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Accueil du site > 08- Livre Huit : ACTUALITE DE LA LUTTE DES CLASSES > Luttes de classes en Haïti - Class Struggle in Haïti

Luttes de classes en Haïti - Class Struggle in Haïti

dimanche 4 juin 2017, par Robert Paris

Class Struggle in Haïti - Luttes de classes en Haïti

Classes sociales en Haïti

Histoire d’Haïti

HAÏTI - Bref retour sur une histoire mouvementée

From Revolutionary Slaves to Powerless Citizens

1758-1806 : Jean-Jacques Dessalines, leader révolutionnaire des masses noires arrachées à l’esclavage d’Ayiti

1791-1804, la révolution haïtienne

1791, les Jacobins noirs

1791, The Black Jacobins

Toussaint Louverture

1804, Dessalines, the Flag, and Independence

1804, les forces armées d’Haïti

1811, roi Henri Christophe

1811, King Henri Christophe

1882, Les Détracteurs de la Race Noire et de la République d’Haïti

1882, The Detractors of the Black Race and the Republic of Haiti

1915, intervention armée des USA

From Dessaline to Duvalier

1942, Haïti

1946, la prétendue « Révolution »

Haïti, 1940-1950

1957, guerre civile entre militaires

1957, L’ensauvagement macoute

1958, Papa Doc

1963, le massacre

1969, Duvalier, président à vie (film)

1980, les tontons-macoute

1981, Bébé Doc

1982, le joug de Duvalier (film)

1984, les émeutes de la faim (film)

Le mouvement syndical en Haïti

1986, la chute du régime Duvalier (le film)

La fin de Duvlaier

1984-1986 : la révolution prolétarienne commençait en Haïti

Quatre grandes crises : 1843-1848, 1867-1870, 1908-1915, 1986-1994

Haïti en 1989

1990, l’année Aristide

Qui est Aristide, de 1985 à 2004

1991, Aristide renversé par un coup d’Etat militaire (film)

1991, le coup d’Etat (film)

1994, l’invasion américaine

1994, la fin du Général Raoul Cédras

1994, Arisitide ramené par les USA

2004, manifestation contre Aristide

2004, révolte contre Aristide (film)

2007, Avec les travailleurs haïtiens

2008, émeutes de la faim en Haïti

2010, Pourquoi les classes dirigeantes ont peur du prolétariat haïtien

2010, L’armée américaine aide la répression des syndicats du textile en Haïti

2010, intervention militaire internationale sous prétexte de séisme en Haïti

Déclaration après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 (Batay Ouvriye)

Haïti et le Chili : deux séismes, deux réponses différentes...

2010 : après le séisme, la révolte

2010 : occupation militaire mais pas d’aide !!!

2010, Pour le peuple haïtien, j’accuse

2010, Que veut dire Haïti occupée par des forces armées étrangères ?

2010, l’aide internationale à la reconstruction ... de l’Etat haïtien

2010, organiser les quartiers pauvres, c’est vital

2010 : l’appel des camps

2010, Tandis que le nombre de victimes du choléra dépasse le millier, des manifestants sont abattus en Haïti

2010, l’"humanitaire" au service du capital

2011, Elections, Préval, Martelly, Aristide, bourgeoisie, "démocratie", occupation des forces armées internationales, misère, reconstruction, choléra : quoi de neuf en Haïti ?

2011, Bébé Doc Duvalier jugé ? Cela ne suffit pas ! Il faut aller jusqu’au bout de la révolution commencée en 1984...

2011, Reconstruction en Haïti : pour qui ?

2012, Haïti c’est pas fini

2012, le président Martelly veut remettre sur pied une force militaire

2014, Lettre ouverte de Batay Ouvriye à la Présidente du Brésil

2015, La fraude de l’aide à la reconstruction encore une fois dénoncée

2016, Pourquoi les grandes puissances capitalistes mondiales ont occupé et occupent encore militairement Haïti ?

2016, Grève des hôpitaux

2016, deux journées de grève 2017, Lutte de classe des travailleurs haïtiens

2017, Grève de l’éducation

2017, Grève du textile

2017, grève à l’aéroport

2017, Grève des transporteurs

D’autres grèves

Other strikes

D’autres combats

D’autres luttes

Haitian History

30 Messages de forum

  • Sous l’instigation de plusieurs syndicats du secteur de la sous-traitance, des milliers d’ouvriers ont pris part, pour la 3e journée consécutive, à une manifestation pour réclamer 800 gourdes comme salaire minimum. En solidarité, une délégation du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a également pris part à cette marche qui s’est déroulée de manière pacifique.

    La mobilisation des ouvriers exigeant 800 gourdes de salaire minimum dans le secteur textile ne souffre d’aucune anémie. Loin s’en faut. Une résolution du Sénat haïtien, demandant au président de la République de surseoir à la publication des recommandations du Conseil supérieur des salaires (CSS) vient apporter de l’eau à leur moulin. Ce mercredi, ils ont encore manifesté dans les rues de la capitale, pour la 3e journée consécutive.

    Après avoir ciblé tour à tour le Ministère des Affaires sociales et du Travail et le Parlement haïtien, la marche, partie de la Sonapi, s’est dirigée devant le Palais national. Dominique St-Éloi, responsable de la Confédération nationale des ouvriers haïtiens (CNOH), qui participait à la marche, demande au président Jovenel Moïse de prendre en compte la résolution du Sénat de la République. « Les ouvriers réclament 800 gourdes comme salaire minimum. Toutes les actions de l’exécutif doivent aller dans le sens de cette revendication. De plus, nous exigeons des avantages sociaux, notamment dans le transport en commun et la nourriture », a-t-il fait savoir. Plus loin, celui qui a été désigné au CSS par les syndicats des travailleurs et qui n’y a jamais siégé a dénoncé Pierre Joseph Polycarpe et Fritz Charles. Ce sont les 2 autres représentants des travailleurs dans cet organe. St-Éloi les accuse de boycotter les revendications des travailleurs avec la complicité du patronat. Il s’en est pris également à Georges Sassine, président de l’ADIH, qui, au cours d’un entretien accordé à Magik 9, avait demandé au président Jovenel Moïse de le remplacer, car il n’a pas siégé au CSS. « Georges Sassine fait de l’ingérence dans les affaires des syndicats. Je n’ai pas siégé, car les travailleurs me l’ont demandé. Je ne vais pas cautionner un organe qui ne peut rien décider sans l’approbation des patrons », assène-t-il.

    Après cette 3e journée de mobilisation, les organisateurs comptent faire une évaluation ce jeudi, afin de penser aux nouvelles étapes. « Si, entre-temps, les autorités persistent à faire la sourde oreille, nous allons occuper les rues tous les jours au cours de la semaine prochaine », a fait savoir Damas Métellus.

    Alors que les manifestants s’approchaient du Palais national, ils ont été rejoints par une délégation du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Denis Bolduc, vice-président général du syndicat, a exprimé sa solidarité avec les ouvriers de l’industrie textile. « Les travailleurs ont besoin d’un salaire décent pour vivre dans la dignité. Nous étions de passage en Haiti, à l’invitation de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP).Nous devions visiter plusieurs syndicats, nous avions eu bruit de cette mobilisation et nous avons tenu à y prendre part pour supporter les ouvriers haïtiens », a-t-il déclaré. La manifestation des travailleurs s’est terminée sans incident devant les parages du Palais national où un important dispositif de sécurité a été mis en place.

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  • La grave détérioration des conditions de vie des classes laborieuses en Haïti, tant dans le cadre de la domination qu’elles subissent directement que dans celui de la dégradation générale, est une dure réalité qui ne cesse d’augmenter, particulièrement après le séisme du 12 janvier 2010. Après le coup d’Etat-embargo au cours desquelles les puissances impérialistes ont littéralement tenté d’étouffer les masses populaires, ceux-là même qui avaient orchestré le coup d’Etat et infligé l’embargo débarquaient pour directement occuper le pays.

    Cette situation de tutelle se prolonge maintenant, avec des variations de forme, depuis près d’une décennie et contribue à la non-résolution des graves conditions de vie du peuple haïtien.

    En dépit des divers ajustements du salaire minimum (de 15 à 36 gourdes en 1995 et de 36 à 70 gourdes en 2003 - US$1.60 - VOIR DÉCRET LE MONITEUR, Avril 2003), les conditions de travail de la classe ouvrière n’ont pas cessé d’empirer : en termes réels, le salaire a diminué de moitié et continue à baisser aujourd’hui. Pis, ces ajustements sont longtemps restés fictif pour de nombreux d’ouvriers, jusqu’à ce qu’ils soient contre-balancés par les taux d’inflation et de dévaluation de la monnaie locale. Ainsi l’exploitation va s’accroissant dans tous les lieux de production, sans exception.

    Le climat de répression et de terreur permanente participe au renforcement de cette situation. L’ambiance carcérale des usines est de plus en plus corsée : les troupes d’occupation et la force de police, scrupuleusement organisée et équipée jusqu’aux dents pour garantir toujours davantage l’exploitation, fonctionnent de plus en plus systématiquement...

    Parallèlement, si le pouvoir Lavalas avait grandement démobilisé l’élan de lutte manifesté par les masses populaires à partir de 1986, le retour en force des classes dominantes les plus réactionnaires en 2004 constitue un nouveau défi pour les travailleurs et progressistes haïtiens. A partir de la nouvelle conscience construite, nous devons et pouvons construire une véritable alternative populaire.

    BATAY OUVRIYE

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  • Les syndicats ouvriers mettent en garde contre des manœuvres du patronat et du gouvernement, qui viseraient à affaiblir leur mobilisation, lors d’une conférence de presse, ce mardi 1er août 2017, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

    La Centrale nationale des ouvrières et ouvriers haïtiens (Cnoha) condamne le comportement « anti-syndical du gouvernement haïtien et des patrons d’usines, qui prend pied dans le pays ».

    « Ce gouvernement n’a pas un agenda pour défendre les ouvrières et ouvriers, les travailleuses et travailleurs », critique le coordonnateur général de la Cnoha, Dominique St Eloi.

    « Le président Jovenel Moïse, les patrons d’usines (gens d’affaires) ainsi que la Direction départementale de l’Ouest (Ddo) de la Police nationale se sont concertés pour intimider les ouvrières et ouvriers, mobilisés pour prendre les rues », le lundi 31 juillet 2017, fustige la Cnoha.

    Les ouvrières et ouvriers de la sous-traitance ont été empêchés de regagner les rues, tôt dans la matinée du lundi 31 juillet 2017, par des agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

    Télémaque Pierre, porte-parole de la Platfom sendikal izin tekstil-Batay ouvriye (Plasit-Bo), aurait été malmené par des agents de la Pnh.

    Les syndicats prévoyaient une nouvelle semaine de mobilisation, dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, du lundi 31 juillet au samedi 5 août 2017.

    La Cnoha appelle les organisations des droits humains, les organisations syndicales, nationales et internationales, ainsi que les parlementaires haïtiens à prendre note du comportement, affiché par le pouvoir actuel, qui, en complicité avec les patrons, a violé le droit à la mobilisation des ouvrières et ouvriers.

    Pour affaiblir le mouvement des ouvriers, certains patrons leur auraient offert un salaire journalier de 400.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 64.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui), avec un quota de 20% de production en moins, rapporte St Eloi.

    Ils ont également promis d’autres accompagnements aux ouvrières et ouvriers, qui auraient décidé de travailler régulièrement durant le mois d’août 2017.

    Questionné sur l’avenir du mouvement, St Eloi indique que les organisations ouvrières sont en concertation, en vue de définir de nouvelles stratégies dans la lutte.

    En ce sens, il appelle les ouvrières et ouvriers à rester « soudés », en attente de nouveaux mots d’ordre.

    La présidence a annoncé avoir paraphé un arrêté, fixant le salaire minimum journalier dans différentes branches, dont celui de la sous-traitance, à 350.00 gourdes au lieu des 800.00 gourdes réclamées par les syndicats.

    Ce nouveau salaire devrait être effectif, dans la branche de la sous-traitance, à partir du mardi 1er août 2017.

    La décision de Jovenel Moïse d’ajouter seulement 15.00 gourdes au montant de 335.00 gourdes, proposé par le Conseil supérieur des salaires (Css), est « indigne, injuste et partisane », a critiqué l’Observatoire haïtien des droits humains (Ohdh). [jd emb rc apr 1er/08/2017 13:40]

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  • Plus de 50.000 Haïtiens risquent d’être déportés des États-Unis quand leur Statut de protection temporaire prendra fin en janvier. Les milliers d’autres qui ont traversé la frontière pour se rendre au Canada à la recherche de meilleures conditions de vie sont dans une situation semblable. Les deux gouvernements impérialistes, s’ils appliquent leurs plans de déportation, renverront des personnes dans un pays où ceux qui ont la chance de trouver du travail sont payés un salaire de misère, sous un gouvernement impitoyable agissant de concert avec de la bourgeoisie locale.

    Le ministre haïtien des Affaires étrangères et des Cultes, Antonio Rodrigue, a dit au Nouvelliste la semaine dernière qu’il se sentait responsable de recevoir ses compatriotes haïtiens déportés par le Canada, mais il ne pensait pas que le pays avait les moyens de les recevoir. D’après Rodrigue, l’ouragan Matthew a détruit 32% de la richesse nationale d’Haïti l’année dernière. « Ce n’est pas que nous sommes prêts ni contents ou que nous avons les moyens de les recevoir », a déclaré Rodrigue.

    Des millions d’Haïtiens n’ont pas les moyens de payer les factures d’électricité : ils s’en passent ou alors se branchent illégalement au réseau. Le gouvernement haïtien et le FMI parlent de « vol », dans un pays où le taux de chômage est au moins de 30% et plus de la moitié de la population survit avec moins de 1,25$ par jour.

    Haïti n’a pas de réserves d’essence, dont il importe la majorité du Venezuela à travers le programme Petrocaribe : une livraison qui n’a pas lieu peut donc avoir des conséquences catastrophiques. Des centaines de milliers de foyers cuisinent au charbon.

    Alors que l’industrie du textile n’emploie que 41.000 travailleurs, l’Union européenne – en plus des États-Unis et du Canada – est à la recherche d’une main-d’oeuvre à bon marché. Lors d’une table ronde en septembre 2016 sur les « Micro-Parcs industriels », le ministre du Commerce et de l’Industrie d’alors, Jessy C. Petit-Frère, se vantait d’avoir obtenu une subvention de 189 millions de gourdes haïtiennes de l’UE en 2016 et qu’il allait l’utiliser pour des parcs industriels dans des industries incluant le tourisme, l’agriculture, l’énergie et la pêche.

    Le 19 mai, des travailleurs du textile au parc industriel SANOPI à Port-au-Prince sont entrés en grève, demandant une augmentation du salaire minimum quotidien de 300 à 800 gourdes (équivalent alors 12,70 $US). Le gouvernement a d’abord offert une augmentation de seulement 35 gourdes, qu’il a ensuite augmentée de 15 gourdes le 27 juillet. Le montant final, 350 gourdes par jour dans un pays avec un taux d’inflation de plus de 15%, persiste.

    Les syndicats ont ensuite déclenché une semaine de grèves débutant le 31 juillet, mais ont été confrontés le premier jour par la PNH (Police nationale d’Haïti) qui avait déployé au moins trois véhicules de police devant chaque usine. La grève a ensuite été annulée.

    Le gouvernement a promis une piètre subvention pour les repas des travailleurs – réduisant le coût par travailleur de 75 gourdes à 40 – afin d’avoir une excuse pour maintenir le salaire minimum bas. Un repas de 40 gourdes représente plus de 10% du salaire minimum quotidien. Lors d’une conférence de presse le 7 juin, le ministre des Affaires sociales et du Travail Roosevelt Bellevue a également promis un contingent de 300 autobus qui transporteraient les travailleurs du textile entre leur domicile et le travail gratuitement. En réalité, cette manigance bénéficiera aux employeurs, dont les coûts de main-d’oeuvre demeureront criminellement bas pendant que le gouvernement subventionne les transports.

    À la fin de 2013, quand les travailleurs manifestaient pour une augmentation du salaire minimum à 500 gourdes – le gouvernement en avait offert seulement 225 – les propriétaires d’usine se sont plaints du fait que les salaires actuels étaient déjà quatre fois plus élevés que ceux du Bangladesh. D’après le Guardian, les patrons sont allés jusqu’à publier une lettre ouverte aux travailleurs sur la nécessité de maintenir la « compétitivité d’Haïti ».

    Le gouvernement a passé des années à construire une force de la PNH de 15.000 policiers pour remplacer la force de « maintien de la paix » de l’ONU qui est détestée, la Mission des Nations Unies en Haïti (MINUHA), qui devrait se retirer en octobre. Il va également rétablir l’armée du pays, les Forces armées d’Haïti (FAD’H), qui entreront bientôt en fonction. Les FAD’H, un pilier de la dictature sanglante de Duvalier ont été démantelées par Jean-Bertrand Aristide en 1995, mais leur reconstitution a été entamée par Michel Martelly en 2011. Une campagne de recrutement a été diffusée largement en juillet : les recrues devaient être célibataires et posséder un « Certificat de bonne vie et moeurs » de la PNH.

    Les instructions données par le premier ministre au ministre de la Défense Hervé Denis incluent : « assurer la défense du littoral ; protéger les frontières maritimes ; surveiller le territoire maritime ; soutenir les autres composantes de l’armée nationale ; assurer des patrouilles maritimes. » En d’autres mots, les FAD’H empêcheront las pauvres et désespérés de quitter leur pays par bateau. Empruntant à la propagande gouvernementale américaine, les FAD’H conduiront leur mission sous le prétexte de lutter contre le trafic de drogues et le terrorisme.

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  • Les enseignants des lycées du département du Nord ont abandonné leurs salles de classe. Ils sont à leur deuxième semaine de grève pour réclamer leurs lettres de nomination, sans être passés par un concours de recrutement, et pour réclamer leurs arriérés de salaire. À la rescousse de ces éducateurs, plusieurs centaines d’élèves des lycées du Nord ont déjà foulé le macadam.

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  • Le 17 Octobre 2017, la manifestation de l’opposition, pour commémorer l’assassinat de Jean Jacques Dessalines et réclamer le départ de Jovenel Moise, a été dispersée violemment par la Police Nationale. La tradition de violence des forces de police d’Haïti ne se perd pas...

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  • Lire aussi sur l’histoire d’Haïti :

    cliquer ici

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  • Profitant que la population était mobilisé pour suivre le 1/4 de finale de la coupe du Monde Russie 2018 et afin de respecter le Programme contrôlé par le FMI « Staff-Monitored Program » (SMP) signé en février dernier, le Gouvernement a publié un avis officiel d’augmentations du prix des carburants à la pompe.

    Dès que l’information a été connue sur les réseaux sociaux, et devant l’importance des hausses (entre ±40 et 50%) les gens ont pris le coup de colère et les violences ont éclatées dans la capitale où la situation est devenue rapidement très difficile et confuse.

    Suite aux 3 jours d’émeutes causés par la tentative du Gouvernement d’augmenter fortement le prix des Carburants à la pompe suivi quelques heures plus tard d’une marche arrière précipité du Chef de l’État devant les violences meurtrières qui ont éclaté à travers le pays, Gerry Rice, Porte-parole du Fonds monétaire international (FMI) a suggéré en conférence de presse aux autorités haïtiennes d’agir plus progressivement dans la suppression des subventions des carburants.

    « Nous continuerons de soutenir Haïti et d’aider les autorités à développer une stratégie de réforme révisée » a déclaré Rice ajoutant que cette stratégie pourrait inclure « une approche bien plus progressive pour supprimer les subventions [sur les carburants] » rappelant que cette suppression des subventions doit permettre au Gouvernement haïtien de dégager des fonds pour financer des mesures sociales en Haïti pour les populations les plus défavorisées.

    Comme ils les aiment ces « populations défavorisées », au point de les réduire de force à la misère !!!

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  • Le fils du président Duvalier profite des émeutes et de l’instabilité politique pour se mettre en avant avec des discours moralisateurs !!!

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  • La répression des émeutes a été violemment réprimée : morts et blessés. La communauté internationale soutient la répression !!!

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  • Les classes possédantes exhibent des milices armées, taxées par le gouvernement de "faux militaires". Le gouvernement est impuissant à les désarmer...

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  • Les émeutes ont fait reculer puis chuter le gouvernement. L’ordre n’est pas rétabli.

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  • La réponse des grandes puissances : les Marines débarquent en Haïti !!!

    L’île révoltée fait toujours peur !!!

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  • Suite à des dizaines d’arrestations effectuées par la police nationale sur l’ordre du chef du Parquet de Port-au-Prince, le CARDH, la CE-JILAP, le CEDH, le CRESFED, la POHDH et le SKL ont mis en garde le commissaire du gouvernement près du Tribunal de Première Instance de cette juridiction contre des actes illégaux et des violations des droits humains sur les citoyens.

    En particulier, le Commissaire Daméus est accusé de violations de droits des personnes arrêtées.
    Il a été désavoué par le ministre de la Justice. Il a profité des émeutes pour arrêter des misérables qui se servaient dans les commerces saccagés par les émeutiers.

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  • Les gouvernants essaient de faire croire que les récentes émeutes du 6 au 8 juillet écoulés sont l’œuvre de voyous et voleurs de rue !!!

    La population, traitée en bandits, n’a rien de bon à attendre d’aucun gouvernement tant qu’elle ne gouvernera pas par elle-même !!!

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  • Un appel à la grève générale circule dans le prolétariat haïtien...

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  • Le pays s’enfonce de plus en plus dans une crise sociale, économique et politique que ni le gouvernement illégitime actuel ni l’oligarchie richissime et mafieuse ne veulent voir et dont ils ne veulent non plus entendre parler. L’un (le gouvernement) s’évertue à faire danser le peuple ou lui offrir des spectacles de foot, souhaitant que la misère serait plus supportable en dansant ou en célébrant la victoire de l’équipe brésilienne ; l’autre (l’oligarchie) affichant, jusqu’à la nausée, sa profonde haine du peuple, le considérant comme dépourvu d’humanité et indigne du moindre respect.

    Pourtant, l’aveuglement, le faire-semblant, l’évasion ne peuvent en aucun cas occulter les raisons de la révolte. Et elles sont nombreuses :

    1) La corruption gangrénant jusqu’à la moelle le gouvernement et les institutions de l’État (y compris le Parlement, les ministères, etc.). La somme colossale de près de cinq milliards de dollars du Petro-Caribe, geste de solidarité inestimable du gouvernement bolivarien du Venezuela envers le peuple haïtien, est détournée au profit de quelques bandits, parachutés par l’impérialisme étatsunien à la tête de l’État. N’est-ce pas là le plus grand scandale financier que notre pays ait connu depuis l’odieuse dette de l’indépendance de 1820 ? On a du mal à imaginer les retombées positives d’une telle somme en termes de constructions de routes, d’écoles, d’hôpitaux, etc., si seulement le pays disposait d’un État responsable, de dirigeants intègres, de patriotes visionnaires.

    2) Le maintien du salaire minimum de famine plongeant dans une misère répugnante et déshumanisante des familles entières d’ouvrières et d’ouvriers. Toute velléité, de la part des travailleuses et travailleurs, pour demander d’augmenter, tant soit peu, cette paye de misère, est écrasée sans aucune considération. L’oligarchie sous-traitante et mafieuse se percevant elle-même comme l’unique bénéficiaire de droits humains fondamentaux : le droit à la nourriture, au logement, à l’éducation, à la santé, etc., ne voit, dans les revendications légitimes populaires, que l’expression de la sauvagerie et de la barbarie. N’est-ce pas là la résurgence de l’idéologie colonialiste esclavagiste dans son état le plus dégradant ?

    3) La destruction de notre agriculture, de notre industrie nationale, de nos services sociaux créant les conditions d’un éclatement de la société civile. Depuis des décennies, les gouvernements, qui se sont succédé au pouvoir, ont concouru, chacun à sa façon, à son rythme, à détruire notre souveraineté économique et politique. Cette politique néolibérale, conçue et mise en place par l’impérialisme, a réduit notre pays dans un état de dépendance telle que les moindres produits agricoles ou manufacturiers doivent être importés. N’est-ce pas là la soumission totale d’une nation, pourtant indépendante depuis 1804, aux intérêts d’étrangers qui perçoivent le peuple haïtien comme un groupe d’indigènes exploitables et corvéables à volonté ?

    4) L’acquisition de notre sol, sous-sol et territoire au profit de l’industrie extractive causant de graves risques sociaux et environnementaux. Aujourd’hui, des multinationales s’apprêtent à exploiter des mines métalliques dans le nord-est du pays. Les conséquences d’une telle exploitation sont connues : assèchement ou empoisonnement des rivières, déportations massives de populations, expropriations, etc. Malgré de multiples protestations, d’études montrant les dangers d’une telle exploitation, le gouvernement Moise ainsi que le Parlement croupion ont l’intention de signer en catimini un scandaleux projet d’exploration et éventuellement d’exploitation de nos ressources minières. Là encore, quand un gouvernement et des institutions étatiques se portent garants d’intérêts de compagnies étrangères au détriment du bien-être de la population, n’est-ce pas là la définition même du néocolonialisme ?

    5) L’exode massif de nos jeunes vers des États étrangers, les considérant comme des voyous et des envahisseurs. Incapable et refusant de mettre en place le moindre programme social, l’État néocolonial encourage le maximum de gens à s’expatrier. Aucun service public digne de ce nom n’est disponible pour une population dont plus de 80% vivent avec moins de deux dollars par jour. L’état complètement délabré des écoles et des hôpitaux publics ainsi que l’insalubrité des villes et des quartiers populaires illustrent bien la situation d’une nation complètement à la dérive. Mais là encore, cela n’est que le cadet des soucis de cet État fantoche.

    6) L’implication ouverte et démesurée de l’impérialisme (particulièrement étatsunien) depuis 1986, et surtout depuis le coup d’État de 1991, dans les affaires internes de notre pays, formant et destituant les gouvernements. Lors de la dictature sanguinaire des Duvalier, la « stabilité » du pays était assurée. Sous la protection de l’État terroriste, l’oligarchie et les compagnies étrangères pouvaient, sans crainte, exploiter, spolier et écraser toutes formes de revendications. Depuis la chute de la dictature, en 1986, l’impérialisme joue pieds et mains pour maintenir le statu quo. Il s’évertue notamment, depuis le coup d’État de 1991, à réduire l’État haïtien en un État fantoche, destiné à mettre en place strictement les mesures néolibérales. L’assujettissement de cet État atteint son apogée avec l’arrivée au pouvoir du régime mafieux de Martelly. Toutes les exactions furent permises : les fonds générés par le programme Petro-Caribe sont spoliés ouvertement et, au-delà de spectacles grossiers et misogynes du président tèt kale (crane rasé), l’écrasement du mouvement ouvrier et populaire se poursuivait.

    Aujourd’hui le pourrissement de l’État néocolonial et l’exacerbation des contradictions sociales sont tels qu’il ne suffit pas de changer de gouvernement ou même d’effectuer des réformes pour arriver à long terme à des changements réels. Le cirque des élections sous le contrôle des puissances occidentales doit être combattu et dénoncé. Nous sommes à un moment de notre histoire où le choix d’un nouveau pays s’impose. Celui-ci ne pourra exister sans les luttes constantes et structurées des organisations populaires et progressistes.

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  • Près de trois semaines après que de violentes manifestations ont forcé le gouvernement haïtien à annuler des augmentations du prix du carburant, la bourgeoisie haïtienne demeure en état de crise. Pendant que le gouvernement est en quête de sources de revenus, la Police nationale d’Haïti (PNH) profite de la faiblesse du président Jovenel Moïse pour avancer sa propre position.

    L’annulation de ce qui aurait représenté une augmentation de 38% du prix du litre d’essence a temporairement permis de ramener l’ordre, mais une manifestation tenue mardi à Port-au-Prince exigeait la libération inconditionnelle et immédiate de toutes les personnes arrêtées lors des événements du 6 au 8 juillet. Des organisations d’avocats et d’étudiants ainsi que des membres de la famille des détenus étaient présents.

    Alterpresse témoigne de revendications d’un salaire minimum de 1.000 gourdes par jour. Le minimum actuel est de 350 gourdes par jour, un peu plus que le prix d’un litre d’essence si l’élimination des subventions avait été maintenue. D’après Alterpresse, une protestataire criait : « Secours ! Secours ! Je n’en peux plus. Mon mari a été arrêté injustement, pendant qu’il quittait le travail. C’est lui qui nourrit la famille. »

    Il est significatif que mardi, tout comme au cours des derniers mois, on pouvait entendre le terme créole déchoukaj (« déracinement » ou « dessouchage ») pour décrire les manifestations antigouvernementales. La même expression avait été utilisée pour décrire le soulèvement populaire contre Jean-Claude Duvalier et les Tontons Macoutes en 1986.

    Le président Jovenel Moïse est en position de faiblesse, et la PNH a contourné son gouvernement en organisant des réunions régulières avec la Commission permanente du Sénat sur la justice et la sécurité afin de préparer la répression de futures manifestations. C’est pour discuter du même sujet que des commandants de la PNH ont organisé une rencontre avec les dirigeants des dix départements d’Haïti mercredi.

    Le directeur général de la PNH, Michel-Ange Gédéon, a affirmé qu’il ne préparait pas de coup d’État. Pourtant, ses réunions de cette semaine indiquent que Moïse et l’ancien premier ministre, Jacques Guy Lafontant, qui a démissionné depuis, étaient responsables de la décision de retenir la police pendant les manifestations du 6 au 8 juillet.

    Les événements qui entourent la démission de Lafontant le 14 juillet soulèvent la question d’une entente en coulisse. Convoqué pour comparaître devant le Parlement, des articles de presse le décrivaient confiant et souriant face à ses accusateurs pendant la première moitié de la session. Mais après son retour d’une pause, il a pris le podium pour annoncer qu’il avait remis sa démission, acceptée par Moïse. Il a prétendu avoir démissionné avant le début de la session, mais si c’était vrai, la loi haïtienne lui aurait interdit l’entrée dans la Chambre.

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  • Nouveau mouvement de grève à l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH). Des médecins internes réclament le paiement de leur frais de service. Ces professionnels de la santé rappellent qu’ils n’ont reçu aucune rétribution de l’administration depuis environ 9 mois.

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  • Des dizaines de milliers de personnes en colère en Haïti manifestent pour exiger la démission immédiate du président Jovenel Moïse et protester contre la corruption en lien avec le sulfureux programme PetroCaribe. Ce programme a notamment permis au pays d’acheter du pétrole vénézuélien à des prix avantageux et de rembourser ces achats sur 25 ans à un taux d’intérêt de 1 %. L’argent issu de ce programme était censé financer des projets économiques et sociaux. Mais pour bon nombre d’Haïtiens, il a été dilapidé par le gouvernement. L’affaire touche à des facilités fiscales autour de l’approvisionnement en pétrole dans l’île. il y a eu quelques graves échauffourées à Port-au-Prince. La tension accumulée depuis des mois a rapidement entraîné des heurts : jets de pierre d’un côté, grenades lacrymogènes de l’autre... Les forces de l’ordre ont même parfois tiré en l’air à balle réelle.

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  • La journée de mobilisation de dimanche 18 novembre 2018, en Haïti, en vue de demander des comptes sur la dilapidation des fonds PetroCaribe, s’est soldée par 6 morts, selon la police, mais 11 personnes tuées, selon des organisateurs.

    « où sont passés les fonds PetroCaribe » demandent les manifestants.

    Depuis l’intensification, à la mi-août 2018, du mouvement #PetroCaribeChallenge, les citoyennes et citoyens continuent de demander à l’Etat de traduire en justice les personnes, pointées du doigt dans la mauvaise gestion de plus de trois milliards de dollars américains. Les manifestants réclament également le départ du président Jovenel Moïse.

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  • En Haïti, les dernières émeutes remontent à avril 2008. Elles ont éclaté à cause de la vie chère à Port-au-Prince. Aux Cayes, ces émeutes de la faim avaient fait 5 morts, une cinquantaine de blessés au cours d’affrontements avec la police appuyée, à cette époque, par les casques bleus. À Port-au-Prince, on avait enregistré une quinzaine de blessés par balles, un véhicule de la Mission des Nations-unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) incendié et plusieurs commerces pillés (Caroit, 2008). Un policier nigérian de l’Onu a été tué par balles à Port-au-Prince (La Dépêche, 2008). Ces émeutes avaient couté son poste au Premier ministre Jacques Édouard Alexis et à son gouvernement. Le président de la République d’alors, René Préval, a dû ordonner la baisse du prix du riz pour calmer la colère de la population.

    Haïti n’était pas le seul pays à connaitre des émeutes à la fin de la première décennie du XXIe siècle : la Mauritanie, le Cameroun, le Burkina Faso, l’Éthiopie, l’Indonésie, l’Égypte, le Maroc, la Cote d’Ivoire, le Sénégal, le Madagascar, les Philippines ont été eux aussi le théâtre d’explosions de violence dues à la hausse des prix des denrées alimentaires (La Dépêche, 2008). C’est quand même paradoxal, voire scandaleux, dans un monde regorgeant de richesses, où la science et la technologie sont extrêmement développées, d’enregistrer plus d’une centaine de millions de personnes menacées de mourir de faim. Depuis 2008, la Banque mondiale a tiré la sonnette d’alarme en invitant les gouvernements à intervenir d’urgence afin d’éviter que la crise alimentaire n’affecte 100 millions de personnes dans le monde. Trente-trois États dans le monde dont Haïti sont menacés de connaitre des troubles politique et des désordres sociaux à cause de la montée brutale des prix des produits agricoles et énergétiques (La Dépêche, 2008).

    Qu’est-ce qui est à la base de cette situation ? Les INÉGALITÉS sociales. « À eux seuls, les huit hommes les plus riches du palmarès du magazine Forbes, dont Bill Gates, Jeff Bezos et Mark Zuckerberg, détenaient autant de richesses que la moitié de la population mondiale la plus pauvre. L’année précédente, on titrait que le 1% le plus riche de la planète possédait autant d’avoir nets que les 99% restants » (Sansfaçon, 2018).

    Toutes les émeutes n’ont pas nécessairement pour déterminants la faim. En France, octobre 2005, pendant trois semaines consécutives plusieurs quartiers des banlieues françaises ont été en flammes, suite à la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré électrocutés dans un transformateur de l’Électricité de France (EDF) alors qu’ils étaient poursuivis par la police (Taleb : 2015). Le bilan de ces émeutes est très lourd : 10346 véhicules de toutes sortes brûlés ; 233 bâtiments publics détruits ou endommagés, 74 bâtiments relevant du domaine privé détruits ou endommagés, 11700 policiers et gendarmes engagés au plus fort des émeutes, 224 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés ; 6056 interpellations (dont 4728 pendant la crise et 1328 après les évènements, 5643 personnes placées en garde à vue, 1328 personnes écrouées (Nouvel Observateur, 2006). En 2015, à Baltimore dans l’état de Maryland, aux États-Unis, des émeutes éclatèrent suite au décès du Jeune Gray âgé de 25 ans qui a été blessé à la colonne vertébrale et au larynx à l’occasion de son arrestation et sa détention. Des rassemblements spontanés ont eu lieu après les obsèques. Il y eut des affrontements entre les citoyens et les policiers. Le bilan était lourd : 235 arrestations, 144 véhicules et 15 immeubles en feu, 25 policiers battus et blessés. Soit en France, soit aux États-Unis, ces émeutes portent la marque de la discrimination fondée sur les origines ethniques ou la couleur de la peau ancrées dans des rapports sociaux inégalitaires.

    En Haïti, les émeutes ont eu jusqu’ici pour déterminants la cherté de la vie, comme ce fut le cas dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. La hausse du cout de la vie comme cause incidente des émeutes peut être interprétée comme une conséquence des rapports sociaux inégalitaires. Plusieurs auteurs le soutiennent, en ce qui concerne Haïti : il existe en Haïti un système d’« apartheid socio-spatial » (Beaulière, 2016) qui constitue une grosse menace pour le vivre-ensemble. En 2010, Robert Paris du Journal Libération, a publié un article intitulé « Classes sociales en Haïti » dans lequel il affirme en introduction : « on aurait tendance, vu de loin, à croire qu’il n’y a que des pauvres en Haïti. Quelle erreur ! Il y a une bourgeoisie et même une grande bourgeoisie… et les inégalités sociales sont plus criantes en Haïti qu’ailleurs entre une bourgeoisie qui vit dans le luxe et des bidonvilles d’une misère record… d’un côté, des piscines et de l’autre, pas d’eau à boire ! Cette bourgeoisie du fait de sa diversité (grandes familles, seigneurs grandons (grands propriétaires terriens) anciennement liés ou pas au duvaliérisme, d’origines nationales diverses) et de sa rapacité, a été incapable de s’unir pour garder directement le pouvoir mais tous les pouvoirs issus de l’armée ou de la petite bourgeoisie ont été globalement à son service » (Paris, 2010). Évidemment, on dirait qu’en plus de dix ans après, on ne peut vraiment parler de cohésion au sein de cette classe, en ce qui a trait au contrôle du pouvoir politique. Des clivages et des tensions subsistent entre eux : groupe syro-libanais, groupe de bourdon, entre autres.

    Arnousse Beaulière (2016) parle d’un autre type de clivage : le clivage entre la classe supérieure et la classe inférieure, entre les bourgeois, monopolisant la propriété et les moyens de production, et les ouvriers, les masses populaires et paysannes (Beaulière 2016). Et c’est là qu’il faut rechercher les causes des émeutes en Haïti. Pour être plus précis, Haïti est en train d’appliquer à la lettre le paradigme de la concentration des inégalités socio-économiques producteur de l’extrême pauvreté. Appelé aussi « économie de ruissellement », ce paradigme postule qu’en donnant plus d’argent aux riches, on rend service à tout le monde, parce que cela va stimuler la croissance. Conformément à l’application d’un tel paradigme « 500 000 habitants sur une population d’environ 11 millions accaparent l’appareil de l’État et l’instrumentalisent à leur profit exclusif et au détriment des intérêts supérieurs de la nation, soutient Fritz Jean dont les propos sont relayés par Harrios Clerveaux dans le quotidien Le national. Dans le système bancaire haïtien, 5 % à 6 % de la population seulement bénéficient de 75 % des crédits bancaires (Clerveaux, 2016). Les inégalités socio-économiques sont des plus criantes « seulement 5 % des gens du pays accaparent 50 % de ses revenus, et les 95 % des habitants du pays vivotent, se démènent avec l’autre tranche de 50 %. Ce qui est très différent des cas des pays de l’Amérique latine où 5 % de la population de cette région accaparent 27 % de ses revenus. Dans le cas des autres pays de la Caraïbe, 5 % des gens accaparent 23 % des revenus de cette région ».

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  • Le peuple d’Haïti se révolte à nouveau contre ses dirigeants, qui ont une nouvelle fois détourné tout l’argent de la reconstruction, de l’aide aux populations, de la santé et de l’éducation, avec la caution des autorités internationales qui poursuivent leur occupation militaire du pays. La réponse du pouvoir corrompu a été de frapper dur : au moins deux morts !!! Mais ce ne sera pas le premier gouvernement que nous aurons fait chuter ! Et cela continuera jusqu’à ce que nous mettions en place le gouvernement du peuple travailleur par lui-même !!!!

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  • 4ème jour de manifestation en Haïti pour réclamer le départ du président et la fin du pouvoir es bandits capitalistes !!!

    La révolte sociale est repartie de plus belle !!!!

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  • La répression du président dictateur corrompu a encore fait sept morts parmi les manifestants qui veulent en finir avec ce pouvoir. La population dénonce le détournement des richesses et des aides, ainsi qu’une inflation galopante.

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  • Entamées depuis plus d’une semaine, à l’occasion du 33e anniversaire de la fuite du pays de Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier lors de l’effondrement de son régime, des manifestations paralysent une grande partie du pays.

    Les protestations actuelles exigent un sort similaire pour le président Jovenel Moïse, qui a remporté en 2015 une élection à laquelle seulement 20% des électeurs éligibles ont participé. En juillet dernier, une tentative du gouvernement de Moïse de réduire les subventions pour le carburant a provoqué d’importantes protestations et la démission de son premier ministre.

    Le gouvernement de Moïse et celui de son prédécesseur du PHTK, Michel Martelly, ont été profondément impliqués dans le scandale de corruption du PetroCaribe. L’automne dernier, des pancartes de protestation demandaient où était allé l’argent de PetroCaribe, mais maintenant les banderoles exigent « donnez-nous l’argent de PetroCaribe ».

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  • L’étonnant n’est pas la colère actuelle, mais qu’elle ne soit pas arrivée plus tôt. Les manifestations de masse de début février et le blocage de toutes les activités – le « pays lock » – trouvent leur origine immédiate dans un mouvement initié en août 2018. Sur twitter, un homme aux yeux bandés brandit une pancarte en carton sur laquelle est écrit : « Kot Kòb Petwo Karibe ? » [Où est l’argent de PetroCaribe ?].

    Le mouvement #PetroCaribeChallenge est né. Il rassemble nombre de jeunes Haïtiens, qui en ont assez, et exigent des institutions nationales de rendre compte de ce qui a été fait de l’argent de PetroCaribe. C’est sous sa pression que la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a publié l’audit concernant la gestion du fonds PetroCaribe. L’origine, la dynamique, les revendications et l’importance de la jeunesse dans ces mobilisations ne sont pas sans rappeler le « printemps arabe » et son « Dégage ! »

    Lors de la manifestation du mercredi 17 octobre 2018, huit personnes ont été tuées, soixante-et-une autres blessées, dont plusieurs par balles, selon le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). Les funérailles de plusieurs de ces manifestants, le 31 octobre 2018, a pris un tournant revendicatif, entraînant à nouveau des affrontements et la répression, qui a fait au moins un mort et huit blessés.

    Les journées de mobilisation depuis le 7 février ont fait, elles, officiellement quatre morts et seize blessés, mais le communiqué, en date du 12 février, des évêques catholiques romains en Haïti, parle de « plus de dix morts depuis le 7 février 2019 ».

    La répression explose parallèlement à l’insécurité. Très inquiétant est ce qui peut être qualifié de « massacre d’Etat », à savoir l’assassinat de septante et une personnes (deux autres sont portées disparues), les viols collectifs de onze femmes et la destruction de nombreuses maisons, le mardi 13 novembre 2018, dans le quartier populaire de La Saline à Port-au-Prince.

    Si la lumière n’a pas encore été faite sur ce massacre où semblent être impliqués les gangs armés de connivence avec des politiciens, la montée de l’insécurité ne fait aucun doute. De manière générale, selon la Commission épiscopale nationale de l’Église catholique romaine Justice et paix (Ce-Jilap), 604 personnes ont été tuées par balles, au cours de l’année 2018.

    C’est l’ensemble de la bourgeoisie haïtienne qui est impliquée dans la montée de la violence !

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  • Le regroupement Konbit òganizasyon politik, sendika ak popilè projette deux journées de mobilisations, les jeudi 7 et vendredi 8 mars 2019, pour continuer d’exiger le départ du président Jovenel Moïse, entre autres.

    « Nous allons nous entendre, avec d’autres secteurs, pour fixer un nouveau calendrier de mobilisations », fait savoir le coordonnateur général de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens (Unnoh), Josué Mérilien, lors d’une conférence de presse, ce lundi 4 mars 2019, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

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  • La révolte actuelle a des racines profondes.

    La pauvreté, qui touche près de 60% de la population, l’insécurité alimentaire affectant plus de 40% des Haïtiens, la vie chère – d’autant plus chère avec la dépréciation de la monnaie locale, l’inflation et la dépendance aux importations – s’aggravent objectivement, mais aussi subjectivement, au regard des inégalités, du mépris de la classe dirigeante et des multiples promesses non tenues du président Jovenel Moïse.

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