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Accueil du site > 06- Livre Six : POLITIQUE REVOLUTIONNAIRE > 5- La formation de la conscience de classe > Radicalisés, qu’ils disent ! Qu’est-ce que la radicalisation ?

Radicalisés, qu’ils disent ! Qu’est-ce que la radicalisation ?

vendredi 2 mars 2018, par Robert Paris

Qu’est-ce qu’ils appellent « la radicalisation » et nous, qu’appelons-nous « la radicalisation » ?

« Eléments radicalisés », le terme revient sans cesse dans la bouche des gouvernants et dans les propos des média. Dans un cas, ils parlent des terroriste et dans un autre, il s’agit des travailleurs qui se défendent !!!

Des salariés se défendent syndicalement à Goodyear, à Air France, à GM&S Industry, à New Fabris, à la fonderie DMI et ne se laissent pas faire par les patrons, les gouvernants et les forces de l’ordre. Eh bien, ils sont, paraît-il "radicalisés" !!!...

Marx expliquait qu’ « être radical », c’est aller à la racine des choses". Et les classes dirigeantes ne veulent surtout pas que les exploités aillent extraire la racine de leur exploitation : la propriété privée des grandes entreprises, des banques et du grand capital !!!

Résultat : elles ont choisi, pour discréditer le radicalisme ouvrier, de dénommer le radicalisme prolétarien du même mot que le terrorisme, de même qu’elles nomment de la même manière « extrêmes », la révolution et la contre-révolution, le communisme (pas le stalinisme !) et le fascisme.

Mais ces classes possédantes ont peur avant même le danger !! Il ne leur est pas arrivé ce qui arrive actuellement de temps en temps dans les pays où le radicalisme ouvrier s’est le plus développé : des patrons mis à mort et leur usine brûlée par exemple comme en Inde, en Chine ou au Cambodge ! Pourtant, la radicalisation de l’exploitation et de l’oppression y mènera probablement, y compris dans les pays occidentaux.

Cette évolution ne proviendra pas de minorités radicales mais des masses elles-mêmes.

Cela signifie encore que le changement radical doit rompre une barrière, celle des forces de répression chargées de la conservation sociale de l’ordre établi.

Cela signifie surtout que la société ne peut évoluer que lorsque ses forces potentiellement révolutionnaires prennent conscience de leur rôle et l’assument, ce qui ne se produit que dans des situations exceptionnelles dites situations révolutionnaires.

Cela signifie enfin que l’un des objectifs essentiels de l’action des masses révolutionnaires sera une rupture radicale : la destruction de l’ancien Etat au service des anciennes classes dirigeantes et la destruction de l’ancien ordre social, y compris souvent le changement radical du mode de propriété, en tout cas le changement des rapports de production, et parfois même du mode de production.

Cela signifie que les événements révolutionnaires, en portant en avant les masses, leur permettront d’accéder non seulement à la conscience et à la mobilisation indispensables pour porter jusqu’au bout la révolution mais leur permettront surtout à reconnaître leurs propres capacités à s’organiser, à décider, à mettre en œuvre une politique nouvelle pour une société nouvelle.

Quand la bourgeoisie et la bureaucratie syndicale accusent les travailleurs d’être des bandits

Qui radicalise la violence dans le monde ?

Qui radicalise et généralise la répression ?

Qui radicalise et généralise la guerre contre les peuples ?

Qui radicalise la destruction sociale ?

Les classes possédantes, elles aussi, se radicalisent

La bourgeoisie, le couteau entre les dents…

Qui déradicalisera le patronat et le gouvernement à sa solde ?

En marche… arrière toute, le programme de la contre-révolution des classes possédantes

Au seuil de la contre-révolution ?... Ou au seuil de la révolution ?

Qu’est-ce que la radicalisation des masses ?

Dans quelle situation les masses se radicalisent ? Quand le système entre en crise !

Quels sont les indices de la radicalisation des masses ?

Que faut-il faire quand les travailleurs se radicalisent ?

Il ne faut pas croire que les faux dirigeants du prolétariat seraient gênés de radicaliser leur discours pour conserver la direction des masses. Léon Trotsky exposait que, face au faux radicalisme des bureaucrates syndicaux, des staliniens et sociaux démocrates en période de radicalisation des masses, il fallait une stratégie prolétarienne nouvelle :

"Plus que jamais la tactique de coalition entre les organisations révolutionnaires et organisations réformistes est aujourd’hui inacceptable et nuisible." (Pravda N°177, 4 août 1929).

"Plus que jamais." Elle l’était donc — inacceptable — déjà précédemment ? Comment alors expliquer toute la politique des années 1926-1928 ? Et puis, pourquoi cette coalition — inacceptable en général — est-elle devenue particulièrement inacceptable maintenant ?

Parce que désormais — nous répond-on — nous sommes entrés dans une période de recrudescence révolutionnaire. Mais alors, comment oublier que lorsqu’on fit bloc avec le conseil général des trade-unions on motiva cette mesure en prétendant que l’Angleterre était entrée dans une période de recrudescence révolutionnaire et que la radicalisation des masses ouvrières anglaises allait pousser les réformistes vers la gauche ? Par quel hasard la sagesse d’antan de la tactique stalinienne se retournerait-elle comme un gant ? Mais nous chercherions vainement à éclaircir cette énigme. S’étant échaudés à l’expérience du comité anglo-russe, les empiriques du "centrisme" veulent tout simplement se prémunir, par un serment solennel, contre toute gaffe à l’avenir. De quoi, hélas ! leur serviront les meilleurs serments s’ils n’ont toujours pas compris la leçon qui se dégageait de cette expérience ?

En effet, l’erreur de l’accord anglo-russe ne résidait pas du tout dans le fait même d’un accord passager avec le conseil général qui, à l’époque (1926) inclinait incontestablement à gauche, sous la pression des masses. L’erreur initiale fut d’avoir conclu le bloc non sur la base de tâches nettes et pratiques, accessibles à la compréhension de la masse ouvrière, mais sur la base de phrases pacifistes d’orde général et de formules mensongèrement diplomatiques.

Mais la principale erreur — et qui dégénéra en crime historique d’une portée immense — de nos stratèges, est de n’avoir pas su rompre immédiatement et franchement lorsque, retournant ses armes, le conseil général se mua d’allié incertain en ennemi déclaré de la grève générale.

L’influence qu’exerce la radicalisation des masses sur les réformistes est en tous points semblable à celle exercée par le développement de la révolution française sur les libéraux. Dans les premiers stades du mouvement des masses, les réformistes évoluent à gauche dans l’espoir de conserver la direction. Puis, lorsque ce mouvement dépassant la limite des réformes, la masse ouvrière réclame la rupture ouverte de ses chefs avec la bourgeoisie, la majorité des réformistes changent brusquement de ton et de suiveurs apeurés qu’ils étaient, deviennent franchement briseurs de grève et traîtres. Toutefois une fraction d’entre eux — et souvent non des meilleurs — passent dans le camps de la révolution.

Un accord momentané avec les réformistes, dans la phase précise où, sous la pression des événements ils se sentent contraints de faire un demi-pas en avant, peut devenir nécessaire. Mais cet accord doit prévoir implicitement la rupture nette et inévitable dès qu’ils font brusquement machine arrière. Les réformistes ne sont pas traîtres en ce sens qu’à tout moment et dans tous leurs actes ils exécutent les ordres formels de la bourgeoisie. S’il en était ainsi les réformistes n’auraient pas la moindre influence sur les ouvriers et dès lors la bourgeoisie n’aurait pas besoin d’eux. Or, c’est pour disposer de l’autorité nécessaire au moment propice que les opportunistes se voient obligés, dans la période de préparation, d’assumer la direction de la lutte ouvrière, surtout dans les premiers temps de la radicalisation des masses. D’où la nécessité de la tactique du front unique, dans l’application de laquelle, au nom d’une plus grande cohésion des masses, nous devons nous résigner à des accords pratiques avec les chefs réformistes de celles-ci. Pour déloger pas à pas la social-démocratie de ses positions, il serait avant tout nécessaire d’avoir une conception d’ensemble bien claire quant à son rôle historique, conception dont il n’y a même pas trace dans les directives actuelles.

Ces directives consistent tantôt à emboîter le pas à a social-démocratie (méthode Brandler 1926-1928), tantôt à vouloir confondre social-démocratie et fascisme, la méthode révolutionnaire faisant place à d’impuissantes bordées d’injures. D’où, comme résultat, les errements des six dernières années : renforcement de la social-démocratie et affaiblissement du communisme. Les directives automatiques du Xe plenum ne pourront qu’aggraver encore une situation déjà par avant suffisamment compromise. Il faut être bien simple d’esprit pour croire que par l’unique vertu miraculeuse de la "troisième période", la classe ouvrière va abandonner en masse la social-démocratie, et pousser la bureaucratie réformiste dans les bras du fascisme. Il n’en sera rien car le processus se déroulera par des voies infiniment plus tortueuses et contradictoires. Que tous les Molotov se le disent donc bien une fois pour toutes ; le mécontentement croissant contre le gouvernement social-démocrate en Allemagne ou travailliste en Angleterre, et l’évolution des grèves partielles et disséminées vers des mouvements de masse de plus en plus amples, auront comme conséquence infaillible (quand ça viendra !) le glissement à gauche d’une très grande partie du camp réformiste, tout comme les fluctuations intérieures en U.R.S.S. provoquèrent le gauchissement du camp centriste celui-là même dont Molotov fait partie.

A l’exception peut-être des éléments les plus conscients de l’aile droite (tels J. H. Thomas, Hermann Muller, Renaudel, Jouhaux, etc.) les social-démocrates et les gens d’Amsterdam seront bien contraints dans certaines circonstances de prendre eux-mêmes la tête du mouvement. Nous savons d’avance qu’ils ne le feront que pour mieux retenir ce mouvement dans les limites bien étroites ou pour frapper le prolétariat dans le dos dès que ces limites viendraient à être forcées ; mais bien que nous en avertissions ouvertement l’avant-garde prolétarienne, force nous est d’ajouter que des centaines et des milliers de fois, encore les communistes devront composer avec les réformistes jusqu’à prendre eux-mêmes l’initiative de pareilles ententes pour conserver la main sur la direction et rompre au moment précis où ces alliés peu sûrs viendront à trahir ouvertement. Cette politique sera surtout inévitable à l’égard de la social-démocratie de gauche, celle-là même qui, lors de la radicalisation des masses, est forcée davantage de se poser en antagoniste de l’aile droite jusqu’à devoir peut-être s’en séparer par une scission ouverte. Et cependant une telle perspective n’infirme en rien le fait que la tête de la social-démocratie de gauche est presque toujours composée des agents les plus corrompus et les plus dangereux de la bourgeoisie.

Comment pourrait-on, par exemple, se passer d’un accord pratique avec les réformistes dans le cas où ce sont eux qui assument la direction des grèves ? Si momentanément ces cas sont rares, cela tient au fait que le mouvement gréviste est encore faible et que les réformistes peuvent encore l’ignorer ou le saboter. Mais lorsque des masses de plus en plus importantes se verront entraînées, les ententes s’imposeront de part et d’autre. Même nécessité encore de composer avec les formations social-démocrates et avec leurs chefs eux-mêmes — plus vraisemblablement avec une partie d’entre eux — dans la lutte antifasciste. Cette dernière éventualité pourrait être plus proche qu’on ne croit, non seulement en Autriche, mais même en Allemagne.

Ainsi donc les directives du X° plenum s’avèrent être inspirées surtout par une mentalité d’opportunistes mortellement apeurés. Nous entendons déjà les Staline, Molotov et autres alliés d’hier de Tchang-Kaï-Chek, Wan-Tin-Weï, Pucell, Cook, Fimmen, La Follette, Raditch, s’écrier que l’opposition de gauche préconise le bloc avec la II° Internationale ! Mais ces exclamations n’empêcheront pas que lorsque la radicalisation des masses les prendra de nouveau au dépourvu, ces bureaucrates proclameront une "quatrième période" ou une "seconde phase de la troisième période" et que tous les Molotov se déclareront prêts à entrer "des deux pieds" dans la période d’expériences opportunistes genre "comité anglo-russe" ou "Kuomintang ouvrier et paysan".

Source

Diverses réactions réformistes face à la radicalisation

Et les staliniens

Si la radicalisation des masses ne débouche pas, elle mène au fascisme

La force essentielle, ce n’est pas la violence de la lutte : c’est l’organisation des travailleurs

La boussole dont la classe ouvrière a besoin

C’est la conscience de classe qui donne un débouché à la radicalisation de la situation

Le terrorisme qui se cache derrière l’Islam est-il radical ?

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