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Quel avenir, quelle perspective pour la jeunesse mondiale ?

mardi 22 décembre 2015, par Robert Paris

Où ira la jeunesse ? Vers la bourgeoisie ou vers le prolétariat ? Vers le fascisme ou vers le communisme ?

Un point symptomatique d’une époque, c’est la manière dont la société traite sa jeunesse.

Il est des époques où on lui parle de constructions nouvelles, de théories nouvelles, de recherches nouvelles sur le fonctionnement du monde, et où on fait d’un Diderot, d’un Galilée, d’un Darwin ou d’un Einstein un modèle et des époques où on polarise la jeunesse d’un côté sur l’idéologie de la kalachnikov, sur un Ben Laden et, de l’autre, sur l’idéologie de la liberté par le bombardement, sur les nouveaux croisés comme Bush et Hollande-Valls !

Est-ce qu’on lui dit que son avenir est dans les connaissances, dans les études qui vont lui permettre d’accéder à une reconnaissance et à des emplois ou est-ce qu’à la majorité on dit, au contraire, qu’il n’y aura pas de place pour elle, après les études qu’elle les réussisse ou pas ? Et s’il n’y a pas d’avenir autre que le chômage et la précarité, le manque d’emploi, de logement et de reconnaissance sociale, est-ce qu’on lui offre comme voie… la violence, celle des fascismes ou des terrorismes ?

Est-ce qu’on dit aux jeunes que les travailleurs sont leur avenir, qu’ils doivent se battre ensemble pour l’emploi, ou, au contraire, que ce sont les travailleurs qui leur ont pris leur emploi, qui ont mangé leur retraite future, qui, par leurs revendications taxées de corporatisme, ont volé les fonds publics et qui, par leurs exigences prétendûment exagérées, auraient cassé les emplois ? Est-ce que la jeunesse est poussée vers l’action sociale, syndicale et politique ou vers le dégoût de la démocratie et vers le goût de l’Etat fort, des fonctions régaliennes ? Est-ce qu’on veut montrer à la jeunesse qu’elle a un avenir dans la lutte sociale et politique ou que son avenir est à choisir entre Le Pen et le Bataclan ?

Est-ce qu’on l’appelle à aimer l’humanité ou à la mépriser et à la détester ? Est-ce qu’on lui dit que les générations passées ont construit une société ou, au contraire, qu’elles ont détruit la planète, son avenir et qu’elles n’auraient songé qu’à se servir aux dépens des générations nouvelles ? Est-ce qu’on lui présente les combats des couches populaires comme un élément de la lutte pour la liberté de tous ou, au contraire, comme un combat d’arrière-garde, comme une antiquité à ne pas conserver, comme une idéologie dépassée de la « lutte des classes » alors qu’il n’y aurait plus de classes mais un seul peuple ?

Est-ce qu’on l’appelle à œuvrer avec les autres ou à cultiver un individualisme forcené ? Est-ce qu’on cultive chez elle le sens du social et du public ou, à l’inverse, est-ce qu’on la fait baigner dans l’esprit de la supériorité du privé et du personnel ?

Est-ce qu’on la pousse à aimer la collectivité ou à la détester ? Est-ce qu’on la pousse à penser qu’elle a besoin d’échanger des idées avec les autres ou à échanger des ragots ?

Est-ce qu’on la pousse à penser que la jeunesse doit se libérer des entraves ou à se libérer des idées de liberté ? Quand elle est attirée par les idées de changement radical, est-ce par celle de révolution sociale ou par celle d’intégrisme, de lutte armée ou de guerre ?

Est-ce qu’elle l’appelle à comprendre le monde ou affirme que c’est impossible, absurde et inutile ? Est-ce qu’on lui dit que la science vise à chercher l’explication du fonctionnement universel ou est-ce qu’on lui dit que ce projet est faux et dangereux ?

Est-ce qu’elle l’appelle à marquer l’histoire du monde ou est-ce qu’elle affirme que le passé, c’est le passé, qu’il n’y a aucune leçon à en tirer et qu’on doit s’en moquer et tourner la page ?

Est-ce qu’elle l’appelle à devenir savant, chercheur, ingénieur, ouvrier, infirmière ou à devenir soldat, espion, policier, gardien de prison, juge ou à travailler dans le renseignement et l’anti-terrorisme ? Ou même, une partie de la société l’appelle-t-elle à devenir terroriste ou fasciste ?

Est-ce qu’elle l’appelle à construire le monde ou à le détruire ? Lui propose-t-elle des postes de production, de recherche, de conception, de protection de la société humaine ou de destruction, de répression et d’oppression de celle-ci ?

Est-ce qu’on lui présente les guerres passées comme des horreurs à ne pas reproduire ou comme des exemples exaltants d’héroïsme et de fraternité dans les tranchées ?

Est-ce qu’on dénonce les violences du monde ou est-ce qu’on les présente comme des maux nécessaires, les guerres et les bombardements des populations civiles comme moyens de lutter contre les dictatures et le terrorisme et, d’un autre côté, les guerres des dictatures et des terrorisme comme un moyen de se libérer du terrorisme et de la dictature des grandes puissances ?

Est-ce qu’on diffuse, parmi les jeunes, la confiance de l’avenir de l’humanité ou, au contraire, la méfiance dans les capacités de la société humaine de se dépasser, d’aller plus loin, de bâtir un monde nouveau ?

Est-ce qu’on lui présente l’histoire actuelle comme la suite de celle du passé, comme un combat de la liberté contre l’esclavage ou, au contraire, l’histoire actuelle comme la fin de toute histoire, comme une société qui est l’horizon indépassable ?

Même si l’idéologie dominante actuelle prétend le contraire, les époques changent et l’opinion publique change aussi, en fonction de ce que les classes dirigeantes essaient d’implanter dans les esprits et en fonction des changements réels, qui sont eux aussi radicaux aux périodes critiques.

Le monde n’est pas toujours le même. Et les changements sont parfois brutaux et violents. En quelques années, la physionomie d’une société se transforme complètement. Il suffit d’un petit moment pour ne plus reconnaître ce qui faisait un monde, pour ne plus comprendre comment tout a basculé ni pourquoi.

Il est des époques d’élan, d’enthousiasme, de construction, de progrès, où les classes dirigeantes ne voient partout que des perspectives à embrasser, des domaines à conquérir, des productions à développer, des énergies à mobiliser pour construire, pour concevoir, pour inventer, pour découvrir, pour chercher, pour améliorer, pour étendre, pour conquérir.

Il est des périodes de remises en question déchirantes, celles où les classes dirigeantes ne savent plus quel est leur avenir, comment elles vont maintenir demain leur domination, craignent le jour où on apprendra que tout s’effondre, ont peur de perdre tout ce qu’elles avaient accumulé. Dans ces périodes, les classes dirigeantes se tournent aussi vers la jeunesse mais dans un but tout différent. Elles en font leurs soldats, leurs pions, leurs bandes armées, leurs troupes fascistes, leurs fanatiques, leurs gardiens de camps et parfois leurs génocidaires. Cela ne se fait pas en un jour mais, quand les classes dirigeantes y sont décidées, elles peuvent y parvenir si les classes exploitées et opprimées ne savent pas s’adresser à cette jeunesse et lui offrir une autre perspective.

Cela ne se fait pas en un jour car cela passe par des étapes. Il faut prendre cette jeunesse aux tripes, il faut lui faire croire qu’elle est méprisée, qu’elle n’est pas prise en considération, qu’on lui a volé son avenir, que les travailleurs des générations précédentes se sont gobergés, ont hypothéqué le monde, ont poursuivi des buts illusoires. Il faut cultiver chez elle un individualisme exacerbé. Il faut lui faire croire qu’elle a, seule, des perspectives. Il faut lui faire croire que ses mobilisations sont une force sociale qui se passe de la classe ouvrière, du socialisme, du communisme et même du syndicalisme. L’étape suivante consistera à lui dire qu’elle peut se passer de la démocratie, assimilée à la farce politicienne, et surtout qu’elle peut se passer des syndicats, de toute forme d’organisation ouvrière et démocratique. Là, on arrive au fascisme…

La jeunesse est aisément mobilisable en masse mais elle l’est dans un sens comme dans l’autre. La boussole peut tourner à grande vitesse. Et la jeunesse ne possède pas sa propre boussole. Elle tourne selon le vent dominant.

On lui dit de croire qu’elle est Charlie puis on lui affirme qu’elle vote Le Pen, et ensuite on lui dit qu’elle veut devenir soldat ou espion.

L’Histoire montre qu’on peut manipuler la jeunesse et la propulser massivement contre les classes populaires et les travailleurs, contre la démocratie. Les « gardes rouges » chinois de Mao, les groupes de jeunesse de Pol Pot au Cambodge, les groupes SS d’Allemagne, les troupes terroristes de Boko Haram à Daesh l’ont bien montré.

Mais la jeunesse peut aussi être la flamme de la révolution. Les gavroches de Paris en 1789, en 1793, en 1830, 1848 ou 1871 l’ont montré et ils l’ont également montré dans les révolutions russe, allemande, espagnole et bien d’autres.

Seulement toutes les fois où la jeunesse a joué un rôle révolutionnaire, c’est parce qu’elle a agi aux côtés et même derrière les couches populaires et les travailleurs.

C’est cette perspective que les classes dirigeantes veulent refermer, supprimer, éradiquer. Elles veulent que la jeunesse méprise les travailleurs, les rejette, les combatte même. Au sein de la jeunesse, elles veulent que l’emportent les jeunes loups aux dents longues qui raclent le sol, qu’ils s’affirment, qu’ils dirigent leurs amis, qu’ils servent de pôle aux autres, qu’ils exigent leur dû, qu’ils ne craignent pas la grossièreté, la barbarie, l’impudence, la violence.

La classe dirigeante se permet à la fois de condamner la jeunesse au chômage, à la précarité, à la dépendance économique de leurs parents, au manque de logement, d’avenir et de reconnaissance et, en même temps, à tenir un discours glorificateur sur la jeunesse, considérée comme héroïque parce qu’elle a fait le Bataclan, parce qu’elle fait la guerre du Mali, parce qu’elle a fait la guerre de Libye, parce qu’elle fait la guerre de Syrie, parce qu’elle libère, paraît-il, les peuples à coups de bombes !

La classe dirigeante est en train de manipuler la jeunesse contre toute la société. C’est l’époque des années de plomb.

La cause n’en est pas culturelle ni conjoncturelle. Elle est fondamentale. Le système capitaliste cultive le pessimism outrancier parce qu’il est pessimiste sur son propre avenir, parce qu’il n’est pas capable de sortir de son impasse, atteinte en 2007.

Il affirme certes le contraire. Il continue de prétendre être la seule société possible. Il continue d’affirmer que la « fin du communisme » le rend définitif, éternel mais il pense exactement le contraire et il se prépare aux révolutions à venir en discréditant les idées communistes, les organisations communistes et même toutes les organisations ouvrières.

La classe dirigeante qui nie l’Histoire est jutement celle qui sent que le sens de l’Histoire sonne sa fin.

Mais cela ne se fera pas de manière automatique. Il faut que la classe ouvrière devienne le pôle autour duquel les milieux opprimés se regroupent. Bien sûr, on est aux antipodes d’une telle situation parce que l’opinion est modelée par les classes dirigeantes et qu’elles oeuvrent justement essentiellement pour détruire cette perspective.

Si elles ont empêché que la crise se traduise par un effondrement économique en 2007, si elles ont inoculé dans l’économie des milliers de milliards de dollars et continuent de le faire, ce n’est nullement pour faire repartir la machine économique. Celle-ci était justement grippée par le niveau trop élevé de l’accumulation précédente du capital, incapable de trouver suffisamment d’investissements productifs rentables, si bien que les investissements spéculatifs ont pris le dessus et que les Etats et banques centrales sont contraints de leur distribuer sans cesse des revenus et d’entretenir ainsi la spéculation destructrice. Ils ne le font pas dans un but économique mais politique : casser la classe ouvrière à ses propres yeux et à ceux des couches de la petite bourgeoisie, de la jeunesse, des couches opprimées, des femmes, des minorités, des pauvres, des migrants.

Toutes ces couches sociales sont dressées contre les travailleurs, assimilés aux directions syndicales, et présentés comme des profiteurs, sans perspective, sans proposition d’avenir, juste prêts à s’accrocher à leurs acquis au détriment des autres !

Ce sera à nous, travailleurs, de renverser cette situation, de démontrer que la classe ouvrière ne se bat pas pour des buts corporatistes mais qu’elle a des propositions politiques et sociales en rupture avec le capitalisme, capables d’offrir un autre avenir que ce monde fini.

La jeunesse sera-t-elle entraînée par des nouveaux Hitler d’un côté et des nouveaux Ben Laden de l’autre et prise ainsi entre deux feux, sera-t-elle la nouvelle chair à canons d’une nouvelle guerre mondiale entre les blocs impérialistes, à nouveau au nom de la liberté et à nouveau pour protéger les capitalistes et les banquiers ou sera-t-elle à nouveau le fer de lance de la révolution socialiste mondiale, le premier rang de la lutte pour changer radicalement le monde ? Cette réponse dépend de chacun de nous et de notre capacité à comprendre les situations qui vont se présenter à nous. Si les classes dirigeantes peuvent manipuler l’opinion, elles ne peuvent pas aussi aisément manipuler les situations économiques et sociales qui vont venir et qui dépendent d’abord et avant tout des effondrements économiques, des prochaines crises financières et aussi des prochaines révolutions sociales qui peuvent demain éclater dans les pays de l’Est, en Amérique latine, en Chine ou dans le reste de l’Asie, et même enAfrique où il est clair que la lutte des classes est loin d’être morte.

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3 Messages de forum

  • Le ministre Macron déclare : « Il faut des jeunes qui aient envie de devenir milliardaires »… alors qu’une grande partie de la jeunesse croupit dans des banlieues où il n’y a aucun travail et que la misère pour perspective !!!

    Hollande déclare : « Il faut que le travail soit valorisé sortir les Français de la résignation. […] Les plus précaires sont souvent les jeunes. Ce sont eux qui acceptent des stages, des petits boulots, des contrats de moins d’un mois. La prime d’activité va soutenir leur retour à l’emploi. Quand on est devant cet enjeu [le chômage des jeunes], il ne faut pas compter. »

    Et s’il n’y a pas de travail, il y aura toujours un grand avenir pour la jeunesse : la guerre !!!

    « J’interviens, pour ces vœux à la jeunesse, dans un contexte que chacun connait et qui n’était pas prévu, celui de l’intervention de la France au Mali. C’est un moment grave, c’est une solidarité que nous apportons à un pays ami - l’un des plus pauvres du monde -, c’est un combat que nous engageons aux côtés des Africains pour assurer l’intégrité territoriale d’un pays souverain et en même temps protéger les autres contre le terrorisme. »

    « Vous pourriez me dire mais nous sommes loin des vœux à la jeunesse !. Et pourtant... Les soldats qui sont présents au Mali – les soldats français – ont votre âge. J’en ai rencontré qui avaient à peine 19 ans et d’autres qui se sentaient déjà vieux quand ils en avaient 23. Ils partaient sur un terrain qu’ils ne connaissaient pas ; ils le faisaient avec fierté, dévouement, parce qu’ils remplissaient une mission au nom de la France. Ils avaient aussi besoin d’avoir confiance dans l’ordre que je leur donnais. Ils ne le discutaient pas puisqu’ils sont soldats. Ma responsabilité était donc de faire intervenir ces jeunes Français là où je pensais que c’était – non pas l’intérêt de notre pays – mais l’intérêt du monde. »

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  • Le père de Lola Ouzounian, la plus jeune victime du Bataclan, s’exprime :

    Je n’irai pas à l’hommage qui sera rendu aux victimes à 10h30 aux Invalides parce que je considère que l’État et ses derniers dirigeants en date portent une lourde responsabilité dans ce qui s’est passé.

    Une politique désastreuse a été menée par la France au Moyen-Orient depuis plusieurs années. Nicolas Sarkozy a largement contribué à la chute du régime de Khadafi en envoyant l’armée française combattre en Libye, en violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui interdisaient toute intervention au sol. Or, plusieurs sources affirmaient à l’époque que les Forces Spéciales étaient « en apesanteur » et avaient œuvré sur le terrain. La Libye n’était pas ennemie de la France, Nicolas Sarkozy avait reçu Khadafi avec les honneurs d’un chef d’État, et ce pays est devenu depuis un cauchemar chaotique où circulent librement armes et combattants.

    François Hollande et Laurent Fabius se sont ensuite acharnés contre Bachar El Assad, poussant inlassablement les puissances occidentales à intervenir militairement pour renverser le régime syrien, alors que celui ci n’était pas l’ennemi de la France. Les frappes prévues furent annulées in extremis lorsque Barack Obama refusa d’engager les États-Unis dans cette aventure.

    Cette ingérence de la France dans les affaires intérieures de pays souverains a été menée avec l’argument selon lequel les dirigeants syriens et libyens massacraient leur peuple. Certes. Comme Saddam Hussein et Muammar Khadafi, Bachar el Assad est un dictateur sinistre de la pire espèce. Mais il n’est pas plus exécrable que ceux actuellement au pouvoir au Qatar et en Arabie Saoudite, avec lesquels la France entretient d’excellentes relations diplomatiques et commerciales, et qui ont financé Daesh.

    Cette érosion de la compétence politique est dramatique pour notre pays. Les derniers présidents ont agi avec une légèreté inconcevable, portés par des vues à court terme. Mais cet aspect n’est pas le seul en matière de responsabilité du monde politique.

    Depuis plusieurs décennies, la République a laissé se développer des zones de désespoir, que le philosophe Jean-Paul Dollé nommait avec la justesse qui le caractérisait : “Le territoire du rien”. Un urbanisme inhumain, sans lieux de loisirs, de culture, sans écoles dotées de moyens à la hauteur de l’enjeu, au sein duquel aucun sentiment humaniste et citoyen ne peut éclore. “Cités Dortoirs”, “Quartiers sensibles”, les termes ont évolué mais le problème demeure et le personnel politique l’a toujours traité avec indifférence. Raymond Barre promit “d’enrayer la dégradation physique et sociale des grands ensembles”. Bernard Tapie fut ministre de la ville, Nicolas Sarkozy annonça un plan Marshall des banlieues et nomma Fadela Amara Secrétaire d’État chargée de la politique de la ville. Patrick Kanner l’est aujourd’hui et perpétue quarante ans d’échec.

    Le divorce entre les français et leurs dirigeants est accompli, le contrat social est rompu, le gouffre entre le peuple et les élites est béant. Les atteintes importantes aux libertés publiques, votées avec empressement par l’Assemblée Nationale, ne régleront rien. L’extrême droite pourra toujours surenchérir et les assassins franchir les frontières.

    La France est incapable de proposer un avenir à sa jeunesse, l’Europe est incapable de dépasser son actuel enlisement dans le libéralisme. Nos élus sont incapables de proposer une vision politique. Nos intellectuels, à de rares exceptions près, sont incapables de sortir de leur lucratif état d’histrions médiatiques. Je suis atterré par mon pays dévasté et je suis dévasté par la mort de ma fille”.

    (Texte publié dans le Huffington Post)

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  • Comment casser les jeunes en leur annulant à la dernière minute les contrats aidés qui étaient programmés !

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