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Forces, faiblesses et perspectives des Gilets jaunes

mercredi 27 février 2019, par Robert Paris

Forces, faiblesses et perspectives des Gilets jaunes

Le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement tout à fait original et nous ne sommes pas les seuls à l’avoir remarqué. Il a débuté de manière totalement spontanée. Il l’est resté complètement dans sa première phase, jusqu’à sa première journée de manifestations nationales, l’acte I. Il avait déjà démontré nombre de ses caractéristiques tout à fait novatrices par rapport aux luttes traditionnelles dans ce pays et même dans le monde.

Cela aurait pu expliquer un certain retard des organisations se revendiquant de la classe ouvrière ou de la révolution, étant données les calomnies que subissaient déjà ce mouvement de la part des média, des hommes politiques et des gouvernants.

Il était déjà dit que c’était un mouvement de macronistes déçus, ou de petits patrons, ou encore un mouvement manipulé par des groupuscules de l’ultra droite si ce n’est par Le Pen…

Manque de chance, ces fameux petits patrons étaient souvent des travailleurs sous forme d’autoentrepreneurs, ou encore des petits commerçants et petits patrons ruinés, n’exploitant qu’eux-mêmes, propriétaires de pas grand-chose et surtout pas de moyens de production, naturellement proches des prolétaires, défendant spontanément avec eux les services publics, le salaire minimum, les chômeurs, les travailleurs, luttant contre les licenciements, luttant contre l’impôt pour les travailleurs, combattant le pouvoir des capitalistes et leur mainmise sur toutes les richesses, etc.

En somme, spontanément, toute la fraction la plus démunie du monde qui ne vit que de son travail a su s’unir, se faire entendre, faire reculer partiellement le pouvoir, se faire craindre des classes possédantes, casser toute la propagande gouvernementale.

Mais cela n’a pas plu, pas plu du tout à toutes les forces politiques, syndicales et associatives qui militent dans la classe ouvrière !!!

Et ces forces militantes là se sont mises en branle, non pour proposer quelque chose au mouvement, non pour aller voir comment discuter avec lui, que faire ensemble ou que partager avec lui. L’essentiel de ces forces militantes ont milité à fond CONTRE le mouvement qui naissait !!!

Les individus qui, militants syndicalistes, syndiqués, militants d’extrême gauche ou militants associatifs qui, à titre personnel, ont été dans le mouvement depuis son début ont pu constater clairement que les Gilets jaunes ne les rejetaient pas du tout, n’avaient cultivé contre eux aucun ostracisme. C’est l’inverse : c’étaient les directions des partis, des syndicats et des associations (par exemple écologistes, antiracistes, démocratiques, antifascistes et autres) qui cultivaient tous les mensonges colportés par le pouvoir du grand Capital contre cette insurrection du Travail !

Oui, il était clair dès le début, que, quel que soit le motif qui avait mis le feu au poudre au départ, il s’agissait d’une lutte de classe essentiellement prolétarienne, il s’agissait d’une insurrection des plus démunis, il s’agissait d’un combat contre le grand capital et son pouvoir.

Mais il s’agissait également d’une rupture avec le réformisme, avec ses méthodes et ses buts.

D’abord, c’était une explosion du désir d’auto-organisation dans le prolétariat !

Ensuite, il s’agissait d’un rejet de toutes les formes éculées de la négociation trompeuse avec le pouvoir des capitalistes.

Enfin, il s’agissait d’un rejet de toutes les divisions qui avaient marqué les luttes menées par tous les appareils réformistes, politiques et syndicaux.

Les Gilets jaunes, tout le monde l’a remarqué, se caractérisaient par l’action directe, le refus de négocier les actions avec le pouvoir, le refus de « demander l’autorisation », le refus de prévenir par avance des actions envisagées, le refus de s’en tenir aux promenades dans les rues, la volonté non seulement de bloquer des entreprises, des sites, des routes, des institutions, mais aussi le refus de respecter tout ce qui représente les exploiteurs et les oppresseurs, ainsi que leur pouvoir.

Eh bien, oui, en agissant ainsi, les Gilets jaunes ont d’abord contribué à déstabiliser les appareils réformistes, les partis politiques de gauche, de gauche de la gauche, de l’extrême gauche, les syndicats et pas seulement ceux « de droite » qui soutiennent directement Macron, mais aussi les syndicats comme la CGT, FO ou même SUD, qui n’ont pas voulu soutenir les Gilets jaunes à leurs débuts. LO, NPA, POI et CNT, pour ne citer que ceux-là se sont aussi démarqués des Gilets jaunes.

Et jusqu’à présent, la quasi-totalité des directions syndicales ne sont pas revenus sur cette position qui a étonné et scandalisé nombre de militants et adhérents de ces syndicats !

Certains ont affirmé que Le Pen et Mélenchon soutenaient complètement et entièrement les Gilets jaunes, mais c’est une tromperie. Par exemple, Le Pen ne peut soutenir la revendication de hausse du SMIC puisqu’elle combat contre l’existence même d’un salaire minimum, présenté par elle comme une entrave à l’emploi !!! Autre exemple, les Gilets jaunes affirment bâtir eux-mêmes une véritable démocratie des exploités, des pauvres, qui n’aura plus rien à voir avec la « démocratie » des milliardaires alors que Mélenchon ne prône qu’une réforme constitutionnelle au sein du système. Mélenchon n’a cessé de défendre les appareils syndicaux au sein du mouvement des Gilets jaunes, alors que les méthodes antidémocratiques de ces bureaucraties est en complète contradiction avec les méthodes défendues constamment par les Gilets jaunes.

Les Gilets jaunes n’ont cessé de refuser les discussions avec le pouvoir, discréditant tous ceux qui prétendaient se faire leurs porte-paroles auprès de Macron ou de Philippe. Pourtant, dès que Macron les a sifflés, Le Pen et Mélenchon se sont empressés à l’Elysée, au lendemain même d’une journée de manifestations des Gilets jaunes où les forces de répression ont agi avec une violence particulièrement marquée, faisant de nombreuses victimes qui seront handicapées à vie !

Tout du long, depuis le début, il n’y a eu à la direction des Gilets jaunes ni d’une fraction d’eux, un quelconque état major clandestin, dirigeant, ni manipulant le mouvement. Que cet état-major soit attribué aux blacks blocks, qu’il soit attribué aux fascistes, qu’il soit attribué aux ultra gauche, qu’il soit attribué à Le Pen ou Mélenchon. Tous ceux qui comportent cela sont des ennemis du mouvement, ennemis ouverts ou cachés.

Bien sûr, des ennemis de ce mouvement prolétarien ont fini par être contraints d’y participer, et ils doivent être combattus. Ils sont de tous les bords politiques et les ennemis issus de l’extrême gauche malheureusement ne sont pas nécessairement, au stade actuel du mouvement, moins dangereux que ceux issus d’autres bords politiques !

Ces ennemis ont combattu au sein du mouvement pour le pousser à se tourner vers des institutions, vers des élections de la société bourgeoise, vers les appareils syndicaux, vers la gauche réformiste, vers l’extrême droite aussi, vers Le Pen, vers Soral, vers d’autres « personnalités » qui tentent de faire du mouvement une action nationaliste.

Mais ni les uns ni les autres ne sont parvenus jusque là à leurs fins.

Même les tentatives de jonction entre les syndicats et les Gilets jaunes sont limitées par le fait que des dirigeants comme Martinez de la CGT n’ont pas cessé leurs calomnies contre le mouvement.

Malgré des différences locales considérables, ce qui caractérise fondamentalement les Gilets jaunes contient suffisamment de poudre explosive pour se faire craindre des classes possédantes et être difficilement détournables par elles :

- on n’a rien, on veut tout

- il faut éradiquer la misère

- on veut tout décider nous-mêmes

- on veut organiser nous-mêmes la démocratie

- on ne veut pas d’un Etat au service des milliardaires

- on ne veut plus que les riches s’enrichissent tant que les pauvres s’appauvrissent

Certes, cet anticapitalisme est spontané, nullement théorisé, n’est issu d’aucun courant anticapitaliste, puisque tous se sont tenus à l’écart, quand ils n’ont pas craché sur le mouvement…

La principale faiblesse du mouvement se situe donc en dehors de lui : elle est dans l’état lamentable du « mouvement ouvrier organisé » ou de ce que l’on appelait autrefois ainsi…

Il est ainsi caractéristique qu’au moment même où les plus démunis constatent physiquement et politiquement ce que Engels disait sur « l’Etat, bande d’hommes en armes au service du grand capital », ces organisations se revendiquant des travailleurs, eux, ne sont pas du côté des manifestants réprimés violemment par les forces de répression !! Ils ne dénoncent même pas cette répression dans leurs tracts !!! Ces organisations soi-disant du côté des travailleurs sont devenues des défenseurs de l’ordre, ordre qui est plus clairement que jamais l’ordre du grand capital, le président lui-même ayant choisi de se donner nettement une telle image de défenseurs des banquiers et des capitalistes !!!

Le mouvement des Gilets jaunes, au long des mois, a manifesté ensuite d’une prise de conscience remarquable. Bien sûr qu’en son sein, il n’y avait pas que des anges, pas que des petits saints, pas que des travailleurs les plus conscients, et bien des préjugés, des défauts qui trainent depuis longtemps dans la classe ouvrière. Mais, le mouvement, loin de les tirer en arrière, les a clairement fait progresser. En discutant tous les jours de tout, les Gilets jaunes qui ont participé aux rassemblements des ronds-points, aux comités divers, aux assemblées de Gilets jaunes ont fait l’effort de s’écouter, de construire et de décider ensemble, et c’est cela qui manquait et prolétariat et qui les a fait progresser.

Cela ne veut pas dire que le mouvement ait toutes les qualités et aucun défaut, qu’il n’ait pas des faiblesses considérables et dangereuses, mais ce n’est pas aux organisations réformistes discréditées de le prétendre ! Ce n’est pas elles qui peuvent jouer un rôle positif dans ce domaine. Elles ne sont nullement du bord de la révolte sociale.

Si le mouvement des Gilets jaunes a manifesté clairement une volonté de se tourner vers la classe ouvrière des entreprises, notamment les plus grandes, ces organisations soi-disant ouvrières, politiques, syndicales et associatives, ont servi essentiellement de barrage. Certaines d’entre elles ont pourtant organisé dans leurs sempiternelles « journées d’action » des inactions syndicales soi-disant convergentes avec les Gilets jaunes. Cela ne voulait nullement dire que ces appareils syndicaux acceptaient réellement d’être influencés par les nouvelles méthodes, par les buts, par les revendications et les aspirations portées par les Gilets jaunes. Pas du tout : c’est seulement que la pression de la base devenait trop forte pour que la SUD ou la CGT puisse continuer à se tenir complètement à l’écart. Par contre, jamais aucun syndicat n’a honnêtement organisé une discussion démocratique dans les entreprises sur les objectifs et les méthodes des Gilets jaunes. Même pas un débat sur ce thème ! Pas un tract non plus pour en discuter ! Et surtout pas des assemblées dans les entreprises pour discuter des journées d’action avant qu’elles aient lieu ! Et aucune critique de ces méthodes bureaucratiques des « journées d’action syndicales » de la part des groupes politiques ou associatives qui s’activent dans ces syndicats, notamment de la part de la gauche de la gauche ou de l’extrême gauche, qui a fini par admettre qu’il fallait admettre l’existence de ce mouvement !!!

Alors que ces appareils sont sclérosés, figés, liés par mille liens à nos adversaires de classe et à leurs institutions, aux élections, aux bureaucraties, à l’ordre, le mouvement, lui, s’est révélé, dynamique, vivant, essayant d’apprendre, d’avancer pas à pas, prêt à faire des efforts pour comprendre, pour s’organiser.

Ce qui a bloqué le mouvement, c’est d’abord le poids d’années et d’années de réformisme et d’opportunisme des organisations qui se revendiquent de la classe ouvrière mais n’ont rien à voir avec la perspective révolutionnaire du prolétariat.

Le mouvement des gilets jaunes a été assez fort pour que gouvernants et patrons craignent une extension aux entreprises au point de payer des « primes Macron » aux salariés des entreprises du privé mais aussi aux cheminots, à tous ceux dont ils craignaient qu’ils se joignent aux Gilets jaunes. En empêchant cette jonction, les forces militantes des entreprises ont rendu un grand service à l’ordre capitaliste, aux gouvernants, aux patrons et à eux seuls !

En se joignant aux calomnies sur les Gilets fascistes, les Gilets casseurs, les Gilets antisémites, les Gilets racistes, les Gilets violents, les Gilets d’ultra gauche, etc., les forces militantes politiques, syndicales, associatives au sein des entreprises, y compris la gauche de la gauche, les insoumis, l’extrême gauche officielle (LO, NPA, POI, CNT, etc.), ont démontré qu’ils sont incapables d’offrir aux travailleurs des perspectives sociales face à l’écroulement du capitalisme qui s’annonce.

Bien trop engagés dans des organisations réformistes, qui négocient avec nos ennemis, qui pactisent même avec eux, ils sont incapables de prendre la tête d’une révolte ouvrière et encore moins d’une révolution. N’oublions pas cette leçon essentielle pour les luttes à venir et n’accordons pas, demain, notre confiance à ces organisations pour diriger nos luttes ! Tous ces partis, ces syndicats, ces associations n’ont même pas pris parti immédiatement en faveur d’une lutte de classe clairement prolétarienne, celle des plus démunis, de ceux qui ne peuvent pas finir leurs fins de mois ! Ils ont estimé que cette lutte n’était pas assez pure, pas assez claire, trop mélangée, etc. Mais leurs opérations politiciennes et de bureaucraties syndicales ou associatives, où ils décident tout à la place des gens, elles ne les fait pas fréquenter des gens bien moins respectables que la majorité des personnes qui tenaient les ronds-points ? Poser la question, c’est y répondre !

La faiblesse du mouvement n’est pas essentiellement en elle-même, elle réside dans le fait que les travailleurs n’ont pas profité du mouvement pour s’arracher à la dictature de classe au sein des entreprises. Cela provient du fait que l’entreprise est un lieu de non-droit pour les travailleurs et que les droits syndicaux ne sont en rien des droits des travailleurs !

Se réunir à l’extérieur des entreprises a nécessité bien des efforts pour les Gilets jaunes car le pouvoir a tout fait pour les empêcher , en interdisant les rassemblements des ronds points, en refusant des salles de réunions, etc.

L’organisation du mouvement est l’un des points essentiels de cette lutte. Une des échéances essentielles sera la deuxième assemblée des assemblées les 5, 6 et 7 avril. Ne ratons pas cette occasion de mettre en place notre démocratie, celle du monde du travail face au monde du grand capital !

Nous sommes engagés dans une lutte de longue haleine, les hauts et les bas, dont les coups bas, ne manqueront pas mais l’essentiel est de maintenir le cap, auto-organisation, refus de toute allégeance, refus de négociation avec le pouvoir et les institutions, pas de liens avec les partis et syndicats, pas de liens avec « les personnalités », pas de compromissions, pas de faux réalisme des revendications, nous voulons tout, nous voulons toutes les richesses, nous voulons tout le pouvoir, nous voulons tout décider nous-mêmes, dans notre lutte comme dans la société !

13 Messages de forum

  • Efficaces les Gilets jaunes, ils ont fait verser des primes aux patrons de l’Automobile. Hier Renault. Aujourd’hui PSA.

    Le groupe PSA - qui a enregistré un bénéfice net historique en 2018, en hausse de 47% à 2,83 milliards d’euros, va verser cette année à une partie de ses salariés français « une prime de performance et d’intéressement de 3810 euros », a annoncé le PDG de PSA Carlos Tavarès ce mardi sur franceinfo.

    Cette prime sera versée aux salariés percevant des salaires inférieurs ou égaux à deux fois le SMIC. L’an dernier, la prime avait atteint 2660 euros. Elle sera donc en hausse de 43%.

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  • Les Gilets jaunes ont été le premier mouvement de masse auto-organisé à clamer :

    à bas la misère !

    à bas les inégalités sociales !

    à bas l’Etat au service des milliardaires !

    à bas l’impôt public qui ne sert pas l’intérêt public !

    à bas la casse des services publics !

    à bas la baisse des salaires, des retraites, des allocations chômages et des aides sociales !

    à bas la société du 1% des riches qui s’impose aux pauvres !

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  • Hier, seizième acte, et les gouvernants et classes possédantes se glorifiaient de leur capacité de nous faire taire dès le premier acte !!!

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  • Le ministre de l’intérieur Castaner prétend qu’un terroriste avait un gilet jaune dans sa voiture, sous-entendant que les Gilets jaunes servaient le terrorisme. Il ne sait pas que tous les automobilistes ont forcément un gilet jaune dans leur voiture, de par la loi !!!

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  • A la télé italienne, Macron reconnaît des erreurs ? Il a raté quelques tirs de flash-balls ou quelques gazages d’enfants en bas âge ou de personnes âgées ?!!!

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  • Parce que leurs revendications ont le même souci d’égalité et de justice sociale, parce qu’ils reconnaissent le courage et l’ampleur du mouvement spontané qui a renforcé leur propre mobilisation, des professeurs, lycéens et parents d’élèves rejoignent les Gilets jaunes...

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  • La soi-disant "réponse aux revendications des Gilets jaunes" de Philippe est risible.

    Du genre : réduire le prix des pièces détachées automobiles, élargir les droits des pharmacies, libéraliser le secteur de la construction...

    Il se moque du monde ce mec là !!!

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  • Les classes possédantes recommencent leur campagne sur le trop plein de population, alors que ce qui est en trop c’est seulement le 1% de milliardaires !!!

    Nous sommes trop nombreux ou ils sont trop riches pour… la planète ?

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  • Il est prouvé que les policiers du quai des orfèvres ont violé une canadienne et ils sont libérés !! On ne peut pas en dire autant du boxeur gilet jaune qui se contentait de défendre des femmes frappées par des policiers !!!

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  • Certains défilés ont été rejoints par des assistantes maternelles en "gilets roses", venues protester contre la réforme de leur assurance-chômage. Ils ont été aussi rejoints par des forains, par des moteurs, par des salariés d’entreprises qui ferment...

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  • Comme la baisse des effectifs des manifestants ne suffit pas au pouvoir, il interdit les manifestations ici et là, par exemple à Poitiers, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché celle-ci de se tenir malgré l’interdiction et les barrages policiers mais qui permet de baisser artificiellement les effectifs, en plus de la baisse habituelle des chiffres de la police relayés par les média aux ordres.

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  • Quelle belle perspective, se transformer en mouvement militant de la classe exploitée, qui s’adresse aux travailleurs des quartiers et des entreprises et qui active contre le monde des milliardaires !

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  • Le mardi 19 est aussi une journée d’action de certains syndicats comme SUD et CGT où ils affirment s’insérer dans l’ensemble de la protestation sociale en ne rejoignant pas vraiment les Gilets jaunes. Il nous arrive certes de nous retrouver dans la rue avec les travailleurs appelés par les syndicats mais la « convergence » ne va pas plus loin. Les dirigeants syndicaux ont contribué à propager toutes les calomnies du pouvoir contre nous et continuent de le faire. Bien sûr, nombre de syndicalistes nous rejoignent vraiment mais les confédérations en sont restées à leurs journées d’inaction, à leur mode de direction des luttes par en haut, par la bureaucratie, à leur refus de l’intervention politique, à leur rejet de l’action directe, à leur attachement aux négociations avec un pouvoir et des classes dirigeantes qui se moquent des discussions et se contentent d’y exiger des reculs sociaux. Des mois de lutte après, alors que les gilets jaunes ont organisé des mouvements en permanence, mis en place des réunions et des assemblées se dirigeant elles-mêmes librement, en étant indépendantes de tous les pouvoirs, de toutes les institutions, les appareils syndicaux en sont toujours au même point et le fossé entre ces dirigeants syndicaux et le mouvement des gilets jaunes est aussi profond qu’au premier jour. Bien entendu, nous ne sommes pas adversaires des militants syndicalistes honnêtes qui sont parfaitement à leur place au sein de nos assemblées mais nous restons adversaires des méthodes des appareils qui ont mené sans cesse les luttes sociales à des échecs et à la démoralisation. C’est aux travailleurs qui dans les entreprises, suivent encore les syndicats que nous nous adressons en les appelant à nous rejoindre. L’avenir en dépend car les attaques antisociales reprennent. Le pouvoir a toujours en vue la privatisation et la casse de tous les services publics, des aides sociales, ainsi que celle des retraites. Il commence à annoncer un recul de l’âge de la retraite et les pensions continuent de chuter. Les travailleurs des entreprises ont certes eu souvent des primes Macron servies uniquement par peur qu’ils nous rejoignent. Si c’est cela qui fait peur à nos ennemis, alors c’est ce qu’il faut faire même si les appareils syndicaux nous en dissuadent.

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