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Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais

lundi 30 novembre 2020, par Karob

" Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. " (Eugène Varlin) Cet automne, les restos du cœur et autre soupe populaire sont débordés et les queues s’allongent partout, en ville, dans les campagnes, sur les campus universitaires. Les étudiants ou travailleurs précaires se retrouvent dans le rouge avant la fin du mois.

Doumia avait "l’habitude de regarder les Restos du Cœur à la télé" [le concert des Enfoirés), mais là elle "y est" : "on vient demander de l’aide et des colis alimentaires." Une situation difficile à accepter pour cette mère de famille qui, comme son mari, est sans emploi à cause du coronavirus. "La première fois que je suis venue, j’ai pleuré", confie-t-elle. "Depuis la crise sanitaire, j’ai basculé dans le besoin. Mon mari était déménageur, on était déjà sur le fil et avec le Covid ça s’est accentué. On doit vivre avec 1.200 euros par mois. Loyer, factures d’électricité, cantine pour les enfants... On arrive le 15 du mois et on n’a plus de quoi remplir le frigo."

Ces travailleurs tombés dans la précarité, François, le responsable du centre de l’association du 18e arrondissement, en voit plusieurs par jour franchir pour la première fois les portes des "Restos". "Tous les jours, on est à 10-20 inscriptions, des nouveaux profils arrivent, touchés par le chômage et la fermeture des commerces", indique-t-il en mentionnant le dernier exemple en date : une intermittente du spectacle privée d’activité à cause de la crise sanitaire.

Doumia et sa famille sont à l’image de trop nombreuses familles qui sont déjà dans la précarité et/ou la misère. Et l’effondrement économique mondiale du capitalisme mis sur le dos de COVID 19 va impitoyablement grossir leurs rangs !

Et pendant le même temps, la fortune des milliardaires a passé la barre des 10.000 milliards de dollars et ce, alors que la pandémie de coronavirus a fait s’arrêter l’économie mondiale.

Les milliardaires n’ont jamais été aussi riches, révèle une étude de la banque UBS. La fortune des quelque 2.200 milliardaires dans le monde a progressé de 27 % pendant le confinement, pour atteindre le montant de 10.200 milliards de dollars, ce qui équivaut à environ 9.200 milliards d’euros. C’est presque quatre années de PIB français. Et c’est un montant supérieur au précédent record, atteint en 2017, année de reprise mondiale.

La concentration de la richesse dans le monde est désormais comparable à celle de la Belle époque, tout au début du XXe siècle, estiment les auteurs de l’étude, lorsque les Rockfeller et les Vanderbildt dominaient le monde.

Selon les données d’Oxfam, les 1% les plus riches possèdent un patrimoine net total de 132 586 milliards de dollars. Les 90% les plus pauvres de la population possèdent un patrimoine net de 65 976 milliards de dollars, soit plus de deux fois moins. Avec une population mondiale estimée à 7,7 milliards de personnes, les 1% les plus riches possèdent effectivement plus que 6,9 milliards de personnes.

"Accumulation de la richesse à un pôle, écrivait Marx, signifie donc en même temps accumulation de misère, de souffrance, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité, de dégradation mentale au pôle opposé, c’est-à-dire du côté de la classe dont le produit prend la forme de capital. "

Cette thèse de Marx, connue sous le nom de théorie de la paupérisation croissante, a été l’objet d’attaques constantes de la part des réformistes, démocrates ou sociaux-démocrates et autres syndicalistes qui ont présenté le capitalisme comme un horizon indépassable quand le développement de ce dernier permettait d’accorder certaines concessions aux travailleurs, surtout à leur couche supérieure dans certains pays. Par peur de la révolution au lendemain de la seconde guerre mondiale, les bourgeoisies ont nationalisé une partie de l’économie et se sont engagées dans des réformes sociales telle que la sécurité sociale, les retraites, etc.

Mais la contradiction économique entre les travailleurs et la bourgeoisie n’avaient pas disparu même si les 30 glorieuses ont pu être dans les pays impérialistes une période plutôt favorable pour certaines couches de travailleurs, les inégalités se sont creusées entre pays riches et pauvre et donc entre travailleurs et capitalistes à l’échelle mondiale. Depuis les années 80, les travailleurs des pays impérialistes ont connu toute la rigueur de cette contradiction au travers des blocages de salaire, de perte de pouvoir d’achat, de casses des retraites, de la sécu, casse des services publics et de l’intensification de l’esclavage salariale !

L’illusion du « progrès » ininterrompu vendu par les réformistes de tout poil maintenu contre vents et marée a fini par voler en éclat depuis l’effondrement économique mondial de 2019 imputé injustement au COVID-19 !

Le peuple travailleur (salariés, chômeurs, petits artisans, petits commerçants, étudiants, apprentis etc…) ont commencé par économiser sur leurs maigres plaisirs, ensuite sur leurs vêtements, et, finalement, sur leur nourriture. Les articles et les produits de qualité moyenne furent remplacés par de la camelote, et la camelote par des rebuts. Et les syndicats qui aiment à rappeler « leurs conquêtes sociales » obtenu en réalité par la lutte des travailleurs ou lâché par la Bourgeoise qui craignait la révolution de s’enorgueillir aujourd’hui de soi-disant limiter la casse alors qu’il l’accompagne quand ils n’aident pas les capitalistes à l’organiser !

L’histoire du monde capitaliste, depuis la dernière guerre, a irrémédiablement confirmé la théorie dite de la paupérisation croissante. Et la marche forcée monde vers le fascisme de la part de l’ensemble des États et gouvernements capitalistes (notamment les soi-disant démocraties) n’a d’autres objectifs que de faire reculer jusqu’à l’extrême les limites du déclin et devient indispensable, lorsque la dégénérescence du capitalisme anéantit toute possibilité d’entretenir des illusions sur l’élévation du niveau de vie du prolétariat. La dictature fasciste signifie la reconnaissance ouverte de la tendance à l’appauvrissement, que les plus riches démocraties impérialistes s’efforcent encore de dissimuler mais plus pour longtemps.

Précarité et pauvreté explosent ! 10 millions de pauvres rien qu’en France ! Et le nombre de chômeurs ne cesse de grandir venant grandir les rangs des déclassés parmi le peuple dont la cause est simple : suppression de postes dans les services publics, licenciements dans le privé, banqueroute de la petite bourgeoisie menée à la ruine par l’État au bénéfice des seuls capitalistes alors que la société n’avait jamais été aussi riche !

Pour Marx "plus grande est la richesse sociale, plus grande est la masse du surplus stable de population..., plus grande est l’armée de réserve industrielle (chômeurs)..., et plus grand est le paupérisme officiel. TELLE EST LA LOI GENERALE ABSOLUE DE L’ACCUMULATION CAPITALISTE. "

L’armée actuelle des chômeurs ne peut plus être regardée comme une armée de réserve qui est employée selon les variations du cycle économique du capital, parce que sa masse principale ne peut plus espérer trouver du travail ; au contraire, elle est destinée à se gonfler d’un flot constant de nouveaux chômeurs. Et la désagrégation du capitalisme ne fera que renforcer cet état de fait !

Depuis la première guerre mondiale, le capitalisme de monopole n’a été qu’une succession de crises ; chacune étant une catastrophe ! Les seuls moyens d’y échapper était les barrières douanières, l’inflation, l’accroissement des dépenses gouvernementales, les dettes, etc.. Mais ces solutions préparaient le terrain à de nouvelles crises encore plus profondes et plus étendues ! Celles-ci préparaient inéluctablement des révolutions ! Cependant malgré les crises, le capitalisme continuait de se développer et avait encore la possibilité de contenir le révolutions même les plus profondes !

Mais depuis 2008 le moteur du capitalisme, l’accumulation du capitalisme, est à l’arrêt, et rien ne l’a relancé. Depuis il vit sous perfusion constante d’argent public, qui sans cela, n’aurait pas maintenu l’illusion d’un système continuant à fonctionner !

Aujourd’hui encore plus qu’hier, l’effondrement du capitalisme ne pose qu’une seule alternative aux peuples travailleurs du monde alors que celui-ci s’enfonce toujours plus dans la violence et la barbarie. Cette alternative c’est la Révolution Socialiste Mondiale ! Les peuples travailleurs doivent chasser les capitalistes, les états et les gouvernements et prendre le pouvoir politique et économique afin diriger la société pour répondre à leurs besoins vitaux !

Barbarie ou socialisme, tel est le choix qui se pose aux peuples travailleurs du monde !

1 Message

  • En Europe, c’est 18 millions d’emplois supprimés, 750 milliards débloqués pour les profits capitalistes.
    Au total dans le monde c’est 9000 milliards pour le capital, 100 millions de pauvres en plus. (Ces chiffres sont provisoires)

    32 des plus grandes entreprises mondiales ont augmenté leurs profits de 109 milliards de dollars cette année. Elles ont distribué 300 milliards de dividendes à leurs actionnaires au cours des quatre dernières années. Depuis janvier 2020, elles ont déjà versé 195 milliards de dollars en dividendes, soit 94 % des profits déjà réalisés cette année.

    Les 100 entreprises qui ont le plus gagné en bourse ont ajouté plus de 3000 milliards à leur valeur marchande depuis le début de la pandémie.

    Les actifs financiers des 25 milliardaires les plus riches au monde ont augmenté de 255 milliards de dollars entre mi-mars et fin mai 2020 « Chiffres rapport Oxfam », et pendant ce temps 400 millions d’emplois ont été supprimé dans le monde.

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