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Accueil du site > 12- Livre Douze : OU EN SONT LES GROUPES REVOLUTIONNAIRES ? > Les gilets jaunes et la Fraction de LO au sein du NPA

Les gilets jaunes et la Fraction de LO au sein du NPA

jeudi 27 décembre 2018, par Robert Paris

Les gilets jaunes et la Fraction de LO au sein du NPA

Avertissement : si nous faisons ici quelques critiques à la Fraction, nous tenons à dire que c’est cependant un des rares groupes qui, après un petit retard au démarrage, s’est mis à défendre le mouvement des gilets jaunes au sein de l’extrême gauche et a défendu aussi l’idée de constituer des comités de gilets jaunes dans les entreprises, ce qui est très très rare dans les groupes d’extrême gauche, bien trop attachés aux appareils syndicaux pour défendre une telle politique.

La Fraction est issue de LO et au sein du NPA et pourrait analyser sérieusement le refus de ces deux organisations face aux gilets jaunes et elle ne le fait pas.

« La place de l’extrême gauche. Qu’est-ce qui est à la portée du NPA ? Ce qui a déjà été fait : Des communiqués et des déclarations de solidarité comme l’ont fait Olivier Besancenot et Philippe Poutou. Bien sûr. »

Voilà ce qu’écrit la Fraction !!!

Plus profondément, elle constate une arrivée brutale d’une insurrection dans un pays capitaliste avancé, impérialiste et cela devrait la faire songer à son analyse sur la profondeur de la crise du capitalisme et ce n’est pas le cas !!!

Avertissement : On a vu que des groupes d’extrême gauche comme LO, NPA et POI ont toutes les réticences possibles et impossibles à l’égard des gilets jaunes, eh bien avec la Fraction, à part au début du mouvement, nous avons un groupe qui n’a aucune réticence, est prêt même à se porter à la tête du mouvement avec enthousiasme, mais sans développer aucunement une perspective politique et sociale du mouvement, sans dire où il voudrait le mener !!!! D’autre part, ce groupe se refuse à voir dans l’extrême gauche ce refus de participer aux gilets jaunes que l’on constate pourtant clairement.

La revue de la Fraction, intitulée « Convergences Révolutionnaires », après avoir fait la fine bouche devant les gilets jaunes, en affirmant qu’il fallait plutôt des gilets rouges, en suivant en cela la proposition du secrétaire général de la CGT Martinez (!) lire ici, est devenue une adepte à tout crin du mouvement des gilets jaunes, ce que nous ne lui reprochons évidemment pas, même si les outrances verbales font parfois sourire (des expressions gentillettes du genre « la vie en jaune » ou encore « des milliers de Gilets jaunes qui… ont couvert la France entière de leurs clignotants d’espoir fluo »).

En tout cas, contrairement à Lutte Ouvrière, la Fraction qui en est issue n’est pas réticente devant ce mouvement, du moins maintenant faute que ce soit dès le début.

Cependant, il y a bien des choses à redire aux prises positions de la Fraction, telles qu’elles s’expriment dans le numéro 123 de décembre 2018 sous le titre », ou « Nous somme toutes et tous des Gilets jaunes » et d’abord justement ce titre puisque, même dans la classe ouvrière, nous ne le sommes pas tous, des gilets jaunes ! Et même très loin de là ! Enfin, admettons que c’est de l’enthousiasme verbal maladroit mais qui se veut entraînant…

Par contre, le titre suivant porte problème :

« Les bureaucraties syndicales vont-elles pouvoir se calfeutrer longtemps ? »

On dirait qu’on souhaite qu’elles cessent de se calfeutrer. Et on pourrait se dire que la Fraction a compris quelle rôle elles jouent (précisons que nous parlons d’un rôle contre-révolutionnaire), mais le texte précise :

« A croire qu’eux aussi, en réalité et à ce jour, font partie de ces « corps constitués » ou « corps intermédiaires » sidérés par la flambée de colère populaire ! »

C’est « à croire » ou bien la Fraction a du mal à le croire, on ne sait… Peut-être une simple formule malencontreuse puisque, par ailleurs, on lit à juste titre :

« A ce jeu, les bureaucraties syndicales se sont largement, si ce n’est totalement, discréditées. »

Mais là où les problèmes reviennent, si l’on peut dire en boomerang pour employer des formules du même type que nos camarades, c’est en ce qui concerne la politique des révolutionnaires dans le mouvement gilet jaune, car, non seulement on ne la trouve pas, si on ne considére pas que participer soit suffisant pour définir une politique.

Nous ne résistons pas à citer des extraits copieux de ce paragraphe intitulé « Et les révolutionnaires ? » qui sont une très bonne définition de ce qu’est la Fraction.

Corrigeons d’abord une petite erreur dès la première phrase de ce paragraphe :

« Les seuls à ne pas être effrayés par ce mouvement, ce sont les révolutionnaires. »

Ah bon ! « Les révolutionnaires » ! Ils ne sont pas effrayés !!! Il ne faut pas, là non plus, prendre ses désirs pour des réalités !!!

A croire que ceux-là n’ont pas lu ce qu’écrivent les divers groupes révolutionnaires, au moins ceux qui prétendent que les gilets jaunes, ce sont les petits bourgeois, ou ceux qui affirment que ce sont les racistes, et même les fascistes, pas moins que Macron en somme…

Pas une citation de ces autres groupes révolutionnaires d’ailleurs dans cette revue. Même Besancenot, qui appartient justement au NPA auquel la Fraction participe plus ou moins, a pris ses distances vis-à-vis des violences, affirmant que les violences, ce n’est pas révolutionnaire !! Ma foi, c’est une version eau de rose de la révolution qu’il fallait expliquer aux révolutions du passé !!! On n’a pas du lire les mêmes écrits historiques.

On aurait souhaité que la Fraction de Lutte Ouvrière nous explique par écrit comment comprendre que LO affirme « ne pas être des Gilets jaunes ». Pourquoi un groupe révolutionnaire, dont la Fraction est issue, peut ainsi se placer en dehors du mouvement et le clamer ainsi publiquement ?

Bon, c’est pas grave ce sont des défauts des autres révolutionnaires, passons aux perspectives que la Fraction se propose d’offrir au mouvement des Gilets jaunes…

Oui, pour le dire, il faudrait savoir dans quel passage on trouve cela…

Nous ne l’avons pas trouvé…

Nous vous donnons le texte entier au cas où vous voudriez le chercher par vous-mêmes…

Par contre, nous avons trouvé quelle perspective se donne la Fraction, non pas pour le mouvement des Gilets jaunes, mais pour leur propre groupe :

« C’est en se lançant à corps perdu (attention de ne pas perdre aussi l’esprit !) aux côtés des Gilets jaunes, pour les aider si possible (comment, on ne sait), que l’extrême gauche aussi faible soit-elle (pas faible d’esprit on espère !), peut trouver le contact avec ces dizaines de milliers de nouveaux venus à la lutte de classe dont la classe ouvrière – notre classe – a besoin pour rafraîchir et rajeunir ses rangs. »

Etant donné que la classe ouvrière n’a pas besoin de mouvements, fussent-ils révolutionnaire carrément ce qui n’est d’ailleurs pas clairement dit dans le texte, pour « rajeunir ses rangs », on comprendra, malgré le caractère alambiqué du texte que ce sont les révolutionnaires qui essaient de grossir et rajeunir leurs rangs à la faveur du mouvement et que c’est là leur seule préoccupation en se « lançant à corps perdu » dans la chasse à de nouveaux militants potentiels au sein des gilets jaunes…

Et qu’iront-ils dire aux gilets jaunes ? La seule phrase qui pourrait répondre à cette question nous dit la chose suivante :

« Ce qui veut dire parler aussi d’organisation ou plus exactement d’auto-organisation. »

Mais, de l’auto-organisation qui existe déjà, de son évolution possible ou souhaitable, nous ne trouvons rien, absolument rien dans le texte.

Pas davantage des revendications que la Fraction soutient ou pas ou même combat dans le mouvement, elle ne dit rien là-dessus !!!

Que doit revendiquer le mouvement ? Quelle perspective sociale et politique il peut proposer ?

La seule réponse est donnée dans un dessin qui dit…

« Que voulez-vous ? »

« En finir avec la pauvreté ! »

A nous, il nous semble que ce mouvement va bien plus loin que de mettre en cause la pauvreté…

Décidément, à lire la Fraction, on se dit que tout le monde est content puisque la classe ouvrière parvient très bien à se battre toute seule et que les groupes révolutionnaires parviennent très bien à recruter des membres dans les mouvements, sans pour autant leur proposer quoique ce soit de particulier en termes de programme, de perspective, de mode d’action, de buts…

Par contre, on ne voit pas à quoi servent des groupes politiques révolutionnaires qui ne développent et ne proposent aucune perspective propre au mouvement insurrectionnel en cours…

Ce qui montre que le mouvement des gilets jaunes n’a pas suffi à réveiller de manière révolutionnaire la Fraction, c’est qu’elle ne s’interroge à aucun moment sur les fondements réels d’une situation qui amène l’un des pays développés et dominants du monde au bord de la révolution, pas plus qu’elle ne remarque que cela sert d’exemple dans nombre d’autres pays, sur le lien entre cette insurrection et la crise économique du monde capitaliste, sur l’importance de cette situation révolutionnaire comme menace des fondements du système, sur les besoins politiques qui en découlent pour le prolétariat. A aucun stade de leurs écrits, ces camarades n’envisagent que leur tâche serait de porter les comités de gilets jaunes dans les entreprises. Même si leurs propres camarades le tentent actuellement, ils se gardent de l’écrire ce qui montre que leur rupture avec les appareils syndicaux n’est que verbale. Ils en restent d’ailleurs à l’idée d’en revenir à la grève pour les salaires alors que ce qui est en cause, c’est de savoir si les travailleurs des grandes entreprises se joindront à l’insurrection et s’organiseront en masse eux aussi pour remettre en cause l’Etat des milliardaires. La dimension d’attaque contre l’Etat capitaliste dans ce mouvement leur fait complètement défaut !!

2 Messages de forum

  • Les gilets jaunes et la Fraction de LO au sein du NPA 28 décembre 2018 09:09, par Robert Paris

    Certains dans l’extrême gauche espèrent encore marrier gilets jaunes et syndicats !!!

    Lire ici

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  • Prendre nos affaires en main !

    18 février 2019
    Éditorial des bulletins L’Étincelle
    Politique

    Ce week-end, le mouvement des Gilets Jaunes fêtait ses trois mois de bras de fer avec Macron et son gouvernement. Encore une fois, des cortèges fournis ont fait bégayer tous ceux qui au gouvernement et dans les médias répètent à l’envi que le mouvement s’essouffle. Eh bien non. Leur détermination perdure tant la colère est profonde contre le système actuel.
    Une colère générale

    La lutte contre la vie chère reste le ciment de la mobilisation : d’un côté, les salaires et les retraites bloqués, de l’autre le coût de la vie qui augmente. Situation encore plus insupportable quand dans le même temps les plus riches voient leur fortune gonfler à coups de dividendes.

    Mais les Gilets jaunes se révoltent aussi contre le sentiment de ne jamais être entendus dans cette société. Ils bousculent profondément le train-train d’un système politique dans lequel les politiciens de tout bord trahissent sans cesse leurs promesses électorales, vivent dans une bulle au service du CAC 40 et rivalisent de cynisme lorsqu’il s’agit de faire avaler la même politique anti ouvrière.
    Leur démocratie = « cause toujours ! »

    Le mouvement montre toute l’hypocrisie de la fable démocratique telle qu’elle nous est vendue à longueur de temps et d’élections. Macron et son gouvernement disent vouloir redonner la parole au peuple dans le « Grand débat » ? Ils restreignent ‘en même temps’ la liberté de manifester avec la loi dite « anticasseurs ». Et continuent à réprimer à coup de flashballs et de grenades ceux qui remettent en cause cet ordre social injuste. Depuis 3 mois, la police a fait des milliers de blessés dans les manifestations dont des dizaines de cas d’œil perdu ou de main arrachée. Et la justice a été bien plus prompte pour condamner à un an de prison ferme l’ex-boxeur Christophe Dettinger pour des coups de poing à mains nues sur un CRS que pour examiner le cas de toutes ces violences policières. Drôle de démocratie où l’égalité devant la loi n’est qu’une parole en l’air !

    Quant à ce Grand débat, censé être un intense moment de vie démocratique, il a immédiatement tourné à la mascarade : Macron et ses ministres viennent y faire le show en pré-campagne européenne. On sait déjà que la grande comédie évitera soigneusement les sujets centraux comme les salaires, l’impôt sur la fortune ou les subventions versées par dizaines de milliards chaque année aux grandes entreprises. Pas touche à tout ce qui pourrait porter atteinte aux grands patrons, aux plus riches !

    Les Gilets jaunes ont gratté le vernis de ce système politique pourri dans lequel les pantins qui gouvernent ne le font que pour protéger l’intérêt de la petite clique des riches qui possèdent les plus grandes entreprises. Cette caste de privilégiés qui n’a rien à envier à ceux de 1789.
    La vraie démocratie, elle est entre nous

    Les Gilets Jaunes posent la question de ce que pourrait être une vraie démocratie en commençant par organiser des contre-débats. Tous les jours, partout dans le pays, sur les ronds-points, dans des réunions ou des assemblées générales et même sur les réseaux sociaux, on y discute de l’état du mouvement mais aussi de tous les sujets qui traversent la société.

    Au fil de ces trois mois de lutte, les Gilets jaunes se sont organisés collectivement dans la lutte pour faire émerger des revendications communes et les faire entendre dans la rue sans attendre pour cela d’être appelés à mettre un bulletin dans une urne tous les 3 ou 5 ans.

    Pour aller plus loin, il faudra s’en prendre directement au grand patronat qui possède et dirige les industries, les médias, les banques… Passer des débats à la base à de véritables contre-pouvoirs, des coordinations démocratiques où nous, les salariés de l’industrie, des transports, des services publics, rejoindrons nos camarades en gilets jaunes. C’est en s’attaquant à nos exploiteurs communs que nous nous donnerions les moyens de faire appliquer les mesures décidées collectivement.

    Les Gilets jaunes n’ont attendu personne pour prendre leurs affaires en main, rejoignons-les !
    Fin de l’édito

    Effectivement, la fraction est solidaire avec ce mvt mais cela ne suffit pour éclairer les travailleurs qui sont paralysés dans les entreprises.
    Aucune critique des syndicats dans les boites qui pour la plupart refusent clairement de rejoindre ce mouvement . Il ne faut plus cultiver aucune illusion envers ces institutions bourgeoises spécialement conçues (à partir de la 1er guerre mondiale) pour entraîner les ouvriers à la défaite et au défaitisme : la preuve avec ce mvt des GJ qui se passe à l’extérieur des usines, avec des fractions du prolétariat de ces usines.
    La CGT joue le même rôle en 36,45, 48,68, etc..1986,1988,1995,2003,2010,2018 . Elle fait tout dans les bastions ouvriers pour diviser la classe ouvrière et ne pas perdre le contrôle de ce qu’elle considère comme son pré-carré. Elle assume son réformisme jusqu’à sauver le patron de toute menace d’auto organisation et de revendication unificatrice qui risquerait de devenir contagieuse à l’ensemble du monde ouvrier .
    Aujourd hui le risque et l’alerte sont à leur paroxysme car à tout moment , la situation peut leur échapper avec l’exemple des GJ.
    La responsabilité des révolutionnaires seraient de tout faire pour préparer et empêcher tout détournement des consciences vers le syndicalisme visant à sauver les patrons et l’Etat bourgeois.
    Les révolutionnaires qui ferment les yeux sur leur ennemis de classe au sein même de leur classe sociale, ne servent à rien pour l’avant garde révolutionnaire prolétarienne.

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