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Quels mensonges sur la prétendue « crise de l’énergie » ?

mardi 20 septembre 2022, par Karob, Robert Paris

Macron réduit notre chauffage

Pétrole, gaz, nucléaire, climat, Ukraine, inflation, récession : quels mensonges sur la prétendue « crise de l’énergie » ?

Alors que l’activité économique mondiale entre en récession, on entend parler de manière paradoxale de manque d’énergie. On devrait pourtant apprendre qu’il va y en avoir trop puisque moins d’activité signifie certainement une consommation moindre. Il y a donc bel et bien une énigme sinon un paradoxe. Et probablement un mensonge...

On nous annonce des catastrophes énergétiques et on s’empresse de nous proposer de prétendues « solutions » qui sont toutes des sacrifices pour les plus démunis. Parmi ces propositions, on trouve bien sûr la relance du nucléaire ! On trouve aussi des réductions volontaires de chauffage domestique comme en propose Macron. L’Europe, elle, propose que chaque pays réduise d’au moins 5% sa consommation d’électricité durant les heures dite pleines, à savoir celles où l’électricité est la plus chère. Et bien entendu, le principal soutien serait l’aide financière… aux entreprises soi-disant frappées par cette crise et pas aux ménages les plus démunis ! La « sobriété » et les efforts pour les peuples et les aides publics pour les capitalistes, on connaît… Et si on n’accepte pas, on nous menace de factures multipliées par dix et de coupures !

Au fait, une crise énergétique, c’est quoi ? Cela signifie à la fois le manque, l’augmentation des prix (notamment la cherté du gaz et de l’électricité), l’augmentation de la difficulté d’approvisionnement, la perte d’indépendance, l’accroissement de la lutte entre les grands pays consommateurs et les grands pays producteurs, les difficultés accrues du secteur nucléaire…

Les explications les plus souvent avancées sont le climat et les conséquences de la guerre d’Ukraine. Mais sont-elles vraiment satisfaisantes ? D’autant que l’on remarque que les gouvernants font de cette question un motif en soi de guerre, le gouvernement français mettant même en place un « conseil de défense » sur la crise énergétique, ce qui suppose que l’intervention armée soit au centre de la question de cette carence en énergie !

Mais n’est-ce pas pure propagande : l’armée peut-elle réellement quelque chose au fait que plus de la moitié des centrales nucléaires de France soient en panne ou indisponibles, qu’EDF, Areva et le CEA soient au bord de la faillite ?

Bien sûr que la conquête de l’énergie par les pays riches impérialistes est une guerre permanente car la plupart d’entre eux en sont dépourvus. Les anciens impérialismes, Angleterre, France et Allemagne, en savent quelque chose car c’est justement leur cas. Mais cela l’est aussi pour des pays comme le Japon ou la Corée du sud, pour nombre de pays d’Europe ou encore pour l’Australie et aussi bien des pays pauvres. Si la France a mené une guerre coloniale effroyable en Algérie, le pétrole et le gaz que ce pays contient n’y sont pas pour rien ! De même que pour les guerres que la France mène au Niger et au Mali, pays qui fournissent l’uranium indispensable aux centrales nucléaires ou le Gabon pays fournisseur de pétrole et bien d’autres. Aujourd’hui, ces pays feignent d’avoir dépassé leur époque coloniale et les gouvernants français essaient de se rapprocher des gouvernants algériens pour récupérer notamment le gaz de manière pacifique mais la menace militaire n’a pas pour autant disparu.

La guerre d’Ukraine à laquelle les USA ont poussé la Russie a aussi une odeur d’énergie à conquérir. Et de même pour le reste du monde. Cela ne veut pas dire que le pétrole et le gaz aient disparu de la planète. Il n’y en a même pas moins de produite même si les prix montent en flèche. Les profits de la plupart des trusts pétroliers et gaziers comme Total témoignent que les affaires de l’énergie ne marchent pas si mal… à part pour les peuples…

Si l’énergie est plus difficilement accessible dans certains cas, c’est à cause de la guerre d’Ukraine notamment, nous dit on. Mais ce n’est pas directement la guerre qui est cause, sinon les punitions économiques mutuelles des belligérants, punitions qui ont coupé les marchés mondiaux en deux, d’un côté alliés des USA et, de l’autre, alliés de la Russie, rendant les échanges entre les deux parties plus difficiles et parfois impossibles. C’est un choix y compris des pays les plus riches du monde capitaliste et non une conséquence automatique de la guerre.

Quant au nucléaire, mis à part l’approvisionnement en matières radioactives, il y a la lutte pour conquérir le marché des centrales à construire, lutte dans laquelle le petit impérialisme français s’était bien mis en avant, et qui paie maintenant à prix fort cet effort de conquête des marchés. Il y a eu Fukushima, un désastre dans lequel la France était partie prenante et partage la responsabilité. Désastre qui a contribué à réduire considérablement le marché des centrales nucléaires. Il y a eu ensuite les échecs et les retards de constructions de centrales par la France qui ont plombé les EDF, CEA et Areva au point de les couler et de leur imposer de maintenir en fonction des centrales nucléaires hors d’usage, périmées et dangereuses et de produire des centrales nouvelles normes dites EPR qui ont des dysfonctionnements et des retards de fabrication qui coûtent extrêmement cher.

Toutes ces difficultés de l’énergie sont attribuées par bien des commentateurs officiels au climat ! Celui-ci a bon dos quant il s’agit en fait des crimes impérialistes et capitalistes ! Comme si les difficultés actuelles provenaient de la volonté des classes possédantes de défendre la planète ! Elle est bien bonne ! Comme s’ils construisaient des centrales nucléaires parce qu’elles polluent moins ! Demandez aux océans où la centrale de Fukushima déverse actuellement des milliers de tonnes d’eaux radioactives qui ont servi à refroidir les réacteurs. Demandez aux voisins des centrales qui ont aussi des eaux contaminées. Demandez aux populations des zones d’extraction des matières radioactives comme l’uranium.

Et les guerres coloniales ou impérialistes, même inter-impérialistes, ne doivent pas nous faire oublier que, dans le domaine de l’énergie comme dans les autres, la première guerre menée par le monde actuel est celle contre les exploités, les opprimés, les pauvres ! L’accès à l’énergie comme à d’autres biens de consommation est en voie d’être déniée aux plus démunis, sous forme de hausse des prix comme sous forme de rupture de service public. L’EDF menace déjà de ne plus délivrer d’énergie que de manière pointillée et de plus en plus chère. L’Etat se dit contraint de la nationaliser, en fait de livrer l’argent public pour la renflouer, alors que cette entreprise s’est ruinée en favorisant la mise en place de la « filière française du nucléaire », bien entendu une filière livrée au secteur capitaliste privé !

Le climat dans tout cela n’est qu’un prétexte. Ce n’est pas pour défendre le climat (si on savait même ce qu’une telle expression peut bien vouloir dire) que les trusts augmentent leurs prix alors qu’ils ne disposent pas de moins de matière. Ce n’est pas pour défendre le climat que des Etats comme la France et le Japon ont tout misé sur le nucléaire. Comme ce n’était pas pour défendre les intérêts des peuples des pays impérialistes que ces derniers avaient imposé militairement leur mainmise sur les pays producteurs et leur avaient imposé leurs prix. Et encore moins pour défendre les intérêts des peuples colonisés évidemment !

La planète, que ce soit son climat ou sa pollution, les trusts et leurs gouvernants s’en moquent et, quand elle leur sert d’argument, c’est pour imposer des sacrifices, et certainement pas pour s’en imposer à eux-mêmes. Il n’y a pas sous le capitalisme de réduction de l’énergie qui serait dû à un plus grand souci de la planète.

Les hausses de prix sont loin de ne concerner que l’énergie. Elles concernent aussi bien les produits alimentaires ou d’autres. Et là, ce n’est ni le climat, ni même l’Ukraine qui sont la cause.

Ce sont les aides massives (et même folles) des Etats et des capitalistes à une économie mondiale exsangue qui, depuis l’effondrement de 2007-2008, ont mené à la situation actuelle qui cumule une récession et une inflation toutes deux massives et inexorables qui vont écraser le peuple travailleur dans les mois et années qui viennent.

Ce ne sont que des manifestations du fait que le capitalisme a cessé de fonctionner comme il l’a fait durant de décennies et sera incapable de se maintenir, pouvant tout au plus préserver une dictature des classes dirigeantes mais pas son système.

C’est le mécanisme capitaliste qui n’a plus aucune énergie !

Le peuple travailleur, par contre, dispose encore de toute son énergie, de toutes ses capacités, comme la dernière vague de révolutions sociales dans le monde l’a montré. Il est certes en train d’être durement frappé et d’abord par la guerre pandémique et ensuite par la guerre antisociale que lui livrent les classes dirigeantes. La guerre de l’énergie n’est qu’une nouvelle forme de cette attaque en règle contre le peuple travailleur.

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