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D’où vient et où mène la nouvelle montée de l’extrême droite

mardi 21 septembre 2010, par Robert Paris

Elle vient de la lutte des classes, celle de la bourgeoisie, et sa seule issue est la lutte des classes, celle du prolétariat !!!

D’où vient et où mène la croissance mondiale de l’extrême droite ?

Elle vient de la lutte des classes, celle de la bourgeoisie, et sa seule issue est la lutte des classes, celle du prolétariat !!!

Pays-Bas, Danemark, Italie et Suède, l’extrême droite recueille des résultats électoraux qui témoignent de sa progression ou du discrédit des partis classiques de la démocratie bourgeoise. Les classes moyennes sont inquiètes, désillusionnées, paupérisées ou menacées de l’être. Dans d’autres pays, ces extrême droites se signalent surtout par des groupes de combat violents, racistes et anti-ouvriers, de la Russie à l’Allemagne et de la Hongrie aux USA, des guerres de religions au Nigeria au racisme anti-immigrés en Afrique du sud et au racisme anti-Caucasiens en Russie. Que ce soient au travers du racisme anti-musulmans ou anti-étrangers, de l’ethnisme, de la guerre des religions, des régions, de l’intégrisme religieux, l’extrême droite monte partout dans le monde. Ses

Quant à ces extrêmes droites, qu’elles soient racistes ou religieuses, nationalistes ou ethnistes, elles ne sont nullement en rupture avec le système d’exploitation actuel et n’opposent nullement un autre système au capitalisme, même si elles prétendent défendre une morale différente. Elles cherchent à exploiter la colère des victimes de ce système ou de ceux qui s’en sentent exclus. Elles transforment en haine contre d’autres opprimés la révolte contre le système d’exploitation ! En ce sens, loin d’être craintes par les classes dirigeantes, ces extrême droites ont toujours été protégées, conservées et, parfois, favorisées par les classes dirigeantes. Non seulement le dérivatif leur est bien utile mais ces forces spéciales peuvent servir éventuellement de masse de manoeuvre contre les travailleurs, si la crise sociale prenait un tour aigu. Hitler, Mussolini et Franco n’ont pas été les seuls à employer de telles méthodes. Des extrême droite ont pu prendre le pouvoir dans bien des pays menacés par une crise sociale, de la Yougoslavie de Milosevic au Rwanda de Habyarimana et au Cambodge de Pol Pot. Les drapeaux n’étaient pas les mêmes mais le contenu l’est. L’extrême droite a également servi de force supplétive bien des fois contre les travailleurs comme au Pakistan, en Inde, au Guatemala ou en Indonésie, détruisant les organisations populaires, ouvrières et paysannes, syndicales ou associatives.

Certains voient dans cette évolution menaçante l’emprise d’idéologies extrémistes et veulent se raccrocher à la démocratie, au rôle de l’Etat, à la culture, à l’éducation… C’est prendre l’effet pour la cause et c’est aussi refuser de s’en prendre aux racines mêmes du fascisme qui monte : les classes dirigeantes elles-mêmes. Pour expliquer cet engouement dangereux, certains incriminent tel ou tel politicien, telle ou telle idéologie, le racisme, l’intégrisme ou la xénophobie, comme si ces idées planaient dans les airs, étaient simplement culturelles et ne se rattachaient pas à un changement économique, social et politique lié à l’évolution du rapport des classes sociales, en somme à la crise de la société capitaliste. C’est cette crise qui désillusionne les classes moyennes, qui fournit des militants à ces courants, qui leur permet d’incarner la révolte des citoyens, et ce sont les classes dirigeantes elles-mêmes qui leur fournissent les occasions, les moyens, les buts.

La base de la montée de l’extrême droite est dans la chute des classes moyennes et dans la perte des espoirs de ces classes dans un avenir économique qui se dérobe. C’est une base matérielle et non idéologique. Et même l’idéologie n’est pas fondamentalement liée à une culture ou à une communauté, même si les idéologies dépendent d’une culture et d’une communauté. Les classes moyennes ont la haine parce qu’elles sont paupérisées et elles auraient été calmes et obéissantes si elles croyaient à leur réussite dans le cadre du système.

Mais c’est d’abord les classes dirigeantes qui entretiennent l’extrême droite, ses organisations comme son idéologie. Et tout d’abord l’impérialisme. C’est l’impérialisme dominant du monde qui a eu besoin de mettre en place cette fameuse opposition entre Musulmans et non-musulmans. Et s’il l’a fait c’est fondamentalement pour occulter une autre opposition diamétrale, bien plus réelle, celle entre oppresseurs et opprimés.

Ce n’est pas Al Qaïda qui a déclaré publiquement la guerre aux USA. Alors que cette organisation se battait aux côtés des USA contre l’URSS en Afghanistan, les Etats-Unis ont déclaré la guerre à l’Irak sous prétexte de son invasion du Koweit et ils ont imposé, sous ce prétexte, leur présence militaire dans cette zone pétrolière. Bush a dès lors désigné du doigt les Musulmans comme cause de désordre planétaire, remplaçant ainsi l’épouvantail stalinien par un nouvel « ennemi numéro un » : l’intégrisme musulman. C’est lui qui a ressorti la prétendue « guerre des civilisations » comme si la civilisation capitaliste était menacée par des religieux musulmans ! Mais Al Qaïda est née de la politique des dirigeants US, a prospéré grâce à leur aide militaire, financière et logistique et elle a eu d’autres appuis tout aussi capitalistes comme ceux des Etats pakistanais et saoudien. De même, le FIS algérien a d’abord été favorisé par la dictature militaire avant de servir, pendant dix ans, de prétexte à une violence généralisée contre la population pauvre qui semblait menacer le pouvoir depuis la révolte d’octobre 1988.

Les classes dirigeantes ne se contentent pas en effet de regarder la crise favoriser l’extrême droite : elles cultivent le mouvement. Bush n’est pas une exception. Sarkozy désigne du doigt les Roms, les immigrés, les Musulmans, les sans-papiers. Les autres dirigeants européens (comme Berlusconi) ne sont pas en reste, à l’est comme à l’ouest de l’Europe. La barbarie du capitalisme, momentanément camouflée parfois sous le vernis « démocratique » ressort, activée de plus belle par la crise.

Les gouvernants s’y entendent même à profiter de la présence de leurs extrême droites ou de bandes d’activistes de toutes sortes pour cacher les problèmes sociaux et politiques comme l’a fait l’Etat algérien avec le FIS ou comme le fait aujourd’hui Sarkozy avec les activités d’Al Qaïda au Maghreb islamique. Tout montre que Sarkozy a fait le choix de déclarer la guerre à ce groupe dans tout le territoire sahélien commun à l’Algérie, au Niger, au Mali et à la Mauritanie et qu’il en est résulté des actions d’AQMI. Il risque même d’en découler des attentats en France qui pourraient servir à monter les uns contre les autres non-musulmans et musulmans, Sarkozy pensant sans doute que cela servirait les classes dirigeantes et aussi ses affaires à lui....

Il découle de cette situation une nécessité impérieuse pour les travailleurs et tous les opprimés : mener une politique offensive contre l’ancienne société pourrie et entraîner ainsi les couches sociales ruinées des anciennes classes moyennes en les entraînant à se battre contre la classe capitaliste. Certes un tel objectif n’a rien d’évident. Mais l’obstacle principal réside dans les réticences des travailleurs eux-mêmes à se voir à la tête d’une nouvelle révolution sociale prolétarienne pour en finir avec le capitalisme. S’ils le faisaient, il ne manquerait pas de paysans pauvres, de pêcheurs démunis, d’épargnants ruinés, d’artisans découragés, d’étudiants sans perspective, pour se joindre à eux.

La perspective « de gauche » contre la montée des fascismes est une illusion particulièrement dangereuse. S’unir avec la bourgeoisie « de gauche » contre un mal qui vient de la bourgeoisie elle-même, c’est se tromper d’adversaire. Toute l’histoire passée montre que la gauche n’a jamais servi à battre le fascisme mais, au contraire, à le favoriser.

Mussolini a été lancé en politique par le parti socialiste italien. Le fascisme allemand s’est développé dès 1919 sous la houlette du parti socialiste combattant contre la révolution puis a été amené au pouvoir par Hindenbourg, président élu par le parti socialiste. Franco n’a pu battre la révolution ouvrière espagnole qu’après que le parti socialiste et le parti communiste l’aient désarmée, isolée et démoralisée. Le général Pinochet, ancien chef d’état-major du socialiste Allende a été porté au gouvernement par le socialiste Allende avant même de se servir de ce poste pour faire son coup d’état fasciste contre les travailleurs mobilisés. Pétain a été élu par le parlement du front populaire qui n’avait servi qu’à dévoyer la combativité de la grève générale ouvrière de 1936 avant que les fascistes ne puissent encadrer les masses populaires en cassant les organisations syndicales.

Ni l’Etat bourgeois, ni « la démocratie », ni la gauche ne peuvent nous défendre contre la montée du fascisme. Quand la société capitaliste bascule dans la violence, il ne sert à rien de pleurer et d’appeler de ses vœux un pacifisme des classes dirigeantes. Il faut changer de manière de lutter et de s’organiser. Il faut se préparer à des affrontements sociaux beaucoup plus radicaux. Il ne faut pas craindre de radicaliser la lutte sociale… Démontrer que les prolétaires sont capables de se battre contre le banquiers, les spéculateurs, les trusts et autres bandits capitalistes, c’est aussi une des manières d’entraîner derrière les travailleurs et vers le socialisme, des couches paupérisées des classes moyennes et donc de couper l’herbe sous le pied du fascisme tant qu’il est encore temps…. Inversement, si les travailleurs suivent de manière timorée les dirigeants syndicalistes ou les politiciens de gauche, s’ils se contentent de marches sans perspective et d’élections pour un faux changement, ils laisseront les fascistes offrir des fausses perspectives aux couches sociales paupérisées et toute la société humaine connaîtra à nouveau les horreurs du nazisme, ce sous-produit du capitalisme en crise.

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