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Plus que jamais, une seule solution : la révolution sociale !!!

jeudi 21 juin 2018, par Robert Paris

édito

Plus que jamais : une seule solution, la révolution sociale !

Le système capitaliste agonise. Désolés, nous ne cacherons pas que sa dynamique est cassée, nous ne prétendrons pas le rebâtir en nous sacrifiant, et nous ne le regretterons pas. Nous ne ferons pas croire non plus, comme le font tous les réformistes et opportunistes, que la transition actuelle mène, si la révolution sociale n’en triomphe pas, à autre chose qu’une contre-révolution très violente, entraînant non à un renouveau du capitalisme mais à la chute dans la barbarie mondiale des bandes armées de terreur des classes possédantes. Ce qui menace la société, ce n’est pas seulement un capitalisme plus dur, c’est un féodalisme des bandes armées à la syrienne, à la libyenne, à l’afghane mais avec des armes de destruction massive !!! Cela ou la dictature du prolétariat, c’est la seule alternative, même si tout le monde prétend encore le contraire. Mais, chacun sait que ces mêmes classes possédantes ont dit amener la paix, la prospérité et la démocratie en Syrie, en Irak ou en Libye.

Eh bien, demain, dès que le capitalisme ne sera plus capable de retarder sa crise financière destructrice, elles en feront de même dans le monde entier. Bien sûr, l’Histoire ne va pas toujours de l’avant et les retours en arrière ont été nombreux, lors des chutes de civilisations. La révolution n’est qu’une alternative et pas une certitude. Une civilisation qui chute, parce qu’elle a atteint ses limites, ne signifie pas nécessairement que la civilisation supérieure soit prête à lui succéder.

Bien des discours selon lesquels le capitalisme allait repartir de l’avant, étant tiré d’affaire de sa chute impressionnante en 2007-2008 par les injections folles de milliers de milliards de dollars de ses Etats et banques centrales, arrivent à leur fin, tous les éléments montrant clairement que la classe possédante ne se prépare qu’à une seule chose : une chute financière et économique de grande ampleur. Dans tous les pays du monde, monte le protectionnisme qui ne peut qu’être une politique accompagnant une perspective de chute économique. Dans tous les pays du monde, les classes possédantes préparent des mesures d’urgence pour la prochaine chute financière : mainmise des banques sur les comptes et épargnes des particuliers, mainmise des entreprises sur les salaires et sur les taxes, ainsi que sur les impôts des salariés. Dans le monde entier, la dictature monte, les forces de répression s’entraînent à nouveau à casser les luttes et les oppositions. Dans le monde entier, les classes possédantes sèment comme jamais les haines entre peuples, entre ethnies, entre races, entre sexes, entre genres, entre générations, entre catégories professionnelles, entre privé et public, entre avec et sans-papiers, entre nationaux et étrangers, entre migrants et non migrants et on en passe… Dans le monde entier, les classes possédantes sèment la peur, le pessimisme, l’affolement, se servant à la fois de la situation économique et sociale, des attaques antisociales des gouvernants, manipulant et instrumentalisant le terrorisme et l’antiterrorisme, justifiant ainsi des guerres aux quatre coins de la planète, relançant la course mondiale aux armements, les menaces d’une nouvelle guerre mondiale entre blocs impérialistes, etc.

Bien sûr, l’opinion publique essaie de se convaincre que le système capitaliste, qui a déjà connu des dizaines de crises plus ou moins graves et deux guerres mondiales, s’en tirera sans mal. Mais c’est du bluff. Car rien ne prouve que la situation actuelle soit du même type que toutes les crises capitalistes du passé et surtout pas le type de réponse qu’ont donné à l’effondrement de 2007-2008 tous les Etats, banques centrales et institutions financières de la planète.

Certes, les commentateurs politiques et médiatiques essaient de nous dire que toutes ces alarmes ne sont causées que par des hasards politiques, l’accession au pouvoir d’un Trump, d’un Erdogan, d’un Macron, d’une May, etc. Mais chacun peut constater l’arrivée de multiples hommes d’extrême droite au pouvoir : de l’Italie à l’Europe de l’Est, de l’Ukraine à Israël, du Japon à l’Inde et aux USA, de l’Egypte à la Chine. Partout, ce sont les ennemis violents des exploités qui prennent le dessus, s’appuient sur des forces armées et policières ultra-violentes, écrasent la démocratie, sous tous les prétextes possibles : attaques d’autres nations, invasion de migrants, menaces d’intégristes religieux, et bien d’autres mensonges…

Le rôle historique de la bourgeoisie capitaliste, la classe qui a permis le plus grand développement des capacités productives de l’homme, s’achève ainsi, dans le sang. Personne ne pourra la remettre en avant de l’Histoire. Certes, elle a développé de manière folle les investissements productifs, multiplié les capacités industrielles de l’homme, rendu les produits plus économes en heures de travail, réduit le temps de travail de chaque tâche humaine. Certes, elle a permis un accroissement sans pareil dans l’Histoire de la population humaine, de sa production, de sa consommation.

Cependant, il y a quelques ombres au tableau. Si elle est capable aujourd’hui de produire deux fois plus que la nourriture nécessaire à une humanité grandement accrue en nombre, la société capitaliste ne nourrit pas une grande partie de celle-ci, elle détruit même chaque minute des tonnes de nourriture, refusant de la distribuer et préférant la brûler que la donner. Et la situation se dégrade sans cesse depuis la crise de 2007-2008 dans le monde…

Et il en va de même en ce qui concerne la santé, l’éducation, le logement, la situation des femmes, la situation des enfants, les migrants, les guerres, les bandes armées, etc. La situation sociale des plus pauvres devient de plus en plus catastrophique alors que les fortunes des capitalistes ont atteint les plus hauts sommets.

Le capitalisme a continué de fabriquer des fortunes alors qu’il a cessé d’investir dans la production, voilà un phénomène étonnant. Ce n’est plus de la plus-value extraite du travail humain qu’il tire l’essentiel de ses profits, alors que les richesses nouvelles réelles ne peuvent provenir que de l’exploitation du travail. Le capital est arrivé au stade parasitaire : il parasite l’Etat et les banques centrales et même toute l’économie. Sans les incitations étatiques et centrales, le capital fermerait toutes les entreprises pour se concentrer dans la finance et les banques. Il transforme toutes les entreprises en espèces de banques ! L’investissement productif lui pèse dès qu’il voit tous les profits immédiats qu’il peut tirer de la spéculation.

Bien sûr, le capitalisme a toujours été très parasitaire et cela n’est pas nouveau qu’il joue à la spéculation ni qu’il compte sur le soutien des Etats. Par contre, depuis 2008, c’est la première fois que l’on peut constater que le capitalisme a atteint des limites d’accumulation du capital. Cela ne signifie pas qu’il ne veuille plus s’enrichir mais qu’il ne veuille plus investir ses profits dans de nouvelles productions. Et c’est ce phénomène étonnant, complètement nouveau, qui est la cause de tous les reculs économiques et sociaux mondiaux, de la montée des protectionnismes, de la montée des violences de toutes sortes contre les peuples, de la montée des extrêmes droites et des dictatures… Le capitalisme n’a aucune alternative, même s’il existe nombre de politiciens pour essayer de nous faire croire le contraire et que les militants réformistes font tout ce qu’ils peuvent pour prétendre que le capitalisme n’est pas mort, que sa dynamique n’est pas derrière nous, que le ressort n’est pas cassé.

Certes, l’alternative fameuse « réforme ou révolution », « socialisme ou barbarie » ne date pas d’hier. Le débat sur l’avenir du capitalisme a été mené pendant des dizaines et même centaines d’années. Toute l’histoire du mouvement ouvrier, du socialisme et du communisme comme du syndicalisme en est marquée. Bien des militants du mouvement ouvrier, syndical ou révolutionnaire, ont été les adversaires du « combat final », du renversement du système, affirmant que c’était une utopie, une lubie, et c’est plus que jamais le cas de nos jours, avec toutes les désillusions des « versions du socialisme ».

La plupart de ces militants n’admettent pas la possibilité que le capitalisme bute sur des limites objectives de son développement. Et c’est cela qui est étonnant. En effet, il n’y a que cela dans l’Histoire des sociétés qui ont chuté bien plus du fait qu’elles avaient atteint les limites de leurs capacités de progression. Les ruines de toutes sortes, aux quatre coins du monde, en sont le témoignage. Qu’elles aient finalement chuté dans des guerres, par des invasions ou par des révolutions sociales ou politiques, ce n’est que la conséquence de l’affaiblissement mortel de ces grandes civilisations autrefois dominantes et que personne ne pensait capables de chuter.

Les empires grec, romain, perse, mésopotamien, hittite, étrusque, maya, aztèque et bien d’autres sont le témoignage de sociétés qui se sont affaiblies du fait de limites internes et qui n’ont pas chuté seulement à cause d’agressions externes.

Aujourd’hui, le monde capitaliste se dit menacé dans ses fondements par quelques terroristes, par des migrants, par la production du gaz carbonique et par bien d’autres menaces nucléaires de l’Iran ou de la Corée du Nord, sans parler de la Russie, mais, en fait, il n’est menacé que par son propre succès. Dans les années 2000, il a commencé à avoir la preuve que ses limites étaient atteintes et il a fait durer au maximum la situation par des artifices financiers, par le gonflement des dettes des particuliers notamment et aussi par des investissements massifs d’Etat, notamment en créant une situation de guerre permanente, notamment au nom de l’antiterrorisme.

Le monde actuel n’est pas le produit de septembre 2001, avec l’attaque du World Trade Center puis les guerres d’Afghanistan et d’Irak, etc., mais de l’effondrement des valeurs des plus grandes sociétés américaines des années 2000, montrant que le capitalisme ne grandissait plus. Ce n’est pas Ben Laden qui a renversé le sens de l’Histoire mais les chutes de Enron, Worldcom et Vivendi Universal notamment. Les artifices n’ont permis de faire durer quelques années jusqu’à 2007, date de l’effondrement général et mondial. Cette fois, ce sont toutes les sociétés capitalistes, trusts, assurances, banques et finances, qui ont chuté, menaçant tout le système mondial. Aucun pays, aucun domaine économique n’a été épargné.

Et si, dix ans plus tard, le système semble encore sur pieds, c’est uniquement par une opération financière dingue qui n’a aucun avenir, par l’injection de milliers de milliards de dollars de la part de toutes les institutions financières mondiales, sans que cela permette d’ailleurs à l’économie de repartir vraiment de manière autonome.

Bien sûr, le discours officiel consiste à dire que l’économie capitaliste va bien, c’est seulement l’Europe qui va mal, c’est seulement Trump qui fait le fou, c’est seulement les migrants qui déstabilisent la société, c’est seulement le terrorisme qui menace le monde, c’est seulement le climat qui nous met en danger, c’est seulement Poutine qui est dangereux, c’est seulement le nucléaire iranien qui menace !

Mais quand le monde entier va aussi visiblement à la dérive, reculant massivement sur tous les terrains, démocratique, politique et sociaux, sécuritaire comme de santé publique, partout dans le monde, il y a forcément une base économique à un tel recul mondial. On nous répond : oui, c’est « la crise ». Mais quelle est donc cette crise puisque, depuis 2008, aucun grand trust, aucune grande banque n’a été autorisée à faire faillite. Faut-il rappeler que, dans le fonctionnement normal du capitalisme, les crises n’étaient pas des accidents mais une respiration indispensable du système et dont le but était justement la faillite des « canards boiteux », chute de sociétés qui permettait d’éclaircir la suite du processus économique et de le redynamiser. Cette dynamique, tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’elle n’est plus possible : les trusts et grandes banques sont « trop gros pour chuter », leur chute menaçant désormais l’ensemble du système, nous disent-ils eux-mêmes. Dans aucune crise précédente, cela n’avait été affirmé. Dans toutes, les trusts et les banques avaient fait faillite sans entraîner l’ensemble du système dans leur chute. Et cela n’empêche pas tout un tas de gens, y compris les extrêmes gauches, de nous dire que le capitalisme est pérenne.

Ce n’est pas parce qu’ils manquent d’imagination mais parce qu’ils ont été convaincus par les crises et guerres précédentes que le capitalisme parvenait toujours à s’en sortir… Eh oui, toujours… jusqu’à chuter au moment où on s’y attendra le moins, le dernier coup venant de là où on s’y attendra le moins…

Bien sûr, ce que nous disons ne nous permet, pas plus que d’autres, de prédire ni où, ni quand, ni comment le capitalisme va chuter. Nous n’avions pas prévu les subprimes. Nous n’avions pas prévu les LBO. Nous n’avions pas prévu les Bitcoins. Nous n’avions pas prévu la chute de la Deutsche Bank. Mais cela n’a rien d’étonnant, nous n’avions jamais dit que le monde était prédictible, mais seulement que l’on pouvait en comprendre la logique.

Cette logique, c’est celle de la succession des modes de production, des modes de propriété des moyens de production, c’est celle de la lutte des classes et des révolutions sociales. Les sociétés durent, dominent, étendent cette domination, mais elles ne durent pas éternellement. Et le problème, c’est qui est capable de préparer la suite, de donner à l’humanité des perspectives nouvelles et historiques. Ne pas comprendre l’état du système mondial, c’est ne pas comprendre l’urgence pour le prolétariat de se constituer en nouvelle classe potentiellement dominante, de s’organiser en masse sur les lieux de travail et d’habitation, de former ses conseils, ses comités, ses coordinations, d’élire ses représentants dans la lutte, de les réunir, de fédérer ses organisations de masse, d’y discuter, d’y décider, de faire appliquer ces décisions, et ainsi de se préparer à ses tâches de demain, à l’exercice du pouvoir aux travailleurs.

Certes, nous en sommes loin. Et, en même temps, nous en sommes probablement tout près car, si les prolétaires sont loin de s’imaginer en train de faire la révolution, ils vont bientôt être mis au pied du mur par la contre-révolution ! Alors, ne restons pas en arrière : l’Histoire nécessite le changement radical et personne ne le réalisera à notre place !!! Cependant, un dernier doute : tout le monde peut se tromper et le capitalisme peut rebondir, non ? Eh bien non ! Il y a trop de dettes ! Désormais, trois fois et demi plus qu’en 2007, c’est-à-dire plus que des générations et des générations d’êtres humains pourraient rembourser, plus que ce qui permettrait un redémarrage, des dettes telles que la seule solution est…. de les annuler par la révolution prolétarienne !!!

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