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Einstein, accusé de tricherie et de plagiat

mercredi 29 août 2018, par Robert Paris

Une image calomniatrice et un ouvrage scientifique mais de parti pris en faveur de Poincaré et Lorentz

Einstein, accusé de tricherie et de plagiat

Une chronique de Claude Allègre parue le 8 novembre 2004 dans L’Express, affirmait, sous le titre “Lorentz, Poincaré et Einstein”, après la publication du livre de Jean Hladik :

“Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence, écrit M. Claude Allègre : Einstein n’a pas inventé la théorie de la relativité (restreinte). Le premier découvreur de cette théorie fut un Français : Henri Poincaré. La physique mondiale sait cela depuis que le Britannique Edmund Whittaker l’a dit, mais peu de scientifiques compétents ont voulu s’assurer de la véracité de ce fait. Personne n’osait s’interroger sur les mérites du génie absolu. La physique moderne avait sacralisé Einstein.”

D’autres scientifiques ou auteurs, comme Auffray, affirment que la paternité de la relativité revient à Poincaré et pas à Einstein…

Einstein aurait volé tous les scientifiques de son époque, aurait trompé tout le monde en prétendant avoir découvert les quanta, volant sa découverte notamment à Planck et Lenard, en prétendant avoir découvert la relativité, volant leur découverte à Poincaré, Grossmann, Hilbert, Lorentz et autres scientifiques, notamment sa première femme Mileva, voilà les accusations qui ont couru un temps et dont certaines courent toujours parmi les adeptes notamment de Poincaré !

Remarquons tout d’abord que, sur le moment, aucun des précédents n’a jamais affirmé une telle chose et seul Lenard l’a affirmé par la suite, des années après les écrits d’Einstein incriminés et après les avoir admis et acceptés. Il ne l’a critiqué que par racisme, adoptant le point de vue des nazis ! Planck a mis énormément de temps à se convaincre des idées d’Einstein, mais il a affirmé ensuite être entièrement d’accord avec lui et avoir une admiration sans bornes en sa faveur. Planck connaissait parfaitement Poincaré et Lorentz et les admirait : il n’aurait jamais été dupe d’un plagiat ! Einstein a mis énormément de temps à faire reconnaître l’ensemble de son œuvre des plus grands scientifiques mais il y est finalement parvenu sans que personne, à l’époque, ne l’accuse de plagiat. Pas plus Poincaré que d’autres. Et déjà pour la simple raison que ceux qui s’opposaient encore à Einstein, comme Poincaré, ne pouvaient pas l’accuser de les copier puisqu’ils n’étaient pas du tout d’accord sur ses idées et ne s’en cachaient pas !

Il faut tout d’abord noter qu’Einstein peut difficilement être taxé de copier qui que ce soit, vu que ce qu’il affirme est totalement incroyable et que personne n’a jamais osé affirmer de telles choses avant Einstein.

Que disent d’Einstein les grands scientifiques de son temps ? Eh bien, que s’il a raison seulement sur une ou deux de ses thèses, lui qui en a des dizaines sur tous les sujets de la physique, eh bien ce serait déjà extraordinaire et nécessiterait qu’il soit soutenu dans ses travaux et désigné pour une reconnaissance scientifique mondiale ! Or, il n’y a quasiment pas d’erreur sur le fond dans ces dizaines de thèses scientifiques : voilà quelle est la sanction des années. Rien de ce qu’a affirmé Einstein, allant à chaque fois très loin dans le contre-intuitif, dans l’iconoclaste, n’était gratuit, ridiculement faux ou inutile dans le progrès scientifique sur chaque thème abordé. A chaque fois, Einstein a non seulement offert une interprétation, un mode de calcul, mais une possibilité de vérifier la validité, des expériences réalisables avec des capacités pour tous de trancher entre les thèses adverses. Et les expériences se sont multipliées qui lui ont donné raison sur des thèmes pourtant incroyables.

Eh oui, incroyables étaient les thèses d’Einstein sur les grains d’énergie, sur le photon, sur la relativité restreinte et généralisé, sur l’équivalence masse-énergie, et sur bien d’autres thèmes. A chaque fois, sa thèse représentait une rupture étonnante et brutale avec les thèses reconnues précédemment, ce qui explique à quel point des scientifiques sérieux comme Planck et Poincaré ont été longtemps très réservé sur ses affirmations.

Einstein est loin d’être connu uniquement pour la théorie de la relativité, même si elle représente un pas de géant pour la science. Max Born déclarait ainsi : « Einstein serait l’un des plus grands théoriciens de la physique de tous les temps, même s’il n’avait pas écrit une seule ligne sur la relativité. »

Prenons une à une chacune de ses révolutions scientifiques. Qui pourrait se permettre de dire : « c’est moi qui ai été le premier à proposer que la lumière pourrait être constituée de particules » ? Eh bien, mais chacun le sait : c’est le grand Newton !!! Mais, malgré sa grande renommée, sa thèse était insuffisante pour combattre le courant qui allait dominer toutes les sciences : la conception ondulatoire de la lumière. C’était au point que, lorsque Planck a découvert les quanta, il s’est bien gardé d’affirmer l’existence réelle des grains de lumière ou d’énergie, contrairement à ce qu’allait immédiatement faire Einstein en tournant et retournant tous les phénomènes qui pouvaient mettre en évidence la nature de la lumière et de l’énergie ! Loin d’être immédiatement enthousiasmé par les propositions d’Einstein, donnant un large fondement aux siennes, Planck lui-même était affolé et même horrifié du caractère trop révolutionnaire des propositions d’Einstein et aucun grand scientifique n’a tout de suite été emballé. Einstein s’est saisi tout particulièrement de toutes les expériences d’interaction matière-lumière, interactions que la conception ondulatoire et notamment les équations de Maxwell peinaient à interpréter. L’effet photoélectrique expérimenté notamment par Lenard était ainsi utilisé par Einstein pour ses raisonnements. Jamais, à l’époque, Lenard n’avait lui-même poussé de tels raisonnements et il était très intéressé par le point de vue d’Einstein. Il n’aurait jamais alors prétendu avoir lui-même développé de tels points de vue car il n’osait pas affirmé de telles choses. C’est seulement dans les années 1920, soit bien plus tard, lorsque la campagne nationaliste et fasciste en Allemagne frappera l’internationaliste et socialiste Einstein que le physicien nationaliste Lenard commencera à rompre avec Einstein et à le dénoncer. Les expériences de Lenard ne pouvaient pas être interprétées par les thèses de Maxwell puisqu’elles prouvaient que les électrons éjectés de la matière par la lumière (effet photoélectrique) avaient une énergie qui augmentait proportionnellement à la fréquence de la lumière qui les éjectait. Les autres effets étonnants des relations matière-lumière allaient apporter de l’eau au moulin des idées de quanta d’action émises par Planck à propos de l’émission du corps noir. Seul Einstein allait proposer que cette hypothèse de Planck devienne le quanta de lumière qui allait être appelé « photon ». Einstein allait démontrer de même que cette hypothèse s’avérait très utile pour étudier les propriétés de la chaleur dans les solides, propriétés qui n’avaient pas trouvé jusque là d’interprétation générale.

Le plus extraordinaire, c’est que les même expériences qui étaient considérées comme les plus grandes preuves du caractère ondulatoire de la lumière, comme l’expérience de Young ou l’effet photoélectrique de Herz, allaient servir à prouver non seulement l’existence réelle du photon de lumière et du quanta d’énergie, mais également au caractère quantique de la matière, le quanta de matière étant exactement le même que le quanta de lumière, autre prédiction invraisemblable mais vraie de toute cette théorie !!!

Remarquons que des expériences allaient être mises sur pied dans le seul but de combattre des thèses d’Einstein et aucune n’allait, avant les grands développements de la mécanique quantique, contredire les points de vue d’Einstein, qu’il s’agisse des mesures de déviation des rayons lumineux à proximité de grandes masses, afin de vérifier l’inertie de l’énergie prédite par la théorie einsteinienne de la relativité, ou qu’il s’agisse des expériences de Millikan sur la charge électrique de l’électron qui visaient explicitement à contredire Einstein et allaient, au contraire, convaincre définitivement Millikan.

Bien entendu, le caractère révolutionnaire des thèses d’Einstein ne nous apparaît pas aussi nettement aujourd’hui. Pensez que le seul fait, en physique, de prétendre que les atomes existent réellement était déjà iconoclaste et opposée aux affirmations reconnues des physiciens énergétistes et anti-atomistes Mach et Ostwald notamment. L’une des études qui allait confirmer la victoire de l’atomisme, en plus de nombreuses études de chimie, étaient les études d’Einstein sur le mouvement brownien, sur le nombre d’Avogadro et sur la chaleur dans les solides.

Dans tous ces domaines, la méthode d’Einstein était elle aussi iconoclaste. Elle partait d’une intuition totalement neuve, développait un concept nouveau, proposait une méthode pour la transformer en paramètre, en déduisait des conclusions qui pouvaient être mathématisées, développait de telles méthodes mathématiques, en concluait que des effets devaient se produire, effets qui étaient vérifiables par expérience et que l’expérience finissait par vérifier !!!

C’est ce qui allait se produire avec la théorie de la relativité d’Einstein grâce à la mesure réalisée par Michelson-Morley prouvant l’inexistence d’un effet du mouvement de la Terre sur la vitesse de la lumière émise. Cette théorie fût-elle réellement développée par Einstein ou volée à Larmor, à FitzGerald, à Lorentz et à Poincaré ou à sa femme Mileva ?

Il est connu que le « principe de relativité » a été développé bien avant tous ces physiciens, notamment par Galilée. Il est parfaitement exact que Galilée, Larmor, FitzGerald, Lorentz et Poincaré avaient développé des thèses concernant le principe de relativité bien avant ou peu avant Einstein, mais aucun des physiciens précédemment cités n’a développé de thèse du type de la théorie de la relativité restreinte ni de la relativité généralisée. Même le plus avancé en la matière, Poincaré, n’allait jamais accepter les thèses d’Einstein et allait jusqu’à sa mort être persuadé qu’elles s’effondreraient rapidement, pensant même qu’elles ne méritaient pas discussion, au point que dans ses « Dernières pensées », Poincaré ne citait même pas Einstein, fût-ce pour le contredire !!! Même sur la théorie des quanta, il ne citait de Planck et jamais Einstein…

Avant même les travaux d’Einstein, il avait été constaté que le travail représenté par une théorie à bâtir de la relativité était rendu indispensable par les contradictions auxquelles aboutissaient deux grandes avancées de la science : la théorie de la gravitation de Newton et la théorie électromagnétique de Maxwell. Les prédécesseurs d’Einstein avaient conclu à cette nécessité mais les transformations des concepts clefs étaient si révolutionnaires qu’elles allaient beaucoup trop loin pour eux. Même Lorentz et Poincaré étaient des penseurs bien trop conservateurs, comme cela avait été le cas pour Planck concernant les quanta de lumière, pour oser lancer par eux-mêmes de tels renversements des anciens concepts généralement admis, même lorsque leurs recherches les faisaient toucher du doigt la solution des énigmes. Adapter les hypothèses de Newton et Maxwell oui, mais les renverser surtout pas ! Des formules mathématiques de la relativité avaient été trouvées successivement par Larmor, Voigt, Lorentz puis Poincaré sans que ni les uns ni les autres ne parviennent aux conclusions révolutionnaires qui allaient être celles d’Einstein concernant l’espace absolu et le temps absolu.

Les plus grandes avancées précédant Einstein étaient celles d’un article de Lorentz de 1904 et deux articles de Poincaré de juin 1905, articles qui employaient des méthodes très différentes de celles du premier article d’Einstein sur la relativité, même en se fondant sur le même type de formules mathématiques de la relativité.

En 1911, interrogé par écrit sur ce qu’il pensait d’Einstein, Poincaré écrivait :

« M. Einstein est un des esprits les plus originaux que j’aie connus ; malgré sa jeunesse, il a déjà pris un rang très honorable parmi les premiers savants de son temps. Ce que nous devons surtout admirer en lui, c’est la facilité avec laquelle il s’adapte aux conceptions nouvelles et sait en tirer toutes les conséquences. Il ne reste pas attaché aux principes classiques et, en présence d’un problème de physique, est prompt à envisager toutes les possibilités. Cela se traduit immédiatement dans son esprit par la prévision de phénomènes nouveaux susceptibles d’être un jour vérifiés par l’expérience. Je ne veux pas dire que toutes ces prévisions résisteront au contrôle de l’expérience le jour où ce contrôle deviendra possible. Comme il cherche dans toutes les directions, on doit au contraire s’attendre à ce que la plupart des voies dans lesquelles il s’engage soient des impasses ; mais on doit en même temps espérer que l’une des directions qu’il a indiquées soit la bonne ; et cela suffit. C’est bien ainsi qu’on doit procéder. Le rôle de la physique mathématique est de bien poser les questions, ce n’est que l’expérience qui peut les résoudre. »

Cet avis était demandé par le Polytechnicum de Zürich en vue de prendre Einstein comme professeur, ce qui allait finalement être décidé. Cependant, il convient de noter que jusqu’à cette date la capacité scientifique d’Einstein n’était nullement reconnue.

Remarquons ainsi qu’en 1907, l’université de Berne avait rejeté la thèse d’Einstein sur la relativité de 1905 comme leçon inaugurale servant à justifier une embauche comme professeur d’université.

En 1907, Max Planck était encore l’un des rares grands scientifiques à défendre partout et publiquement comme dans ses écrits les thèses d’Einstein sur la relativité avec un bien plus grand enthousiasme qu’il n’avait soutenu les thèses d’Einstein sur les quanta.

Il est à remarquer que c’est seulement en octobre 1909 qu’Einstein a pu abandonner son travail alimentaire du Bureau suisse des Brevets.

Il faut même remarquer aussi que l’université de Zürich avait rejeté la thèse d’Einstein en thermodynamique en 1901 et que la même université et le même professeur, le professeur Kleiner, l’avait finalement acceptée, inchangée sauf une phrase, en 1905 !

De multiples professeurs et universités avaient d’abord refusé Einstein et ses thèses, pour collaborer à des recherches comme pour enseigner, son attitude, ses conceptions, ses propositions ayant bien trop d’apparence et de contenu non conformistes. Il avait été rejeté aussi bien par Weber, Ostwald, Kleiner et Kamerlingh-Omnes.

En ce qui concerne la thèse einsteinienne de la relativité, elle s’éloigne considérablement de celles de ces physiciens qui n’ont jamais envisagé ni de renoncer complètement au temps absolu et à l’espace absolu, ni de renoncer à l’électromagnétisme indépendant du repère, ni de renoncer à la notion de simultanéité du temps, ni de considérer la gravitation comme une déformation de l’espace-temps, ni de considérer l’électromagnétisme comme une relativité de l’électricité et du magnétisme, ni de considérer matière et énergie comme des équivalents et on en passe des révolutions einsteinniennes de la relativité…

« L’existence d’un champ électrique n’est donc que relative, dépendant de l’état de mouvement du système coordonnées utilisé, et il n’est possible d’accorder de réalité objective qu’à l’ensemble du champ électrique et du champ magnétique. » écrivait ainsi Einstein sur la relativité de l’électricité et du magnétisme.

Lors de la conférence internationale du congrès Solvay des plus grands scientifiques mondiaux en 1911, Poincaré écoute directement Einstein pour la première fois. Tous les autres sont touchés, y compris Lorentz et Planck, mais pas Poincaré.

Einstein rapporte ainsi son bilan de la conférence en novembre 1911 :

« Lorentz a présidé avec un tact incomparable et une incroyable virtuosité… J’ai réussi à convaincre Planck d’admettre bon nombre de mes idées, alors qu’il résistait depuis des années… Poincaré s’est montré dans l’ensemble simplement hostile (à la théorie de la relativité) et, malgré toute sa pénétration, il n’avait guère l’air de comprendre où l’on en est…. »

Ces réticences de Poincaré, Einstein ne les imagine pas. Il suffit pour s’en convaincre de laisser parler Poincaré lui-même dans ses écrits de 1911-1912.

Comme on l’a déjà dit, dans son dernier écrit intitulé « Dernières pensées », Poincaré ne donne aucun soutien aux thèses de la relativité d’Einstein et ne les discute même pas, alors que la question de la relativité est au centre de cet écrit de 1911-1912 qui ne comprend même pas de mention du nom « Einstein ». On ne peut nullement en conclure que les thèses d’Einstein ne seraient qu’une reprise de ses propres idées !

En 1911, Poincaré en reste donc à… Lorentz ! Voilà ce qu’il écrit :

« Quelle est alors la révolution qui est due aux récents progrès de la physique ? Le principe de relativité, sous sa forme ancienne, a dû être abandonné, il est remplacé par le principe de relativité de Lorentz. Ce sont les transformations du « groupe de Lorentz » qui n’altèrent pas les équations différentielles de la dynamique… Tout se passe comme si le temps était une quatrième dimension de l’espace ; et comme si l’espace à quatre dimensions résultait de la combinaison de l’espace ordinaire et du temps pouvait tourner non seulement autour d’un ace de l’espace ordinaire, de façon que le temps ne soit pas altéré, mais autour d’un axe quelconque »

On pourrait croire que Poincaré commence à prendre en compte la révolution relativiste. Mais non ! Poincaré conclue :

« Quelle va être notre position en face de ces nouvelles conceptions ? Allons-nous être forcés de modifier nos conclusions ? Non certes : nous avions adopté une convention parce qu’elle nous semblait commode, et nous disions que rien ne pourrait nous contraindre à l’abandonner. Aujourd’hui certains physiciens veulent adopter une convention nouvelle. Ce n’est pas qu’ils y soient contraints ; ils jugent cette convention nouvelle plus commode, voilà tout ; et ceux qui ne sont pas de cet avis peuvent légitimement conserver l’ancienne pour ne pas troubler leurs vieilles habitudes. Je crois, entre nous, que c’est ce qu’ils feront encore longtemps. »

Le chapitre, daté du 11 mai 1912, suivant celui sur « L’espace et le temps », donc sur la relativité, est intitulé « L’hypothèse des quanta ». Pour Poincaré, en 1912, ce n’est encore qu’une hypothèse de Planck.

Il débute ainsi :

« On peut se demander si la mécanique n’est pas à la veille d’un nouveau bouleversement ; récemment s’est réuni à Bruxelles un Congrès où étaient assemblés une vingtaine de physiciens de diverses nationalités, et, à chaque instant, on aurait pu les entendre parler de la mécanique nouvelle qu’ils opposaient à la mécanique ancienne… Cela veut-il dire que cette mécanique de Lorentz n’a eu qu’une fortune éphémère, qu’elle n’a été qu’un caprice de la mode et qu’on est sur le point de revenir aux anciens dieux qu’on avait impunément délaissés ? Pas le moins du monde, les conquêtes d’hier ne sont pas compromises ; en tous les points où elle s’écarte de celle de Newton, la mécanique de Lorentz subsiste… Seulement à ces hardiesses, on veut en ajouter d’autres, et beaucoup plus déconcertantes. On ne se demande plus seulement si les équations différentielles de la dynamique doivent être modifiées, mais si les lois du mouvement pourront encore être exprimées par des équations différentielles. Et ce serait là la révolution la plus profonde que la philosophie naturelle ait subie depuis Newton. Le clair génie de Newton avait bien vu (ou cru voir, nous commençons à nous le demander) que l’état d’un système mobile, ou plus généralement celui de l’univers, ne pouvait dépendre que de son état immédiatement antérieur, que toutes les variations dans la nature doivent se faire d’une manière continue… Eh bien, c’est cette idée fondamentale qui est aujourd’hui en question ; on se demande s’il ne faut pas introduire dans les lois naturelles des discontinuités, non pas apparentes, mais essentielles… »

Tout le reste du texte conduit à l’idée de chercher à préserver à tout prix les anciennes conceptions de la thermodynamique, de la chaleur, de la matière et de la dynamique et non à admettre la nécessité de les révolutionner :

« Ces conceptions (anciennes) avaient jusqu’ici toujours été confirmées par l’expérience, et les vérifications sont aujourd’hui assez nombreuses pour que l’on ne puisse les attribuer au hasard. Il faudra donc, si de nouvelles expériences mettent des exceptions en évidence, non pas abandonner la théorie, mais la modifier, l’élargir de façon à lui permettre d’embrasser des faits nouveaux. »

Il rajoute :

« La loi, démontrée par l’expérience, est la loi de Planck… »

Notons que cela efface les articles d’Einstein sur les quanta qui poursuivent le travail de Planck et le généralisent ou l’interprètent.

Il poursuit :

« Le second fait résulte de la mesure des chaleurs spécifiques des corps solides aux très basses températures… L’explication de ces phénomènes doit être cherchée sans faire table rase des principes de la thermodynamique… On ne peut admettre, dans la thermodynamique, aucune brèche sans que tout s’écroule. »

Poincaré mêle des passages où il n’a vu le quantum de Planck que comme « un atome d’énergie » à d’autres où c’est une quantité d’action (c’est-à-dire d’énergie fois temps), des passages où ce quantum est toujours le même, pour tous les résonateurs de Planck, à d’autres où il pense le contraire :

« L’hypothèse de M. Planck consiste à supposer que chacun de ces résonateurs ne peut acquérir ou perdre de l’énergie que par « sauts brusques », de telle façon que la provision d’énergie qu’il possède doit toujours être un multiple d’une même quantité constante appelée quantum, qu’elle doit se composer d’un nombre entier de « quanta ». Cette unité indivisible, ce quantum n’est pas le même pour tous les résonateurs. Il est en raison inverse de la longueur d’onde, de sorte que les résonateurs à courte période ne peuvent avaler de l’énergie que par gros morceaux tandis que les résonateurs à longue période peuvent l’absorber ou la dégager par petites bouchées. »

Son souci de conservation, ici aussi, il l’exprime ainsi :

« Cette hypothèse rend bien compte des faits pourvu que l’on admette que la relation entre l’énergie du résonateur et son rayonnement soit la même que dans les théories anciennes. Et c’est là une première difficulté : pourquoi conserver cela après avoir tout détruit ? Mais il faut bien conserver quelque chose, sans quoi on ne saurait sur quoi bâtir. »

Il conclue ce passage par un « peut-être sera-t-on conduit à des hypothèses très différentes de celles des quanta. »

Concernant les autres révolutions des quanta, Poincaré s’exprime ainsi dans le même article :

« La nouvelle conception est séduisante par un certain côté ; depuis quelques temps la tendance est à l’atomisme, la matière nous apparaît comme formée d’atomes indivisibles, l’électricité n’est plus continue, elle n’est pas divisible à l’infini, elle se résout en électrons tous de même charge, tous pareils entre eux… A ce compte, les quanta nous apparaissent comme des « atomes d’énergie ». Malheureusement, la comparaison ne se poursuit pas jusqu’au bout. Un atome d’hydrogène, par exemple, est véritablement invariable, il conserve toujours la même masse, quel que soit le composé dans lequel il entre comme élément : les électrons conservent de même leur individualité à travers les vicissitudes les plus diverses ; en est-il de même des soi-disant atomes d’énergie ? »

Sur les derniers développements de la théorie des quanta de Planck, toujours en niant l’existence des travaux d’Einstein sur le thème, voici son point de vue, toujours dans l’article de 1912, intitulé « L’hypothèse des quanta » :

« Dans la nouvelle théorie, les résonateurs conserveront un résidu d’énergie, même au zéro absolu. Avouerai-je que je n’ai pas été entièrement satisfait de cette nouvelle hypothèse ?... Il convient donc de s’en tenir à ses premières idées. »

De même que Poincaré tient à en rester aux « premières idées » du principe de relativité, il conclue sur les quanta :

« On voit quel est l’état de la question ; les anciennes théories, qui semblaient rendre compte jusqu’ici de tous les phénomènes connus, se sont heurtées à un obstacle inattendu. Il a semblé qu’une modification s’imposait. Une hypothèse s’est d’abord présentée à l’esprit de M. Planck, mais tellement étrange qu’on était tenté de chercher tous les moyens de s’en affranchir ; ces moyens on les a vainement cherchés jusqu’ici. Et cela n’empêche pas que la nouvelle théorie soulève une foule de difficultés, dont beaucoup sont réelles et ne sont pas de simples illusions dues à la paresse de notre esprit, qui répugne à changer ses habitudes. »

La discontinuité est la principale idée qui choque Poincaré et qu’il ne digère pas dans la théorie des quanta :

« La discontinuité va-t-elle régner sur l’univers physique et son triomphe est-il définitif ? ou bien reconnaîtra-t-on que cette discontinuité n’est qu’apparente et dissimule une série de processus continus ? Le premier qui a vu un choc a cru observer un phénomène discontinu, et nous savons aujourd’hui qu’il n’a vu que l’effet de changements de vitesse très rapides, mais continus. »

Et il poursuit justement par un article intitulé « Pourquoi l’espace a trois dimensions » et dont la question de fond est « Voyons, en effet, comment on peut, de la masse de nos sensations, déduire un continu en physique. »

Il y expose au passage ce qu’à ce stade, en juillet 1912, il appelle par relativité :

« Revenons, pour un instant, à notre vieil espace ordinaire. Nous disons qu’il est relatif et cela veut dire que les lois de la physique sont les mêmes dans toutes les parties de cet espace, ou dans le langage mathématique, que les équations différentielles qui expriment ces lois ne dépendent pas du choix des axes de coordonnées. »

Quittant Poincaré, revenons à Einstein qui, loin de craindre le caractère révolutionnaire des nouvelles théories, affirmait ainsi :

« Le rayonnement sous forme d’ondes n’existe pas. »

Cependant, Einstein gardait modestement dans son rôle :

« Vous vous imaginez que je considère avec calme et satisfaction l’œuvre de ma vie. Mais, vu de près, c’est complètement différent. Il n’y a pas un seul concept dont je sois convaincu qu’il demeurera et je ne suis pas sûr en général d’avoir été sur la bonne piste. »

Il rappelait les paroles de Newton à la fin de sa vie :

« Je ne sais pas ce que je puis représenter aux yeux du monde, mais quant à moi, je me fais l’impression de n’avoir été qu’un enfant jouant sur la plage et s’y amusant à y trouver de temps en temps un galet particulièrement lisse ou un coquillage plus joli que les autres, tandis que s’étendait devant moi, inconnu, le grand océan de la vérité. » Voici ce qu’écrivait Poincaré en 1902 dans « La science et l’hypothèse » qu’Einstein a lu et dont certains l’accusent de s’être inspiré :

« Les axiomes géométriques ne sont donc ni des jugements synthétiques à priori ni des faits expérimentaux. Ce sont des conventions ; notre choix parmi toutes les conventions possibles, est guidé par des faits expérimentaux ; mais il reste libre et n’est limité que par la nécessité d’éviter toute contradiction. C’est ainsi que les postulats peuvent rester rigoureusement vrais quand même les lois expérimentales qui ont déterminé leur adoption ne sont qu’approximatives. En d’autres termes, les axiomes de la géométrie (je ne parle pas de ceux de l’arithmétique) ne sont que des définitions déguisées. Dès lors, que doit-on penser de cette question : la géométrie euclidienne est-elle vraie ? Elle n’a aucun sens. Autant demander si le système métrique est vrai et les anciennes mesures fausses. Si les coordonnées cartésiennes sont vraies et les coordonnées polaires fausses. Une géométrie ne peut pas être plus vraie qu’une autre ; elle peut seulement être plus commode. Or la géométrie euclidienne est et restera la plus commode : 1° Parce qu’elle est la plus simple ; et qu’elle n’est pas telle seulement par la suite de nos habitudes d’esprit ou de je ne sais quelle intuition directe que nous aurions de l’espace euclidien ; elle est la plus simple en soi de même qu’un polynôme du premier degré est plus simple qu’un polynôme du second degré ; les formules de la trigonométrie sphérique sont plus compliquées que celle de la trigonométrie rectiligne, et elles paraîtraient encore telles à un analyste qui en ignorerait la signification géométrique. 2° Parce qu’elle s’accorde assez bien avec les propriétés des solides naturels, ces corps dont se rapprochent nos membres et notre œil et avec lesquels nous faisons nos instruments de mesure. »

Dans ce passage de Poincaré, il y a un espace absolu informe, et peu importe la géométrie qu’on utilisera pour y décrire les événements qui s’y produisent. Personne ne peut prétendre que c’est là la thèse d’Einstein ! D’ailleurs, jamais Poincaré ne soutiendra la thèse relativiste d’Einstein, prouvant ainsi que ce n’était pas la sienne !!!

Dès ses premiers articles sur la relativité, Einstein est en profond désaccord avec les méthodes et hypothèses de Lorentz : contraction des longueurs des règles en mouvement par rapport à l’éther et introduction d’un temps local, méthodes soutenues par Poincaré. Pour Einstein, aucune expérience ne permettait de distinguer deux repères inertiels et la même forme de description des phénomènes devait être utilisée dans tout repère inertiel.

Dès son premier article, Einstein démarre sur des bases différentes de Lorentz et Poincaré, affirme deux principes que l’on n’y trouve pas, et raisonne à partir de ces deux thèses qu’il ne récusera pas ensuite. Les résultats auxquels il parvient s’éloigneront de plus en plus, d’article en article, des anciens principes de relativité.

Citons le premier article d’Einstein sur la relativité de 1905 intitulé « Sur l’électrodynamique des corps en mouvement » :

« Au concept de repos absolu ne correspond aucune propriété des phénomènes, non seulement dans le domaine de la mécanique mais aussi dans celui de l’électrodynamique ; plus même, dans tous les systèmes de coordonnées où les équations de la mécanique sont valables, ce sont également les mêmes lois de l’optique et de l’électrodynamique qui sont valables… Nous allons élever cette conjecture au rang de postulat, et au surplus introduire le postulat, qui n’est qu’apparemment incompatible avec le précédent, selon lequel la lumière se propage dans l’espace vide toujours avec une vitesse V bien déterminée, indépendante de l’état de mouvement du corps émetteur. Ces deux postulats suffisent pour parvenir à une électrodynamique des corps en mouvement simple et exempte de contradictions, fondée sur la théorie de Maxwell pour les corps en repos…. Dans la conception qui va être développée, il ne sera pas introduit d’ « espace au repos absolu » doté de propriétés particulières, pas plus qu’il ne sera attribué de vecteur vitesse à un point de l’espace vide où se produisent des processus électromagnétiques. »

Eh bien, ces simples phrases suffisent à démontrer qu’Einstein diverge d’emblée de Lorentz-Poincaré et est très loin de les plagier !!!

Dans ces conditions, considérer les thèses d’Einstein sur la relativité comme une copie de celles de Lorentz-Poincaré est parfaitement impossible.

Qui est le père de la théorie de la relativité ?

Qu’est-ce que la relativité d’Einstein ?

Le Principe de Relativité, de Paul Langevin

Les Aspects successifs du principe de relativité, de Paul Langevin

Genèse des théories de la relativité de Newton à Einstein

Deux Mémoires de Henri Poincaré sur la Physique Mathématique, de Hendrik Lorentz

L’Aspect général de la théorie de la relativité, de Paul Langevin

Lire encore sur la relativité

Einstein a ou n’a pas volé la théorie de la relativité à quelqu’un ?

Encore sur la controverse

Qui était Mileva Einstein

La thèse selon laquelle Einstein a plagié Poincaré

La relativité, c’est Einstein ou Poincaré ?

7 Messages de forum

  • « La comparaison des deux théories, celle d’Einstein et celle de Poincaré, est éclairante : primauté du continu, existence de l’éther, variable cachée (" temps vrai ") chez Poincaré, primauté du discontinu, non existence de l’éther, absence de variable cachée chez Einstein. »

    Cohen-Tannoudji, préface du livre de Yves Pierseaux, La " structure fine " de la théorie de la relativité restreinte

    Répondre à ce message

  • Yves Pierseaux : « Il y a non pas une mais deux Relativité Restreinte : la Relativité Restreinte avec éther de Poincaré et la Relativité Restreinte sans éther d’Einstein-Planck-Minkowski. »

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  • Philipp Lenard, devenu nazi, avait attribué l’équation E=mc² à Friedrich Hasenöhrl et à lui-même, pour en faire une création aryenne...

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  • Le principal argument des adversaires de l’article d’Einstein sur la relativité est qu’il est écrit en même temps qu’une série d’autres sur d’autres thèmes aussi cruciaux comme la thermodynamique, le nombre d’Avogadro, la chaleur des corps, l’émission du corps noir, l’effet photoélectrique, ce qui semble à tous ces braves gens totalement impossible pour un chercheur qui n’est pas alors reconnu, qui n’a aucune place de chercheur ni d’enseignant, d’aucune université ni labo de recherche, qui a été refusé partout et a dû, pour gagner sa vie, accepter l’aide d’un ami qui l’a pistonné comme employé de bureau au service suisse des brevets !!!

    Voilà ce qui leur déplait mais la suite de la vie d’Einstein, en dehors de la période 1904-1905 a pleinement démontré qu’Einstein pouvait ainsi toucher à tous les domaines de la physique !!!

    D’ailleurs on possède des documents sur des recherches d’Einstein discutées avec Mileva, notamment sur la relativité, dès la fin des années 1890 !!! Cela faisait donc belle lurette qu’il réfléchissait à la question...

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  • Albert Einstein en 1949 dans « Pourquoi le socialisme »

    « Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

    La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

    La production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

    Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

    Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

    Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

    La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. »

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  • Lire sur les trois grandes percées d’Einstein en 1905 :

    cliquer ici

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  • Le physicien Quéré a malheureusement repris ces balivernes anti-Einstein et soi-disant pro-Poincaré, ce dernier étant présenté comme trop modeste et trop timide pour protester contre le plagiat prétendu d’Einstein, dans son ouvrage « La sagesse du physicien ». Lui-même manque ainsi de « sagesse » en pensant que tous les physiciens de l’époque, qui connaissaient parfaitement les thèses de Poincaré et Lorentz, à commencer par Planck, ne les auraient pas reconnues dans les travaux d’Einstein. Ils les ont tellement peu reconnues que celles de Poincaré et Lorentz n’avaient suscité aucune réaction de rejet des physiciens alors que celles d’Einstein ont suscité de multiples polémiques, avant d’être reconnues et acceptées par la majorité des physiciens, y compris Lorentz, et à l’exclusion de Poincaré qui n’a pas été convaincu par… ce qui est présenté comme la copie de ses idées !!!

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