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En marche… arrière toute, le programme de la contre-révolution des classes possédantes

mardi 20 juin 2017, par Robert Paris

Edito

En marche… arrière toute, le programme de la contre-révolution des classes possédantes

Molière, décrivant les médecins de son temps, semble décrire les médecins politique d’aujourd’hui : pour sauver les emplois, il faudrait détruire les contrats de travail, pour sauver les retraites, il faudrait détruire les retraités, pour sauver l’économie, il faudrait faciliter les licenciements, y compris abusifs, pour sauver le monde de la violence guerrière, il faudrait la développer partout, pour sauver le monde du terrorisme, il faudrait développer le contre-terrorisme, pour sauver le monde de la révolution sociale, il faudrait développer la contre-révolution politique et sociale…

Molière disait en effet : « il faut crever l’œil gauche car il nuit à l’œil droit et couper le bras gauche car il prend tout le sang du bras droit » !!! On croit entendre Macron, Trump, May, Erdogan et Poutine ainsi que tous les autres chefs d’Etat, qu’ils soient japonais, indien, chinois, brésilien ou autres, de la bourgeoisie mondiale !!!

Madame May, chef d’Etat anglais, a déclaré que face au terrorisme, il fallait remettre en question les lois sur les libertés et la démocratie. Monsieur Macron a affirmé qu’il fallait prolonger l’Etat d’Urgence qui suspend ces mêmes libertés. Et on a vu que Trump entend aggraver l’atteinte aux libertés et à la circulation, toujours sous prétexte de terrorisme.

Par contre, le terrorisme guerrier se maintient et s’accroît sans cesse de la part des mêmes puissances. Macron a consacré le premier de ses voyages à l’étranger à soutenir les forces armées de la France qui occupent militairement le Mali, sans y avoir nullement supprimé le terrorisme, contrairement à ce que clamait Hollande qui les y avait envoyées. Par contre, la France a fait un retour en force colonial dans ce pays alors que, depuis la révolte sociale et politique du peuple malien en 1991 qui avait mené au renversement du dictateur Moussa Traore, ami de l’impérialisme français, elle était sur des œufs dans ce pays… En réalité, c’est les suites de cette révolte sociale et politique qui a causé l’intervention française au Mali et pas le terrorisme. En les menaçant des attaques djihadistes, l’impérialisme français a réussi à faire reculer la révolte puis à la battre par la répression et la menace. Un régime tout aussi dictatorial et corrompu a été mis en place, qui recommence ses guerres contre les peuples du Nord, touaregs et autres, sous prétexte d’antiterrorisme.

Le terrorisme sert de prétexte à la recolonisation armée occidentale de la Libye, du Mali, de la Tunisie, du Niger et de bien d’autres pays d’Afrique, du Maghreb, d’Orient, etc…

Il sert aussi de prétexte aux attaques contre la démocratie dans les pays occidentaux comme en Asie ou en Russie.

La vraie raison est la crise du capitalisme qui nécessite, pour la classe possédante, de détruire les droits démocratiques, en particulier ceux des travailleurs, le droit de grève, le droit de manifester, le droit de s’assembler, les droits syndicaux et sociaux. On le voit aux « réformes » que Macron prétend imposer qui veulent aller vers la réduction des délégués des salariés, la réduction des prud’hommes, la réduction des sanctions pour licenciement abusif, la réduction des droits du contrat fixe, la réduction des services publics, etc.

La marche arrière est générale et mondiale, et touche tous les domaines : la santé (des maladies disparues depuis longtemps reviennent en force), le logement, la misère, le chômage, le retour de la course aux armements, la guerre, la guerre civile, les massacres interraciaux, les violences contre les femmes, etc. Tous les indicateurs sont au rouge et il y a une racine à cela qui est elle aussi mondiale : la chute du capitalisme !

En effet, si depuis la crise de 2007-2008, le capitalisme est toujours en place, toujours au pouvoir, toujours dominant sur toute la planète, si aucune des révolutions qui ont eu lieu suite à la crise, que ce soit au Maghreb, au Moyen-Orient, dans les pays de l’Est, en Afrique ou ailleurs, n’ont jamais mené le prolétariat à renverser l’Etat bourgeois ni la classe bourgeoise, il n’empêche que cela ne suffit pas à rassurer les classes possédantes du monde, qui ne croient toujours pas à l’avenir du système, qui refusent toujours de reprendre les investissements productifs privés, qui n’acceptent d’investir un tout petit peu que si elles sont massivement subventionnées par les Etats et les banques centrales.

Il a ainsi fallu que la BCE propose aux banques européennes des taux d’interêts négatifs (en somme fasse cadeau de millions d’euros aux banques) pour obtenir qu’elles s’engagent à aider les investissements éventuels de leurs clients, sans d’ailleurs de garantie exigées en ce sens !!!

Les gouvernants sont tellement pessimistes sur l’état du système capitaliste mondial qu’ils ont prévu des scénarios financiers en cas de krach financier, avec notamment la mainmise sur tous les comptes en banque des particuliers, sur toutes les épargnes et toutes les assurances-vie, l’Etat se contentant d’assurer (et on sait ce que vaudrait une telle assurance en cas de chute générale, l’Etat étant alors le premier des faillis) une fraction de ces comptes et épargnes…

Marche arrière toute, c’est le sens de l’évolution générale du monde. La paix entre Est et Ouest, qui était soi-disant un acquis de la chute du mur de Berlin, est remise en cause. La décolonisation de l’Afrique, de l’Orient, du Maghreb, est remise en cause. La fin des dictatures, qu’annonçaient les impérialismes triomphants après la chute de l’URSS, est remise en cause. La réforme du capitalisme, annoncée après l’effondrement de 2007, est elle aussi remise en cause : dix ans après, elle n’a pas eu lieu et n’aura jamais lieu. Les hommes politiques, les financiers, les capitalistes n’en parlent même plus !

Et pour cause ! Le capitalisme s’enfonce plus que jamais dans les problèmes qui ont causé sa chute en 2007 : dettes massives, chute des investissements productifs, masse des spéculations telles que la gravitation accrue entraîne de plus en plus de capitaux, masse des aides d’Etat et faillite des Etats et des banques centrales, etc.

Le capitalisme mondial est parvenu à enrayer momentanément sa chute en 2008, puis à nouveau à l’enrayer dans les crises chinoises et japonaises, à nouveau à coups de centaines de milliards, mais c’est au prix d’une aggravation des conditions économiques et en développant encore les conditions favorables au prochain krach mondial.

La montée des protectionnismes, Brexit anglais, politique de fermeture de Trump, nouvelle orientation de la politique économique du Japon, de l’Australie, du Canada, tout cela montre que le capitalisme accompagne un recul mondial des échanges et de la production qui n’est pas conjoncturelle mais durable, et donc un recul historique du système mondialement dominant.

Si toutes ces politiques ont pour prétexte le terrorisme et la menace guerrière, elles ont aussi pour prétexte le « soutien à l’économie nationale ». Le nationalisme économique bat son plein, partout sur la planète. La défense des « emplois nationaux » est un prétexte. Le soutien aux capitalistes est la réalité, même si le grand capital continue à se moquer du nationalisme et de la défense nationale économique. Cette dernière est le leitmotiv des gouvernants mais ne correspond nullement à la réalité économique. La mondialisation n’est nullement abandonnée, sauf dans les discours politiciens et médiatiques, pour la démagogie adressée au bon peuple, démagogie que reprennent tous les courants politiques de l’extrême droite (bien sûr, puisque cela a toujours été son discours) à la gauche de la gauche, mais aussi aux dirigeants syndicaux, qui ne sont pas en reste de propositions d’aides à l’ « économie nationale ».

Pourtant l’économie nationale est un mythe qui existe moins que jamais. Elle n’a plus aucun sens en ce qui concerne le grand capital, les trusts étant tous mondiaux. On serait bien en peine de dire quel trust de quel pays serait national ! Et de même pour les grandes banques, les grandes assurances, les grands financiers…

Le renfermement protectionniste n’est nullement une mesure économique : c’est une démagogie politique pour pousser les peuples dans ce marche arrière toute, vers le nationalisme, le protectionnisme, la guerre économique d’abord qui prépare à la guerre tout court, la guerre dans les pays opprimés d’abord, mais aussi la guerre entre grandes puissances.

Bien sûr, nombre de bons esprits affirment que la guerre mondiale n’est plus possible, du fait de l’existence de l’arme atomique. C’est oublier que les classes possédantes ont moins peur de la barbarie que peut engendrer la violence des grands Etats que de la chute sociale et politique qu’engendrerait une révolution prolétarienne dans n’importe quel pays du monde, relançant partout la perspective d’une révolution sociale dont on fête actuellement le centième anniversaire : la vague des révolutions prolétariennes débutée en Russie en 1917 et qui avait ébranlé le monde capitaliste tout entier !

9 Messages de forum

  • L’attaque antisociale patronale et gouvernementale se poursuit de plus belle !

    Michelin a annoncé, jeudi 22 juin, la suppression de 1 500 emplois en France d’ici 2021, et de 450 postes aux Etats-Unis, sans départ contraint dans les deux pays. Le fabricant de pneumatiques va mettre en place un plan de pré-retraites volontaires à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), sa base historique, et ne remplacera qu’une partie des départs en retraite dans les deux pays, a ajouté le groupe dans un communiqué.

    Airbus maintient ses suppressions d’emplois malgré les bonnes affaires ! 1.164 postes seront supprimés soi-disant à cause de la fusion d’Airbus Group avec la division avions Airbus SAS.

    Yahoo ! supprime 2000 emplois...

    Veolia supprime 572 emplois....

    Colgate-Palmolive supprime 2300 postes...

    SFR intensifie ses suppressions de postes : 5000 suppressions en plus des postes déjà supprimés soit un tiers de l’effectif...

    Il y a actuellement 700.000 licenciements par an !!!

    Le gouvernement compte rendre ces licenciements plus aisés !!!

    Les GM&S de La Souterraine ne sont pas les seuls visés. Nobel Plastiques a annoncé un PSE pour son usine de Vitry-le-François avec la suppression envisagée d’au moins 120 postes sur 277. À Charleville-Mézières, le fabricant de climatisation pour l’automobile, Hanon Systems a annoncé début mars un PSE concernant 54 salariéEs, passant des 1 300 salariéEs en 2004... à 350 en 2019  !

    Mais, bien d’autres secteurs sont touchés aux quatre coins de la France  : la Seita à Riom et Fleury-les-Aubrais, CastMetal dans la Loire, Aéropharm à Marseille… Le sort de Whirlpool à Amiens est scellé  : le site est définitivement fermé, au détriment des 290 salariéEs et 400 sous-traitants et intérimaires. Airbus, qui se porte pourtant bien, va supprimer plus d’un millier de postes en Europe, dont 640 en France avec la fermeture, mi-2018, du site de Suresnes où environ 310 postes seront supprimés. Nestlé, prévoit une réorganisation de ses activités qui pourrait aboutir à la suppression ou au transfert d’un nombre indéterminé d’emplois. Quelques mois après le déménagement de son siège social en Irlande pour bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse, le groupe pharmaceutique Avadel vient d’annoncer la suppression de 47 postes, sur les 101 que compte le site de Vénissieux (2 600 emplois industriels supprimés en trois ans). Alors que la filiale française a vu son chiffre d’affaires doubler en dix ans, Haribo va supprimer d’ici à la fin de 2018 une centaine de postes en France (15 % des effectifs). Et on pourrait allonger la liste…

    L’industrie n’est pas la seule affectée. SFR a supprimé de nombreux emplois par des départs plus ou moins «  volontaires  » tandis qu’Engie (ex-GDF Suez) va supprimer 1 900 postes en France sur un total de 25 000. Moins visibles, les plans sociaux dans le commerce de vêtements et de chaussures aboutissent à une véritable saignée avec, depuis la fin 2015, la destruction d’au moins 3 000 emplois. Vivarte (André, La Halle aux chaussures, Naf Naf…) s’était déjà séparé de 1 300 salariéEs à la fin de 2015, et prépare un nouveau plan concernant environ 600 personnes (voire 900). La déconfiture du groupe Mim met en péril 800 emplois, et c’est maintenant Tati qui est dans la tourmente  : le sort de de 1 740 salariéEs est jeu. Quant à la chaîne d’hôtels Accor, des suppressions d’emplois y sont aussi annoncées.

    Il n’est toujours pas question, dans les Etats-majors syndicaux, de parler de lutte d’ensemble contre les licenciements !!!

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  • "Il n’y a pas d’un côté les policiers, les gendarmes qui seraient agressifs et de l’autre des migrants qui seraient d’une douceur légendaire", a fait notamment valoir le ministre de l’Intérieur.

    Ne pas laisser les migrants s’enkyster, voilà entre autres les belles expressions du ministre !!!

    "Pour avoir une grande humanité il faut une grande fermeté", a souligné Gérard Collomb et "on ne peut pas accueillir avec humanité lorsque tout à coup on a un afflux migratoire considérable".

    Conclusion : pas d’humanité !!!!

    Ben mon Collomb !!!!

    Drôle de barrage à Le Pen, sa propre idéologie !!!

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  • Rassemblement syndical

    Contre la casse du code du travail

    mardi 27 juin 2017 à 12h

    Paris 7e
    Esplanade des invalides

    Métro et RER-C Invalides

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  • Autre chantier du gouvernement Macron : transformer le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse des cotisations pour les entreprises. « Cette transformation se fera. Elle est indispensable pour gagner en simplicité pour les entreprises, en particulier les PME. Mais je veux d’abord ouvrir des discussions avec les entrepreneurs pour étudier les meilleurs moyens de la réaliser », a toutefois précisé le ministre.

    Demandez aux patrons de dicter eux-mêmes les lois et le niveau de leurs impôts et taxes, ce sera mieux !

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  • Macron a assuré qu’il n’allait pas casser le CDI et qu’en même temps, il n’allait pas le garder... Eh oui ! Il met en place le CDI... de projet qui ne dure que durant l’exécution du projet ! C’est du CDI de CDD bien évidemment !

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  • Lors des réformes du travail de 2013 et 2015, le Medef a systématiquement milité pour la création de contrats de projet. En 2013, l’organisation patronale a proposé un CDI de projet de 9 mois minimum, mais cette mesure avait été retirée au dernier moment du projet d’accord, à la demande des syndicats.

    Quatre ans plus tard, la CGT continue de s’opposer à "l’instauration de contrats de mission, de projet ou de chantier, pour l’ensemble des salariés d’un secteur d’activité", y voyant "la fin du CDI pour toutes et tous". La "généralisation" du CDI de chantier est également une "ligne rouge" pour FO qui dénonce une "précarité non compensée par une prime quelconque".

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  • Pour Emmanuel Macron, le sous-développement en Afrique est dû aux "sept à huit enfants par femme" !!!

    La traite, l’esclavage, le colonialisme, le néo-colonialisme, l’impérialisme, le pillage, jamais entendu parler, pour Macron ?!!!

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