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Et la crise ? Quoi de neuf en cette fin d’année ?

mardi 30 décembre 2014

Le Dow Jones au-delà des 18.000 points : les contradictions s’intensifient dans l’économie mondiale

Par Nick Beams

Alors que l’année touche à sa fin, le fossé ne cesse de se creuser entre l’activité des marchés financiers et l’état de l’économie réelle sous-jacente. Wall Street a atteint des niveaux record, le Dow Jones atteignant cette semaine la barre des 18.000 points, mais l’économie mondiale continue en grande partie de subir les effets d’un resserrement récessioniste. Cette disparité annonce l’éruption de contradictions économiques et sociales.

Tout au long de cette année, les marchés financiers ont suivi un schéma de base : des périodes de turbulences soudaines suivies par une nouvelle relance. Le plus grave a été le « krach éclair » du marché obligataire le 15 octobre où des conditions semblables à celles qui ont suivi l’effondrement de Lehman Brothers en septembre 2008 sont apparues.

Mais à tout moment, les marchés financiers furent relancés avec la promesse que l’approvisionnement en argent bon marché par les banques centrales continuerait. Dans le même temps, la stagnation et une récession claire et nette se poursuivaient dans une bonne partie du monde.

Bien qu’il y ait des signes d’une légère remontée de la croissance américaine, l’économie européenne elle, n’a pas encore retrouvé les niveaux qu’elle avait atteints en 2007 et ne montre pas de signes de reprise dans un avenir proche. Le Japon est en récession malgré les mesures de relance mises en place dans le contexte de l’« Abenomie » et l’économie chinoise est en train de ralentir alors que s’accroît la crainte à son sujet qu’elle est mûre pour une crise financière.

Toutefois, les marchés financiers poursuivent leur course. La dégringolade de la valeur du rouble russe au cours des deux dernières semaines a été le début d’une instabilité encore plus grande, mais, après que la Réserve fédérale a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas de hausse subite des taux d’intérêt, le Dow Jones Industrial Average a fait un bond en avant pour finir avec une hausse de 1.000 points pour l’année écoulée.

L’effondrement du rouble est la conséquence de deux processus : la chute précipitée du prix du pétrole (une baisse de plus de 50 pour cent depuis juin) et l’imposition de sanctions à la Russie de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne qui ont fait qu’elle a été, dans ce qui revient à une guerre économique, coupée des marchés financiers.

Il y a certainement, dans la chute des prix pétroliers, un fort élément de manipulation visant en premier lieu la Russie. Mais de manière plus générale, la chute des prix pétroliers reflète une aggravation de tendances récessionistes allant directement à l’encontre de la croissance des marchés financiers.

Le pétrole n’est que l’une des principales matières premières et denrées ayant connu cette année une baisse significative. Le prix du minerai de fer a baissé de près de 50 pour cent et se situe à son plus bas niveau depuis cinq ans. Le prix du blé, un produit agricole clé, a baissé de 20 pour cent.

La diminution générale de la croissance économique et notamment de son moteur principal, les dépenses d’investissement, est soulignée par le fait que cette année, les matières premières sont en passe de devenir, pour la troisième année consécutive, la catégorie d’actifs à enregistrer les plus mauvaises performances. L’indice Bloomberg Commodity a chuté de 14 pour cent cette année et se trouve à son niveau le plus bas depuis cinq ans.

Ce n’est pas seulement la chute des prix des matières premières qui signale un approfondissement de la récession, mais aussi les agissements des principaux producteurs. Lundi, le ministre saoudien du Pétrole, Ali al-Naimi, a dit lors d’une interview que le cartel des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ne réduirait pas la production de brut pour maintenir les prix, même si ceux-ci plongeaient à 20 dollars le baril. « Ce n’est pas dans l’intérêt des producteurs de l’OPEP de réduire leur production, » a-t-il déclaré, « quel que soit le prix. Qu’il soit de 20, 40, 50, 60 dollars, cela n’a pas d’importance. »

Cette déclaration représente un virage majeur dans la stratégie de l’OPEP qui était fondée sur la régulation de l’offre dans le but de maintenir une certaine fourchette de prix. Toutefois, dans les conditions actuelles d’une baisse de la demande et d’une hausse de l’offre, compte tenu notamment du développement des schistes bitumeux aux Etats-Unis, l’OPEP adopte une nouvelle stratégie fondée sur le maintien d’une part de marché donnée, avec l’argument qu’une réduction de la production pour stimuler les prix ne profiterait qu’à ses concurrents.

Le maintien de la production dans les conditions d’une chute de la demande signifie faire baisser les prix dans le but de mettre en faillite les producteurs dont les coûts sont plus élevés, les producteurs de pétrole de schiste et les foreurs en eau profonde.

Le même processus a lieu dans l’industrie du minerai de fer où BHP Billiton Rio et d’autres producteurs à bas coûts maintiennent ou même augmentent le niveau de leur production en dépit de la baisse des prix.

Ces mesures sont prises en réaction à la pression continue à la baisse dans l’économie mondiale et elles expriment le calcul que toute stratégie de survie doit être basée sur une guerre à outrance plutôt que sur l’attente d’une reprise large et authentique dans un avenir relativement proche.

La divergence entre l’économie réelle et les marchés financiers a ses origines dans l’effondrement économique ayant débuté avec la crise financière de septembre 2008. Après avoir mobilisé des milliers de milliards de dollars dans le but d’empêcher un écroulement total du système financier, les banques centrales, Réserve Fédérale (Fed) en tête, ont continué d’injecter de l’argent dans les artères sclérosées du système financier en vue de le sauvegarder.

Rien de semblable ne s’est vu dans l’histoire, comme le montre clairement un examen, même bref, des sommes impliquées. Il avait fallu 94 ans à la Fed, depuis sa fondation en 1913, pour faire passer son bilan à 900 milliards de dollars, niveau où il se trouvait à la veille de la crise financière. Six semaines seulement après l’effondrement de Lehman Brothers, il avait doublé de volume.

A la fin de la même année, il avait triplé. Il se situe actuellement à plus de 4 milliers de milliards de dollar.

Le chemin emprunté par la Fed a été suivi par d’autres, dont la Banque du Japon et la Banque d’Angleterre, de sorte que le bilan combiné des banques centrales totalise actuellement 16 milliers de milliards de dollars, voire trois fois le niveau d’avant la crise.

Cette injection massive d’argent n’a pas contribué à accroître la production, à faire progresser les salaires ou à générer des emplois, mais elle a stimulé les marchés financiers. L’évaluation combinée des marchés de capitaux se situe actuellement à environ 75 milliers de milliards de dollars, par rapport au faible niveau de 25 milliers de milliards de dollars en mars 2009. Ceci a causé une vaste augmentation de l’inégalité sociale : les banques, les spéculateurs et les agents financiers ont accru leur richesse grâce à l’inflation des actifs alors que les salaires de la population laborieuse ont soit stagné soit diminué.

La croissance d’une richesse fabuleuse au sommet de la société, produit de la spéculation et du parasitisme, accompagnée d’une détérioration des conditions pour l’écrasante majorité des gens signifie une énorme escalade de tensions qui éclateront en luttes sociales et politiques.

Parallèlement, les conditions sont créées pour une nouvelle crise financière susceptible de mettre ces luttes en mouvement. Les agissements des banques centrales, attisant une demande insatiable d’actifs financiers, ont créé une bulle financière massive qui risque d’éclater si l’offre d’argent bon marché est interrompue ou réduite.

Comme le signalait un récent rapport publié par le service stratégie de crédit de la Deutsche Bank : « Le problème des banquiers centraux est qu’ils ont gonflé certains cours des actifs à des niveaux où, s’ils freinaient trop leurs actions, ils assisteraient probablement à des évolutions défavorables du marché et une perte de confiance dans le système. » Le rapport conclut en disant que ceux qui étaient responsables de la politique monétaire et économique n’étaient pas plus sur le point de trouver une solution qu’ils ne l’étaient en 2008-2009.

La raison en est qu’il n’y a pas de solution dans le cadre du système de profit. Il n’y a pas de retour à la « normale ». Il y a seulement une menace grandissante de destruction économique dû à un effondrement global, associée à un appauvrissement de la classe ouvrière et, dans le même temps, à un conflit de plus en plus féroce entre géants industriels et financiers pour l’accès aux ressources, aux marchés et aux profits. Un conflit menant à une nouvelle guerre mondiale.

L’économie mondiale s’enfonce dans la récession

Par Nick Beams

L’annonce faite lundi qu’une contraction du produit intérieur brut (PIB) japonais au troisième trimestre de 2014 a officiellement précipité la troisième économie mondiale dans sa quatrième récession depuis 2008. C’est un nouvel indice que l’économie mondiale, loin de connaître une reprise, est enfermée dans une spirale descendante. Le communiqué, diffusé la veille par le G20 promettant de stimuler une croissance mondiale annuelle de 2 pour cent au cours des cinq prochaines années, restera lettre morte.

Ces informations sur le Japon sont arrivées suite à des données montrant que la stagnation et la récession étaient des caractéristiques permanentes des 18 membres de la zone euro, dont l’économie combinée est plus importante que celle des Etats-Unis.

La zone euro s’est développée à un taux annualisé d’à peine 0,6 pour cent au troisième trimestre, largement en-dessous du taux de croissance d’avant 2008, d’environ 2 pour cent. L’aspect le plus significatif des données était la concentration de la récession sur les trois principales économies de la région : l’Allemagne, la France et l’Italie.

L’Allemagne, jadis le moteur de la zone euro, a échappé de justesse de sombrer officiellement en récession ; son économie ayant enregistré une augmentation d’à peine 0,1 pour cent, après une contraction de 0,1 pour cent au trimestre précédent. C’est la première fois depuis l’impact initial de la crise financière en 2009 que l’économie allemande traîne derrière le reste de la zone euro pour deux trimestres consécutifs.

L’Italie a entamé sa troisième récession depuis 2008, avec une contraction de 0,1 pour cent au troisi`eme trimestre, après une contraction de 0,2 pour cent au cours des trois précédents mois. L’économie de la France a progressé de 0,3 pour cent, mais ce n’était guère réjouissant, après une contraction au second trimestre et une croissance nulle au premier.

Un symptôme de la morosité grandissante est le fait que l’économie grecque, écrasée par des plans d’austérité successifs et un taux de chômage à 25 pour cent, a annoncé le meilleur résultat avec une expansion trimestrielle de 0,7 pour cent.

Le marasme croissant a suscité la semaine passée une mise en garde sévère du gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney. La banque centrale a revu à la baisse ses prévisions pour les prochaines deux années dans son rapport de novembre sur l’inflation, déclarant que l’inflation resterait en-dessous de l’objectif de 2 pour cent.

« Dans de nombreuses économies avancées et émergentes du monde, les indicateurs sont moribonds, » a-t-il dit. « Un spectre hante l’Europe – le spectre de la stagnation économique avec une croissance qui ne cesse de décevoir et la confiance qui continue de s’effondrer. »

Ces propos fut suivis par un commentaire du premier ministre britannique, David Cameron, lundi dans The Guardian. « Six ans après la crise financière qui a mis le monde à genoux, » écrit-il, « les voyants sont au rouge sur le tableau de bord de l’économie mondiale. »

L’état de l’économie mondiale est pire qu’elle ne l’était lors de la période initiale après le krach de Wall Street en septembre 2008. La raison en est que les soi-disant économies émergentes, qui ont fourni jusqu’à 80 pour cent de l’expansion mondiale au cours de ces six dernière années, sont actuellement en train de ralentir rapidement.

Dans les semaines qui ont suivi la crise financière, l’économie chinoise était encore en train de croître à un taux proche de 10 pour cent, grâce notamment à un plan de relance de 500 milliards de dollars et de la décision prise par les autorités d’accorder une expansion massive de crédit pour le financement d’un programme de construction et des projets d’infrastructure. Ces jours sont révolus.

La croissance chinoise se situe actuellement en dessous de l’objectif official de 7,5 pour cent et les autorités financières tentent de stopper l’expansion du crédit, craignant que le pays ne soit confronté à une crise financière majeure.

De mauvais prêts détenus par les banques chinoises ont atteint leur plus haut niveau depuis 2008. Le boom de l’immobilier dans le pays, et qui a joué un rôle crucial pour soutenir les taux de croissance durant la période écoulée, a pris fin. Lundi, le Bureau national des statistiques a rapporté que les prix des maisons neuves ont chuté, dans 67 des 70 villes qu’elle suit, par rapport à leurs niveaux d’il y a un an. Les ventes de logements ont baissé de 10 pour cent durant les premiers dix mois de l’année par rapport à la même période en 2013.

L’économie chinoise devrait progresser de 7,4 pour cent cette année, la plus faible croissance depuis 1990 ; l’agence Bloomberg rapporte que les dirigeants du Parti communiste chinois projettent de baisser la cible officielle de croissance pour 2015.

Dans d’autres grandes « économies émergentes », la situation est pareille ou pire. L’économie brésilienne a subi une récession au cours de la première moitié de cette année et ne devrait enregistrer pratiquement aucune croissance dans la seconde moitié de l’année.

L’économie russe, la neuvième du monde, est au bord de la récession en raison de l’effet combiné de la rapide chute des prix du pétrole et des sanctions imposées par les Etats-Unis et l’Europe, ce qui risque de déclencher une crise du système financie mondial.

En Europe et au Japon, ainsi que dans des pays tels que l’Australie, le credo des milieux dirigeants est le même : place aux réformes structurelles. Ceci ne produire pas d’expansion économique ; en fait, c’est un code pour intensifier les attaques contre les salaires et les conditions sociales des travailleurs.

Si ce discours n’est pas tellement entendu aux Etats-Unis c’est surtout que l’assaut mené contre la classe ouvrière, à commencer par la restructuration de l’industrie automobile opérée en 2009 par le gouvernement Obama et la réduction de moitié des salaires des travailleurs nouvellement embauchés, a déjà établi de nouvelles normes dans l’ensemble de l’économie. L’Amérique est devenue un centre de production manufacturière à bas salaire.

Il y a une autre conséquence décisive de la poursuite de l’effondrement économique mondial.

Il y a cinq ans, lors du sommet du G20 qui s’était tenu dans la foulée de la panique financière, on entendait force promesses de coopération, de collaboration et du besoin de tirer les leçons des années 1930, quand les rivalités économiques avaient conduit à l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale.

Ces engagements ont été abandonnés depuis longtemps. Le sommet du G20 de cette année à Brisbane a été marqué par une belligérance à l’égard de la Russie et des menaces à peine voilées de la part des Etats-Unis disant qu’après avoir investi leur « sang et leurs ressources » pour garantir leur domination de l’Asie-Pacifique, ils sont déterminés à sauvegarder leur hégémonie économique et militaire par rapport à la Chine, et ce au besoin par la guerre.

Les classes dirigeantes du monde entier n’ont pas solution économique à la crise du système de profit, mais seulement un programme de contre-révolution sociale et de guerre mondiale, au risque de détruire la civilisation.

La classe ouvrière internationale doit intervenir et prendre les choses en main en luttant pour un programme socialiste révolutionnaire visant à renverser le système capitaliste décrépit et à reconstruire l’économie mondiale afin de satisfaire les besoins humains.

L’impérialisme et la crise du rouble

Par Alexandre Lantier

L’effondrement de la monnaie russe cette semaine est l’aboutissement de la politique appliquée par les principales puissances impérialistes afin de forcer la Russie à se soumettre à la restructuration néocoloniale de l’Eurasie par l’impérialisme américain et européen. Pour punir l’opposition du régime de Poutine à leurs interventions en Ukraine et en Syrie, les puissances de l’OTAN étranglent financièrement la Russie.

Les sanctions imposées par les Etats-Unis en réponse à l’opposition de Moscou au coup d’Etat de février dernier à Kiev constituent une véritable guerre économique. En quatre mois, la valeur du rouble russe a chuté de plus de 50 pour cent. Mardi, alors que le rouble chutait en une seule journée de 10 pour cent face au dollar, le président américain Barack Obama a signalé qu’il signerait un projet de loi qui imposerait des sanctions encore plus dures contre la Russie et permettrait à Washington d’armer directement le régime d’extrême-droite à Kiev.

Lorsque le ministère russe de la Défense a exprimé ses « inquiétudes sur la hausse significative de l’activité militaire de l’OTAN près des frontières russes, » les responsables du Pentagone ont répondu que l’OTAN continuerait à renforcer sa « présence dans les airs, au sol et en mer » autour de la Russie.

Hier, des éditoriaux sont apparus dans plusieurs grands journaux, insistant que la crise de la monnaie russe ne s’atténuerait pas, si Moscou ne s’inclinait pas devant le régime de Kiev et ne renonçait pas à son soutien aux séparatistes dans l’Est de l’Ukraine.

« L’ampleur de la chute de la monnaie, » écrit le Financial Times de Londres, « reflète la conviction grandissante des marchés financiers que M. Poutine ne dirige plus la Russie selon des intérêts économiques, mais est décidé à poursuivre des objectifs géopolitiques illusoires. » L’OTAN, a-t-il ajouté, « ne devrait laisser aucun doute que la désescalade en Ukraine réduira la pression internationale sur l’économie russe. L’espoir devant être que même maintenant, M. Poutine sera d’humeur à changer de cap. »

Le New York Times a écrit : « La chose raisonnable à faire pour Poutine serait de se retirer de l’Ukraine. Ceci apporterait un assouplissement immédiat des sanctions et soulagerait la crise actuelle, en conférant aux responsables une marge pour commencer à s’occuper du règlement des problèmes économiques du pays. La question est de savoir si ce dirigeant irresponsable a été suffisamment châtié pour qu’il change de cap ».

Si la Russie accepte le dictat des Etats-Unis et de OTAN, sa capitulation ouvrirait tout simplement la voie à d’autres exigences dont le résultat ultime serait l’éclatement du pays.

Les conséquences catastrophiques de la dissolution de l’URSS en 1991 et de la restauration du capitalisme sont on ne peut plus claires. En dépit de sa taille militaire et de ses réserves pétrolières, la Russie se voit reléguée dans une position d’annexe semi-coloniale du capital financier, bonne à écraser dès qu’elle pose un obstacle à ses maîtres impérialistes.

Les banques resserrent l’étau financier autour du cou de la Russie. Anders Aslund de l’Institut Petersen pour l’économie internationale a écrit que, depuis que Washington a imposé en juillet des sanctions à la Russie, « la Russie n’a pas reçu de financement international important – pas même des banques d’Etat chinoises – parce que tout le monde a peur des régulateurs financiers américains. »

Coupée du crédit, la Russie est étranglée par les parasites financiers de Wall Street et leurs homologues européens. Selon les calculs d’Aslund, la Russie – avec des réserves liquides en devises de l’ordre de quelque $ 200 milliards, des sorties nettes de capitaux de $ 125 milliards cette année ainsi que d’un total de dettes étrangères atteignant $ 600 milliards – pourrait être mise à genoux en deux ans.

Bien qu’il existe une multitude de facteurs économiques mondiaux qui sous-tendent la chute des prix du pétrole, un rôle majeur dans la plongée époustouflante des matières premières incombe à la collaboration de Washington avec l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la monarchie saoudienne à Riyadh visant à stimuler la production et à augmenter la surabondance de l’offre sur les marchés pétroliers mondiaux.

Lors du voyage d’Obama en Arabie saoudite peu après le début de la crise ukrainienne en mars dernier, le quotidien The Guardian avait écrit : « Irrité par l’invasion soviétique en Afghanistan en 1979, les Saoudiens ont ouvert les robinets de pétrole, faisant chuter les cours du pétrole brut jusqu’à 20 dollars le baril (en prix actuels) au milieu des années 1980… [A présent] les Saoudiens pourraient envisager une telle décision – qui favoriserait aussi la croissance mondiale – dans le but de punir Poutine pour son soutien du régime Assad en Syrie. Washington a-t-il proposé cette idée à Riyad ? Ce serait surprenant si ce n’était pas le cas. »

Depuis lors, avec le refus de l’OPEP de réduire la production en dépit d’une chute accélérée des prix, le pétrole est tombé sous la barre des 60 dollars le baril.

Ces développements exposent l’absurdité des affirmations avancées par de nombreuses organisations de la pseudo-gauche petite-bourgeoise, comme quoi la Russie est une puissance impérialiste. De tels arguments ignorent tout simplement le contexte historique duquel l’impérialisme est issu et qui subsiste dans la structure de la finance mondiale et de la géopolitique internationale. La dissolution de l’URSS a été une capitulation à l’impérialisme et non l’entrée de la « nouvelle » Russie dans les rangs des puissances impérialistes.

Comme Trotsky l’a expliqué en 1929 :

« La lutte pour la suprématie mondiale a pris des proportions gigantesques. Les étapes de cette lutte se sont déroulées sur les os des nations faibles et arriérées. La Russie capitaliste ne pourrait à l’heure actuelle occuper dans le système mondial même la situation de troisième plan à laquelle la Russie tsariste avait été prédestinée par la marche de la dernière guerre. Le capitalisme russe serait maintenant un capitalisme asservi, un capitalisme à demi colonisé, sans avenir. La Russie numéro deux occuperait aujourd’hui une place quelque part entre la Russie numéro un et l’Inde. Le système soviétique de l’industrie nationalisée et du monopole du commerce extérieur, malgré toutes ses contradictions et ses difficultés, est un système de protection pour l’indépendance de la culture et de l’économie du pays.

Au cours des dernières étapes de la dissolution de l’URSS, la bureaucratie soviétique et l’intelligentsia académique ont hautainement rejeté l’analyse marxiste de l’impérialisme en adhérant à la « nouvelle pensée » de Gorbatchev. En fait, la régression sociale et la subordination à l’impérialisme de la Russie post-soviétiqué ont confirmé les avertissements de Trotsky. Les ex-républiques soviétiques se sont dissoutes dans des guerres civiles ethniques, allant de la guerre menée par la Russie en Tchétchénie à l’actuelle guerre en Ukraine. La vie industrielle s’est effondrée et la production économique a chuté d’environ 40 pour cent aux années 1990, alors que des oligarques criminelles et des banques étrangères pillaient les usines publiques.

L’effondrement économique s’est arrêté dans les années 2000, et le capitalisme russe s’est reconstruit autour des exportations de pétrole et de gaz sous la domination d’une clique d’oligarques d’affaires autour du président Vladimir Poutine. Cependant, la faillite de la société russe a été reconnue même par ses dirigeants.

Dans son discours de 2009, « Allez la Russie », le président russe de l’époque, Dmitri Medvedev avait avoué : « Vingt ans de changements tumultueux n’ont pas épargné à notre pays sa dépendance humiliante des matières premières. Notre économie actuelle reflète encore le défaut majeur du système soviétique : elle ignore largement les besoins individuels. A quelques exceptions près, les entreprises du pays n’ont pas inventé ni créé les choses et les technologies dont les gens ont besoin. Nous vendons des choses que nous n’avons pas produites, des matières premières ou des marchandises importées. Les produits finis fabriqués en Russie sont caractérisées par leur compétitivité extrêmement basse. »

L’effondrement du rouble et la politique agressive de l’impérialisme aujourd’hui révelent au grand jour la faillite du capitalisme russe. Les prix en rouble des produits alimentaires et des biens de consommation devraient monter en flèche, appauvrissant des masses de gens, car la Russie importe encore ses produits manufacturés et des intrants agricoles pour la production alimentaire nationale.

Quant à la clique dirigeante de la Russie, elle fait face à un dilemme désespéré. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré mardi que les sanctions américaines visaient à changer le régime en Russie. Au vu de l’expérience faite par d’autres pays riches en pétrole et visés Washington pour un changement de régime, comme l’Irak ou la Libye, ceci signifie que le Kremlin estime que l’OTAN cherche à détruire le gouvernement russe, à assassiner ses hauts responsables, et à piller le pétrole russe.

Cependant, même dans cette situation désespérée, le Kremlin se limite servilement à une politique qui est acceptable à la ploutocratie russe dont la richesse est basée sur le pillage des biens publics. Il cherche à éviter de prendre des mesures essentielles et défensives, telles l’imposition d’un contrôle des changes et d’un gel des versements aux banques étrangères.

L’incitation du nationalisme russe par Poutine – comme dans son éloge faite de l’offensive « légendaire » du général tsariste Alexeï Broussilov au début de la Première Guerre mondiale et sa récente dénonciation des bolcheviks comme traitres à la Russie impériale – est totalement réactionnaire. Si le Kremlin compte sur sa force militaire en optant pour une confrontation avec l’OTAN, le risque d’une guerre nucléaire qui détruirait la planète entière est imminent.

Il n’y a pas solution nationale à la crise russe. L’oligarchie capitaliste elle-même est le plus grand obstacle à la défense de la classe ouvrière russe contre l’impérialisme. La tâche essentielle à laquelle est confrontée la classe ouvrière en Russie est de renouer ses liens avec les traditions de la Révolution d’Octobre et la lutte menée par Trotsky contre le stalinisme.

Il n’y a aucun moyen d’arrêter le pillage de la Russie et la poussée vers la guerre autre que par une intervention politique consciente de la classe ouvrière internationale qui est hostile à la fois au militarisme impérialiste et aux manœuvres du Kremlin. C’est pourquoi le Comité International de la Quatrième Internationale insiste sur la nécessité de construire un mouvement anti-guerre et anti-impérialiste international de la classe ouvrière, luttant pour la révolution socialiste mondiale.

La chute des prix du pétrole ébranle l’économie mondiale

Par Nick Beams

L’onde de choc déclenchée jeudi dernier par la décision du cartel pétrolier saoudien OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) de ne pas réduire la production face à une surabondance de l’offre sur le marché mondial s’est répercutée sur toute l’économie mondiale, affectant aussi bien les compagnies minières et d’énergie que les marchés financiers et menaçant de faillite des économies entières.

L’effet le plus direct de cette décision a pu s’observer lundi en Russie où le rouble a atteint son niveau le plus bas par rapport au dollar américain depuis la dévaluation de la monnaie russe en 1998. Celle-ci avait été entraînée par un défaut de paiement de la Russie, une des conséquences de la crise économique asiatique de 1997-98.

L’économie russe, dont les recettes dues aux exportations reposent à 60 pour cent sur le pétrole et les recettes budgétaires à 50 pour cent, a été durement touchée par la dégringolade de 40 pour cent du prix du pétrole depuis juin. L’effet de la baisse des recettes pétrolières a été exacerbé par les sanctions imposées par les Etats-Unis et l’Union européenne qui ont considérablement limité l’accès de la Russie aux marchés financiers mondiaux, entraînant un assèchement du flux des investissements.

Le prix du pétrole qui était à environ 100 dollars le baril il y a cinq mois à peine a maintenant chuté au-dessous de 70 dollars et devrait encore baisser. Lundi, la vice-présidente de la Banque centrale russe, Ksenia Yudaeva, a dit que la banque partait de l’hypothèse que le prix du pétrole pourrait tomber à 60 dollars. Mais personne ne peut dire si sa baisse s’arrêtera là.

Parmi les autres pays à être le plus immédiatement touchés figurent le Venezuela, l’Iran et le Nigeria, qui dépendent tous fortement des recettes pétrolières pour financer des programmes gouvernementaux.

Autre expression des conséquences mondiales de la décision de l’OPEP, plus de 30 milliards de dollars ont été effacés hier du marché boursier australien, alors que dans le secteur minier et énergétique les cours s’effondraient. Le géant minier mondial BHP Billiton a enregistré son cours le plus bas en cinq ans.

Alors que le déclencheur de la baisse a été la décision saoudienne, la chute des prix du pétrole révèle des processus plus profonds. L’année 2014 a marqué l’épuisement de diverses mesures de relance – en premier lieu le programme d’assouplissement quantitatif (« quantitative easing ») appliqué par la Réserve fédérale américaine et d’autres grandes banques centrales et qui avait fait bondir les prix à des niveaux record.

La tendance dans l’économie réelle sous-jacente a été celle d’une stagnation économique continue et de l’émergence d’une véritable récession. Le mouvement des marchés financiers par rapport à l’économie réelle est, pour utiliser une analogie jadis employée par Léon Trotsky, comme celle de l’ouverture des lames d’une paire de ciseaux géants.

Prés de six ans après l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, l’économie de la zone euro n’a pas encore atteint le niveau de production économique atteint en 2007, avec des niveaux d’investissement en baisse de l’ordre de 25 pour cent tandis que le taux d’inflation continue de baisser.

L’économie japonaise, malgré la relance financière massive assurée par l’‘Abenomie’ [politique économique prônée par l’actuel premier ministre japonais Shinzo Abe] a amorcé une nouvelle récession, sa quatrième au cours des six dernières années. En même temps se multiplient les inquiétudes quant à la capacité du gouvernement à rembourser sa dette publique, évaluée à plus de 250 pour cent du PIB. Lundi, l’agence de notation Moody’s a dégradé la note souveraine du pays, la troisième puissance économique mondiale, la situant derrière la Chine et la Corée du Sud et sur un pied d’égalité avec les Bermudes, Oman et l’Estonie.

Au cours des six dernières années, l’économie mondiale a été en grande partie soutenue par une croissance chinoise continue qui est largement la conséquence du plan de relance initié par le gouvernement chinois et de l’expansion massive du crédit dont on estime l’ampleur à l’équivalent du système bancaire américain. Mais il est devenu de plus en plus apparent au cours de cette année que l’économie chinoise est en prise à une spirale déflationniste. Les soi-disant « prix à la production », qui enregistrent la valeur des marchandises au moment où elles quittent l’usine, ont baissé au cours de ces trois dernières années. Les prix de l’immobilier ont considérablement chuté, marquant la fin du boom immobilier.

Un rapport publié cette semaine par des chercheurs officiels du gouvernement chinois a chiffré le gaspillage des fonds publics. Il précise que quelque 6,8 milliers de milliards de dollars ont été dépensés depuis 2009 pour des « investissements inefficaces », dont des aciéries inutiles, des villes fantômes et des stades vides ainsi qu’à d’autres mesures gouvernementales destinées à isoler la Chine de l’impact de la crise financière mondiale.

Alors que les marchés financiers américains semblent jusque-là n’avoir été que peu touchés par la décision de l’OPEP, la chute des prix du pétrole aura d’importantes conséquences à long terme. L’un des facteurs ayant motivé la décision saoudienne semble avoir été sa détermination, en tirant les prix vers le bas, à pousser hors du marché des producteurs de pétrole de schiste américains aux coûts d’exploitation élevés. C’est une reproduction de la stratégie employée sur le marché du minerai de fer qui a connu cette année une chute de prix identique à celle du pétrole. D’importants producteurs, notamment BHP Billiton et Rio, ont réagi en augmentant au lieu de réduire la production dans le but de forcer leurs concurrents qui doivent supporter des coûts élevés à abandonner.

Un glissement continu des prix pétroliers aura de lourdes conséquences pour les obligations à haut rendement et les marchés des prêts à effet de levier aux Etats-Unis. Alors qu’en 2011 le prix du pétrole était aux alentours de 100 dollars le baril, la production de pétrole de schiste devenait rentable, même avec des coûts d’extraction entre 50 et 70 dollars le baril. Récemment encore, au début de l’année, on s’attendait à ce que le prix du pétrole se maintienne à 100 dollars le baril et le pétrole de schiste était de plus en plus considéré comme nouvelle perspective d’expansion de l’économie américaine.

Au cours des cinq dernières années, grâce à l’argent ultra bon marché fourni par la Fed, les banques et les spéculateurs financiers avaient injecté de l’argent dans des entreprises engagées dans l’extraction du pétrole de schiste de sorte que la dette énergétique représente actuellement 16 pour cent des 1,3 milliers de milliards de dollars du marché des obligations à haut rendement, contre 4 pour cent il y a dix ans.

A la différence des méthodes plus traditionnelles de la production pétrolière où le capital physique a une durée de vie relativement longue, l’extraction du pétrole de schiste requiert l’acquisition continue de nouveau capital. Ceci signifie que l’industrie est fortement tributaire d’un flux de liquidités levé sur les marchés financiers. Si celui-ci venait à se tarir, les entreprises pourraient faire faillite, ce qui aurait des conséquences majeures pour le système financier en général.

Comme le montre clairement le cas de la Russie, les tendances sous-jacentes à la récession ont été exacerbées par l’accroissement des tensions géopolitiques.

Un processus de retour négatif pourrait être déclenché alors que l’aggravation de la récession mondiale intensifie les conflits entre les principales puissances. La Corée et d’autres pays d’Asie du Sud-Ouest, tout comme la Chine, ont déjà été gravement affectés par l’‘Abenomie’ qui a fait baisser le yen, pénalisant leurs marchés d’exportations.

On a également assisté cette année à l’apparition de tensions entre les Etats-Unis et l’Allemagne où une partie de l’establishment politique et de politique étrangère insiste sur la nécessité que l’Allemagne joue, dans la poursuite de ses propres intérêts, un rôle plus grand et plus indépendant sur la scène mondiale. L’économie de la zone euro étant au bord d’une nouvelle récession, principalement en raison d’un affaiblissement significatif de l’économie allemande et de la perspective de nouvelles turbulences financières, ces tensions finiront sans aucun doute par s’intensifier.

La chute des prix du pétrole est une nouvelle manifestation des forces motrices sous-jacentes du système capitaliste mondial, qui poussent celui-ci vers la contraction économique, la multiplication des conflits inter-impérialistes et, en dernière analyse, vers la guerre.

WSWS

5 Messages de forum

  • Jeudi 22 janvier. Cette date devrait rester gravée dans l’histoire de la zone euro comme le jour où la Banque centrale européenne (BCE) a appuyé sur le bouton nucléaire de la politique monétaire. Comme le jour de la victoire de son patron italien, Mario Draghi, sur les plus orthodoxes de son comité de politique monétaire. Comme le jour où elle a enfin annoncé que l’eurosystème allait racheter massivement de la dette publique sur les marchés pour inonder l’économie de ses euros...

    "Nous nous trouvons dans une situation où nous devrions abaisser encore plus le taux directeur [le coût pour emprunter de l’argent, NDLR], mais ce n’est plus possible", a expliqué Mario Draghi dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, publié la semaine dernière. À zéro, les taux ne peuvent effectivement pas devenir négatifs. "À ce moment-là, nous devons avoir recours à des mesures non conventionnelles, c’est-à-dire modifier la taille et la composition du bilan de la BCE." Ce que les spécialistes appellent "quantitative easing" (QE). En clair, Mario Draghi fait marcher la planche à billets, en prenant de la dette publique en pension dans ses comptes en garantie....

    La Banque centrale européenne fera "tout ce qu’il faut [whatever it takes] pour sauver l’euro", avait lancé le successeur de Jean-Claude Trichet devant des investisseurs anglo-saxons médusés, à Londres. Avant de présenter, début septembre, l’arme censée incarner cette promesse. En cas de demande d’un pays en difficulté, et sous de strictes conditions de réformes, la BCE rachèterait sa dette publique sur les marchés, pour un montant a priori illimité. Jamais déclenchée, l’arme n’en a pas moins fonctionné : les investisseurs ont été convaincus qu’aucun État ne ferait faillite puisque la BCE était prête à avaler une grande partie des obligations qu’il émettrait sur le marché en la rachetant aux investisseurs.

    D’ores et déjà, pourtant, les attentes des investisseurs apparaissent disproportionnées. "Nous craignons que l’impact économique déçoive", préviennent les économistes de la Société générale, dans une note du 16 janvier. Ils estiment même que le "quantitative easing est cinq fois moins efficace dans la zone euro qu’aux États-Unis". Normalement, la baisse des taux d’intérêt sur les dettes souveraines doit entraîner un report des investisseurs vers les actions, devenues beaucoup plus rentables. Mais les taux sont déjà au plus bas, particulièrement pour la dette des pays "coeur" de la zone euro. Ils ne peuvent donc pas tellement baisser davantage. Les "effets richesses" liés à une hypothétique hausse des marchés actions devraient de toute façon être limités par la faible détention d’actions en direct par les ménages ainsi que par un financement des entreprises très dépendant du crédit bancaire.

    Extrait de l’hebdomadaire Le Point

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  • La Banque centrale européenne devrait lancer ce jeudi un plan massif de rachat de dette publique pour tenter de ranimer la croissance en zone euro. Cela s’appelle faire du "quantitative easing". Même les taux directeurs négatifs (le loyer de l’argent) ne sont pas parvenus à faire repartir la machine du crédit. C’est ce qui pousse Mario Draghi à agir désormais sur la "quantité" de monnaie en circulation plutôt que sur son "prix". Or pour augmenter la masse monétaire, nul n’est besoin d’imprimer des billets : la méthode moderne consiste en effet à racheter de la dette, publique ou privée. Les anglophones appellent cela faire du "quantitative easing" (de l’"assouplissement quantitatif", en français), mais les initiés parlent simplement de "QE". La Réserve fédérale américaine (FED) (en 2009, 2011 et 2013) et la Banque d’Angleterre (en 2009 et 2010), confrontés aux mêmes difficultés économiques que l’Europe, se sont lancées dans cette aventure monétaire. La BCE s’est toujours refusée jusqu’ici à racheter à grande échelle de la dette souveraine des Etats européens. En se prêtant à cette forme de "quantitative easing", elle sort clairement de sa mission traditionnelle…

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  • USA : la croissance du PIB ralentit à 2,6% au 4e trimestre !

    Le produit intérieur brut (PIB) américain a augmenté de 2,6% en rythme annualisé d’octobre à décembre, selon la première estimation du ministère. Cela représente un ralentissement par rapport aux 5% du 3e trimestre et une déception pour les analystes qui tablaient sur une expansion de 3,2%.

    Pour l’ensemble de l’année 2014, la croissance s’affiche à 2,4% contre 2,2% en 2013, en conformité avec les projections de la Réserve fédérale américaine.

    Le retour dans le vert des dépenses publiques au 3è trimestre a été éphémère. Elles ont régressé de 2,2% d’octobre à décembre, les dépenses du gouvernement fédéral se repliant de 7,5% avec un plongeon de 12,5% pour celles du secteur de la défense.

    Les « subprimes » pétrolières, une menace 5 fois plus importante que les « subprimes » immobilières de 2007 ! Environ 5 400 milliards de dollars ont été engagés ces cinq dernières années pour le forage d’exploration et les infrastructures dans le secteur des énergies alternatives – c’est-à-dire dans le secteur du fracking.

    Une grande partie se situe au niveau du gisement de Bakken et dans le Dakota du Nord mais également au Texas et en Pennsylvanie. Cela représente beaucoup d’argent. Tout cela a été largement financé par les dettes des entreprises et des banques. Ces entreprises ont émis des actions mais c’est principalement de la dette.

    Un pétrole sous les 50 $ pourrait provoquer d’énormes dégâts sur les marchés financiers

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  • Le pétrole et le dollar fort font chuter Wall Street...

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  • Quoi de neuf ?

    La croissance ne revient pas, les bulles enflent. Les grands argentiers sont à court de solutions. Le moteur chinois cale... Les signes avant-coureurs d’une nouvelle crise mondiale se multiplient.

    Le capitalisme a définitivement du plomb dans l’aile.

    Préparons la suite...

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