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Bulletin La Voix des Travailleurs de Renault CTL (Lardy)

mercredi 9 avril 2014, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx


La quiche aux embrouilles

Au PIM, on parle officieusement de sous-traitance et de passage en 2x8 pour les salariés Renault restants. Officiellement, rien de concret mais ce serait du 2x8 façon quiche, du genre tous les inconvénients et aucun avantage, c’est-à-dire sans prime d’équipe ! Et, en plus, le dénommé s’étonne qu’avec un management comme le sien, il ne trouve pas de volontaires pour le PIM. Il ne faut pas nous prendre pour des quiches !

Renault + PEI = mafiosi

Soi-disant que Renault ne peut pas intervenir dans le conflit PEI ! Mais on constate tout de suite que cela n’empêche pas la direction de Renault de convoquer tous les CUET pour les armer contre les grévistes de PEI et leur donner plein d’arguments sur l’impossibilité pour Renault de bloquer l’attaque de la direction de PEI. Et surtout pour accréditer les manières maffieuses des prétendus « délégués du personnel » de PEI vendus au patron et mobilisés pour dénoncer les grévistes. Pour nous, il est clair que la direction de Renault a bel et bien pris parti dans ce conflit aux côtés de la direction de PEI et des anti-grévistes et devient donc responsable des sanctions que PEI prendrait contre les grévistes.

Le contre de Benoit

Dans le conflit PEI, avant même la réunion de désinformation de la direction de Renault, celle-ci avait déjà démontré son engagement dans le conflit en envoyant au charbon un chefaillon Renault et son supérieur, qui ont commis non seulement des délits de marchandage mais aussi des discriminations et des mesquineries à l’égard des grévistes de PEI. La réunion de la direction, c’était pour couvrir ces agissements ?

En toute cuétude

A Lardy, on connaissait tous quelques CUET dont le comportement était discutable mais, ces derniers temps, ils se sont multipliés avec en vedette la CUET qui voulait virer Philippe. Mais il y en a d’autres. Au moins deux au PIM. Celui qui croit que le management se résume à ronronner avec ses supérieurs et montrer les griffes avec ses MUET. Ou l’autre qui explique les coûts d’un essai en les résumant au salaire de l’opérateur. Ailleurs, il y en a un qui n’a toujours pas compris qu’un salarié en 4/5ème ne pouvait pas faire le boulot d’un salarié à temps plein ! Et celui du L41 avec son chef de service qui fait bosser les salariés sur des machines pas aux normes, qui leur fait respirer des FCR et autres saloperies du même acabit. Ces chefaillons d’opérette qui n’ont même pas compris que, demain, la direction les licenciera aussi facilement que d’autres salariés, nous n’avons en attendant aucune raison de les laisser nous empoisonner l’existence !

La lutte des classes, le patron la mène, les syndicats la nient ou la regrettent…

Annonçant des résultats financiers de l’entreprise en 2013 apparemment loin d’être défavorables, Ghosn avait déclaré devant les caméras : « Nous sommes sortis plus forts de la crise ». Revenu pour discuter de nos salaires, le même affirmait que « la situation reste difficile ». Nous ne sommes donc pas dans le même bateau. Il y a bien d’un côté les salariés et de l’autre les patrons. En disant que c’est une société de lutte de classe, certains réformistes nous traitent d’irréalistes et d’indécrottables révolutionnaires marxistes (nous ne renions pas) mais nous constatons la réalité. N’est-ce pas un syndicat qui se dit tout ce qu’il y a de réaliste, traduisez de pro-capitaliste, la CFDT, qui écrit dans un tract intitulé « les Renault ont mal à leur travail » que « On ne se reconnaît plus dans cette entreprise qui nous échappe… Manque de visibilité des salariés sur leur avenir mais aussi perte de repère des salariés envers nos organisations… Le sentiment général est que la technicité n’est plus au cœur de nos activités… Pour terminer, le sentiment qui s’impose, c’est que nous évoluons dans un monde qui se défait… » On peut lire aussi en conclusion d’un tract de la CGT intitulé « Guide pratique » à la suite de ses propositions : « C’est ainsi que nous redonnerons du sens à la réalisation et à l’épanouissement de l’individu dans l’accomplissement de son travail… » Or, ces propositions de la CGT ne consistaient nullement à une perspective de sortie du système d’exploitation capitaliste mais d’amélioration du mode patronal d’évaluation des salariés par les entretiens individuels !

100.000€ pour une vie, c’est pas cher payé !

Eric Pouzet, salarié du CTR décédé en 2005 à 45 ans d’un cancer broncho-pulmonaire avait déjà été reconnu par la Sécurité sociale en maladie professionnelle liée à l’amiante. Grâce à certains de ses camarades qui avaient porté témoignage malgré les pressions du patron. Son décès vient d’être reconnu par la justice en faute inexcusable de Renault et sa famille qui portait plainte touchera 100.000€ grâce à l’action de l’ANDEVA. Et Renault s’en tire à bon compte car la justice bourgeoise a choisi une somme peu élevée du fait d’une maladie très rapidement mortelle (deux mois). Et aussi du fait que l’immense majorité des salariés ayant travaillé dans l’amiante ne l’ont jamais su, n’ont jamais bénéficié de scanner pour détecter d’éventuels cancers. Et ils ont eu double exposition (bâtiments comme le B9 ou Degrémont et pièces amiantées des moteurs) ! D’autres familles de salariés décédés vont porter plainte pour faute inexcusable contre Renault ! Oui, les salariés qui ont mené ce combat ont eu raison : on ne va pas au boulot pour y laisser sa vie pour un patron !


Hollande-Valls, le gouvernement de quel combat ?

Il suffit de voter à droite ou à l’extrême droite pour avoir élu un gouvernement favorable aux patrons, soutien inconditionnel des banquiers, financiers et trusts et hostile aux travailleurs et aux milieux populaires et ne faisant appel aux milieux moyens que de manière démagogique. Mais suffit-il de voter à gauche pour avoir un Etat au service des travailleurs et des plus démunis ? Certainement pas ! Il suffit d’un Sarkozy pour avoir une attaque en règle contre les retraites, le code du travail et les services publics mais avec un Hollande, ce n’est pas mieux ! Il ne suffit même pas que les milieux populaires qui avaient voté Hollande lui donnent un avertissement électoral en refusant de voter à nouveau pour le parti socialiste pour que le gouvernement de gauche change de cap et cesse de soutenir exclusivement les patrons. Au contraire, avec le gouvernement Hollande-Valls, on a un des gouvernements les plus violemment hostiles aux milieux populaires concoctés depuis longtemps.

Valls lui-même, c’est déjà tout un poème. Avoir choisi Valls comme ministre de l’Intérieur, c’était déjà choisir celui qui déclarait s’attaquer aux « blacks et beurs » et favoriser « les blancs blancos » dans sa mairie d’Evry ! Cela a été le ministre qui n’a pas laissé de semaine sans faire campagne contre les Roms, les immigrés, les jeunes de banlieue, les Musulmans, qui n’a pas craint d’envoyer sa police contre les travailleurs menacés de licenciements… Le choisir comme premier ministre, c’est prendre celui qui s’était démarqué dans la primaire socialiste pour choisir le candidat président par une campagne en faveur des patrons. Valls défendait « le déverrouillage des 35 heures », « la création d’un ministère de l’Économie franco-allemand » ou encore « un allégement des coûts des entreprises ». Dans la course à l’investiture PS en 2011, Valls développait un programme économique donnant la priorité à la baisse des déficits au-dessous de 3 % dès 2013 et à celle de la dette publique, prônant l’inscription de la règle d’or budgétaire dans la Constitution, rejetée par son parti. Pour rétablir l’équilibre, il préconise ainsi la hausse des impôts, la remise en cause des 35 heures, et la modération des salaires. Il souhaite également l’instauration de la « TVA sociale », ou « TVA protection », visant essentiellement à augmenter la TVA sur nombre de produits de consommation dits de « non première nécessité » en échange d’un allègement des cotisations sociales portant sur les salaires). Il propose également un « Small Business Act » pour les PME.

Il plaide également pour l’allongement de la durée de cotisations pour fixer l’âge du départ en retraite et « l’alignement des régimes spéciaux [de retraite] sur le régime général. » En 2010, il s’est déclaré favorable au contrôle de la Commission européenne sur les budgets nationaux, jugeant cela « incontestablement » nécessaire.

Premier ministre, Manuel Valls se positionne d’emblée en défenseur des capitalistes : « Nous devons soutenir les entreprises… Nous allons mobiliser 10, peut être 20 milliards pour les entreprises… Il faut agir vite…. »

On nous bassine sans cesse dans les média sur la prétendue popularité de Valls, prouvée par les sondages d’opinion. Mais que signifient-ils sinon que ce personnage reçoit des suffrages de droite et d’extrême droite en plus de quelques (rares) suffrages de gauche… Sa popularité provient également d’une vaste campagne de presse soutenue par un puissant lobby de grands patrons milliardaires comme Dassault, Fouks, Pinault, Bompard, Bouygues, Bolloré, etc…

L’essentiel n’est nullement dans ces magouilles politiciennes mais dans la lutte des classes elle-même. Certes, les patrons la mènent actuellement, mais ils peuvent le faire parce qu’ils trouvent des syndicats pour signer des accords comme l’ANI, ou comme le pacte de responsabilité, des accords d’entreprise comme à Renault ou PSA, c’est-à-dire des accords dans lesquels les intérêts des salariés sont ouvertement bafoués sous le prétexte d’un chantage à l’emploi, accord organisés sous l’égide et avec la bénédiction du gouvernement de gauche.

Le gouvernement Hollande-Valls n’est pas davantage un gouvernement fort contre la classe ouvrière que les précédents même s’il se proclame fièrement un « gouvernement de combat ». Il suffirait que les travailleurs et les militants syndicalistes honnêtes cessent de se sentir liés à ce gouvernement parce qu’il se prétend de gauche et mènent la lutte, sans crainte d’en découdre avec lui, prenant en compte à quel point il est clair que c’est un gouvernement classique de la bourgeoisie française, avec un « président normal » de celle-ci, qu’il n’a aucune solidarité à avoir avec lui.

A l’heure actuelle, la plus grande force est encore et toujours la classe ouvrière, si elle décide qu’il y en a assez qu’on sauve les banques comme Dexia mais pas les hôpitaux qui lui ont fait des emprunts qui se sont révélés pourris, qu’on aide Renault et PSA mais pas les salariés.

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