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Les élections bourgeoises, c’est une comédie !

lundi 24 avril 2017, par Robert Paris

Les élections bourgeoises, c’est une comédie ! Le vrai pouvoir n’est pas en cause ! Les vraies décisions se prennent ailleurs !

Choisir pour gouvernant Clinton ou Trump, Macron ou Le Pen est présenté comme le nec plus ultra de la démocratie, le moyen, finalement trouvé, pour que les peuples se gouvernent eux-mêmes par le régime le meilleur au monde ! Ce serait cela choisir nous-mêmes notre avenir, ben voyons !

Il est vrai que la majorité de la population de chaque pays considère que les élections nationales sont l’occasion de s’exprimer et, éventuellement, de changer la politique de leur pays, même lorsqu’ils sont choqués que chaque élection justement… ne le permette pas. Et déjà parce que les vrais choix ne sont pas nationaux mais internationaux et en période de crise, de montée des menaces guerrières, d’accroissement de la dictature policière et militaire, plus que jamais ! Il n’y a aucune possibilité de s’isoler nationalement d’une crise mondiale, pas plus que d’une guerre mondiale ! Cela n’empêche pas les politiciens de nous dire que les choix sont nationaux et qu’on peut résoudre les problèmes dans chaque pays ! Et même de le prétendre d’autant plus fort que la pression internationale de la crise du capitalisme s’accroît sans cesse.

Il faut bien dire que c’est aussi censé cacher le fait que ces hommes politiques ne disposent d’aucun moyen d’y pallier… Ils font d’autant plus de bruit sur leurs soi-disant programmes que ceux-ci ne répondent à aucune des questions cruciales qui menacent le monde. Ce n’est certainement pas en participant à cette comédie électorale, bien des travailleurs en ont conscience, que nous pourrons faire en sorte de protéger nos revenus, notre bien-être, notre liberté, nos vies, notre santé, nos logements, nos foyers, nos familles… Parce que rien de ce qui les concerne fondamentalement ne s’y décide et parce que les élections ne sont absolument pas faites pour résoudre nos problèmes mais pour nous empêcher de décider nous-mêmes en politique au sein de nos propres élections, de nos comités, de nos coordinations, de nos conseils de travailleurs. Le rôle principal de la démocratie bourgeoise consiste à nous éloigner de la démocratie réelle, celle des peuples travailleurs, celle où ils ont réellement le pouvoir de décision et pas l’infime minorité de milliardaires, capitalistes, financiers et boursicoteurs de tous poils, qui, eux, ne remettent jamais en jeu leur place dans une élection !

Dans l’idée que les élections sont l’émanation du peuple, il y a autant de mensonges que de mots et même plus ! Les élections bourgeoises ne permettent pas à l’essentiel de la population de s’exprimer ; elles ne donnent la parole qu’à des faux amis et à de vrais ennemis ; elles n’ont jamais changé la société ; elles sont là pour que les colères soient détournées vers des voies de garage, notamment en se vengeant des politiciens ; elles sont entièrement manipulées par les classes dirigeantes ; elles sont fondées sur une légalité qui, de haut en bas, prévoit de maintenir les exploités dans leur exploitation et de protéger les exploiteurs. Et cette institution qui protège les exploiteurs, c’est justement l’Etat bourgeois, celui que l’on nous présente comme l’appareil chargé de nous protéger nous, de nous défendre, de nous aider, de nous permettre de progresser et patati et patata…

Et si les électeurs croient le plus souvent aux mérites du système électoral, qu’ils appellent même « démocratie », s’ils croient que l’Etat peut être mis au service de la population, s’ils sont pour qu’on respecte la légalité, il faut bien dire que les classes dirigeantes font exactement le contraire : elles ne respectent aucune loi, elles manipulent les élections, les élus, les administrations, les jugements autant qu’elles le peuvent. L’exemple de Fillon n’est pas du tout une exception. C’est la réaction d’hostilité à son égard qui l’est. Les trusts du nucléaire, du médicament, du bâtiment, de l’automobile et autres ont leurs entrées dans tous les gouvernements, manipulent les politiques, détournent les finances publiques et cela ne crée jamais de scandale national ! S’il arrive, dans une démocratie bourgeoise, que les élections puissent donner de bons résultats à des partis véritablement contre le système (le système capitaliste), eh bien, c’est l’appareil d’Etat bourgeois lui-même qui se charge de casser les élections par un coup d’Etat militaire et policier. Toutes les classes dirigeantes de tous les pays ont mis en place ce type de processus, sous prétexte de menace nationale. Par exemple, la constitution française prévoit que le président peut institutionnellement faire un coup d’Etat militaire ! Les peuples respectent l’ordre bourgeois mais les bourgeois, eux-même, ne le respectent pas, le détournent sans cesse, le trompent sans cesse, le volent sans cesse. Et ils le font avec la caution de tous les partis classiques.

C’est au nom du fait que l’on nous aurait appelé aux urnes que l’on nous fait ensuite accepter les pires politiques menées par les classes dirigeantes en nous disant : « c’est vous qui avez voté ! » Mais la légalité que l’on nous impose n’est nullement celle du choix majoritaire. Quand un président décide de lancer un pays dans une guerre, quand un responsable d’un trust décide de licencier massivement ou de fermer des usines, quand une banque se lance dans des spéculations qui menacent la planète, quand les trusts menacent sciemment l’environnement, ou quand les classes dirigeantes choisissent d’en finir avec les droits démocratiques, il n’est pas question de « choix majoritaire » et ces classes dirigeantes ne craignent pas alors de violer leur propre démocratie, qu’elles nous demandaient de respecter !

Certes, dans l’élection française, comme dans l’élection américaine, comme dans le Brexit anglais, on nous a dit qu’il s’agissait d’une « situation inédite », que le peuple avait parlé, que les partis traditionnels sont tous balayés, que les anciens principaux hommes politiques sont tous balayés, que les résultats sont inédits avec le jeune banquier et la milliardaire fasciste, sans compter le parti le plus fort, celui des abstentionnistes.

Mais ce qu’on ne nous a pas dit, c’est ce qui est véritablement inédit : le fait que le capitalisme a atteint son extrême limite, qu’il plafonne dans ses investissements productifs et ne peut plus que s’effondrer, ce qui se serait déjà produit sans les aides massives des Etats et des banques centrales. C’est cette crise qui est historique et pas les élections ! C’est le fait que le capitalisme soit dépassé et que la situation objective impose de le renverser, sous peine de reculer de manière là aussi historique, vers une barbarie mondiale, une Syrie à l’échelle planétaire… Mais, bien sûr, de tout cela il n’a même pas été question au cours de ces élections car elles ne sont même pas là pour permettre aux peuples de discuter de leurs vrais problèmes.

On nous dit que c’est « une situation historique », que c’est la population qui fait l’élection et que c’est l’élection qui fait l’avenir, mais cela est complètement faux ! Le vrai pouvoir n’est nullement dans les élections. Le vrai pouvoir d’Etat est dans les chefs de cabinet, les généraux, les chefs de la police, les chefs de la justice, les chefs des grands services publics et des entreprises public/privé, les chefs des trusts, des banques, des bourses, de la finance, et, derrière eux, les grands possesseurs du grand capital. Jamais ces gens-là ne sont élus par la population et personne ne relève que le vrai pouvoir n’a rien de démocratique sous prétexte que le « système électoral » est très médiatisé pour faire croire que le peuple décide de son propre avenir.

Dans quelle décision essentielle du pouvoir, les masses populaires sont-elles consultées ? Sur les interventions armées du pays à l’étranger ? Non ! Sur les interventions massives des fonds publics en faveur d’intérêts privés ? Non ! Sur les choix fondamentaux du pays dans les affrontements mondiaux ? Non ! Sur les orientations sociales de la société ? Non !

Les élections permettent-elles de choisir entre la dictature du grand capital et… autre chose ? Même pas !

Si les électeurs sont satisfaits, au travers des élections, d’avoir balayé des Fillon, Hollande, Valls, Sarkozy, Juppé et bien d’autres politiciens, ils ne peuvent pas dire qu’ils ont pu ainsi balayer les licencieurs, les spéculateurs, les profiteurs, les complices des terroristes, les fauteurs de guerre, etc...

Les élections ne permettent à l’électeur que de marquer sa colère contre des politiciens, chargés de prendre sur eux tous les mécontentements, tous les reproches, toutes les dénonciations, sans que l’on reproche rien à la classe capitaliste qui est pourtant le vrai détenteur du pouvoir, le vrai profiteur du système, la vraie cause des effondrements économiques et sociaux, de la misère, de la destruction sociale, de l’insécurité, des guerres, des fascismes et du terrorisme qui en découlent. Jamais l’élection ne permet de mettre véritablement en cause le système et les profiteurs. Car la démocratie bourgeoise a été mise en place pour rendre plus stable la dictature du capital sur le travail et permettre des lâchers de vapeur à la colère sociale et politique. Même les pires dictatures de la planète organisent des élections présidentielles et font comme si ces élections pouvaient changer le pays. Mais jamais les élections bourgeoises n’ont permis aux peuples travailleurs de se gouverner eux-mêmes. C’est, au contraire, en renversant la démocratie bourgeoise de Thiers que les travailleurs français ont mis en place leur propre pouvoir, la Commune de Paris de 1871, en renversant la dictature des tsars puis la démocratie bourgeoise de Kérensky que les travailleurs russes ont mis en place, il y cent ans exactement, la démocratie du travail qui est une dictature pour le capital.

On reproche au politicien d’avoir touché indûment de l’argent, de ne pas avoir payé ses impôts, de mentir, de mal parler, mais jamais d’être au service du grand capital ! On a reproché à Cahuzac d’avoir fraudé le fisc mais pas d’avoir touché de l’argent à l’étranger parce qu’il était payé par les trusts pharmaceutiques alors qu’il était ministre de la santé. On ne reproche pas à Fillon d’être payé par la Françafrique, on ne reproche pas à Macron d’être l’homme des banques, on ne reproche pas à Le Pen d’être de la bande des millionnaires, on ne reproche pas à Hollande d’être lui aussi l’homme des capitalistes, comme tous les autres !

Certains candidats dénoncent certes les capitalistes, comme Mélenchon ou l’extrême gauche mais eux-mêmes se centrent sur les attaques politiciennes. Les réparties de Poutou qui ont marqué sont deux claques assenées par le candidat du NPA contre Le Pen et contre Fillon. Pas contre la bourgeoisie ! Les discours lénifiants (et pas léninistes !) d’Arthaud ne valent pas mieux pour faire mal à la grande bourgeoisie. Mélenchon est un défenseur à tout crin de l’Etat français, du nationalisme, de l’impérialisme et même du colonialisme, allant jusqu’à avoir ses plus grands développements poétiques lorsqu’il glorifie les anciens territoires coloniaux de la Nouvelle Calédonie à la Guyane !

Et d’abord, ces dénonciateurs « de gauche » se placent dans le cadre de « la démocratie », c’est-à-dire de la bourgeoisie, ne disent pas que l’Etat qui organise les élections est lui-même et fondamentalement antidémocratique. Les gauches et les extrêmes gauches disent que les policiers devraient être comme ceci ou comme cela, que l’Etat devrait intervenir en faveur de la population, que l’Etat devrait aider le peuple, aider les services publics, aider les chômeurs et les travailleurs. C’est dresser des lauriers à l’Etat bourgeois, même si ces gens-là disent que l’Etat serait démocratisé, popularisé et même prolétarisé… Jamais ils ne disent que l’Etat bourgeois devrait être renversé par les travailleurs, détruit, démoli pierre par pierre, y compris ses tribunaux, ses prisons, sa police, sont armée, son administration, ses finances car tout cet édifice n’est là que pour servir l’infime minorité qui détient toutes les richesses et le système d’exploitation et d’oppression mondial qu’est le capitalisme.

Les extrêmes gauches disent avoir des réserves vis-à-vis des élections bourgeoises mais y participer car ce serait le moment où les travailleurs s’intéressent le plus à la politique. Mais même cela est faux ! Ce n’est pas réellement aux choix politiques qui pourraient être ceux du prolétariat que les travailleurs s’intéressent dans ces périodes. Le caractère purement nationale de l’élection déjà intervient pour ne pas poser les questions dans les termes où ils se posent réellement : en termes internationaux !

Le caractère totalement antidémocratique des élections est surtout manifesté par le fait qu’aucun des choix indispensables face à la situation mondiale n’a été discuté dans les élections : la crise mondiale du capitalisme, la montée des guerres et des terrorismes des grandes puissances, la marche à la guerre mondiale, la chute générale de la démocratie…

La véritable question qui se pose, non à un pays, non à un gouvernant, mais à la planète humaine, n’a pas été posée dans une élection bourgeoise, pas plus en France qu’aux USA ou ailleurs : sortirons-nous du capitalisme, avant qu’il ne nous détruise, et comment ? Pour les travailleurs, la vraie question immédiate est : comment ferons-nous à l’avenir pour nous organiser, pour discuter entre nous de nos intérêts, de nos luttes, de nos programmes, de nos perspectives d’avenir, avant de les proposer aux masses populaires ?

Même les extrêmes gauche n’ont pas posé cette question au cours de l’élection sous le prétexte qu’ « on ne vote pas pour la révolution ». Eh bien, du coup, dans les élections bourgeoises, il n’y a eu que des voix respectueuses des intérêts du système d’exploitation et personne pour développer la perspective sociale révolutionnaire qui est la seule qui offre un avenir.

Non ! La démocratie bourgeoise n’est pas le système le plus démocratique possible ! Car c’est celui où les travailleurs et les masses populaires n’ont jamais réellement la parole et cela pour une raison de fond : leur intérêt, celui de l’immense majorité, ne peut pas s’exprimer sans s’opposer radicalement aux intérêts de la classe dirigeante et aller vers le renversement du pouvoir. Que l’on dise aux travailleurs et au peuple de France qu’ils sont représentés par Macron et Le Pen, cependant, est une très belle démonstration que la démocratie bourgeoise est une vaste fumisterie !!!

10 Messages de forum

  • Je rajouterai que, si l’élection a mobilisé certaines fractions de la petite bourgeoisie, la classe ouvrière pour l’essentiel ne s’est pas sentie concernée et les classes dirigeantes feraient bien de s’en méfier car ce qui ne s’exprime pas au sein du système pourrait bien le faire en dehors...

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  • Ce n’est pas les hommes politiques qui détiennent le pouvoir, c’est le capital. Les hommes politiques ne sont que les serviteurs bien payés des capitalistes !

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  • Macron n’est pas l’option démocratique face à Le Pen. Il veut maintenir l’état d’urgence, qui suspend des droits démocratiques fondamentaux, mener une austérité drastique, et rétablir le service militaire, la guerre étant pour lui un « horizon possible de la politique ». Pour imposer un pareil programme, Macron devra intensifier les attaques contre les droits démocratiques et la répression brutale menées sous Hollande. Ce n’est pas compatible avec démocratie bourgeoise.

    Le fait que le FN descend directement de la tradition du fascisme français et représente donc un danger mortel pour la classe ouvrière ne fait aucun doute. Toutefois, ce serait une erreur fatale pour les travailleurs que de s’aligner sur une présidence Macron en se disant que c’est un « moindre mal » comparé à Le Pen.

    Quand les gros bataillons de l’élite dirigeante soutiennent Macron, ceci ne signifie pas une intention de leur part de « faire barrage » à une dictature néo-fasciste. Cela indique plutôt une préférence pour une dictature imposée par Macron, un allié de l’Union européenne et de l’Otan, à une dictature imposée par Le Pen, qui se voudrait une alliée de Trump et de Moscou contre Berlin.

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  • Le fait que l’électorat français se trouve confronté au choix entre Macron et Le Pen est un signe d’une profonde crise de la démocratie bourgeoise, soulignée également par l’élection de Trump à Washington, dont les conséquences seront révolutionnaires. La question essentielle, devant l’absence politique du prolétariat, est la construction d’organes autonomes d’expression des travailleurs et d’une politique révolutionnaire à y défendre...

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  • Les élections présidentielles en France soulèvent des questions critiques pour les travailleurs à travers le monde. Elles se déroulent sous la menace d’une guerre suite aux frappes américaines contre la Syrie le 7 avril et à la campagne de dénonciation menée par Washington et l’OTAN contre la Syrie, la Russie, et la Corée du Nord. La France est sous l’état d’urgence et des candidats influents appellent à une sortie française de l’euro et de l’Union européenne ainsi qu’à un retour au service militaire.

    Une vaste colère populaire contre l’élite dirigeante et les partis traditionnels de gouvernement, Les Républicains et le Parti socialiste, prédomine dans ces élections. Le PS, le parti hégémonique dans ce qui s’est donné pour la « gauche » française depuis sa fondation en 1971, peu après la grève générale de Mai-juin 1968, s’effondre, discrédité par ses politiques d’austérité et de guerre.

    Un effondrement généralisé de la politique officielle est en marche. Au Royaume-Uni, une courte majorité a voté en juin la sortie de l’UE. Aux USA, Donald Trump a été élu malgré l’opposition du Parti démocrate, mais aussi de larges sections du Parti républicain de Trump. Depuis son inauguration, Trump mène une politique nationaliste et militariste de l’« Amérique d’Abord ».

    En France, cette crise prend la forme particulièrement toxique d’une possible victoire électorale de Marine Le Pen du Front national (FN), le descendant des collaborationnistes fascistes qui ont gouverné la France sous l’Occupation. La possibilité d’un tel résultat est la responsabilité non seulement du PS, mais de toute une couche d’organisations de pseudo-gauche, dont le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et Lutte ouvrière (LO), qui ont rompu il y a longtemps tout lien avec le trotskysme. Ils ont abandonné tous les principes du marxisme révolutionnaire pour s’orienter vers le PS qui est un parti réactionnaire du capital financier.

    Dans l’atmosphère créée par une situation où l’opposition au PS ne trouve aucune expression politique véritablement de gauche, Le Pen a pu se présenter en challenger populiste des partis établis. Cette situation, dans le contexte d’une crise internationale explosive, a produit de nombreux revirements au cours de la campagne.

    Quel que soit le résultat, l’élection ne résoudra rien. La France est profondément polarisée et les tensions de classes sont explosives. Deux-tiers de la population française disent que la lutte des classes est une réalité quotidienne, 20 pour cent de plus qu’en 1968, peu avant une grève générale de dizaines de milliers de travailleurs. Dans le contexte d’une profonde crise internationale et du danger imminent de guerre, des crises politiques et des luttes de classes convulsives se préparent.

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  • Le second tour ne résoudra rien, quelle que soit son issue, et ne fait que préparer des conflits sociaux explosifs. L’électorat est confronté au choix entre une néo-fasciste et Macron, un banquier de Rothschild qui a formulé la politique économique profondément impopulaire de Hollande, et qui a proposé de rétablir le service militaire en déclarant que la guerre est un « horizon possible de la politique ». Macron ne représente pas une alternative à Le Pen pour les travailleurs : il défend l’état d’urgence ainsi que l’austérité et la préparation de la guerre.

    De profondes contradictions minent sa tentative hier soir de rassembler la population contre Le Pen au second tour. Il se donne pour un jeune indépendant qui dépasse le clivage gauche-droite et renouvèle la France, mais c’est un ex-haut responsable d’un gouvernement PS qui a le soutien de presque toute la classe politique. S’il est élu, les travailleurs se rendront rapidement compte que son programme réactionnaire ne fait que continuer et approfondir la politique du PS et de Hollande.

    Macron s’est dit content de son succès dans la réorientation de la politique française. « Je mesure l’honneur et l’insigne responsabilité qui me revient », a-t-il dit. « En une année, nous avons changé le visage de la vie politique française ».

    Il a remercié les autres candidats, non seulement Mélenchon mais Nathalie Arthaud de Lutte ouvrière (LO) et Philippe Poutou du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Il a ensuite lancé un appel nationaliste contre le FN. S’érigeant en « président des patriotes face au danger des nationalistes », il a déclaré : « Dès ce soir, je me dois d’aller au-delà et de rassembler tous les Français ».

    Ce ne sont que des déclarations creuses. En Marche, le mouvement de Macron, est composé d’une petite couche d’entrepreneurs et de cadres politiques dont l’influence dépend du soutien des hauts responsables du PS, dont Hollande et le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

    Etant donné l’impopularité des principaux partis, la stratégie de Macron ne fait que donner à Le Pen l’occasion de se donner pour seul challenger d’une classe politique française honnie. Et c’est ainsi qu’elle a réagi hier soir.

    Le Pen s’est exprimé hier soir à son QG à Hénin-Beaumont, une ville du bassier minier dévasté du Nord de la France qui a élu un maire FN Steeve Briois après que son maire PS Gérard Dalongeville a dû se retirer face à des allégations de corruption. Après une campagne présidentielle dirigée contre l’Union européenne (EU) et des politiques violemment anti-immigré, elle a promis de transformer l’élection en choix entre l’austérité du PS et de l’UE et sa défense nationaliste de la France.

    « Le grand débat politique va enfin avoir lieu. Le grand enjeu de cette élection est la mondialisation sauvage qui met en danger notre civilisation », a-t-elle dit. « Soit nous continuons sur la voie d’une dérégulation totale, sous le règne de l’argent roi… soit nous partons vers une France avec des frontières qui protègent notre identité nationale ».

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  • Macron et le pen sont les 2 faces d’une même pièce —>celle du fascisme , c’est à dire d’une politique de radicalisation de la bourgeoisie qui pousse la classe ouvrière à la destruction morale et physique. Ceux des petits bourgeois qui n’en peuvent plus des politiques des partis bourgeois classiques de gauche ou droite, sont tentés par 1 expérience politique soi disant différente.
    Hitler avait fait avant son accession au pouvoir des promesses à ces sections d’assauts (les SA) et aux classes laborieuses de s’en prendre au capitalisme "apatride".
    La petite bourgoisie allemande est ruinée : des commerçants, artisans, professions libérales,subissent la dévalorisation sociale, la faillite. Des fonctionnaires, cadres , chômeurs , techniciens , ouvriers sont déboussolés, pressurés, tenaillés par la peur du chomage et de la misère.
    Certains vont rejoindre les rangs du parti nazi sans se douter qu’ils font confiance à leur futur assassin pendant la nuit des longs couteaux.
    La montée en puissance de la SA est favorisée par la Grande Dépression7 qui fait perdre à beaucoup d’Allemands toute confiance envers les institutions traditionnelles. La SA parvient notamment à faire adhérer de nombreux ouvriers au nazisme en associant solidarité de classe et ferveur nationaliste.
    Le fascisme est avant tout caractériser par la volonté de la bourgeoisie de contrer toutes possibilités et tentatives de réactions de classes de la part des exploités : le but est bien de détourner la colère sociale contre la faillite d’un système économique et social, en colère nationale, etnique, religieuse, sexiste ou tout à la fois.
    Le fascisme est le gouvernement qui va transformer la guerre sociale , la guerre de classe, en guerre entre prolétaires, guerre mondiale et guerre civile.
    Trump aux USA en est un exemple mais depuis 2008 et l’effondrement du capitalisme, les autres exemples de montée fasciste se multiplient dans le monde. Les classes dirigeantes, celles qui sont propriétaires des moyens de production, ont bien compris que le capitalisme avait atteint sa limite de durée de vie, sa date de péremption est dépassée. La ministre de l’économie sous Obama déclarait en 2009 que si le gouvernement arrivait déjà à bloquer cette crise , ce serait en soi 1 réussite : d’ou le plan de relance de plusieurs milliers de milliards .
    Les profits des entreprises privées, banques comprises, sont réalisés par l’injection massive d’argent étatique.
    Le capitalisme est mort mais la bourgeoisie a besoin de faire croire qu’il est encore vivant, car elle veut se donner le temps de préparer une nouvelle boucherie mondiale, afin d’éviter une vague mondiale de révolutions .
    Ce sont les mêmes raisons qui ont conduit à la 1er et 2eme guerre mondiale.
    Les élections sont 1 tromperie et les trompeurs ne se cachent même plus pour dire qu’ils vont nous faire payer cher la faillite du capitalisme.
    Evidemment , les anti-communistes ressortent car la petite bourgeoisie regrettent le temps ou l’exploitation de l’homme par l’homme était assurée sous une paix sociale relative...et Mélanchon (qui n’a pourtant rien de communiste) est une sorte d’épouvantail qui joue pleinement son rôle car il effraie la petite bourgeoisie, alors que la classe ouvrière reste la seule à pouvoir lui offrir une perspective de lutte quand elle s’organisera vraiment elle-même sans les syndicats qui roulent pour l’état et le patronat.
    Les prolétaires n’ont pas de patrie à défendre, par contre ils doivent s’organiser indépendamment de la bourgeoisie dans des comités de toutes sortes , afin de prendre le pouvoir : cette révolution sociale aura pour but la suppression des classes sociales et commençera par la dictature des exploités sur les exploiteurs, les affameurs et les fauteurs de guerre.

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  • Le banquier et la châtelaine qui prétendaient représenter le peuple travailleur, le beau conte de fées !!!

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  • tout serait différent si nous, travailleurs, ne comptions pas sur d’autres pour faire notre politique, ni sur les partis bourgeois de toutes couleurs, ni sur les partis dits de gauche, ni sur l’extrême gauche opportuniste, ni sur les dirigeants syndicaux, ni sur l’Etat bourgeois, mais si nous fondions nous-mêmes notre politique, en la discutant dans nos comités, dans nos conseils de travailleurs…

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  • L’article 2 de la Constitution française de 1958, en reprenant une formule de Périclès, reprise par Abraham Lincoln, stipule :

    « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

    Tu parles !!!

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