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Le bulletin La Voix des Travailleurs de l’Hôpital Public (APHP)

mardi 15 septembre 2015, par Robert Paris

Lire ici le bilan de la lutte de mai-juin dernier à l’APHP

Lettre de mon moulin à blabla

Martin Hirsch a trouvé le temps de dépenser inutilement notre argent pour nous écrire individuellement. Il tient à nous rassurer sur les changements qu’il veut porter à notre organisation de travail et rétablir sa vérité, sur ce qu’il appelle des rumeurs. On pourrait presque le croire s’il ne faisait pas tant d’efforts pour nous convaincre. Pourtant, c’est lui qui a écrit et on sait très bien lire : on a bien compris qu’il veut modifier notre temps de travail et réduire nos jours de RTT avec un tas de jours qui sautent au passage. Il nous dit que nous n’avons pas à craindre des changements car ils seront accompagnés de contreparties qui doivent être discutées !!! Ah, ah, la belle histoire. Mais les propositions qu’il fait, ont déjà été faite par ses prédécesseurs : stabilité des plannings, logements, plus d’emplois statutaires...On a jamais rien vu de tout cela que ce soit souvent l’objet de nos propres revendications. Alors pourquoi ça changerait avec lui ? Nous ne marchons pas au chantage. S’il croit pouvoir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, il se trompe.

Encore une

Avec la rentrée, reviennent les journées syndicales de manifestation contre les plans d’économies, le sous effectif, la remise en cause des jours RTT, etc... La journée de manifestation du 17 septembre est lancée par l’ensemble des syndicats. Une journée, oui et après ? Ce mouvement sera-t-il reconductible. Certainement pas du point de vue des bureaucraties syndicales, même si, normalement, ce serait aux personnels d’en décider. Elargi à d’autres secteurs, par exemple du service public ? Certainement pas pour les bureaucraties syndicales qui n’imaginent pas fédérer enseignants et hôpitaux, Radio France et France Télévision, la SNCF ou l’AFP pourtant frappés d’exactement les mêmes attaques. Quant à les unir aux personnels du privé, certainement pas ! Alors une énième journée pour dire qu’on a manifesté, pour que les syndicats puissent garder la même posture de parlementer avec la direction, c’est bien le seul objectif de ces journées de manifestation pour ces prétendus leaders syndicaux. Mais c’est à nous de décider ce que nous voulons faire et nous l’avons déjà montré lors du mouvement de mai-juin dernier. Ne nous laissons pas caporaliser par l’encadrement syndical…

Il n’y a pas de fumée sans feu

Un rapport, remis au ministère de la Santé par l’ARS, préconise la fermeture de 67 services d’urgences sur toute la France, soit environ 10% de l’ensemble des services d’urgence. L’argument mis en avant est que ces services n’effectueraient pas assez d’activités. Le ministère et certaines structures démentent ces informations. Mais ce rapport n’a pas été inventé et il s’agit bel et bien d’un projet gouvernemental de créer des centres de consultations sans rendez vous et sans médecins urgentistes. Oui mais avec quel personnel ? Il y a déjà un sous effectif important au niveau médical et paramédical et ces structures se trouvent dans des régions déjà en forte pénurie. Alors quid du patient qui s’autodiagnostique ? En avant vers l’autoprescription ?

Encadrement décalé

Pour certaines cadres, les changements intempestifs de planning sont devenus la règle. On change les plannings quand les agents sont en vacances, en leur reprochant ensuite… de ne pas avoir regardé le planning. Un comble quand on sait que tout changement de planning doit être signifié à l’agent au maximum dans les 48 heures, en cas d’imprévu. Une règle oubliée de certaines cadres et qu’il serait bon de leur rappeler plus souvent... Le but de ces sales méthodes nous mettant en accusation est bien entendu d’éviter d’embaucher.

Les rideaux de la honte

On se souvient que pour l’accréditation c’était le branle-bas de combat pour soi-disant mettre les services aux normes de sécurité, d’hygiène...etc., afin d’obtenir ce fameux sésame. Il fallait, en peu de temps, revoir certaines pratiques et de nouvelles règles avaient vu le jour. Il fallait rénover, faire briller l’hôpital du sol au plafond, alors il fallu aussi mettre des rideaux dans les chambres pour protéger l’intimité des patients. Mais tout ceci était bien beau, même ces rideaux qui étaient tous neufs et propres. Depuis, ils sont tous tâchés, sales et on se demande si la direction attend la prochaine inspection pour les faire désinfecter.

Des méthodes qui donnent froid dans le dos

Certains cadres deviennent de plus en plus de véritables petits caporaux obéissant docilement aux ordres de leur commandant. Des cadres à qui on a fait miroiter certaines choses et prêts à tout faire pour être des bons samaritains. Ils notent et signalent à la direction tous les personnels qui seraient en grève et maintenant notent même ceux qui participent aux assemblées générales. Cela rappelle la période ou l’étoile jaune stigmatisait une catégorie de personne. C’était aussi la période ou le droit de grève était attaqué, et les réunions de salariés interdites. C’est pour cela qu’il faut dénoncer et combattre toutes ces pressions faites au personnel. Il faut savoir choisir son camp. Les racistes, les anti-grévistes, les collabos, etc., c’est le terreau qui fomente les dictatures.

Il y a urgence à s’unir contre leurs manœuvres

La direction de l’APHP a profité des vacances pour tenter d’opposer les urgences aux autres services de l’hôpital public en faisant mine d’accorder aux uns (quelques moyens, des personnels en plus et une réduction du temps de travail des médecins) ce qu’elle refuse aux autres, et même en faisant comme si ce qu’elle accorde aux uns est pris aux autres. Elle pourra ainsi présenter les urgences comme trop coûteux et s’adresser aux personnels en leur disant que c’est dans leur intérêt qu’elle les ferme !

Cette dette n’est pas la nôtre

On continue à nous bassiner avec la prétendue « dette des hôpitaux » qu’il faudrait soi-disant éponger en prenant sur la masse salariale, selon Hirsch. Mais comment se fait-il que cette dette, qui provient en réalité des cadeaux au patronat, est aussi brandie à Radio France, à France Télévision, à l’AFP, à la SNCF et on en passe… Il semble que ce soit une méthode pour nous faire avaler des reculs sociaux. On ne marche pas !

Ils brandissent les migrants pour nous tromper

Les classes dirigeantes sont passées en quelques jours du discours « non aux migrants » à celui de « bienvenue aux migrants ». Puis à la fermeture des frontières intérieures de l’Europe pour bloquer les migrants et aux centres d’internement pour ceux-ci. Le tout petit moment où les classes dirigeantes se sont prétendues humanitaires leur a seulement servi pour faire peur aux peuples européens et les pousser vers l’extrême droite !

Hier, il n’était pas question de parler des migrants et aujourd’hui on nous annonce que le principal problème de l’Europe serait celui des migrants ! A croire que la crise capitaliste ne serait plus le problème numéro un !!! Comme si on n’était pas assez malins pour voir que la Chine s’effondre, que l’Inde aussi, que la Russie fait de même, que le Japon est à l’arrêt, que l’économie russe est en panne, que le Brésil chute, etc, etc… La machine capitaliste, soi-disant tirée par les « pays émergents » n’est pas sortie de son effondrement de 2007-2008 et fonctionne plus que jamais à coups d’injections d’argent public, argent qui fait défaut aux Etats et qui mène à la destruction méthodique des services sociaux, des aides sociales et de tout le secteur public, y compris santé et éducation. Comme par hasard, seul le secteur armée-police se porte bien en termes financiers. Parce que c’est seulement la guerre que l’on nous prépare…

Et la dernière campagne sur les migrants est là pour justifier le développement des guerres, notamment celles d’Irak et de Syrie. Le sort des peuples, qui préoccupe prétendument les Hollande et Merkel, a servi jusque là à justifier les guerres impérialistes mais sans que ce sort préoccupe les mêmes puissances dès qu’il s’agissait des migrants des même pays fuyant la guerre et les destructions. Cette contradiction flagrante n’a pas gêné ces gouvernants tant que les peuples ne se sont pas révoltés.

Mais justement, devant le caractère désespéré de leur situation, renvoyés de partout, les migrants sont entrés en révolte : au lieu de supplier, de protester et de chercher à s’en sortir individuellement en Europe, ils ont fait cause commune et ont par exemple attaqué collectivement à Calais. Et ce n’est qu’un exemple d’un changement général d’attitude : ils sont entrés en masse partout où on leur refusait le passage en petit groupe : émeutes à Roszka, émeutes à Calais, émeutes à Lesbos, émeutes à Impal, émeutes à Kos, émeutes à Dresde, émeutes à Gevgelija, émeutes à Debrecen, émeutes à Idomeni, émeutes à Saint-Domingue, émeutes à Tor Sapienza, émeutes à Little India, émeutes à Budapest… C’est cela qui a contraint les gouvernants à changer de politique mais cela ne signifie pas que le souci humanitaire ait réellement gagné ces gouvernants ni qu’ils aient l’intention de véritablement les accueillir.

Des guerres, les pays occidentaux n’ont cessé d’en faire et pour résultat on trouve un niveau du terrorisme jamais atteint. Pas étonnant : ce sont ces interventions qui l’ont semé !

Bien sûr, les gens de bonne foi ne peuvent imaginer que les grandes puissances occidentales aient fait cela sciemment. Ils pensent que les Al Qaïda ou les Etat « islamique » (Daesh) combattent les démocraties occidentales et même certains croient que ces courants intégristes combattent le capitalisme. Quelle erreur ! Les groupes en question servent de justification à l’évolution du capitalisme vers une violence mondiale, servent à faire croire que les Etats impérialistes entrent en guerre pour sauver les peuples !

N’oublions pas que deux fois de suite, en 1914 et en 1939, ces mêmes puissances ont tenu exactement le même discours qui a eu pour résultat de transformer une partie du monde en tombeau de masse… Deux fois de suite, la crise de la domination du capitalisme, suite à une crise économique mondiale du système, a entraîné le monde dans la barbarie, celle du fascisme et celle de la boucherie guerrière.

En faisant croire qu’ils font la guerre pour la sécurité des peuples européens et par souci humanitaire pour les peuples syrien, libyen ou irakien, les classes dirigeantes occidentales se préparent à entraîner les prolétaires du monde occidental à leur suite afin de sauver leur domination sur un système qui a failli, qui n’a plus d’avenir, qui ne peut survivre à l’évolution nécrophile des investissements autrefois productifs, puis financiers et spéculatifs et désormais nécrophiles, fondés sur la chute des économies, des monnaies, des comptes des Etats et des banques centrales, de la production, sur la chute de tout progrès économique et social.

Quand le capital privé mise sur l’effondrement, nous travailleurs, ne pouvons pas miser sur le soutien à nos gouvernants capitalistes ni sur les classes exploiteuses qu’ils défendent. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour assurer un avenir à nos enfants, à toute la société humaine, au-delà de la mort du système d’exploitation.

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1 Message

  • Au cours du mois passé le monde a vu une prolifération de crises économiques, géopolitiques et sociales qui éclatent quotidiennement, agissent l’une sur l’autre et font apparaître le spectre d’une catastrophe mondiale.

    Sur le front économique, les marchés financiers internationaux ont oscillé violemment entre gains et pertes massives, alors que les gouvernements et les banques centrales cherchaient désespérément à contrer l’impact d’un ralentissement croissant de la production et de l’investissement qui menace de renverser le château de cartes financier accumulé depuis le krach financier de 2008.

    L’économie chinoise, principale plate-forme de travail à bon marché du capitalisme mondial qui a fourni la majeure partie de la croissance économique après la crise financière, est en train de faire naufrage avec une foule d’autres soi-disant « marchés émergents ».

    Sur le front géopolitique, les tensions entre grandes puissances capitalistes s’aggravent sous l’impact des catastrophes sociales produites par les guerres impérialistes. Celles-ci ont ravagé des pays entiers comme l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen et une partie de l’Afrique. La ruine, par l’impérialisme américain et ses alliés européens et du Golfe, d’une grande partie de l’Asie centrale et du Moyen-Orient, a déclenché un flot de réfugiés désespérés à une échelle sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

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