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Analyses de l’élection américaine : le pire est à venir pour la société américaine

vendredi 9 novembre 2012, par Robert Paris

Analyses de l’élection américaine : le pire est à venir pour la société américaine

Bien des commentaires dans le grand public témoignent d’un contresens complet sur cette élection et sur le succès final d’Obama, même si sa marge de différence est faible avec son adversaire ainsi que sa marge de manœuvre vu que la chambre des députés lui reste majoritairement opposée.

En effet, ceux qui étaient horrifiés des prises de positions radicalement droitières de Mitt Romney et de son parti se rassurent : les Américains ne sont pas aussi affreux que cela et l’opinion publique américaine n’a pas basculé dans la droite la plus extrême. Ceux qui raisonnent ainsi oublient que l’opinion publique, aux USA comme ailleurs, est largement fabriquée par les classes dirigeantes et omettent tout simplement de raisonner sur ce que cherchent ces classes dirigeantes aux USA. C’est quand même la première chose qui compte si on veut comprendre quoi que ce soit en politique. Ce n’est pas aux USA où la campagne aura coûté environ trente milliards de dollars à chacun des deux partis qu’on peut éviter de la poser ! Car ce sont bien entendu essentiellement les classes dirigeantes qui ont financé à la fois les deux candidats. Comme dans la première élection d’Obama, ce dernier est autant aidé par le grand capital que son adversaire, sinon plus.

Et, bien évidemment, cette question, que veulent les classes dirigeantes aux USA, ne peut pas être séparée d’une autre : où en sont-elles sur le plan de leur capacité à gérer l’effondrement économique. Or, il s’avère que l’élection a mené les classes dirigeantes à retarder des attaques anti-sociales (licenciements, coupes dans les budgets, suppressions d’aides, casse des services publics, etc.) pour ne pas mettre la question sociale trop sur la table des discussions et des votes au moment des élections présidentielles, pour éviter que la fracture entre exploiteurs et exploités prenne un caractère politique publique.

Donc, contrairement à ce qu’affirme Obama, c’est le pire qui est à venir. Le fait qu’Obama soit réélu ne prouve nullement que les USA sont en quoi que ce soit tirés d’un mauvais pas.

Pour le comprendre, il faut tout d’abord rappeler comment et pourquoi les classes dirigeantes ont lancé Obama, à une époque où il n’était nullement connu et l’ont massivement financé. A ce moment, on était au plus bas dans le crédit de l’Etat fédéral aux USA, en pleine catastrophe économique, avec un président républicain prétendument anti-étatiste en économie qui intervenait massivement à coup d’argent des impôts pour aider banques et trusts ! Et la population non seulement n’avait plus aucune confiance dans le système politique mais elle n’avait plus aucune confiance dans ses classes dirigeantes, son Etat et le système tout court. C’est pour sortir de cette situation socialement et politiquement dangereuse que les classes dirigeantes ont sorti la carte Obama.

Sa réussite avait pour but de prouver à ceux qui n’y croyaient plus que l’Etat capitaliste est toujours là pour sauver le peuple américain. Bien sûr que les trusts et banques qui ont soutenu à fond la première candidature Obama n’étaient nullement dupes du « Yes we can ! ». Elles savaient que le président des USA n’allait pas du tout les sauver mais continuer, exactement comme Bush, à « sauver » les banques et les trusts. Mais il allait vendre un peu de rêve américain et c’était à leurs yeux indispensable.

Et cette première phase a assez bien réussi. Obama n’est certes plus l’idole et la catastrophe que subissent les milieux populaires américains ne peut pas permettre de lui conserver les illusions de l’époque mais une partie du public a cru qu’il essaie véritablement d’aider la population face au chômage et à la misère. Et elle a surtout cru que son adversaire essaiera encore moins.

La véritable question, celle qui permet de voir ce que cherchent les classes dirigeantes, contrairement à ce que les élections visent à faire croire, n’est pas dans les différences entre les deux partis principaux, démocrate et républicain (les autres étant volontairement effacés) mais dans les changements que les élections essaient insidieusement de produire dans la population américaine.

Ce qui frappe en effet, c’est à quel point les deux partis ont cherché à polariser l’électorat en divisant la population américaine et en jouant sur toutes les oppositions possibles : blancs contre noirs et hispaniques, hommes contre femmes, vieux contre jeunes, hétéros contre gays et lesbiennes, américains contre étrangers, contre les Musulmans, contre les chinois, contre les Palestiniens, etc… C’est là que l’on voit ce que cherchent les classes dirigeantes.

Si d’un côté, cela satisfait l’opinion bien tranquille d’Europe ayant envie de se rassurer d’entendre Obama, cela ne doit pas faire oublier que cela fait partie du jeu. Lui est chargé de tirer dans l’autre sens : on lui a donné le beau rôle, pro-femmes, anti-belliqueux, pro-gays, pro-jeunes, pro-minorités ethniques, pro-milieux populaires, progressiste, mais c’est un jeu truqué car ce n’est que du discours.

Comme n’est que du discours l’affichage selon lequel les deux partis veulent diriger l’Amérique sans s’opposer trop durement.

L’économie étant incapable de se relever, les remèdes employés (injecter sans cesse des sommes plus folles alors que la crise provient d’un énorme surplus de capital par rapport à celui qui peut ête investi dans la production et le commerce entraînant une sur-spéculation ultra rentable car couverte par les Etats et, du coup, un désinvestissement massif) étant plutôt des soins palliatifs que des moyens de soigner la catastrophe, il est certain que les classes dirigeantes veulent se préparer à éviter une montée de la lutte des classes aux USA. Rien de meilleur pour cela que de faire monter les oppositions sur d’autres terrains et de manière violente avec deux pôles créés d’avance, les deux partis capitalistes de la bourgeoisie américaine, avec les hommes contre les femmes, les races les unes contre les autres, les vieux contre les jeunes, les traditionalistes contre les autres et on en passe…

En somme, les classes dirigeantes détournent les risques de guerre civile du terrain social en lui donnant un autre tour, vers le fascisme.

Loin d’avoir calmé cet affrontement, l’élection d’Obama va l’exacerber inéluctablement. Il mènera la politique économique nécessaire au grand capital comme l’aurait fait son adversaire mais il le fera sous le drapeau d’aider les milieux en difficulté et les classes moyennes frappées se tourneront d’autant plus durement vers la droite.

Il suffit de lire les titres de la presse américaine : la seule chose qu’elle retient, c’est que l’Amérique serait divisée et pas en classes sociales ! Non, derrière les deux grands partis capitalistes ! Derrière les oppositions ethniques, raciales, de sexe, de genre ou d’âge !

Et les média, les politiciens, l’ensemble de ceux qui font l’opinion le répètent à l’envi : vous êtes divisés, vous vous détestés. Ils soufflent à fond sur les braises… Même en déclarant qu’il faut à nouveau unir les Américains, les chefs des deux partis recommencent à mettre en avant les mots d’ordre par lesquels ils ont cherché à les diviser.

Dans les mois et années qui viennent, ils vont encore cultiver et radicaliser cette politique de division, sur le terrain politique et social. Elle seule leur offre une sociale face à l’effondrement du capitalisme. L’élection d’Obama n’est pas synonyme d’un plus grand calme dans cet affrontement, bien au contraire…

Loin d’être un radical de son camp, Romney en était un modéré. L’échec républicain va relancer de bien plus à droite que lui. Et ils vont bénéficier de l’aggravation de la situation économique, des trous monstrueux dans les caisses publiques et du recul de la position de l’impérialisme US pour développer leur démagogie virant au fascisme.

On n’a fait que commencer à entrevoir le pire et, même si Obama se doit de prédire que le meilleur est à venir, la réalité va très vite se charger de démontrer le contraire avec des échéances très rapides : la nécessité du vote de l’autorisation pour les USA de s’endetter d’avantage, avec les vagues de licenciements massifs momentanément retardées par l’élection, avec l’aggravation massive des coupes dans les services publics, avec l’accroissement massif aussi de la misère aux USA, avec la montée de l’affrontement entre Chine et le bloc USA-Japon-Australie, avec le signe de faiblesse de la banque centrale japonaise, etc…

Ce qu’on vient de voir aux USA, c’est comment on prépare une population à s’affronter violemment, en deux camps opposés, les deux dirigeants des deux camps étant aussi pro-bourgeois et hostiles aux intérêts réels des travailleurs et de la population l’un que l’autre. L’avenir montrera, en fonction du rythme de la chute économique et sociale, que ce qui est arrivé par exemple en Côte d’Ivoire (la montée des affrontements violents orchestrée par deux partis de la bourgeoisie pour détourner les milieux populaires de la lutte des classes) n’est pas propre aux pays dominés et peut arriver dans le pays le plus riche du monde…

2 Messages de forum

  • Le caractère fascisant de la campagne Trump est apparu clairement dans ses appels répétés à l’emploi de méthodes de torture comme le simulacre de noyade « et bien plus encore », dans la soi-disant guerre contre le terrorisme. Trump a déclaré lors du débat du 3 mars à Detroit que, président, il ordonnerait à l’armée de pratiquer la torture, même après que plusieurs officiers à la retraite ont déclaré que les soldats devaient défier ces ordres, illégaux.

    Le 4 mars, Trump a fait brusquement volte-face : il ne voulait pas ordonner aux soldats de faire des choses contre la loi. En quelques heures, cependant, il retournait à sa première position, déclarant qu’un président Trump veillerait à ce que le Congrès change les lois pour permettre la simulation de noyade et d’autres formes de torture. « Je voudrais modifier ces lois, » a-t-il dit. « Nous ne jouons pas sur le même terrain. Je ne fais pas volte-face du tout. Je respecte les lois, mais je dirai aussi que je voudrais voir ces lois élargies. »

    Les penchants autoritaires du candidat étaient clairement visibles dans plusieurs rassemblements du week-end. A Orlando en Floride samedi, Trump a exigé que ses partisans lèvent la main droite et récitent avec lui une promesse qu’ils allaient voter pour lui à la prochaine primaire du 15 mars. Le résultat a été des photos de centaines de personnes qui lèvent le bras droit dans un salut style « Führer. »

    À un autre meeting, le 4 mars à la Nouvelle-Orléans, Trump regardant la foule a montré du doigt des personnes qui faisaient du bruit. Quand il a repéré des manifestants de Black Lives Matter, il a fait signe aux policiers de les expulser, tout en faisant crier à la foule « USA ! USA ! » pour étouffer leurs voix. Trump exultait : « Ceci est tellement cool, qu’est-ce qu’on aime ! » Dans le même temps, il a tancé les médias pour avoir montré la manifestation. Ces éjections, y compris des agressions violentes contre des manifestants, soit par la police soit par des partisans de Trump, sont devenues un phénomène régulier de sa campagne.

    Les divisions dans le Parti républicain ont été mises en évidence par l’apparition de Mitt Romney le 6 mars lors de deux émissions où il a catégoriquement déclaré qu’il ne voterait pas pour Trump si celui-ci devait gagner l’investiture républicaine. Romney a réitéré l’argument déjà avancé le 3 mars dans son discours, que les républicains devaient soutenir Kasich à la primaire de l’Ohio, Rubio en Floride et Cruz dans les États où il a eu la meilleure chance de battre Trump. Le résultat d’un tel vote tactique serait de refuser à tous les candidats les 1.237 délégués nécessaires à la nomination, remettant la décision à la convention.

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  • L’ancien responsable du Ku Klux Klan se dit "à 100% derrière Trump" !

    Inexact ! C’est Trump qui court derrière le Ku Klux Klan !!!

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