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Offensive gouvernementale : contre le terrorisme, contre l’extrême droite, contre le chômage ? Non, contre les travailleurs et contre les libertés !

lundi 4 janvier 2016, par Robert Paris

Offensive gouvernementale : contre le terrorisme, contre l’extrême droite, contre le chômage ? Non, contre les travailleurs et contre les libertés !

« S’il y a un état d’urgence sécuritaire, il y a aussi un état d’urgence économique et social » a dit le président Hollande dans ses vœux de nouvel an ! Et de l’état d’urgence sécuritaire, on passe vite au plan d’urgence pour aider les entreprises, c’est-à-dire pour casser le monde du travail ! Si l’un justifie la perte des libertés civiles, l’autre justifie la perte du code du travail, du contrat de travail, du CDI, des horaires et des charges de travail, en somme une libération sans précédent… du grand capital !!!

Le gouvernement Hollande-Valls, qui s’est intitulé à sa naissance « gouvernement de combat » avant qu’il soit question d’attentats, qui a mené, bien avant Charlie et le Bataclan, ses guerres intérieures en faveur du patronat et ses guerres extérieures pour bombarder des pays entiers, entend tirer profit du climat créé en France par les attentats, par la peur des migrants, par les guerres en Syrie et en Irak pour développer encore sa guerre intérieure contre toute opposition sociale et politique.

Il est bien significatif qu’il interdise une manifestation pacifique contre la pollution et empêche des grèves et des journées d’action des salariés alors qu’il autorise des marchés de Noël, des manifestations du jour de l’an et le sommet des chefs d’Etat à Paris, capitale en état de siège !!!

Comme il est significatif qu’il considère comme du terrorisme que des salariés montrent leur colère contre un patron qui mène un chantage à l’emploi alors qu’il peaufine ses bonnes relations avec un patronat qui supprime des emplois tout en touchant de multiples aides financières sous prétexte d’aide à l’emploi !!! « J’aime les patrons », « j’adore l’entreprise et l’entrepreneur », « je cautionne les patrons licencieurs et maitres-chanteurs » est le discours de Hollande-Valls-Macron-Cazeneuve et compagnie et « j’aime la guerre », « la France est en guerre », « nous devons prendre conscience que nous sommes en guerre », « nous gagnerons la guerre » est aussi leur rengaine. Il faut dire qu’ils n’ont personne en face d’eux lorsqu’ils déclarent cela courageusement ! Ils ont déclaré la guerre à des peuples qui ne leur faisaient pas la guerre et même à des gouvernants qui n’étaient nullement en guerre contre eux, de Saddam Hussein à Kadhafi et Assad. Hollande-Valls-Sarkozy peuvent se dire en guerre contre le terrorisme et, en même temps, financer et armer des groupes terroristes en Syrie, en Libye, en Tunisie, en Irak, au Yémen et ailleurs et ils l’ont fait !

De même, ils peuvent se dire contre le chômage et soutenir toutes les politiques patronales de suppression massive d’emplois, de PSA à Total, d’Air France à Renault et d’Areva à la BNP et à l’Alstom. D’ailleurs l’Etat donne l’exemple des suppressions d’emplois : de la météo nationale à la SNCF (Pépy vient encore de le confirmer), de l’hôpital public (avec Hirsch licencieur en chef) à La Poste, de l’enseignement à la recherche, du service des impôts à Radio France, à France Télévisions, à l’AFP et toute la fonction publique…

Et ils peuvent d’autant plus facilement déclarer la guerre intérieure et extérieure que personne ne dénonce cette guerre. Personne ne dénonce les guerres extérieures de la France qui n’ont fait que pousser davantage des peuples entiers sur les routes de l’exil, qui n’ont fait que créer des populations de migrants. Personne ne dénonce les guerres intérieures de la France qui s’attaquent aux travailleurs sous prétexte de défendre les chômeurs et s’attaquent aux chômeurs sous prétexte de défendre les caisses de chômage et s’attaquent aux caisses de chômage sous prétexte de défendre les fonds publics, et enfin s’attaquent aux fonds publics sous prétexte de défendre l’économie, c’est-à-dire de défendre les intérêts des financiers, des banquiers, des industriels qui sont pourtant ceux qui cassent l’économie, les investissements productifs pour ne s’investir que dans les actions pourries, dans les profits sur le dos des dettes, sur le dos de toute la société.

Personne ne les dénonce vraiment, ni la gauche que le gouvernement prétend représenter au pouvoir, ni la droite dont il mène la politique, ni l’extrême droite qui ne s’en distingue que pas sa démagogie, ni les syndicats dont les directions ne veulent pas couper avec l’Etat qui les autorise et les finance, ni la gauche de la gauche et l’extrême gauche officielle qui ne veulent pas se fâcher avec les directions syndicales. D’aucune part, on n’a vu une réelle volonté de faire face à l’offensive patronale et gouvernementale. Et c’est pour cela que nos adversaires ne vont pas s’arrêter en si bon chemin.

Jamais en France ils n’ont eu une pareille occasion de casser les services publics, de casser le code du travail, de diminuer les salaires, d’augmenter les horaires et les charges de travail, de diminuer les emplois, de pressurer toute la population et, en même temps, la possibilité de le faire avec un Etat plus répressif, avec plus d’autorité pour arrêter, pour perquisitionner, pour dénoncer les travailleurs « radicaux », pour interdire les manifestations, avec un état d’urgence à rallonge qui autorise toutes les dérives policières. Le prétexte des attentats sert toutes les dérives sécuritaires, toutes les dérives dirigées contre les populations dont l’origine les relie à des pays à majorité musulmane, toutes les arrestations et pressions, toutes les violences sous prétexte de défendre la population.

Et ils n’ont même pas à faire la preuve de leur capacité à la défendre, puisque Charlie, l’hyper casher et le Bataclan ont démontré le contraire sans que personne ne proteste ! Ils ont mille fois fichés les terroristes et ne les ont jamais arrêté et ils s’en servent aujourd’hui pour arrêter n’importe qui, n’importe comment, sous n’importe quel prétexte, sans que cela améliore la sécurité des populations bien entendu !

Bien entendu, Hollande-Valls ne relâchent pas la pression, ne perdent pas une occasion de rappeler que « la menace terroriste n’a pas diminué », que « les Français doivent s’accoutumer au risque terroriste », qu’« on ne peut pas annuler les dangers du terrorisme », que « la France est en guerre » car le gouvernement en tire profit pour imposer bien des changements et d’abord une dérive policière et sécuritaire du pays, des mesures dites d’urgence qui sont des mesures de destruction massive des libertés, et des mesures qui visent tout particulièrement les libertés des travailleurs et qui entendent imposer les intérêts des patrons. Alors que les vagues de suppressions d’emplois sont toutes soutenues par ce gouvernement, il prétend qu’il lutte contre le chômage parce qu’il entend mettre en place « un plan national de formation des chômeurs ». Mais quand des salariés déjà formés, qui ont une profession perdent leur emploi du fait de « plans sociaux », à quoi servent ces plans de formation à part à tromper l’opinion et à couvrir les plans patronaux de destruction des emplois et aussi les plans étatiques puisque l’Etat est le premier à supprimer des emplois pour consacrer l’argent public à aider les capitalistes !

Hollande-Valls prétendent mettre en place « un plan d’accompagnement des chômeurs vers l’emploi » mais quel accompagnement va empêcher Areva, Total ou Renault de supprimer des emplois et quel plan va empêcher tous les services publics, à part ceux de la répression, de supprimer des emplois d’infirmières, de postiers, de cheminots, de jardiniers, de bibliothécaires, d’agent des crèches, d’employés des mairies et bien d’autres ?!! Certes, Hollande affirme mettre en place « un plan de grands travaux pour l’écologie » mais pourquoi détruire des emplois existants et utiles, des emplois fixes, de CDI et de fonctionnaires pour prétendre chercher des thèmes pour en créer d’autres, sans doute bien plus précaires, bien moins payés et beaucoup moins nombreux ?

La réalité des plans gouvernementaux, c’est que ce n’est pas des plans d’aide aux chômeurs mais des plans de destruction du moral des travailleurs et de leur situation matérielle. Le chômage sert seulement de chantage pour casser l’emploi fixe en CDI, pour casser les droits sociaux, pour casser les anciens horaires, les anciennes charges de travail et imposer une surexploitation de ceux qui travaillent sous la pression de la masse, sans cesse croissante, des chômeurs.

La situation sécuritaire, la pression des guerres, de la montée des migrants qui fuient devant l’horreur et du terrorisme qui en découle, sert aux gouvernants à faire reculer la protestation sociale, à casser le droit de grève, à casser le droit de manifester, le droit de protester, le droit de s’informer, le droit de refuser un ordre de plus en plus inique, inégal, une réalité qui souligne de plus en plus une lutte de classe violente menée par la classe capitaliste, tout en interdisant que les travailleurs répliquent par leur propre lutte de classe, celle-ci étant taxée de violence, de terrorisme comme l’ont montré de nombreuses répression dont celle des salariés d’Air France mais aussi de Goodyear et de bien d’autres entreprises qui licencient, menacent les emplois ou ferment.

La pression sur le mouvement syndical pour lui imposer de cautionner des reculs d’ampleur, pour l’obliger à les accompagner, à les cautionner, sous menace d’être exclus des petits accommodements, du rôle d’intermédiaire, tout cela prend des proportions bien plus considérables depuis les attentats, en servant de la situation sécuritaire, en l’instrumentalisant même.

Les travailleurs qui revendiquent sont plus que jamais accusés d’aller contre l’intérêt général, de défendre des corporatismes, de ne pas prendre en compte les dangers qui menacent la population, de nuire à l’ensemble de la population sans qu’aucune force sociale ou politique ne réponde sérieusement à cette offensive de destruction de toute conscience de classe. Et cela parce que toutes ces forces sociales et politiques ne se situent pas en opposition radicale aux buts des classes dirigeantes. Aucun parti, aucun syndicat n’a dénoncé radicalement les guerres de l’impérialisme français et leur caractère terroriste, la montée d’un nationalisme exacerbé, les violences contre les migrants, la haine contre les Roms, le caractère de plus en plus dictatorial de l’Etat, le soutien de l’Etat à des forces terroristes en Syrie et en Libye par exemple, la multiplication des emplois répressifs, les embauches massives de militaires, de policiers, de gendarmes, de gardiens de prison, de forces spéciales, d’espions et contre-espions et autres barbouzes, la montée des sentiments d’hostilité vis-à-vis des populations d’origine étrangère, de religion musulmane et de couleur, qu’elles soient françaises, de double nationalité ou immigrées.

Le gouvernement fait semblant de combattre la montée du Front National mais tous ses actes comme toutes ses déclarations ne font qu’encourager le racisme, le nationalisme exacerbé, la haine inter-communautaire. Le dernier exemple en date est celui de la mesure préconisée par Hollande-Valls, comme par Sarkozy-Morano-Boutin ou Le Pen, de perte de la double nationalité en liaison avec le terrorisme. Quelle curieuse mesure contre le terrorisme ! Prétend-on menacer ainsi des terroristes prêts à se faire sauter ? Affirme-t-on qu’ainsi on les empêchera d’agir ? Est-ce un moyen de détecter ou d’arrêter des terroristes ? Ou bien est-ce plutôt un moyen d’accuser une communauté, celle des binationaux originaires de pays musulmans, d’exercer un chantage contre cette communauté et de la diviser du reste de la population. Beau moyen de lutter contre l’idéologie du Front National !!!

Beau moyen de remettre en cause tous les droits des populations d’origine musulmanes que de les désigner ainsi à la vindicte publique et de prétendre que les Français ayant ce type d’origine ne seraient pas vraiment des Français. D’ailleurs, cette volonté de supprimer la double nationalité des suspects de terrorisme est déjà possible dans les lois actuelles, dans tous les cas de crimes, et a plusieurs fois déjà été employée. Si le gouvernement tient à agiter cette polémique, c’est pour produire à nouveau l’idée d’une unité nationale gauche-droite-extrême droite contre le terrorisme, la même qui avait permis à Hollande de discuter avec Sarkozy et Le Pen au lendemain du Bataclan. D’autant que cela vient juste après que le même gouvernement ait affirmé que le terrorisme aurait pour origine la religion, que l’Islam est en cause, qu’il doit se mettre en conformité avec la démocratie, avec la république, avec le refus du terrorisme, avec la paix, etc.

Voilà encore un moyen d’entretenir la haine d’une fraction de la population contre l’autre comme l’exemple des événements en Corse l’a encore montré. Alors qu’un lieu de culte musulman a été violemment attaqué et détruit par des bandes racistes, sous le prétexte d’un incident de jeunes de banlieue, le gouvernement Hollande-Valls s’est bien gardé de mettre un pied dans ce lieu de culte alors qu’il l’aurait fait évidemment s’il s’agissait d’un lieu de culte chrétien ou juif ! Oui, la gauche gouvernementale, comme la droite et l’extrême droite, ne cessent d’attiser la haine et ils le font dans un but social et politique évident : diviser les milieux populaires pour mieux mener leur offensive anti-sociale qui est indispensable dans cette période de crise aigüe du système capitaliste.

C’est l’intérêt des classes exploiteuses qui nécessite de casser tout lien de classe entre exploités, en France comme sur toute la planète. Tous les gouvernants instrumentalisent les affrontements guerriers montants dans le monde, non seulement dans le monde arabe, mais aussi en Ukraine, dans la mer de Chine, en Afrique et partout dans le monde. Ce qui nécessite cette montée des violences, celle des guerres, celle du terrorisme, celle des bombardements, celle du fascisme montant, c’est la crise économique dont le système est bien incapable de se sortir malgré les déclarations rassurantes de ses responsables.

Curieuse manière de considérer que tout effondrement financier et boursier serait écarté que d’annoncer que les banques auront désormais le droit de faire payer toute crise aux possesseurs de comptes en banques ! Curieuse manière de croire que le capitalisme serait définitivement redressé que de maintenir les rachats massifs d’actions pourries par les banques centrales ! Curieuse manière de croire à nouveau au « capitalisme de libre concurrence » que ces crises russe ou chinoise dans lequel tout effondrement des sociétés faillies est interdite. On l’a encore vu en France où l’Etat se porte garant d’AREVA alors que ce trust à fait faillite !

Nous faire croire que l’on est en train de sortir de la crise alors que des pays aussi importants que la Chine, la Russie et la Chine, sans parler de l’Argentine, du Brésil, de l’Arabie saoudite, sont en train d’y plonger ainsi que le Japon, malgré des investissements publics massifs, du jamais vu, en faveur du privé. Aucune aide d’Etat n’est capable de relancer les investissements privés et aucune aide d’Etat ne peut combattre le trop plein de capitaux mondiaux par rapport aux possibilités d’investissements productifs rentables. Bien au contraire, plus les banques centrales lancent des centaines de milliards sur les marchés, plus la saturation s’aggrave. Mais ils ont du mal à ne pas le faire car il faut bien continuer à distribuer des bénéfices aux possesseurs d’actions pourries, de possesseurs de titres des dettes privées et publiques, de toutes les spéculations sans base économique réelles !

Oui, la pression sécuritaire, la mise en place de mesures policières d’exception, l’ambiance de pays en guerre, la montée des haines inter-communautaires sont des éléments nécessaires aux classes dirigeantes pour accroitre l’oppression et l’exploitation et, en même temps, paralyser la réaction des travailleurs et des milieux populaires, en prétendant en même temps défendre les intérêts de toute la population.

L’avenir que les gouvernants nous préparent est celui de la violence de masse, de la peur de masse en même temps que de l’immigration de masse devant les horreurs et pour terroriser les populations et les monter les unes contre les autres, afin de préparer la prochaine guerre mondiale.

La campagne gouvernementale et patronale pour l’unité nationale n’interrompt pas la lutte des classes des capitalistes, elle lui donne un drapeau, un objectif, un élan, un soutien populaire. On a bien vu que le gouvernement n’interdit que les luttes des travailleurs, pas les offensives des patrons, que les manifestations sociales et politiques qui critiquent les politiques pro-capitalistes, pas les manifestations pro-gouvernementales comme celles de chefs d’Etat de la CP21 en plein Paris.

L’état d’urgence est un état de siège contre la classe ouvrière, un état de guerre contre les peuples, pas seulement contre les terroristes et même pas seulement contre les Musulmans, radicalisés ou pas, car son but n’est nullement d’augmenter la sécurité de la population. Quant aux violences montantes de l’extrême droite, le gouvernement ne les combat nullement : il les justifie et les encourage.

Il n’y a qu’un moyen de donner un coup d’arrêt à l’offensive des gouvernants : refuser toute solidarité aux classes dirigeantes et au gouvernement qui les défend qui nous prennent en otage sous prétexte de terrorisme, sous prétexte d’invasion des migrants, sous prétexte de montée de l’extrême droite.

Récusons toute alliance de classe contre le chômage, toute alliance de classe prétendant défendre la république, la démocratie, la paix, l’économie, le pays, la population et autres balivernes. C’est au nom des mêmes mensonges qu’on a déjà lancé les peuples dans des horreurs massives, dans des fascismes et dans des guerres mondiales où on a cru se sacrifier pour le pays et on est morts pour les capitalistes et les banquiers !

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