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Tunisie : l’armée va-t-elle servir de recours face au vide du pouvoir après la chute de Ben Ali

mardi 18 janvier 2011, par Robert Paris

De quel côté sont ces soldats, celui du peuple ou celui des profiteurs qui oppriment le peuple, aucun moyen de le savoir tant que l’on n’aura pas formé des comités de soldats qui, liés aux comités de travailleurs et aux comités de quartier, dicteront l’avenir du pays.

Une chose est certaine : il y a une tentative de créditer la hiérarchie militaire en faisant croire que les généraux ne voulaient pas faire tirer sur la foule et que ce serait eux qui auraient "conseillé" à Ben Ali de faire ses valises...

Certains soulignent aussi que l’armée n’a jamais eu des velléités de venir au pouvoir direct ce qui serait selon eux une garantie démocratique...

La presse prétend que "Le chef d’état-major de l’armée de terre tunisienne, le général Rachid Ammar, a démissionné, refusant de faire tirer l’armée, et c’est probablement lui qui a conseillé à Ben Ali de partir en lui disant qu’il était "fini", avance l’amiral Lanxade."

Elle écrit : "Dans la Tunisie de l’après-Ben Ali, l’armée est devenue, en un clin d’œil, la plus adulée des institutions du pays. On compte sur elle pour stopper les pillages, mater les milices, protéger les habitants et les édifices publics. Elle est le chevalier blanc de l’ère nouvelle. Mais un chevalier pauvre. Des renforts militaires, venus du Sud, seraient attendus incessamment dans la capitale, assure-t-on de bonne source."

Mais le fait que certains généraux essaient de se créditer ainsi montre qu’ils pourraient bien avoir des visées sur le pour pouvoir politique maintenant que le chef suprême et incontestable est tombé. Si l’armée n’avait pas ces velléités avant c’est que la dictature ne voulait pas de candidats concurrents et pas par souci démocratique !!!

L’armée a bel et bien réprimé les manifestations et participé à la tuerie.

Quand l’armée quadrille le pays, c’est pour combattre la poursuite de la mobilisation et pas les partisans de Ben Ali !

Les tanks ne poursuivent pas les voleurs et les bandits !!!

L’insécurité sert de prétexte à présenter les forces armées comme un moyen de redonner la sécurité aux citoyens !

Si les chefs militaires ont montré des réticences à intervenir directement pour le maintien de l’ordre, ce n’est pas non plus parce qu’ils sont plus proches du peuple que les policiers ou les forces spéciales mais parce que les soldats ne voulaient pas faire le coup de feu contre leurs frères.

Si des militaires sont devenus populaires, ce sont les soldats et pas la hiérarchie militaire qui, elle, profitait du système d’exactions de Ben Ali.

Cependant, certains essaient de mettre en avant l’armée comme un recours politique.

"L’armée nationale n’a pas pas trahi le peuple et la nation", déclare le critique de théâtre, Ahmed El Hadek El Orf, qui dit avoir un certain moment renoncé à l’idée de voir le pays évoluer vers la démocratie. "Et c’est pour la première fois que j’accole le mot +nationale+ à armée", tient-il à souligner. "Imaginez un scénario dans lequel l’armée aurait tiré sur les manifestants, cela aurait été un bain de sang", relève de son côté Chedli Belkhamsa, un artiste.

"Outre le fait que l’armée a été réticente à participer à la répression, elle a montré qu’elle ne voulait pas se mêler du jeu politique", a souligné Chedli Laajimi, cadre syndicaliste.

Dans la crise la plus aigüe jamais traversée par le pays "c’est l’armée qui a lâché" Ben Ali, a relevé dimanche l’ex-chef d’état-major français et ex-ambassadeur en Tunisie l’amiral Jacques Lanxade.

"C’est l’armée qui a lâché Ben Ali quand elle s’est refusée - à l’inverse de la police du régime - à faire tirer sur la foule" pendant les manifestations de la semaine passée, a-t-il affirmé au quotidien Le Parisien.

"Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar a démissionné en refusant de faire tirer l’armée et c’est probablement lui qui a conseillé à Ben Ali de s’en aller en lui disant : +tu es fini+", a-t-il dit.

"L’armée qui a toujours été tenue à l’écart de la politique et n’était pas partie prenante dans la direction des affaires du pays, est une armée assez républicaine", a estimé le général Lanxade, y voyant "un élément stabilisateur et modérateur".

"Si l’armée n’avait pas été là, le pays aurait plongé dans le chaos", a estimé Salah Toumi, un militante indépendant de la gauche, alors que Mohammed Lakdhar Allala, membre de la direction du parti Ettajdid (ex-communiste) estime que "l’armée, en faisant pression sur Ben Ali a jouté un rôle positif".

"J’ai constaté une fraternisation entre le peuple et l’armée qui n’a pas tiré sur lui", souligne de son côté, Abdel Wahab Maalouch, député de l’Union démocratique unioniste (UDU), le seul parti de l’opposition de façade qui a pris ses distances pendant la crise du régime de Ben Ali.

Les témoignages abondent sur les scènes de fraternisation pendant les violences à Tunis attribuée à un noyau dur des services de sécurité fidèles à Ben Ali entre l’armée et la population."

Des scènes de fraternisation avec le soldats, oui, mais pas de fraternisation avec la hiérarchie des généraux !!!

Voici l’article publié dans Le Figaro du 15 et 16 janvier :

"L’armée tunisienne a tenu à apparaître comme l’ultime rempart face à la violence, qui ensanglante la Tunisie depuis un mois. « Elle n’a pas voulu d’un bain de sang », commente le chercheur Vincent Geisser. Depuis le début des émeutes, les militaires avaient pris soin de ne pas trop se mêler à la répression des manifestants. Dans certaines villes, des chars s’étaient même opposés aux policiers, qui entendaient mater dans le sang la révolte.

Vendredi soir, l’état-major de l’armée n’est pas apparu aux côtés du premier ministre, Mohammed Ghannouchi, Mais nul doute qu’en coulisses, ce sont les militaires tunisiens, qui ont joué un rôle déterminant dans cette transition.

Selon les informations de François Hauter, l’envoyé spécial du Figaro en Tunisie, c’est le chef d’état-major, le Général Rachid Ammar, qui, mis à pied par Ben Ali, lui aurait conseillé de quitter le pays.

L’armée a donc non seulement réussi à pousser Ben Ali vers la sortie. Elle aurait également neutralisé les membres de l’appareil sécuritaire, qui pouvaient être tentés par un durcissement face à la rue.

Historiquement, l’armée tunisienne s’est toujours tenue à l’écart des affaires. « Les généraux ne détiennent pas des entreprises, ils ne sont pas mêlés à l’affairisme contrairement à certains responsables du ministère de l’Intérieur », ajoute Vincent Geisser. Elle compte 35 000 hommes, dont 27 000 dans l’armée de terre.

Au pire, l’armée pouvait servir Ben Ali pour le maintien de l’ordre, mais elle n’a pas voulu. Elle pouvait également faire une sorte de « révolution des œillets », en remettant le pouvoir le plus vite possible aux civils. Les militaires n’ont pas eu besoin de recourir à un coup d’État. Finalement, l’armée a convaincu le président et son entourage honni par une large partie du peuple tunisien de quitter la scène, avant qu’il ne soit trop tard.

Même l’opposition tunisienne ne critique guère « la grande muette », moins mêlée aux basses besognes du régime que les sbires du ministère de l’Intérieur ou des services de renseignements, qui contrôlaient les faits et gestes de tout opposant potentiel. Contrairement à l’Algérie, l’armée tunisienne n’est pas politisée. Elle est restée loyale à l’ex-président Ben Ali, jusqu’au moment où la situation lui a échappé. Sa ligne rouge était d’éviter un carnage, car hier encore, des tirs ont visé des manifestants. C’était un désaveu clair du président Ben Ali, qui avait appelé la veille à l’arrêt des tirs contre les protestataires. Dans ces conditions, la hiérarchie militaire a dû considérer que les engagements de l’ex-numéro un du pays n’avaient pas été tenus. Elle devait passer à l’action."

Comme on peut le constater, tout est fait pour mettre en avant l’armée comme un nouveau pouvoir alors qu’elle faisait partie de l’ancien pouvoir de Ben Ali et qu’elle sert les mêmes classes dirigeantes que lui...

Au lieu de faire confiance aux généraux, le peuple tunisien doit se lier aux soldats mais il doit appeler ceux-ci à ne plus obéir à leur hiérarchie.

C’est le seul moyen de s’assurer que demain cette armée ne tourne pas ses armes contre le peuple révolté !!!

6 Messages de forum

  • Tunisie : la "caravane de la libération" assiège le palais de la Kasbah

    "Un mois, deux mois, trois mois ! Jusqu’à la chute du régime !". Criant leur détermination, des milliers de Tunisiens, dont des jeunes venus du centre frondeur et déshérité du pays, ont entamé dimanche à Tunis le siège du palais de la Kasbah, qui abrite le Premier ministre.

    "Le peuple vient faire tomber le gouvernement", proclame une banderole accrochée aux grilles du bâtiment, témoignant de la défiance de la rue à l’égard des autorités de transition, dominées par des caciques de l’ancien régime.

    Une semaine après la chute du dictateur Ben Ali, la colère des Tunisiens ne faiblit pas. Partis du centre du pays, samedi matin, la "caravane de la libération" a rejoint la capitale dimanche matin. "Le peuple vient faire tomber le gouvernement", scandaient des manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes qui ont rejoint la capitale en alternant marche et trajets en véhicules. "Nous sommes venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzid, de Regueb pour faire tomber les derniers restes de la dictature", a expliqué un vieil homme drapé dans un drapeau tunisien, Mohammed Layani.

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  • Quel mensonge grossier de présenter la Tunisie comme un pays où l’armée aurait comme tradition de ne pas se mêler au pouvoir politique quand on pense que Ben Ali est issu justement de l’armée !!! Qu’il ait eu comme souci qu’un autre ne lui fasse pas ce qu’il a fait à Bourguiba, certes, mais de là à faire croire que l’armée tunisienne ne met jamais son nez dans la politique...

    Après divers postes au sein de l’armée et de la sûreté nationale, Ben Ali devient ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Rachid Sfar puis remplace ce dernier comme Premier ministre. Il finit par déposer le président Habib Bourguiba « pour raisons médicales » et lui succède en sa qualité de dauphin constitutionnel.

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  • Voici ce que l’on peut lire dans la presse sur le rôle de l’armée pour tromper le peuple ;

    « L’armée nationale se porte garante de la Révolution. L’armée a protégé et protège le peuple et le pays », a déclaré ce lundi après-midi le général Rachid Ammar, le très populaire chef d’état-major de l’armée de terre, lors d’une intervention face à des centaines de manifestants devant la mairie du quartier de la Kasbah, siège du pouvoir politique à Tunis, rapporte Reuters. « Nous sommes fidèles à la Constitution du pays. Nous ne sortirons pas de ce cadre », a ajouté le général qui avait refusé de faire tirer sur les manifestants de la "révolution du jasmin", comme le lui demandait le président déchu Zine el-Abidine Ben Ali. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le général Rachid Ammar, a appelé les manifestants à lever le siège des bureaux du Premier ministre qui se poursuit depuis dimanche. « Vos demandes sont légitimes, a-t-il lancé. M ais j’aimerais que cette place se vide, pour que le gouvernement travaille, ce gouvernement ou un autre. » Tout en ajoutant : « Le vide engendre la terreur, qui engendre la dictature. » En posant l’armée en « garante de la révolution », il a promis de respecter la Constitution. « Nous sommes fidèles à la Constitution du pays. Nous ne sortirons pas de ce cadre », a complété le général Ammar, connu du peuple tunisien depuis son refus de donner l’ordre à ses troupes de tirer sur les manifestants comme le lui avait ordonné l’ancien président Ben Ali. Le chef d’état-major de l’armée de terre, Rachid Ammar, a improvisé un discours aux manifestants dans l’après-midi, assurant que « l’armée se porte garante de la Révolution » et invitant les manifestants à lever le siège.

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  • Nouveau rebondissement en ce Lundi 24 Janvier. Alors que la manifestation battait son plein dans la capitale Tunisienne, l’armée s’est fendue d’un discours déroutant, rassurant, fendant avec la réserve qu’elle avait eu jusqu’à présent. En effet, celle ci a tenu a assuré à la population qu’elle se porterait "garante de la révolution", tout en ajoutant qu’elle mettrait tout en oeuvre pour faire "appliquer la constitution" Tunisienne. Une bonne nouvelle pour les manifestants d’autant plus que dans le même temps, le porte parole du gouvernement Gannouchi, Taieb Baccouch, se fendait lui aussi d’une déclaration solenelle, affirmant qu’un remaniement imminent était prévu, ajoutant que celui ci pourrait advenir dans les prochaines heures, voir les prochains jours, tout en tempérent qu’il était pour le maintien des forces en place, et qu’il y avait depuis les départs de l’opposition la semaine passée, des postes vacants.

    A quoi ressemblera le prochain pouvoir politique Tunisien ?

    Si il est un Homme qui a marqué de son empreinte cette révolution, et qui est sorti de l’anonymat depuis les affrontements envers la dictature, si il en est un qui fait office de favori pour être le potentiels dirigeants de la nationc’est bien Le général Ammar, chef de l’armée Tunisienne devenu un symbôle de la lutte contre la dictature, depuis que celui ci a refusé que l’armée ne tire sur les manifestants les jours préçédents la chute du régime.

    Le Général Ammar, devenu héros de la rue, pourrait en effet devenir le prochain leader d’une nation en manque de repères politiques. Un Homme d’expérience pour un peuple qui en manque cruellement du fait de la non diversité des partis politiques durant plus de 20 ans.

    Pourtant, bien que celui ci soit devenu plus qu’un héros pour le peuple Tunisien, et que lors de son allocution public du Lundi 24 Janvier, affirmant que l’armée "serait garante de la révolution" et que celle ci ferait le nécessaire pour "faire appliquer la contitution", n’y a t’il pas là un danger certain à retomber dans les travers d’antan ? L’armée est elle en mesure de régenter le pouvoir Tunisien et surtout est elle en train par petites touches de prendre le pouvoir avec l’aval du peuple sur une nation jusqu’à présent en plein marasme politique ?

    La Tunisie populaire a réussi avec l’aide à demi voilée de l’armée à faire tomber l’ancien régime, mais est-elle malgré elle en train de redessiner les traits d’une dictature militaro-démocratique ?

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  • Voilà les mensonges qu’on peut lire dans dans Le Figaro du 15 et 16 janvier :

    ’L’armée tunisienne a tenu à apparaître comme l’ultime rempart face à la violence, qui ensanglante la Tunisie depuis un mois. « Elle n’a pas voulu d’un bain de sang », commente le chercheur Vincent Geisser. Depuis le début des émeutes, les militaires avaient pris soin de ne pas trop se mêler à la répression des manifestants. Dans certaines villes, des chars s’étaient même opposés aux policiers, qui entendaient mater dans le sang la révolte.

    Vendredi soir, l’état-major de l’armée n’est pas apparu aux côtés du premier ministre, Mohammed Ghannouchi, Mais nul doute qu’en coulisses, ce sont les militaires tunisiens, qui ont joué un rôle déterminant dans cette transition.

    Selon les informations de François Hauter, l’envoyé spécial du Figaro en Tunisie, c’est le chef d’état-major, le Général Rachid Ammar, qui, mis à pied par Ben Ali, lui aurait conseillé de quitter le pays.

    L’armée a donc non seulement réussi à pousser Ben Ali vers la sortie. Elle aurait également neutralisé les membres de l’appareil sécuritaire, qui pouvaient être tentés par un durcissement face à la rue.

    Historiquement, l’armée tunisienne s’est toujours tenue à l’écart des affaires.

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  • Il ne faut pas croire ceux qui présentent l’armée comme proche du peuple ou n’ayant pas participé aux exactions du régime.

    L’armée tunisienne a joué un rôle répressif en 1978 pour canaliser les mouvements sociaux, et en 1981 et en 1984 pour réprimer les « révoltes du pain ».

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