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Contre le réformisme : l’auto-organisation des travailleurs

mardi 11 août 2009, par Robert Paris

POLEMIQUE DE KAUTSKY AVEC PANNEKOEK

(texte de Lénine dans l’Etat et la révolution)

Pannekoek, adversaire de Kautsky, était l’un des représentants de la tendance "radicale de gauche", qui comptait dans ses rangs Rosa Luxembourg, Karl Radek, d’autres encore. Préconisant la tactique révolutionnaire, ils s’accordaient à reconnaître que Kautsky adoptait une position "centriste", dénuée de principes, et oscillait entre le marxisme et l’opportunisme. La justesse de cette appréciation a été pleinement démontrée par la guerre, lorsque la tendance dite "du centre" (appelée à tort marxiste) ou "kautskiste" s’est révélée dans toute sa hideuse indigence.

Dans son article "L’action de masse et la révolution" (Neue Zeit, 1912, XXX, 2), qui traite, entre autres, du problème de l’Etat, Pannekoek définissait la position de Kautsky comme un "radicalisme passif", comme une "théorie de l’attente inactive". "Kautsky ne veut pas voir le processus de la révolution" (p. 616). En posant ainsi la question, Pannekoek a abordé le sujet qui nous intéresse : les tâches de la révolution prolétarienne à l’égard de l’Etat.

"La lutte du prolétariat. écrivait-il, n’est pas simplement une lutte contre la bourgeoisie pour le pouvoir d’Etat ; c’est aussi une lutte contre le pouvoir d’Etat... La révolution prolétarienne consiste à anéantir les instruments de la force de l’Etat et à les éliminer (Auflösung, littéralement : dissoudre) par les instruments de la force du prolétariat... La lutte ne cesse qu’au moment où le résultat final est atteint, au moment où l’organisation d’Etat est complètement détruite. L’organisation de la majorité prouve sa supériorité en anéantissant l’organisation de la minorité dominante" (p. 548).

La formule dont Pannekoek a revêtu sa pensée souffre de très graves défauts. Néanmoins, l’idée est claire, et il est intéressant de voir comment Kautsky a cherché à la réfuter.

"Jusqu’ici, a-t-il écrit, l’opposition entre les social-démocrates et les anarchistes consistait en ce que les premiers voulaient conquérir le pouvoir d’Etat, et les seconds le détruire. Pannekoek veut l’un et l’autre" (p. 724).

L’exposé de Pannekoek manque de clarté et de précision (sans compter les autres défauts de son article, qui ne se rapportent pas au sujet traité) ; mais Kautsky a pris la question de principe soulevée par Pannekoek et, dans cette question de principe capitale , il abandonne tout à fait les positions du marxisme pour passer entièrement à l’opportunisme. La distinction qu’il établit entre social-démocrates et anarchistes est complètement erronée ; le marxisme est définitivement dénaturé et avili.

Voici ce qui distingue les marxistes des anarchistes : 1° Les premiers, tout en se proposant de supprimer complètement l’Etat, ne croient la chose réalisable qu’après la suppression des classes par la révolution socialiste, comme résultat de l’instauration du socialisme qui mène à la disparition de l’Etat, les seconds veulent la suppression complète de l’Etat du jour au lendemain, sans comprendre les conditions qui la rendent possible. 2° Les premiers proclament la nécessité pour le prolétariat, après qu’il aura conquis le pouvoir politique, de détruire entièrement la vieille machine d’Etat et de la remplacer par une nouvelle, qui consiste dans l’organisation des ouvriers armés, sur le modèle de la Commune ; les seconds, tout en plaidant pour la destruction de la machine d’Etat, ne se représentent que très confusément par quoi le prolétariat la remplacera et comment il usera du pouvoir révolutionnaire ; les anarchistes vont jusqu’à repousser l’utilisation du pouvoir d’Etat par le prolétariat révolutionnaire, jusqu’à repousser la dictature révolutionnaire. 3° Les premiers veulent que le prolétariat se prépare à la révolution en utilisant l’Etat moderne ; les anarchistes sont contre cette façon de faire.

Dans cette discussion, c’est Pannekoek qui représente le marxisme contre Kautsky, car Marx a précisément enseigné que le prolétariat ne peut pas se contenter de conquérir le pouvoir d’Etat (en ce sens que le vieil appareil d’Etat ne doit pas passer simplement en d’autres mains), mais qu’il doit briser, démolir cet appareil et le remplacer par un nouveau.

Kautsky abandonne le marxisme pour l’opportunisme, car il escamote tout à fait précisément cette destruction de la machine d’Etat, absolument inacceptable pour les opportunistes, et laisse ainsi à ces derniers une échappatoire qui leur permet d’interpréter la "conquête" comme une simple acquisition de la majorité.

Afin de dissimuler cette déformation du marxisme, Kautsky agit en bon glossateur : il y va d’une "citation" de Marx lui-même. Marx affirmait en 1850 la nécessité d’une "centralisation résolue de la force entre les mains de l’Etat". Et Kautsky de triompher : Pannekoek ne voudrait-il pas détruire le "centralisme" ?

Simple tour de passe-passe, qui rappelle celui de Bernstein identifiant le marxisme et le proudhonisme dans leurs vues sur la fédération considérée comme préférable au centralisme.

La "citation" de Kautsky vient comme un cheveux sur la soupe. Le centralisme est possible avec la vieille machine d’Etat comme avec la nouvelle. Si les ouvriers unissent librement leurs forces armées, ce sera du centralisme, mais celui-ci reposera sur la "destruction complète" de l’appareil d’Etat centraliste, de l’armée permanente, de la police, de la bureaucratie. Kautsky agit d’une façon tout à fait malhonnête en éludant les considérations bien connues de Marx et d’Engels sur la Commune pour aller déterrer une citation qui n’a rien à voir avec la question.

"Peut-être Pannekoek voudra-t-il supprimer les fonctions publiques des fonctionnaires ? poursuit Kautsky. Mais nous ne nous passons de fonctionnaires ni dans l’organisation du parti ni dans celle des syndicats, sans parler des administrations de l’Etat. Notre programme demande non pas la suppression des fonctionnaires de l’Etat, mais leur élection par le peuple... Il s’agit maintenant chez nous non de savoir quelle forme revêtira l’appareil administratif dans l’"Etat futur", mais de savoir si notre lutte politique détruira (auflöst , littéralement : dissoudra) le pouvoir de l’Etat avant que nous l’ayons conquis [souligné par Kautsky]. Quel est le ministère avec ses fonctionnaires qui pourrait être détruit ?" Il énumère les ministères de l’Instruction publique, de la Justice, des Finances, de la Guerre. "Non, pas un des ministères actuels ne sera supprimé par notre lutte politique contre le gouvernement... Je le répète, pour éviter les malentendus : il ne s’agit pas de savoir quelle forme la social-démocratie victorieuse donnera à l’"Etat futur", il s’agit de savoir comment notre opposition transformera l’Etat actuel" (p. 725)

C’est là un véritable escamotage. Pannekoek posait le problème précis de la révolution . Le titre de son article et les passages cités le disent clairement. En sautant à la question de l’"opposition", Kautsky ne fait que substituer au point de vue révolutionnaire le point de vue opportuniste. Son raisonnement se ramène à ceci : maintenant, opposition ; après la conquête du pouvoir, on avisera. La révolution disparaît ! C’est exactement ce que demandaient les opportunistes.

Il ne s’agit ni de l’opposition, ni de la lutte politique en général, mais précisément de la Révolution. La révolution consiste en ceci : le prolétariat détruit l’"appareil administratif" et l’appareil d’Etat tout entier pour le remplacer par un nouveau, qui est constitué par les ouvriers armés. Kautsky montre une "vénération superstitieuse" pour les "ministères" ; mais pourquoi ne pourraient-ils pas être remplacés, mettons par des commissions de spécialistes auprès des Soviet souverains et tout-puissants de députés ouvriers et soldats ?

L’essentiel n’est point de savoir si les "ministères" subsisteront ou s’ils seront remplacés par des "commissions de spécialistes", ou par d’autres organismes : cela n’a absolument aucune importance. L’essentiel est de savoir si la vieille machine d’Etat (liée à la bourgeoisie par des milliers d’attaches et toute pénétrée de routine et de conservatisme) sera maintenue ou si elle sera détruite et remplacée par une nouvelle . La révolution ne doit pas aboutir à ce que la classe nouvelle commande et gouverne à l’aide de la vieille machine d’Etat, mais à ceci, qu’après l’avoir brisée , elle commande à l’aide d’une machine nouvelle : c’est cette idée fondamentale du marxisme que Kautsky escamote ou qu’il n’a absolument pas comprise.

Sa question relative aux fonctionnaires montre de toute évidence qu’il n’a compris ni les enseignements de la Commune ni la doctrine de Marx. "Nous ne nous passons de fonctionnaires ni dans l’organisation du parti, ni dans celle des syndicats"...

Nous ne nous passons pas de fonctionnaires en régime capitaliste , sous la domination de la bourgeoisie. Le prolétariat est opprimé, les masses laborieuses sont asservies par le capitalisme. En régime capitaliste, la démocratie est rétrécie, comprimée, tronquée, mutilée par cette ambiance que créent l’esclavage salarié, le besoin et la misère des masses.

C’est pour cette raison, et seulement pour cette raison, que dans nos organisations politiques et syndicales les fonctionnaires sont corrompus (ou plus exactement ont tendance à l’être) par l’ambiance capitaliste et manifestent une tendance à se transformer en bureaucrates, c’est-à-dire en personnages privilégiés, coupés des masses et placés au-dessus d’elles.

Là est l’essence du bureaucratisme. Et tant que les capitalistes n’auront pas été expropriés, tant que la bourgeoisie n’aura pas été renversée, une certaine "bureaucratisation" des fonctionnaires du prolétariat eux-mêmes est inévitable.

Kautsky dit en somme ceci : puisqu’il subsistera des employés publics élus, il y aura donc aussi en régime socialiste des fonctionnaires et une bureaucratie ! C’est précisément ce qui est faux. Précisément par l’exemple de la Commune, Marx a montré que les titulaires des fonctions publiques cessent, en régime socialiste, d’être des "bureaucrates", "fonctionnaires" au fur et à mesure que, sans parler de leur électivité, on établit en outre leur révocabilité à tout moment, qu’on réduit en outre leur traitement à un salaire moyen d’ouvrier, et qu’en plus on remplace les organismes parlementaires par des corps "agissants", "exécutifs et législatifs à la fois".

Au fond, toute l’argumentation de Kautsky contre Pannekoek, et surtout cet argument admirable que dans les organisations syndicales, pas plus que dans celles du parti, nous ne pouvons nous passer de fonctionnaires, attestent que Kautsky reprend les vieux "arguments" de Bernstein contre le marxisme en général. Dans son livre de renégat Les Prémisses du socialisme , Bernstein part en guerre contre l’idée de démocratie "primitive, contre ce qu’il appelle le "démocratisme doctrinaire" : mandats impératifs, fonctionnaires non rétribués, représentation centrale sans pouvoir, etc. Afin de prouver la carence de cette démocratie "primitive", Bernstein invoque l’expérience des trade-unions anglaises, interprétée par les époux Webb. Au cours des soixante-dix années de leur développement, les trade-unions, qui auraient soi-disant évolué "en pleine liberté" (p. 137 de l’édit. allemande), se seraient convaincues de l’inefficacité de la démocratie primitive et l’auraient remplacée par l’habituel parlementarisme allié au bureaucratisme.

En fait, les trade-unions n’ont pas évolué "en pleine liberté" mais en plein esclavage capitaliste , où, certes, l’on "ne saurait éviter" les concessions au mal régnant, à la violence, au mensonge, à l’élimination des pauvres de l’administration "supérieure". En régime socialiste, bien des aspects de la démocratie "primitive" revivront nécessairement, car, pour la première fois dans l’histoire des sociétés civilisées, la masse de la population se haussera à une participation autonome , non seulement aux votes et aux élections, mais encore à l’administration journalière . En régime socialiste, tout le monde gouvernera à tour de rôle et s’habituera vite à ce que personne ne gouverne.

Avec son génial esprit d’analyse et de critique, Marx a vu dans les mesures pratiques de la Commune ce tournant que craignent tant et ne veulent pas reconnaître les opportunistes, par lâcheté et parce qu’ils se refusent à rompre définitivement avec la bourgeoisie ; que ne veulent pas voir les anarchistes, soit qu’ils se hâtent trop, soit qu’en général ils ne comprennent pas les conditions dans lesquelles s’opèrent les grandes transformations sociales. "Il ne faut même pas songer à détruire la vieille machine d’Etat : comment pourrions-nous nous passer des ministères et des fonctionnaires ?" raisonne l’opportuniste imbu de philistinisme et qui au fond, loin de croire à la révolution et à sa puissance créatrice, en a une peur mortelle (comme en ont peur nos menchéviks et nos socialistes-révolutionnaires).

"Il faut penser uniquement à la destruction de la vieille machine d’Etat ; inutile d’approfondir les enseignements concrets des révolutions prolétariennes antérieures, et d’analyser par quoi et comment remplacer ce que l’on détruit", raisonne l’anarchiste (le meilleur des anarchistes, naturellement, et non celui qui, à la suite des Kropotkine et consorts, se traîne derrière la bourgeoisie) ; c’est pourquoi l’anarchiste en arrive à la tactique du désespoir, et non à une activité révolutionnaire concrète intrépide, inexorable, mais qui tient compte en même temps des conditions pratiques du mouvement des masses.

Marx nous apprend à éviter ces deux erreurs : il nous apprend à faire preuve de la plus grande audace dans la destruction totale de la vieille machine d’Etat ; il nous enseigne d’autre part à poser le problème d’une façon concrète, la Commune a pu, en quelques semaines, commencer à construire une machine d’Etat nouvelle, prolétarienne, procédant de telle et telle façon, en prenant les mesures précitées tendant à assurer une plus grande démocratie et à extirper le bureaucratisme. Apprenons donc des communards l’audace révolutionnaire, tâchons de voir dans leurs mesures pratiques une esquisse des mesures pratiquement urgentes et immédiatement réalisables ; c’est ainsi que nous parviendrons, en suivant cette voie, à détruire complètement le bureaucratisme.

Ce qui garantit la possibilité de cette destruction, c’est que le socialisme réduira la journée de travail, élèvera les masses à une vie nouvelle, placera la majeure partie de la population dans des conditions permettant à tous, sans exception, de remplir les "fonctions publiques". Et c’est ce qui conduira à l’extinction complète de tout Etat en général.

"Le rôle de la grève de masse, poursuit Kautsky, ne peut jamais être de détruire le pouvoir d’Etat, mais seulement d’amener le gouvernement à des concessions sur une question donnée, ou de remplacer un gouvernement hostile au prolétariat par un gouvernement allant au-devant (entgegenkommende ) des besoins du prolétariat... Mais jamais et en aucun cas, cela [c’est-à-dire la victoire du prolétariat sur le gouvernement hostile] ne peut mener à la destruction du pouvoir d’Etat ; il ne peut en résulter qu’un qu’un certain déplacement (Verschiebung ) du rapport des forces à l’intérieur du pouvoir d’Etat ... le but de notre lutte politique reste donc, comme par le passé, la conquête du pouvoir d’Etat par l’acquisition de la majorité au Parlement et la transformation de ce dernier en maître du gouvernement" (pp. 726, 727, 732).

Voilà bien l’opportunisme le plus pur et le plus plat ; c’est renoncer en fait à la révolution tout en la reconnaissant en paroles. La pensée de Kautsky ne va pas au-delà d’un "gouvernement allant au-devant des besoins du prolétariat", c’est un pas en arrière vers le philistinisme par rapport à 1847, quand le Manifeste communiste proclamait "l’organisation du prolétariat en classe dominante".

Kautsky en sera réduit à réaliser l’"unité" qu’il chérit avec les Scheidemann, les Plékhanov, les Vandervelde, tous unanimes à lutter pour un gouvernement "allant au-devant des besoins du prolétariat".

Quant à nous, nous romprons avec ces renégats du socialisme et lutterons pour la destruction de toute la vieille machine d’Etat, afin que le prolétariat armé devienne lui-même le gouvernement. Ce sont "deux grandes différences".

Kautsky restera dans l’agréable compagnie des Legien et des David, des Plékhanov, des Potressov, des Tsérétéli et des Tchernov, qui ne demandent pas mieux que de lutter pour un "déplacement du rapport de forces à l’intérieur du pouvoir d’Etat", pour "l’acquisition de la majorité au Parlement et la transformation de ce dernier an maître du gouvernement", but des plus nobles où tout peut être accepté par les opportunistes, où rien ne sort du cadre de la république bourgeoise parlementaire.

Quant à nous, nous romprons avec les opportunistes ; et le prolétariat conscient sera tout entier avec nous dans la lutte, non pour un "déplacement du rapport de forces", mais pour le renversement de la bourgeoisie, pour la destruction du parlementarisme bourgeois, pour une république démocratique du type de la Commune ou une République des Soviets des députés ouvriers et soldats, pour la dictature révolutionnaire du prolétariat.

* * *

Le socialisme international comprend des courants qui se situent plus à droite que celui de Kautsky : les Cahiers socialistes mensuels en Allemagne (Legien, David, Kolbe et bien d’autres, y compris les Scandinaves Stauning et Branting) ; les jauressistes et Vandervelde en France et en Belgique ; Turati, Trèves et les autres représentants de l’aile droite du parti italien ; les fabiens et les "indépendants" (l’"Independant Labour Party" qui, en réalité, fut toujours sous la dépendance des libéraux) en Angleterre, etc... Tous ces messieurs, qui jouent un rôle considérable et très souvent prépondérant dans l’activité parlementaire et dans les publications du parti, rejettent ouvertement la dictature du prolétariat et pratiquent un opportunisme non déguisé. Pour ces messieurs, la "dictature" du prolétariat "contredit" la démocratie ! ! Au fond, rien de sérieux ne les différencie des démocrates petits-bourgeois.

Dès lors, nous sommes en droit de conclure que la IIe Internationale, dans l’immense majorité de ses représentants officiels, a entièrement versé dans l’opportunisme. L’expérience de la Commune a été non seulement oubliée, mais dénaturée. Loin d’inculquer aux masses ouvrières la conviction que le moment approche où il leur faudra agir et briser la vieille machine d’Etat en la remplaçant par une nouvelle et en faisant ainsi de leur domination politique la base de la transformation socialiste de la société, - on leur suggérait tout le contraire, et la "conquête du pouvoir" était présentée de telle façon que mille brèches restaient ouvertes à l’opportunisme.

La déformation et la conjuration du silence autour du problème de l’attitude de la révolution prolétarienne envers l’Etat ne pouvaient manquer de jouer un rôle considérable au moment où les Etats, pourvus d’un appareil militaire renforcé par suite de la compétition impérialiste, sont devenus des monstres belliqueux exterminant des millions d’hommes afin de décider qui, de l’Angleterre ou de l’Allemagne, du capital financier anglais ou du capital financier allemand, régnera sur le monde.

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