English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 11- Livre Onze : FEMMES - CONTRE L’OPPRESSION > Les écrivains hommes n’ont pas toujours été incapables de lutter contre (...)

Les écrivains hommes n’ont pas toujours été incapables de lutter contre l’assujettissement des femmes

mardi 9 juillet 2019, par Robert Paris

En - 431 avant notre ère, Euripide dénonce le sort des femmes dans sa pièce de théâtre "Médée" :

"Les hommes prétendent que nous (femmes) vivons à l’abri du péril dans nos maisons, tandis qu’eux, ils combattent, lance en main. Mensonges ! J’aimerais mieux, le bouclier au côté, prendre part à trois batailles, plutôt que d’enfanter une seule fois !..."

Disciple de Socrate, Euripide a démoli méthodiquement dans son théâtre tout ce qu’il y avait de misogyne, de paternaliste, de patriarcal, de sexiste, de phallocratique et de machiste, comme de guerrier et de mensongèrement héroïque, dans les mythes et légendes grecs, mais aussi dans les mœurs et conceptions dominantes de son époque. Euripide est le seul grand homme de théâtre à avoir systématiquement donné la parole aux femmes et à les avoir défendues. Il a ainsi mené un combat public de militant féministe contre une Athènes défendant quasiment l’inverse.

"Son théâtre est peuplé d’héroïnes qui tentent de résister aux hommes et parfois de prendre leur place."

Aristophane et Euripide, un anti-femmes contre un féministe

Socrate : « Une fois rendue égale à l’homme, la femme lui devient supérieure. "De l’égalité des deux sexes", François Poullain de La Barre

Les écrivains hommes n’ont pas toujours été incapables de lutter contre l’assujettissement des femmes

Avertissement : Il convient de remarquer que des contresens ont parfois été commis, prenant un auteur qui tournait en dérision les propos anti-femmes pour un machiste, ou, inversement, prenant pour un féministe un auteur tournant en dérision, ou pire accusant, un auteur réellement féministe. C’est ainsi que, par erreur, Molière, par exemple dans « L’école des femmes » a été pris pour anti-féministe. Ou encore que, toujours par erreur, Aristophane, dans « L’assemblée des femmes », a été pris pour féministe alors qu’il cherchait à discréditer des féministes comme Socrate et Euripide…

C’est en pleine Grèce antique, à Athènes même, - une société proclamant comme Sophocle que « Le silence donne aux femmes la grâce qui leur sied » ou encore « Femmes, le meilleur ornement de votre sexe, c’est le silence » -, que Socrate a influencé tout un courant de pensée d’hommes ouvertement et clairement féministes qu’Aristophane a combattu violemment, les accusant de vouloir renverser le pouvoir virulemment patriarcal d’Athènes pour y substituer une dictature des femmes.

Socrate rapporté par Xénophon dans « Banquet » :

« Ce que fait cette jeune fille, mes amis, est une preuve entre beaucoup d’autres que la nature de la femme n’est nullement inférieure à celle de l’homme. »

Antisthène :

« L’homme et la femme ont les mêmes vertus. »

Euripide dans « Médée » :

« Médée :

« Entre toutes les créatures vivantes, nous les femmes sommes les plus malheureuses… Les hommes prétendent que nous vivons à l’abri du péril dans nos maisons, tandis qu’eux, ils combattent, lance en main. Mensonges ! J’aimerais mieux, le bouclier au côté, prendre part à trois batailles, plutôt que d’enfanter une seule fois !...

Le chœur des Corinthiennes :

« Notre condition féminine, par un retour de l’opinion publique, acquerra renom et gloire. Voici venir l’heure du prestige pour le sexe féminin. »

Eschine de Sphettos dans « Aspasie » :

« Aspasie à Xénophon :

- Si ton voisin avait une femme meilleure que la tienne, lauqelle aimerais-tu me mieux ? »

Xénophon refuse de répondre.

Lire ici sur l’influence féministe de Socrate à Athènes

Euripide :

« Le jour vient où le sexe féminin sera honoré ; une renommée injurieuse ne pèsera plus sur les femmes. » (Euripide, « Médée »)

« Ce n’est pas la beauté de la femme qui ensorcelle, mais sa noblesse. »

« D’abord une femme, qu’elle soit innocente ou coupable, s’expose à la médisance par cela seul qu’elle ne reste pas à la maison : je m’interdis même le désir d’en sortir, et me renfermai dans ma demeure. »

Euripide, « Andromaque »

« Il n’y a pire mal qu’une mauvaise femme, mais rien n’est comparable à une femme qui est bonne. »

« Il n’est pas honnête qu’un seul homme tienne deux femmes sous ses lois. »

« De tout ce qui respire et qui a conscience

il n’est rien qui soit plus à plaindre que nous, les femmes.

D’abord nous devons faire enchère

et nous acheter un mari, qui sera maître de notre corps,

malheur plus onéreux que le prix qui le paie.

Car notre plus grand risque est là : l’acquis est-il bon ou mauvais ?

Se séparer de son mari, c’est se déshonorer,

et le refuser est interdit aux femmes.

Entrant dans un monde inconnu, dans de nouvelles lois,

dont la maison natale n’a rien pu lui apprendre,

une fille doit deviner l’art d’en user avec son compagnon de lit.

Si elle y parvient à grand’peine,

s’il accepte la vie commune en portant de bon cœur le joug avec elle,

elle vivra digne d’envie. Sinon, la mort est préférable.

Car un homme, quand son foyer lui donne la nausée,

n’a qu’à s’en aller, pour dissiper son ennui,

vers un ami ou quelqu’un de son âge.

Nous ne pouvons tourner les yeux que vers un être unique.

Et puis l’on dit que nous menons dans nos maisons

une vie sans danger, tandis qu’eux vont se battre !

Mauvaise raison : j’aimerais mieux monter trois fois en ligne

que mettre au monde un seul enfant ! »

Médée s’adressant au Chœur des femmes de Corinthe.

« Une femme d’ordinaire est pleine de crainte, lâche au combat et à la vue du fer ; mais quand on attente aux droits de ses enfants, il n’y a pas d’âme plus altérée de sang. »

« Ah ! il faudrait que les mortels pussent avoir des enfants par quelque autre moyen, sans qu’existât la gent féminine ; alors il n’y aurait plus de maux chez les hommes. » (Médée)

« Le chœur : C’est une chose terrible pour les femmes d’enfanter avec douleur, et pourtant toute la race des femmes aime ses enfants. »

Euripide, « Les Phonissiennes »

« Ayant mis à l’épreuve tous ses amis, et son père, et la vieille mère qui l’a enfanté, il n’a trouvé personne, excepté sa femme, qui voulût mourir pour lui, et ne plus voir la lumière. »

Euripide, « Alceste »

« Cependant le mari et la femme ont les mêmes droits… »

Euripide, « Andromaque »

« Tu as raison : ce n’est pas par la force qu’il faut vaincre les femmes. »

Euripide, « Les Bacchantes »

« Un frère et une sœur, un homme et une femme n’ont point le pied égal : et le mâle l’emporte ! »

Euripide, « Electre »

« AGAMEMNON

Et comment des hommes seront-ils vaincus par des femmes ?

HÉCUBE

Le nombre est redoutable, mais la ruse le rend invincible. »

Euripide, « Hécube »

« Mais quand un mari est odieux à sa femme, la vie aussi est odieuse, et il vaut mieux mourir. »

Euripide, « Hélène »

« Qu’on dise, si l’on veut, que cette audace et cette haute fierté ne conviennent pas à une femme, la chose n’en sera pas moins faite par moi. »

Euripide, « Les Hérakléides »

Et voici comment Euripide donne la parole, en la discréditant, aux hommes qui sont anti-femmes :

« HIPPOLYTE.

« Ô Jupiter, pourquoi as-tu mis au monde les femmes, cette race de mauvais aloi ? Si tu voulais donner l’existence au genre humain, il ne fallait pas le faire naître des femmes : mais les hommes, déposant dans tes temples des offrandes d’or, de fer ou d’airain, auraient acheté des enfants, chacun en raison de la valeur de ses dons ; et ils auraient vécu dans leurs maisons, libres et sans femmes. Mais à présent, dès que nous pensons à introduire ce fléau dans nos maisons, nous épuisons toute notre fortune. Une chose prouve combien la femme est un fléau funeste : le père qui l’a mise au monde et l’a élevée y joint une dot, pour la faire entrer dans une autre famille, et s’en débarrasser. L’époux qui reçoit dans sa maison cette plante parasite se réjouit ; il couvre de riches parures sa méprisable idole, il la charge de robes, le malheureux, et épuise toutes les ressources de son patrimoine. Il est réduit à cette extrémité : s’il s’est allié à une illustre famille, il lui faut se complaire dans un hymen plein d’amertume ; ou s’il a rencontré une bonne épouse et des parents incommodes, il faut couvrir le mal sous le bien apparent. Plus aisément on supporte dans sa maison une femme nulle, et inutile par sa simplicité. Mais je hais surtout la savante : que jamais du moins ma maison n’en reçoive qui sache plus qu’il ne convient à une femme de savoir ; car ce sont les savantes que Vénus rend fécondes en fraudes, tandis que la femme simple, par l’insuffisance de son esprit, est exempte d’impudicité. Il faudrait que les femmes n’eussent point auprès d’elles de servantes, mais qu’elles fussent servies par de muets animaux, pour qu’elles n’eussent personne à qui parler, ni qui pût à son tour leur adresser la parole. Mais à présent les femmes perverses forment au dedans de la maison des projets pervers, que leurs servantes vont réaliser au dehors. »

Euripide, « Hippolyte »

« Que les femmes ont l’esprit fécond en ressources ! »

Euripide, « Iphigénie en Tauride »

« La condition des femmes est bien malheureuse vis-à-vis des hommes : les bonnes sont confondues dans une haine commune avec les méchantes. »

« Une femme privée d’enfants, se voyant déçue dans son espoir, sentira cruellement l’amertume de son malheur… »

Euripide, « Ion »

« La sagesse parle souvent par la bouche des femmes. » Euripide, « Les suppliantes »

« Simple femme, isolée, quel espoir de salut, sans frère, sans père, sans amis ? »

Euripide, « Oreste »

Molière :

« La femme est en effet le potage de l’homme Et quand un homme voit d’autres hommes parfois qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts, il en montre aussitôt une colère extrême. »

Molière se moque d’eux, en donnant la parole aux machistes :

« Une femme en sait toujours assez, quand son esprit se hausse à reconnaître un pourpoint d’avec un haut-de-chausse. »

« Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, qu’une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants, faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens, et régler la dépense avec économie, dot être son étude et sa philosophie. »

« Qu’importe qu’une femme manque aux lois de Vaugelas pourvu qu’à la cuisine elle ne manque pas. J’aime mieux pour moi qu’en épluchant ses herbes, elle accommode mal les noms avec les verbes, et redise cent fois un bas et méchant mot, que de brûler ma viande ou saler trop mon pot. »

Il se moque des maris jaloux :

« Si ne point être cocu vous semble un si grand bien, ne point vous marier en est le vrai moyen. »

« C’est nous inspirer presque un désir de pécher, que montrer tant de soins de nous en empêcher. »

Il se moque des amoureux possessifs :

« Si c’est votre façon d’aimer, je vous prie de me haïr. »

Arnolphe explique à Agnès la situation de la femme :

« Votre sexe n’est là que pour la dépendance :

Du côté de la barbe est la toute-puissance.

Bien qu’on soit deux moitiés de la société,

Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité :

L’une est moitié suprême et l’autre subalterne ;

L’une en tout est soumise à l’autre qui gouverne ;

Et ce que le soldat, dans son devoir instruit,

Montre d’obéissance au chef qui le conduit,

Le valet à son maître, un enfant à son père,

À son supérieur le moindre petit Frère,

N’approche point encor de la docilité,

Et de l’obéissance, et de l’humilité,

Et du profond respect où la femme doit être

Pour son mari, son chef, son seigneur et son maître.

Lorsqu’il jette sur elle un regard sérieux,

Son devoir aussitôt est de baisser les yeux,

Et de n’oser jamais le regarder en face

Que quand d’un doux regard il lui veut faire grâce.

C’est ce qu’entendent mal les femmes d’aujourd’hui ;

Mais ne vous gâtez pas sur l’exemple d’autrui.

Gardez-vous d’imiter ces coquettes vilaines

Dont par toute la ville on chante les fredaines,

Et de vous laisser prendre aux assauts du malin,

C’est-à-dire d’ouïr aucun jeune blondin.

Songez qu’en vous faisant moitié de ma personne,

C’est mon honneur, Agnès, que je vous abandonne ;

Que cet honneur est tendre et se blesse de peu ;

Que sur un tel sujet il ne faut point de jeu ;

Et qu’il est aux enfers des chaudières bouillantes

Où l’on plonge à jamais les femmes mal vivantes.

Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons ;

Et vous devez du cœur dévorer ces leçons.

Si votre âme les suit, et fuit d’être coquette,

Elle sera toujours, comme un lis, blanche et nette ;

Mais s’il faut qu’à l’honneur elle fasse un faux bond,

Elle deviendra lors noire comme un charbon ;

Vous paraîtrez à tous un objet effroyable,

Et vous irez un jour, vrai partage du diable,

Bouillir dans les enfers à toute éternité :

Dont vous veuille garder la céleste bonté !

Faites la révérence. Ainsi qu’une novice

Par cœur dans le couvent doit savoir son office,

Entrant au mariage il en faut faire autant… »

Se moquant des hommes qui craignent le savoir des femmes dans « Les femmes savantes » :

« Il n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,

Qu’une femme étudie et sache tant de choses.

Former aux bonnes mœurs l’esprit de ses enfants,

Faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens,

Et régler la dépense avec économie,

Doit être son étude et sa philosophie.

Nos pères, sur ce point, étoient gens bien sensés,

Qui disoient qu’une femme en sait toujours assez

Quand la capacité de son esprit se hausse

À connoitre un pourpoint d’avec un haut de chausse.

Les leurs ne lisoient point, mais elles vivoient bien :

Leurs ménages étoient tout leur docte entretien ;

Et leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,

Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles.

Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs :

Elles veulent écrire, et devenir auteurs.

Nulle science n’est pour elles trop profonde,

Et céans beaucoup plus qu’en aucun lieu du monde :

Les secrets les plus hauts s’y laissent concevoir… »

Molière dans « Les femmes savantes » :

« Philaminte.

Car enfin, je me sens un étrange dépit

Du tort que l’on nous fait du côté de l’esprit,

Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes,

De cette indigne classe où nous rangent les hommes,

De borner nos talents à des futilités,

Et nous fermer la porte aux sublimes clartés.

Armande.

C’est faire à notre sexe une trop grande offense,

De n’étendre l’effort de notre intelligence

Qu’à juger d’une jupe, et de l’air d’un manteau,

Ou des beautés d’un point, ou d’un brocart nouveau.

Bélise.

Il faut se relever de ce honteux partage,

Et mettre hautement notre esprit hors de page. »

Michel de Montaigne :

« Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles. »

« Que les femmes se dispensent un peu des règles de la bienséance, qu’elles se mettent à parler librement… »

« Nous formons les femmes, dès l’enfance, aux stratagèmes de l’amour : leur grâce, leur parure, leur savoir, toute leur instruction n’est faite que dans ce but… En somme, on leurre les femmes, et on les excite par toutes sortes de moyens. Nous échaudons et excitons sans cesse leur imagination, et puis nous nous plaignons ! »

« Vivons, ma femme, vous et moi, à la belle française. »

« Je dis que les mâles et femelles sont jetés en même moule, sauf l’institution et l’usage, la différence n’y est pas grande : Platon appelle indifféremment les uns et les autres à la société de toutes études, exercices, charges et professions guerrières et paisibles en sa république. Et Antisthènes ôtait toute distinction entre leur vertu et la nôtre. Il est bien plus aisé d’accuser un sexe que d’excuser l’autre. C’est ce qu’on dit, Le fourgon se moque de la paelle. »

John Stuart Mill :

« Je considère comme une présomption de prétendre décider chez quiconque de ce que les femmes sont ou ne sont pas, peuvent ou ne peuvent être, par constitution naturelle. Jusqu’à présent, elles ont toujours été conservées, en ce qui concerne le développement spontané, dans un état si peu naturel, que leur nature ne peut avoir été que grandement déformée et déguisée ; et personne ne peut affirmer en toute sécurité que si l’on laissait la nature de la femme choisir son orientation aussi librement que celle de l’homme et qu’on ne tentait de lui donner un penchant artificiel, si ce n’était ce qu’exigeaient les conditions de la société humaine et celle des deux sexes, il y aurait une différence matérielle, ou peut-être même une différence, dans le caractère et les capacités qui se dévoileraient. »

« Je considère que le principe qui régit les relations sociales existantes entre les deux sexes - la subordination légale d’un sexe à l’autre - est erroné en soi et constitue désormais l’un des principaux obstacles à l’amélioration de l’homme ; et qu’il devrait être remplacé par un principe d’égalité parfaite n’admettant aucun pouvoir ni privilège d’un côté, ni handicap de l’autre. »

« Dans le précédent argument en faveur du suffrage universel mais progressif, je n’ai pas tenu compte de la différence de sexe. Je considère que la différence de hauteur ou de couleur des cheveux n’a aucun rapport avec les droits politiques. Tous les êtres humains ont le même intérêt pour un bon gouvernement ; le bien-être de tous est également affecté par celui-ci, et ils ont le même besoin de s’exprimer pour obtenir leur part des avantages. S’il y a une différence, les femmes en ont davantage besoin que les hommes car, étant physiquement plus faibles, elles dépendent davantage de la loi et de la société pour se protéger. L’humanité a depuis longtemps abandonné le seul postulat qui permette de conclure que les femmes ne devraient pas voter. Personne ne pense maintenant que les femmes devraient être en servitude personnelle ; qu’ils ne devraient avoir aucune pensée, aucun désir ou occupation, mais être la corvée domestique de leurs maris, pères ou frères. Il est permis aux célibataires de ne pas se marier et ne veut guère concéder aux femmes mariées la possession de biens et avoir des intérêts pécuniaires et commerciaux de la même manière que les hommes. Il est considéré comme approprié et approprié que les femmes pensent, écrivent et soient des enseignantes. Dès que ces choses sont admises, la disqualification politique ne repose sur aucun principe. Tout le mode de pensée du monde moderne se prononce, avec une emphase croissante, contre la prétention de la société de décider pour les individus de ce qu’ils sont ou non dignes, et de ce qu’ils doivent et ne doivent pas être autorisés à tenter. Si les principes de la politique moderne et de l’économie politique sont bons pour quelque chose, c’est pour prouver que ces points ne peuvent être correctement jugés que par les individus eux-mêmes ; et que, dans une totale liberté de choix, là où il y a de réelles différences d’aptitudes, le plus grand nombre s’appliquera aux choses pour lesquelles il est le plus apte, et le cours exceptionnel ne sera suivi que par les exceptions. Soit toute la tendance des améliorations sociales modernes a été fausse, soit elle devrait aboutir à la suppression totale de toutes les exclusions et de tous les handicaps qui interdisent tout emploi honnête à un être humain.

Mais il n’est même pas nécessaire de discuter autant pour prouver que les femmes doivent avoir le droit de vote. S’ils avaient raison de vouloir être une classe subordonnée, confinés à des occupations nationales et soumis à une autorité nationale, ils auraient tout de même besoin de la protection du suffrage pour les protéger de l’abus de cette autorité. Les hommes comme les femmes n’ont pas besoin de droits politiques pour pouvoir gouverner, mais pour ne pas être mal gouvernés. La majorité du sexe masculin est et sera toute sa vie rien d’autre que des ouvriers dans les champs de maïs ou les manufactures ; mais cela ne rend pas le suffrage moins souhaitable pour eux, ni leur revendication moins irrésistible, quand ils ne risquent pas d’en faire un mauvais usage. Personne ne prétend croire que la femme ferait un mauvais usage du suffrage. Le pire qui soit dit, c’est qu’ils voteraient comme de simples personnes à charge, à la demande de leurs relations masculines. S’il en est ainsi, qu’il en soit ainsi. S’ils pensent par eux-mêmes, un grand bien sera fait. et s’ils ne le font pas, pas de mal. Enlever les entraves des êtres humains est un avantage, même s’ils ne désirent pas marcher. Ce serait déjà un grand progrès dans la situation morale des femmes de ne plus être déclarées juridiquement inaptes, et ne pas avoir droit à une préférence, dans le respect des préoccupations les plus importantes de l’humanité. Il y aurait un avantage pour eux individuellement à avoir quelque chose à donner que leurs parents de sexe masculin ne peuvent pas exiger, et sont pourtant désireux d’avoir. Ce ne serait également pas une mince affaire que le mari en parle nécessairement avec son épouse et que le vote ne soit pas son affaire exclusive, mais une affaire commune. Les gens ne considèrent pas suffisamment à quel point le fait qu’elle puisse agir indépendamment du monde extérieur soulève sa dignité et sa valeur aux yeux d’un homme vulgaire et en fait l’objet d’un respect qu’aucune qualité personnelle ne saurait jamais obtenir pour celui dont l’existence sociale il peut tout à fait s’approprier. Le vote lui-même serait également de meilleure qualité. L’homme serait souvent obligé de trouver des raisons honnêtes pour son vote, telles qu’elles pourraient amener un personnage plus droit et impartial à servir avec lui sous la même bannière. L’influence de la femme le gardait souvent fidèle à sa propre opinion sincère. Souvent, en effet, il serait utilisé, non pas du côté du principe public, mais de l’intérêt personnel ou de la vanité matérielle de la famille. »

« Lorsque les deux sexes sont censés être concernés, n’employez pas le mot « homme » mais le mot « personne ». »

Il affirme que les relations sexuelles sont affaire privées et ne concernent nullement la justice :

« S’il y a une idée particulièrement ridicule, c’est celle du législateur qui, lorsqu’un homme et une femme s’accordent pour une affaire de ce genre (une relation sexuelle), se place entre eux, pour examiner les situations, régler les temps et prescrire les modes et les postures. »

Dans « De l’asujetissement des femmes » :

« L’objet de cet essai est d’expliquer aussi clairement que possible les motifs d’une opinion que j’ai eue depuis la toute première période où j’avais formé une quelconque opinion sur des questions de politique sociale, et qui, au lieu d’être affaiblie ou modifiée, a été constamment renforcée par la réflexion sur le progrès et l’expérience de la vie. Que le principe qui régit les relations sociales existantes entre les deux sexes - la subordination légale d’un sexe à l’autre - est faux, et constitue désormais l’un des principaux obstacles au progrès humain ; et qu’il devrait être remplacé par un principe d’égalité parfaite n’admettant aucun pouvoir ni privilège d’un côté, ni handicap de l’autre. »

« De l’assujettissement des femmes »

Autre source

Autres écrits en faveur de la libération des femmes

Thomas Hardy :

Hardy a écrit : « Il est difficile pour une femme d’exprimer ses sentiments dans un langage presque entièrement formé par les hommes pour exprimer les leurs. »

En plus de milliers de poèmes au lyrisme plus ou moins bon, l’écrivain Thomas Hardy a écrit quelques romans pour gagner sa vie, devenus des classiques au panthéon de la littérature anglaise (Tess d’Urberville, Loin de la foule déchaînée…). Mais celui qui retiendra l’attention des femmes (et des hommes) en quête d’émancipation est bien évidemment « Jude L’Obscur », fresque sentimentale à l’ère victorienne dans laquelle il dépeint les interactions de deux couples, l’un formé par Jude et Arabella et l’autre Sue et Richard, puis enfin l’histoire d’amour entre Jude et Sue, scandaleux concubinage. En plus d’une vive critique du mariage et de la religion tout au long du roman, Hardy met dans le personnage de Sue les qualités de la femme moderne : émancipation, amour libre, intelligence et rêverie, cette dernière refuse obstinément de se soumettre aux rôles taillés à la mesure d’un étroit corset et ne se soumet devant rien. Au départ.

Son roman, rebaptisé Jude L’Obscène par les bigots, scandalisa les bien-pensants tandis que les autres durent se le procurer sous le manteau, cachant la couverture par des papiers d’emballage. Mais on a rarement fait mieux que les lignes de ce livre pour remettre en question la monogamie scellée par un contrat et dénoncer l’absurdité de cette institution : « Les fleurs dans la main de la mariée ressemblent tristement à la guirlande qui ornait les génisses offertes en sacrifice dans les temps anciens ! », écrit-il encore.

« Jude L’Obscur »

Une femme d’imagination

Commentaire

Wilkie Collins :

« Toute femme qui est sûre de son esprit, est à tout moment un défi pour un homme qui n’est pas sûr de ses réactions. »

« Aucun homme sous le ciel ne mérite ce tels sacrifices de nous femmes. Hommes ! Ils sont les ennemis de notre innocence et de notre paix - ils nous éloignent de l’amour de nos parents et de l’amitié de nos sœurs - ils nous ramènent corps et âme à nous-mêmes et nous attachons notre vie sans défense à la leur comme on attache un chien à son chenil. Et qu’est-ce que les meilleures d’entre eux nous donnent en retour ? »

« La femme qui, la première, donne à nos vagues conceptions de la beauté, la vie, la clarté, la forme arrêtée qui leur manquaient, comble dans notre nature intellectuelle une lacune que nous y avons ignorée jusqu’au moment où cette femme nous est apparue. Les sympathies qu’elle éveille en nous glissent à des profondeurs où la parole, la pensée même, arrive à peine ; elles dérivent de charmes plus subtils que ceux dont nos sens subissent l’empire et dont les sources bornées du langage humain peuvent donner l’idée. La mystérieuse beauté des femmes n’arrive à cette hauteur, où elle est inexprimable, que lorsqu’elle s’apparente, pour ainsi dire, avec le mystère plus profond encore caché au fond de nos âmes. Alors, et seulement alors, elle franchit les limites de cette région étroite, où le crayon et la plume peuvent, ici-bas, jeter quelques rayons de lumière. »

« Mari et femme »

Commentaire

« Poor Miss Finch »

Commentaire

« La femme en blanc »

Jeremy Bentham :

Bentham a dit : « Pourquoi exclure tout le sexe féminin de la participation au pouvoir constitutif ? Alors même que (...) sa demande de participation est tout aussi fondée que celle de l’autre sexe. » C’est à onze ans que Jeremy Bentham, futur philosophe et juriste britannique du siècle des Lumières, a décidé de se lancer dans une carrière de réformiste. La raison qui l’a poussé à vouloir réformer la société britannique ? La condition féminine. Bien que Bentham est davantage connu comme précurseur du libéralisme, il s’est fortement engagé pour l’égalité des sexes et le droit au divorce. Dans Une introduction aux principes de morale et de législation (1789), il condamne l’infériorité légale des femmes justifiée alors par une prétendue infériorité d’esprit du sexe féminin. Trois années plus tard, en 1792, il plaidera dans son ouvrage « Défense des droits des femmes » en faveur de l’émancipation féminine pour que les femmes obtiennent le droit de voter, de gouverner et de divorcer. Ce penseur qui a influencé James Mill et Max Weber a également été un des premiers défenseurs des droits des homosexuels.

« Défense du droit des femmes »

Denis Diderot :

Diderot souligne : « Dans presque toutes les contrées la cruauté des lois civiles s’est réunie contre les femmes à la cruauté de nature. »

« Réfutation d’Helvétius » :

« Quelque avantage qu’on imagine à priver les femmes de la propriété de leur corps, pour en faire un effet public, c’est une espèce de tyrannie dont l’idée me révolte, une manière raffinée d’accroître leur servitude qui n’est déjà que trop grande. Qu’elles puissent dire à un capitaine, à un magistrat, à quelque autre citoyen illustre que ce soit : « Oui, vous êtes un grand homme, mais vous n’êtes pas mon fait. La patrie vous doit des honneurs, mais qu’elle ne s’acquitte pas à mes dépens. Je suis libre, dites-vous, et par le sacrifice de mon goût et de mes sens vous m’assujettissez à la fonction la plus vile de la dernière des esclaves. Nous avons des aversions qui nous sont propres et que vous ne connaissez ni ne pouvez connaître. Nous sommes au supplice, nous, dans des instants qui auraient à peine le plus léger désagrément pour vous. Vous disposez de vos organes comme il vous plaît ; les nôtres moins indulgents ne sont pas même toujours d’accord avec notre cœur, ils ont quelquefois leur choix séparé. Ne voulez-vous tenir entre vos bras qu’une femme que vous aimez, ou votre bonheur exige-t-il que vous en soyez aimé ? Vous suffit-il d’être heureux, et seriez-vous assez peu délicat pour négliger le bonheur d’une autre ? Quoi, parce que vous avez massacré les ennemis de l’État, il faut que nous nous déshabillions en votre présence, que votre œil curieux parcoure nos charmes, et que nous nous associions aux victimes, aux taureaux, aux génisses dont le sang teindra les autels des dieux, en action de grâces de votre victoire ! Il ne vous resterait plus qu’à nous défendre d’être passives comme elles. Si vous êtes un héros, ayez-en les sentiments : refusez-vous à une récompense que la patrie n’est pas en droit de vous accorder, et ne nous confondez pas avec le marbre insensible qui se prêtera sans se plaindre au ciseau du statuaire. Qu’on ordonne à l’artiste votre statue, mais qu’on ne m’ordonne pas d’être la mère de vos enfants. Qui vous a dit que mon choix n’était pas fait ? et pourquoi faut-il que le jour de votre triomphe soit marqué des larmes de deux malheureux ? L’enthousiasme de la patrie bouillonnait au fond de votre cœur, vous vous couvrîtes de vos armes et vous allâtes chercher notre ennemi. Attendez que le même enthousiasme me sollicite d’arracher moi-même mes vêtements et de courir au-devant de vos pas, mais ne m’en faites pas une loi. Lorsque vous marchâtes au combat, ce ne fut point à la loi, ce fut à votre cœur magnanime que vous obéîtes ; qu’il me soit permis d’obéir au mien. Ne vous lasserez-vous point de nous ordonner des vertus, comme si nous étions incapables d’en avoir de nous-mêmes ? Ne vous lasserez-vous point de nous faire des devoirs chimériques, où nous ne voyons que trop d’estime ou trop de mépris ? Trop de mépris, lorsque vous en usez avec nous comme la branche de laurier qui se laisse cueillir et plier sans murmure ; trop d’estime, si nous sommes la plus belle couronne que vous puissiez ambitionner. Vous ne contraindrez pas mon hommage, si vous pensez qu’il n’y a d’hommage flatteur que celui qui est libre. Mais je me tais et je rougis de parler au défenseur de mon pays, comme je parlerais à mon ravisseur. »

« Sur les femmes »

« Sur les femmes » :

« Quand on écrit des femmes, il faut tremper sa plume dans l’arc-en-ciel et jeter sur sa ligne la poussière des ailes du papillon ; comme le petit chien du pèlerin, à chaque fois qu’on secoue la patte, il faut qu’il en tombe des perles… Dans presque toutes les contrées, la cruauté des lois civiles s’est réunie contre les femmes à la cruauté de la nature. Elles ont été traitées comme des enfants imbéciles. Nulle sorte de vexations que, chez les peuples policés, l’homme ne puisse exercer impunément contre la femme. La seule représaille qui dépende d’elle est suivie du trouble domestique, et punie d’un mépris plus ou moins marqué, selon que la nation a plus ou moins de mœurs. Nulle sorte de vexations que le sauvage n’exerce contre sa femme. La femme, malheureuse dans les villes, est plus malheureuse encore au fond des forêts… Quand les femmes ont du génie, je leur en crois l’empreinte plus originale qu’en nous. »

« Fixez, avec le plus de justesse et d’impartialité que vous pourrez, les prérogatives de l’homme et de la femme ; mais n’oubliez pas que, faute de réflexion et de principes, rien ne pénètre jusqu’à une certaine profondeur de conviction dans l’entendement des femmes ; que les idées de justice, de vertu, de vice, de bonté, de méchanceté, nagent à la superficie de leur âme ; qu’elles ont conservé l’amour-propre et l’intérêt personnel avec toute l’énergie de nature ; et que, plus civilisées que nous en dehors, elles sont restées de vraies sauvages en dedans, toutes machiavélistes, du plus au moins. Le symbole des femmes en général est celle de l’Apocalypse, sur le front de laquelle il est écrit : MYSTERE. »

« On a si fort négligé l’éducation des femmes chez tous les peuples policés, qu’il est surprenant qu’on en compte un aussi grand nombre d’illustres par leur érudition & leurs ouvrages. »

Article « femme » de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert

« Sur les femmes »

« Il est triste pour la pauvre Indienne de servir son mari comme une esclave, aux champs accablée de sueurs, et au logis privée de repos ; mais il est affreux de le voir, au bout de vingt ans, prendre une autre femme plus jeune, qui n’a point de jugement. Il s’attache à elle. Elle nous frappe, elle frappe nos enfants, elle nous commande, elle nous traite comme ses servantes ; et au moindre murmure qui nous échapperait, une branche d’arbre levée... Ah ! Père, comment veux-tu que nous supportions cet état ? Qu’a de mieux à faire une Indienne, que de soustraire son enfant à une servitude mille fois pire que la mort ? Plût à Dieu, Père, je te le répète, que ma mère m’eût assez aimée pour m’enterrer lorsque je naquis ! Mon cœur n’aurait pas tant à souffrir, ni mes yeux à pleurer ! »

« Qu’est-ce alors qu’une femme ? Négligée de son époux, délaissée de ses enfants, nulle dans la société, la dévotion est son unique et dernière ressource. Dans presque toutes les contrées, la cruauté des lois civiles s’est réunie contre les femmes à la cruauté de la nature. Elles ont été traitées comme des enfants imbéciles. Nulle sorte de vexations que, chez les peuples policés, l’homme ne puisse exercer impunément contre la femme. La seule représaille qui dépende d’elle est suivie du trouble domestique, et punie d’un mépris plus ou moins marqué, selon que la nation a plus ou moins de mœurs. Nulle sorte de vexations que le sauvage n’exerce contre sa femme. La femme, malheureuse dans les villes, est plus malheureuse encore au fond des forêts. »

Source : Denis Diderot, « Sur les femmes »

François Poullain de La Barre :

« L’esprit n’a pas de sexe. »

« De tous les préjugés, on n’en a pas remarqué de plus propre à ce dessein que celui qu’on a communément sur l’inégalité des deux sexes. »

« Les femmes sont aussi nobles, aussi parfaites et aussi capables que les hommes. »

« Partout, on ne les occupe (les femmes) que de ce que l’on considère comme bas ; et parce qu’il n’y a qu’elles qui se mêlent des menus soins du ménage et des enfants, l’on se persuade communément qu’elles ne sont au monde que pour cela, et qu’elles sont incapables de tout le reste. On a de la peine à se représenter comment les choses pourraient être bien d’une autre façon ; et il paraît même qu’on ne les pourrait jamais changer, quelque effort que l’on fît. Les plus sages Législateurs, en fondant leurs Républiques, n’ont rien établi qui fût favorable aux femmes sous ce regard. Toutes les lois semblent n’avoir été faites que pour maintenir les hommes dans la possession où ils sont. »

« Enfin, si cet homme était Philosophe, il trouverait qu’il y a des raisons Physiques qui prouvent invinciblement que les deux Sexes sont égaux pour le corps et pour l’esprit. »

Dans « De l’excellence des hommes (en lutte) contre l’égalité des sexes » :

« Je l’ai écrit non pour prouver qu’ils sont plus excellens que les femmes, estant persuadé du contraire plus que jamais, mais seulement pour donner moyen de comparer les deux sentimens opposez, & de mieux juger lequel est le plus vrai ».

François Poullain de La Barre - "De l’égalité des deux sexes"

« De l’excellence des hommes contre l’égalité des sexes »

Condorcet :

« Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ? »

« Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu’ils sont des êtres sensibles susceptibles d’acquérir des idées morales et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes, ayant ces mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. Ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits ou tous ont les mêmes. »

« Ou aucun individu de l’espèce humaine n’a de véritables droits, ou tous ont les mêmes ; et celui qui vote contre le droit d’un autre, quels que soient sa religion, sa couleur ou son sexe, a dès lors abjuré les siens. »

« Sur l’admission des femmes au droit de cité »

Condorcet féministe

Marie-Jo Bonnet, « Les Relations amoureuses entre les femmes » :

« Condorcet se situe dans le même courant [que Diderot] pour plaider en faveur de l’accès des femmes au droit de cité au nom de la sensibilité, qualité commune aux deux sexes : « Les droits des hommes résultent uniquement de ce qu’ils sont des êtres sensibles, susceptibles d’acquérir des idées nouvelles et de raisonner sur ces idées. Ainsi les femmes ayant les mêmes qualités, ont nécessairement des droits égaux. » La sensibilité est donc une valeur essentielle aux Lumières en ce qu’elle permet de définir un terrain de rencontre et d’identité commune aux deux sexes. En se réclamant de la déesse Raison, les révolutionnaires de 1793 rompirent avec cet héritage. Remplaçant la sensibilité par le sentiment, ils réinscriront la différence des sexes dans la nature et la domination du citoyen sur la citoyenne dans la sphère du droit privé. »

Propos féministes de Condorcet dans « Lettres d’un bourgeois de New Haven à un citoyen de Virginie »

Condorcet, "Sur l’admission des femmes au droit de cité"

Stendhal :

« On ne peut aimer sans égalité. »

« L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain. »

« Toutes nos idées sur les femmes nous viennent en France du catéchisme de trois sous. »

« La fidélité des femmes dans le mariage, lorsqu’il n’y a pas d’amour, est probablement une chose contre nature. »

« Le plaisant de l’éducation actuelle, c’est qu’on n’apprend rien aux jeunes filles qu’elles ne doivent oublier bien vite dès qu’elles seront mariées. »

« L’éducation actuelle des femmes étant peut-être la plus plaisante absurdité de l’Europe moderne, moins elles ont d’éducation proprement dite, plus elles valent. »

« Il est peut-être beaucoup plus contre la pudeur de se mettre au lit avec un homme qu’on n’a vu que deux fois, après trois mots latins dits à l’église, que céder malgré soi à un homme qu’on adore depuis deux ans. »

« On convient qu’une petite fille de dix ans a vingt fois plus de finesse qu’un polisson du même âge : pourquoi, à vingt ans, est-elle une grande idiote, gauche, timide, et ayant peur d’une araignée, et le polisson un homme d’esprit ? »

Victor Hugo :

« Une moitié de l’espèce humaine est hors de l’égalité, il faut l’y faire rentrer : donner pour contre-poids au droit de l’homme le droit de la femme. »

« La femme contient le problème social et le mystère humain. Elle semble la grande faiblesse, elle est la grande force. »

« La femme est obligée de choisir entre acheter un homme, ce qui s’appelle le mariage, ou se vendre aux hommes, ce qui s’appelle la prostitution. »

« Et l’on reconnaîtra que, même au point de vue de notre égoïsme, il est difficile de composer le bonheur de l’homme avec la souffrance de la femme. »

Hugo dans la lettre adressée au journal L’Avenir des femmes en 1872 :

« Dans notre législation telle qu’elle est, la femme ne possède pas, elle n’est pas en justice, elle ne vote pas, elle ne compte pas, elle n’est pas. Il y a des citoyens, il n’y a pas de citoyennes. C’est là un état violent : il faut qu’il cesse. »

« Nous proclamons la femme notre égale avec le respect en plus. Ô femme, mère, compagne, sœur, éternelle mineure, éternelle esclave, éternelle sacrifiée, éternelle martyre, nous vous relèverons ».

« Le socialisme proclame le droit de la femme, cette égale de l’homme. »

Lettre de Victor Hugo à Léon Richer : « Il est difficile de composer le bonheur de l’homme avec la souffrance de la femme. »

« L’homme n’est pas à lui seul l’homme : l’homme plus la femme plus l’enfant, cette créature une et triple, constitue la vraie unité de l’unité humaine. Toute l’organisation sociale doit découler de là. »

« La femme »

« Les femmes sont sur la terre »

« Aux femmes »

« Gauvain reprit :

- Et la femme ? qu’en faites-vous ?

Cimourdain répondit :

- Ce qu’elle est. La servante de l’homme.

- Oui. A une condition.

- Laquelle ?

- C’est que l’homme sera le serviteur de la femme.

- Y penses-tu ? s’écria Cimourdain, l’homme serviteur ! jamais. L’homme est maître. Je n’admets qu’une royauté, celle du foyer. L’homme chez lui est roi.

- Oui. A une condition.

- Laquelle ?

- C’est que la femme y sera reine.

- C’est-à-dire que tu veux pour l’homme et pour la femme…

- L’égalité.

- L’égalité ! y songes-tu ? les deux êtres sont divers.

- J’ai dit l’égalité. Je n’ai pas dit l’identité. »

Hugo dans « Quatre-vingt-treize »

Léon Tolstoï :

« Les femmes sont le pivot qui fait tout tourner. »

« Femmes, c’est vous qui tenez entre vos mains le salut du monde. »

Ana Karénine

Jules Michelet :

Jules Michelet dira : « Ce qu’il y a dans le peuple de plus instinctif, de plus inspiré, ce sont les femmes. […] Les hommes ont pris la Bastille, et les femmes ont pris le Roi. »

« Toute folie de la femme est une sottise de l’homme. » (dans ’L’amour")

« Ne frappez pas une femme, eut-elle fait cent fautes, pas même avec une fleur. »

Michelet dans "La sorcière" :

« Le clergé n’a pas assez de bûchers, le peuple assez d’injures, l’enfant assez de pierres, contre l’infortunée. Le poète (aussi enfant) lui lance une autre pierre, plus cruelle pour une femme. Il suppose, gratuitement, qu’elle était toujours laide et vieille. Au mot Sorcière, on voit les affreuses vieilles de Macbeth. Mais leurs cruels procès apprennent le contraire. Beaucoup périrent précisément parce qu’elles étaient jeunes et belles... On appela les sorcières sales, indécentes, impudiques, immorales. Cependant leurs premiers pas dans cette voie furent, on peut le dire, une heureuse révolution dans ce qui est le plus moral, la bonté, la charité. Par une perversion d’idée monstrueuse, le moyen âge envisageait la chair, en son représentant (maudit depuis Ève), la Femme, comme impure. La Vierge, exaltée comme vierge, plus que comme Notre-Dame, loin de relever la femme réelle, l’avait abaissée en mettant l’homme sur la voie d’une scolastique de pureté où l’on allait enchérissant dans le subtil et le faux.

La femme même avait fini par partager l’odieux préjugé et se croire immonde. Elle se cachait pour accoucher. Elle rougissait d’aimer et de donner le bonheur. Elle, généralement si sobre, en comparaison de l’homme, elle qui n’est presque partout qu’herbivore et frugivore, qui donne si peu à la nature, qui, par un régime lacté, végétal, a la pureté de ces innocentes tribus, elle demandait presque pardon d’être, de vivre, d’accomplir les conditions de la vie. Humble martyre de la pudeur, elle s’imposait des supplices, jusqu’à vouloir dissimuler, annuler, supprimer presque ce ventre adoré, trois fois saint, d’où le dieu homme naît, renaît éternellement. »

« La femme »

« La sorcière »

« Les femmes de la révolution »

Henrik Ibsen :

"Une maison de poupée" :

– “HELMER : Tu n’as pas été heureuse !

NORA : Non.J’ai été joyeuse, voilà tout. Et tu as toujours été si gentil pour moi. Notre foyer n’a jamais été rien d’autre qu’une salle de récréation. Ici, j’étais ton épouse-poupée, tout comme à la maison, j’étais l’enfant-poupée de papa. Et mes enfants, à leur tour, ont été mes poupées. Je trouvais divertissant que tu te mettes à jouer avec moi, tout comme ils trouvent divertissant que je me mette à jouer avec eux. Voilà ce qu’a été notre mariage, Torvald” (Une Maison de poupée)

– “Helmer : Abandonner ton foyer, ton mari, tes enfants ! Tu ne songes pas à ce qu’on en dira ?

Nora : Je ne puis m’arrêter à cela. Je sais seulement que, pour moi, c’est indispensable.

Helmer : Ah ! c’est révoltant ! Ainsi tu trahirais les devoirs les plus sacrés !

Nora : Que considères-tu comme mes devoirs les plus sacrés ?

Helmer : Ai-je besoin de te le dire ? Ce sont tes devoirs envers ton mari et tes enfants.

Nora : J’en ai d’autres tout aussi sacrés.

Helmer : Tu n’en as pas. Quels seraient ces devoirs ?

Nora : Mes devoirs envers moi-même.

Helmer : Avant, tu es épouse et mère.

Nora : Je ne crois plus à cela. Je crois qu’avant tout je suis un être humain, au même titre que toi… ou au moins que je dois essayer de le devenir”

Une maison de poupée

Peer Gynt

Ibsen et le feminisme

Commentaire

Et le socialiste utopique Charles Fourier

« Partout où l’homme a dégradé la femme, il s’est dégradé lui-même. »

« En thèse générale, les progrès sociaux s’opèrent en raison du progrès des femmes vers la liberté ; et les décadences d’ordre social s’opèrent en raison du décroissement de la liberté des femmes. L’extension des privilèges des femmes est le principe général de tout progrès social. »

« Je suis fondé à dire que la femme en état de liberté surpassera l’homme. »

« Le bonheur de l’homme, en amour, se proportionne à la liberté dont jouissent les femmes. (...) L’avilissement du sexe féminin est un trait essentiel à la fois de la civilisation et de la barbarie, avec cette seule différence que l’ordre civilisé élève chacun des vices que la barbarie pratique en mode simple, à un mode d’existence composé, à double sens, ambigu et hypocrite... Personne n’est plus profondément puni que l’homme du fait que la femme est maintenue dans l’esclavage. » « Dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale. »

« Depuis les viragos comme Marie-Thérèse jusqu’à celles des nuances radoucies comme les Ninon ou les Sévigné, je suis fondé à dire que la femme en état de liberté surpassera l’homme. »

« Comment la femme pourrait-elle échapper à ses penchants serviles et perfides quand l’éducation l’a façonnée dès l’enfance à étouffer son caractère pour se plier à celui du premier venu que le hasard, l’intrigue ou l’avarice lui choisiront pour époux ? »

Le socialisme utopique de Fourier, la sexualité et le mariage bourgeois

Hiérarchie du cocuage

Le nouveau monde amoureux

Le nouveau monde industriel et sociétaire

Fausseté des amours civilisé

Théorie des quatre mouvements

Enfin le communiste Gracchus Babeuf :

« Le mari et la femme doivent-être égaux. »

« Lettre de François Noël Babeuf à Dubois de Fosseux », Gracchus Babeuf (juin 1786)

« La prétendue supériorité de l’homme sur la femme et la despotique autorité qu’il s’arroge sur elle ont la même origine que la domination de la noblesse. »

« Admettre l’inégalité, c’est souscrire à une dépravation de l’espèce. »

« N’impose pas non plus silence à ce sexe qui ne mérite pas qu’on le méprise. »

« L’avis que que tu nous donnes sur le parti qu’on peut en tirer des femmes est sensé et judicieux ; nous en profiterons. Nous connaissons tous l’influence que peut avoir ce sexe intéressant qui ne supporte pas plus indifféremment que nous le joug de la tyrannie ; et qui n’est doué d’un moindre courage, lorsqu’il s’agit de concourir à le briser. »

« Si l’on n’avait pas tué son génie, il y aurait eu alors une littérature de femme, une poésie de femme, une musique, une peinture, une sculpture de femme ; en regard et à l’égal du génie de l’homme, se fut élevé le génie de la femme avec le caractère qui lui est propre, et les deux sexes auraient pu s’admirer et se charmer réciproquement. »

« La prétendue supériorité de l’homme sur la femme et la despotique autorité qu’il s’arroge sur elle ont la même origine que la domination de la noblesse. »

D’autres auteurs :

Lire ici

Lire encore

Pour conclure...

Le correspondant du "Times" anglais écrivait pendant la Commune de Paris :

« Si la nation française ne se composait que de femmes, quelle terrible nation ce serait ».

« Dans le comportement à l’égard de la femme, proie et servante de la volupté commune, s’exprime l’infinie dégradation de l’homme vis-à-vis de lui-même, car le secret de ce comportement trouve sa manifestation non équivoque, décisive, évidente, nue, dans le rapport de l’homme à la femme, et dans la manière dont le rapport direct et naturel de sexes est conçu. »

Marx dans « Ebauche d’une critique de l’économie politique »

Et la liste est loin d’être close...

3 Messages de forum

  • William Thompson :

    Thompson, William, Appeal of One Half the Human Race, Women, Against the Pretensions of the Other Half, Men, to Retain Them in Political, and thence in Civil and Domestic Slavery

    “..are women kindly told, "they are free to marry or not". Things are so arranged, knowledge, property, civil as well as political exclusions, man’s public opinion, that the great majority of adult women must marry on whatever terms their masters have willed, or starve : or if not absolutely starve, they must renounce at least all the means of enjoyment monopolized by the males. Under these circumstances, man makes it a condition, under which he admits women into a participation - always limited however be his uncontrolled will - of his means of happiness dependent on wealth, that woman shall, like the negro slave, surrender to him all control over her actions, except where those actions are regulated by the higher penalties of law, to all of which she is equally exposed, to many with more severity, than man.”

    Women is then compelled, in marriage, by the possession of superior strength on the part of men, by the want of knowledge, skill and wealth, by the positive, cruel, partial, and cowardly enactments of law, by the terrors of superstition, by the mockery of a pretended vow of obedience, and to crown all, and as a result of all, by the force of an unrelenting, unreasoning, unfeeling public opinion, to be a literal unequivocal slave of the man who may be styled her husband. I say emphatically the slave ; for a slave is a person whose actions and earnings, instead of being, under his own control, liable only to equal laws, to public opinion, and to his own calculations, under these, of his own interest, are under the arbitrary control of any other human being, by whatever name called. This is the essence of slavery, and what distinguishes it from freedom. A domestic, a civil, a political slave, in the plain unsophisticated sense of the word - in no metaphorical sense - is every married woman. (…)

    It is not necessary here to discuss whether it would promote the happiness of men that women should under such circumstances enjoy political rights. Women are one half of the human race, and as much entitled to happiness on their own account, for their own sakes, as men. Just as necessary would it be to inquire whether the possession of political rights by men would tend to promote the happiness of women. The happiness of every individual, and of all classes, of the human race, ought to be promoted for the sake of such individual or individuals, and not in subservience to the happiness of any other individuals or classes whatever. When every individual is made happy, the happiness of the whole is promoted. The mountebank jargon of "public good" distinct from the good of the individual members of society, will lead astray the human mind no more. It will be found that no person or persons can promote their real happiness, looking comprehensively into all the results of their actions, by any line of conduct which is incompatible with the happiness of others ; that is to say, which detracts more from their happiness than it adds to that of the agent or agents.

    the exercise of political rights affords the best opportunity for the exercise of the intellectual powers and enlargement of the sympathies of human beings, leading their attention out of themselves, to matters in which numbers of their fellow creatures, to an indefinite extent besides themselves, are interested.

    [Men] exercising political rights from which [women] are excluded, could not by any means impart to [women] the exercise of the intellectual powers, and that enlargement of sympathy, that interest in the affairs of numbers mixed with our own, which distinguishes the benevolent from the selfish. This vice of character, want of comprehensive views, want of interest in anything out of themselves or of their own little domestic circle,...the necessary result of the state of barbarous exclusion, of domestic imprisonment, in which women have been kept,...can never be cured by the enjoyment by any others than themselves of those opportunities for unfolding their powers, which enlarged social, including political, interests, can alone create.”

    Thompson, William, Appel de la moitié de la race humaine, des femmes, contre les prétentions de l’autre moitié, des hommes, pour les retenir dans l’esclavage politique et de là, dans l’esclavage civil et domestique

    « Les femmes ont gentiment dit : "elles sont libres de se marier ou non". Les choses sont tellement arrangées, connaissance, propriété, exclusions civiles et politiques, opinion publique de l’homme, que la grande majorité des femmes adultes doivent se marier selon les conditions que leurs maîtres ont voulues ou mourir de faim : ou, si elles ne meurent pas de faim, elles doivent renoncer à leur vie. moins tous les moyens de jouissance monopolisés par les mâles. Dans ces circonstances, l’homme en fait une condition, dans laquelle il admet les femmes à une participation - toujours limitée quelle soit sa volonté incontrôlée - de ses moyens de bonheur dépendant de la richesse, cette femme doit, comme l’esclave nègre, lui céder tout contrôle. sur ses actions, sauf lorsque celles-ci sont régies par des peines plus sévères prévues par la loi, à laquelle elle est également exposée, à beaucoup plus sévèrement que l’homme.

    La femme est alors contrainte, dans le mariage, par la possession d’une force supérieure de la part des hommes, par le manque de connaissances, d’habiletés et de richesse, par les lois positives, cruelles, partielles et lâches, par la terreur de la superstition, par la moquerie d’un prétendu voeu d’obéissance, et pour couronner tous, et par la suite de tout, par la force d’une opinion publique implacable, déraisonnable et insensible, pour être l’esclave sans équivoque de l’homme que l’on pourrait appeler son mari . Je dis énergiquement l’esclave ; car un esclave est une personne dont les actions et les gains, au lieu d’être, sous son propre contrôle, soumis uniquement à l’égalité des lois, à l’opinion publique et à ses propres calculs, de ceux-ci, de son propre intérêt, sont sous le contrôle arbitraire de tout autre être humain, quel que soit son nom. C’est l’essence de l’esclavage et ce qui le distingue de la liberté. Une domestique, une civile, une esclave politique, au sens simple du terme - sans aucun sens métaphorique - est toute femme mariée. (…)

    Il n’est pas nécessaire de discuter ici de la question de savoir si cela contribuerait au bonheur des hommes de voir les femmes jouir de droits politiques dans de telles circonstances. Les femmes représentent la moitié de la race humaine et ont autant droit au bonheur que les hommes, pour leur propre compte et pour leur propre bien. Il serait tout aussi nécessaire de rechercher si la possession de droits politiques par les hommes tendrait à promouvoir le bonheur des femmes. Le bonheur de chaque individu et de toutes les classes du genre humain doit être promu pour le plaisir de tel ou tel individu ou individu, et non pas au détriment du bonheur d’aucun autre individu ou de n’importe quelle classe. Lorsque chaque individu est rendu heureux, le bonheur de l’ensemble est promu. Le jargon mountebank de "bien public", distinct de celui des membres individuels de la société, n’égarera plus l’esprit humain. On constatera qu’aucune personne ni aucune personne ne peut promouvoir son vrai bonheur en examinant de manière exhaustive tous les résultats de ses actions, par quelque ligne de conduite incompatible avec le bonheur des autres ; c’est-à-dire, ce qui nuit davantage à leur bonheur qu’à ce qu’il ajoute à celui des agents.

    l’exercice des droits politiques offre la meilleure opportunité pour l’exercice des pouvoirs intellectuels et l’élargissement des sympathies des êtres humains, entraînant leur attention en dehors d’eux-mêmes, à des domaines dans lesquels nombre de leurs semblables, dans une mesure indéfinie, sont intéressé.

    Les [hommes] exerçant des droits politiques, dont [les femmes] sont exclues, ne pourraient en aucun cas communiquer à [femmes] l’exercice des pouvoirs intellectuels, et cet élargissement de sympathie, cet intérêt pour les affaires à la fois mêlées aux nôtres, qui distingue le bienveillant de l’égoïste. Ce vice de caractère, le manque de vues d’ensemble, le manque d’intérêt pour quoi que ce soit d’eux-mêmes ou de leur propre petit cercle domestique, ... le résultat nécessaire de l’état d’exclusion barbare, de l’emprisonnement domestique, dans lequel les femmes ont été maintenues, ... ne peut jamais être guéri par la jouissance par quiconque autre que lui-même de ces occasions de développer ses pouvoirs, que des intérêts sociaux élargis, y compris politiques, peuvent créer. »

    Répondre à ce message

  • Jeremy Bentham a également été un des premiers défenseurs des droits des homosexuels. Son essai Offences against One’s Self sur l’homosexualité, est paru en 1978 dans la revue scientifique Journal of Homosexuality. L’essai de Bentham, publié plus d’un siècle après sa mort, est le premier ouvrage en faveur d’une réforme du droit des homosexuels. Il y demande la dépénalisation de la sodomie qui, comme il l’explique, « n’affaiblit » en aucun cas l’homme et qui n’est pas une menace pour le développement de la population ni pour le mariage. Il s’attaque ainsi à toute moralité sexuelle.

    Répondre à ce message

  • Socrate

    Socrate : « Il y a donc, selon toi, des talens de femmes, et d’autres réservés aux hommes. »

    Source

    SOCRATE.
    Voyons donc ; si on te demandait : sont-ce les plus sages ou les moins sages qui donnent les noms les plus justes ?

    HERMOGÈNE.
    Évidemment ce sont les plus sages, répondrais-je.

    SOCRATE.
    Dans une ville, à parler en général, sont-ce les hommes ou les femmes qui te paraissent les plus sages ?

    HERMOGÈNE.
    Ce sont les hommes.

    SOCRATE.

    Remarque bien ceci. D’abord, je puis rapporter l’image de l’homme à l’homme, celle de la femme à la femme, et ainsi du reste.

    CRATYLE.
    Oui.

    SOCRATE.
    Je puis aussi rapporter, tout au contraire, l’image de l’homme à la femme et celle de la femme à l’homme,

    CRATYLE.
    Cela est encore possible.

    Source

    Socrate :

    « Au rapport de Solon, les prêtres égyptiens, lorsqu’ils lui racontèrent la guerre de ce temps-là. Et il en est de même des noms des femmes. En outre, la tenue et l’image de la déesse, que les hommes de ce temps-là représentaient en armes conformément à la coutume de leur temps, où les occupations guerrières étaient communes aux femmes et aux enfants, signifient que, chez tous les êtres vivants, mâles et femelles, qui vivent en société, la nature a voulu qu’ils fussent les uns et les autres capables d’exercer en commun la vertu propre à chaque espèce…

    Tel était le genre de vie de ces hommes qui étaient à la fois les gardiens de leurs concitoyens et les chefs avoués des autres Grecs. Ils veillaient soigneusement à ce que leur nombre, tant d’hommes que de femmes, déjà en état ou encore en état de porter les armes, fût, autant que possible, constamment le même, c’est-à-dire environ vingt mille. »

    Source

    SOCRATE

    Ménexène, j’ai justement eu pour maître une femme qui ne manque pas de valeur dans l’art oratoire et qui a formé beaucoup d’excellents orateurs, et en particulier un qui est le premier de la Grèce, Périclès, fils de Xanthippe.

    MÉNEXÈNE

    Qui est cette femme ? C’est sans doute Aspasie dont tu parles ?

    (…)

    MÉNEXÈNE

    Par Zeus, Socrate, elle est bienheureuse, ton Aspasie, de pouvoir, étant femme, composer de tels discours.

    SOCRATE

    Eh bien, si tu ne le crois pas, suis-moi, et tu l’entendras parler elle-même.

    MÉNEXÈNE

    Je me suis trouvé plus d’une fois avec Aspasie, Socrate, et je sais ce qu’elle vaut.

    SOCRATE

    Eh bien, ne l’admires-tu pas et aujourd’hui ne lui sais-tu pas gré de son discours ?

    MÉNEXÈNE

    Si, Socrate ; je sais même beaucoup de gré de ce discours à Aspasie ou à celui, quel qu’il soit, qui te l’a débité, et j’ajoute, beaucoup de gré aussi à celui qui l’a récité.

    Source

    Socrate : « Puisqu’il y a doute, renvoyons la question à un autre moment : achevons à présent de qui est commencé. Pour moi, je vois la danseuse qui attend et à laquelle on apporte des cerceaux. » Sur cela, la musicienne fait entendre sa flûte, et quelqu’un placé près de la danseuse lui donne des cerceaux jusqu’à douze. Elle les prend : aussitôt elle danse et les jette en l’air, en calculant à quelle hauteur elle doit les jeter pour les recevoir en cadence. Alors Socrate : « Il y a mille preuves, mes amis, et ce que fait cette enfant en est une nouvelle, que la nature de la femme n’est pas inférieure à celle de l’homme : il ne lui manque qu’un peu plus d’intelligence et de vigueur. Qu’ainsi ceux d’entre vous qui ont une femme lui apprennent résolûment tout ce qu’ils veulent qu’elle sache et qu’elle mette en pratique. »

    Socrate s’adressant directement à Antisthène : « Pour cette fois, dit-il, les spectateurs ne nieront pas, je crois, qu’on ne puisse donner des leçons de courage, puisque cette danseuse, toute femme qu’elle est, passe si hardiment à travers les épées.

    Source

    Xénophon rapporte les propos de Socrate à son fils :

    « Socrate, s’étant aperçu que Lamproclès, l’aîné de ses fils, était irrité contre sa mère : « Dis-moi, mon enfant, lui demanda-t-il, sais-tu qu’il y a certains hommes qu’on appelle ingrats ? — Je le sais, répondit le jeune homme. — Sais-tu donc aussi ce qu’ils font pour recevoir ce nom ? — Oui ; l’on appelle ingrats ceux qui ont reçu des bienfaits, et qui, le pouvant, n’en témoignent pas de reconnaissance. — Ne vois-tu pas que l’on range les ingrats parmi les hommes injustes ? — Je le vois. — T’es-tu donc déjà demandé si, de même qu’il est injuste de rendre ses amis esclaves, tandis qu’il est juste d’asservir ses ennemis, de même aussi il est injuste d’être ingrat envers ses amis, et juste de l’être envers ses ennemis ? — Assurément ; et je crois que celui qui ne s’efforce pas de témoigner de la reconnaissance à un bienfaiteur, soit ami, soit ennemi, est un homme injuste. — Eh bien ! s’il en est ainsi, l’ingratitude est donc une pure injustice. » Lamproclès en convint. « Et un homme est d’autant plus injuste qu’il se montre ingrat après avoir reçu plus de bienfaits ? » Il en convint encore. « Eh bien ! où trouverons-nous jamais personne qui ait reçu plus de bienfaits que les enfants n’en reçoivent de leurs parents ? Ce sont les parents qui les ont fait passer du néant à l’être, au spectacle de tant de merveilles, à la jouissance de tant de biens que les dieux ont donnés à l’homme : et ces biens nous semblent si précieux, que tous, tant que nous sommes, nous ne craignons rien tant que de les perdre. Aussi les cités ont-elles établi la peine de mort contre les plus grands crimes, comme le châtiment le plus effrayant pour arrêter l’injustice.
    « Sans doute tu ne te figures pas que c’est exclusivement pour les plaisirs de l’amour que les hommes cherchent à avoir des enfants, puisque les rues et les maisons sont pleines de moyens de se satisfaire ; mais on nous voit considérer quelles femmes nous donneront les plus beaux enfants, et c’est à celles-là que nous nous unissons pour réaliser notre espoir. L’époux nourrit donc avec lui celle qui l’aide à devenir père ; il amasse d’avance pour ses futurs enfants tout ce qu’il croit devoir leur être utile durant leur vie, et il en fait la plus ample provision possible. La femme reçoit et porte ce fardeau qui l’alourdit et qui met ses jours en péril ; elle donne à son enfant une part de sa propre substance ; puis, après une gestation et un enfantement plein de douleurs, elle nourrit et soigne, sans aucun retour, un enfant qui ne sait pas de qui lui viennent ces soins affectueux, qui ne peut pas même faire connaître ce dont il a besoin, tandis que la mère cherche à deviner ce qui lui convient, ce qui peut lui plaire, et qu’elle le nourrit jour et nuit, au prix de mille fatigues, et sans savoir quel gré la payera de ses peines. Mais c’est peu de nourrir les enfants : dès qu’on les croit en âge d’apprendre quelque chose, les parents leur communiquent toutes les connaissances utiles qu’ils possèdent eux-mêmes ; ou bien, ce qu’ils croient un autre plus capable de leur enseigner, ils les envoient l’apprendre auprès de lui, sans épargner la dépense ni les soins, mais faisant tout pour que leurs fils deviennent les meilleurs possible. » À cela le jeune homme répondit : « Oui, certes, elle a fait tout cela et mille fois plus encore ; mais personne cependant ne pourrait supporter son humeur. » Alors Socrate : « Crois-tu donc, dit-il, que l’humeur sauvage d’une bête soit plus insupportable que celle d’une mère ? — Non vraiment, du moins d’une mère telle que la mienne. — Est-ce que par hasard elle t’aurait fait quelque morsure ou lancé une ruade, comme tant de gens en reçoivent des bêtes ? — Mais, par Jupiter, elle dit des choses qu’on ne voudrait pas entendre au prix de la vie. — Et toi, dit Socrate, combien, depuis ton enfance, ne lui as-tu pas causé de désagréments insupportables, et de parole, et d’action, et le jour, et la nuit ? combien de soucis ne lui ont pas donnés tes maladies ? — Mais, du moins, je ne lui ai jamais rien dit, jamais rien fait dont elle eût à rougir. — Quoi donc ? Dois-tu trouver plus pénible d’entendre ce qu’elle te dit, qu’il ne l’est aux comédiens d’écouter les injures qu’ils se prodiguent mutuellement dans les tragédies ? — Mais, à mon avis, comme ils ne pensent pas que celui qui les injurie les injurie pour leur infliger une peine, ni que celui qui les menace les menace pour leur faire du mal, ils endurent facilement ce qu’on leur dit. — Et toi, qui sais bien que ta mère, quoi qu’elle te dise, le dit sans songer à mal, mais qu’elle voudrait te voir aussi heureux que personne, tu t’irrites contre elle ? Crois-tu donc que ta mère soit pour toi une ennemie ? — Non, certes, je ne le crois point, » Alors Socrate : « Eh bien, cette mère qui t’aime, qui prend de toi tous les soins possibles quand tu es malade, afin de te ramener à la santé et que rien ne te manque, qui, en outre, prie les dieux de te prodiguer leurs bienfaits et s’acquitte des vœux qu’elle a faits pour toi, tu te plains de son humeur ? Pour moi, je pense que, si tu ne peux supporter une telle mère, tu ne peux supporter rien de bon. »

    Source

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0