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Qu’est-ce qui a changé dans le monde, et qu’est-ce qui va changer ?

mercredi 8 novembre 2017, par Robert Paris

Edito

Qu’est-ce qui a changé dans le monde et qu’est-ce qui va changer ?

Bien des gens font la remarque que tout n’est plus comme avant. Des faits impressionnants montrent que le monde de demain ne pourra plus être le monde d’hier. Ces événements étonnants montrent que la société est en pleine transition, sans que l’on puisse vraiment dire clairement vers quoi. Ces faits ne proviennent pas d’un seul pays, d’une seule région, mais du monde entier. Ce sont des faits qui auraient été autrefois complètement invraisemblables, depuis l’élection d’un président d’extrême droite aux USA au début de l’explosion de l’Europe (départ de la Grande-Bretagne et tendances séparatistes des pays de l’Est et de l’Italie, sans compter les séparatismes internes en Espagne et en Italie, notamment), de la transformation des démocraties bourgeoises en dictatures policières à la multiplication des guerres, de la diffusion mondiale du terrorisme au développement massif des peuples contraints à migrer et à subir haines et répressions, de la montée des fascismes au développement de toutes les sortes de violences entre ethnies, entre races, entre religions, entre régions, entre nations, entre hommes et femmes, entre jeunes et vieux et on en passe… Les bases sociales de l’ordre bourgeois sont partout bousculées. Là où régnaient les services publics, les aides sociales, les garanties d’emploi, les allocations chômage, le contrat à durée indéterminée, l’emploi fixe, les négociations, le syndicalisme réformiste, tout cela est complètement balayé. Les ruptures et cassures se multiplient : entre les USA et le monde, entre le monde musulman et le reste du monde, et, à nouveau, entre l’Est et l’Ouest. De multiples pays sont maintenant divisés en deux : Espagne (avec la Catalogne), Ukraine, Libye, Irak (avec le Kurdistan irakien), Afghanistan, ou menacés de l’être, Angleterre (avec l’Ecosse), Cameroun (anglophone et francophone), Italie (du nord et du sud) et bien d’autres. Les violences étatiques prennent un tour très radical, comme en Turquie ou en Egypte, et pas seulement en Irak et en Syrie. Tous les peuples révoltés, du monde arabe au Maghreb et de l’Afrique à l’Amérique du sud, de l’Europe (notamment en Espagne ou en France) aux USA, sont avertis : les manifestants sont désormais violemment réprimés.

Le nombre de pays sous occupation militaire internationale (américaine, anglaise, française, canadienne, australienne, etc.) grandit sans cesse. Le face à face menaçant entre les pays impérialistes occidentaux et le bloc de la Chine et la Russie a reparti de plus belle.

La violence gagne toute la société, dans le monde entier, violence sociale, violence politique et violence guerrière sont visiblement interdépendantes, toutes reliées à l’événement le plus important qu’a connu récemment le monde : la crise de 2007-2008 qui a indiqué au monde que le système de marchait plus comme avant.

Les événements marquants se succèdent depuis, des faits qui n’auraient pas pu se produire avant, des craquements impressionnants de tout l’édifice économique, social et politique qui a longtemps dominé le monde. Ce n’est pas seulement la démocratie, la paix, le consensus, l’équilibre social ou politique qui sont remis en question, ce n’est pas seulement l’Europe, l’entente entre USA et Chine-Russie, l’accord entre USA et Europe, la paix avec l’Iran ou la Corée du nord, la paix dans le monde arabe, la paix en mer de Chine, non, c’est le fonctionnement même du capitalisme qui ne repose plus que sur des artifices financiers d’équilibristes des institutions internationales et des Etats.

En déversant de milliers de milliards de dollars d’argent public sur les marchés en 2008 et en continuant ensuite de le faire, les gouvernants sont parvenus à retarder l’effondrement économique qui menaçait à la chute de n’importe quelle grande banque, de n’importe quel trust ou assurance, de n’importe quel gros spéculateur ou financier. Tous ont donc été « sauvés », les banques centrales devenant la seule garantie des prêts, des échanges, de la confiance entre capitalistes.

Ce qui a chuté en 2007-2008, ce n’est pas encore la confiance des peuples dans le capitalisme, c’est la confiance des capitalistes entre eux (au point de bloquer les prêts et les échanges) et celle des gouvernants capitalistes dans la capacité du système de s’auto-entretenir, capacité qui avait pourtant résisté au cours de dizaines et de dizaines d’autres crises économiques, de guerres et de révolutions.

On pourrait s’imaginer qu’une fois encore le système capitaliste s’en est sorti mais cela est illusoire. Aucun des problèmes posés au système par la crise de 2007 n’est réglé et tous les signes d’effondrement économique sont même aggravés malgré ses aides publiques massives quand ce n’est pas parfois à cause de celles-ci. La dette privée massive, d’une masse affolante, qui caractérisait la situation en 2007, se rajoute la masse impressionnante des dettes publiques, celles des banques centrales, des Etats et de toutes les institutions publiques ou semi-publiques. La masse spéculative est plus grande que jamais et plus menaçante aussi. Toutes les instabilités économiques ne peuvent que croître parce qu’un fonctionnement fondamental du capitalisme est complètement cassé : l’investissement productif qui est, en fonctionnement normal du capitalisme y compris dans les crises, est le moteur de la dynamique. En effet, si le capitalisme voit son échelle croître sans cesse, c’est non seulement grâce à la production de marchandises mais à l’accumulation de capitaux, la plus-value extraite du travail humain étant réinvestie dans la production pour produire à nouveau un capital élargi. Sans la production de richesses nouvelles dans la sphère productive, aucun bénéfice supplémentaire ne pourrait être distribué dans le commerce, dans la banque, dans la finance, dans la bourse. Les échanges en eux-mêmes ne produisent pas de richesses. Le prêt d’argent non plus. Les mécanismes marchands ne font que transférer de la richesse, de la redistribuer, mais ils n’en produisent pas. Or la stabilité du capitalisme n’est possible que par sa dynamique. Si les capitaux ne trouvent plus à s’investir, s’ils sont contraints en masse de spéculer, d’exiger des revenus des institutions bourgeoises, c’est que la dynamique de l’investissement productif a atteint ses limites. Le capitalisme, ayant progressé follement, ne peut plus augmenter la masse de ses investissements, suffisamment rentables, alors que ses capitaux sont plus nombreux que jamais, augmentés par les sommes folles des fonds publics mis sur les marchés. A l’inverse, les investissements spéculatifs sont rendus sans cesse plus rentables par les aides des Etats, par les dettes privées et publiques, par les effondrements successifs.

Le grand capital investit en somme dans sa chute historique ! Il mise sur son effondrement ! Il compte sur des titres nocifs, sur des actions nécrophiles, celles qui fondent des fortunes sur la chute, sur la faillite, sur l’endettement des sociétés et des Etats.

Puisque l’aide massive publique de l’économie n’avait pas pour résultat de relancer la dynamique de l’investissement productif, quel pouvait bien être son but ? Eh bien, seulement de gagner du temps. Et c’est plutôt réussi : dix ans après, le système capitaliste est resté au pouvoir et n’a pas encore été remis fondamentalement en cause par les révolutions des peuples travailleurs du monde.

A quoi sert de gagner du temps, pour les classes possédantes et leurs Etats ? Eh bien, cela sert à détourner les travailleurs de la lutte sociale, à les déboussoler, à les opposer les uns aux autres, à fomenter des haines tous azimuts, pour que la lutte sociale soit noyée, éventuellement dans le sang, par la lutte raciale, par la lutte ethnique, par la lutte sexuelle, par la lutte religieuse et on en passe. D’où la nécessité d’aider toutes ces haines et tous ces éléments de guerre civile à se développer.

Que le grand capital américain choisisse un président comme Trump, qui prône la violence contre les femmes, contre les Noirs, contre les homosexuels, contre les migrants sud-américains, contre les musulmans, contre l’Amérique du sud (Cuba et Venezuela notamment), contre le monde arabe, contre l’Iran, contre la Russie et la Chine, même contre l’Europe et on en passe, est bien significatif du choix consistant à opposer entre eux les peuples, à opposer entre eux les travailleurs, notamment par la montée des protectionnismes économiques, par la montée des guerres et des guerres civiles, y compris par la menace d’une nouvelle boucherie mondiale, y compris par la menace thermonucléaire.

Tout cela n’aurait aucun sens, ne se produirait pas, si le capitalisme n’était pas condamné, ayant atteint un endettement privé et public valant plus de deux fois et demi celui de 2007, ne parvenant pas à retrouver l’investissement productif et la formation de plus-value de 2007, malgré les interventions massives des fonds publics chargés de pallier à la chute des investissements privés par des travaux publics massifs, par des commandes massives d’Etat aux trusts, par des garanties institutionnelles de tous les trusts et banques, par des aides publiques de toutes sortes au grand capital.

Le dernier rapport alarmiste du FMI démontre que les classes possédantes ne voient se profiler à l’horizon aucune reprise économique, aucune embellie, mais au contraire un effondrement plus massif que celui de 2007 et qu’elles ne se font pas d’illusion sur la capacité du système à rééditer l’opération de 2008, à retarder à nouveau la chute par des interventions financières publiques massives. D’où les dernières lois selon lesquelles, dans l’effondrement à venir, les banques saisiront la totalité des comptes et des épargnes des particuliers, les Etats faisant semblant de garantir une fraction des comptes privés… Mais, comme les Etats seront eux-mêmes coulés, leur garantie ne vaut que les illusions de ceux qui en ont encore. Quant à retirer massivement ses capitaux des banques et institutions financières, celles-ci se sont assuré de ne plus le laisser faire en rendant beaucoup plus difficile les sorties de fonds…

La seule réponse des classes possédantes ne consiste pas à donner un nouveau dynamisme au capitalisme – elles en sont incapables – et ce n’est pas la montée des protectionnismes qui montre une classe capitaliste prête à relancer une telle dynamique ! Elle consiste à plomber la future révolution sociale, à la noyer par avance dans la contre-révolution, dans toutes les sortes possibles de contre-révolution, depuis les Etats ultra-répressifs violents, type Egypte, Turquie, Ukraine, jusqu’aux interventions militaires massives comme celles des USA, de la France, de la grande Bretagne et de bien d’autres impérialismes, et jusqu’à la formation de multiples bandes armées terroristes et contre-terroristes, à la transformation des démocraties bourgeoises en appareils violents de répression contre leur propres peuples.

Tous ces artifices n’empêcheront certainement pas que l’effondrement capitaliste produise la révolution sociale à l’échelle mondiale mais ils permettront que les prolétaires soient d’avance considérablement affaiblis moralement, physiquement, organisationnellement quand les événements cruciaux se produiront. C’est comme cela que les classes possédantes, qui comptent bien s’accrocher au pouvoir même si leur système est en dépassé par l’Histoire, même si le capitalisme lui-même étouffe dans le carcan de la propriété privée des moyens de production, préparent un avenir de souffrances et de sang.

Aux révolutionnaires de préparer, cent ans après le premier pouvoir ouvrier et la première vague révolutionnaire prolétarienne, cent ans après les soviets de Russie, d’Ukraine, de Finlande, de Biélorussie, d’Allemagne, de Hongrie, d’une bonne partie de l’Europe, la prochaine vague révolutionnaire des peuples prolétaires. Il ne suffit pas pour cela de se revendiquer de Lénine ou de Marx, de la Commune de Paris et de la Révolution d’Octobre, il faut défendre une politique fondée sur ses deux pieds, sur une politique révolutionnaire fondant un parti politique communiste et sur une action de masse auto-organisée en conseils ouvriers. Sans ces deux éléments, indispensables et indissociables, pas de politique révolutionnaire et pas de possibilité de victoire des prolétaires contre les forces capitalistes. C’est là la leçon essentielle des grandes défaites du passé.

Les militants révolutionnaires et tous les travailleurs conscients ont une tâche extrêmement difficile dans cette situation de transition car la lutte à venir est cachée dans le brouillard des montées des racismes, des fascismes, des nationalismes, des xénophobies, des forces contre-révolutionnaires de toutes sortes et des forces réformistes qui prétendent les combattre, pris entre deux feux entre bellicistes et pacifistes, entre fascistes et réformistes, entre partisans de la guerre et partisans de la paix bourgeoises, entre forces bourgeoises qui s’attaquent à la démocratie et forces bourgeoises qui veulent nous enfermer dans le cadre bourgeois de celle-ci, à commencer par les appareils bureaucratiques des syndicats et les partis « de gauche » et autres associations type Podemos, Syriza ou Insoumis.

Il est d’autant plus important de ne pas se laisser détourner de la voie révolutionnaire des conseils ouvriers, de la voie d’une politique communiste défendue au sein de ces conseils par un parti communiste, de la voie vers la suppression de la propriété privée des entreprises et des capitaux, voie qui n’a jamais été celle du stalinisme, de la social-démocratie et des appareils syndicaux, les fossoyeurs de la révolution.

Le système d’exploitation et d’oppression qui domine le monde, y compris la Chine et la Russie, y compris la Corée du nord, nous menace de la guerre mondiale thermonucléaire, dès qu’il sera clair que le système va s’effondrer lors du prochain krach. Il commencera alors par nous voler nos épargnes, nos comptes en banque, nos emplois, nos services publics et tous nos droits, sous prétexte de la crise systémique. Mais il ne s’en tiendra pas là et nous volera nos libertés et nos vies.

Même si les travailleurs ne sont pas encore conscients que le capitalisme vit ses derniers instants, même si la majorité des militants ouvriers ne le pensent pas, même s’ils diffusent des perspectives illusoires de réforme, de revendication au sein du système, de « bonne négociation », la réalité est là. Le capitaliste a atteint ses limites. L’avenir appartient au communisme et au prolétariat.

L’humanité n’a pas d’autre choix que de faire un grand pas en avant ou un grand pas en arrière. C’est généralement dans ce type de situations que les prolétaires ont pris, dans le passé, leurs responsabilités. On s’en souvient actuellement du fait de l’anniversaire de la révolution d’Octobre. Mais la seule vraie manière de fêter les révolutions n’est-ce pas de les rendre actuelles ?!!!

Vive la perspective de la révolution sociale, la seule qui puisse répondre à la montée des violences des classes possédantes ! Vive la fin de la propriété privée des grands moyens de production, des banques, des trusts et des capitaux ! Vive la fin de la mainmise des possédants sur tous les pouvoirs ! Vive le pouvoir des comités de travailleurs, de femmes, de jeunes et de petits soldats !

1 Message

  • La violence sociale & trop souvent la mort de + en + jeune, dans la rue, dans l’entreprise, à la campagne et à la ville, sous la terre, dans les airs, en mer ; la volonté d’amener les peuples à la guerre totale : voilà l’unique perspective des classes dirigeantes, impérialistes ou bourgeoises nationalistes & religieuses. Depuis trop longtemps la situation étaient bloquée , les guerres régionales succédant aux crises capitalistes de plus en plus violentes jusqu’à celle fatale de 2007/2008.
    L’union des prolètaires , ceux des villes et des campagnes , peut changer le cours soit disant fataliste de l’histoire.
    Pour l’instant , les prolétaires ont été menaçants comme en 2011 dans le monde arabe par exemple mais cela ne suffit pas .
    L’histoire est fabriquée par les vainqueurs et la propagande anti ouvrière actuelle , sert uniquement à casser le morale des travailleurs qui doivent se constituer en classe sociale consciente de ses intérêts historiques pour l’humanité entière. Pour cela il est nécéssaire de briser les frontières que les organisations politiques & syndicales nous ont imposées.
    A chaque fois que des travailleurs ont tenté de s’organiser par eux même , ils n’ont reçu que des coups de la part du patron mais surtout des syndicats, des partis nationalistes, staliniens et réformistes !
    Car tant que nous serons attachés à leur intérêt de boutique, de place dans les négociations avec les adversaires de classe, nous n’aurons que des défaites. Par contre si nous nous passons d’eux sérieusement et que nous prenons en main notre avenir, nous pourrons alors décider d’abattre le vieux système capitaliste, ses États militarisés et cette bourgeoisie minoritaire mais concentrant tous les pouvoirs.
    Si nous prolétaires ne le faisons pas, alors nous coulerons avec ce titanic qui prend l’eau de toute part.

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