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L’ordre sanitaire ne se préoccupe que de la santé du grand capital

mercredi 18 novembre 2020, par Alex

La "démocratie sanitaire", c’est la dictature...

L’ordre sanitaire ne se préoccupe que de la santé du grand capital

Dans son allocution télévisée du 13 avril, annonçant en grande pompe le premier confinement, le président Macron avait mis en avant les trois valeurs de « la solidarité, la confiance, et la volonté ». Puis à l’issue de ce premier confinement, la stratégie « tracer, tester isoler » a été annoncée. Trois outils de la science, au service de trois valeurs morales, ce serait cela, la République française ! Malheureusement : « Tester, tracer, isoler : la stratégie française naufragée » ont pu titrer les journalistes de Mediapart ; « En annonçant le re-confinement, Emmanuel Macron a reconnu que la stratégie "tester, tracer, isoler" a été un échec » s’affligeait la radio pourtant fidèle au pouvoir France-Inter. Trois sources, trois vents, trois courants, on croirait de l’agit-prop maoïste !!!

Il est clair pour beaucoup que les mesures gouvernementales contre la pandémie du Covid19 n’ont pas réalisé le programme annoncé le 13 avril pas plus qu’aucun programme sanitaire réel en faveur de la santé de la population.

Solidarité nationale ? La grande distribution fait des affaires pendant que le petit commerce est étouffé. La bourse s’envole à l’annonce d’un vaccin presque virtuel et quand les grands groupes profitent du prétexte sanitaire pour licencier.

Solidarité internationale ? Le président Macron qui prétendait au rôle de leader de l’Europe voire du monde libre face à Trump, n’en parle plus guère. Ouverture ou fermeture des écoles, des grands magasins, des petits commerces, des universités : toutes ces mesures varient d’un pays de l’Europe à l’autre, décrédibilisant par simple comparaison les arguments « médicaux » qui sont censés les motiver.

Il y a pourtant deux mesures qui ont été adoptées en même temps par tous ces Etats capitalistes. La première est le repli nationaliste. Aucune politique sanitaire internationale n’existe bien qu’on nous parle tous les jours de « la planète ». Pour nos ministres et leurs medias, les malades ne sont plus des patients, ce sont des « Françaises et des Français ». Ce repli national est le corollaire du deuxième point commun à la politique de tous les Etats :le contrôle de votre « comportement » dans la lutte contre la pandémie est confiénon pas à des personnels médicaux, mais … à des policiers ! C’est bien en fin de compte l’exigence d’allégeance à l’autorité de l’Etat et de sa police qui est la seule politique commune à tous les pays. L’ordre prétendument sanitaire est d’abord un ordre policier !

« Le masque est inutile voir nuisible et ceux qui en portent les ont volé aux personnels de santé ! », nous menaçait la police française il y a quelques mois ; « Ne pas porter les masque est un délit, voire un crime ! » nous menace cette même police française aujourd’hui.

Tout est relatif au royaume du grand capital : nos enfants doivent porter des masques dans la cour de récréation, au même moment on nous abreuve d’images de footballeurs de l’équipe de France qui s’étreignent à tour de bras sans retenue et sans masques à l’issue d’une victoire contre le Portugal, et ayant droit aux félicitations des journalistes. Ces mêmes journalistes sont ceux dont la mission est de nous réprimander quotidiennement, non masqués, pour nous être « relâchés » cet été, nous désignant coupables de la deuxième vague du virus. Mais ce sont les gouvernants eux-mêmes, relayés par les média qui ont poussé la population à partir à chaque vacances, déclarant même que « partir en vacances est un acte citoyen pour aider l’économie » !

Les grands magasins « servent la communauté » en restant ouverts, les petits doivent fermer pour sauver la communauté. De même, dans les universités, les étudiants doivent suivre des enseignements à distance car se rassembler dans des amphis serait dangereux. Et dans ces mêmes universités, les étudiants doivent se rendre à des travaux pratiques, le rectorat ayant décrété qu’il n’y a aucun danger dans les salles de TP !

TOUS les secteurs de travail deviennent réglementés par ces injonctions contradictoires : restez chez vous, mais venez travailler ! Il en est de même dans la vie privée : n’allez pas voir vos amis : il faut combattre l’épidémie ! Mais empruntez les transports en communs bondés sans crainte, car il faut sauver l’économie ! Pour se promener pas plus d’un kilomètre de chez soi et pas en groupe, pour protéger la santé, mais pour aller travailler toutes ces limites sautent !

Les politiciens ou responsables syndicaux qui croient voir dans ces injonctions contradictoires « l’incompétence » des gouvernants, donnent des illusions aux travailleurs. Les Etats capitalistes sont parfaitement compétents pour défendre ce qui leur importe vraiment et qu’ils défendent becs et ongles : l’ordre capitaliste !

Car, premièrement, un des objectifs des classes dominantes à l’heure actuelle est de nous faire obéir à la police dans le cadre des contrôles, même si nous ne croyons pas vraiment à l’efficacité des « mesures sanitaires » imposées. Peu importe le contenu de l’injonction policière, ce qui compte c’est d’y obéir. Rien de mieux, donc, que de donner des ordres contradictoires à des dates rapprochées, pour enseigner aux populations la soumission à l’arbitraire policier.

Deuxièmement penser que la classe bourgeoise accomplirait de fait une mission « régalienne » de soigner la population est un oubli de la réalité historique. Faire mourir une partie non négligeable de la population ne gêne pas la bourgeoisie française, ce fut même sa politique à différentes époques.De la boucherie capitaliste de 1914-18, dite première guerre mondiale,l’Etat nous demande d’être fier tous les11 novembre. Souvenons-nous également que la bourgeoisie dont le gouvernement force aujourd’hui les enfants à se masquer à l’école est fière d’être l’héritière des patrons qui forçaient les enfants à travailler en usine à l’aube du capitalisme. La police et l’armée française ont participé avec zèle à deux des génocides du XXème siècle : ceux des juifs d’Europe et des Tutsis du Rwanda. Et c’est cette police qui défendrait la santé ?

Certes des mesures comme le port du masque, la fermeture de commerces, grands ou petits, pourraient être prise par un Etat qui serait vraiment au service de toute la population. Mais c’est en élaborant un plan sanitaire digne de ce nom avec une utilisation à grande échelle de statistiques sérieuses, à l’échelle des continents, qu’un tel plan serait mis en œuvre. Il serait décliné à une échelle locale selon des contours déterminés par des données médicales et non le découpage militaro-policier des appareils d’Etat bourgeois comme c’est le cas actuellement ! Seul un Etat mis en place par les exploités en serait capable.

C’est donc bien une opération policière sous couvert sanitaire qui est mise en place aujourd’hui. C’est un épisode de la lutte de classes que mènent les grands capitalistes qui dirigent cette société. C’est la soumission des travailleurs à l’arbitraire policier masqué par un arbitraire sanitaire qui est visée. Cette bataille n’est pas gagnée. Localement des parents et enseignants ont organisé des collectifs, des manifestations dénonçant le port du masque pour les enfants dès 6 ans. Les enseignants du second degré ont fait grève pour dénoncer le contraste entre les exigences des protocoles sanitaires et les moyens insuffisants pour les respecter, aboutissant à la surcharge de travail pour tous. Mais lorsque des syndicats accompagnent des mouvements spontanés, sans les impulser au niveau national, c’est qu’ils sont là pour surveiller, empêcher tout débordement, et toute solidarité entre les salariés et d’autres classes exploitées. Car ce ne sont pas seulement les travailleurs qui en ont assez de la dégradation de leurs conditions de vie, de travail, eux qui étaient habitués à être fliqués, mal soignés, embauchés puis licenciés bien avant le Covid 19.

Une nouveauté est que la fermeture des petits commerces, bars et restaurants, entrainent des protestations collectives et mettent dans la rue les protestataires. Pour les travailleurs, rester étranger à ces mouvement, se contentant de défendre leurs « intérêts » proprement dit est une impasse dans laquelle veulent les confiner les confédérations syndicales et leurs ailes pseudo-révolutionnaires opportunistes. Le véritable intérêt de classe bien compris des prolétaires est d’intervenir sur le terrain politique, aux côtés d’autres couches travailleuses frappées par la situation, et si possible à leur tête, comme l’ont fait les travailleurs qui ont participé au mouvement des gilets jaunes !

Car, d’une part, de nombreux petits commerçants, artisans à leur compte, sont d’anciens ou futurs travailleurs salariés vivant dans des conditions proches de celle des ouvriers. Les laisser manifester seuls derrière les plus gros patrons de leur secteur fait perdre des centaines de milliers d’alliés naturels des travailleurs dans la lutte qu’ils auront à mener contre le grand capital.

D’autre part, parce que le gouvernement sait que déstabiliser une partie de sa basse sociale, ces millions de petits commerçants ou entrepreneurs, devra s’accompagner bientôt d’une politique d’encadrement politique de ces masses. Pour éviter qu’ils n’enfilent des Gilets jaunes. N’attendons pas qu’il il leur soit proposé de devenir des« Gilets bruns », des soutiens politiques, voire des auxiliaires directs de la police. Pour « aider » ces classes moyennes, le gouvernement pourrait bientôt dénoncer comme « privilégiés » les travailleurs qui en « restant chez eux » gardent 85% de leur salaire. Puiser dans la masse salariale directe ou indirecte pourrait être un moyen de proposer la haine des travailleurs comme exutoire à ce désespoir de bourgeois petits et moyens. La stratégie du gouvernement jusqu’ici est de jouer sur le flux et le reflux des « vagues » de l’épidémie, soi-disant accompagnées du flu et du reflux des confinements et déconfinements orchestrés de manière policière et même militaire. Mais ce régime sera intenable pour les petits patrons, économiquement et politiquement. Ceux qui croient le plus en cette société, certains qui ont voté Macron, ont potentiellement les réactions les plus violentes quand leurs rêves de possédants petits, mais possédants tout de même, s’écroule. C’est cette ruine des classes moyennes qu’ont organisé les Etats d’Europe après 1918, en faisant des troupes pour le fascisme, qui avec la guerre futla solution des bourgeoisies à la crise de 29. Non aux attestations de déplacement ! A bas toute les restrictions policières des libertés, qui n’ont rien à voir avec la santé publique !

Nous ne pouvons faire aucune confiance aux « politiques sanitaires » des gouvernants capitalistes, même quand elles consistent à vacciner la population ! Nous ne le disons pas dans le sens d’opposer les anti-vaccins contre les pro-vaccins, comme on a tenté d’opposer de manière dualiste les anti-masques au pro-masques, les anti-confinements aux pro-confinements, les anti-tests aux pro-tests, et ainsi de suite. Simplement, nous ne tombons pas dans le panneau qui consisterait à nous dire qu’un laboratoire pharmaceutique travaille d’abord pour la santé. Nous n’y croyons pas plus que si on nous disait que Renault roule pour la liberté de circuler et pas pour le profit. Un trust pharmaceutique, comme un trust nucléaire, un trust chimique, un trust automobile, c’est une machine à engranger du profit et rien d’autre. D’ailleurs, nous n’avons pas besoin d’être entrés chez Pfizer pour y juger des bonnes méthodes en immunologie ou pas. Ce n’est pas Pfizer qui a produit le « vaccin Pfizer ». Le trust Pfizer s’est contenté une fois de plus de racheter un petit labo qui, lui, a fait le travail. C’est une simple opération financière comme l’est l’annonce médiatique et boursière du succès à 90% du vaccin : c’est du profit à 100% !!! La santé est un prétexte à investissements financiers et pas un but pour les labos pharmaceutiques. Les Etats qui les financent à fonds publics savent très bien que cela sert le profit privé et pas la santé publique, exactement comme tous les autres vaccins le font. Qu’il y ait une pandémie n’empêche pas qu’on est dans un monde où le but principal est l’accumulation de profit par des propriétaires privés de capitaux. Il n’y a pas un bon système capitaliste qui produit des technologies nouvelles pour la santé face à un mauvais capitalisme qui fait des victimes des accidents du travail ou de l’amiante ou encore multiplie les cancers, ou même assassine en masse comme dans les guerres mondiales ou les camps de la mort ou encore les pandémies…

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