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Editorial 25-01-2009 - Pas de sauveur, ni Obama ni Sarkozy

jeudi 22 janvier 2009, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ? (air connu)

Aux Etats Unis, il y a eu un véritable air de fête lors de l’investiture d’Obama. Bien sûr, les gens qui ont perdu ou sont en train de perdre leur logement ne l’ont pas récupéré et Obama n’a pas promis de le leur rendre. S’ils ont froid, l’élection d’Obama est censée leur donner chaud au coeur. Mais, si les soldats américains vont se retirer d’Irak, c’est pour continuer le même type de guerre terroriste en Afghanistan. Les 500.000 nouveaux Américains licenciés chaque mois n’auront, au mieux, que des grands travaux commandés par l’Etat pour tout espoir. Le seul « miracle Obama », si l’on peut dire, c’est vraiment que les victimes de la crise fassent confiance pour s’en sortir à un homme aussi lié à ceux-là même qui ont causé cette crise. N’a-t-il pas reçu pour sa campagne 641 millions de dollars de banquiers (comme Goldman Sachs), de financiers (comme Georges Soros) et de patrons de trusts (comme Bill Gates) ? C’est aux travailleurs américains qu’Obama demande d’être patients et ... de faire encore des sacrifices. Par contre, c’est aux patrons des trusts automobiles et des banques auxquels sont consacrés l’essentiel de 825 milliards de dollars qu’Obama va dire son « yes we can ».

Pour ne pas être en reste, Sarkozy tient à dire qu’il « est pressé de changer le monde avec Obama », et, à l’instar de son homologue américain, le président français donne 10,5 milliards aux banques et 6 milliards aux patrons de l’Automobile. L’argent qu’il avait déjà donné aux banques était censé leur permettre de recommencer à faire crédit. Maintenant que l’on constate que ces banques n’ont pas repris leurs opérations de crédit, l’Etat s’en charge lui-même auprès des capitalistes, notamment de ceux de l’Automobile.

Alors, nos dirigeants, ici et outre-atlantique, voudraient nous faire partager leur optimisme ? Est-ce pour nous convaincre qu’ils ne veulent que notre bonheur qu’ils ponctionnent les services publics, à commencer par l’hôpital public dont Sarkozy affirme qu’il peut fonctionner avec moins de moyens en argent et personnel ? Tant pis pour la multiplication des accidents qui résulte de ces restrictions ! C’est pour nous rendre heureux que Sarkozy, Ghosn et Streiff s’entendent pour développer le chômage partiel contre lequel les salariés de Renault Le Mans et Sandouville viennent de faire grève ? Ces patrons vont pourtant recevoir sans contrepartie, en plus de six milliards, un crédit illimité pour leurs banques filiales en faillite. Et ce n’est certainement pas l’annonce de la baisse des cotisations patronales pour le chômage qui va rassurer les chômeurs !

Alors, effectivement, qu’est-ce qu’on attend pour faire leur fête à tous ces gens-là ? A Sarkozy qui voudrait remettre en cause le droit de grève des cheminots et des autres salariés des transports ou de l’Education. Aux patrons qui veulent nous faire payer les frais d’une crise dont ils sont les seuls responsables. Aux grandes puissances qui ont des milliards pour les financiers et pour écraser militairement des peuples entiers mais pas pour les chômeurs et les sans-logis. Qu’est-ce qu’on attend pour se révolter comme les travailleurs de Guadeloupe en grève générale contre la vie chère et qui sont sur les barricades ! Qu’est-ce qu’on attend pour organiser le tous ensemble dans la rue, du privé et du public, des salariés et des chômeurs, des retraités aux actifs ? Si le 29 janvier doit servir à cela, c’est en permettant non seulement de mettre du monde en grève et dans la rue ce jour-là, mais pour se concerter en vue de la riposte d’ensemble du monde du travail.

La classe ouvrière, mobilisée comme lorsqu’elle a bloqué la gare Saint Lazare, peut bloquer l’économie de tout le pays. Fini alors le chantage des patrons. A eux de ressentir la crainte. On pourra ainsi imposer nos solutions. On ne se contentera pas de bloquer les bonus mais on annulera les dividendes des actionnaires. Et si cela ne suffit pas, on se paiera sur le capital amassé durant des années sur notre dos. Si les caisses des entreprises sont vides, prenons l’argent sur les comptes des grands actionnaires. Voilà comment on peut imposer qu’on nous paie nos salaires et nos retraites, qu’il y ait une relance ou pas, des investissements ou pas, du boulot ou pas. Et, s’ils s’obstinent ces cannibales du profit, à faire de nous des chômeurs et des miséreux, s’ils menacent la vie de nos familles, eh bien licencions définitivement les actionnaires et finissons-en avec cette société d’exploitation. Là oui, ce sera la fête.

Sur Obama

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