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De la défensive à l’offensive. Les prolétaires de Guadeloupe et de Martinique nous montrent la voie. Suivons-la.

mardi 30 novembre 2021, par Alex, Waraa

De la défensive à l’offensive

Les prolétaires de Guadeloupe et de Martinique nous montrent la voie. Suivons-la

A l’échelle du monde, c’est bien à un capitalisme en panne depuis 2008 que répondent les mouvements qui prennent diverses formes sur tous les continents. La principale source des attaques que subissent les travailleurs, c’est cette chute d’un système arrivé à bout de course que les classes dirigeantes ne peuvent maintenir que par des contraintes étatiques violentes contre les opprimés, pour prévenir toute révolution.

C’est à une phase défensive que correspondent les réactions des travailleurs. Ils ont jusqu’ici essentiellement répondu à des attaques frontales plus politiques qu’économiques. Les "migrants" traqués comme des bêtes aux frontières de l’Europe, de la Pologne à la France, sont en fait des réfugiés fuyant les guerres civiles soutenues par les impérialismes pour écraser le « Printemps arabe ». Ils ont fui pour survivre.

Dans les pays les plus riches, l’épidémie de la Covid 19 a été utilisée par les gouvernements comme prétexte pour des licenciements déguisés, des baisses de salaire (les 85% du salaire pour le chômage technique présentés comme un "cadeau"), des restrictions des libertés de circuler, l’infantilisation de la population par la vaccination rendue obligatoire. Le caractère policier des prétendues mesures sanitaires est mis en évidence par la réduction de validité des tests : de 72h à 24h. Aucun argument médical n’est donné, c’est une mesure ouvertement répressive pour forcer les récalcitrants à se vacciner. Et ce n’est qu’un exemple du caractère arbitraire et dictatorial des mesures soi-disant de santé.

Les objectifs mis en avant par les travailleurs, les manifestants et grévistes des Antilles sont également défensifs, mais la différence avec les luttes en métropole, c’est que le refus des sanctions contre les non vaccinés, le refus de la vaccination obligatoire, ont abouti à une lutte collective quasi-insurrectionnelle, car se greffant sur des revendications économiques et politiques non résolues et explosives depuis des décennies.

Oui, les travailleurs des anciennes colonies nous montrent la voie ! La prochaine étape est en métropole : comment soutenir et étendre cette lutte ? Il faut suivre le même chemin vers l’insurrection sociale.

Il n’y a rien d’étonnant que les premières déclarations traduisant une réelle solidarité, quasiment les seules à ce jour, proviennent de groupes de Gilets Jaunes qui sont restés mobilisés depuis la naissance du mouvement il y a trois ans, et ont depuis des mois les mêmes revendications qu’en Guadeloupe. On lit par exemple dans les déclarations des GJ de Belleville-Montreuil-Pantin et ceux de Poitiers : "Comme en 1967, un an avant la métropole, la Guadeloupe nous montre la voie", ou en encore "Soutenons le soulèvement du peuple de Guadeloupe et de Martinique qui lutte contre les pseudo-politiques anti-covid et contre la misère ! Etendons la lutte, grève générale illimitée !"

Il est tout aussi naturel que les plus hypocrites déclarations de solidarité proviennent des organisations politiques et syndicales réformistes. En métropole, des candidats aux présidentielles dits « révolutionnaires » N. Arthaud et P. Poutou et jusqu’à la CGT, en passant par le PCF et les Insoumis, on reçoit des déclarations de solidarité, gênées, faiblardes, pleurnichardes, qui ne sont suivies d’aucun appel à l’action.

La première raison en est qu’aucune de ces organisations n’a pris la mesure de la crise historique du capitalisme en 2008 : les capitalistes restent riches individuellement nous disent-elles, donc tout va bien pour le capitalisme. Tant pis si le fonctionnement vital du capitalisme (la création de plus-value supplémentaire extraite du travail humain) décline, tant pis si une part croissante des investissements se détourne de la production de richesses nouvelles. Ces organisations « de gauche » sont trop fondamentalement adaptées au système pour imaginer seulement qu’il puisse s’effondrer.

La seconde raison est que ces organisations approuvent et cautionnent globalement la politique sanitaire, dont la vaccination de masse (y compris avec de faux vaccins) et le pass sanitaire (qu’elles disent parfois regretter mais refusent de combattre). Or ce sont ces mesures qui ont mis le feu au poudre : "Ce qui a été l’étincelle de la révolte c’est la suspension de centaines de travailleurs de la santé et du médico-social parce qu’ils ne voulaient pas se faire vacciner. Ils sont privés de salaire. C’est le gouvernement et les chefs des administrations qui sont les véritables responsables, les incendiaires, les boutefeux ce sont eux." écrit Jean-Marie Nomertin, à la fois dirigeant de la CGT Guadeloupe et de Combat Ouvrier (lié à Lutte Ouvrière – France) en Guadeloupe. Il en va de même avec la CGT de Martinique dirigée également par un leader politique lié à Lutte Ouvrière. Il est clair que de tels dirigeants ne poussent pas à la lutte et se plaignent que les gouvernants les y contraignent !

Même s’il n’a pas autant mis le feu aux poudres, ce même rejet existe aussi en métropole en France et dans de nombreux pays. En Autriche, après que le chancelier autrichien Alexander Schallenberg a décidé le confinement des personnes non vaccinées, des organisations ont appelé à un vaste soulèvement contre cette mesure qualifiée par une grande chaine télé de "liberticide et unique au monde". Manifestation d’extrême droite nous disent « les gauches » mais c’est elles qui militent pour qu’il en soit ainsi. C’est en n’appelant pas à participer massivement aux manifestations anti-pass du samedi que la CGT et la gauche de la gauche politique se retrouvent, après avoir théorisé que tous ces "anti-vax" n’étaient que de la graine de fachos, qu’elles se retrouvent à ne se solidariser que du bout des lèvres avec les travailleurs de Guadeloupe et des Antilles, qu’elles les ont laissé se battre seuls alors que le mouvement monte depuis des semaines. La théorie que les "anti-vax" (en réalité seulement anti faux vaccins covid et anti obligation vaccinale) sont tous d’extrême-droite est battue en brèche par la Guadeloupe et en Martinique.

Ayant décidé que le refus de la vaccination obligatoire et des sanctions qui s’en suivent n’est pas correcte, c’est un pseudo-radicalisme que les organisations politiques de gauche, de la gauche de la gauche, de l’extrême gauche ou syndicales manifestent en réclamant (avant, pendant et n’en doutons pas après la grève générale en Guadeloupe) des "augmentations des salaires et des pensions". Cette stratégie qui se prétend offensive est en décalage complet avec l’échelle de l’attaque des patrons et des gouvernants, mais plus encore avec le sens de celle-ci, notamment son caractère politique et de classe.

Le dirigeant de la CGT Guadeloupe constate à juste titre : "La Guadeloupe est bloquée par les barrages. La population soutient le mouvement. Les patrons et leur gouvernement commencent à nous craindre. Car ils ont peur du mouvement de masse." Dans ce mouvement de masse se trouvent des jeunes chômeurs, des petits commerçants et paysans. C’est un mouvement interclasse à l’image de celui des Gilets Jaunes. Mais ce même leader de la CGT Guadeloupe, de révolutionnaire qu’il se proclame, se transforme malgré lui en bureaucrate syndical lorsqu’il ajoute : "une revendication qui pourrait unir tous les travailleurs c’est celle d’une augmentation de salaire substantielle, uniforme et aussi l’augmentation des pensions et des minima sociaux." Non ! unir les travailleurs autour d’un mot d’ordre qui laisse de côté les jeunes qui n’ont pas de travail, les petits-commerçants, les paysans pauvres, c’est surtout isoler les travailleurs, les empêcher de prendre la tête d’une révolution de tous les exploités. Non à la baisse du niveau de vie ! Non a l’obligation vaccinale, non aux sanctions contre les travailleurs non vaccinés ! Suppression de tous les impôts indirects dont la TVA ! seraient des mots d’ordre défensifs qui pourraient être repris par tous. Les augmentations de salaire et la diminution du temps de travail, les travailleurs ne sont bien sûr pas contre. Mais c’est ce que la bourgeoisie oblige par la loi les patrons à négocier lors de la mascarade des "Négociations annuelles obligatoires". Cette défense de leurs intérêts économiques individuels, certes sous forme de conventions collectives, c’est le programme auquel la bourgeoisie veut forcer les travailleurs et leurs syndicats à se restreindre depuis la loi de 1884, car cette lutte pour les salaires est une impasse si elle n’est pas liée à une lutte politique de classe, une lutte pour la direction de toute la société, de la politique sanitaire, à la politique répressive, à la politique de guerre en passant par la politique financière.

Par leur combativité, et malgré leurs fausses directions politiques et syndicales, les travailleurs de Guadeloupe et de la Martinique ont donné un caractère offensif à leur riposte. Concernant les salaires, c’est l’abolition du salariat, bien plus que les augmentations de salaires qui permettrait de passer à une lutte offensive, une lutte révolutionnaire pour ceux qui le voudraient. Celle-ci ne commencera pas lorsque la "bonne" revendication sera mise en avant. C’est lorsque des comités auto-organisés se mettront en place, élieront des délégués qui mettront en place une direction du mouvement, n’en déplaise à toutes les "organisations" et "syndicats" qui actuellement prétendent à ce rôle, que par peur, les patrons proposeront des augmentations de salaires, comme en 1936.

La force des travailleurs franchira un cap lorsque ces comités permettront de réunir tous les exploités en lutte : des comités de quartier, de travailleurs, de paysans pauvres, de pompiers. Ils sont la seule forme d’organisation qui permettre de regrouper tous les exploités en lutte, dans un Front unique : qu’ils soient syndiqués ou non, pour ou contre l’autonomie, pour ou contre la vaccination obligatoire, pour ou contre la lutte armée. Que ces débats aient lieu dans ces comités contrôlés par les travailleurs, et que par leurs votes les travailleurs décident d’appliquer telle ou telle politique, et c’est un embryon d’Etat ouvrier qui apparait, comme le fût le cas sous la Commune de Paris de 1871 ou avec les soviets de Russie de 1917.

Le PS, le PCF, la CGT, les Insoumis et les pseudo-révolutionnaires qui régulièrement se transforment en syndicalistes sans perspective ou sociaux-démocrates de gauche ont mené la classe ouvrière bien des fois à l’échec, notamment en 1936, avant la guerre, puis lors de la décolonisation d’après 1945. C’est parce que cette décolonisation ne fut pas menée à bien par la classe ouvrière qu’elle a échoué à remettre en question l’impérialisme, et que, de la Birmanie au Mali, à la Guadeloupe, les travailleurs doivent reprendre le chemin de la lutte contre l’exploitation, les dictatures militaires et même l’oppression nationale ou raciale.

Une tout autre école, c’est celle de la victoire, celle du prolétariat français en 1871 qui contraignit les gouvernants français et allemands pourtant en guerre à s’unir contre lui, celle du prolétariat russe qui, en 1917, mit fin au massacre de la guerre mondiale en prenant le pouvoir avec le soutien des paysans. Après la prise du pouvoir des soviets, Lénine et Trotsky invitaient-ils les ouvriers à mettre en avant "la" bonne revendication des salaires ? Non, ils leurs proposèrent, à eux et aux autres classes exploitées et à tous les opprimés, une première étape, qui est d’actualité en Guadeloupe comme en Martinique, comme partout, en déclarant que la tache immédiate consistait à

« 1° Eclairer le plus largement les masses de la classe ouvrière sur la signification historique de la nécessité politique et pratique d’une nouvelle démocratie prolétarienne, qui doit prendre la place de la démocratie bourgeoise et du parlementarisme ;

2° Elargir et organiser des Soviets dans tous les domaines de l’industrie, dans l’armée, dans la flotte, parmi les ouvriers agricoles et les petits paysans. »

L’émancipation des travailleurs des pays riches de l’exploitation capitaliste, la libération du double joug de leurs armées bourgeoises et de l’impérialisme des peuples opprimés des Antilles, du Mali, du Soudan, de la Birmanie, passent par un même programme, la seule revendication qui unira les travailleurs à l’échelle de la planète : le pouvoir aux travailleurs à la tête de tous les exploités, pour la construction d’une société débarrassée de l’exploitation capitaliste qui survit seulement par la force des armées impérialistes, en Guadeloupe ou en Martinique, comme ailleurs !

23 Messages de forum

  • Sébastien Lecornu annonce l’envoi de 70 gendarmes et 10 membres du GIGN supplémentaires

    https://www.francetvinfo.fr/societe...

    Les violences de la répression prennent pour cible le peuple travailleur des Antilles

    Pour la gauche et l’extrême gauche, pas de manifestation de solidarité

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  • De la défensive à l’offensive. Les prolétaires de Guadeloupe et de Martinique nous montrent la voie. Suivons-la. 30 novembre 2021 18:15, par Chomeurstravailleursnosennemislesesclavagistescapitalistes

    Oui, les travailleurs des anciennes colonies nous montrent la voie ! La prochaine étape est en métropole : comment soutenir et étendre cette lutte ? Il faut suivre le même chemin vers l’insurrection sociale.

    Il n’y a rien d’étonnant que les premières déclarations traduisant une réelle solidarité, quasiment les seules à ce jour, proviennent de groupes de Gilets Jaunes qui sont restés mobilisés depuis la naissance du mouvement il y a trois ans, et ont depuis des mois les mêmes revendications qu’en Guadeloupe. On lit par exemple dans les déclarations des GJ de Belleville-Montreuil-Pantin et ceux de Poitiers : "Comme en 1967, un an avant la métropole, la Guadeloupe nous montre la voie", ou en encore "Soutenons le soulèvement du peuple de Guadeloupe et de Martinique qui lutte contre les pseudo-politiques anti-covid et contre la misère ! Etendons la lutte, grève générale illimitée !"

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  • Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer, en conférence de presse :

    « Je veux tordre le cou à ces caricatures disant ’à un problème social vous répondez par le RAID et le GIGN’. Stop et assez de ces caricatures !" »

    C’est certainement là un engagement à retirer les troupes du RAID et du GIGN qu’il compte prendre bientôt ?

    Retrait des troupes RAID, GIGN, Police, Armée, Gendarmerie, Paras, et tout le reste.

    Indépendance des colonies !

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  • « Si l’épidémie continue à ce rythme, il faudra des mesures plus fortes pour éviter les tensions hospitalières »

    https://www.sudouest.fr/sante/covid...

    Ils reconnaissent ne pas agir pour combattre le nombre de morts et de malades mais seulement les entrées à l’hôpital

    Pour éviter les tensions hospitalières, il faudrait commencer par arrêter de supprimer des lits et des effectifs !

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  • Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer, en conférence de presse :

    « Je veux tordre le cou à ces caricatures disant ’à un problème social vous répondez par le RAID et le GIGN’. Stop et assez de ces caricatures !" »

    C’est certainement là un engagement à retirer les troupes du RAID et du GIGN qu’il compte prendre bientôt ?

    Retrait des troupes RAID, GIGN, Police, Armée, Gendarmerie, Paras, et tout le reste.

    Indépendance des colonies !

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  • https://www.parismatch.com/Actu/Pol...

    On peut lire dans un article :

    « Arrivé lundi soir en Martinique, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et sortir de la crise sociale les Antilles françaises, le ministre a rencontré à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, après que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court.

    « A Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les "tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes". »

    Un « séjour destiné à apaiser les tensions », avec un tel ultimatum ?

    « A Fort-de-France, l’issue a été différente, le membre du gouvernement se montrant ouvert à une "adaptation de l’application de la loi" d’obligation vaccinale, qui devait initialement s’appliquer le 15 novembre dans les Antilles, jour où a débuté la grève générale en Guadeloupe. »

    Adaptation possible d’un côté, ultimatum de l’autre... ce ministre n’a rien à proposer, il n’y a rien à attendre de son gouvernement ni de ce représentant.

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  • La détermination des grévistes de Guadeloupe, Martinique, Tahiti, Polynésie fait tache d’huile et s’étend en Guyane, en Nouvelle Calédonie...

    Il ne faut pas avoir peur de dire que la dictature du pass sanitaire, se rajoutant à une situation sociale explosive, a mis le feu aux poudres d’une situation d’esclavage néocoloniale !

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  • La solidarité avec la grève générale outre-mer, c’est aussi de s’inspirer de cette leçon de démocratie pour construire ici et maintenant la coordination et la centralisation des luttes.

    Auto-organisons nous, en métropole comme dans les anciennes colonies !

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  • Le report de l’obligation vaccinale en Guadeloupe et les mots d’autonomie dans la bouche des gouvernants, ce n’est pas un vrai recul de la métropole impérialiste !

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  • Le NPA se refuse à appeler à la moindre action réelle de solidarité avec Martinique et Guadeloupe en révolte, même pas une simple petite manif !

    https://nouveaupartianticapitaliste...

    La solidarité « sauce LO » ne vaut pas plus cher

    https://journal.lutte-ouvriere.org/...

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  • De plus LO se permet de donner des leçons aux travailleurs de Guadeloupe :

    « Si depuis 2009, les gains de la mobilisation ont été perdus, c’est que les travailleurs ont baissé la garde quand les patrons, eux, ont continué leur offensive. »

    https://www.lutte-ouvriere.org/edit...

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  • Aux Antilles françaises, en Guadeloupe et en Martinique, un mouvement social explosif est en marche depuis des semaines. Tout a commencé par de grandes manifestations cet été lorsque le gouvernement a imposé la vaccination obligatoire sur les lieux de travail et l’institution d’un laissez-passer sanitaire. Mais ce qui a déclenché une révolte populaire tous azimuts, c’est la suspension d’environ 2 000 agents de santé et pompiers, qui ont refusé de se faire vacciner. Aux Antilles, la situation doit être comprise dans les termes existant dans les territoires coloniaux qui font formellement partie de la France. La méfiance à l’égard du gouvernement est fondée sur un fond de litanie d’insultes et de traitement de citoyens de seconde zone ; la situation était une poudrière attendant une étincelle. Pendant la pandémie, le gouvernement a économisé de l’argent en laissant les hôpitaux sans le strict nécessaire tandis que le personnel était obligé d’aller travailler sans équipement de protection. Désormais, forcer les gens à se faire vacciner pour protéger la santé de la population relève de l’hypocrisie totale. A cela s’ajoute un énorme scandale en Guadeloupe et en Martinique autour de l’utilisation du chlordécone dans toutes les Antilles, un pesticide cancérigène utilisé dans les bananeraies. Du fait de son utilisation généralisée, plus de 90 % de la population adulte de Guadeloupe et de Martinique a été empoisonnée, et les Antillais ont le taux de cancer de la prostate le plus élevé au monde. Son impact nocif était bien connu dans les années 1970, et interdit aux USA en 1976. Il n’a été interdit en France qu’en 1990 mais le gouvernement français l’a autorisé par dérogation aux Antilles à la demande des grands planteurs de leur donner il est temps de vendre leur stock ! Le pesticide persistera dans le sol pendant encore 700 ans. Comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi actuellement un scandale d’approvisionnement en eau et une crise qui en résulte alors que les habitants de l’île sont confrontés à des pénuries d’eau potable… au milieu d’une pandémie. Pendant des décennies, le système d’eau n’a pas été entretenu. Les opérateurs ont réalisé des bénéfices sans effectuer les travaux de maintenance nécessaires. Résultat, 60 % de l’eau potable s’écoule dans le sol et la population est confrontée à des robinets qui tarissent régulièrement. Dans ce genre de contexte, la parole des autorités gouvernementales en matière de santé publique ne vaut pas grand-chose dans l’esprit des travailleurs et des masses pauvres des îles. Alors que la vaccination est un moyen puissant de lutter contre l’épidémie, les méthodes autoritaires pour l’imposer ne réussiront pas. En Guadeloupe et en Martinique, les revendications initiales opposées à la vaccination obligatoire et aux cartes sanitaires ont rapidement été dépassées par les revendications économiques. La situation économique est terrible, et bien pire qu’en France métropolitaine : 17 % de chômage et près de 50 % de jeunes au chômage, et 34 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, bas salaires, petites pensions de retraite, et prix très élevés – beaucoup plus élevé qu’en métropole. Le résultat est une situation explosive. Depuis le 15 novembre avec l’appel à la grève générale de la plupart des syndicats et organisations politiques populaires, les deux îles sont paralysées par des blocus et des grèves. Une liste de 32 revendications a été dressée, dont la fin de la vaccination obligatoire, des augmentations massives des effectifs des hôpitaux, des ressources matérielles pour la santé, et bien d’autres revendications économiques. Dans un premier temps, la réponse du gouvernement a été d’envoyer des forces répressives pour lever les barrages et arrêter les jeunes qui incendiaient des voitures et des magasins. Mais face à l’indignation, la répression gouvernementale commence à reculer. A l’heure où nous écrivons ces lignes (1er décembre), le gouvernement a déjà légèrement cédé sur deux points : il a repoussé la date de vaccination du personnel au 31 décembre et annoncé la création de 1 000 emplois aidés pour les jeunes, ainsi que le cancer de la prostate enfin reconnu comme maladie professionnelle, une demande populaire depuis des décennies. C’est une première victoire, mais pas la quasi-totalité de ce pour quoi la population se bat. Lundi 29 novembre, le ministre français des Outre-mer s’est envolé pour la Guadeloupe, soi-disant pour négocier avec les organisations de travailleurs. Mais il a exigé par avance que ces organisations condamnent la violence des manifestants, ce qu’elles ont bien sûr refusé de faire. Quatre porte-paroles syndicaux ont simplement remis le programme de revendications au ministre et ont exigé qu’il rencontre tous les délégués syndicaux ensemble plutôt que seulement six d’entre eux, comme il le souhaitait. La discussion a duré 10 minutes. Depuis, une réunion a été annoncée entre les syndicats, les organisations professionnelles et le représentant de l’Etat, pour tenter de trouver des réponses à la crise. À ce stade, les blocus et les grèves se poursuivent.

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  • le texte de base de cette page malgré toute sa bonne volonté et son soutien à la lutte ds peuples de Guadeloupe et Martinique a un défaut précis : il est très mal informé sur la situation réelle dans les deux îles en général et sur l’action des deux CGT précisément. Il ne faut pas cataloguer les dirigeants des deux CGT de Martinique et de Guadeloupe comme étant des copies du délégué central de PSA en France.
    Combatifs, militants haïs des bourgeois et réactionnaires, objectifs numéro de la répression coloniale, NOMERTIN en Guadeloupe et JEAN-MARIE en Martinique sont des exemples à soutenir et imiter.
    Les problèmes qu’ils rencontrent se situent à plusieurs niveaux :
    1) Une classe ouvrière qui est plutôt marginale du fait de la faiblesse du tissu économique des îles.
    2)le manque de direction politique de l’organisation politique dont ils sont membres
    3) Le fait de la confusion entre construire une organisation et construire un appareil (c’est à mon sens le plus grave).
    En conclusion les critiques sont nécessaires. Mais pour qu’ils vaillent quelque chose, il faudrait encore qu’elles se fondent sur des faits précis et non sur de vagues ressemblances entre LO et Combat Ouvrier. Et le fait de cataloguer Combat Ouvrier comme une succursale de Lutte Ouvrière est faux et par conséquent injurieux. Le militant qui veut se faire comprendre d’autres militants doit avant tout tenir sa plume

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  • Combat Ouvrier et LO soutiennent la politique capitaliste de vaccination de masse et cachent les dessous de l’affaire (la chute du capitalisme). L’une et l’autre soutiennent les syndicats et ne les combattent pas par la formation de comités de travailleurs.

    La différence tient à la situation différente aux Antilles : CO est dans les manifs anti pass sanitaire et pas LO.

    Pour les nuances, oui, il y en a mais il y en a même entre CO Guadeloupe et CO Martinique !

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  • Jean-Marie Nomertin de Combat Ouvrier et de la CGT n’aurait rien de commun avec l’organisation de métropole Lutte Ouvrière ?

    Voir ici :

    https://www.lutte-ouvriere.org/euro...

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  • Tu nous dis que :

    « Combatifs, militants haïs des bourgeois et réactionnaires, objectifs numéro de la répression coloniale, NOMERTIN en Guadeloupe et JEAN-MARIE en Martinique sont des exemples »...

    Les staliniens disaient de même et sous prétexte de défendre leurs militants attaqués faisaient passer leur politique.

    Nous ne discutons pas des personnes (que nous pouvons parfaitement soutenir si elles sont attaquées par le patronat et l’Etat) mais de la politique menée par Combat Ouvrier et Lutte ouvrière.

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  • Tu nous dis que :

    « Il ne faut pas cataloguer les dirigeants des deux CGT de Martinique et de Guadeloupe comme étant des copies du délégué central de PSA en France. »

    Mais le délégué central de la CGT de PSA en France, Jean-Pierre Mercier, est aussi le porte parole de Lutte ouvrière et chef de file des élections auxquelles participait cet élu CGT de Guadeloupe par exemple.

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  • Tu nous dit que les problèmes qu’ils rencontrent sont :

    « 1) Une classe ouvrière qui est plutôt marginale du fait de la faiblesse du tissu économique des îles.

    2)le manque de direction politique de l’organisation politique dont ils sont membres

    3) Le fait de la confusion entre construire une organisation et construire un appareil (c’est à mon sens le plus grave). »

    Le premier point était aussi celui de la révolution russe et n’empêche pas de mener la politique de "tout le pouvoir aux soviets"

    Le second fait partie du problème que nous posons, ainsi que le troisième.

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  • Ces deux derniers problèmes font partie des défauts transmis par Lutte ouvrière (France).

    https://www.matierevolution.fr/spip...

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  • Bonjour Charles et merci pour ton commentaire, qui commence par saluer notre appel au soutien des peuples de Guadeloupe et Martinique en lutte.

    Premier élément de réponse. Ta remarque concernant le fait que

    « le texte de cette page est très mal informé sur la situation réelle dans les deux îles en général et sur l’action des deux CGT précisément. »

    1) Comme tu peux le remarquer, ce « texte » est un éditorial, donc au format limité. Trotsky l’écrit quelque part dans ses conseils aux militants pour écrire un éditorial : on donne les résultats d’un raisonnement, on ne peut pas décrire le raisonnement en entier, ni la réalité présente et passée de laquelle en tant que matérialiste tous nos raisonnements doivent bien sûr partir. La part de « réalité » qui est exposée explicitement dans cet éditorial est décrite sous forme d’une citation de Jean-Marie Nomertin. N’est-ce-pas la première façon d’être solidaire d’un mouvement que de donner la parole à ses acteurs, et de faire en partie confiance à JMN concernant cette partie de son analyse ? C’est le sens du titre des bulletins "Voix des travailleurs".

    2) Ce n’est pas une description de la réalité qu’un éditorial a l’objectif de donner, mais une analyse et si possible une perspective politique marxiste révolutionnaire. De ce côté là tout la réalité est dans le titre : les travailleurs de Guadeloupe et Martinique nous montrent la voie, suivons-là. C’est le réflexe que tout travailleur conscient doit avoir. Un travailleur qui veut en quelques mots prendre position dans une manif ou sur son lieu de travail, peut prendre un carton et un marqueur et par ces mots il devient un petit parti.

    3) Cet appel à suivre la lutte des travailleurs de Guadeloupe et Martinique, tu remarqueras que LO est à l’opposé : dans le dernier édito en date de LO, la Guadeloupe n’est même pas mentionnée ! Cet édito porte sur le combat contre l’extrême droite, la lutte des colonies de Guadeloupe et de Martinique n’est-il pas un exemple de la lutte contre le racisme et l’extrême droite, représentée par l’armée et les colons blancs ?! Par son contenu même, cet édito de N. Arthaud est une honte pour des révolutionnaires, ou encore un texte remarquable sur la forme et sur le fond ... s’il est écrit par de faux révolutionnaires qui veulent plaire à Martinez et à la bourgeoisie française pour leur montrer que laisser la direction de certains secteurs CGT à LO ou à Combat Ouvrier n’est pas dangereux.

    Cet édito de LO est même un texte d’école, à faire lire, à l’avenir. Des « stagiaires » du parti devraient répondre concernant leur opinion sur ce texte 1) avant de leur rappeler le contexte : super, à faire lire pour former des révolutionnaires ! 2) après une honte, à faire lire pour démasquer les faux révolutionnaires.

    4) La GCT Guadeloupe n’est à ma connaissance pas une organisation clandestine. Personnellement, j’ai conscience de la nécessité d’avoir le maximum d’information concernant la « réalité » de la Guadeloupe. J’ai donc été visiter et revisiter les sites internet de ces organisations. Or qu’y trouve-t-on ? Pas grand-chose ! Quelle déception, il faut chercher son matériel ailleurs, sauf pour une agitation syndicale de routine. a) Ou est la page spéciale sur le mouvement ? avec des entretiens avec les travailleurs en lutte ? Avec leurs tracts ? Avec une carte des comités : à tel endroit un comité de ville, de quartier, d’entreprise dont voici le nom etc ? Quasiment rien !

    Certes, le site de Combat ouvrier se fait plus l’écho de la base, mais pourquoi les mêmes, dans la CGT se taisent ?

    b) sur la page que veut la CGTG il n’est pas mentionné que la CGT est ou a une tendance révolutionnaire, qu’elle est pour l’auto-organisation. Le peu qu’on lit est digne d’une aile droite de la CGT, avec des formules mystérieuses comme :

    La CGTG entretient un accord de coopération avec la CGT-France, mais elle est totalement indépendante.

    Ah bon ? L’émancipation des travailleurs de Guadeloupe est indépendante de celle des travailleurs de la métropole ? Ce type de formule est l’équivalent syndical de l’autonomie que le ministre Lecornu vient de proposer. L’indépendance des syndicats est un vieux slogan des réformistes, qu’ils soient anarchistes ou socio-démocrates. Sinon le mieux est de mentionner la Charte d’Amiens de la CGT, qui mentionne l’abolition du salariat.

    c) Quasiment tous les textes ou interventions sur le site CGT Guadeloupe sont ceux de Jean-Marie Nomertin, qui ne se présente jamais, en plein mouvement, comme élu par un comité de travailleurs en lutte ! En pleine grève insurrectionnelle, c’est tout un programme : celui du mouvement ouvrier bourgeois qui laisse le monopole de l’expression et de l’action politique aux institutions mises en place par l’Etat bourgeois (par les lois de 1884 sur les syndicats ou de 1901 sur les associations), et nie, voire combat (par le silence actuellement) l’existence des embryons des institutions de l’Etat ouvrier à venir.

    d) le site de la fédération CGT santé de Guadeloupe est mieux fourni, avec en particulier des formats pdf des textes qui permettent de les imprimer.

    Mais le dernier texte en date ne comporte aucun commentaire : la CGTG a signé un protocole de négociation qui exclut les comités auto-organisés. C’est indigne de révolutionnaires, ils devraient expliquer la situation ! Au moins expliquer qui sont les signataires de ce document, les révolutionnaires les reconnaissent-ils comme des représentant élus par les travailleurs eux-mêmes ?

    JM Nomertin de la CGT signe cet accord ... mais J-M Nomertin de Combat ouvrier le condamnait à l’avance :

    Des délégués élus par leurs camarades sur les barrages et dans les entreprises en grève devront être aussi présents dans les négociations lorsqu’elles se dérouleront. C’est cela la vraie démocratie ouvrière ! Même si les syndicats et leurs chefs sont présents, les travailleurs et les membres de la population en lutte doivent être représentés directement.

    Pas de base qui suit et de chefs qui décident !

    Combat Ouvrier le 30 novembre

    Quel comique ! Quelle hypocrisie dans le grand style stalinien !

    Cher Charles, malheureusement, si toi ou la CGT Guadeloupe ne donnez pas d’autres éléments pour décrire « la réalité », il est banal de penser que la CGTG est « en réalité » la même que la CGT de métropole, dont JP Mercier de LO est un des porte-parole officiels (en tant que délégué central de la Fédé Metallurgie, voire leur statuts) . Le document en question est la routine syndicale : empêcher les travailleurs de diriger eux-mêmes leur mouvement.

    Certains tracts de réinformation de la CGT Guadeloupe santé sont intéressants et personnellement nous les avons distribués à des centaines d’exemplaires car le logo CGT en fait des tracts syndicaux. Mais ou sont les tracts des révolutionnaires ? Et rien sur l’extension de la lutte en métropole ! La CGT G n’appelle pas à l’extension en métropole !

    à suivre ...

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