English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS > Qu’est-ce qui a changé dans le monde, et qu’est-ce qui va changer (...)

Qu’est-ce qui a changé dans le monde, et qu’est-ce qui va changer ?

mercredi 8 novembre 2017, par Robert Paris

Edito

Qu’est-ce qui a changé dans le monde et qu’est-ce qui va changer ?

Bien des gens font la remarque que tout n’est plus comme avant. Des faits impressionnants montrent que le monde de demain ne pourra plus être le monde d’hier. Ces événements étonnants montrent que la société est en pleine transition, sans que l’on puisse vraiment dire clairement vers quoi. Ces faits ne proviennent pas d’un seul pays, d’une seule région, mais du monde entier. Ce sont des faits qui auraient été autrefois complètement invraisemblables, depuis l’élection d’un président d’extrême droite aux USA au début de l’explosion de l’Europe (départ de la Grande-Bretagne et tendances séparatistes des pays de l’Est et de l’Italie, sans compter les séparatismes internes en Espagne et en Italie, notamment), de la transformation des démocraties bourgeoises en dictatures policières à la multiplication des guerres, de la diffusion mondiale du terrorisme au développement massif des peuples contraints à migrer et à subir haines et répressions, de la montée des fascismes au développement de toutes les sortes de violences entre ethnies, entre races, entre religions, entre régions, entre nations, entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux et on en passe… Les bases sociales de l’ordre bourgeois sont partout bousculées. Là où régnaient les services publics, les aides sociales, les garanties d’emploi, les allocations chômage, le contrat à durée indéterminée, l’emploi fixe, les négociations, le syndicalisme réformiste, tout cela est complètement balayé. Les ruptures et cassures se multiplient : entre les USA et le monde, entre le monde musulman et le reste du monde, et, à nouveau, entre l’Est et l’Ouest. De multiples pays sont maintenant divisés en deux : Espagne (avec la Catalogne), Ukraine, Libye, Irak (avec le Kurdistan irakien), Afghanistan, ou menacés de l’être, Angleterre (avec l’Ecosse), Cameroun (anglophone et francophone), Italie (du nord et du sud) et bien d’autres. Les violences étatiques prennent un tour très radical, comme en Turquie ou en Egypte, et pas seulement en Irak et en Syrie. Tous les peuples révoltés, du monde arabe au Maghreb et de l’Afrique à l’Amérique du sud, de l’Europe (notamment en Espagne ou en France) aux USA, sont avertis : les manifestants sont désormais violemment réprimés.

Le nombre de pays sous occupation militaire internationale (américaine, anglaise, française, canadienne, australienne, etc.) grandit sans cesse. Le face à face menaçant entre les pays impérialistes occidentaux et le bloc de la Chine et la Russie a reparti de plus belle.

La violence gagne toute la société, dans le monde entier, violence sociale, violence politique et violence guerrière sont visiblement interdépendantes, toutes reliées à l’événement le plus important qu’a connu récemment le monde : la crise de 2007-2008 qui a indiqué au monde que le système de marchait plus comme avant.

Les événements marquants se succèdent depuis, des faits qui n’auraient pas pu se produire avant, des craquements impressionnants de tout l’édifice économique, social et politique qui a longtemps dominé le monde. Ce n’est pas seulement la démocratie, la paix, le consensus, l’équilibre social ou politique qui sont remis en question, ce n’est pas seulement l’Europe, l’entente entre USA et Chine-Russie, l’accord entre USA et Europe, la paix avec l’Iran ou la Corée du nord, la paix dans le monde arabe, la paix en mer de Chine, non, c’est le fonctionnement même du capitalisme qui ne repose plus que sur des artifices financiers d’équilibristes des institutions internationales et des Etats.

En déversant de milliers de milliards de dollars d’argent public sur les marchés en 2008 et en continuant ensuite de le faire, les gouvernants sont parvenus à retarder l’effondrement économique qui menaçait à la chute de n’importe quelle grande banque, de n’importe quel trust ou assurance, de n’importe quel gros spéculateur ou financier. Tous ont donc été « sauvés », les banques centrales devenant la seule garantie des prêts, des échanges, de la confiance entre capitalistes.

Ce qui a chuté en 2007-2008, ce n’est pas encore la confiance des peuples dans le capitalisme, c’est la confiance des capitalistes entre eux (au point de bloquer les prêts et les échanges) et celle des gouvernants capitalistes dans la capacité du système de s’auto-entretenir, capacité qui avait pourtant résisté au cours de dizaines et de dizaines d’autres crises économiques, de guerres et de révolutions.

On pourrait s’imaginer qu’une fois encore le système capitaliste s’en est sorti mais cela est illusoire. Aucun des problèmes posés au système par la crise de 2007 n’est réglé et tous les signes d’effondrement économique sont même aggravés malgré ses aides publiques massives quand ce n’est pas parfois à cause de celles-ci. La dette privée massive, d’une masse affolante, qui caractérisait la situation en 2007, se rajoute la masse impressionnante des dettes publiques, celles des banques centrales, des Etats et de toutes les institutions publiques ou semi-publiques. La masse spéculative est plus grande que jamais et plus menaçante aussi. Toutes les instabilités économiques ne peuvent que croître parce qu’un fonctionnement fondamental du capitalisme est complètement cassé : l’investissement productif qui est, en fonctionnement normal du capitalisme y compris dans les crises, est le moteur de la dynamique. En effet, si le capitalisme voit son échelle croître sans cesse, c’est non seulement grâce à la production de marchandises mais à l’accumulation de capitaux, la plus-value extraite du travail humain étant réinvestie dans la production pour produire à nouveau un capital élargi. Sans la production de richesses nouvelles dans la sphère productive, aucun bénéfice supplémentaire ne pourrait être distribué dans le commerce, dans la banque, dans la finance, dans la bourse. Les échanges en eux-mêmes ne produisent pas de richesses. Le prêt d’argent non plus. Les mécanismes marchands ne font que transférer de la richesse, de la redistribuer, mais ils n’en produisent pas. Or la stabilité du capitalisme n’est possible que par sa dynamique. Si les capitaux ne trouvent plus à s’investir, s’ils sont contraints en masse de spéculer, d’exiger des revenus des institutions bourgeoises, c’est que la dynamique de l’investissement productif a atteint ses limites. Le capitalisme, ayant progressé follement, ne peut plus augmenter la masse de ses investissements, suffisamment rentables, alors que ses capitaux sont plus nombreux que jamais, augmentés par les sommes folles des fonds publics mis sur les marchés. A l’inverse, les investissements spéculatifs sont rendus sans cesse plus rentables par les aides des Etats, par les dettes privées et publiques, par les effondrements successifs.

Le grand capital investit en somme dans sa chute historique ! Il mise sur son effondrement ! Il compte sur des titres nocifs, sur des actions nécrophiles, celles qui fondent des fortunes sur la chute, sur la faillite, sur l’endettement des sociétés et des Etats.

Puisque l’aide massive publique de l’économie n’avait pas pour résultat de relancer la dynamique de l’investissement productif, quel pouvait bien être son but ? Eh bien, seulement de gagner du temps. Et c’est plutôt réussi : dix ans après, le système capitaliste est resté au pouvoir et n’a pas encore été remis fondamentalement en cause par les révolutions des peuples travailleurs du monde.

A quoi sert de gagner du temps, pour les classes possédantes et leurs Etats ? Eh bien, cela sert à détourner les travailleurs de la lutte sociale, à les déboussoler, à les opposer les uns aux autres, à fomenter des haines tous azimuts, pour que la lutte sociale soit noyée, éventuellement dans le sang, par la lutte raciale, par la lutte ethnique, par la lutte sexuelle, par la lutte religieuse et on en passe. D’où la nécessité d’aider toutes ces haines et tous ces éléments de guerre civile à se développer.

Que le grand capital américain choisisse un président comme Trump, qui prône la violence contre les femmes, contre les Noirs, contre les homosexuels, contre les migrants sud-américains, contre les musulmans, contre l’Amérique du sud (Cuba et Venezuela notamment), contre le monde arabe, contre l’Iran, contre la Russie et la Chine, même contre l’Europe et on en passe, est bien significatif du choix consistant à opposer entre eux les peuples, à opposer entre eux les travailleurs, notamment par la montée des protectionnismes économiques, par la montée des guerres et des guerres civiles, y compris par la menace d’une nouvelle boucherie mondiale, y compris par la menace thermonucléaire.

Tout cela n’aurait aucun sens, ne se produirait pas, si le capitalisme n’était pas condamné, ayant atteint un endettement privé et public valant plus de deux fois et demi celui de 2007, ne parvenant pas à retrouver l’investissement productif et la formation de plus-value de 2007, malgré les interventions massives des fonds publics chargés de pallier à la chute des investissements privés par des travaux publics massifs, par des commandes massives d’Etat aux trusts, par des garanties institutionnelles de tous les trusts et banques, par des aides publiques de toutes sortes au grand capital.

Le dernier rapport alarmiste du FMI démontre que les classes possédantes ne voient se profiler à l’horizon aucune reprise économique, aucune embellie, mais au contraire un effondrement plus massif que celui de 2007 et qu’elles ne se font pas d’illusion sur la capacité du système à rééditer l’opération de 2008, à retarder à nouveau la chute par des interventions financières publiques massives. D’où les dernières lois selon lesquelles, dans l’effondrement à venir, les banques saisiront la totalité des comptes et des épargnes des particuliers, les Etats faisant semblant de garantir une fraction des comptes privés… Mais, comme les Etats seront eux-mêmes coulés, leur garantie ne vaut que les illusions de ceux qui en ont encore. Quant à retirer massivement ses capitaux des banques et institutions financières, celles-ci se sont assuré de ne plus le laisser faire en rendant beaucoup plus difficile les sorties de fonds…

La seule réponse des classes possédantes ne consiste pas à donner un nouveau dynamisme au capitalisme – elles en sont incapables – et ce n’est pas la montée des protectionnismes qui montre une classe capitaliste prête à relancer une telle dynamique ! Elle consiste à plomber la future révolution sociale, à la noyer par avance dans la contre-révolution, dans toutes les sortes possibles de contre-révolution, depuis les Etats ultra-répressifs violents, type Egypte, Turquie, Ukraine, jusqu’aux interventions militaires massives comme celles des USA, de la France, de la grande Bretagne et de bien d’autres impérialismes, et jusqu’à la formation de multiples bandes armées terroristes et contre-terroristes, à la transformation des démocraties bourgeoises en appareils violents de répression contre leur propres peuples.

Tous ces artifices n’empêcheront certainement pas que l’effondrement capitaliste produise la révolution sociale à l’échelle mondiale mais ils permettront que les prolétaires soient d’avance considérablement affaiblis moralement, physiquement, organisationnellement quand les événements cruciaux se produiront. C’est comme cela que les classes possédantes, qui comptent bien s’accrocher au pouvoir même si leur système est en dépassé par l’Histoire, même si le capitalisme lui-même étouffe dans le carcan de la propriété privée des moyens de production, préparent un avenir de souffrances et de sang.

Aux révolutionnaires de préparer, cent ans après le premier pouvoir ouvrier et la première vague révolutionnaire prolétarienne, cent ans après les soviets de Russie, d’Ukraine, de Finlande, de Biélorussie, d’Allemagne, de Hongrie, d’une bonne partie de l’Europe, la prochaine vague révolutionnaire des peuples prolétaires. Il ne suffit pas pour cela de se revendiquer de Lénine ou de Marx, de la Commune de Paris et de la Révolution d’Octobre, il faut défendre une politique fondée sur ses deux pieds, sur une politique révolutionnaire fondant un parti politique communiste et sur une action de masse auto-organisée en conseils ouvriers. Sans ces deux éléments, indispensables et indissociables, pas de politique révolutionnaire et pas de possibilité de victoire des prolétaires contre les forces capitalistes. C’est là la leçon essentielle des grandes défaites du passé.

Les militants révolutionnaires et tous les travailleurs conscients ont une tâche extrêmement difficile dans cette situation de transition car la lutte à venir est cachée dans le brouillard des montées des racismes, des fascismes, des nationalismes, des xénophobies, des forces contre-révolutionnaires de toutes sortes et des forces réformistes qui prétendent les combattre, pris entre deux feux entre bellicistes et pacifistes, entre fascistes et réformistes, entre partisans de la guerre et partisans de la paix bourgeoises, entre forces bourgeoises qui s’attaquent à la démocratie et forces bourgeoises qui veulent nous enfermer dans le cadre bourgeois de celle-ci, à commencer par les appareils bureaucratiques des syndicats et les partis « de gauche » et autres associations type Podemos, Syriza ou Insoumis.

Il est d’autant plus important de ne pas se laisser détourner de la voie révolutionnaire des conseils ouvriers, de la voie d’une politique communiste défendue au sein de ces conseils par un parti communiste, de la voie vers la suppression de la propriété privée des entreprises et des capitaux, voie qui n’a jamais été celle du stalinisme, de la social-démocratie et des appareils syndicaux, les fossoyeurs de la révolution.

Le système d’exploitation et d’oppression qui domine le monde, y compris la Chine et la Russie, y compris la Corée du nord, nous menace de la guerre mondiale thermonucléaire, dès qu’il sera clair que le système va s’effondrer lors du prochain krach. Il commencera alors par nous voler nos épargnes, nos comptes en banque, nos emplois, nos services publics et tous nos droits, sous prétexte de la crise systémique. Mais il ne s’en tiendra pas là et nous volera nos libertés et nos vies.

Même si les travailleurs ne sont pas encore conscients que le capitalisme vit ses derniers instants, même si la majorité des militants ouvriers ne le pensent pas, même s’ils diffusent des perspectives illusoires de réforme, de revendication au sein du système, de « bonne négociation », la réalité est là. Le capitaliste a atteint ses limites. L’avenir appartient au communisme et au prolétariat.

L’humanité n’a pas d’autre choix que de faire un grand pas en avant ou un grand pas en arrière. C’est généralement dans ce type de situations que les prolétaires ont pris, dans le passé, leurs responsabilités. On s’en souvient actuellement du fait de l’anniversaire de la révolution d’Octobre. Mais la seule vraie manière de fêter les révolutions n’est-ce pas de les rendre actuelles ?!!!

Vive la perspective de la révolution sociale, la seule qui puisse répondre à la montée des violences des classes possédantes ! Vive la fin de la propriété privée des grands moyens de production, des banques, des trusts et des capitaux ! Vive la fin de la mainmise des possédants sur tous les pouvoirs ! Vive le pouvoir des comités de travailleurs, de femmes, de jeunes et de petits soldats !

7 Messages de forum

  • La violence sociale & trop souvent la mort de + en + jeune, dans la rue, dans l’entreprise, à la campagne et à la ville, sous la terre, dans les airs, en mer ; la volonté d’amener les peuples à la guerre totale : voilà l’unique perspective des classes dirigeantes, impérialistes ou bourgeoises nationalistes & religieuses. Depuis trop longtemps la situation étaient bloquée , les guerres régionales succédant aux crises capitalistes de plus en plus violentes jusqu’à celle fatale de 2007/2008.
    L’union des prolètaires , ceux des villes et des campagnes , peut changer le cours soit disant fataliste de l’histoire.
    Pour l’instant , les prolétaires ont été menaçants comme en 2011 dans le monde arabe par exemple mais cela ne suffit pas .
    L’histoire est fabriquée par les vainqueurs et la propagande anti ouvrière actuelle , sert uniquement à casser le morale des travailleurs qui doivent se constituer en classe sociale consciente de ses intérêts historiques pour l’humanité entière. Pour cela il est nécéssaire de briser les frontières que les organisations politiques & syndicales nous ont imposées.
    A chaque fois que des travailleurs ont tenté de s’organiser par eux même , ils n’ont reçu que des coups de la part du patron mais surtout des syndicats, des partis nationalistes, staliniens et réformistes !
    Car tant que nous serons attachés à leur intérêt de boutique, de place dans les négociations avec les adversaires de classe, nous n’aurons que des défaites. Par contre si nous nous passons d’eux sérieusement et que nous prenons en main notre avenir, nous pourrons alors décider d’abattre le vieux système capitaliste, ses États militarisés et cette bourgeoisie minoritaire mais concentrant tous les pouvoirs.
    Si nous prolétaires ne le faisons pas, alors nous coulerons avec ce titanic qui prend l’eau de toute part.

    Répondre à ce message

  • Bof ! pas grand-chose qui change : les capitalistes font la loi plus que jamais !

    Répondre à ce message

    • oui ça c ’est certain, la loi a toujours été du coté de l’Etat et de la classe au pouvoir. ...mise à part à chaque fois q’une révolution, une grève, une révolte à bousculer l’ordre établi ...même les boulangers ont arrêté de travailler la nuit pendant la Commune en 1871.
      Mais avant et après chacun de ses évènements , la loi des capitalistes paraissaient aussi implacables.
      En réalité quand le système capitaliste peut lâcher de grosses compensations aux exploités (période dite de croissance, plein emploi ) , c’est là ou le système n’a aucune chance d’être renversé. Les partis et syndicats réformistes gèrent au mieux le mécontentement .
      Par contre quand le système rentre en crise , le risque est élevé et l’illusion réformiste ne suffit plus.
      Un vieux monde s’écroule . Celui de la stabilité . Pourtant cela ne règle pas notre problème : tout semble comme avant. De la même façon que l’empoisonneur augmente la dose petit à petit, on pense pouvoir s’habituer : non camarade Alain.

      Cette illusion est mortelle et il faut beaucoup d’aveuglement pour défendre sincèrement que le système capitaliste fonctionne tout a fait normalement depuis 10 ans.
      Par exemple , toutes les entreprises sont désorganisées , pas à cause des salariés qui triment et tentent de "s’adapter" à des ruptures brutales de management, d’effectifs, de collègues, d’environnement , de défaites syndicales.
      La désorganisation est voulue et soigneusement réfléchie par des hauts cadres qui prennent leur ordre dans les conseils d’administration .
      Et dans toutes ses instances , on mise sur la chute de la production au profit d’une atrophie maladive de la finance.
      Sais tu que les cadres dirigeants de multinationale ne croient plus à l’avenir économique du système bancaire depuis 2008.
      Sais tu que les entreprises et les Etats font des lois pour faciliter les licenciements ?
      Quel avenir pour le capitalisme ?
      Celui d’1 troisième guerre mondiale ?
      Et tu penses sérieusement qu’il n’y a rien de nouveau ?
      Penses tu qu’il n’y a rien à dire ?
      Penses tu que Jaurès , Rosa , Karl , Lenine , Le vieux soit mort pour rien ?

      Répondre à ce message

  • Ce que tu dis démontre que la campagne de la bourgeoisie a de l’efficacité ! Elle fait croire qu’il n’y a rien de changé sous le soleil et que c’est pot de fer contre pot de terre. Mais si on examine plus attentivement, le monde branle sur ses bases...

    Oui, pas grand-chose qui change ? Par exemple en Europe…
    L’Espagne est déstabilisée (affaires catalanes), l’Allemagne est déstabilisée (extrême droite et Merkel), l’Angleterre du Brexit est déstabilisée… La France n’a fait que « perdre » tous ses partis politiques ! Ces choses là n’ont rien de classiques !

    Et ce n’est que la surface "politique" des choses...

    En fait, le grand capital se prépare à UN EFFONDREMENT sans capacités étatiques de retarder comme en 2008...

    Tous les comptes seraient bloqués, pas seulement ceux des déposants disposant de plus de 100.000 euros. De nombreux indices et différentes réflexions économiques laissent penser qu’un krach est probable dans un proche avenir, d’autant plus que de nombreux organismes officiels nationaux et internationaux laissent parfois transparaître, au-delà des déclarations officielles lénifiantes systématiques, des raisons de douter.
    C’est ainsi que les travaux de réflexion et d’analyse de la BCE de Francfort dans un document de 58 pages publié le 8 novembre 2017 ne peuvent que conforter ceux qui voient se profiler un très grave krach financier à l’horizon.
    La BCE accepterait, suite à l’impécuniosité des banques et des gouvernements, qu’une partie des dépôts bancaires soit confisquée pour éviter la faillite et la banqueroute de certaines banques. Il est écrit noir sur blanc, dans ce document de travail : « Les déposants pourront avoir accès à une partie seulement de leurs avoirs en banque, afin de leur permettre d’assumer leurs dépenses quotidiennes, dans les cinq jours qui suivront leur demande. »
    Et tous les comptes seraient concernés, pas seulement ceux des déposants disposant de plus de 100.000 euros, contrairement à ce qui est affirmé, cru et répété urbi et orbi dans les médias. Ce fut déjà le cas à Chypre en mars 2013 ; les comptes de dépôt des particuliers furent bloqués afin d’éviter la panique et la course aux guichets, le retrait de leurs avoirs par des déposants et, donc, l’écroulement des établissements bancaires.
    Lorsque l’on sait qu’il y a déjà eu une directive européenne DRRB (directive sur le redressement et la résolution des banques) autorisant à « chypriser » les comptes au-dessus de 100.000 euros, que la loi Sapin 2 autorise déjà très officiellement le gouvernement français à pouvoir bloquer les comptes de l’assurance-vie en cas de crise, il est alors possible de pouvoir douter et s’interroger sérieusement sur une probable crise à venir, compte tenu des dernières réflexions en cours à la BCE. Il n’y a pas de fumée sans feu.

    Répondre à ce message

  • Selon une étude d’UBS, la marge de manoeuvre des instituts d’émission est réduite pour affronter une prochaine récession même faible. Si l’économie mondiale subissait un nouveau choc comparable à celui de 2007-2008, les banques centrales et les gouvernements auraient bien du mal à en contenir les effets. Un exercice théorique de la banque UBS dans une note de plus de 200 pages sur les prévisions économiques pour l’année 2018, montre à quel point leurs marges de manoeuvre se sont réduites...

    Répondre à ce message

  • Karl Marx dans Le Capital, tome I :

    « Le capitaliste n’a aucune valeur historique, aucun droit historique à la vie, aucune raison d’être sociale, qu’autant qu’il fonctionne comme capital personnifié. Ce n’est qu’à ce titre que la nécessité transitoire de sa propre existence est impliquée dans la nécessité transitoire du mode de production capitaliste. Le but déterminé de son activité n’est donc ni la valeur d’usage, ni la jouissance, mais bien la valeur d’échange et son accroissement continu. Agent fanatique de l’accumulation, il force les hommes, sans merci ni trêve, à produire pour produire, et les pousse ainsi instinctivement à développer les puissances productrices et les conditions matérielles qui seules peuvent former la base d’une société nouvelle et supérieure."

    Ce qui a changé avec le capitalisme : il a atteint sa limite supérieure dans l’accroissement permanent des moyens de production , des usines, du nombre de prolétaires en activité, et des profits liés à cette accumulation de capital. Le seul élément qui maintenait l’illusion d’1 système en pleine vigueur , était son excroissance financière. Même celle ci a été stoppée nette à plusieurs reprises en 2007. A chaque fois , les Etats ont sauvé banques, fonds de pensions & autres multinationales en faillite.
    Mais ce sauvetage n’a rien résolu ; le montant des fusions acquisitions est reparti encore plus haut qu’avant , ce qui veut dire que la seule réponse des capitalistes a été de refaire la même chose qu’avant 2007 : concentrer le capital en détruisant du capital.
    Les + gros trusts industriels privés au monde ont évité la faillite car 1 seule pouvait entrainer la faillite de tous.
    Ce sauvetage a sauvé non pas le capitalisme, mais son image. Sans les milliers de milliards déversés par les Etats pour eviter la banqueroute générale, il n ’y aurait plus 1 seule banque,compagnie, PME, artisants, debout.
    La centrale de Fukushima est 1 ruine mais il faut l’arroser en permanence, car la fusion du coeur de réacteur a signé sa mort. Si on arrête de l’arroser , elle explosera à coup sûr comme aucune bombe nucléaire ne l’a fait jusqu’à présent.
    Voilà ce qui a changé , ce qui reste du capitalisme , c’est 1 tas de dettes, de crédits , de boursicoteurs qui jouent au casino avec ce tas de créances, et des PDG qui sont prêts à tout vendre . Seule la peur des révolutions commandent à cette classe sociale sans avenir de retarder le s chocs sociaux, en arrosant le système mort, car ils craignent l’explosion sociale mondiale.
    Voilà le léger changement...

    Répondre à ce message

  • Karl Marx :

    « A un certain degré de leur développement les forces productives matérielles de la société entrent en collision avec les rapports de production existants, ou avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors ... Alors commence une ère de révolution sociale. »

    « Hier encore formes de développement des forces productives ces conditions se changent en de lourdes entraves. »


    « Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le régime de la propriété bourgeoise ; au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ce régime qui alors leur fait obstacle ; et toutes les fois que les forces productives sociales triomphent de cet obstacle, elles précipitent dans le désordre la société bourgeoise tout entière et menacent l’existence de la propriété bourgeoise. Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein. »


    « Au-delà d’un certain point, le développement des forces productives devient une barrière pour le capital ; en d’autres termes, le système capitaliste devient un obstacle pour l’expansion des forces productives du travail. Arrivé à ce point, le capital, ou plus exactement le travail salarié, entre dans le même rapport avec le développement de la richesse sociale et des forces productives que le système des corporations, le servage, l’esclavage, et il est nécessairement rejeté comme une entrave… Le travail salarié et le capital sont, à leur tour, niés par les conditions matérielles et spirituelles issues de leur propre processus de production. C’est par des conflits aigus, des crises, des convulsions que se traduit l’incompatibilité croissante entre le développement créateur de la société et les rapports de production établis. L’anéantissement violent du capital par des forces venues non pas de l’extérieur, mais jaillies du dedans, de sa propre volonté d’autoconservation, voilà de quelle manière frappant avis lui sera donné de déguerpir pour faire place nette à une phase supérieure de la production sociale. »


    « La limite du capital apparaît dans le fait que tout ce développement se déroule de manière antagonique et que l’éclosion des forces productives, de la richesse générale, du savoir etc., se manifeste de telle façon que le travailleurs s’aliène lui-même… Mais cette forme antagonique est elle-même transitoire et produit les conditions de sa propre abolition… Parvenu à un certain niveau, le développement des forces productives matérielles – qui implique celui des forces de la classe laborieuse – entraîne l’abolition du capital lui-même. »


    « Il y a un fait éclatant qui est caractéristique pour notre siècle, un fait qu’aucun parti politique n’oserait contester. D’un côté nous avons vu naître des forces industrielles et scientifiques qu’on n’aurait pu imaginer à aucune époque antérieure de l’histoire humaine. De l’autre, on aperçoit les symptômes d’une débâcle telle qu’elle éclipsera même les horreurs de la fin de l’Empire romain. De nos jours, chaque chose paraît grosse de son contraire. La machine qui possède le merveilleux pouvoir d’abréger le travail de l’homme et de le rendre plus productif entraîne la faim et l’excès de fatigue. Par un étrange caprice du destin, les nouvelles sources de richesse se transforment en sources de misère. On dirait que chaque victoire de la technique se paie par une déchéance de l’individu. A mesure que l’homme se rend maître de la nature, il semble se laisser dominer par ses semblables ou par sa propre infamie. La pure lumière de la science elle-même semble avoir besoin, pour resplendir, des ténèbres de l’ignorance. (…) Les forces nouvelles de la société réclament des hommes nouveaux, les ouvriers. Ils sont le produit des temps nouveaux, au même titre que les machines elles-mêmes. Aux signes qui déconcertent la bourgeoisie, l’aristocratie et les pauvres annonciateurs du déclin, nous reconnaissons la vieille taupe qui sait si vite travailler sous la terre, le digne pionnier – la révolution. »

    « Pour opprimer une classe, il faut pouvoir lui garantir des conditions d’existence qui, au moins, lui permettent de vivre dans la servitude. (...) Il est donc manifeste que la bourgeoisie est incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante et d’imposer, à la société, comme loi régulatrice, les conditions d’existence de sa classe. Elle ne peut plus régner, parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage, parce qu’elle est obligée de le laisser déchoir au point de devoir le nourrir au lieu de se faire nourrir par lui. La société ne peut plus vivre sous sa domination, ce qui revient à dire que l’existence de la bourgeoisie n’est plus compatible avec celle de la société. »

    « La véritable barrière de la production capitaliste, c’est le capital lui-même : le capital et sa mise en valeur par lui-même apparaissent comme point de départ et point final, moteur et fin de la production ; la production n’est qu’une production pour le capital et non l’inverse : les moyens de production ne sont pas de simples moyens de donner forme, en l’élargissant sans cesse, au processus de la vie au bénéfice de la société des producteurs. Les limites qui servent de cadre infranchissable à la conservation et la mise en valeur de la valeur-capital reposent sur l’expropriation et l’appauvrissement de la grande masse des producteurs ; elles entrent donc sans cesse en contradiction avec les méthodes de production que le capital doit employer nécessairement pour sa propre fin, et qui tendent à promouvoir un accroissement illimité de la production, un développement inconditionné des forces productives sociales du travail, à faire de la production une fin en soi. Le moyen développement inconditionné de la productivité sociale entre perpétuellement en conflit avec la fin limitée : mise en valeur du capital existant. Si donc le mode de production capitaliste est un moyen historique de développer la force productive matérielle et de créer le marché mondial correspondant, il représente en même temps une contradiction permanente entre cette tâche historique et les rapports de production sociaux qui lui correspondent. »


    « Voici les résultats qui découlent, entre autres, de la conception de l’histoire, telle que nous l’avons développée : 1- A un certain degré de développement des forces productives, surgissent des forces de production et des moyens de communication tels que, dans les conditions existantes, ils ne font que provoquer des catastrophe. Ce ne sont plus alors des forces de production mais des forces de destruction (la machine et l’argent)… »

    « Lors d’une prospérité générale, au cours de laquelle les forces productives de la société bourgeoise se développent avec toute la luxuriance possible dans les rapports sociaux bourgeois, il ne peut être question de véritable révolution. Celle-ci n’est possible qu’aux périodes où deux facteurs, les forces productives modernes et les formes bourgeoises de production, entrent en conflit les unes avec les autres… Une nouvelle révolution ne sera possible qu’à la suite d’une nouvelle crise : l’une est aussi certaine que l’autre. »


    « Le capitalisme ne sera jamais aussi vulnérable que quand il atteindra son apogée. »


    « La production du capitalisme engendre, tel une loi de la nature inexorable, sa propre négation. »

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0