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Que se passe-t-il chez Renault en janvier 2018 ?

jeudi 18 janvier 2018, par Robert Paris

On n’en "voeux" plus...

Le début d’année est la période traditionnelle des vœux où, derrière une façade de politesse et de bonhomie, se cache une belle hypocrisie ! En effet, cela ne les empêchera pas de charger "la mule" et tant pis si les horaires débordent, au détriment de la vie privée et notamment de la famille, pourtant évoquée avec bienveillance dans les vœux ! De même, pour la santé, entre le peu de préventif sur les RPS, burn-out, droit à la déconnexion, les difficultés à garantir une hygiène réglementaire (renouvellement en air neuf, complicité avec PEI qui est toujours en sous-effectif sur le site, donc malgré la bonne volonté des salariés la fréquence de nettoyage wc ne peut être respectée), et la bénédiction de la direction pour certain(s ?) CUET(s ?) qui agissent de façon méprisable envers les salariés. Tout cela reste du bla-bla qui voudrait nous endormir mais attention à un réveil en sursaut !

Equation à deux inconnus...

C’est en effet, le problème que nous a posé la direction, en demandant de choisir comment on voulait gérer notre prime d’intéressement locale. C’est une gestion à l’aveugle, car on ne sait pas quand on va la toucher ni son montant !

"Les cons, ça ose tout »… (Michel Audiard)

Effectivement, la direction avait décrété que les jours de voyage ne donneraient plus droit à la prime de mission (55€/ jour), donc perte sèche de 110€ par mission. Mais les mappeurs concernés ne sont pas laissés faire. Leur réaction collective a remis la direction dans le droit chemin ! Comme quoi, quand les salariés se regroupent pour se défendre, ça marche !

Inquiétude sur l’avenir d’un Renault...

Récemment la presse a évoqué l’arrêt des fonctions de Ghosn à la tête de Renault, et si les pronostics sur son remplaçant on fait couler beaucoup d’encre (avec les hypothèses les plus folles dont le retour de Carlos Tavares), personne ne s’inquiète de l’avenir de notre cher (oh, que oui, cher !) PDG ! A-t-il tous ses points retraite ? Est-il éligible au minimum vieillesse ? Aura-t-il le temps de compter tous ses stocks options sans devenir fou devant l’énormité de la somme ? Sera-t-il dispensé à vie de l’ISF, même en n’étant plus compté comme « entrepreneur en France » ? Nous espérons être rassurés de façon officielle bientôt, sinon ça gâcherait notre début d’année…

Rassurés pour les autres ?

On peut supposer, à l’inverse, que les salariés lambdas, eux, vont toucher le pactole (intéressement+AGS conséquentes), au vu des efforts faits et surtout des résultats financiers ! Il serait dommage que le fameux effet "ruissellement" de Macron, se résume à la sueur sur le front des travailleurs....

Les empoisonneurs se jugent innocents

Renault fait appel de sa condamnation par la Sécurité sociale pour cancer lié à l’amiante dont est jugée responsable l’entreprise Renault dans le décès de Mr Cavé (CTR-Rueil). Sans cette affaire, l’entreprise ne défend pas que son image : elle ne veut pas payer d’augmentation de ses cotisations et elle ne veut pas risquer de passer un jour au pénal ! Car tous les jugements du tribunal de la Sécu ont, de manière constante ou quasiment, condamné Renault pour maladie professionnelle (cancer lié à l’amiante). Des familles ont ainsi obtenu de faire face aux difficultés matérielles liées à perte prématurée d’un parent. Mais cela n’a pas empêché Renault de rester ferme sur sa position six fois négationniste (pas responsable, pas coupable, pas concernée, pas de dédommagements, pas d’examens pour les personnels, pas d’information) et a continué de ne jamais diffuser d’information aux salariés qui avaient travaillé dans les sites amiantés ou qui avaient usiné des pièces amiantées, sur les examens nécessaires (scanners et autres) pour prévenir la maladie, évitant ainsi les effets les plus graves et notamment… la mort ! Son fric et son image, il n’y a que ça qui compte ! Défendons-nous avec le Collectif des salariés Renault contre l’amiante ! On ne vient pas au travail pour y perdre la vie !

Quand PSA s’empresse d’appliquer la loi

Légale depuis seulement le 22 décembre dernier, la réforme du Code du travail, signée en septembre par le gouvernement et ratifiée par le Parlement en novembre dernier, est déjà appliquée par Peugeot ! Il s’agit d’une forme de plan de départs « volontaires », hors du cadre d’un plan social, sans nécessiter un accord majoritaire des syndicats. Suppression collective d’emploi sans plan social donc, alors que dans le même temps la direction annonce que l’usine PSA de Sochaux prête à battre des records de production en 2018 !

RNM n’est pas AGS !

L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi monte un fonds d’1 milliard de dollars, comme fonds de capital-risque… Risque de quoi ? Certainement pas le risque que ces gens-là investissent dans une augmentation de salaires !!! C’est seulement le risque de se lancer dans des entreprises de type batteries… un risque pour la planète puisque ces fameuses batteries électriques polluent de plus en plus de sites de dépôts de matériels usagers et contribuent à rendre la voiture électrique plus polluante bientôt que la voiture à essence !!! En attendant, la direction nous pollue avec son discours « zéro AGS » !!!

Renault, ça presse !

Pour la première fois, Ghosn lance Renault dans la presse française !!! Le constructeur automobile investit 5 millions d’euros et prend notamment 40% de l’édition de « Challenges » et « Sciences & Avenir » mais aussi « La Recherche », « L’Histoire » et « Historia ». Cela va devenir l’histoire et la science au service du seul trust Renault !!!

Renault Tanger, c’est tout bénéf…

Renault est très fier de produire au Maroc mais il faut dire que les salaires marocains y sont pour quelque chose !!! L’usine de Tanger est conçue comme complémentaire à celle de Pitesti en Roumanie. Tunç Basegmez, directeur de l’usine marocaine, ne s’en cache pas : « Le salaire mensuel est, ici, 2,5 fois plus avantageux qu’en Roumanie. » La direction pense que l’usine de Tanger, lorsqu’elle tournera à pleine puissance et aura surmonté quelques légers ratés au démarrage, sera nettement plus rentable que celle de Roumanie. Et au moins au même niveau de coût que l’usine techniquement sœur de Nissan à Chennai en Inde. Le salaire mensuel d’un ouvrier à Melloussa est d’un peu plus de 3000 dirhams, soit l’équivalent de 280 euros. Et Renault n’y gagne pas que sur les salaires : outre un investissement de 1,1 milliard d’euros de l’Etat marocain, de rabais fiscaux, et de soutien financier à la formation, le Maroc a construit, à grands frais, pour les besoins de l’usine Dacia, une ligne de chemin de fer à voie unique. Outre l’exemption de TVA, Renault ne paie pas d’impôt sur le bénéfice (23% pour les entreprises autochtones) durant cinq ans, et a obtenu un taux réduit à 8% durant les quinze années suivantes. Les autorités, pour favoriser la formation et l’emploi, ont construit, à leurs frais pour 8 millions d’euros, une école professionnelle installée sur le site de Renault. Les autorités marocaines versent au groupe automobile entre 2000 et 6000 euros par personne formée. Après tout ça, Renault se glorifie de ses investissements au Maroc !

Service public : qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage !

Les couacs, accidents et dysfonctionnements graves de la SNCF et l’absence de communication de sa direction pendant des mois sont au centre des préoccupations médiatiques et ce n’est pas un hasard : il s’agit de dénoncer le service public du Rail afin de mieux imposer sa prétendue « réforme » qui est, en réalité, sa casse organisée par ceux-là même qui organisent actuellement le désordre ferroviaire, en supprimant des postes de fonctionnaires, en réduisant les effectifs et des moyens, quitte à prendre le risque de la dégradation et même d’accidents graves.

Sous l’égide du PDG Pépy, la casse du service public du Rail est ouvertement planifiée et la campagne de publicité sur Ouigo (une soi-disant rénovation de la vieille SNCF) ne cherche qu’à le masquer. Une image dégradée de la SNCF (service public) tombe en réalité à point nommé pour Pépy. Il peut ainsi affirmer que ce serait justement pour pallier à tous ces problèmes qu’il mène sa politique de rentabilisation, de restriction, de casse des droits des salariés et finalement de privatisation, mensongèrement appelée ouverture. Et c’est exactement ce qu’il vient de déclarer… Quiconque refuserait ses réformes serait du coup accusé de vouloir maintenir le chaos actuel pour des motifs réactionnaires, puisque la politique de privatisation se pare de la prétention d’être moderniste.

Et ce qui montre que les « incidents » de la SNCF sont exploités par ceux-là même qui en sont la cause, c’est que la même méthode est appliquée à tous les services publics, non seulement au rail mais aux transports publics en général, à La Poste, à l’Hôpital public, l’APHP notamment, à l’Enseignement, à tous les niveaux, et à la Recherche. Tous sont « réformés », rentabilisés, contraints de subir la portion congrue, de voir leurs effectifs baissés drastiquement, et la casse y est aussi organisée au nom de la « modernisation », toute contestation étant traitée de réactionnaire et accrochée à des privilèges.

Un exemple récent de cette politique concerne France Télévisions. A peine le président Macron avait affirmé que la télévision publique était « la honte de la République » qu’on apprenait qu’elle était en voie de réforme drastique, imposée sur le dos des personnels.

Et qui se charge de dénoncer le service public sinon ses propres responsables ?!!! C’est le responsable de Radio France qui avait attaqué ce service public, tout comme le responsable de l’APHP attaque les infirmières ou les aides soignantes ou encore le responsable de La Poste qui attaque les postiers. Quand ce n’est pas le président lui-même qui sonne la charge contre le service public, lui qui ne se cache nullement d’être un partisan actif de la privatisation de tous les services publics. Il déclare publiquement, à qui veut l’entendre, que le statut de fonctionnaire n’est qu’un témoignage du passé, que la SNCF n’est qu’un « vieux modèle dépassé », que la télévision publique est une horreur, que la SNCF dysfonctionne de manière scandaleuse, et on en passe…

Les fonctionnaires sont présentés dans ce discours comme des privilégiés accrochés à des avantages d’une époque dépassée, des incompétents, des causes de l’absence de progrès dans le fonctionnement public et de trous dans les comptes de l’Etat. Dans la réalité, les prétendus avantages et même privilèges ne concernent justement que ceux qui les dénoncent : les hauts fonctionnaires qui dirigent ces services publics et le gouvernement. Ce sont eux qui ont des salaires et des avantages scandaleux, pas l’infirmière, le cheminot, le postier, l’éboueur, ni l’instituteur ou le guichetier !!!

Les énormes trous dans les finances publiques ne sont nullement le fait des minimes « avantages » des salariés du public mais des hauts fonctionnaires du public qui, non seulement se servent eux-mêmes au passage mais servent exclusivement les intérêts du privé. Ce sont eux qui utilisent tout l’argent public pour le distribuer aux trusts du Bâtiment, du Médicament, de l’Informatique, des Banques. Ces hauts fonctionnaires, des patrons des services publics aux ministres et au président sont tous liés aux trusts et à la finance privée. Ils ont bourse ouverte pour eux et dépensent des sommes folles pour les « sauver » de la chute économique depuis qu’elle a pris un tour catastrophique en 2007-2008. C’est là qu’est la source de la faillite du secteur public et pas dans les soi-disant « privilèges » des petits fonctionnaires !!!

Ce qui prend l’eau, qui coule même de manière irréversible, ce n’est pas le secteur public mais le secteur privé capitaliste ! Ce qui ponctionne l’argent des impôts, ce sont les entreprises capitalistes et les banques ! Ceux qui sont sans cesse aidés, sans cesse soutenus, sans cesse financés en faisant des trous dans les comptes publics ce sont les patrons !

Ce sont les hauts fonctionnaires du public qui dénoncent le caractère public du service et qui le plombent par leur politique comme par leurs déclarations. Et les média ne font que faire circuler les mensonges des hauts fonctionnaires des services publics comme Pépy, Gallet, et autres Hirsch, les vrais casseurs du service public qui font semblant de défendre le public contre le service….

Curieusement, le modèle et la méthode que suivent ces dirigeants du public, y compris le président, qui vivent de l’argent public et le détournent tout en se déclarant partisans du secteur libéral et de la baisse des investissements publics dans tous les services, est tiré non d’une philosophie du libéralisme mais du… stalinisme sur sa fin !!!

Ce sont en effet les bureaucrates staliniens, à partir de Brejnev, Gorbatchev et Eltsine, qui se sont chargés de discréditer le tout-étatique, en se servant du fait qu’il était bureaucratique, inégalitaire, injuste, alors que c’était ces chefs de la bureaucratie eux-mêmes qui le rendaient bureaucratique et inégalitaire, et que c’est eux qui l’ont finalement cassé volontairement pour laisser place au prétendu « libéralisme ». Bien entendu, ce fameux libéralisme en Russie n’a fait que servir une petite poignée de profiteurs, à commencer par quelques anciens chefs de la bureaucratie d’Etat, les profiteurs de l’ancien système étatique en étant les premiers et principaux casseurs !!! Gorbatchev, Eltsine et Poutine eux-mêmes sont d’anciens chefs des bureaucrates staliniens qui ont critiqué le stalinisme pour mieux profiter de sa chute.

Comme par hasard, les services publics français n’ont jamais plus mal fonctionné que depuis qu’on prévoit leur rentabilisation, leur prétendue réforme et leur privatisation. La SNCF est loin d’être la seule à se dégrader, même si ces derniers temps les média se fixent sur elle parce qu’il s’agit de s’attaquer aux cheminots et de faire en sorte que ceux-ci ne recueillent pas le soutien et la sympathie du public, s’ils entrent en lutte contre la privatisation, contre la casse de leur statut et de leurs retraites, contre la dégradation de leurs conditions de travail.

Les dysfonctionnements multiples de la SNCF sont un effet des politiques menant à la rentabilisation et à la privatisation, qui passent par la diminution des effectifs. Pépy vient encore d’annoncer des centaines de suppressions de postes de cheminots, qu’il s’agisse de conducteurs de trains, de techniciens et d’ouvriers de maintenance des technicentres, en fait de toutes sortes de professions du rail. Il n’y a rien d’étonnant que cela se traduise par une chute considérable de la sécurité, de la régularité et de la qualité du service. Mais accuser le service public de ces dysfonctionnements, c’est culotté car c’est la destruction du service public qui les produit !

La direction de la SNCF, loin de défendre le service public qu’elle dirige, loin de défendre les cheminots, contribue à les faire accuser par le grand public et à faire croire que ce seraient les salariés qui dégraderaient tous les fonctionnements du rail !!!

Quant aux divers manquements au service public qui ont été constatés, comme aux responsabilités dans des accidents, ou dans des suicides d’agents ou encore dans des méthodes antisociales contre les agents, contre le droit de grève, contre les personnels épuisés, accidentés ou stressés par des méthodes de direction agressives, scandales divers, relevés ou pas par la justice, par les média, par les syndicats, la direction de la SNCF joue invariablement le négationnisme, de la même manière que le fait la direction de l’APHP dans les hôpitaux ou encore ceux de La Poste, de l’enseignement public et autres…

Attaquer le statut du cheminot, y compris le caractère de fonctionnaire de l’agent de conduite, attaquer le service public du rail, le salaire, les horaires, les conditions de travail des cheminots, voire leur retraite aurait dû donner lieu à des luttes de classes d’ampleur, d’autant qu’on aurait pu imaginer les cheminots en profiter pour relier leur combat à celui de tous les fonctionnaires attaqués eux aussi, dénoncés et calomniés eux aussi par leurs directions, stressés aussi par des politiques agressives de l’encadrement, pressionnés pour augmenter le rendement, perdant des droits sociaux multiples.

Eh bien, rien de tout cela ne s’est produit : ni une grande lutte pour défendre le service public du Rail et contre la privatisation, ni pour défendre le statut du cheminot, ni contre les autres attaques antisociales des méthodes de direction violentes, et surtout rien qui propose aux cheminots d’étendre leur lutte aux autres catégories de travailleurs du service public, même pas aux travailleurs de la RATP, du RER, des trams, des bus et autres. Ni des enseignants, ni des hospitaliers, ni des postiers, ni des éboueurs, ni des fonctionnaires territoriaux pourtant grandement menacés par les restrictions de budgets, ni…, ni… !!! Au contraire, les luttes des cheminots eux-mêmes ont été divisées, en luttes sectorielles, en journées d’action, en luttes corporatives, en luttes régionales, en toutes sortes de subdivisions, suivant la catégorie, la revendication et autres…

Certains auraient cru que la CGT au moins serait capable de proposer une lutte radicale contre toutes ces politiques antisociales. Eh bien, c’est qu’ils n’avaient écouté que leurs espoirs et leurs illusions. Pourtant, il y avait un bon moyen de réaliser par avance que la CGT n’allait certainement pas mener de lutte contre la privatisation du service public du Rail et en faveur des cheminots.

En effet, avant que la « réforme de la SNCF » n’entre en action, un organisme de la direction de l’Etat devait présenter un rapport en vue de cette réforme et c’était le Conseil Economique Social et Environnemental, le CESE, organisme paritaire où sont représentés syndicats de salariés, syndicats patronaux et représentants de l’Etat. Il se trouve que les rapporteurs tournent et que le rapporteur de la question de la privatisation du Rail était celui de la CGT, un nommé Lepaon. Eh oui, c’est bien celui qui allait devenir ensuite le secrétaire général le plus contesté de la CGT.

Son rapport est tellement favorable à la privatisation qu’il a été voté à l’unanimité, non seulement par les syndicats de salariés les plus réactionnaires mais aussi par les syndicats patronaux et les représentants gouvernementaux. Il préconise surtout une méthode pour préserver la « réforme du rail » qui est une casse du rail public, qui évite le déclenchement d’une vraie lutte sociale. C’est cette méthode qui a été choisie et mise en œuvre. Non seulement, Lepaon n’a pas été dénoncé alors par sa centrale syndicale, non seulement il n’a pas été critiqué, mais il a ensuite été intronisé à la plus haute place du syndicat ! Même les groupes d’extrême gauche au sein des syndicats se sont refusés à relever le rapport de Lepaon, à le faire connaître aux cheminots, à le combattre et ils ne l’ont même pas rappelé lors de la candidature de Lepaon à la direction de la CGT.

La casse du rail public, comme la casse de tous les services publics, loin d’être le premier signe de l’impuissance et de la trahison qui marque la stratégie réformiste des centrales syndicales en période de crise systémique du capitalisme, en est le dernier symptôme. Il y a déjà eu la casse des retraites, des impôts, du code du travail, des droits sociaux, des chômeurs, de la démocratie bourgeoise, des banlieues et on en passe…

Ce n’est pas une trahison inattendue, ce n’est pas un faux-pas anodin. C’est un des points essentiels qui permettent aujourd’hui aux classes dirigeantes de revenir en arrière sur tous les avantages de la démocratie bourgeoise sans avoir à faire face, pour le moment, à une lutte de classe déterminée, amenant avec elle une prise de conscience correspondante et le développement des organisations de classe des travailleurs (comités, conseils, coordinations, élections de délégués de la lutte, etc…)

Non seulement, il ne faut pas combattre la casse du rail public sans combattre la casse de l’hôpital public, de la poste (service public), ni de l’enseignement et de la recherche publics, ni des services publics communaux, mais il ne faut pas séparer la lutte des cheminots des autres luttes de salariés du secteur privé. L’attaque de la bourgeoisie contre les travailleurs est un tout qui nécessite une réaction de classe et non des réactions corporatives.

Les classes dirigeantes suppriment le code du travail bourgeois, les services publics bourgeois, la démocratie bourgeoise, les aides sociales bourgeoises, et on ne les fera pas revenir en arrière. Il faut aller de l’avant : vers un code du travail prolétarien, des services publics prolétariens, une démocratie prolétarienne et un gouvernement prolétarien. C’est la seule perspective d’avenir face à une société bourgeoise sans avenir.

2 Messages de forum

  • Ce n’est pas la neige, c’est le patron

    Si, le jour de la chute de neige, on a eu à Renault Guyancourt l’autorisation de partir de l’entreprise avant la fin de journée, ce n’est pour autant que tout est réglé. Tout d’abord, certains d’entre nous ont quand même été bloqués pendant des heures sur la N118 ou sur des nationales, des autoroutes, des routes ou dans des transports publics. Ensuite, les heures et jours perdus, le patron considère que c’est à nous de le prendre sur nos congés. Tout au plus, il laisse une petite latitude aux chefs pour ne pas faire trop de vagues. C’est l’Etat des patrons qui a décidé de casser la direction de l’Equipement, soi-disant en la départementalisant et sans moyens humains et financiers ou en matériel. A la moindre difficulté climatique, du coup, c’est la catastrophe. C’est aux patrons de prendre en charge les difficultés qui en découlent pour les salariés puisque c’est eux qui profitent de l’argent économisé par l’Etat, profits qui se réalisent par des aides à l’emploi, des aides à l’innovation, des aides à l’exportation, des aides à la recherche, des CICE et on en passe.

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  • Il s’accroche

    Le PDG Ghosn s’est reconduit à son poste pour quatre ans ! La soupe est bonne, semble-t-il. Certes, le PDG a accepté de réduire ses revenus de 30%, mais 70% d’une fortune, c’est encore pas mal. Nous aussi on accepte le sacrifice… de gagner autant que le salaire "réduit" de Ghosn !

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