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Editorial 7-12-2008 - Prime aux casseurs !

samedi 6 décembre 2008, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Prime à la casse ou prime aux casseurs ?

Sarkozy est, une fois de plus, arrivé avec, dans sa hotte de père Noël, un tas de cadeaux : 26 milliards. Bien des travailleurs se demandent ce que tout cela signifie et d’où vient l’argent. Le même Sarkozy déclarait les caisses de l’Etat vides quand il s’agissait d’augmenter les salaires. Elles ne l’étaient plus quand il s’agissait de faire cadeau du « paquet fiscal » de 15 milliards aux « moins démunis ». Et elles se révélaient capables de sortir, cash et immédiatement, plus de 360 milliards d’euros pour les banquiers, les financiers et les patrons.

Les prétextes ont varié considérablement. Au début, il s’agissait d’éviter un effondrement de la confiance du public dans le système bancaire et boursier. Ensuite, il a été question d’éviter une crise du crédit entre banques. Puis, le gouvernement a prétendu combattre une crise du crédit bancaire pour les petites entreprises et pour les particuliers. Enfin, il a été question d’aides à l’Automobile pour l’aider à lutter contre la pollution et le réchauffement. Maintenant, le motif invoqué est de relancer l’économie face à la récession.

Si beaucoup de publicité a été faite aux mesures de crédit au logement et aux achats de véhicules (curieuse manière de combattre une crise paraît-il causée par trop d’endettement), l’essentiel du plan consiste à distribuer des sommes folles aux patrons : 11 milliards de soi-disant remboursements de dettes, 2,5 milliards à EDF, 4 milliards aux patrons de « secteurs stratégiques », 1 milliard pour Renault et PSA et 300 millions pour les patrons équipementiers de l’Automobile et 4 milliards aux patrons des entreprises liées à la recherche. Quant au « soutien à l’emploi », il consiste à supprimer des charges patronales. Les distributions d’argent public servent toujours la classe capitaliste. A côté de ces milliards, la misère que représente une prime de 200€ aux futurs bénéficiaires du RSA est choquante.

Aux USA, il en va de même : des centaines de milliards pour aider les capitalistes, mais pas un centime pour aider les expulsés de leur logement ni les salariés licenciés massivement (500.000 aux USA rien qu’en novembre). Les banques US, à peine « sauvées », ont été les premières à licencier massivement. Le plan Paulson pour « sauver les banques américaines » a été une distribution de centaines de milliards : environ 10 milliards en moyenne par banque. Il ne comportait aucune condition, aucun contrôle de l’utilisation des fonds, aucun organisme pour surveiller leur destination. Si bien que, de l’aveu des autorités elles-mêmes, 7 sur les 10 milliards ont été données en gratification personnelle aux patrons de ces banques américaines et non pour combler le trou. Et pour cause : le trou avoisine les 4000 milliards de dollars d’actifs dits « pourris », du type subprimes, actions en bourse fondées seulement sur des dettes, immobilières, financières, boursières, ou autres.

Sauver le système, les grands capitalistes et les chefs des Etats n’y croient sans doute plus. Ils essaient surtout de gagner du temps pour trouver les moyens que les classes ouvrières de tous les pays ne comprennent pas trop vite ce qui est en train de se passer.

Sarkozy prétend sauver l’emploi et les salaires en versant des milliards aux capitalistes mais il n’exige nullement des patrons aidés qu’ils ne licencient pas, qu’ils ne ferment pas d’usines, qu’ils ne mettent pas les salariés au chômage technique, qu’ils ne ponctionnent pas les salaires.

C’est ceux qui cassent la société qui sont aidés par les Etats dans le monde entier. C’est seulement le grand capital qui est l’objet de tous leurs soins.

Plus que jamais, il est nécessaire à la classe ouvrière d’avoir sa propre politique, de mener ses propres combats et, d’abord, de ne donner aucune caution aux distributions de fonds qui prétendent sauver tel ou tel secteur, telle ou telle entreprise.

Pour défendre leur avenir et celui de toute la société, les travailleurs devront imposer :

- Interdiction des distributions de fonds publics

- Interdiction des suppressions d’emplois

- Interdiction des fermetures d’usine

- Interdiction du chômage technique

- Réquisition des logements vides

- Confiscation des capitaux spéculatifs, des entreprises qui ferment, des revenus des sociétés et des biens de leurs propriétaires privés

- Revenu minimum pour tous : 1500€/mois.

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