English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Guerre sanitaire contre le coronavirus ou guerre de classe contre le (...)

Guerre sanitaire contre le coronavirus ou guerre de classe contre le Prolétariat ?

vendredi 24 avril 2020, par Khider Mesloub

Guerre sanitaire contre le coronavirus ou guerre de classe contre le Prolétariat ?

Aujourd’hui, depuis plus d’un mois, des centaines de millions de personnes sont toujours condamnées au confinement pénitentiaire, soumises au contrôle social et électronique, à la délation du voisinage, à la répression policière. Sous couvert de la protection de la population décrétée au nom de la santé, celle-là même qui a été massacrée par tous les États responsables du démantèlement des hôpitaux et de la réduction des effectifs soignants, des dizaines de pays, dans le sillage des mesures de quarantaine initiées par la dictature chinoise, se sont alignés sur la même politique de confinement. Comment expliquer cet alignement quasi pavlovien de la majorité des pays « démocratiques » sur la Chine ? La réponse se niche dans le contexte économique de crise mondiale contemporain. Nul n’ignore la gravité de la dégradation de la situation économique enclenchée depuis 2008. L’année 2020 s’annonçait catastrophique. Tous les signaux économiques étaient au rouge. L’économie réelle était en proie à une surproduction inégalée, tandis que le commerce international s’était rétracté depuis 2018. Pour sa part, la sphère spéculative financière menaçait d’éclatement. Le front social était, quant à lui, en pleine agitation, marqué par des soulèvements populaires dans de nombreux pays. Les classes dirigeantes, victimes de désaffection politique et de perte de confiance, étaient, ces dernières années, disqualifiées, discréditées, sur le point de perdre la mainmise du pouvoir contesté par la rue.

C’est dans ce contexte de déstabilisation économique et de contestation politique et sociale généralisée qu’apparaît opportunément le coronavirus.

Paradoxalement, dès les premières alertes relatives au coronavirus, profitant de la psychose alimentée par les médias inféodés, parfois sans présence de cas avérés sur leur territoire, des pays ont promptement décidé d’imposer le confinement à leur population. Quitte à mettre en danger leur économie nationale, déjà malmenée, par l’arrêt de la production, pénalisant ainsi les profits, précipitant des millions de travailleurs dans le chômage et la précarité. Or, devant de telles mesures irrationnelles préjudiciables à l’économie, nous avons assisté à aucune protestation de la part des milliardaires, des banquiers ou des hommes d’affaires. Tout se passe comme si ce coup d’État sanitaire (salutaire ?), impulsée à la faveur de la pandémie du Covid-19, arrangeait les affaires du grand capital, impatient de procéder à une dévalorisation du capital, autrement dit à une destruction des infrastructures économiques les moins performantes, pour tenter une régénération salvatrice. En effet, les principaux bénéficiaires de la crise sanitaire et économique sont les grands patrons. Sans déclenchement de guerre armée généralisée, le grand capital tente de se refaire une cure de jouvence économique, de redessiner un nouvel ordre mondial, avec le soutien appuyé des États pourvoyeurs de subventions financières publiques.

Sous prétexte de la crise sanitaire du Covid-19, l’ensemble des pays du monde se sont empressés de mettre en quarantaine leur population. Sous couvert de lutte contre la propagation du coronavirus, ces États ont instauré le confinement. Or, le confinement, méthode moyenâgeuse, s’il garantit la possibilité de ralentir la propagation du virus et de la mortalité, en revanche il ne permet nullement de sauver la vie des malades fragiles et des personnes âgées, proies favorables du virus. Ainsi, la seule efficacité du confinement est de permettre de ralentir la propagation du virus, autrement dit d’étaler la mortalité par l’évitement de l’engorgement des hôpitaux insuffisamment préparés ou totalement défaillants. Quelle que soit la mesure sanitaire instituée, le virus poursuit toujours sa mission, à grande vitesse ou au ralenti. Mais ce n’est certainement pas le confinement qui stoppera sa dissémination, sa progression létale.

Aussi, pourquoi les gouvernements, qui ne se soucient aucunement, d’ordinaire, de la santé de leur population comme ils l’ont prouvé ces dernières décennies par leur politique de destruction du système de santé perpétrée au nom de la rigueur budgétaire, ont-ils décidé précipitamment de décréter le confinement, en dépit de ses retombées financières préjudiciables et des risques d’effondrement de l’économie ? Les gouvernants et les puissants sont-ils devenus inconscients et suicidaires au point de mettre en péril leur pouvoir ? Au point de provoquer des tensions sociales susceptibles de déboucher sur des insurrections ? Absolument pas. Le véritable enjeu de tous ces puissants à la domination vacillante, engagés dans une ultime guerre de classe menée contre leurs populations laborieuses menaçantes, est la pérennisation de la société capitaliste mondialisée, depuis plusieurs années contestée par les prolétaires en révolte. Et le confinement, ou plutôt le coronavirus (comme naguère le terrorisme) est l’arme opportune idéale pour impulser la militarisation de la société dans un contexte pourtant de « paix ». Comment ? Au moyen du bombardement médiatique anxiogène, autrement dit au nom de la création d’un climat d’insécurité apocalyptique digne d’une guerre nucléaire, plongeant les populations dans une peur-panique. Le contexte de sidération ainsi créé paralyse les populations, les acculant à réclamer la protection de leur gouvernement, la veille encore honni et contesté. C’est le début du processus de contrôle social, de l’instauration de mesures de restriction des libertés, de l’institution de lois répressives, d’assujettissement totalitaire de la population, dictées prétendument au nom de la crise sanitaire.

Nous sommes rentrés dans l’ère de la dictature light, de la tyrannie douce. Elle est exercée au nom de la santé de la population consentante. On dit que la vérité sort de la bouche des enfants. Mais la clairvoyance jaillit toujours des têtes chenues, en particulier des vieux renards. Henry Kissinger, fin stratège, vient de prouver ce constat par son intervention intelligemment formulée avec sa plume experte géostratégique.

Dans une tribune publiée récemment dans le Wall Street Journal, Henry a écrit : « La cohésion et la prospérité des nations reposent sur la conviction que leurs institutions peuvent prévoir les catastrophes, endiguer leurs effets et restaurer la stabilité. Lorsque la pandémie de Covid-19 sera passée, les institutions de nombreux pays donneront l’impression d’avoir échoué. (…) après le coronavirus, le monde ne sera jamais plus comme avant (autrement dit, il sera militarisé, sécuritaire, NDA). Le coronavirus a frappé dans des proportions et avec une brutalité inédite (l’emploi de la technique de la dramatisation anxiogène pour apprêter la population à approuver les mesures sécuritaires totalitaires en préparation par tous les États du monde capitaliste, NDA). Sa progression est exponentielle : aux États-Unis, le nombre de cas double tous les cinq jours. À l’heure où je rédige ces lignes, il n’existe pas de remède. Les équipements médicaux sont en quantité insuffisante pour faire face aux vagues de plus en plus importantes de malades (faux : la médecine américaine est digne des pays du Tiers-monde, elle est sous-équipée, NDA). (…) Les tests ne permettent pas d’identifier l’étendue de l’infection, et encore moins d’inverser sa diffusion. La mise au point d’un vaccin pourrait prendre douze à dix-huit mois. L’administration américaine a fait ce qu’il fallait pour éviter une catastrophe immédiate (imposture éhontée : l’administration américaine a fait preuve d’une incurie criminelle, NDA). Le test ultime sera de savoir si la propagation du virus peut être arrêtée, puis inversée d’une manière et dans des proportions qui préservent la confiance du public dans la capacité des Américains à se gouverner. L’effort déployé face à la crise, quelles que soient son ampleur et sa nécessité, ne doit pas empêcher le lancement urgent d’une initiative parallèle pour assurer la transition vers le nouvel ordre mondial de l’après-coronavirus » (toute la pensée de Kissinger est synthétisée dans cette dernière phrase. L’enjeu capital, sans jeu de mot, pour les classes dominantes, dans ce contexte de guerre de classe menée au nom de la sauvegarde de la santé, est de sauver en vrai l’ordre capitaliste mondialisé, par quelques mesures de rafistolage politique et d’opérations esthétiques économiques, pour faire accroire à l’avènement d’un ordre mondial refondé, mais toujours dirigé par les puissants, NDA).

Ainsi, sous couvert de la crise sanitaire jetée en pâture, comme un appât idéologique viral, aux populations apeurées et tétanisées par la médiatisation anxiogène de la propagation du coronavirus, l’enjeu capital pour les puissants est de raffermir le pouvoir des États fragilisé ces dernières années par les multiples contestations et soulèvements populaires. Comment ? Par le recours à la « théorie du chaos » (qui derrière un apparent désordre, en vrai maîtrisé, la théorie du chaos prépare un ordre totalitaire ordonné). En effet, l’objectif principal, dans ce contexte d’effondrement économique délibérément provoqué, de chômage massif volontairement suscité, de chaos généralisé, marqué par la détresse et la misère inévitable imminentes, est double. D’une part, fragiliser, sur les plans social et psychologique, les populations afin de les acculer à accepter la main secourable de leurs « bienveillants et généreux » gouvernants, rétablissant ainsi leur confiance dans l’appareil bureaucratique d’État, ces dernières années rudement contesté par la rue. D’autre part, corrélativement, assurer par le haut la pérennité de l’ordre capitaliste dominant. Comme le confirme Henry Kissinger : « Il faudra aussi mettre en œuvre des programmes pour atténuer les effets du chaos imminent sur les populations les plus vulnérables de la planète » (autrement dit, il faut que le gouvernement des riches préserve l’ordre économique dominant par le rétablissement du rôle proéminent de l’État, avec la complicité de certaines couches enrôlées pour mater toute rébellion du prolétariat actuellement agité, NDA).

Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État américain, poursuit ses conseils aux puissants : « Aujourd’hui, dans un pays divisé, un gouvernement efficace et clairvoyant est nécessaire pour surmonter les obstacles d’une ampleur et d’une portée mondiale sans précédent ». (…) « Enfin, les principes de l’ordre libéral international doivent être préservés. Le mythe fondateur de l’État moderne est une ville fortifiée protégée par des dirigeants puissants, parfois despotiques, parfois bienveillants, mais disposant toujours d’une force suffisante pour prémunir leur peuple contre un ennemi extérieur ou intérieur. », affirme le doyen de la diplomatie américaine. Voilà, tout est résumé dans cette dernière phrase. L’ennemi n’est pas le coronavirus, mais le prolétariat, cet ennemi intérieur depuis quelques années très menaçant, tenté par l’insurrection sociale, ce virus social plus dangereux que le coronavirus. Cette force suffisante (L’État), comme dit Kissinger, est la seule arme de gouvernement des puissants afin de sauver leur ordre capitaliste mondialisé. « Le défi historique pour les dirigeants est de gérer la crise tout en construisant l’avenir. Un échec pourrait enflammer le monde », conclut Henry Kissinger, à destination de ses amis les puissants. Leur défi, leur rappelle-t-il, est de préparer l’avènement du nouvel ordre mondial militarisé ou de succomber sous l’assaut des peuples affectés par le virus de la rébellion.

Mesloub Khider

5 Messages de forum

  • La crise globale actuelle est une crise du système capitaliste dans son entier dont la pandémie n’est qu’un révélateur, qui mûrissait depuis des décennies. La classe capitaliste a réussi à reporter jusqu’à aujourd’hui cette crise par une expansion massive du crédit, c’est-à-dire en accumulant de la dette qui est maintenant devenue la source de nouvelles accélérations de la crise. La crise économique elle-même avait commencé courant 2019 avec une crise de surproduction notamment dans l’automobile, les équipements et les machines outils et la production industrielle en général dans plusieurs pays entraînant une récession dans nombre d’endroits.

    Ceci dit, aujourd’hui, la forme de la crise vécue par les gens est d’abord celle d’une crise sanitaire, ce qui change beaucoup de choses du point de vue politique et social et notamment pour les révoltes populaires qui grondent aux quatre coins du monde et qui pourraient bien mettre la révolution pour un monde meilleur à l’ordre du jour dans la période qui vient.

    Répondre à ce message

  • Aujourd’hui, les mesures prises pour le moment par les banques centrales et les différents États développés sont variables suivant les pays mais globalement du même ordre qu’en 2008 : une injection considérable de liquidités, des plans d’assistance sociale très limités même si ici ou là, il y a des tentatives – au moins en parole – de garantir les salaires, le paiement des loyers (un moment), des efforts sur le plan de la santé publique et des plans de relance économique avec des projets de nationalisation de certains secteurs comme l’aéronautique ou l’automobile un peu supérieurs à ce qu’il ont été il y a 12 ans (Général Motors avait été nationalisé avec de nombreux licenciements, la fermeture de plusieurs sites, la destruction d’acquis sociaux et aujourd’hui la population n’a pas encore fini de payer tandis que GM dont l’État possède encore 30% va très bien maintenant) pour autant qu’on puisse en juger pour l’instant ; le plus important pour le moment étant le plan Chinois avec 6 000 milliards d’euros et la construction de 22 000 infrastructures à peine supérieur à celui des années 2008 dans le cadre d’une économie chinoise qui tousse depuis quelques temps mais qui pourrait reprendre – et surtout au niveau asiatique - tandis que les autres s’effondreraient. Les USA annoncent pour leur part un plan de 2 à 4 000 milliards de dollars de soutien aux entreprises – toujours en discussion à l’heure où j’écris – et ce qui fait parler, 1 000 dollars par personne dans certaines conditions de revenus 3.

    Bien sûr, tout est en pleine évolution et chaque jour apporte son lot de nouvelles, mais quasiment partout, pour le moment, la première réaction des pouvoirs a été l’aide aux banques et aux entreprises qui dépasse infiniment l’aide aux populations et aux services publics, notamment de santé, ce qui est particulièrement visible, choque et provoque mille indignations.

    En conséquence, après un premier moment de solidarité nationale au moins en parole -avec en France des promesses d’interdiction des licenciements (non tenues) ou de plus ou moins garanties des salaires avec la prise en charge du chômage partiel pour les patrons par l’État et le paiement de 84% du salaire - , les mesures coercitives se multiplient pour obliger les travailleurs à retourner au travail le plus vite possible malgré les risques même là où ce n’est pas indispensable : suspension du droit de grève au Portugal, suspension durant 4 mois des contrats de travail et des salaires au Brésil, déclarations tonitruantes de Trump le 23 mars que tout le monde devrait reprendre le travail rapidement autour du 12 avril avant que la crise économique ne fasse plus de dégâts que la crise sanitaire, dénonciation du confinement de certaines villes par Bolsonaro pour pousser à la reprise du travail, mise en cause de la durée du temps de travail, des congés payés, des repos hebdomadaires et possibilité de semaines de 60 heures dans certains secteurs en France où le gouvernement et le patronat, soutenus par les directions syndicales et politiques de gauche et de droite, profitent du temps de confinement pour tenter d’écraser les résistances populaires qui se sont manifestées précédemment comme d’ailleurs un peu partout.

    Il est donc possible ou probable qu’on entre dans une période de licenciements et de chômage encore plus massif

    Répondre à ce message

  • Bonjour, vous écrivez ceci :

    "Sous prétexte de la crise sanitaire du Covid-19, l’ensemble des pays du monde se sont empressés de mettre en quarantaine leur population. Sous couvert de lutte contre la propagation du coronavirus, ces États ont instauré le confinement. Or, le confinement, méthode moyenâgeuse, s’il garantit la possibilité de ralentir la propagation du virus et de la mortalité, en revanche il ne permet nullement de sauver la vie des malades fragiles et des personnes âgées, proies favorables du virus. Ainsi, la seule efficacité du confinement est de permettre de ralentir la propagation du virus, autrement dit d’étaler la mortalité par l’évitement de l’engorgement des hôpitaux insuffisamment préparés ou totalement défaillants. Quelle que soit la mesure sanitaire instituée, le virus poursuit toujours sa mission, à grande vitesse ou au ralenti. Mais ce n’est certainement pas le confinement qui stoppera sa dissémination, sa progression létale."

    vous semblez donc assez opposé et nuancé par rapport au confinement.

    Que pensez vous alors de cet article qui appel à reprendre la rue publié il ya quelques semaines ? C’est à dire reprendre la rue et ne pas céder à la répression.

    https://www.autonomiedeclasse.org/e...

    Répondre à ce message

    • cher camarade autonome,
      ce que j’en pense, c’est que ton ennemi est le confinement et pas la classe capitaliste et son Etat, ce qui n’est pas mon cas même si je comprend ta préoccupation : étant polarisé sur l’action dans la rue, on t’a enlevé ton activité par ce confinement. Tu en oublies que le déconfinement consiste essentiellement à envoyer les exploités mourir dans les usines et pas à manifester. Tu en oublies aussi que de nombreuses personnes vont mourir du déconfinement. Pour ma part, je ne milite ni pour ni contre le confinement car c’est un piège d’opposer les pro et les anti confinement. Je préfère encore, quitte à se diviser, opposer les pro et les anti capitalistes, mais les vrais, pas les anti-austérité, les anti-mondialisation, les anti-financiarisation, les anti-pollution, les anti-dictature, mais carrément ceux qui sont anti grand capital, pour reprendre ce qui nous appartient, c’est-à-dire la totalité des richesses et du pouvoir. Pour cela, il ne suffit pas de descendre dans la rue et de sortir du virtuel !!!

      Répondre à ce message

  • Il fallait ‘’déclarer la guerre’’ !
    Contre Qui ? Pour quoi ? Pouvoir bafouer la démocratie ? Pouvoir établir la ‘’distanciation sociale’’ ? La si bien nommée…Le comble du cynisme ! Pouvoir utiliser le confinement comme instrument politique !

    Légitimement, nous pouvons nous interroger sur le devenir de la démocratie.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0