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La révolte sociale en Colombie, malgré la pandémie, est partie de la scandaleuse réforme fiscale…

vendredi 21 mai 2021

La révolte sociale en Colombie, malgré la pandémie, est partie de la scandaleuse réforme fiscale…

28 avril :

https://berthoalain.com/2021/04/29/...

29 avril :

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30 avril :

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1er mai :

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2 mai :

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La Colombie est en proie à la pire crise économique de son histoire et à sa vague la plus meurtrière d’infections au COVID-19. Dans cette situation, des centaines de milliers de personnes rejoignent chaque jour depuis une semaine des marches de masse, des barrages routiers et d’autres protestations à travers ce pays sud-américain. Les récentes manifestations ont débuté par une grève nationale le 28 avril, initiée par le Comité national de grève. C’est une coalition de confédérations syndicales, d’associations d’agriculteurs et de groupes d’étudiants, formée en 2019 afin de canaliser l’agitation croissante de la classe ouvrière vers des négociations avec le gouvernement d’extrême droite du président Iván Duque, au pouvoir depuis 2018. La grève actuelle fut déclenchée par l’annonce par Duque de la première révision fiscale COVID-19 d’Amérique latine. Ceci alors que l’élite dirigeante colombienne cherche à montrer à toute la région comment faire peser tout le poids de la crise pandémique sur les épaules de la classe ouvrière.

Prétendument destinée à fournir un revenu fixe de 20 à 150 dollars par ménage pendant la pandémie, le projet de loi introduisait une taxe de vente fortement régressive de 19 pour cent y compris sur la nourriture et les services essentiels, ainsi qu’une taxe supplémentaire pour des revenus aussi bas que 700 dollars par mois. Les agences de crédit ont applaudi, estimant que le projet offrait une « structure de revenu durable à long terme », payée par la classe ouvrière.

Défiant une décision de justice hypocrite qui interdisait les marches sous prétexte de risques liés au COVID-19, les manifestants ont rempli les rues des centres-villes de Bogota, Medellín, Cali, Barranquilla et Ibagué, ainsi que de villes plus petites. Les magasins et la plupart des services publics se trouvaient pratiquement paralysés le 28 avril, tandis que le 1er mai a connu les plus grandes foules jamais vues. Comme des manifestations spontanées continuaient de se produire en dehors du contrôle du Comité national de grève, Duque a déployé l’armée pour « aider » la police dans la répression, où furent alors utilisées des balles réelles de façon systématique et coordonnée. Annonçant le déploiement des troupes, Duque a menacé ceux « qui veulent intimider la société par la violence, le vandalisme et le terrorisme et qui croient pouvoir vaincre les institutions par ce mécanisme ».

Vendredi, l’ex-président Álvaro Uribe, chef du parti au pouvoir de Duque et son mentor politique, a pratiquement confirmé que la répression meurtrière était ordonnée par les plus hauts échelons de l’État, en tweetant : « Soutenons le droit des soldats et des policiers à utiliser leurs armes pour défendre leur intégrité et défendre les personnes et les biens contre les actions criminelles du vandalisme terroriste. » Uribe a récemment été libéré de son assignation à résidence dans le cadre d’une décision motivée par des considérations politiques, malgré des dizaines d’enquêtes ouvertes sur son rôle dans la création et le financement de milices paramilitaires fascistes, responsables de la mort de centaines de milliers de personnes et du déplacement de millions de Colombiens.

Des vidéos largement partagées sur les réseaux sociaux montrent des policiers tenant des armes à feu, entre autres des fusils, et tirant sur les manifestants. Le Réseau des droits de l’homme Francisco Isaías Cifuentes a de plus vu des policiers en civil sur des motos, dont les plaques d’immatriculation étaient masquées, tirer sur des manifestants à Cali.

Craignant que la répression ne fasse que radicaliser et mobiliser des couches plus larges de la classe ouvrière en Colombie et dans toute la région, les responsables des Nations unies et de l’Union européenne ont nerveusement condamné la « force excessive » utilisée par la police et ont appelé les manifestants au « calme ».

Le gouvernement américain du président Joe Biden qui lance des accusations provocatrices contre la Russie, la Chine et le Venezuela, est resté complètement silencieux sur la répression en Colombie, l’allié politique et militaire le plus proche de l’impérialisme américain en Amérique latine.

Pendant des décennies, sous les gouvernements républicains et démocrates, Washington a fourni des milliards en armes et formation militaire pour faire de l’armée colombienne la deuxième plus importante de la région. Celle-ci sert de bastion aux intérêts commerciaux et financiers américains dans cette région riche en pétrole, y compris pour les préparatifs de Washington à un changement de régime au Venezuela. Ces mêmes militaires armés et entraînés par les États-Unis sont maintenant lâchés contre des foules de travailleurs et de jeunes non armés.

À la date de mardi, le gouvernement Duque a reconnu la mort de 18 civils et d’un policier lors des manifestations, tandis que la police signalait 431 arrestations. La Fédération des travailleurs de l’éducation (FECODE) a fait état de 27 décès ; de 726 détentions arbitraires ; de six cas d’abus sexuels commis par les forces de sécurité ; et de 12 jeunes ayant perdu leurs yeux dû à des projectiles « non létaux ».

Ayant perdu le soutien du Parti libéral et d’autres forces de droite pour son projet de loi fiscale, Duque a annoncé vendredi qu’il demanderait au Congrès d’abandonner, au moins temporairement, ses dispositions les plus détestées.

Cette décision n’a fait qu’enhardir les protestations, et le Comité national de grève continue de lutter pour garder le contrôle en appelant à une nouvelle journée de manifestations de masse le 5 mai. Contraint par la colère sociale d’avancer des revendications plus larges, le dirigeant syndical Luis Miguel Morantes a appelé à renvoyer les troupes dans leurs casernes ; à démanteler l’unité de forces spéciales ESMAD ; à rejeter le Projet de loi 010 qui accorde un rôle plus important aux prestataires de soins de santé privés ; à procéder à des vaccinations de masse et à instaurer un revenu universel d’au moins 260 dollars par mois, entre autres revendications.

Tout au long de l’escalade constante de la lutte de classe depuis la grève nationale du 21 novembre 2019, le capitalisme colombien a démontré qu’il était complètement imperméable aux besoins sociaux urgents des masses. On a permis au gouvernement Duque de continuer à manœuvrer pour mettre en œuvre davantage d’austérité et de privatisations, même après des massacres répétés de travailleurs et de jeunes.

En septembre dernier, la police a tué 13 manifestants et en a blessé au moins 75 avec des armes à feu après qu’une rébellion ait éclaté à Bogota suite au meurtre de Javier Ordóñez par la police.

En plus des syndicats, la classe dirigeante s’est largement appuyée sur le sénateur de pseudo-gauche et ex-candidat à la présidence Gustavo Petro pour que tous les appels soient adressés au gouvernement Duque. Depuis le début des manifestations la semaine dernière, Petro exige que les manifestants s’opposent uniquement à telle ou telle « réforme » et non à Duque ou aux forces de sécurité elles-mêmes. Même s’il feint l’indignation face à la répression meurtrière, il insiste pour dire que Duque, la police et l’armée ne sont « pas les ennemis ». Lundi, il a appelé dans un tweet « chaque policier, chaque soldat de la patrie » et « les jeunes et les travailleurs dans la rue » à « fraterniser » et à « s’embrasser ». Ceci, alors que des vidéos sont publiées sur les réseaux sociaux montrant des policiers frappant brutalement de jeunes manifestants.

Ces actions criminelles pour semer la complaisance parmi les travailleurs et les jeunes alors que la classe dirigeante et l’impérialisme effectuent un virage meurtrier vers la dictature en Colombie et ailleurs, ont reçu l’assistance du Parti socialiste des travailleurs (PST), une organisation de pseudo-gauche fondée par l’anti-trotskyste argentin Nahuel Moreno, orientée vers les syndicats.

Dans un communiqué publié lundi, le PST note que « les masses, qui échappent à leur contrôle bureaucratique, sont restées dans les rues » et appelle « les organisations syndicales affiliées à ces centrales… à remplacer cette bureaucratie ».

Les travailleurs doivent se méfier de ces manœuvres qui visent à remplacer les responsables syndicaux par d’autres qui emploient des phrases plus radicales, pour mieux mener le mouvement dans la même impasse. Tout l’establishment politique et l’appareil syndical avec ses apologues de la pseudo-gauche parlent au nom de couches de la classe moyenne ayant des liens matériels avec l’État capitaliste et le patronat.

En 2020, 3,5 millions de Colombiens sont tombés sous le seuil officiel de pauvreté – un revenu mensuel par habitant de 87 dollars. Un pourcentage stupéfiant de 42,5 pour cent de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté. Dans le même temps, le pays enregistre des décès records dus au COVID-19, atteignant 490 décès par jour et 75.164 décès au total.

Au-delà des couvre-feux nocturnes et d’une rotation des restrictions à la visite des lieux commerciaux sur la base des numéros d’identification personnels – des mesures qui se sont avérées totalement inadéquates, le gouvernement Duque et les autorités locales ont rejeté toute mesure susceptible d’empiéter sur les intérêts des entreprises et des banques.

Le soulèvement en cours dans les villes colombiennes a produit les plus grandes manifestations de masse observées en Amérique latine depuis la révolte au Chili en 2019. Il fait partie d’un mouvement mondial de la classe ouvrière contre les politiques de mort et de misère face à la pandémie.

Le Comité international de la Quatrième Internationale appelle à la construction d’une Alliance ouvrière internationale des comités de la base pour que la classe ouvrière unisse ces luttes et prenne en main la réponse à la pandémie. C’est là le seul moyen de vacciner en temps voulu, de fournir l’aide économique nécessaire pour que les travailleurs non essentiels puissent s’abriter chez eux et de finalement éradiquer le COVID-19, avec le système capitaliste qui lui a permis de tuer des millions de gens.

Source : https://www.wsws.org/fr/articles/20...

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