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Umberto Eco est toujours vivant…

dimanche 21 février 2016

Umberto Eco est toujours vivant…

Umberto Eco, contrant le bourrage de crânes :

« L’actualité, c’est de découvrir que, jusqu’à présent, on nous a trompés, quelqu’un a même trompé tout le monde. »

« L’excès d’information provoque l’amnésie. »

« Si la seule intuition de l’individuel est juste, le fait que des causes du même genre aient des effets du même genre est une proposition difficile à soutenir. Un même corps peut être froid ou chaud, doux ou amer, humide ou sec, dans un lieu - et pas dans un autre. Comment puis-je découvrir le lieu universel qui met de l’ordre dans les choses, si je ne puis bouger le petit doigt sans créer une infinité de nouveaux états, puisqu’avec un tel mouvement toutes les relations de position entre mon doigt et tous les autres objets changent ? Les relations sont les manières dont mon esprit perçoit le rapport entre les états singuliers, mais quelle garantie peut-on avoir que cette manière est universelle et stable ? »

« Il n’est jamais inutile de mieux connaître ses propres ennemis. »

« Il est tard, et quand on a peu de temps, gare si l’on perd son calme. Nous devons agir comme si nous avions l’éternité devant nous. »

Umberto Eco, contrant les intégrismes :

« Eh bien, sache-le, l’incandescence de la vérité est d’une autre flamme… parce que ce n’était plus lui qui parlait, mais sa luxure, les démons de son âme… Oui, il y a une luxure de la douleur, comme il y a une luxure de l’adoration et même une luxure de l’humilité. »

« Ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques. Non seulement pour les imaginer quand ils n’existent pas, mais parce qu’ils répriment avec une telle véhémence la vérole hérétique que nombre sont ceux qui l’attrapent par haine des inquisiteurs. »

« Le diable est l’arrogance de l’esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n’est jamais effleurée par le doute. »

« La Bible, une histoire d’incestes et de massacres et de guerres sauvages, où on ne triomphe qu’a travers la trahison et la fraude, où les rois font assassiner les maris pour s’emparer de leurs épouses, où les femmes qui se disent saintes entrent dans le lit des généraux ennemis pour leur couper la tête. »

Umberto Eco, contre les interdits et les anathèmes :

« Le bien, pour un livre, c’est d’être lu. »

Umberto Eco, antiraciste :

« Le tiers monde frappe aux portes de l’Europe, et y pénètre même si elle n’est pas d’accord. Le problème n’est plus de décider (ainsi que les politiciens font semblant de le croire) si l’on doit admettre à Paris des étudiantes portant le tchador ou combien de mosquées on va construire à Rome. Le problème est de savoir que, au prochain millénaire (et, n’étant pas un prophète, je ne vous donnerai pas une date précise), l’Europe sera un continent multiracial ou, si vous préférez, « coloré » . Et ce sera comme ça, que cela vous plaise ou non. Cette rencontre (ou ce heurt) de cultures risque d’avoir des issues sanglantes, et je suis convaincu que, dans une certaine mesure, elle les aura, qu’elles seront inévitables et dureront longtemps. Mais malgré tout, les racistes devraient (en théorie) être une race en voie d’extinction. »

« Quelqu’un a dit que le patriotisme est le dernier refuge des canailles : qui n’a pas de principes moraux se drape d’habitude dans une bannière, et les bâtards se réclament toujours de la pureté de la race. L’identité nationale est la dernière ressource des déshérités. Or le sentiment de l’identité se fonde sur la haine, sur la haine de qui n’est pas identique. »

« Depuis que ce Gobineau a écrit sur l’inégalité des races, on a l’impression que si quelqu’un médit d’un autre peuple c’est parce qu’il juge le sien supérieur. »

« Les vaches, quelle que soit leur couleur, donnent le même lait. La rose, quel que soit le nom qu’on lui donne, émet la même odeur. »

« Enfin, il m’a demandé quels étaient nos ennemis. Devant mon incompréhension, il m’a expliqué qu’il voulait savoir avec quels peuples nous étions en guerre depuis des siècles pour des revendications territoriales, des haines ethniques, d’incessantes violations de frontières, etc. Je lui ai dit que nous n’étions en guerre avec personne. Avec patience, il m’a réexpliqué qu’il voulait savoir quels étaient nos adversaires historiques, ceux qui nous massacraient et ceux que nous massacrions. Je lui ai répété que nous n’en avions pas, que la dernière guerre, nous l’avions faite il y a plus d’un demi-siècle, et d’ailleurs en la commençant avec un ennemi et en la finissant avec un autre. »

Umberto Eco, dans son rôle d’intellectuel :

« La vraie question, c’est quand même « qu’est ce qu’il restera de ce qui se vit et se produit aujourd’hui ». « Ne posez pas cette question… C’est impossible de parler du présent. Il se trouve peut-être que vous venez de croiser dans la rue le plus grand artiste vivant contemporain, que vous ne l’avez pas remarqué et que vous ne le remarquerez jamais… Pensez à Balzac… Il a fallu attendre Marx et Engels pour qu’on avoue enfin qu’il avait tout vu et tout compris sur le monde moderne. »

« J’espère que vous n’avez pas pris ma théorie pour argent comptant. Je ne suis pas en train de mettre l’univers en ordre. Je m’explique sur ce qu’est un fou pour une maison d’édition. La théorie est ad hoc, d’accord ? »

« J’en suis arrivé à la certitude qu’il y a des notions communes à toutes les cultures, et que toutes se réfèrent à la position de notre corps dans l’espace. »

« – Et vous, dis-je avec une infantile impertinence, vous ne commettez jamais d’erreurs ?

– Souvent, répondit-il. Mais au lieu d’en concevoir une seule, j’en imagine beaucoup, ainsi je ne deviens l’esclave d’aucune. »

« Il est des moments magiques, de grande fatigue physique et d’intense excitation motrice, où surgissent des visions de personnes connues par le passé [...] surgissent pareillement des visions de livres non encore écrits. »

« Il s’agissait en effet de savoir si les métaphores, et les jeux de mots, et les énigmes, qui ont pourtant bien l’air d’avoir été imaginés par les poètes par divertissement, ne portent pas à spéculer sur les choses de manière nouvelle et surprenante... »

« Personne ne nous impose de savoir. Il le faut, un point c’est tout, fût-ce au prix de mal comprendre. »

Umberto Eco brocardant la thèse sociobiologique du gène égoïste :

“Une poule est l’artifice qu’utilise un oeuf pour produire un autre oeuf.”

Umberto Eco, critiquant le tout-informatique :

« Une nouvelle guerre de religion modifie subrepticement notre monde contemporain. J’en suis convaincu depuis longtemps, et lorsque j’évoque cette idée, je m’aperçois qu’elle recueille aussitôt un consensus. Ceci n’a pu vous échapper, le monde est aujourd’hui divisé en deux : d’un côté les partisans du Macintosh de l’autre ceux du PC sous MS-Dos. Eh bien, je suis intimement persuadé que le Mac est catholique et le Dos protestant. »

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