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Luttes de classes en Mauritanie

lundi 3 novembre 2014, par Robert Paris

TRAVAILLEURS EN GREVE

PORT NOUAKCHOTT

Les employés du Port de l’Amitié de Nouakchott ont déposé dimanche 24 août un préavis de grève chez leur direction. Ils accusent cette dernière de faire fi à leurs doléances, selon la Confédération Générale des Travailleurs Mauritaniens (CGTM).

Ils protestent contre la réduction du nombre d’employés que la direction en charge à chaque pèlerinage à la Mecque. Ce nombre passe de 12 à un pèlerins cette année.

Ils exigent le rétablissement dans ses droits de leur collègue Tijani Ould Dahah qui a été victime de licenciement abusif.

D’autres revendications ont été étalées sur la table : la révision du statut du personnel ; l’augmentation des indemnités du transport et de logement ; la couverture sociale et autres.

MCM

Les délégués du personnel de la MCM ont déposé, aujourd’hui (le 20 août 2014), auprès de la direction de l’entreprise un préavis de grève illimitée qui sera observée dans dix jours francs à compter de ce jour si d’ici là des négociations ne seront pas engagées en vue de satisfaire les revendications des salariés de la société minière dont les principales sont :
- Augmentation du salaire de base d’un taux 10%

- L’instauration d’une prime dite ‘’prime de 13 mois’’

- Augmentation substantielle des gratifications des fêtes

- Le paiement d’une gratification dont le montant correspond à 4 mois de salaires

Par ce mouvement de grève, les travailleurs de la MCM comptent dénoncer le mépris affiché par direction de l’entreprise à l’égard des travailleurs et de leurs représentants, un comportement jugé complètement inacceptable par les travailleurs.

Il faut noter que les délégués du personnel de l’entreprise à l’exception de celui affilié à l’UTM, ont adressé le 22 juillet dernier une lettre à la direction de la société dans laquelle ils ont demandé l’arrêt immédiat des compressions d’effectifs injustifiées, le respect du principe de la non –discrimination en matière de promotion et le respect des critères objectifs et professionnels en cas de nomination dans les postes de responsabilités. Lettre d’ailleurs restée sans suite.

Et au lieu de prendre en considération les doléances des représentants du personnel, la direction de l’entreprise à convoqué les signataires de cette lettre individuellement pour un interrogatoire afin de les intimider et le dissuader d’accomplir les missions qui lui sont dévolues par la loi.

Il faut rappeler également que la SMBTD APRISCOGE, sous-traitant (tâcheron ?) pour le compte de la MCM trader à organiser les élections des délégués du personnel en violation des dispositions légales pertinents en vigueur dans notre pays qui stipulent que le mandat des délégués est de deux ans et que les élections doivent avoir lieu dans le mois qui précède la fin normale des fonctions de délégués.

CNA-CIS

Les travailleurs de la société Catering North Africa (CNA), sous-traitant de Kinross en charge de la gestion de la base vie de celle-ci sur le site de la mine de Tasiast observent depuis ce matin (22 juin 2014) une grève illimitée suite au refus de la direction de l’entreprise de satisfaire les doléances contenues dans la plate-forme revendicative présentée par les délégués du personnel.

Les principales revendications de travailleurs concernent l’augmentation des salaires, la révision des conditions d’attribution de la Prime d’éloignement, la fixation des primes de risque et d’assiduité, la prise en charge de l’ITS par l’employeur, l’instauration d’une prime de la vie chère et l’assurance médicale complémentaire. Le mot d’ordre de grève a été largement suivi par le personnel mauritanien de l’entreprise et l’activité est désormais complètement arrêtée. . Les responsables locaux de l’entreprise entament déjà une campagne de pression pour dissuader les travailleurs d’exercer leur droit de grève. Ils ont demandé aux délégués du personnel actuellement sur site de plier bagages et ils usent de la complicité de Kinross qui refuse l’accès aux délégués et autres travailleurs venus de Nouakchott après la récupération habituelle.

Visiblement, la situation est en train de dégénérer suite à l’absence de toute volonté chez l’employeur à négocier avec les représentants des travailleurs en vue de trouver des solutions négociées de nature à préserver un climat social serein .

Il faut rappeler que CNA est une filiale de la société Catering international & services (CIS) qui est une multinationale basée à Marseille, opérant dans le domaine de la gestion de base-vie et dont le cœur de métier est l’hôtellerie et la restauration.

PANPA

Depuis le dimanche 17 août 2014, les travailleurs du Port Autonome de Nouakchott dit Port de l’Amitié (PANPA) ont déposé un préavis de grève pour défendre leur plate forme revendicative dont les principales doléances sont :

1. Le maintien du nombre habituel des salariés (12 personnes) dont les frais de pèlerinage sont pris en charge par la direction du PANPA, comme cela a été toujours le cas depuis 2004 et dont les fonds alloués pour l’année en cours ont été déjà approuvés par le conseil d’administration du PANPA.

2. L’annulation de la décision de licenciement nul et non avenu de notre collègue ‘’Tijani ould Dahah

3. Le paiement du montant de la gratification appliqué avant l’année 2012

4. La révision du statut du personnel de l’entreprise

5. Le paiement d’un mois de salaire gratuit à l’occasion de chaque fête religieuse (Al Fitre, Aladha, AL Mouloud)

6. L’augmentation de 100% de l’indemnité de logement

7. La généralisation de la prime d’ameublement

8. La prise en charge à 100% de la couverture sanitaire

Après de multiples tentatives de négociation et ce depuis plus de deux années consécutives sans trouver une oreille attentive à leurs interpellations, les travailleurs ont décidé de poursuivre la lutte pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Durant toute cette période, la direction générale du Port s’est illustrée dans la violation des conventions internationales de travail en recourant parfois à des mesures arbitraires à l’encontre des travailleurs qui ont osé affiché leur appartenance syndicale afin de décourager toute velléité d’organisation et d’action de la part des travailleurs.

SCHENKER

La direction de Schenker Mauritanie vient de signifier à des dizaines de ses salariés la rupture immédiate de leurs contrats de travail pour motifs économiques (sic).

La décision de l’entreprise de prestation des services logistiques jugée ‘’précipitée’’ a provoqué la colère de travailleurs qui y voient un défi lancé à l’inspection du travail qui, ayant été saisi par l’employeur qui l’informait de son projet de compression d’effectifs, n’a pas eu le temps de mener ses ‘’bons offices’’ comme le stipule la loi en vigueur dans le pays d’autant plus que les délégués du personnel ont suggéré dans leur lettre adressée à l’employeur que les contrats du travail des employés concernés par la compression d’effectifs soient rompus de façon consensuelle .

Au total, 153 travailleurs tous adhérents de la CGTM font l’objet de cette mesure de licenciement qui visiblement a été savamment ciblée. La preuve en est que même les délégués du personnel issue de cette organisation syndicale connus pour leur engagement et leur détermination dans la lutte pour l’obtention des revendications des travailleurs, ont été également licencié ou , au moins, en voie d’être licenciés.

Ainsi, chaque délégué du personnel affilié à la CGTM a reçu une lettre de mise en demeure provisoire (sic) en attendant que l’inspecteur du travail autorise son licenciement.

A noter que, lors de son dernier séjour en Mauritanie, le président du conseil d’administration de Schenker Mauritanie SAS (Philippe DE CRESY) a informé les cadres de la société que celle-ci a été cédée à des privés mauritaniens.

À l’issue de cette transaction qui a été passée dans des circonstances non encore élucidées, Schenker Mauritanie a changé sa dénomination sociale et devient ‘’Mauritanie Logistique’’.

Certains analystes estiment que le changement de la dénomination sociale est un premier pas vers la liquidation de Schenker Mauritanie qui, suite aux multiples malversations et à la mauvaise gestion, devient un gouffre financier pour le leader mondial des services logistiques.

AGRINEQ

Le jeudi 29 mai 2014, les travailleurs de l’entreprise Agrineq chargée de la réalisation de la route Néma/Amourj/Bangou, sont rentrés en grève pour demander la satisfaction de leurs revendications légitimes visant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail.

Cette grève intervient après plusieurs tentatives de trouver des solutions par la voie de négociation mais c’est sans compter malheureusement avec le manque de volonté de l’employeur de respecter le dialogue social.

C’est ainsi que Agrineq a multiplié des intimidations et pris des sanctions à l’endroit des délégués des travailleurs en vue de saper leur moral.

Toutefois, l’unité dans les rangs des travailleurs est solide et traduit leur volonté de trouver de meilleures conditions de vie et de travail conformément à la règlementation en vigueur dans notre pays.

KINROSS

Des dizaines de travailleurs de la société minière Kinross Tasiast qui s’étaient rassemblés ce matin devant la primature pour exprimer leur ras-le-bol face au laxisme des autorités à faire appliquer la loi, ont fait l’objet d’une répression féroce et barbare opérée par une unité de la garde nationale au moment où deux délégués du personnel étaient dans l’antichambre du Premier Ministre dans l’attente d’une audience qui n’a finalement pas eu lieu.

Pour disperser les travailleurs, les forces de sécurité se mettaient à arroser de gaz lacrymogène le rassemblement occasionnant ainsi des blessures graves dans les rangs de manifestants.

Une vingtaine d’employés, dont un délégué du personnel, en l’occurrence, Monsieur Boubacar ould Merzoug, ont été arrêtés et conduits d’abord dans les locaux de l’état major de la garde nationale où ils étaient torturés et soumis à un traitement cruel, humiliant et dégradant avant d’être répartis entre les commissariats de police N° 1 et 2 de la moughataa du Ksar à Nouakchott.

Arrivés sur les lieux du travail, après la semaine habituelle de récupération, les travailleurs de la société CNA-CIS, sous traitant chargé de la gestion de la base vie de Kinross, se voient refuser l’accès au site de la mine de Tasiast sans qu’aucun motif ne leur soit donné.

Le responsable local de la boite à informé les délégués du personnel qu’il s’agit d’une décision qui émane de la direction de Kinross et que CNA-CIS n’y est pour rien !

Ainsi, les travailleurs, parmi lesquels des délégués du personnel, ont passé une journée pénible et pratiquement à jeun dans le désert de Tasiast chaud et sec où la température a atteint un degré trop élevée qui avoisine 50° C.

Torturé par la soit, un travailleur a déjà perdu connaissance et attend toujours les secours.

SNIM

C’est la fin de la grève à la SNIM. La direction de la ‘’SNIM’’ vient de signer avec les représentants des travailleurs un protocole d’accord qui a mis fin à la grève déclenchée le 1er mai.

Aux termes dudit protocole, les représentants des travailleurs acceptent de reprendre immédiatement le travail en contrepartie de la satisfaction des doléances des travailleurs parmi lesquelles une augmentation générale des salaires consistante après le conseil d’administration de septembre et qui prendra effet au plus tard en Octobre 2014, la revue à la hausse de la gratification de 2014 dans les proportions suivantes :

Les Ouvriers 7 Salaires de base

Les Maîtrises 6 Salaires de base

Les Cadres 5 salaires de base

La SNIM s’engage également à verser à ces employés une prime pour chacune des fêtes religieuses IDE EL ADHA et FITR équivalente à un double acompte de quinzaine.

Il a été aussi décidé que la prime de production 2014 sera révisée comme suit :

Seuil Mini de 10% correspondant à un tonnage mensuel chargé de 1083 Ktones

Seuil maxi de 30% correspondant à un tonnage mensuel chargé de 1200 Ktones.

NON A L’APARTHEID RACIAL EN MAURITANIE !

Tout le monde a entendu parler de l’apartheid en Afrique du sud. Il est étrange qu’au moment même où le monde capitaliste s’émerveillait d’avoir pu en finir avec l’apartheid sud-africain sans révolution sociale, à la fin des années 80, un nouvel apartheid contre les Noirs frappait en Mauritanie, sans d’ailleurs que cela fasse trop de bruit ni n’enclenche une quelconque réprobation dans le reste du monde. Au point qu’aujourd’hui peu de gens ont entendu parler du régime raciste de Mauritanie et qu’aucun gouvernement ne dit un mot pour le réprouver…

En 1988-89, la Mauritanie, qui n’avait pas encore connu une telle politique dans le passé, est tombée sous la coupe d’un régime raciste anti-noirs violent qui a jeté dehors du pays plus de 160.000 de ses Mauritaniens sur le motif qu’ils étaient Noirs, arrêtant, tuant ou torturant certains d’entre eux, notamment ceux qui avaient des rangs élevés dans l’appareil d’Etat, notamment dans l’armée. Des cadres de la société ont perdu leur poste. Des gens installés ont été déjà bien heureux de sauver leur vie. Des petits paysans ont dû quitter leurs terres et leurs maisons et n’ont pas nécessairement pu revenir. L’ordonnateur de ces crimes racistes et fascistes était le chef d’Etat major des armées qui s’était attribué tous les pouvoirs, le général Ould Taya, venu au pouvoir par un coup d’Etat militaire. Si, en 2005, les classes dirigeantes sont en partie revenues sur la dictature militaire d’Ould Taya, mettant en place une couverture démocratique avec des élections et le multipartisme, elles ne sont jamais revenues sur l’exclusion des Noirs mauritaniens, sur les crimes commis, sur l’apartheid et les autorités entendent actuellement refuser de donner de cartes d’identité mauritaniennes à des Noirs mauritaniens sous des prétextes divers du genre de parler mal l’arabe ou ne pas avoir de carte de séjour en France…

Là aussi, c’est dans le silence médiatique et des organisations quasiment total que les Mauritaniens mènent leur combat au pays comme dans l’immigration…

N’oublions pas que le fascisme est la réponse des classes dirigeantes aux menaces révolutionnaires des exploités et des opprimés… On l’a vu en Algérie après le mouvement social de 1988 avec le développement d’une guerre civile violente voulue par le pouvoir. On l’a revu au Rwanda en 1994.

Le fait qu’autant de pays aient été déstabilisés en même temps a une autre origine : celle de la politique de l’impérialisme. En effet, en même temps, on a vu des régimes déstabilisés en Afrique, en Asie et dans les pays de l’Est. A l’origine il y a le tournant de la politique internationale de l’impérialisme décidé au milieu des années 1970 face à la crise mondiale de la domination impérialiste (crise du dollar, crise du pétrole, montée ouvrière en Pologne, en Turquie, en Corée du sud et en Afrique du sud, dans tous les anciens piliers de la politique des blocs Est/Ouest).

Ce tournant mondial s’est caractérisé par l’abandon des régimes protégés par cette fameuse politique des blocs. Le choix impérialiste américain de l’ouverture mondiale au capital international a signifié non seulement la fin de la politique des blocs mais aussi, en Afrique, la fin de la domination des anciens pouvoirs coloniaux, la fin des aides de la France aux dictatures, l’entrée des anglo-américains dans la chasse gardée française, le début du multipartisme en Afrique face au parti unique qui prévalait dans le pré carré franco-africain. Entre autres, il y a eu la fin de la protection des anciens territoires coloniaux.

Cela a permis à la Mauritanie de décider librement qu’elle abandonnait partiellement la France pour rejoindre Arabie saoudite et Qatar, pour s’ « arabiser » et toucher des aides que la France ne lui aurait pas donnée. Cela aussi, c’était la politique d’Ould Taya….

Cela a permis aussi aux USA et à la Russie de dénouer conjointement les risques révolutionnaires en Afrique du sud où le prolétariat menaçait d’emporter non seulement ce pays mais d’entraîner dans la révolution tout le continent. Mandela a ainsi sauvé le capitalisme, avec l’aide de Gorbatchev et du parti communiste sud-africain, l’aide aussi des dirigeants des centrales syndicales, et permis ainsi que l’Afrique reste sous la coupe des bourgeoisies, et permis aussi en ricochet… l’apartheid mauritanien !

Ce sont les intérêts de la bourgeoisie qui ont mené à l’apartheid en Afrique du sud parce qu’à l’époque la bourgeoisie craignait le prolétariat sud-africain, blancs et noirs unis. Ce sont les intérêts de la bourgeoisie mondiale qui ont fini par obliger la bourgeoisie sud-africaine à abandonner cette forme violente de domination parce qu’elle menaçait leurs intérêts mondiaux. Mais, en Mauritanie, la bourgeoisie a, au contraire, mis en place un régime anti-Noirs violent. Au moment de sa mise en place, elle a instrumentalisé massivement les Maures pauvres contre les Noirs. Et l’Etat est revenu ensuite, en 2005, à sa forme normale de domination mais sans revenir en arrière sur les violences et les crimes réalisés à l’époque. Elle ne le fera pas toute seule.

Il n’y a que le prolétariat mauritanien et africain qui peut détruire l’apartheid et l’esclavage en Mauritanie et dans la région.

La question nationale que représente l’oppression spécifique des Noirs en Mauritanie est un élément explosif de plus qui peut permettre de démolir l’édifice d’oppression de ce pays comme de toute la région, à condition que les travailleurs mauritaniens sachent s’unir entre Noirs et Maures, avec les jeunes, les chômeurs, les femmes, entre ouvriers, paysans, pêcheurs et éleveurs…

CONNIVENCE ENTRE LE GOUVERNEMENT LES ISLAMISTES ET LES ESCLAVAGISTES

Le chef d’une organisation islamiste mauritanienne baptisée Ahbab Errassoul (Les amis du prophète) a lancé récemment une "fatwa" contre une militante des droits de l’homme (Aminetou Mint el-Moctar) parce qu’elle a osé défendre publiquement dans un article de presse, un homme (Cheikh Ould Mkheitir) actuellement détenu injustement en prison par les autorités mauritaniennes. Son crime est d’avoir dénoncé l’esclavage dont sont victimes encore environ 150 000 personnes dans ce pays. L’esclavage y est officiellement aboli depuis 1981 mais il se pratique toujours en toute impunité. Les dirigeants qui se sont succédé à la tête de ce pays ont toujours fermé les yeux sur ces pratiques car eux-mêmes et leurs familles de riches possédants les pratiquent. Ceux qui sont punis en revanche, ce sont surtout les militants anti esclavagistes et les associations qui les soutiennent. Le pouvoir de l’actuel président Ould Abdel Aziz ne fait pas exception à la règle.

L’autre crime de Cheikh Ould Mkheitir est d’avoir osé critiquer des "écrits saints" des "érudits" locaux de l’islam dans lesquels la pratique de l’esclavage est explicitement tolérée. Cela lui a valu de la part des imams et des associations qu’ils dirigent (et qui ont pignon sur rue) des appels à la peine de mort pour "apostasie" et "propos sataniques". Cela a valu aussi à la militante des droits de l’homme, Aminetou, des menaces de mort proférées par la fatwa. Il est écrit dans cette fatwa que cette femme est "une infidèle" et que "quiconque la tue ou lui arrache les deux yeux sera rétribué chez Allah".

Les autorités du pays ne semblent pas du tout préoccupées par ces menaces de mort. Elles ont plutôt tendance à encourager les associations musulmanes de sortir dans les rues pour crier leur haine contre ceux qui ont le courage de dénoncer publiquement les injustices couvertes par l’islam en Mauritanie.

Voila comment le pouvoir du dictateur Mohamed Ould Abdel Aziz, les mouvements islamistes et les partisans du maintien de l’esclavage font cause commune en Mauritanie sans que cela ne froisse les dirigeants des grandes puissances qui n’ont à la bouche que des mots hypocrites sur la "démocratie" et "les droits de l’homme".

LE DICTATEUR GALONNÉ RÉÉLU APRÈS UNE FARCE ÉLECTORALE

L’actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz, a été réélu au premier tour avec plus de 80% des voix. Cela n’a surpris personne puisque ce n’était qu’une mascarade destinée à lui permettre de prétendre qu’il est légitimement élu. Les centaines "d’observateurs" européens et africains qui ont été autorisés à surveiller "le bon déroulement" du scrutin n’y ont fait que de la figuration pour valider le résultat final prévu d’avance.

Les principaux partis d’opposition qui avaient décidé de boycotter cette élection du 21 juin, n’ont pas présenté de candidats mais le président dictateur a néanmoins trouvé des candidats "d’opposition" sur mesure pour montrer qu’il avait des concurrents. Cela fait plus "démocratique" mais ne trompe que ceux qui veulent se laisser berner par cette farce électorale. De nombreuses personnes ont fait état des discriminations sur l’obtention de la carte d’électeur : les Maures blancs ont plus de facilité de se faire inscrire que les Noirs. Il y a eu aussi des fraudes massives lors des votes, au point que les principaux dirigeants des partis d’opposition ont demandé l’annulation du scrutin.

Mohamed Ould Abdel Aziz est un galonné de l’armée mauritanienne. Il est arrivé au pouvoir par un coup d’État en août 2008 et l’année suivante, il s’est fait élire Président pour un mandat de cinq ans. Lui et son entourage se sont enrichis en mettant la main sur les recettes du pétrole récemment découvert dans ce pays ainsi qu’en octroyant des passe-droits aux chalutiers qui viennent piller les côtes poissonneuses de la Mauritanie.

Par sa réélection, il s’octroie le droit de prolonger son pouvoir de cinq années supplémentaires. Malgré les protestations, malgré les manifestations de rue contre l’organisation de cette élection, la CENI, qui supervise cette consultation électorale, a maintenu la victoire du dictateur sortant. Celui-ci peut se targuer, aux yeux du monde, d’être élu démocratiquement par son peuple.

UN POUVOIR VISCÉRALEMENT INCAPABLE D’ÉRADIQUER L’ESCLAVAGE

Trente trois ans après son abolition officielle, la pratique de l’esclavage existe toujours en Mauritanie. Certes, c’est une pratique très ancienne dans ce pays et elle est assez ancrée dans la composante traditionnelle de l’ethnie arabo-berbère, mais il faut dire que les autorités politiques de ce pays ont toujours été complaisantes envers ceux qui traitent encore au 21ème siècle leurs semblables comme leur propriété.

Pour montrer qu’il est "déterminé" et veut "éradiquer" cette pratique, le gouvernement mauritanien a adopté, le 6 mars dernier, "une feuille de route" élaborée avec l’appui de l’ONU. Elle comprend un certain nombre de mesures telle que la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes d’esclavage. Des juges spéciaux vont être formés et des ONG seront autorisées à porter assistance aux victimes qui veulent déposer une plainte en justice contre leurs "maîtres".

Mais tout cela n’est que de la poudre aux yeux. Selon le président de l’organisation anti-esclavagiste IRA (Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste) : "depuis l’édiction de la loi criminalisant ou incriminant l’esclavage en 2007, ce sont les anti-esclavagistes qui sont allés en prison, en réclamant l’application de cette loi [...] il n’y a aucune volonté à l’intérieur du pays, aucune volonté du gouvernement, qui continue à mener une campagne de diabolisation contre les militants anti-esclavagistes. Et aucun tribunal mauritanien n’a rendu un jugement sanctionnant un esclavagiste, malgré les cas des affaires avérées".

Les dirigeants politiques mauritaniens sont d’autant plus complaisants envers la caste privilégiée qui pratique l’esclavage qu’eux-mêmes font partie de cette caste. Par contre, ils n’hésitent pas à emprisonner et à réprimer les militants anti-esclavagistes qui osent protester publiquement contre cette barbarie. C’est ainsi que sept militants abolitionnistes ont été emprisonnés à la suite d’une manifestation organisée à Nouakchott en avril 2012, au cour de laquelle ils ont brulé symboliquement des livres de droit musulman justifiant la pratique de l’esclavage. Ce geste public a provoqué des manifestations de colère de milliers de Mauritaniens à travers le pays, certains exigeant "vengeance" contre ces militants. Ce n’est qu’en septembre 2012 qu’ils ont été libérés suite à diverses pressions internationales, notamment celles des Etats-Unis et de l’ONU.

Une autre association militant contre l’esclavage, SOS esclavage, a dû attendre dix ans pour n’être finalement reconnue qu’en 2005 par les autorités mauritaniennes.

L’abolition officielle de l’esclavage dans ce pays en 1981 n’a été en effet, qu’un geste purement symbolique. Et la prétendue volonté de l’actuel dictateur Mohamed Ould Abdel Aziz de "l’éradiquer" n’est qu’une gesticulation de plus, destinée à redorer le blason de l’Etat mauritanien sur la scène internationale. Et ceux qui luttent contre l’esclavage en Mauritanie ont mille fois raison de ne pas prendre pour argent comptant les déclarations d’intention du régime dictatorial.

Cette pratique existe, sous une forme ou sous une autre, dans de nombreux pays africains, y compris là où les dirigeants affirment qu’elle n’existe pas. Elle ne disparaitra réellement, comme toutes les autres survivances des pratiques rétrogrades du passé, que lorsque les travailleurs renverseront la classe des exploiteurs et prendront le pouvoir entre leurs mains pour éradiquer définitivement toutes formes d’oppression et d’exploitation de l’homme par l’homme.

L’ARABISATION, UN MOYEN POUR LES CLASSES DIRIGEANTES DE DIVISER LE PEUPLE TRAVAILLEUR

Désormais toutes les correspondances entres ses états majors ou entre ses unités se feront en langue arabe, a appris Alakhbar de hautes sources militaires.

La mesure exclue les correspondances internationales qui pourront se faire en d’autres langues en fonction des besoins.

La décision serait prise en conformité à l’article 6 de la constitution qui précise que l’Arabe est la langue officielle du pays. On peut lire dans le même article : « Les langues nationales sont l’arabe, le poular, le soninké et le wolof ».

L’Arabe était la langue nationale et le Français la langue officielle dans les constitutions du 22 mars 1959 et du 20 mars 1961. La politique de l’arabisation va ensuite créer chez les Négro-africains un sentiment d’oppression culturelle, politique, économique et sociale.

En 1966 le vote d’une loi rendant l’étude de l’Arabe obligatoire dans l’enseignement secondaire avait fait descendre les élèves noirs dans la rue dénonçant le "racisme" et la "volonté d’arabiser le pays". La grève avait dégénéré à Nouakchott et à Rosso faisant 6 morts et une trentaine de blessés.

Et en avril 2010, des étudiants négro-mauritaniens ont décrié "l’arabisation complète", accusant le gouvernement d’être derrière cette arabisation.

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13 Messages de forum

  • Luttes de classes en Mauritanie 3 février 2015 21:20, par Robert

    Les ouvriers de la plus grande société industrielle, la Société nationale industrielle et minière (SNIM, qui produit le fer mauritanien), observent une grève depuis 48 heures, paralysant l’exploitation des mines de fer du nord de la Mauritanie, principal poumon de l’économie du pays, a appris Xinhua de source syndicale.

    Les ouvriers ont multiplié leurs activités de protestations ces derniers jours dans la ville minière de Zouerate (plus de 600 km au nord de Nouakchott), pour, disaient-ils, « exiger de meilleures conditions de vie et de travail et protester contre le mépris affiché à leur égard par la direction de la SNIM ». Les ouvriers qui entendent poursuivre leur grève « jusqu’à la satisfaction de leur revendications », exigent l’application d’un accord signé en mai dernier avec la SNIM et qui prévoit une augmentation « significative » des salaires.

    Ils revendiquent également le paiement d’une prime de rendement équivalant à 30% de leur salaire mensuel, à chaque fois que la production atteint 1,2 million de tonne par mois. Ils exigent aussi une prime d’incitation proportionnelle aux bénéfices réalisés l’année dernière par la SNIM. « Nous avons entamé cette grève, après avoir constaté que la SNIM ne veut pas négocier avec nos délégués », a souligné un représentant des travailleurs.

    Mercredi, les grévistes avaient observé quatre heures d’arrêt de travail pour dénoncer l’attitude « irresponsable » de la SNIM qu’ils ont accusé d’avoir sanctionné « à tort » trois parmi leurs délégués. Avec ses 5.000 employés la SNIM est le deuxième employeur en Mauritanie, après l’Etat.

    Cette grève des ouvriers risque d’affecter, si elle se poursuit, la production du minerai de fer de la SNIM, qui constitue un poumon de l’économie nationale de la Mauritanie.

    Répondre à ce message

  • Luttes de classes en Mauritanie 4 février 2015 11:16

    Au terme d’une assemblée générale des travailleurs tenue ce soir (lundi 02 février 2015), les travailleurs de la société Kinross Tasiast ont décidé de suspendre l’accomplissement des heures supplémentaires à compter de demain le 03 février 2015.

    Les salariés du géant minier considèrent que le recours aux heures supplémentaires de façon systématique ou permanente constitue une modification substantielle du contrat de travail que les employés sont en droit de refuser.

    Pour justifier leur décision, les travailleurs évoquent également un certain nombre de violations perpétrées par l’employeur qui constituent une atteinte des règles régissant l’usage des heures supplémentaires. Parmi ces violations, ils citent, entre autres, l’absence d’une autorisation accordée conformément aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur dans le pays et le dépassement de la limite maximale prévue par les textes.

    Les travailleurs estiment aussi que dans le contexte actuel du pays marqué par le chômage endémique et compte tenu de l’usure prématurée des travailleurs à cause de la pénibilité du travail dans le secteur minier, le recours aux heures supplémentaires ne serait ni souhaitable ni tolérable.

    Il faut rappeler que les délégués du personnel ont informé, le 16 du mois passé, la direction de l’entreprise qu’ils comptent suspendre l’exécution des heures supplémentaires, une décision dont la mise à exécution a été reportée pour permettre l’aboutissement des négociations engagées sous la supervision de l’inspecteur régional du travail mais qui se sont soldées par un échec.

    Aujourd’hui, la direction de Kinross veut imposer aux travailleurs l’accomplissement des heures supplémentaires et menace de prendre des sanctions disciplinaires dont le licenciement.

    En effet, la DRH de l’entreprise a adressé une circulaire à l’ensemble du personnel où elle a proféré des menaces à peines voilées à l’encontre des concernés afin de les dissuader de revendiquer les droits qui leur reviennent en vertu des textes légales en vigueur.

    La DRH a notamment informé les travailleurs qu’une éventuelle suspension de l’accomplissement des heures supplémentaires aura pour conséquences :

    - Une perte de près de 30% de votre salaire

    - Les opérations en cours et l’avenir de la mine et tous les emplois qui en dépendent seront mis en péril

    - Le climat social actuel et dans l’avenir au sein de l’Entreprise sera compromis’’

    C’est justement ces menaces qui ont provoqué la colère des travailleurs et l’ont poussé à prendre la décision de suspendre immédiatement l’accomplissement des heures supplémentaires.

    Côté syndicat, la Confédération Générale des Travailleurs de Mauritanie (CGTM) a, dans un communiqué de presse rendu public ce jour, déclaré qu’elle soutient les travailleurs de Tasiast et leur rassure de sa solidarité agissante et de celle de tous les travailleurs des autres secteurs d’activités.

    La centrale syndicale a également condamné cette volonté de Kinross Tasiast de museler les négociations entamées et sa volonté de faire passer par la force en brandissant les licenciements afin d’obliger les travailleurs à croupir sous son poids au péril de leur vie.

    Répondre à ce message

  • Luttes de classes en Mauritanie 8 février 2015 07:19

    A L’ATTENTION DE LA JEUNESSE ET DES HOMMES DE BONNE VOLONTE DE TOUTES LES FORCES VIVES DE LA DIASPORA

    Il y a 54 ans que nous avons célébré notre accession à l’indépendance. La grande question de la cohabitation continue de tarauder l’esprit du Mauritanien soucieux de l’unité nationale.
    Le régime actuel du président Mohamed Ould Abdel Aziz est le fruit d’une succession de séismes de la scène politique Mauritanienne nés de plusieurs coups d’état militaire de 1978 à 2008. Les premières élections présidentielles ont été organisées en 1992 après l’instauration du multipartisme et de la liberté de la presse en 1991. La démocratisation des institutions devait permettre la garantie de la souveraineté, de l’égalité devant la loi, de la résolution des problèmes des inégalités sociales, de la gestion de façon transparente des biens de l’état, de la liberté d’expression et du choix, de la lutte effective contre la corruption et les pratiques de l’esclavage, de la parité et j’en passe. En somme, elle devait permettre la naissante d’une nouvelle nation démarrant sur de nouvelles bases. La devise, l’honneur de tous préservée, la fraternité maintenue et la justice mise en valeur, devait éclairer les voies aux Mauritaniens de demain et particulièrement à la jeunesse.
    Observons-nous ce résultat aujourd’hui ?
    Après 1992, d’autres coups d’état militaire vont polluer le paysage politique Mauritanien en contribuant à son déséquilibre à tous les niveaux. Le processus de démocratisation ayant été mal entamé, les populations s’y retrouvent complètement confuses, manquant ainsi de lui restituer sa valeur. La démocratie nous a été imposée, pour notre bien à ce qu’on nous fait croire. Quoi qu’il en soit, elle nous a tués en fin de compte. Les populations n’y ont pas été préparées. Ses bases ne leur ont pas été suffisamment enseignées. Sa culture ne leur a pas été développée. Ces populations ont manqué de temps pour s’y adapter. Cette démocratie a plutôt fait des ravages au sein de la société et des familles. Les inégalités sont, à ce jour, constatées. Les richesses de l’état restent mal gérées et pillées. L’élite s’approprie les biens. Les comptes ne sont pas soumis à un contrôle. Les fonds font l’objet de détournements au vu et au su de tous. La liberté d’expression n’est pas totale. Les manœuvres de corruption s’intensifient partout au point que les populations demeurant maintenues dans la plus grande servitude et dans une abjecte pauvreté, deviennent tributaires des pots-de-vin pour survivre. Les espoirs d’une liberté du choix se brisent et ceux de cohabitation et de l’unité s’amenuisent. S’agissant de parité, le pourcentage de représentativité des noirs au sein des hautes instances de l’état reste toujours très bas. J’omets à chaque fois d’en arriver à ce constat mais c’est un fait. La volonté de « BEYDANISATION » du système est une parfaite réussite. C’est un vrai système de népotisme, ségrégationniste, raciste et esclavagiste qui construit ses idéaux sur les principes d’un système d’apartheid qui s’adonne à un partage du pouvoir qui maintient les noirs au plus bas niveau de l’échelle sociale. Pire encore, le système se livre de nos jours à une politique d’épuration ethnique par les toutes nouvelles technologies d’identification par l’empreinte digital à travers un recensement biométrique qui est en passe de transformer des milliers de Mauritaniens en apatrides. Les appropriations foncières continuent de priver bien des gens de leurs terres. Ce n’est que la continuité d’un projet qui est né en 1989 avec la déportation des noirs vers le Sénégal voisin lors du conflit sénégalo-mauritanien. La Mauritanie devient aujourd’hui une sorte de laboratoire où toutes les expériences sont permises pour tester notre niveau de passivité. J’avoue que la barre est très haute dans ce sens. Quand à notre chère devise, l’honneur des noires est bafoué. Les rêves d’une fraternité intercommunautaire ou raciale (Arabo-berbères et Négro-Mauritaniennes), et interethnique (Soninké, Pular, wolof, Harratins, Bambara et maures) n’ont jamais été ou presque pas été réalisés ou réalisables. La « Justice », quant-à elle, reste ouvertement injuste.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 3 avril 2015 05:31

    La SNIM est en grève ! Les travailleurs de la SNIM sont en grève depuis plus de deux mois pour réclamer une augmentation des salaires et le versement de primes de productivité.

    Depuis plus de 2 mois en effet les employés de la société minière à Zouérate et à Nouadhibou ont cessé le travail pour dénoncer la non-application d’un protocole d’accord qui prévoyait notamment une augmentation des salaires. Depuis le début du conflit, environ 400 grévistes ont été licenciés.

    Les discussions se sont accélérées ces derniers jours à Zouérate. Mardi encore, le maire de la ville, qui joue les intermédiaires a reçu une délégation de grévistes. Ces derniers lui ont remis une proposition en trois points. Ils s’engagent à reprendre le travail contre paiement des jours de grève, la réintégration des travailleurs sans poursuite et sans sanction, l’ouverture dans les 48 h de négociations autour de leur plateforme de revendication.

    Des conditions que la SNIM refusait de valider dans leur intégralité. Le maire Cheikh ould Baya, qui est aussi un proche du président, devait donc à nouveau s’entretenir avec les différentes parties.

    A Zoueirat (Nord Mauritanie) les représentants des travailleurs de la SNIM se sont retirés ce matin des négociations indirectes avec la société. Il s’agit des pourparlers pilotés par le maire de la ville.

    Ce énième échec fait suite à la déclaration de soutien de l’opposition aux employés grévistes au cours d’une marche au Ministère de l’Energie, du pétrole et des mines, département de tutelle de la SNIM.

    Ce nouveau blocus intervient également intervient après l’annoncé d’un premier accord dont le délai de signature a été dépassé de deux jours.

    L’accord prévoyait l’annulation des sanctions prévues contre des employés grévistes, le versement des salaires des mois de février et de mars et un troisième mois supplémentaire.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 13 avril 2015 07:03

    En Mauritanie, la coalition du FNDU (qui regroupe plusieurs partis d’opposition, des organisations non gouvernementales et des personnalités) a organisé, mardi, une marche à Nouakchott pour soutenir la cause les grévistes de la SNIM dans leur demande de dialogue avec la direction. Depuis plus de 2 mois en effet les employés de la société minière à Zouérat et à Nouadhibou ont cessé le travail pour dénoncer la non-application d’un protocole d’accord qui prévoyait notamment une augmentation des salaires. Depuis le début du conflit, environ 400 grévistes ont été licenciés.

    Les discussions se sont accélérées ces derniers jours à Zouérat. Mardi encore, le maire de la ville, qui joue les intermédiaires a reçu une délégation de grévistes. Ces derniers lui ont remis une proposition en trois points. Ils s’engagent à reprendre le travail contre paiement des jours de grève, la réintégration des travailleurs sans poursuite et sans sanction, l’ouverture dans les 48 h de négociations autour de leur plateforme de revendication.

    Des conditions que la SNIM refusait de valider dans leur intégralité. Le maire Cheikh ould Baya, qui est aussi un proche du président, devait donc à nouveau s’entretenir avec les différentes parties.

    Se dirige-t-on vers une sortie de crise rapide ? Beaucoup l’espèrent. Car le quotidien des grévistes devient de plus en plus difficile faute de salaire. Et aussi, car cette grève sans précédent pèse sur les comptes de la SNIM qui peine à honorer la totalité des commandes depuis qu’une partie des employés de Nouadhibou a rejoint le mouvement. Un leader de l’opposition résumait : « Cette crise met tout le pays mal à l’aise, il faut aller rapidement vers un dialogue constructif ».

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  • Luttes de classes en Mauritanie 11 janvier 2016 06:14

    Les Dockers du Port Autonome de Nouakchott dit Port de l’amitié viennent de déposer, auprès de la direction du BEMOP, un préavis de grève générale qui sera observée dès le jeudi prochain si, d’ici là, un accord ne sera pas trouvé autour de la seule revendication des dockers qui consiste à l’annulation du système de sortie des conteneurs en ville (sortie TC).

    Rassemblés dans un meeting organisé le jeudi passé, les dockers ont exprimé leur désapprobation du système de sortie TC appliqué depuis un certain temps en violation des règles régissant le travail de la main d’œuvres portuaires en vigueur dans notre pays.

    A cours de ce meeting, les dockers ont confirmé leur disponibilité à s’engager dans toutes négociations sérieuses qui pourraient déboucher sur un accord qui permet la satisfaction de la revendication des dockers et la préservation de la paix sociale au sein de l’entreprise.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 11 janvier 2016 06:16

    Les travailleurs de Mauritanie se préparent à observer des arrêts de travail en solidarité avec les travailleurs de la SNIM qui sont à leur 54e jour de grève à Zouerate et 22e jour à Nouadhibou.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 11 janvier 2016 06:16

    Les travailleurs des deux établissements (Zouerate, Nouadhibou) de la société nationale industrielle et minière (SNIM) ont déclenché une grève générale illimitée respectivement le 30 janvier 2015 et le 03 mars 2015. Cette action fait suite au refus catégorique de la direction générale de la société de respecter et d’appliquer l’accord conclu le 03 mai 2014 avec les délégués du personnel, dont les principaux points sont une augmentation substantielle des salaires et le paiement de la prime de production de trois mois de salaire, entre autres. Actuellement, toute la chaine de production et d’exploitation est arrêtée, et le mouvement de grève ne cesse de prendre de l’ampleur, et ce malgré l’attitude va-t’en guerre observée par la direction générale en licenciant plusieurs centaines de travailleurs.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 26 mai 2016 10:08

    La grève a lieu dans la grande mine d’or de Tasiast, en Mauritanie, mine exploitée par la société canadienne Kinross dont les travailleurs dénoncent des mesures visant à "réduire" des avantages sociaux.

    Les employés de la mine ont entamé mardi une grève illimitée pour dénoncer des mesures visant à "réduire" des avantages sociaux, indiquent des sources syndicales.

    "Nous sommes entrés en grève illimitée mardi à 00H00, une grève quasiment totale, presque suivie à 100%", a affirmé à l’AFP le porte-parole des travailleurs de la mine, Bounenna Ould Sidi, présent sur le site de production, à 250 km au nord de Nouakchott.

    "L’usine de production est en arrêt total depuis les premières heures du matin, mais la direction tente de la faire redémarrer par des expatriés et des journaliers incompétents. Nous nous (y) opposerons", a-t-il ajouté.

    Tasiast, exploitée depuis 2010 par Kinross, est l’une des principales mines d’or en Afrique de l’Ouest avec des réserves prouvées et probables de quelque 260 tonnes.

    "Les travailleurs rejettent des mesures iniques prises unilatéralement par la société", a indiqué Mohamed Abdallahi Nehah, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), une des centrales syndicales qui dirigent le mouvement.

    "La société a décidé notamment de réduire, à compter du 15 mai 2016, la prise en charge de l’assurance-maladie de 100% à 80%, de l’impôt sur les salaires de 75% à 25% et le bonus trimestriel de l’équivalent d’un mois de salaire à cinq jours seulement", a-t-il précisé.

    "Ces avantages sont devenus des acquis salariaux et ne sauraient être diminués sans négociations et accord entre les deux parties", a-t-il dit.

    Le syndicaliste a également reproché à la compagnie de faire porter tout l’effort sur le personnel local déjà victime de licenciements ces deux dernières années.

    "Quelque 2.600 travailleurs mauritaniens employés par l’entreprise lui coûtent 36 millions de dollars alors que 130 employés expatriés seulement lui reviennent à 43 millions de dollars", a affirmé M. Nehah.

    La société canadienne dit avoir pris des mesures "légales et nécessaires pour atténuer l’impact de la grève", dans un communiqué publié mardi.

    Elle accuse les travailleurs d’avoir refusé lundi une nouvelle invitation à rouvrir des discussions et les a invités à "respecter les conditions d’une grève légale" et à ne pas s’attaquer aux non-grévistes.

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  • Luttes de classes en Mauritanie 5 juin 2016 09:47

    La grève à la grande mine d’or de Tasiast en Mauritanie, exploitée par la société canadienne Kinross, se poursuivait, depuis le 23 mai.

    Selon Mohamed Abdallahi Nehah, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), l’une des centrales syndicales les plus actives dans le mouvement, « la situation est au point mort. Aucune négociation, aucun contact n’a encore commencé » et les perspectives demeuraient toujours « bloquées » jeudi après-midi concernant le travail dans la mine.

    « L’usine est en arrêt complet et la production, par conséquent, est inexistante », a affirmé M. Nehah à l’AFP.

    « La grève touche la quasi-totalité des 1 041 travailleurs permanents de Tasiast alors que les non-permanents restent en dehors du mouvement. Mais leur travail ne peut en aucun cas influer sur le déroulement des événements », a-t-il assuré.

    Tasiast, exploitée depuis 2010 par Kinross par l’entremise de la société Tasiast Mauritanie Limited SA (TML SA), est l’une des principales mines d’or en Afrique de l’Ouest avec des réserves de quelque 260 tonnes.

    Mardi, les responsables des grévistes ont revendiqué le maintien d’avantages sociaux, dénonçant la volonté de la direction de réduire la prise en charge de l’assurance-maladie des travailleurs, l’impôt sur leurs salaires et leur bonus trimestriel. Des coupes décidées, selon les syndicalistes, sans négociation ni accord, qui ajoute que la société a tenté de casser le mouvement de grève en recourant à des travailleurs « expatriés et journaliers incompétents ».

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  • Les employés de la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (Snim) se disent prêts à entamer une longue grève, après plusieurs jours de menaces qui n’ont pas réussi à faire bouger la direction de leur entreprise.

    Les centrales syndicales exigent l’application du dernier accord signé en 2014, avec en priorité l’augmentation générale des salaires et le rétablissement des primes annuelles.

    Selon elles, la direction de la SNIM viole les principes de cet accord sans raisons valables. Elles ont engagé une première démonstration de force lundi 1er mai, où les conducteurs de trains, chauffeurs de bus et autres travailleurs de la société ont manifesté.

    Les syndicalistes estiment que l’entreprise a réalisé une importante production en 2016 qui a généré des milliards de dollars de recettes. Seulement, cette valeur ajoutée n’a pas eu de répercussion, ni sur le fonctionnement de la structure, ni sur ses employés.

    Le géant de l’économie mauritanienne a, pour sa part, fait valoir la faiblesse des cours mondiaux du minerai de fer intervenue après la signature de l’accord et qui pénalise la société.

    Dans un communiqué rendu public ce dimanche, la SNIM explique qu’en 2014, la tonne était à plus de 100 dollars pour tomber à 40-45 dollars et remonter difficilement ces derniers temps à 70 dollars.

    La direction exhorte ainsi les travailleurs à faire preuve de patience, le temps d’avoir une meilleure visibilité des cours du fer. Les deux parties devraient reprendre leurs négociations ce mercredi 3 mai.

    Pour rappel, les employés de SNIM avaient observé, en 2015, la plus longue grève de l’histoire de la société. Le mouvement de protestation avait duré plus de deux mois.

    La SNIM, entreprise publique et un des poumons de l’économie du pays, opère dans la recherche, l’exploitation et la commercialisation du fer. Elle est le plus gros employeur de la Mauritanie après la fonction publique.

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  • La production dans la mine de fer de la Société nationale industrielle et minière (Snim) de Zouerate (nord), était vendredi "quasiment à l’arrêt" après le licenciement d’un leader syndical, a-t-on appris de source syndicale. Les mines de fer sont un secteur clé de l’économie nationale mauritanienne.

    M. Kherchef, qui dirige une mutuelle de mineurs à Zouerate, avait joué un rôle moteur dans la grève de neuf semaines qui avait paralysé la production de la société en 2015, selon ses proches.

    Les mineurs exigent l’annulation de la décision de réaffectation de leur collègue Sidina Ould Kherche.

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  • Les grèves et mouvements sociaux se multiplient en Mauritanie...

    Maintenant ce sont les pêcheurs artisanaux, mais il y a en même temps les employés de l’imprimerie nationale, les salariés de la SNIM, les médecins, les employés de Total, les mineurs d’or de Tasiast, les transporteurs fluviaux entre Mali et Sénégal, etc, etc...

    Le mécontentement social est quasi général et ne pourrait s’exprimer qu’en cessant de rester sur le terrain corporatif et en atteignant le niveau politique, celui du pouvoir.

    C’est d’une lutte de classe que les travailleurs ont besoin !

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