English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 0 - PREFACE > Réponses à des questions diverses de nos lecteurs

Réponses à des questions diverses de nos lecteurs

mardi 1er juin 2010, par Robert Paris

A PROPOS DE QUELQUES QUESTIONS DE NOS LECTEURS

Question : Peut-on donner une illustration simple, issue de la vie courante, montrant cette fameuse discontinuité de l’univers naturel et cette aspiration humaine très artificielle à la continuité apparente ?

Réponse : Tout autour de nous, les hommes ont disposé des immeubles, des meubles, des outils qui reflètent notre aspiration à voir le monde comme un continuum : des meubles, des voitures, des façades, des routes, des vêtements, etc… Tous ont une apparence lisse, continue, régulière. Pourtant, si on les laisse évoluer naturellement, ces revêtements, ces tentures, ces peintures, ces façades se lézardent, se fissurent, cassent, se rompent et rendent le matériau à sa discontinuité naturelle.

Question : D’un côté, nous disons que nous voulons transformer le monde de façon consciente et de l’autre que c’est le même monde déterministe, scientifique, que la matière. N’y a-t-il pas une contradiction ?

Réponse : Tu as raison de soulever cette question qui a été d’ailleurs posée par nombre de philosophes. On l’a appelée aussi celle du libre arbitre et qui a longtemps amené les gens à considérer que la matière et l’homme appartenaient à des domaines différents. Cependant, le déterminisme scientifique a profondément changé de base et il n’est pas celui des siècles passés. C’est dû à des découvertes comme la physique quantique, la physique probabiliste, la physique des transitions de phase, la relativité et le chaos déterministe notamment. Il en découle que les sciences humaines et matérielles se sont considérablement rapprochées. La conception moderne du déterminisme n’inclut plus nécessairement la prédictibilité. Le changement radical nécessaire dans une transformation matérielle donnée peut dépendre de manière sensible aux conditions initiales. Il peut n’être qu’une probabilité, qu’une possibilité, qu’une virtualité. La transformation de système opérée par l’homme est également une virtualité. D’autre part, l’action des individus sur la société, une action de la petite échelle sur la grande n’est pas si distante de l’action des petites causes que nous trouvons dans la notion de « sensibilité aux conditions initiales ». Le rôle de l’individu dans l’Histoire se rapproche de cette interaction d’échelle et le changement radical de société de la notion de « transition de phase ».

Question : Est-ce que la matière, la vie ne sont pas des phénomènes qui témoignent plutôt de la continuité que de la discontinuité ?

Réponse de Stephen Jay Gould dans « Le pouce du panda » :

« Le gradualisme, l’idée que tout changement doit être progressif, lent et régulier, n’est jamais né d’une interprétation des roches. Il représentait une opinion préconçue, largement répandue, s’expliquant en partie comme une réaction du libéralisme du 19ème siècle face à un monde en révolution. Mais il continue à pervertir notre prétendue vision objective de l’histoire de la vie. A la lumière des présuppositions gradualistes quelle autre interprétation pouvait-on donner de l’origine de la vie ? Le passage des éléments de notre atmosphère originelle à la molécule d’ADN constitue une énorme étape. La transition aurait donc dû s’effectuer laborieusement à travers une succession de phases multiples intervenant une par une, tout au long de milliards d’années. Mais l’histoire de la vie, telle que je la conçois, est une série d’états stables, marqués à de rares intervalles par des événements importants qui se produisent à grande vitesse et contribuent à mettre en place la prochaine ère de stabilité. »

Question : pourquoi le temps n’est-il pas simplement une variable numérique grandissant linéairement, comme le pensait Newton ?

Réponse : Le temps nous est difficile à connaître et c’est paradoxalement pour cela que l’on s’est contentés d’en faire une variable simple, sans anfractuosités, sans variations, sans ruptures, sans discontinuités ni saut. En fait, c’est certainement la notion qui pose le plus de problèmes, philosophiques autant que scientifiques, si bien que la plupart des physiciens ont préféré le laisser de côté en le traitant comme une variable mathématique dite réelle, au sens d’un nombre qui passe successivement par toutes les valeurs des nombres réels. Telle n’est pas la réalité. Un tel nombre manque de bien des qualités du temps et d’abord il lui manque le caractère hiérarchique, emboîté avec interaction d’échelles. Le temps n’est ni une série de positions fixes (l’heure qu’il est), ni une somme de segments (des durées qui s’additionnent). Ni l’image des points d’une droite, ni celle des segments d’une droite, ni celle, circulaire, d’une horloge ne satisfont à la réalité physique du temps. Et ce pour plusieurs raisons. Et d’abord, loin de la linéarité additive des segments, de la continuité de la droite des nombres dits réels, de la précision ponctuelle de l’instant, de la le temps est dynamique, discontinu, quantique (donc imprécis), non-linéaire, dialectiquement contradictoire, fondé sur l’interaction d’échelle, et est relié à la matière et au vide qui ne sont ni fixes, qui apparaissent et disparaissent brutalement et manière brutale, discontinue et non-linéaire. Matière-lumière-vide-espace-temps est un seul et même univers. Le temps du vide a les mêmes caractéristiques que la matière virtuelle que l’on y trouve : il ne connaît pas la flèche du temps puisque la rupture de symétrie entre matière et antimatière n’y a pas cours. C’est pourtant le temps et la matière du vide qui fondent le temps et la matière dits réels. C’est le désordre qui fait émerger l’ordre. Cet ordre du temps est transformé en espace par les bosons. Mais cet ordre émergent est sans cesse construit et à nouveau détruit. C’est seulement à proximité des masses dites réelles que le temps connaît un sens irréversible : l’écoulement que nous connaissons à notre échelle. Cela seul suffit à détruire l’idée que les temps longs seraient « simplement » des sommes de temps courts.

Question : Quelle différence entre rébellion et révolution ?

Réponse :

Ces derniers temps, dans de nombreux pays pauvres, la crise des classes dirigeantes et la décomposition de l’Etat ont eu pour conséquence l’apparition de guerres internes dans des zones où on trouve des ressources importantes : mines, pétrole ou gaz et où le partage de ces ressources est contesté par des groupes armés prétendant plus ou moins défendre les intérêts des populations de la zone. Ce type de guérilla n’est en fait pas vraiment nouveau même si actuellement il s’agit plutôt de petites guerres locales sans véritables buts politiques nationaux. On trouve ce type de guerres et bandes armées au Soudan, au Tchad, en Haïti ou en Côte d’Ivoire. Elles s’appuient sur un conteste politique et social injuste, déstabilisé mais n’offrent pas de véritable issue à la crise sociale et politique de la société. Il y a également un cas particulier : les guérilla se revendiquant d’un prétendu anti-occidentalisme ou même d’un anti-impérialisme prétendu au nom de l’Islam. Là encore, c’est la crise des perspectives des classes bourgeoises dans la région qui donne son succès (relatif) à l’entreprise et, plus encore, la politique de l’impérialisme US consistant à faire croire que l’ennemi le plus dangereux pour lui seraient ces « djihad ». Mais nulle part, ces guérillas, quelle que soient les attributs idéologiques dont elles se parent, n’ont « donné le pouvoir au peuple » comme elles le prétendent en général. Elles ont eu pu triompher comme en Somalie ou en Afghanistan mais c’est seulement pour aggraver la dictature sociale et politique. Et cela n’a rien de particulièrement étonnant car la dictature est la base du système en cours dans les armées de guérilla. L’Etat y est déjà en place sans aucun rôle de la population. Et cela se poursuit après la prise du pouvoir. L’idéologie n’est qu’une parure à la domination des classes dirigeantes. Les Talibans, élèves en religion armés, n’ont pas renversé les familles féodales et bourgeoises d’Afghanistan. Les guérillas du Soudan ou de Côte d’Ivoire n’ont fait qu’aggraver le sort des populations civiles. Elles offrent certes une alternative au pouvoir en place, mais c’est un simple changement d’équipe ou de style et pas un véritable changement social et politique permettant aux peuples d’accéder à plus de richesse ou plus de place dans le pouvoir politique et social. Les guérillas ne sont pas un phénomène récent. Elles ont marqué l’époque de la décolonisation, des mouvements nationalistes et staliniens d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Mais jamais les armées « de libération nationale » n’ont supprimé la dictature sociale des classes dirigeantes et encore moins « donné le pouvoir au peuple ». Le pouvoir, on ne le dira jamais assez, ne se donne pas : il se prend. Un peuple travailleur a besoin pour aller vers son propre pouvoir de s’organiser en communes, en conseils, en comités, appelez-les comme vous voulez. Et toutes les rébellions du monde se sont toujours refusé à laisser les travailleurs s’organiser de manière indépendante d’un Etat, d’une armée, indépendante des classes dirigeantes, des chefs militaires et religieux.

Plus encore, les rébellions agissent à contrario des révolutions dont elles utilisent la menace sociale pour imposer leur dictature politique et militaire. La révolution, contrairement aux rébellions militaires, c’est d’abord et avant tout une explosion d’auto-organisation des masses opprimée allant jusqu’à la prise du pouvoir non par un groupe politique ou une armée mais par la prise du pouvoir des opprimés. Quand ce type de situation se présente, les classes dirigeantes préfèrent le pouvoir des bandes armées et la guerre interne que la révolution sociale. Ainsi, en Côte d’Ivoire, quand les révoltes populaires ont mis à bas deux régimes : celui de Bédié et celui de Gueye, ils ont laissé le pays se diviser en groupes armés hostiles car c’était moins dangereux que de voir les opprimés du pays s’unir contre les classes dirigeantes.

En Algérie, la classe dirigeante liée au pouvoir militaire a préféré laisser se mettre en place une armée « islamiste » et s’engager une guerre civile plutôt que de laisser la situation d’octobre 1988 avec la révolte de la jeunesse et la grève générale de la classe ouvrière risquer de mener à des situations de révolution sociale.

Question : y a-t-il des exemples qui montrent des contradictions dialectiques dans la nature ?

Réponse : il s’agit de bien plus que de quelques exemples. Si le monde est dynamique, changeant, s’il a produit au cours de son histoire des particules, des rayonnements, des molécules, de la matière, des étoiles, des planètes, des êtres vivants, c’est qu’il a la capacité de changer et pas seulement de se mouvoir. Et déjà la capacité de se mouvoir nécessite des contradictions dialectiques, comme le pensaient Parménide et Zénon, et comme l’avait souligné Hegel. Mais la nature change et ne se contente pas d’aller vers l’équilibre. Elle produit des structures loin de l’équilibre qui sont dynamiques. Ces structures dynamiques contiennent toutes des contradictions dialectiques, c’est-à-dire qu’elles sont dirigées par des tendances contraires qui non seulement coexistent mais sont inséparables.

Donnons des exemples de ces contradictions dialectiques dans les phénomènes naturels.

Le plus simple à mettre en évidence par chacun d’entre nous est celui des mécanismes contradictoires du cerveau. Fermez les yeux et convainquez vous que vous ne devez penser à rien. Un million de pensées vous viennent à l’esprit que vous avez du mal à chasser. Convainquez vous qu’il est très important que vous vous endormiez ce soir. Rien de mieux pour avoir du mal à dormir. Dans votre lit, pensez qu’il est important de ne pas bouger pour ne pas réveiller votre conjoint. Cela suffit à éveiller tous vos sens sur chacun de vos membres et à vous persuader qu’il est absolument indispensable que vous les bougiez. Convainquez vous que vous ne devez surtout pas manger entre les repas et vous voilà saisi de fringales systématiques qui vous apparaissent comme des besoins irrépressibles. D’une manière générale, il suffit que vous vous disiez que vous ne devez pas faire quelque chose, que ce n’est pas bien pour que vous ayez l’impression de vous priver de quelque chose dont vous aviez envie ! Vous touchez là un mécanisme général qui provient du fonctionnement du cerveau. Loin d’aller directement aux pensées et à l’analyse logique des situations, notre cerveau fonctionne par hypothèses successives suivies de leur contradiction. Les deux hémisphères déjà sont sources de pensées contraires. Leur dialogue, loin de résoudre la contradiction, en trouve toujours de nouvelles. Ce n’est pas généralement la source d’embarras particuliers ou de maladies mais la source de la richesse de notre pensée.

Le cerveau n’est pas plus particulièrement source de contradiction. On les retrouve partout, aussi bien dans l’inerte que dans le vivant. La plupart des gens restent sceptiques devant une telle affirmation. Comment une chose pourrait être elle-même et son contraire ? La lutte des contraires ne donne-t-elle pas la victoire finale à l’un des deux combattants ? La dialectique répond que la victoire donne naissance à un nouveau combat des contraires, qu’elle transforme autant le vainqueur que le vaincu. La fin de l’existence de contradictions serait la fin de toute dynamique. Car un système dynamique sans forces contradictoires aurait vite fait d’en venir à un état stable qui n’aurait plus aucune raison de changer. La mort de la structure est la seule fin possible des contradictions.

Donnons-en quelques exemples.

Commençons par la physique fondamentale.

Le principe d’incertitude d’Heisenberg qui règle les limites de la mesure dans tous les domaines matériels est fondé sur la remarque suivante : plus on essaie de cantonner une particule de matière dans un espace étroit, plus il reçoit d’énergie pour en sortir…

Partons dans la matière de l’extrêmement grand, dans les étoiles et les espaces interstellaires. Plus l’étoile est de grande taille et subit une forte pression de gravitation due à sa grande masse, plus elle émet une grande quantité de pression de rayonnement due à ses explosions nucléaires dans son noyau.

Examinons maintenant une échelle intermédiaire : celle de la terre. La météorologie et la climatologie, la tectonique des plaques, le volcanisme et tous les mécanismes de géophysiques sont remplis de contradictions dialectiques. Ce sont par exemple les rétroactions négatives de phénomènes comme les coexistence de deux phases (liquide et gazeuse) au sein d’un nuage. Plus il y a une grande partie du nuage qui condense (en gouttelettes) et plus il y en a une part importante qui vaporise. C’est le fondement même de la structure dynamique du nuage. Et c’est loin d’être un exemple isolé. Les structures émergentes sont toutes le produit de telles contradictions dynamiques.

Examinons l’émergence de la matière durable, dite réelle par opposition à la matière virtuelle qui est plus éphémère, au sein du vide. Elle est pleine de contradictions. Le vide contient autant de matière que d’antimatière et le temps y est symétrique (pas de flèche du temps). Par contre, le temps n’existe que sur de très courtes plages inversement proportionnelles aux émissions d’énergie. Le monde du vide engendre un monde de la matière qui lui est complètement contradictoire. Le monde dit matériel est formé de bosons et de fermions qui sont interdépendants mais complètement contradictoires. Ils obéissent à des logiques opposées. Par exemple, les bosons peuvent et apparaître et disparaître sans laisser de trace et sont grégaires. Les fermions sont anti-grégaires (principe de Pauli) et ne peuvent disparaître sans laisser de trace. Cependant ni les uns ni les autres ne peuvent exister sans leur contraire.

Passons au vivant. Il n’est pas de domaine où soit plus évident l’existence des contradictions dialectiques. Elles sont partout présentes. Elles jouent le rôle le plus fondamental, celui de pilote de la dynamique qui est permanente.

La cellule vivante est le siège d’un combat permanent des gènes et des protéines de protection de la vie et des gènes et des protéines de la mort qui cherchent à suicider la cellule de l’intérieur (apoptose). C’est le mécanisme fondamental mais c’est loin d’être le seul mécanisme contradictoire du fonctionnement biologique et génétique. Les gènes qui servent à produire des protéines peuvent également servir à bloquer le fonctionnement d’autres gènes. Ainsi, l’ADN est auto-bloquant, ce qui signifie lui qui est d’abord chargé de produire des protéines ne fait rien s’il n’est pas activé par des protéines spécifiques qui débloquent les gènes de blocage. Activation et blocage sont donc des fonctions assurées par les mêmes types de molécules.

Question : Pourquoi le ciel est bleu ?

Réponse de Victor Weisskopf dans « La révolution des quanta » qui l’explique par la physique quantique :

Comment la théorie quantique explique-t-elle l’absorption de lumière par un corps, autrement dit par un atome ou une molécule ? Imaginons un atome ou une molécule baignant dans le champ d’une onde de lumière de couleur bien déterminée. En termes quantiques, une telle onde est décrite comme une assemblée de photons possédant tous une même énergie h fois f (h constante de Planck et f la fréquence correspondant à la couleur de la lumière utilisée). Quant à l’atome, la théorie quantique le décrit comme un système dont l’énergie est quantifiée, c’est-à-dire présente une succession de niveaux, séparés entre eux : l’énergie d’un atome ne peut prendre que certaines valeurs, celles de ces niveaux d’énergie, et ces valeurs sont caractéristiques de l’atome en question, ou plus exactement de l’espèce à laquelle il appartient : carbone, azote, etc…

A l’état normal, dit non excité, un atome se situe dans l’état d’énergie minimum parmi ceux qui lui sont permis ; on dit qu’il est dans son état fondamental. Lorsqu’il reçoit l’énergie lumineuse transportée par des photons d’une fréquence f, il peut passer dans un état supérieur, à condition toutefois que l’énergie des photons h fois f soit exactement égale à la différence entre l’un de ses niveaux permis et son niveau fondamental.

Si tel est le cas, l’atome absorbe un photon, lequel disparaît du faisceau incident, pendant que l’atome se retrouve dans un état d’énergie supérieure. On désigne ces absorptions du nom d’absorption résonnante, ou encore, pour aller plus vite, de résonance.

Je vais maintenant introduire une nouvelle fois un modèle commode pour représenter l’atome. Figurons-nous ses électrons comme de petits oscillateurs capables de vibrer sous l’effet d’une onde électromagnétique et dont les fréquences propres (c’est-à-dire les fréquences pour lesquelles l’électron se met à résonner avec une grande amplitude) correspondent à des transitions de l’atome de son niveau fondamental à l’un de ses niveaux excités. Autrement dit, les fréquences propres du résonateur qui nous sert de modèle de l’atome sont égales à ses fréquences de résonance quantique.

Examinons l’effet de la lumière sur des atomes au moyen de ce modèle d’oscillateur. (…) Sous l’effet d’une onde lumineuse, l’oscillateur se met à vibrer ; la réponse de l’oscillateur est très faible (mais non nulle) lorsque la fréquence de l’onde incidente se trouve être différente de l’une de ses fréquences propres, et elle devient au contraire très importante lorsque les fréquences de l’onde et de l’oscillateur sont accordées, lorsqu’il y a résonance.

Quelles sont donc les fréquences de résonance des divers atomes et molécules ?

Pour la plupart des atomes simples (l’oxygène, l’azote, l’hydrogène), elles se situent bien au-dessus de celles qui caractérisent la lumière visible ; elles se situent dans ce que l’on appelle l’ultraviolet. C’est la raison pour laquelle un gaz nous apparaît comme transparent.

Pour des molécules (O², N², H²O), les résonances se trouvent en dessous des fréquences visibles de l’infrarouge et dans l’ultraviolet, donc encore une fois en dehors du domaine visible. Mais il y a une différence importante : dans le cas des atomes, les masses qui oscillent sont des électrons ; dans le cas des molécules, les masses oscillantes sont des atomes, et donc beaucoup plus lourdes que dans le premier cas. Ceci a pour effet qu’une même onde mettra plus facilement en mouvement les oscillateurs correspondants à des atomes que ceux qui correspondent à des molécules.

A partir de là, nous pouvons comprendre l’une des plus belles couleurs de la nature : le bleu du ciel.

La lumière solaire est, on le sait, composée d’un ensemble de radiations présentant toutes les fréquences possibles du spectre, allant de l’ultraviolet à l’infrarouge en passant par le visible. Examinons l’effet de ces diverses radiations sur les oscillateurs que constituent les atomes et les molécules dans l’atmosphère. Les radiations infrarouges induisent la résonance des molécules, mais les amplitudes correspondantes sont importantes. Quant aux radiations de la lumière visible, elles mettent en branle les oscillateurs avec une amplitude moyenne, voire faible, mais égale pour tous, puisque les oscillateurs impliqués n’ont pas de résonance dans le visible. Au total la lumière du soleil provoque des vibrations d’amplitude moyenne ou faible dans le visible, négligeable dans l’infrarouge et très forte dans l’ultraviolet.

Il nous faut maintenant tenir compte du fait qu’une charge oscillante, comme se trouve être l’électron d’un atome mis en vibration, est aussi un émetteur de lumière. C’est là l’un des résultats fondamentaux de la théorie de l’électromagnétisme de Maxwell. Un électron oscillant émet, dans toutes les directions, une onde électromagnétique (autrement dit de la lumière) dont la fréquence est égale à sa propre fréquence d’oscillation – ce que l’on appelle la diffusion Raylegh. On démontre par ailleurs que l’intensité de cette émission est proportionnelle à la puissance quatre de la fréquence.

Ainsi explique-t-on que les molécules d’air éclairées par le soleil émettent de la lumière ; et, de même, que cette émission soit plus importante dans le bleu que dans le rouge, puisque la fréquence de la lumière bleue est environ deux fois celle de la lumière rouge. Ainsi, lorsqu’on regarde le ciel sans regarder le soleil le voit-on bleu : c’est l’effet de la puissance quatre.

Question : Le capitalisme est-il capable de s’enfoncer dans sa crise au point d’entraîner toute l’humanité ?

Réponse : Oui. Il n’y a aucune loi qui permette au capitalisme d’être plus éternel qu’un autre système social. Il n’y a aucune fatalité que l’humanité s’avère capable de s’en sortir. Cela dépend de l’intervention active de ses membres et de leur confiance dans leur capacité de bâtir l’avenir.

Question : pourquoi mêler la science, par exemple la physique des particules, et la politique ?

Réponse : La physique n’est pas neutre. Suffit-il de rapporter la liste des noms des fabricants de la bombe atomique : Bohr, Fermi, Chadwick, Pierls, Segré, Weisskopf, Feynman et tant d’autres des plus fameux physiciens…

Question : pourquoi opposer mathématiques et sciences ?

Réponse d’Heisenberg dans « Physique et philosophie » :

« Quand nous représentons un groupe de liens par un ensemble fermé cohérent de concepts, d’axiomes, de définitions et de lois – ensemble qui, à son tour, est représenté par un formalisme mathématique – nous avons en fait isolé et idéalisé ce groupe de liens dans un but de clarification. Mais même si nous avons ainsi obtenu la complète clarification, nous ne savons pas avec quelle exactitude l’ensemble des liens décrit la réalité. L’on peut donner à ces idéalisations le titre de parties du langage humain, formées par l’interaction entre le Monde et nous, par la réaction humaine au puzzle de la Nature. En ce sens on peut les comparer aux différents styles d’art, par exemple d’architecture ou de musique. Un style d’art peut également se définir par un ensemble de règles formelles qui s’appliquent à la matière de cet art précis ; ces règles ne peuvent peut-être pas se représenter au sens strict par un ensemble de concepts et d’équations mathématiques, mais leurs éléments fondamentaux sont liés de façon très étroite aux éléments essentiels des mathématiques : égalité et inégalité, répétition et symétrie, certaines structures de groupes jouent ce rôle fondamental en art comme en mathématiques. Il faut en général le travail de plusieurs générations pour élaborer ce style formel que l’on appelle plus tard style artistique et pour passer du simple début jusqu’à la richesse de formes élaborées qui caractérisent son épanouissement. (…) Là encore, on ne peut décider à partir de règles formelles la question de savoir jusqu’à quel point les règles formelles du style représentent cette réalité de la vie qui est signifiée par l’art. Celui-ci est toujours une idéalisation ; l’idéal est différent de la réalité – ou du moins de la réalité des ombres, nous aurait dit Platon – mais l’idéalisation est nécessaire à la compréhension. »

Question : pourquoi Marx dit « prolétaires de tous les pays, unissez-vous » et pas unissons-nous ?

Réponse : En effet, cela peut sembler contradictoire car Marx a toujours affirmé qu’il ne se considérait pas comme un penseur séparé de la lutte de la classe, qu’il avait choisi le prolétariat, estimant qu’elle était la seule capable d’offrir un nouvel avenir à la société humaine. Son origine bourgeoise ou petite-bourgeoise, comme celle de son camarade et ami Engels, ne l’empêchait pas de choisir sa classe : celle des travailleurs. Marx parle, écrit, et agit donc en militant de la classe ouvrière et du prolétariat. Mais il ne considère pas son rôle comme remplaçant celui du prolétariat. Il considère que le penseur le plus génial, l’organisation révolutionnaire la meilleure, ne peut suppléer à l’expérience historique indispensable réalisée par l’action, le mode d’organisation et l’évolution de la conscience des prolétaires eux-mêmes, et ces trois éléments sont en grande partie différents de l’action, du niveau de conscience et d’organisation des groupes qui se réclament de la révolution ou du prolétariat. Le communisme pour Marx n’est pas un mode de pensée qui entend donner des leçons au prolétariat ni donner des modèles de société tout faits. Le Manifeste communiste affirme que les prolétaire doivent se libérer « eux-mêmes » ce qui ne veut surtout pas dire qu’ils n’ont pas besoin d’une théorie scientifique ni qu’ils n’ont pas besoin d’un parti politique. Cela signifie qu’ils ont crucialement besoin d’abord et avant tout de leurs propres formes d’organisation de classe indépendantes des organisations et idéologies des classes dirigeantes et de la petite bourgeoisie. L’organisation de classe n’est pas seulement le parti. C’est aussi les comités, les associations, les syndicats, … L’issue de la lutte dépend d’abord de la capacité du prolétariat lui-même et pas seulement de ses militants, de ses groupes politiques ni de ses dirigeants. C’est le prolétariat parisien, par exemple, qui a inventé la forme d’organisation du pouvoir qui suivra la révolution prolétarienne : l’Etat-commune, avant que Marx n’en tire la leçon. Certes, ce n’est le prolétariat qui a conçu lui-même cette généralisation de sa propre expérience mais, sans l’action indépendante et novatrice du prolétariat, cette grande leçon politique n’aurait pu être tirée par Marx...

Question : Hegel affirme que le temps disparaît. De quelle nature pourrait alors être le temps ? Comme un objet capable de disparaître et d’apparaître ? Comment la physique actuelle peut répondre à cette question ?

Réponse : Tout d’abord il faut noter la dépendance du temps (et de l’espace) de l’existence de la matière. Le temps qui s’écoule dans nos montres n’existe que s’il existe une matière, car sans elle pas d’écoulement du temps. Il disparaît si la matière disparaît. Déjà Poincaré qui avait appris la relativité du temps notamment par Einstein affirmait que l’on ne pouvait avoir un temps qu’en effectuant une mesure c’est-à-dire à l’aide de matière car le vide ou éther ne mesurait pas d’écoulement du temps : « La durée ne peut être un instrument pour le savant que si elle se mesure ; ce qui ne se mesure pas ne peut être objet de science. Or le temps mesurable est aussi essentiellement relatif. Et si tous les phénomènes se ralentissaient, et s’il en était de même de la marche de nos horloges, nous ne nous en apercevrions pas (…) Les propriétés du temps ne sont donc que celles des horloges, comme les propriétés de l’espace ne sont que celles des instruments de mesure. (…) Je m’explique : comment le corps solide pouvait-il nous servir à mesurer, ou plutôt à construire l’espace ? Eh bien, en transportant un corps solide d’une position dans une autre (…) De cette convention naissait la géométrie. A chaque déplacement possible du corps solide correspondait une forme de transformation possible de l’espace lui-même, n’altérant pas les formes et les grandeurs des figures ; et la géométrie n’est que la connaissance des relations mutuelles de ces transformations, ou pour parler le langage mathématique, l’étude de la structure du groupe formé par ces transformations, c’est-à-dire du groupe des mouvements des corps solides. (…) Tout se passe comme si le temps était une quatrième dimension de l’espace ; et comme si l’espace à quatre dimensions résultant de la combinaison de l’espace ordinaire et du temps pouvait tourner non seulement autour d’un axe de l’espace ordinaire, de façon que le temps ne soit pas altéré, mais d’un axe quelconque. »

(conférence du 4 mai 1912 édité dans « Dernières pensées »)

Question : Comment citer Poincaré comme un déterministe, alors qu’il a montré avec la sensibilité aux conditions initiales comme avec son étude de la loi des trois corps que la nature suivait des cheminements imprédictibles ?

Réponse : Poincaré qui est l’un des premiers à découvrir la « sensibilité aux conditions initiales » qui fonde la situation physique appelée par la suite « chaos déterministe », a été aussi l’un de ceux qui n’a cessé de défendre le déterminisme contre ceux qui affirmaient que la science justifiaient l’indéterminisme et notamment les positivistes. Et justement le chaos en question ne s’oppose pas au déterminisme. Ce sont les lois qui sont fondées sur le désordre, qui sont non-linéaires, qui produisent l’émergence de nouvelles structures, d’un nouvel ordre, et qui entraînent qu’un petit facteur légèrement différemment peut entraîner au bout d’un certain temps une divergence complète de la suite de l’évolution. Le déterminisme n’a pas disparu avec le chaos des systèmes dynamiques non-linéaires et imprédictibles du fait de la sensibilité aux conditions initiales. Il n’a fait qu’englober des systèmes apparemment désordonnés et apparemment totalement livrés au hasard. Il a montré que même de tels systèmes sont commandés par des lois et déterminés mais les conditions initiales devraient être connues avec une précision infinie qui est impossible pour qu’on puisse connaître la suite des événements.

Poincaré écrit dans « Dernières pensées » (extrait d’une conférence du 17 mars 1910) :

« Je ne puis passer sous silence un point important, malgré le peu de temps qui me reste pour le traiter. La science est déterministe ; elle l’est a priori : elle postule le déterminisme, parce que sans lui elle ne pourrait être. Elle l’est aussi a posteriori ; si elle a commencé par le postuler, comme une condition indispensable de son existence, elle le démontre ensuite précisément en existant, et chacune de ses conquêtes est une victoire du déterminisme. (…) La science, à tort ou à raison, est déterministe ; partout où elle pénètre, elle fait entrer le déterminisme. »

Question : Quel rapport entre les quanta et la discontinuité ?

Réponse de Poincaré dans « Dernières pensées » (Extrait d’une conférence du 11 avril 1912)

« On arrive ainsi à une loi intéressante l’énergie lumineuse ou diffusée n’est pas égale à l’énergie lumineuse incidente : ce n’est pas l’énergie, c’est le produit de l’énergie par la longueur d’onde qui y demeure inchangée. » C’est ce produit qu’on allait nommer le nombre de quanta…

(Extrait d’une conférence du 11 mai 1912)

« Les résonateurs doivent perdre ou gagner chaque quantum brusquement ou plutôt il faut qu’ils gagnent leur quantum tout entier ou qu’ils ne gagnent rien. Mais il leur faut cependant un certain temps pour le gagner ou pour le perdre ; c’est ce qu’exige le phénomène des interférences. (…) Chaque quantum interfère avec lui-même. (…) Un système physique n’est susceptible que d’un »

Question : Quel est le problème philosophique qui est posé par ceux qui tiennent à la philosophie de la discontinuité ?

Réponse : Est-ce que la floraison explose continûment ? Est-ce que le nerf fonctionne de manière continue ? Est-ce que l’étoile, le nuage, la ville apparaissent de manière progressive et régulière, sans rupture ni changement qualitatif ? Est-ce que l’enfant naît et grandit continûment ? Est-ce que la glace fond, ou passe d’une structure à une autre, de manière progressive et homogène ?

Il convient de préciser la question. Si l’on veut dire que le changement nécessite une accumulation quantitative, si l’on rajoute qu’il n’a pas lieu de manière instantanée comme une ponctuation véritablement ponctuelle, mais seulement ponctuelle relativement, on peut effectivement y voir une gradualité. Mais, si on veut souligner le caractère de rupture temporelle, physique, de nouveauté, de brutalité, de rupture avec le développement précédent, de changement qualitatif, d’inattendu, l’absence d’étapes intermédiaires, alors on parlera de discontinuité, même si la phase de changement n’est pas de durée nulle. La discontinuité peut aussi bien être imagée par le pop-corn qui explose, le parquet qui craque, la roche qui éclate ou le neurone qui émet, comme le noyau radioactif qui se décompose, ou la société qui entre en crise…

Question : quel rapport entre le vivant, la discontinuité et l’inhibition ?

Réponse : La clé des diverses discontinuités du vivant est à chercher dans l’inhibition. Elle permet non seulement des mécanismes de blocage libérant le système pour d’autres fonctionnements et ouvrant des possibilités nouvelles, mais aussi pour des activations du type inhibition de l’inhibition. On constate son importance au sein des mécanismes génétiques permettant l’inhibition des gènes et l’activation de la bibliothèque des gènes de manière sélective en fonction de la spécialisation des cellules, par exemple. On constate également l’importance des inhibitions en termes de gènes homéotiques et de rythmologie du développement.

L’inhibition est donc en pleine activité en ce qui concerne la spéciation et notamment le passage des ancêtres de l’homme à sapiens.

Lorsque nous nous comparons au singe, nous le constatons fortement. Nos instincts ne sont pas inexistants ni inactifs, mais ils sont inhibés. Et cela dès la prime enfance. Autant le jeune singe obéit de manière assez directe à ses instincts, autant le petit d’homme ne le fait pas. Le jeune singe veut manger quand il a faim, faire l’amour quand il en ressent la nécessité physique et ainsi de suite, il obéit aux effets de son fonctionnement physique et des sensations que produisent l’environnement. Le bébé d’homme fonctionne tout autrement. Il ne se contente pas de réagir par instinct, il y rajoute une volonté opposée. Il refuse souvent de manger, même s’il a faim. Il peut réclamer de continuer à manger même s’il a assouvi sa faim. Il peut refuser de dormir même s’il a sommeil et inversement… Et ces réactions peuvent se poursuivre avec l’être humain plus âgé.

L’homme n’accepte pas directement les consignes de ses sens. Il peut choisir de bloquer ses besoins et en ressentir même un plaisir interne. Il désobéit aux lois physiologiques. Pourquoi peut-il être amené à le faire ? Parce qu’il en ressent le plaisir d’un nouvel espace de liberté. Il peut remettre en question des décisions qui lui seraient imposées. Il discute d’égal à égal avec sa nature. Il a le choix de faire ou de ne pas faire et la privation elle-même peut être source d’une impression forte qui lui donne des satisfactions.

Cette faculté d’inhiber les besoins et sensations physiques, l’homme la possède dès la naissance. Il peut ensuite la cultiver à volonté mais elle est déjà présente dès la naissance. Ce n’est qu’ensuite que son caractère se développant, il peut consciemment se servir de ces capacités particulières qui lui permettent de ne pas dépendre directement et immédiatement de ses sensations. L’homme peut utiliser cette capacité d’inhibition des instincts et des sensations pour modifier ses possibilités. Les diverses évolutions culturelles et historiques des civilisations proviennent de l’inhibition, que ce soit celle du besoin alimentaire (par exemple par le jeûne), du besoin sexuel (ne pas suivre de période de rut et être capable d’interdire la satisfaction de toutes ses envies qui se présentent), inhibition des besoins immédiats dans l’enfance (agitation, jeu, découverte…) pour accepter de s’occuper d’éducation scolaire par exemple. La réflexion est inhibition des sentiments et besoins immédiats de sens comme la méditation est inhibition de toutes les sensations du monde extérieur.

L’être humain, contrairement aux singes les plus proches de nous, n’a jamais de « simples » instincts. Il ne connaît pas de geste sans connotation particulière à l’homme. Tous ses actes sont marqués par une psychologie tout à fait particulière marquée par des interdits et blocages : alimentaires, sexuels, accompagnés de rites et d’incitations personnelles et sociales.

Comme le rapport Gérard Pommier dans « Comment les neurosciences démontrent la psychanalyse » « Pour les animaux, la conscience se vectorialise simplement par la reconnaissance du passé et une intentionnalité future. En revanche, l’intentionnalité de l’homme est conditionnée par un refoulement préalable. (…) Contrairement à l’animal, dont l’activité innée ne laisse aucun doute sur son intentionnalité, l’homme méconnaît dès le début le sens de son action. Un acte aussi simple que se nourrir devrait correspondre à une intentionnalité sans détour. Eh bien non ! Certains nourrissons refusent de satisfaire ce besoin élémentaire (anorexie mentale du nourrisson) selon ce que la nourriture symbolise. En réalité, tous les enfants refusent de manger à un moment ou à un autre, et la discrimination du « bon » et du « mauvais » ne s’établit pas en fonction de l’utile, sur le fond d’une conscience primaire liée à la sensation. Ce que la nourriture représente pour la mère commande cette discrimination. Les conditions de l’alimentation ne sont pas innées chez l’être humain. Plus tard, et quel que soit son âge, il se conforme à un grand nombre de rituels, individuels et collectifs, pour se nourrir. Les goûts, la faim ou l’inappétence sont largement régis par l’inconscient. Ces conditions de la conscience de l’homme la différencient de celle de l’animal. Mais, préalablement à cette conscience, l’homme doit se dégager d’une contrainte préliminaire. Avant de refouler les associations liées aux perceptions, il faut qu’il existe quelqu’un qui, au poste de commande, soit capable de refouler. (…) En parlant, en pensant, nous refoulons notre passé de chose : nous oublions que nous sommes un corps. (…) Le sujet de la conscience est celui qui parle : il est extérieur à tout ce dont il est conscient. (…)

Les animaux se souviennent de signes passés pour interpréter les signes actuels : ceux de leurs perceptions, ceux qui sont émis par leurs congénères, et les leurs. Ils comprennent ainsi le monde qui les entoure et anticipent leurs actions. Ils catégorisent leurs percepts grâce aux concepts de ces percepts. Ils reconnaissent les objets grâce à ces concepts, à propos desquels ils ont des pensées, si l’on entend par là une mémorisation de signes dénotatifs (un signe désigne une chose). Dans la mesure où de simples représentations de choses engendrent déjà des pensées, on peut dire qu’il existe une pensée sans langage. Les animaux forment de telles « pensées », y compris au bas de l’échelle de la création. Cependant, même en admettant qu’il les ait en commun avec les animaux, les représentations de choses de l’être humain diffèrent de sensations naturelles : elles sont déjà chargées d’un excès pulsionnel plus ou moins symbolisé. Les sensations sont endettées à l’égard de la pulsion, qui dépend elle-même de la demande de l’Autre, donc du langage. De sorte qu’il est difficile d’évoquer une pensée sans langage qui traduirait des sensations brutes. (…) L’humain n’existe pas hors de la culture. Parler d’une « nature » préalable, organique ou physiologique de l’homme contrevient à tous les critères scientifiques, car nul n’a jamais rencontré d’homme à l’extérieur de la civilisation. (…) Si une perception ne devient consciente que grâce à l’appui pris sur le lexique et sur la syntaxe, la conscience humaine paraît surencombrée, comparée à celle des autres animaux ! On mesure le retard énorme de l’homme, qui doit sans fin lutter contre son inconscient, alors que les animaux sont immédiatement conscients ! Mais ces atermoiements pris par l’homme pour se dégager de ses brouillards psychiques ont finalement engendré son avance. Ces délais l’ont obligé à poser des hypothèses, à expérimenter, à perdre du temps pour vérifier la réalité du réel, afin de s’assurer que ses fantasmes ne lui ont pas fourré une fois de plus la tête dans le sac. Ces détours portent finalement le nom de science, produite par la race humaine victorieuse de ses rêves, mais qui, sans ses rêves, n’aurait jamais remporté pareille victoire. »

Question : Connolly était-il, comme Lénine, partisan de construire un parti communiste révolutionnaire ou était-il un syndicaliste révolutionnaire, ou encore un nationaliste révolutionnaire ?

Réponse : Marxiste révolutionnaire, Connolly l’est sans conteste. Révolutionnaire professionnel ? Laissons-le répondre : lors d’un meeting où une femme s’étonne qu’il « parle si bien de la révolution », il répond « Mais, madame, c’est que la révolution est mon métier. » Mais, n’ayant pas forgé de parti révolutionnaire dont les militants sont professionnels, il laissera le mouvement socialiste à la dérive, une fois disparu, et réformistes et opportunistes n’auront pas de mal à « saisir les rênes » du mouvement ouvrier, et, tout en se réclamant de « la pensée de Connolly », le promèneront de capitulations en défaites. (…)

Il ne fait pas de doute que Connolly a perçu le besoin d’un parti prolétarien de combat, mais jamais il n’a développé ni systématisé cette compréhension. (…) En 1904, Connolly prend la tête de la Citizen Army. Issue de la conception syndicaliste révolutionnaire, au milieu de la grève générale, elle a sélectionné « naturellement » l’avant-garde ouvrière dublinoise et se prépare politiquement autant que militairement à prendre la tête d’une alliance qui va déclencher la lutte de libération nationale. Elle est activement engagée, avec Connolly, de 1914 à 1916, à toutes les initiatives politiques du mouvement ouvrier. L’ICA devient l’état-major de la révolution socialiste en Irlande. Ce n’est pas un parti socialiste de révolutionnaires professionnels tel que Lénine l’a envisagé, mais elle en est l’embryon. Elle est à la fois héritière de l’ISRP, le premier cercle de propagande marxiste en Irlande et son contraire. Elle est issue du syndicalisme révolutionnaire et s’en est dégagée. Connolly ne vivra pas assez longtemps pour la transformer en un parti dont il a perçu la nécessité. On pourra sans doute lui reprocher de n’avoir pas formé ses compagnons à réaliser ce travail à sa place. (…) Mais il faut rappeler que son propre fils Roddy présidera à la formation du petit Parti communiste irlandais en 1921, dont il sera secrétaire, avant de sombre dans le « travaillisme »… Mais, aussi chétif que soit l’embryon en 1916, la Citizen Army défendra chèrement les intérêts de la classe ouvrière irlandaise sur les barricades de Dublin. Tout au long de 1910, 1911 et 1912, l’Irish Transport and General Workers’ Union croît massivement. Ce syndicat est capable d’organiser des grèves de solidarité qui culminent dans des affrontements violents entre la police et les travailleurs. Les gains sont considérables, des augmentations de 3 à 12 shillings par semaine, dans certains cas jusqu’à 50% des médiocres salaires pratiqués à Dublin. « Or ces syndicats ont commencé à se développer d’une façon magnifique, commentera Lénine en septembre 1913. La canaille bourgeoise qui fête sa victoire « nationale » est talonnée par le prolétariat irlandais qui s’éveille à la conscience de classe. Il s’est trouvé un chef de talent en la personne du camarade Larkin, secrétaire du syndicat des ouvriers des transports irlandais. Orateur remarquablement doué et animé par la bouillante énergie irlandaise, Larkin a réalisé des prodiges parmi les ouvriers non qualifiés, cette masse du prolétariat britannique si souvent coupée en Angleterre des ouvriers d’avant-garde par la maudite mentalité petite-bourgeoise, libérale et aristocratique de l’ouvrier anglais « qualifié ». « Un esprit nouveau a été insufflé aux syndicats irlandais. Les masses d’ouvriers non qualifiés ont apporté une animation sans précédent dans les associations professionnelles. Même les femmes ont commencé à s’organiser, phénomène jamais vu jusqu’à ce jour dans l’Irlande catholique. » écrit Lénine. (…) Le 21 août 1913, deux cents hommes du département des colis des tramways sont suspendus et reçoivent la notice suivante : « Etant donné que les directeurs réalisent que vous êtes membres de l’Irish Transport Union, dont les méthodes désorganisent le commerce et les affaires de la ville, ils ne requièrent plus vos services. Le trafic des colis est suspendu temporairement. Si vous n’êtes plus membres du syndicat quand le trafic reprendra, votre demande de réembauchage sera considérée favorablement. » Cinq jours plus tard, à dix heures, les hommes des tramways accrochent leur badge syndical – « la Main Rouge » - sur leur veste, quittent les tramways qu’ils laissent en plein milieu de la rue. La grève générale est en chemin. Les revendications sont simples : contre le renvoi des hommes préposés aux colis à cause de leur participation au syndicat ; pour obtenir leur revendication d’une augmentation de salaire, qui leur donnerait une égalité de salaire avec les travailleurs des tramways, municipaux de Belfast. (…) La petite bourgeoisie, même radicalisée par la question nationale, va être singulièrement absente de ce combat qui oppose le monde ouvrier au capital. James Connolly souligne ce fait dans « La reconquête de l’Irlande » (…) 30.000 hommes et femmes organisés dans 32 syndicats se mettent en grève. C’est un lock-out généralisé. Le mercredi 27, Larkin annonce une manifestation de masse pour le dimanche suivant et prévient que, si la police utilise des armes contre la classe ouvrière, celle-ci s’armera. (…) Le vendredi, James Connolly est arrêté et déféré devant un tribunal pour avoir publiquement rejeté l’interdiction. (…) Dans la soirée, des affrontements entre la police et les grévistes se soldent par la mort d’un jeune ouvrier, James Nolan, matraqué jusqu’à ce que mort s’ensuive. A Dùn Laoghaire, dans la banlieue de Dublin, le secrétaire local de l’ITWU, Michael Byrne, est torturé à mort dans les locaux de la police RIC. (…) Une jeune ouvrière, Alice Brady, est assassinée par un briseur de grève. (…) C’est dans cette violence qu’est enfantée l’Irish Citizen Army, cette milice d’autodéfense, fondée et organisée par Larkin et Connolly. (…) Bien que votant des résolutions pour « le droit de libre expression à Dublin » et contre l’arrestation de Larkin et Connolly, les bureaucrates syndicaux anglais n’ont qu’une peur : que la grève s’étende à la Grande-Bretagne. (…) Les dockers de Liverpool « débrayent », suivis des cheminots de Birmingham, du Yorkshire et du Pays de Galles du Sud.

suite à venir sur Connolly, son activité de syndicaliste révolutionnaire mais aussi de militant politique communiste révolutionnaire...

Bien d’autres questions que vous avez posées sont encore en attente, ne vous impatientez pas et n’hésitez pas à soulever de multiples autres problèmes...

10 Messages de forum

  • Questions diverses 12 mai 2010 18:41, par MOSHE

    Les diverses évolutions culturelles et historiques des civilisations proviennent de l’inhibition,

    Répondre à ce message

  • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 17 mai 2010 13:48, par robert paris

    Remarquons que l’attention est fondée sur l’inhibition. Ainsi, on a remarqué que des rugbyman et des footballeurs sont concentrés dans leur match sur les joueurs adverses et, pour aller, vite, sur la couleur des maillots. On a fait l’expérience de faire passer sur le terrain des personnes costumées en ours. Aucun joueur ne s’en est aperçu.

    Cela a l’air d’une plaisanterie mais c’est une réflexion sérieuse.

    Toute observation nécessite d’inhiber un grand nombre d’autres observations. Il y a des milliards d’observations qui nous parviennent de notre entoruage toutes les milliardièmes de seconde. Si on gardait tout, il serait impossible d’en tirer quoi que ce soit.

    Une matière interagit avec le monde entier. Si elle devait tenir compte de tout, il n’en resterait rien et aucune loi n’existerait. L’inhibition, ce sont dans ce cas des seuils d’interaction, qui, lorsqu’ils sont dépassés, permettent que l’interaction n’ait aucun effet.

    Il en va de même sur les civilisations et l’histoire humaine. L’inhibition a permis d’interdire et de bloquer certaines interactions afin de permettre au système en palce à chaque époque de fonctionner.

    Répondre à ce message

  • Notre existence est-elle dialectique ? Cela voudrait dire qu’on ne peut pas répondre par oui ou par non à la question : existons-nous ?

    Répondre à ce message

    • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 17 mai 2010 13:54, par Robert Paris

      Eh bien oui !

      La question existons-nous est une question dialectique...

      Car, à la fois nous existons tant que nous sommes vivants mais nous ne sommes jamais le même puisque chaque jour nous tuons soixante dix millions en moyenne de cellules anciennes et nous fabriquons en moyenne soixante dix millions de cellules nouvelles.

      Nous sommes donc comme la barque d’un pécheur qui s’est transmise de génération en génération sans jamais changer de forme mais en changeant toujours des planches. la structure globale ne change pas mais les composants changent sans cesse.

      Nous sommes toujours le même et jamais le même. Notre système génétique, par exemple, change au cours de notre vie, alors qu’il est souvent présenté comme l’exemple même de la fixité.

      Répondre à ce message

  • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 18 mai 2010 19:47, par Robert Paris

    Question : pourquoi la pensée dialectique met-elle tellement en valeur la négation ?

    Réponse : Toute pensée nouvelle, toute nouveauté en art, tout être nouveau, tout élément nouveau est une contradiction d’une pensée, d’êtres vivants, d’éléments précédents. La contradiction, c’est justement la part de nouveauté. Le positif actuel n’est rien d’autre qu’une négation d’un élément précédent. Dans un monde sans contradiction, il n’y aurait rien de neuf. Toute pensée neuve étant née de la contradiction avec une pensée précédente, la négation est enrichissement. C’est la négation qui amène la richesse du débat. C’est la négation qui constitue la richesse de l’histoire, celle des hommes, celle de la vie comme celle de la matière. La négation, c’est la force de la pensée, la valeur de l’art. C’est la négation qui fait même qu’il y ait une histoire et non la reprise des mêmes oppositions. La négation amène les opposés à innover sans cesse, à changer eux-mêmes. L’affirmation d’une pensée toujours positive annonce un accord permanent. Elle est le propre des courtisans, des flatteurs, des bureaucrates et des arrivistes. La négation vaut engagement car elle exige des explications, des développements personnels. Les scientifiques, les philosophes, les artistes et tous ceux qui sont impliqués dans leurs choix dans la vie ont recours à la négation, à la contradiction. La négation est combat et engagement.

    Répondre à ce message

    • Question : Quel est le problème philosophique qui est posé par ceux qui tiennent à la philosophie de la discontinuité ?

      Réponse : Est-ce que la floraison explose continûment ? Est-ce que le nerf fonctionne de manière continue ? Est-ce que l’étoile, le nuage, la ville apparaissent de manière progressive et régulière, sans rupture ni changement qualitatif ? Est-ce que l’enfant naît et grandit continûment ? Est-ce que la glace fond, ou passe d’une structure à une autre, de manière progressive et homogène ?

      Il convient de préciser la question. Si l’on veut dire que le changement nécessite une accumulation quantitative, si l’on rajoute qu’il n’a pas lieu de manière instantanée comme une ponctuation véritablement ponctuelle, mais seulement ponctuelle relativement, on peut effectivement y voir une gradualité. Mais, si on veut souligner le caractère de rupture temporelle, physique, de nouveauté, de brutalité, de rupture avec le développement précédent, de changement qualitatif, d’inattendu, l’absence d’étapes intermédiaires, alors on parlera de discontinuité, même si la phase de changement n’est pas de durée nulle. La discontinuité peut aussi bien être imagée par le pop-corn qui explose, le parquet qui craque, la roche qui éclate ou le neurone qui émet, comme le noyau radioactif qui se décompose, ou la société qui entre en crise…

      Répondre à ce message

      • Tout autour de nous, les hommes ont disposé des immeubles, des meubles, des outils qui reflètent notre aspiration à voir le monde comme un continuum : des meubles, des voitures, des façades, des routes, des vêtements, etc… Tous ont une apparence lisse, continue, régulière. Pourtant, si on les laisse évoluer naturellement, ces revêtements, ces tentures, ces peintures, ces façades se lézardent, se fissurent, cassent, se rompent et rendent le matériau à sa discontinuité naturelle.

        Répondre à ce message

        • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 14 juillet 2010 10:38, par moshe a bil et compagnie

          rébellion ou révolution ?

          Ces derniers temps, dans de nombreux pays pauvres, la crise des classes dirigeantes et la décomposition de l’Etat ont eu pour conséquence l’apparition de guerres internes dans des zones où on trouve des ressources importantes : mines, pétrole ou gaz et où le partage de ces ressources est contesté par des groupes armés prétendant plus ou moins défendre les intérêts des populations de la zone. Ce type de guérilla n’est en fait pas vraiment nouveau même si actuellement il s’agit plutôt de petites guerres locales sans véritables buts politiques nationaux. On trouve ce type de guerres et bandes armées au Soudan, au Tchad, en Haïti ou en Côte d’Ivoire. Elles s’appuient sur un conteste politique et social injuste, déstabilisé mais n’offrent pas de véritable issue à la crise sociale et politique de la société. Il y a également un cas particulier : les guérilla se revendiquant d’un prétendu anti-occidentalisme ou même d’un anti-impérialisme prétendu au nom de l’Islam. Là encore, c’est la crise des perspectives des classes bourgeoises dans la région qui donne son succès (relatif) à l’entreprise et, plus encore, la politique de l’impérialisme US consistant à faire croire que l’ennemi le plus dangereux pour lui seraient ces « djihad ». Mais nulle part, ces guérillas, quelle que soient les attributs idéologiques dont elles se parent, n’ont « donné le pouvoir au peuple » comme elles le prétendent en général. Elles ont eu pu triompher comme en Somalie ou en Afghanistan mais c’est seulement pour aggraver la dictature sociale et politique. Et cela n’a rien de particulièrement étonnant car la dictature est la base du système en cours dans les armées de guérilla. L’Etat y est déjà en place sans aucun rôle de la population. Et cela se poursuit après la prise du pouvoir. L’idéologie n’est qu’une parure à la domination des classes dirigeantes. Les Talibans, élèves en religion armés, n’ont pas renversé les familles féodales et bourgeoises d’Afghanistan. Les guérillas du Soudan ou de Côte d’Ivoire n’ont fait qu’aggraver le sort des populations civiles. Elles offrent certes une alternative au pouvoir en place, mais c’est un simple changement d’équipe ou de style et pas un véritable changement social et politique permettant aux peuples d’accéder à plus de richesse ou plus de place dans le pouvoir politique et social. Les guérillas ne sont pas un phénomène récent. Elles ont marqué l’époque de la décolonisation, des mouvements nationalistes et staliniens d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique. Mais jamais les armées « de libération nationale » n’ont supprimé la dictature sociale des classes dirigeantes et encore moins « donné le pouvoir au peuple ». Le pouvoir, on ne le dira jamais assez, ne se donne pas : il se prend. Un peuple travailleur a besoin pour aller vers son propre pouvoir de s’organiser en communes, en conseils, en comités, appelez-les comme vous voulez. Et toutes les rébellions du monde se sont toujours refusé à laisser les travailleurs s’organiser de manière indépendante d’un Etat, d’une armée, indépendante des classes dirigeantes, des chefs militaires et religieux.

          Plus encore, les rébellions agissent à contrario des révolutions dont elles utilisent la menace sociale pour imposer leur dictature politique et militaire. La révolution, contrairement aux rébellions militaires, c’est d’abord et avant tout une explosion d’auto-organisation des masses opprimée allant jusqu’à la prise du pouvoir non par un groupe politique ou une armée mais par la prise du pouvoir des opprimés. Quand ce type de situation se présente, les classes dirigeantes préfèrent le pouvoir des bandes armées et la guerre interne que la révolution sociale. Ainsi, en Côte d’Ivoire, quand les révoltes populaires ont mis à bas deux régimes : celui de Bédié et celui de Gueye, ils ont laissé le pays se diviser en groupes armés hostiles car c’était moins dangereux que de voir les opprimés du pays s’unir contre les classes dirigeantes.

          En Algérie, la classe dirigeante liée au pouvoir militaire a préféré laisser se mettre en place une armée « islamiste » et s’engager une guerre civile plutôt que de laisser la situation d’octobre 1988 avec la révolte de la jeunesse et la grève générale de la classe ouvrière risquer de mener à des situations de révolution sociale.

          Répondre à ce message

    • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 19 septembre 2012 20:44, par abraham

      Intéressant, c’est peut-être en cela que le prolétariat est le mieux placé pour proposer une société nouvelle, étant donné que son existence, ses intérêts sont en contradiction avec l’ordre établi ?
      En parlant de la négation, que signifie la négation de la négation ?

      Répondre à ce message

  • Réponses à des questions diverses de nos lecteurs 21 septembre 2012 18:19, par Robert Paris

    En parlant de la négation, que signifie la négation de la négation ? dis-tu, Abraham.

    La négation signifie qu’il y a une réalité et quelque chose (la négation) qui lui opposé en un certain sens. Enfin il y a encore autre chose qui est opposé à la négation. C’est la négation de la négation.

    L’exemple le plus simple est celui d’une discussion.

    Deux personnes s’opposent sur le terrain des idées et ils se contredisent successivement.

    Mais en se contredisant successivement, ils avancent en compréhension ce qui signifie que la négation de la négation n’est pas revue au point de départ.

    Eh bien, cette remarque n’est pas seulement vraie dans une discussion.

    Dans des exemples de la dynamique de la nature, il y a des négation et la nouveauté provient de la négation de la négation. C’est vrai en physique autant qu’en biologie et ussi en politique.

    Voir ici la négation de la négation :

    L’inhibition de l’inhibition

    La rétroaction de la mort et de la vie

    Négation de la négation entre matière et vide

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0