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Comment les Touaregs du Mali peuvent servir de prétexte à des interventions des impérialismes et des dictatures locales

mardi 28 février 2012, par Robert Paris

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De nouveau, la question touareg prend un tour violent au Mali, après le Niger. Plusieurs villes telles Ménaka, Aguelhoc et Tessalit, puis Léré et Niafunké ont été attaquées ayant fait de nombreuses victimes et provoquant l’exode de milliers de personnes, notamment vers les pays voisins.

Dans la question touaregue et dans la question de l’exploitation du peuple malien, la première des choses qui doit être claire, c’est qu’aucun gouvernement au monde ne défend aucun des deux peuples, ni le gouvernement malien, ni les gouvernements africains, ni les gouvernements impérialistes. Ni non plus les chefs militaires touaregs ou d’aqmi.

Qu’il s’agisse d’Aqmi ou des chefs de guerre revenus de Lybie où ils soutenaient le dictateur Khadffi, il est évident que le succès que les chefs de bandes armées touaregs a plus de base dans des intérêts économiques que dans le souci de libération des peuples. Mais il est aussi évident que la réelle oppression des Touaregs et leur misère est ce qui permet à ces chefs de bande de lancer leur lutte armée. La région est certainement la plus sous-développée du Mali et toutes les promesses des gouvernements à ce propos sont restées lettre morte.

Il est remarquable que, dans les négociations avec les troupes "rebelles" touaregs, le gouvernement malien avait déclaré : "Le gouvernement malien s’engage à mettre en place tous les mécanismes adéquats pour améliorer les conditions de vie dans les localités de Kidal, Gao et Tombouctou." Belle preuve qu’il avait laissé ces régions à l’abandon ! Que faisait-il de l’argent tiré de la production d’or du Mali ? Rien pour le peuple malien, ni du nord, ni du sud, ni de l’est, ni de l’ouest ! Et, après ces négociations, rien n’a été fait non plus !

Certes, depuis des décennies, le peuple malien, le peuple nigérien et le peuple touareg sont dans la misère et depuis des années l’opposition entre eux ne sert que les impérialismes et les dictateurs locaux.

Le fait que l"impérialisme français entende une fois de plus interférer ne peut qu’être louche puisque, toutes ces années, il n’ a eu que faire de la misère d’aucun des peuples, ni de la dictature qu’ils subissaient. Il ne cherche qu’à avoir l"or et l’uranium à bas prix en mettant sous sa coupe les gouvernants. Les menacer d’une guerre civile est un bon moyen de les rendre plus coopératifs dans les négociations minières.

L’impérialisme américain est aussi sur le coup, à la recherche de nouvelles interventions militaires permettant de faire la loi sur la planète.

Il est évident d’autre part que l’intérêt de tout ce beau monde pour la région a plus à voir avec l’uranium et l’or qu’avec la liberté des peuples, contre les exactions bien réelles que subissent Touaregs et Maliens.

Des deux côtés, il y a des peuples qui sont oubliés des grandes capitales et vivent dans la misère, qui ont subi des violences, des destructions de biens, qui doivent s’expatrier, ont eu des morts.

Dès maintenant, ce sont à la fois des pauvres maliens et des pauvres touaregs qui en sont victimes. Les premiers parce qu’ils sont caontraints de s’exiler du nord du Mali. les seconds parce qu’ils ont été agressés à Bamako.

Les deux camps sont utilisés par les riches et les puissants dans leurs propres buts. Et, dans les deux cas, les opprimés sont utilisés par des oppresseurs, chefs militaires et chefs politiques, liés aux classes dirigeantes. Mais il n’est pas vrai que la source de cette guerre soit la haine des deux camps. Les armées et les classes dirigeantes agissent pour des intérêts bien plus palpables que la haine. Cette dernière est seulement le levier permettant de mettre en action les peuples les uns contre les autres.

Même si le gouvernement malien est plus ou moins parvenu à instrumentaliser la situation, cela n’empêche pas que le sous-développement, la pauvreté au Mali ne sont pas dûs aux Touaregs !!!

Cependant, il est plus facile au gouvernement malien d’avoir un soutien populaire sur la question nationale contre les Touaregs que sur la question sociale...

Le gouvernement français, pour obtenir à bas prix les matières premières, fait régulièrement pression sur le gouvernement malien de même qu’il exerce le même chantage sur le gouvernement nigérien.

Les peuples ne doivent pas être dupes. Ceux qui prétendent ne défendre que les Maliens comme ceux qui prétendent ne défendre que les Touaregs ne défendent ni les uns ni les autres !!!

Ceux qui s’en sont pris à Bamako aux ressortissants Touareg, Songhoï, Peulh et Arabes et ont saccagé leurs biens n’ont pas frappé des ennemis mais des frères, n’ont fait qu’aggraver le sort des plus démunis et ne défendent pas les intérêts des victimes maliennes du nord dans la guerre menée par les groupes armés touarègues. On ne dénonce pas des exactions contre des populations civiles par d’autres exactions contre des populations civiles !!!

Prolétaires, unissons-nous contre tous nos ennemis qui sont tous les exploiteurs et tous les gouvernants de la bourgeoisie mondiale !

La question pour les prolétaires n’est pas où faire passer les barbelés des frontières. La question est d’unir les exploités contre leurs vrais adversaires : nos exploiteurs du monde entier.

Rien ne serait pire pour nous que de marcher dans toutes les guerres que les bourgeoisies sont prêtes à nous imposer.

Face à l’effondrement du capitalisme mondial, il est vital d’unir les peuples et les classes ouvrières du monde...

Pour le peuple malien, l’ennemi n’est pas touaregue : ce sont les classes dirigeantes maliennes et le gouvernement malien. Pour le peuple touareg, l’ennemi n’est pas malien : ce sont les dirigeants politiques qui négocient tantôt avec les impérialismes, tantôt avec les fascistes d’Aqmi. Pour les travailleurs français ou occidentaux, leur responsabilité est de ne pas rester aveugles et silencieux devant les manœuvres de leur impérialisme dans la région pour en monopoliser les richesses et livrer les peuples à des guerres fratricides.

Une bonne guerre au Mali contre les Touaregs serait un moyen facille des gouvernants pour reconstituer une unité nationale factice. C’est un artifice classique. Cette démagogie ne peut profiter qu’aux adversaires du peuple malien même si celui-ci ne le voit pas encore.

Toute l’histoire des peuples d’Afrique ressemble à celle de cette hostilité favorisée entre deux peuples. Qui en a profité ? Les impérialismes et les bourgeoisies locales !

Il n’est pas de guerre juste, de guerre de libération, il n’est pas d’indépendance nationale, de défense de la sécurité des peuples qui puisse être menée par les gouvernants locaux ni par l’impérialisme. Les peuples doivent se méfier de tous ceux qui souhaitent mettre la région à feu et à sang pour le plus grand profit des exploiteurs des richesses minières et pour que soit préservée des révoltes et révolutions la domination impérialiste sur le monde.

Comment ne pas nous méfier des impérialismes, intervenant soi-disant pour nous libérer, qui ne cherchent qu’à exploiter les richesses de la région ?

Comment ne pas nous méfier de gouvernants qui veulent bien faire la guerre au peuple voisin mais pas à ceux qui exploitent et oppriment les deux peuples ?

Comment ne pas nous méfier de bandes armées qui ne soutiennent que la guerre et pas la lutte sociale ?

Non ! C’est à nous-mêmes opprimés que nous devons faire confiance et nous unir contre nos oppresseurs par delà les frontières de toutes sortes : nationales, ethniques, raciales et autres...

NON A LA NOUVELLE GUERRE AU MALI-NIGER !!!

OUI A LA LUTTE SOCIALE !!!

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