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Chronologie de la destruction de La Poste, service public

mercredi 7 mars 2018, par Robert Paris

Chronologie de la destruction de La Poste, service public

1879 : Création des PetT, réunissant les Postes et les Télégraphes

1881 : création de la Caisse Nationale d’Epargne dans les bureaux de Poste - création du service des colis

1925 : Officialisation du sigle PTT pour Postes, Télégraphes et Téléphone

1969 : La Poste, à l’instar de certains pays voisins comme la Suisse, crée le 13 janvier 1969 deux catégories de courrier, ce que l’on a appelé le « Courrier à 2 vitesses ». Il s’agit d’optimiser les centres de tri et moyens de transports. Jusqu’à cette date tout le courrier était traité en nuit, les centres de tri fonctionnaient au ralenti en journée.

1972 : Mise en place des premiers équipements de machines de tri automatique dans les Centre de Tri Postaux.

1974 : Une commission d’enquête parlementaire propose de scinder Téléphone et Poste, en créant un établissement public pour le premier.

1981 : année de l’arrivée au pouvoir de la gauche, la branche Poste de l’administration des PTT compte 265 350 fonctionnaires.

1984 : Toujours avec la gauche au pouvoir, la Poste amorce, sous la direction de son directeur général Jacques Daucet, une phase de réformes structurelles qui impactent directement le personnel : la suppression des services ambulants était annoncée à terme, toute l’organisation des acheminements du courrier était bousculée par l’inversion des rotations de la Poste aérienne. De plus, Louis Mexandeau chargeait un expert de lui dresser l’inventaire de l’entreprise "Poste", et de lui avancer quelques pistes quant à l’avenir. Le rapport de cet expert, dit "rapport Chevalier", considérait comme acquise la scission des PTT en deux entreprises. Surtout, il mettait en cause le statut des agents.

1985 : Les dirigeants de la Poste créent la société privée SFMI (Société Française de Messagerie Internationale) au capital détenu pour les 2/3 par SofiPost, holding de la Poste, et pour 1/3 par TAT Express filiale de la compagnie aérienne tourangelle TAT (Transport Aérien Transrégional). L’acheminement des courriers express est assuré à partir de 1986 sous la dénomination du service EMS (Express Mail Service)/ Chronopost.

1986 : L’Etat prend soin de créer une holding, SOFIPOST, destinée à regrouper les futures filiales de La Poste. Au fil du temps, cette structure regroupera de plus en plus d’entreprises séparées par groupes d’activités (12 en 1999, avec une seconde holding spécialisée dans le financier en 2000). Citons parmi les plus connues CHRONOPOST et l’Aéropostale. Ce sont toutes des sociétés anonymes. Certaines sont rachetées (notamment à des groupes étrangers), d’autres sont issues des PTT. Le ministre Gérard Longuet des Postes déclare : Longuet : « Travailler dans un centre de tri est, si j’ose dire, un des métiers les plus idiots qui soient ! »

1988 : Les Télécommunications se séparent et deviennent France Telecom

1989 : Michel Rocard annonce le dépôt d’un projet de loi, rendant autonomes La Poste et France Télécom.

1991 : La « Loi Quilès » réforme le statut de la Poste. Les PTT disparaissent : France Télécom et Le groupe La Poste deviennent des entreprises publiques (des exploitants autonomes de droit public). La Poste devient une EPIC.

1994 : C’est la réforme du réseau postal de messagerie, la première plate-forme colis de nouvelle génération est inaugurée à Bègles.

1995 : Les derniers services ambulants sont supprimés.

2000 : Décision de l’ouverture à la concurrence du secteur postal et fin du monopole de La Poste. En 2000, l’effectif était de 320.000 postiers. En 2000, il y avait 18.000 bureaux de poste.

2003 : La Poste accélère sa réorganisation par métiers commencée en 1996 avec la création de la filière colis. Les 3 métiers de base sont le courrier, le colis et la banque (services financiers). Elle organise une grande réforme territoriale et fonctionnelle : les services du courrier et ceux du grand public (guichets, conseil financier) sont géographiquement et hiérarchiquement séparés. Lancement du programme dit « de modernisation industrielle ».

2004 : Les bureaux de poste ont déjà subi la réduction de l’ouverture au public. Désormais, où qu’on habite, impossible d’échapper à des restrictions massives et systématiques. Partout, le courrier sera moins bien assuré du fait de la diminution des tournées. Et si dans une zone jugée pas assez peuplée, le bureau de poste sera fermé, ailleurs il sera surpeuplé par des queues interminables. La suppression d’un tiers des effectifs des postiers d’ici à 2012, cela signifie des dizaines de milliers de chômeurs de plus, et autant de services en moins ! L’objectif de la Poste : cesser d’être la « banque du pauvre », cesser d’offrir des services peu rémunérateurs, et développer des activités financières rentables, visant une clientèle aisée. La Poste veut réduire ses guichets pour vendre des locaux, construire son capital en vue de faire rentrer de l’argent. Elle vise à racheter les entreprises étrangères de poste. Elle vise également à réduire les emplois de postiers, de tri ou de guichetier, aggravant ainsi le chômage.

2005 : La Poste transforme ses anciennes directions territoriales immobilières en une filiale à 100 % du Groupe, Post Immo. Elle est en charge de la valorisation des ressources immobilières et foncières du Groupe. La Poste devient un propriétaire immobilier de grande taille. Poste Immo, filiale du Groupe La Poste, est à la fois foncière de groupe, prestataire de services immobiliers et développeur-promoteur. L’entreprise gère, entretient, développe et valorise un parc d’environ 7 millions de m² dont 4,2 millions de m² en pleine propriété, représentant plus de 12 000 immeubles tertiaires, industriels et commerciaux sur l’ensemble du territoire. Elle accompagne ses clients, les Branches du Groupe (Services-Courrier-Colis, GeoPost, Réseau la Poste, La Banque Postale et le Numérique), dans la mise en œuvre de leurs projets immobiliers et la réduction de leurs coûts afin de les doter d’un immobilier adapté aux besoins et aux mutations urbaines. La Loi sur la dérégulation postale est votée afin d’ouvrir un peu plus les services postaux à la concurrence, l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes) est chargée d’en contrôler l’application.

2006 : Mise en place de services bancaires, notamment de crédit. La Poste entame un vaste plan de modernisation. Cette réorganisation du réseau se base sur une réduction du nombre de centres de tri remplacés par des Pic (Plateforme industrielle courrier). Dans ces Pic, la Poste a installé une nouvelle génération de machine de tri, les MTIPF et les MTIGF (machines de tri industrielle petit/grand format). Ainsi, à Paris et en banlieue, la majorité des centres ont fermé alors que s’ouvraient deux gigantesques Pic à Gonesse et Wissous. En province, c’est pratiquement un centre sur deux qui a fermé. Les personnels de ces centres n’ont eu le choix qu’entre suivre leur emploi parfois à des dizaines de kilomètres et intégrer un autre service. À moins qu’ils n’aient préféré quitter la Poste ou prendre une retraite au rabais. Dans les nouvelles Pic, la Poste détruit systématiquement les anciens acquis du personnel et les collectifs de travail. Isolé-e-s sur leur machine, surveillé-e-s 24h sur 24h par des dizaines de caméras, obligé-e-s de badger à chaque déplacement dans le centre, les postières et les postiers sont soumis à des contraintes horaires toujours plus pénalisantes et à une productivité épuisante. Les conditions pour une lutte collective sont de plus en plus difficiles à réunir.

2009 : La Poste employait 287.174 personnes. Le projet gouvernemental de transformation du statut de la Poste, Etablissement Autonome de Droit Public, en Société Anonyme à capitaux publics (Caisse des Dépôts et Consignations) est soumis au Parlement.

2010 : La Poste devient une Société Anonyme à capitaux publics et cesse de recruter au statut de postier. Mise en concurrence du service postal. La Poste est le deuxième employeur de France derrière l’éducation nationale ! Le groupe a tout de même recruté 2.800 personnes en 2010. Mais ces embauches ont à peine compensé les nombreux départs à la retraites, de moins en moins remplacés. Et les suppressions de postes se sont surtout accélérées l’année précédente. Les baisses d’effectifs étaient comprises entre 4.000 et 7.000 postes par an entre 2004 et 2008. La Poste a spéculé sur la dette grecque et y a perdu 158 millions d’euros. Le ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, promet que la Poste sera "imprivatisable". Mais chacun sait que les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Cette promesse avait été déjà faite pour GDF en 2004, pourtant en 2006 l’Etat a réduit sa participation à 50% lors de la fusion GDF-Suez.

2011 : Entrée de fonds de la Caisse des Dépôts qui détient dès lors 26% du capital. En même temps, les fusions et suppressions de métiers mènent au passage d’une gestion par métiers à une gestion par activités. La totalité de l’activité du Courrier est soumise à la concurrence. Dans les centres courrier, c’est le mode "Facteur d’avenir" qui se met en place progressivement, centre par centre pour éviter un gros conflit. Cela ne se fait pas sans déclencher des grèves parfois dures. Une des principales nouveautés introduites par ce projet est la « sécabilité » (ou le principe d’auto-remplacement) : les facteurs d’un centre sont regroupés par équipes de 5 ou 6 et, quand il y a un absent, ce sont les autres facteurs de l’équipe qui se partagent sa tournée. Cela peut représenter une charge de travail supplémentaire de deux heures ou plus, sans contrepartie financière, puisqu’il ne s’agit pas d’heures supplémentaires, la sécabilité faisant désormais partie du cadre normal d’organisation du travail. Concernant le tri, le processus de restructurations et taille des effectifs est baptisé "Cap qualité courrier" et produit les mêmes effets. La Poste participe au sauvetage financier de la banque Dexia et du financement en faillite des communes. À la distribution, les sacs de courrier sont de plus en plus lourds et les tournées de plus en plus longues. Aux guichets, les horaires sont rallongés et, avec le nouveau « look » des bureaux, des postiers doivent rester debout toute la journée derrière leurs stands. Au tri, les centres ferment, les cadences s’accélèrent et les nouveaux horaires de nuit ruinent la santé. Le 1er janvier 2011, avec l’ouverture totale de la distribution du courrier à la concurrence, La Poste perd son dernier monopole, celui de la lettre de moins de 20 grammes.

2012 : La Banque Postale, qui envisageait de mobiliser 2 milliards pour répondre aux besoins les plus criants des municipalités, mises en faillite par la banque Dexia, élargit jusqu’à environ 4 milliards d’euros l’enveloppe prévue initialement. La filiale de la Poste tente ainsi de se substituer au groupe franco-belge Dexia, banquier traditionnel des collectivités locales françaises, que ses actionnaires ont dû se résoudre à démanteler après des pertes colossales.

2014 : Les effectifs des agents au statut privé dépassent le nombre de fonctionnaires à La Poste. Toujours en 2014, création de La Banque Postale, banque de détail qui annonce 10,7 millions de clients. La Banque Postale a dégagé au 31 décembre 2014 un résultat net (part du Groupe) de 677 millions d’euros, en hausse de 17,7 % par rapport au 1e semestre 2013.

2015 : Il y a maintenant 90.000 facteurs. Les 17 000 points de contacts, répartis sur l’ensemble du territoire, comportent désormais 5 438 agences postales communales gérées par les mairies et 2 061 relais-postes gérés en partenariat avec des commerçants locaux, soit 9500 agences de La Poste sur 17 000 « contacts » postaux. La Banque Postale propose toute une gamme de services : comptes bancaires, épargne et placements, prêts immobiliers, crédits à la consommation, assurance et prévoyance. Elle offre notamment le paiement sans contact, l’e-carte bleue, Paylib, un service de paiement sécurisé des achats en ligne, de l’épargne responsable et solidaire, des prêts (auto, travaux, etc.), des assurances habitation, auto, une protection juridique, une complémentaire santé… En 2015, les capitaux propres (part du groupe) s’élèvent à 9 723 millions d’euros, en progression de 610 millions d’euros par rapport à 2014. La répression syndicale bat son plein à la Poste. Mises à pied, tentatives de licenciements et… révocation de fonctionnaire. L’entité formée par la Banque postale-SFIL-CAFFIL est devenue depuis 2015 le nouveau leader du prêt aux collectivités locales françaises.

2016 : Le nombre de bureaux de poste passe à 9000 contre 10.900 en 2009 (soit une baisse de 20%). La même année, avec un lien avec les « réformes » et le stress occasionné par les mutations forcées, les pressions de l’encadrement et la surcharge de travail, il y a 50 suicides dans l’année !!! La direction de La Poste ne reconnaît « que » 9 suicides et 5 tentatives… La Poste a reçu l’agrément pour faire passer l’examen du code de la route dans ses bureaux de poste ! Les effectifs sont passés à 251 000, contre 310 000 en 2004. On remarquera que le chiffre d’affaires est passé à 23 294 millions d’euros en 2016, contre 18 677 millions d’euros en 2004…

Chronologie des luttes sociales à La Poste

6 Messages de forum

  • Les agents de l’État ne représentent plus aujourd’hui que 41,8 % du personnel de La Poste et cette part va continuer à descendre.

    La Poste a arrêté d’embaucher des fonctionnaires depuis 2002, même si la transformation de l’entreprise en société anonyme ne date que de 2010.

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  • Les facteurs grévistes des trois bureaux de Rennes Crimée, de Rennes Colombier et de Rennes Le Gast, refusent une réorganisation qui change considérablement leurs rythmes et leurs charges de travail.

    Mais les syndicats CGT et SUD PTT sont confrontés à une direction exécutive du courrier (DEX) qui usent selon eux, de tous les moyens pour faire céder les salariés.

    En février dernier, La Poste soutient dans une requête au TGI qu’elle ne peut plus assurer sa mission de service public en raison d’agissement illicites des grévistes. Elle saisit le Président du Tribunal de grande instance de Rennes d’une demande d’expulsion de toute personne étrangère aux établissements concernés. La Poste vise par cette requête les piquets de grève devant les bureaux de Poste et demande certaines mesures d’interdiction.

    Le 15 février dernier, le syndicat SUD-PTT reçoit donc une ordonnance du TGI interdisant les grévistes et les représentants syndicaux de pénétrer dans leurs établissements et de se rassembler sous peine d’astreinte de 50 euros par infraction.

    Mais le syndicat contre-attaque invoquant le principe du contradictoire et des mesures plus respectueuses du droit de grève. Au final le syndicat SUD PTT l’emporte.

    La Poste vient d’être condamnée à verser 2500 euros au syndicat SUD PTT Ille-et-Vilaine et aux entiers dépens.

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  • Voir ici comment une grève s’étend à La Poste...

    cliquer ici

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  • La Poste a trouvé des occupations rentables et actives pour ses facteurs : « Ils pourront aider les contribuables à remplir leurs déclarations de revenus sur Internet, surveiller la voirie, prendre en photo les nids-de-poule des routes, effectuer le portage des repas aux personnes âgées, livrer des médicaments. » Qui vous a dit que La Poste n’est qu’une banque sans cœur depuis qu’elle se détourne de ses fonctions premières ?!!!!

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  • Le tribunal des prud’hommes de Paris a estimé que La Poste était responsable du harcèlement sexuel et moral d’une employée par l’un de ses supérieurs hiérarchiques. Les juges ont ordonné au groupe de verser à la victime près de 126.000 euros dont 10.000 euros pour non-respect de l’obligation de sécurité de l’employeur. Le tribunal a également prononcé la résiliation judiciaire du contrat de l’employée aux torts de la Poste et à l’affichage du jugement dans tous les établissements du groupe.

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  • Il s’agit de la destruction du droit syndical à La Poste !!!

    Le militant syndicaliste Gaël est convoqué au commissariat comme un criminel ou un voleur !!!

    Tous avec lui au commissariat de Neuilly

    28, rue du Pont

    Métro Pont de Neuilly

    Mardi 5 juin

    à 9 heures

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