaux aux patrons. Pour trouver des solutions il va falloir bientôt, comme la population Antillaise, lever le poing et relever la tête !

S’il est une histoire que nous devons partager avec le peuple Antillais c’est aussi celles des luttes comme celle de la Commune de Paris en 1871 affichait : « Citoyens, Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à mot spirituel. Évitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres. »

La lutte aux Antilles se veut « lutte contre l’exploitation » ; elle doit se doter, comme en 1871, de comités des exploités désignant clairement ses adversaires : les exploiteurs qui monopolisent la terre, les richesses, la distribution et le pouvoir. Et, en métropole aussi, ce sont des comités de travailleurs qu’il nous faut face à une crise qui ne fait que de commencer….

3 Messages de forum

  • Nicolas Sarkozy a adressé vendredi un rappel à « l’ordre républicain » à ceux qui, en Guadeloupe, utilisent le droit de grève « comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique » et a appelé tous les acteurs de l’île au dialogue.

    « Je serai très ferme sur le respect des principes républicains en Guadeloupe (.
    ..) le droit de grève est un droit légitime mais il ne peut pas être utilisé comme un instrument de propagande et de déstabilisation politique », a-t-il déclaré lors d’une réunion des états généraux de l’outremer à Petit-Bourg.

    « Je vous le dis tout net, je ne suis pas prêt à accepter l’inacceptable, ni en Guadeloupe, ni sur aucun centimètre carré de la République française », a insisté le chef de l’Etat en visant sans le nommer le collectif guadeloupéen LKP, fer de lance de la crise sociale de l’hiver.

    Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois déploré le refus du LKP, et de son emblématique porte-parole Elie Domota, de participer aux états généraux de l’outremer lancés en avril par le gouvernement. « Comment justifier qu’on a tellement de convictions et qu’on est pas prêt à les confronter aux autres Guadeloupéens (...) si quelqu’un a des choses à dire, qu’il vienne le dire ! » s’est-il exclamé.

    M. Sarkozy a également déploré le discours de ceux qui mettent en cause certains « citoyens en raison de leur origine ». « On ne répond pas au racisme en créant les conditions d’un autre racisme », a-t-il estimé.

    A ceux, enfin qui lui reprochaient la brièveté de son passage en Guadeloupe (sept heures), Nicolas Sarkozy a plaidé pour l’efficacité. « Serrer les mains n’est pas le plus difficile. Ce qu’on attend de moi, c’est des décisions », a-t-il argumenté. Avant de mettre en cause ceux de ces prédécesseurs qui venaient aux Antilles pour « prendre un petit coup d’exotisme ».

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  • merci merci merci pour l’info.

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  • La population n’accepte pas, elle le dit, mais elle laisse encore faire des représentants au lieu de prendre les choses en mains elle même. Les familles d’esclavagistes sont toujours là, détenant le monopole sur les produits de première nécessité.

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