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Le vent de Tunisie et d’Egypte atteint le Sénégal

mercredi 29 juin 2011

Les coupures d’électricité exacerbent la colère contre le pouvoir au Sénégal.

Jusqu’ici cité en exemple, le Sénégal vient de vivre coup sur coup une tentative - avortée - de coup d’État constitutionnel et des émeutes de l’électricité. "Wade dégage ! Le courant ne passe plus...", scandent à chaque occasion les manifestants. Pneus brûlés, course poursuite avec les forces de l’ordre, attaques contre des édifices publics, à huit mois des élections présidentielles, "le pays va mal !".

Cette fois, il s’agit de convaincre Abdoulaye Wade, 88 ans, au pouvoir depuis 2000, de ne pas se représenter à un troisième mandat en 2012. Et ce sont des rappeurs sénégalais réunis dans un mouvement appelé "Y’a en marre" qui mènent la danse.

Wade dégage ! Le courant ne passe plus...

Le 23 juin, ils avaient appelé les jeunes à manifester pour empêcher l’adoption d’un projet de réforme constitutionnelle visant à faire élire un ticket présidentiel, au premier tour, avec 25% pour cent seulement des suffrages exprimés. Pris la main dans le sac d’un énième tripatouillage pour assurer sa réélection et ouvrir la succession à son fils Karim, le président avait dû reculer.

Lundi soir, les émeutes qui se sont déclenchées spontanément un peu partout dans le pays pour protester contre les coupures à répétition ont bien failli avoir raison du fils. Réfugié dans sa maison du Point E, ce dernier aurait appelé "en catastrophe" son ami Robert Bourgi pour qu’il intercède auprès de l’Élysée quant à une éventuelle intervention de l’armée française stationnée à Dakar : "quand les ressortissants français seront menacés !".

Les émeutes des délestages », c’est désormais son nom, s’est principalement attaqué aux bâtiments et installations de la nationale d’électricité, à leurs yeux la personne morale à abattre.

Patte d’Oie, Parcelles assainies, Yembeul et Daroukhane sont autant de quartiers où les locaux de la société ont été saccagés et incendiés par des foules en colère.

Quatre jours seulement après la journée mémorable du 23 juin, qui a contraint le gouvernement à retirer son projet inique de ticket présidentiel, le pouvoir sénégalais doit faire face à une nouvelle poussée de fièvre. Mais cette fois en première ligne, il y a le ministre d’Etat chargé, entre autres, de l’Energie, Karim Wade, dauphin putatif du successeur d’Abdou Diouf.

Et il est clair que malgré la carrure et les nombreuses qualités que lui impute son président de père, le superministre aura bien du mal à éteindre le brasier que la pénurie chronique de jus a allumé chez les clients, trop nombreux et exaspérés par la Sénélec.

Décidément, Dakar aujourd’hui est bien loin de l’image flamboyante d’un petit Paris de la sous-région francophone : à l’instar de bien des capitales africaines, elle subit les affres des délestages à répétition et voit fleurir sur ses trottoirs des quantités de groupes électrogènes bruyants et avides de gasoil ; une réalité qui est loin de nous être étrangère au Pays des hommes intègres.

Il n’y a pas si longtemps, le continent, confronté à la crise alimentaire, a dû faire face au phénomène épidémique des « émeutes de la faim ». Gare désormais aux « émeutes de l’énergie » !

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