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Le point de vue de la LIT sur la crise mondiale (en français puis en espagnol)

samedi 15 novembre 2008, par Robert Paris

Le capitalisme entraine le monde dans l’abime.

Déclaration de la LIT-QI sur la crise de l’économie mondiale

Seulement une revolution socialiste peut sauver l’humanite.

On se souviendra de l’année 2008 comme étant celle de la manifestation d’une des plus grandes crises de l’histoire du système capitaliste. Ce qui paraissait être une crise cyclique comme tant d’autres, est apparue dans ses véritables proportions. Depuis le 15 septembre, avec la chute de la banque Lehman Brothers, la panique s’est installée sur les marchés capitalistes du monde entier. Quelques-unes des plus grandes banques des Etats-Unis et d’Europe sont entrées en concordat,[1] ont chuté ou sont entrées en faillite dissimulée. L’offre de crédit est gelée de manière généralisée. Ni les institutions financières ni les capitalistes individuels ne veulent prêter d’argent. Le manque de crédit menace de paralyser l’économie américaine à un tel point que la FED (la banque centrale des Etats-Unis) prête de l’argent directement pour que les entreprises puissent fonctionner, ce qui est totalement hors de ses attributions. Les gouvernements des principaux pays impérialistes sont intervenus, en injectant plus de mille milliards de dollars dans les banques et dans l’économie. Ceci n’a pas arrêté la crise. Jour après jour, on assiste aux plus importantes chutes boursières, depuis de nombreuses décennies. Pour la seule première semaine d’octobre, les bourses du monde entier ont accusé des pertes globales de 6 200 milliards de dollars dans la valeur des actions. Les actions des plus grandes entreprises du monde « s’évaporent », comme celles de General Motors et Exxon, considérées traditionnellement comme solides. Voilà ce qu’est devenue, sans exagération, la situation actuelle de l’économie mondiale.

Le « paquet » qui vient d’être approuvé, le 12 octobre, par huit pays européens (paquet qui destine plus de 2 000 milliards de dollars à l’aide des banques) et des mesures semblables des gouvernements des Etats-Unis (700 milliards de dollars, uniquement pour le « plan Paulson »), de l’Australie et des pays du Moyen Orient - une intervention étatique sans précédent dans le système financier mondial - ne parviendront pas à inverser la crise ni à empêcher la récession. Cela pourrait peut-être calmer les marchés pour quelques jours, mais les effets globaux de cette opération gigantesque sur les budgets, les dettes publiques et les taux d’inflation des pays concernés, peuvent produire des répercussions encore plus négatives dans le futur.

La crise de l’économie capitaliste est une réalité qui se trouve aujourd’hui au centre de tous les événements mondiaux. D’autre part, il s’agit d’un processus qui en est à peine à ses débuts et qui va affecter, dans une mesure plus ou moins grande, tous les pays. Il n’y a pas de doute que les répercussions les plus graves retomberont sur les travailleurs et les pauvres du monde entier.

Le système financier des Etats-Unis et de l’Europe est en pleine faillite. La banque Lehman est tombée, Merril Lynch a été incorporée à la Bank of America, Bearn Stearns a été reprise par Morgan Stanley, Wachovia est passé à Wells Fargo et Goldman Sachs a mis en vente son paquet d’actions. Fannie Mae et Freddie Mac, les deux plus grandes entreprises de la branche hypothécaire des Etats-Unis, sont tombées et ont été nationalisées par le gouvernement américain. La compagnie d’assurances AIG (la plus grande des Etats-Unis et du monde) est tombée, elle aussi. Washington Mutual, la plus grande banque du secteur immobilier des Etats-Unis, a connu le même sort.

Cette violente centralisation de capitaux dans le système financier s’est étendue à l’échelle internationale : HBOS d’Angleterre a été acquise par Lloyds, et Santander (Espagne) a absorbé les succursales de Bradford and Bingley. Les gouvernements européens ont été obligés d’intervenir pour sauver la Banque Fortis (la plus grande de Belgique), HBOS et Bradford-Bingley (les deux d’Angleterre), et Hypos Real Estate (principale banque de financement immobilier d’Allemagne).

Le gouvernement d’Angleterre a étatisé partiellement les banques les plus importantes du pays, en injectant 50 milliards de livres dans ces institutions en échange d’une partie des actions. C’était une « étatisation » pour sauver les banquiers, parce que l’Etat recapitalise leurs entreprises mais permet qu’ils continuent à être les propriétaires des banques. Le gouvernement des Etats-Unis et d’autres gouvernements de pays impérialistes suivront peut-être cet exemple.

Il y a eu une énorme « combustion » de capital fictif dans cette courte période : des titres chargés de crédits « pourris », des hypothèques insolvables, des actions survalorisés, etc. Mais il y a eu aussi des pertes de capital réel, touchant principalement les fonds de pension et de petits investisseurs qui ont mis leurs économies dans des titres ou des actions.

Il y a déjà une récession dans les pays capitalistes impérialistes, en commençant par les Etats-Unis, une récession qui s’étend au monde entier. La France compte déjà avec deux trimestres de suite de croissance négative. Le Japon a subi une chute de 2% du PIB au second trimestre de cette année. Il y a déjà une récession en Italie, en Angleterre et en Espagne. Il y a aussi une récession dans certains des pays plus faibles d’Europe, comme l’Islande et l’Irlande. Il y a eu une chute des ventes d’automobiles aux Etats-Unis, avec une moyenne de 30% en septembre. General Electric, une des plus grandes entreprises du monde, a connu une chute de 12% de ses ventes et cherche du financement.

On ne peut pas encore prévoir si cette récession va durer à peine deux ou trois ans ou si elle va inaugurer une longue période de dépression, semblable à celle qui a suivi la crise de 1929. Ce n’est pas par hasard que la plupart des économistes bourgeois ou des dirigeants politiques mentionnent la crise de 1929. Ils le font pour nier que le monde est sur le point d’entrer dans une période semblable, ou bien pour souligner les similitudes entre les deux processus et, ainsi, tirer la sonnette d’alarme sur le risque que la crise puisse évoluer vers une situation semblable ou pire. La crise de 1929 est un fantôme qui fait peur à la bourgeoisie mondiale parce qu’elle sait que cela signifierait une période prolongée de déclin du capitalisme lui-même, avec des conséquences politiques énormes.

De toute manière, il s’agit déjà, au moins, de la plus grande crise de l’économie mondiale depuis 1929. Il y aura certainement des pays plus touchés et d’autres moins, mais aucun pays n’échappera aux effets de la récession installée dans les pays impérialistes.

En outre, cette crise économique a une particularité qui fait qu’elle dépasse les précédentes, qu’elle est plus généralisée et dévastatrice que celles des années 90 : son épicentre se trouve aux Etats-Unis, la plus grande économie du monde et le cour de l’impérialisme. Ceci fait que la crise est porteuse d’un potentiel maximum d’extension et d’approfondissement. Les pays les plus fragiles et dépendants n’ont aucune possibilité d’échapper à ses effets.

L’évolution de la crise

La crise actuelle est apparue, dans un premier temps, sous la forme d’une crise immobilière aux Etats-Unis. Au cours des dernières années, les banques américaines ont offert de façon généralisée des crédits hypothécaires à des acheteurs d’immeubles de haut risque (les « subprimes »), en percevant des intérêts élevés.

Ces hypothèques étaient « emballées » par de grandes compagnies hypothécaires et transformées en papiers, ou titres, négociés par la suite sur le marché par des courtiers et des banques d’investissements, recueillant ainsi davantage de capitaux et permettant à ces compagnies d’offrir davantage de crédits.

Les titres ont été assurés par des compagnies d’assurances et ont été évalués avec de bonnes notes par des agences de classification de risque, comme et Standard & Poor’s. De cette manière, les papiers ont été achetés par des investisseurs du monde entier, à travers les grandes banques et les fonds de pension.

Ce schéma spéculatif, semblable aux célèbres « pyramides », s’est écroulé quand il est devenu évident que des millions d’acheteurs ne pourraient pas payer leurs hypothèques. Les banques ont commencé à reprendre les maisons des endettés insolvables. Cela a donné lieu à une grande offre d’immeubles, offre qui a fait baisser brusquement les prix, ce qui a mis en évidence que des banques, des entreprises de vente, des compagnies immobilières, des compagnies d’assurances et des investisseurs en général, loin de pouvoir obtenir des profits, auraient de lourdes pertes sur le capital investi.

La crise financière actuelle est une manifestation supplémentaire d’un processus permanent de croissance-essor-crise-dépression, propre du système capitaliste, qui est en proie à des crises cycliques depuis le début du 19ème siècle, dans un mouvement permanent d’équilibre et de déséquilibre. Chaque crise a, toutefois, ses particularités et sa portée. La crise actuelle se manifeste de manière particulièrement violente par la situation du capitalisme impérialiste et de la lutte de classes dans l’époque où nous vivons. En réalité, les contradictions qui explosent maintenant se sont accumulées pendant plusieurs années.

Pendant les années 1990 et le début du 21ème siècle, après des décennies de crise, l’impérialisme est parvenu à inaugurer une période d’expansion et de croissance à travers l’augmentation énorme de l’exploitation des travailleurs du monde entier et d’un véritable processus de recolonisation des pays exploités. Cela s’est passé de différentes manières :

A travers la restauration du capitalisme en Chine, en Russie et dans les anciens Etats ouvriers de l’Europe de l’Est et d’Asie. Ceci a permis que l’impérialisme exploite directement les travailleurs de ces pays, principalement la Chine qui est devenue « l’usine du monde », en payant des salaires de misère et en extrayant ainsi une énorme masse de survaleur.

Avec l’ouverture de nouveaux marchés pour les produits des transnationales dans les pays où le capitalisme a été restauré et aussi dans les pays où les Traités de libre échange (ou TLC) ont été imposés.

Avec la faillite des monopoles étatiques pour l’exploitation des richesses naturelles des pays pauvres, suivie d’un véritable pillage de ces ressources par les transnationales.

En imposant un processus vaste et généralisé de privatisation d’entreprises étatiques et de services publics, ce qui a permis aux entreprises impérialistes d’exploiter directement tout un secteur des travailleurs des pays périphériques et des pays impérialistes eux-mêmes. Ceci a permis d’obtenir des profits énormes, une exploitation dont ces entreprises profitaient auparavant seulement de manière indirecte.

En créant de nouvelles façons d’augmenter l’exploitation du travail salarié, ce qu’on appelle la « flexibilisation du travail », c’est-à-dire la sous-traitance, toutes sortes de contrats précaires, l’élimination des conquêtes et acquis ouvriers, l’augmentation de la journée de travail, etc.

Toutes ces formes exploitation et d’expansion des marchés ont permis une augmentation du taux de profit (la relation entre la survaleur appropriée par le capitaliste et le capital investi par lui). Les nouvelles technologies numériques ont aussi permis d’augmenter la productivité et de créer un marché financier mondial qui fonctionne « on-line », et permet un rythme instantané de partage de bénéfices, d’accumulation et de suraccumulation de capital.

Tous ces processus ont abouti à l’extraction d’une énorme masse de survaleur. Il y a eu une grande suraccumulation de capital. Toutefois, cette suraccumulation de capital provoque une chute du taux de profits dans la mesure où le numérateur de l’équation (la survaleur) reste inchangé, alors que le dénominateur (le capital) augmente. Le capital cherche alors, le plus rapidement possible, de nouveaux investissements par lesquels obtenir des profits et inverser la chute du taux de profit.

Pendant les dernières décennies, cette suraccumulation de capital a provoqué une grande augmentation du capital fictif, c’est-à-dire du capital qui n’est pas investi dans la production directement, mais dans la spéculation, sous différentes formes.

En général, cette grande masse de capital disponible est injectée de nouveau dans l’économie sous la forme d’une énorme offre de crédit (actions en bourse, titres divers, titres de la dette publique, crédits pour l’exportation, crédits pour les entreprises, crédit au consommateur), sur lequel les capitalistes espèrent obtenir une rémunération plus grande et plus rapide que celle obtenue dans la production.

Mais ce mouvement provoque un endettement brutal, non seulement des consommateurs individuels, mais aussi des entreprises et même des Etats. La dette publique des Etats-Unis, par exemple, a franchi déjà le 30 septembre 2008 le montant incroyable de 10 000 milliards de dollars.

Lors de la dernière crise mondiale, en 2001-2002, l’impérialisme a cherché à en atténuer les effets, et à générer un nouveau cycle de croissance, en baissant les taux d’intérêts et en facilitant encore plus l’offre de crédit, parmi d’autres mesures. Avec cela, il est parvenu à stimuler la consommation et à restaurer le taux de profit pour une courte période.

Ceci a été combiné avec une autre politique fondamentale du gouvernement Bush : entamer les guerres d’Iraq et d’Afghanistan, et augmenter ainsi violemment les dépenses du budget militaire et stimuler une croissance généralisée de l’industrie militaire et des secteurs liés à l’approvisionnement de l’armée.

Toutefois, les deux mesures ont représenté une fuite en avant, c’est-à-dire qu’elles sont parvenues à atténuer la crise de 2001-2002 mais seulement en augmentant les contradictions du capitalisme américain. D’une part, elles ont amené à l’endettement généralisé des entreprises, des consommateurs et de l’État à des niveaux insupportables. D’autre part, la résistance héroïque des masses irakiennes et afghanes a donné lieu à une crise politique dans l’impérialisme et à une extension des guerres au-delà de toute prévision, et donc des dépenses publiques et de la dette de l’Etat.

C’est pourquoi, cette crise est particulièrement explosive. Outre sa nature commune à toutes les crises du capitalisme (qui se manifeste par une chute abrupte du taux de profit et un déséquilibre qui mène à une crise de surproduction), elle comporte un élément qui contient un potentiel énorme. Nous parlons de la crise du système financier des Etats-Unis et de l’Europe qui, par le biais de la mondialisation du capital et du développement spectaculaire de la technique, atteint déjà le monde entier, en reproduisant cet endettement énorme des consommateurs, des entreprises et des Etats.

L’hypothétique « décollage » des pays émergents est un mythe.

La célèbre thèse du « décollage » de ce qu’on appelle les « pays émergents » qui, étant des puissances supposées en ascension, pourraient échapper à la crise, s’est avérée être un mythe. Il existe une seule économie et un seul marché, à échelle mondiale. Les économies nationales sont des parties de cet ensemble et lui sont subordonnées. Comme nous l’avons déjà dit, le centre de la crise est la principale économie de la planète, les Etats-Unis, ce qui fait que ses effets sont étendus aux économies de tous les pays, principalement les pays avec une économie plus faible ou secondaire.

Les pays « émergents » sentent déjà ces effets. La crise financière a déjà affecté la Russie où, en une semaine, les sessions de la Bourse ont déjà été interrompues quatre fois, dans une tentative d’empêcher la fuite de capitaux. Dans la seule journée du 6 octobre, la Bourse de Moscou a connu une chute de 19% et le gouvernement a été obligé de suspendre le fonctionnement boursier pendant deux jours pour éviter une chute complète du système financier.

En Amérique latine, ce n’est pas différent. Au début, les gouvernements latino-américains, comme ceux de Lula et de Cristina Kirchner, ont essayé de minimiser la crise alors qu’ils permettaient que les banquiers et les capitalistes internationaux et locaux retirent leurs capitaux avec des bénéfices extraordinaires, en profitant des remises de profits, des hauts intérêts payés par les gouvernements et du paiement des dettes externe et interne.

Maintenant, la crise mondiale est en train de déséquilibrer ces économies de plusieurs manières, par la fuite de capitaux, par la chute des exportations ou par la décélération de la production agricole et industrielle, suite à la chute de la consommation des pays impérialistes. Tout pointe vers la récession. L’illusion du « décollage » s’est effondrée et les mêmes gouvernements qui auparavant minimisaient la crise, essayeront maintenant d’imposer son coût à la classe ouvrière et aux pauvres.

Les affirmations selon lesquelles le Brésil ou l’Argentine ou d’autres pays périphériques ne seraient pas affectés par la crise, n’ont pas seulement comme objectif de cacher l’inaction de ces gouvernements. Outre ceci, il y a un caractère intentionnel clair : les gouvernements de Lula, de Cristina Kirchner et d’autres veulent « anesthésier » la classe ouvrière et les secteurs populaires ; ils veulent les désarmer et leur lier les mains pour qu’ils acceptent de payer passivement les coûts de la crise, ou qu’ils se retrouvent totalement sans préparation face à l’inévitable lutte pour la survie contre la surexploitation, le chômage et la faim qui pointent déjà à l’horizon.

La crise économique va provoquer une crise sociale énorme

Comme dans toutes les crises de l’économie capitaliste, la bourgeoisie mondiale a déjà commencé à en s’en décharger sur le dos des travailleurs et des secteurs populaires. Les premières manifestations sont les restrictions du crédit au consommateur et les augmentations de prix. Par exemple, pour les seuls Etats-Unis, plus d’un million sept cents mille familles ont été expulsées de leurs maisons parce qu’elles n’ont pas pu payer leur hypothèque. Mais l’attaque qui reste à venir sera bien pire.

La récession provoquera une augmentation énorme du chômage. Toujours aux Etats-Unis, 750 000 personnes ont déjà perdu leur travail. Avant l’explosion des marchés financiers, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) prévoyait que le nombre de travailleurs au chômage partout dans le monde augmenterait de 5 millions cette année. Maintenant, ce nombre devrait beaucoup augmenter.

Les travailleurs immigrants dans les pays impérialistes, originaires de pays pauvres, seront les premier à souffrir du chômage, de l’augmentation du travail précaire et des lois contre les étrangers promulguées par les gouvernements de ces pays. La crise économique et le chômage provoqueront aussi la croissance de la xénophobie et du racisme, comme c’est déjà le cas en Italie et en Autriche.

D’autre part, dans plus de trente pays pauvres, il y avait déjà une crise sociale en raison de l’augmentation du prix des aliments et des combustibles. Dans ces pays, la récession et le chômage auront l’effet d’une véritable hécatombe sociale.

Les effets de la crise économique parmi les travailleurs contrastent avec les privilèges de la haute bourgeoisie. Le capitalisme cherche à sauver les banques avec des « paquets » étatiques qui, seulement aux Etats-Unis, s’élèvent déjà à plus de mille milliards de dollars.

Que signifient ces dépenses, face à d’autres nécessités aiguës de l’humanité ? Selon l’ONU, 32 milliards de dollars suffiraient pour donner de l’eau potable à toute la planète. Selon la FAO, 30 milliards de dollars suffiraient pour mettre un terme au drame de 925 millions de personnes affamées dans le monde. Ce sont des quantités infimes, comparées avec la fortune destinée à sauver les banques qui ont été les protagonistes de la crise financière.

En outre, un autre mythe s’est effondré. Pendant des décennies, la propagande néo-libérale a fait l’apologie des privatisations, de la liberté du capital à agir sans limites, en obéissant seulement « aux lois du marché ». Ils demandent maintenant désespérément, en réalité ils exigent, une injection d’argent public pour couvrir leurs pertes. Ce qu’ils disent, c’est que dans un moment de croissance économique et de grands profits, il faut privatiser l’Etat, mais qu’aux moments de crise et grandes pertes, l’Etat doit financer les capitalistes. Privatiser les profits et socialiser les pertes, tel est la logique du capitalisme.

C’est pourquoi, tous ne subissent pas la crise de la même façon. Les travailleurs perdent leurs maisons et leurs emplois, et beaucoup sont déjà menacés par la faim. Mais beaucoup de bourgeois, dont la spéculation a mené les banques à la faillite, conservent des privilèges scandaleux, presque obscènes. Des exécutifs de banques qui sont tombées ont perçu des « indemnisations » et des bonifications millionnaires. Richard Fuld, qui dirigeait la banque Lehman Brothers (qui a demandé le concordat en septembre), a reçu 45 millions de dollars en 2007. Stan O’Neal, de la banque Merryl Lynch (achetée par la Bank of America), a été mis à la retraite en emportant 161 millions de dollars d’indemnisations.

Mais que personne ne se trompe. Le coût de cette bienveillance avec les grandes banques et leurs exécutifs sera payé par les Etats avec l’argent public, c’est-à-dire celui des travailleurs. Pire encore, pour dévier de l’argent de l’Etat afin de sauver les banques, les gouvernements des capitalistes chercheront à augmenter les attaques contre le niveau de vie des travailleurs, étant donné que les quantités énormes dépensées pour sauver les banques augmenteront le déficit du budget et la dette publique des Etats-Unis et des pays européens. Les gouvernements de ces pays chercheront à diminuer les dépenses de santé, d’éducation et des plans de retraite, assumées par l’Etat. Ils chercheront aussi à augmenter l’exploitation des pays périphériques, en faisant fonctionner leur « aspirateur » de capitaux bien connu.

L’impérialisme vit une crise politique

Ce serait une grande erreur de penser que la crise se limite à la sphère de l’économie. L’échec économique a mis en évidence une crise politique dans le pays le plus puissant du monde. Cette désorganisation n’a pas seulement été le produit d’un gouvernement qui finit son mandat. Un des exemples les plus manifestes a été l’épisode du vote du paquet d’aide aux banques. Le gouvernement Bush, avec un appui total des deux candidats présidentiels, Barack Obama et John McCain, et les directions des partis démocrate et républicain, a été mis en échec lors d’un premier vote à la Chambre. Aujourd’hui, même après l’approbation du paquet, la crise ne cède pas de terrain. Le gouvernement Bush, la FED, le Congrès, personne ne contrôle la situation ou dispose au moins de mécanismes efficaces pour faire face à la crise.

La crise politique n’est pas nouvelle. Elle est le résultat de la défaite de l’offensive de l’impérialisme américain après les attentats du 11 septembre 2001. Cette action, dirigée par le gouvernement Bush, consistait à attaquer tous les pays exploités de la planète, principalement ceux qui disposent de grandes réserves pétrolières ou d’une position stratégique pour leur transport. La « guerre contre le terrorisme » a servi pour justifier l’attaque et la guerre contre l’Iraq et l’Afghanistan. Mais la résistance héroïque des peuples irakien et afghan a mené les troupes des Etats-Unis et de l’OTAN dans un bourbier qui ne permet déjà pas une victoire militaire. A ce fait s’ajoute le fiasco de l’impérialisme dans sa tentative de mettre en échec les processus révolutionnaires en Amérique latine. La résistance des travailleurs immigrants latins aux Etats-Unis et la lutte des travailleurs européens contre les réformes néo-libérales ont contribué aussi à cette défaite.

La crise politique de l’impérialisme américain a influencé de manière décisive le développement de la crise économique, au moins sous deux aspects. D’abord, parce que la résistance des peuples irakien et afghan a prolongé la guerre pendant plus de cinq ans, en obligeant le gouvernement américain à dépenser, jusqu’à présent, plus de 800 milliards de dollars dans le conflit, affaiblissant ainsi l’économie du pays. Deuxièmement, parce que le bourbier de la guerre s’est traduit en un coût politique pour le gouvernement Bush, en l’affaiblissant profondément à l’heure où il a eu besoin de faire face à la crise économique.

Face à la catastrophe provoquée par le capitalisme, seule la classe ouvrière peut offrir une issue pour l’humanité.

Pendant plus de deux décennies après la restauration du capitalisme dans les pays du prétendu « socialisme réel », une propagande assourdissante, promue par la bourgeoisie mondiale et ses agents, prônait que le capitalisme était le seul système possible pour l’humanité, la source de richesse et de bien-être croissants pour toute la planète. Ils ont décrété « la mort du socialisme ».

La crise de l’économie mondiale vient de rétablir la vérité. Ce ne sont pas les politiques « néo-libérales », les excès de la spéculation ou même le manque de réglementation qui l’ont provoquée, comme l’affirment beaucoup de penseurs bourgeois ou réformistes. Au contraire, les crises sont inhérentes au système capitaliste. Elles font partie de son essence.

Le capitalisme est un système en décadence, qui développe la technologie uniquement pour augmenter les profits, et non en bénéfice de l’humanité. Au contraire, il l’utilise presque toujours pour la destruction de l’homme et de la nature. Ce système a besoin désespérément des guerres pour générer des profits. C’est le règne de l’anarchie de la production, de la consommation désorganisée et superflue d’une minorité, de la surexploitation des ressources naturelles qui provoque une catastrophe écologique mondiale, de la spéculation financière. C’est un système dans lequel la mondialisation du capital, qui n’a pas de frontières, utilise de façon permanente les barrières imposées par les frontières nationales pour réprimer et exploiter mieux les travailleurs immigrants, un système qui, cycliquement, lance l’humanité dans des périodes de chômage intense, de faim et de misère.

Toutefois, l’échec de ce système est loin de signifier la victoire définitive pour les travailleurs et les secteurs populaires du monde entier. Au contraire, la bourgeoisie impérialiste, dans sa décadence, peut entraîner toute l’humanité dans la barbarie. La crise ne rend pas l’impérialisme moins dangereux pour les exploités de ce monde. Un monstre blessé, qui combat désespérément pour survivre, peut tout détruire autour de lui, dans son agonie.

La bourgeoisie a démontré une fois de plus qu’elle n’accomplit déjà plus aucun rôle progressiste. C’est une classe qui cherche seulement à défendre ses privilèges et sa domination avec toutes les armes dont elle dispose. Elle ne parvient déjà plus à développer les forces productives de l’humanité, ni même à s’occuper des nécessités minimales de celle-ci. Une minorité de grands capitalistes et financiers, les propriétaires des moyens de production et de la distribution, exploitent de plus en plus l’immense majorité. A différentes reprises, elle menace non seulement nos postes de travail, nos salaires et nos maisons, mais aussi l’existence physique elle-même de la classe ouvrière et de toute l’humanité. Les média et les gouvernements disent qu’il n’y a pas d’autre issue, qu’il faut s’y habituer et essayer de s’adapter parce que le monde est ainsi. Mais l’actuelle crise du capitalisme génère une grande transformation dans la conscience de tous les jours des travailleurs.

Chaque jour de crise apporte des leçons pratiques énormes pour la classe ouvrière du monde entier. Les travailleurs voient quotidiennement les scandales financiers, l’augmentation brutale des inégalités, la menace de dépression, l’irrationalité et l’anarchie du capitalisme et du marché mondial. Ceci devient ensuite concret dans les expériences dures du chômage, de la perte de conquêtes, des bas salaires, expériences auxquelles beaucoup de travailleurs des pays impérialistes vont faire face dans la prochaine période.

La nouvelle situation mondiale, qui s’ouvre avec la crise économique, fera que le prolétariat vive une expérience concentrée avec l’exploitation et les fléaux du système capitaliste, une expérience qui normalement n’est possible qu’au cours de nombreuses années. Ceci permettra le réveil d’une nouvelle conscience, semblable à ce qu’ont représenté récemment les guerres, les agressions impérialistes et les politiques néo-libérales, en termes de conscience anti-impérialiste, pour les peuples des pays exploités. Toutefois, pour que cette nouvelle conscience franchisse un bond en avant, il faut que la classe passe à l’action.

Seule une action consciente de la classe ouvrière peut offrir une alternative pour tous les exploités du monde. Cette action consciente doit commencer par l’organisation pour la lutte en défense de la survie physique, en défense des vies et des familles, des centaines de millions de personnes menacées par la crise. Les travailleurs du monde entier ont besoin de s’organiser et de combattre pour défendre leurs emplois, leurs salaires et leurs maisons. Ils ont besoin de se mobiliser contre l’augmentation des prix, contre le travail précaire et pour les droits des immigrants.

Seules des mesures de fond (comme l’échelle mobile des heures de travail sans perte de salaire ; des plans de travaux publics pour contenir le chômage ; le rajustement automatique des salaires pour contrer les effets de l’inflation ; la fin de toutes les formes de travail précaire ; et d’autres mesures semblables) seront capables de faire face effectivement à cette crise. Les syndicats, les comités d’usine et toutes les organisations de classe seront appelés à accomplir un rôle actif dans ce combat, ou seront vouées à la disparaître et à céder la place à de nouvelles organisations qui puissent faire face au défi.

Au delà de tout ceci, il faut chercher une issue globale et définitive qui empêche que l’humanité reste à la merci de crises de plus en plus violentes et destructrices. Cette issue existe. Il faut planifier l’économie, la mettre au service de la satisfaction des nécessités de la grande majorité, les travailleurs et les secteurs populaires, et non pour augmenter la richesse de quelques-uns. Seule cette planification permettra d’utiliser rationnellement les ressources naturelles et de cesser immédiatement leur utilisation prédatrice et destructrice de la nature. Seule une économie planifiée peut mettre un terme à la faim, au chômage, à la misère. Seule cette planification permettra le plein développement des technologies et leur utilisation au bénéfice du développement matériel et culturel de l’humanité.

Il est nécessaire de réorganiser toute l’économie mondiale. Ceci est impossible sans s’attaquer aux banques, le cour de l’économie capitaliste impérialiste. Aujourd’hui, les grandes banques, et tout le système financier dominé par elles, sont une source permanente d’anarchie et de paralysie de l’économie mondiale. Elles ont été les responsables de la spéculation scandaleuse et des pertes gigantesques. Actuellement, elles ne prêtent plus d’argent et provoquent la diminution de la production, le chômage et la fermeture d’entreprises.

Il n’est pas possible de réorganiser l’économie de façon rationnelle sans mettre un terme à la domination des banques et mettre en place un système unique d’investissements et de crédit, contrôlé par l’Etat. Mais ceci doit se faire de manière opposée à l’étatisation promue aujourd’hui par les gouvernements bourgeois, comme celui de l’Angleterre, qui signifie donner de l’argent de l’Etat aux banquiers et permettre qu’ils continuent à diriger leurs banques.

Il est nécessaire d’exproprier toutes les banques et d’étatiser tout le système financier des Etats-Unis et de tous les pays impérialistes, sous contrôle des travailleurs et sans indemniser les banquiers. Il est nécessaire d’exproprier aussi les grandes entreprises impérialistes, d’annuler la dette exterieure des pays pauvres et d’établir un contrôle rigide des capitaux qui empêche leur fuite vers les pays impérialistes. Pour mettre un terme à la pénurie d’aliments et à leurs prix élevés, il faut exproprier les grandes propriétés et faire des réformes agraires radicales, qui donnent la terre aux paysans pauvres qui la travaillent et aux « sans- terre » que veulent produire des aliments.

Cela signifie construire une société totalement différente, une société qui ne vit pas en fonction du profit et où l’exploitation n’est pas nécessaire pour la maintenir, une société solidaire entre tous, au lieu d’être basée sur la concurrence et sur l’individualisme, une société socialiste.

Nous, les travailleurs, nous qui créons toutes les richesses avec notre travail, nous pouvons construire cette nouvelle société. Pour cela il sera nécessaire de mettre en échec l’impérialisme, d’exproprier la bourgeoisie parasitaire et de la déloger du pouvoir, en créant un Etat ouvrier qui dirige la transition vers cette société socialiste. L’expérience concrète d’une Révolution Socialiste victorieuse a déjà été faite par le prolétariat russe, qui a pris le pouvoir en 1917 et a construit un Etat basé sur des Conseils Ouvriers démocratiques, au service des grandes majorités populaires.

Cette expérience a duré quelques années et a dégénéré ensuite par l’action d’une bureaucratie privilégiée. Toutefois, malgré la bureaucratie, l’URSS a montré la force énorme d’une économie basée sur la propriété collective étatique des moyens de production (usines, banques et moyens de distribution), sur la planification de l’économie et sur le monopole du commerce extérieur. Dans la décennie de 1930, quand les Etats-Unis et tout le monde capitaliste vivaient les années de la Grande Dépression, l’URSS se développait à des taux de croissance annuelle de 20% ou plus et s’est transformée d’un pays arriéré et rural en la seconde puissance du monde, en moins de 40 ans.

Aujourd’hui, la classe ouvrière mondiale fait face au défi de reprendre la stratégie de la Révolution Socialiste mondiale pour mettre en échec le système capitaliste impérialiste et d’en finir pour toujours avec l’exploitation et le fléau des guerres et des crises économiques.

Mais il y a, sans doute, un obstacle énorme sur ce chemin, qui empêche aujourd’hui le prolétariat de combattre pour ses objectifs historiques et, même, de se défendre pleinement des attaques du capital : à la tête de la majorité absolue des organisations syndicales et politiques de la classe ouvrière se trouvent des directions bureaucratiques et opportunistes qui défendent leurs privilèges ainsi que le système capitaliste qui les maintient. Ces directions traîtres ont conduit le prolétariat à des défaites énormes dans le passé, et elles préparent une nouvelle catastrophe pour les luttes du futur.

La seule lutte spontanée des masses, pour héroïque qu’elle soit, ne mènera pas à la conquête du pouvoir. Pour faire la Révolution Socialiste mondiale, unique façon d’empêcher que le monde se précipite dans la barbarie, la classe ouvrière, en se plaçant à la tête de tous les exploités du monde, a besoin d’une direction politique révolutionnaire qui la conduit.

Le prolétariat a besoin de partis révolutionnaires dans tous les pays, qui fassent partie d’une Internationale révolutionnaire, opposée fermement à tous les partis et organisations bourgeois et opportunistes, une Internationale qui arbore un programme qui réunit l’expérience et la tradition internationales du prolétariat depuis la publication du Manifeste Communiste, il y a 160 ans, une Internationale qui se base sur une large démocratie interne et sur le principe organisationnel du centralisme démocratique : liberté totale dans la discussion, unité totale dans l’action.

La nouvelle situation mondiale, inaugurée par l’actuelle crise économique, ouvre des possibilités énormes pour la construction de cette Internationale et ses sections, les partis révolutionnaires nationaux. Voilà le grand défi et la principale tâche des révolutionnaires dans cette époque de décadence du capitalisme.

En septembre de cette année, alors que la confusion et la crise se sont emparées des bourses et de toutes les institutions du monde bourgeois et impérialiste, nous célébrons le 70ème anniversaire de la fondation de la IVème Internationale. La IVème Internationale est l’héritière légitime des traditions, du programme et des débuts de la IIIème Internationale, fondée par Lénine et Trotsky en 1919, peu après la Révolution russe. Trotsky a combattu pendant des années contre la dégénérescence de l’Etat soviétique et de la Troisième Internationale quand ceux-ci sont passés sous le contrôle de la bureaucratie dirigée par Staline.

Le Programme de Transition (écrit par Trotsky et adopté par la IVème Internationale comme son programme de fondation), les principes politiques et organisationnels de l’Internationale et son objectif stratégique sont aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour.

Les mots suivants de Trotsky conservent non seulement toute leur validité ; ils expriment aussi très bien le dilemme dramatique de la situation actuelle : « Les prémisses objectives de la révolution prolétaire ne sont pas seulement mûres, mais commencent à se pourrir. Sans la victoire de la révolution socialiste dans la prochaine période historique, toute la civilisation humaine sera menacée d’être conduite à une catastrophe. Tout dépend du prolétariat et, avant tout, de son avant-garde révolutionnaire. La crise historique de l’humanité se résume dans la crise de la direction révolutionnaire. »

Faire face à cette nouvelle étape de crise économique et de décadence du capitalisme, exigera des révolutionnaires du monde entier de concentrer tous leurs efforts à la tâche de la reconstruction de la IVème Internationale, en combattant pour que le meilleur de l’avant-garde de la classe ouvrière rejoigne ses rangs.

Secrétariat International de la LIT-QI

Octobre 2008

[1] Le terme de « concordat » est employé ici pour désigner des procédures, variables selon les pays, destinées à empêcher, ou seulement à retarder, la mise en faillite d’une entreprise.

El capitalismo arrastra el mundo para el abismo

Declaración de la LIT sobre la crisis de la economía mundial Sólo una Revolución Socialista puede salvar a la humanidad.

El año 2008 será recordado por el estallido de una de las más grandes crisis de la historia del sistema capitalista. Lo que antes parecía ser una crisis cíclica como muchas otras, apareció en sus verdaderas proporciones. Desde el 15 de septiembre, con la caída del banco Lehman Brothers, se instaló el pánico en los mercados capitalistas del mundo entero. Entraron en concordato, caída o quiebras encubiertas algunos de los mayores bancos de los Estados Unidos y Europa. La oferta de crédito está congelada en forma generalizada. Ni las instituciones financieras ni los capitalistas individuales quieren prestar dinero. La falta de crédito amenaza paralizar la economía norteamericana a tal punto que la Fed (el banco central de los Estados Unidos) está prestando dinero directamente para que las empresas puedan funcionar, lo que está totalmente fuera de sus atribuciones. Los gobiernos de los principales países imperialistas intervinieron, inyectando más de un billón de dólares en los bancos y en la economía. Esto no detuvo la crisis. Día tras día ocurren las mayores caídas, desde muchas décadas, en las bolsas. Sólo en la primera semana de octubre, las bolsas de todo el mundo acusaron pérdidas globales de 6,2 billones de dólares[1] en el valor de las acciones. Se "derriten" las acciones de las mayores empresas del mundo, como la General Motors y la Exxon, antes consideradas sólidas. Esta es, sin exageraciones, la situación actual de la economía mundial. El reciente "paquete" aprobado por ocho países europeos - que destina más de 2 billones de dólares para socorrer bancos - y medidas similares de los gobiernos de Estados Unidos (250 mil millones de dólares), Australia y países de Medio Oriente, aunque se constituyan en la más grande intervención estatal en el sistema financiero mundial, no lograrán revertir la crisis ni impedir la recesión. Puede ser que logren calmar los mercados por unos días, pero los efectos globales de esta gigantesca operación sobre los presupuestos, deudas públicas e índices de inflación de los países involucrados pueden generar repercusiones aún más negativas en el futuro. La crisis de la economía capitalista es una realidad que hoy está en el centro de todos los acontecimientos mundiales. Por otro lado, es un proceso que está apenas en su comienzo y va a afectar, en mayor o menor medida, a todos los países. Sin dudas, las más graves repercusiones recaerán sobre los trabajadores y los pobres de todo el mundo. El sistema financiero de los Estados Unidos y de Europa está en plena quiebra. El Banco Lehman cayó, el Merril Lynch fue incorporado al Bank of America, el Bearn Stearns fue tomado por el Morgan Stanley, Wachovia pasó para el Wells Fargo y Goldman Sachs colocó a la venta su paquete accionario. Fannie Mae y Freddie Mac, las dos mayores empresas del ramo de hipotecas de los Estados Unidos, cayeron y fueron nacionalizadas por el gobierno norteamericano. También cayó la aseguradora AIG (la mayor de EEUU y del mundo). Lo mismo pasó con el Washington Mutual, el mayor banco del sector inmobiliario de EEUU. Esta violenta centralización de capitales en el sistema financiero se extendió a escala internacional : el HBOS da Inglaterra fue adquirido por el Lloyds y el español Santander absorbió las sucursales del Bradford and Bingley. Los gobiernos europeos fueron obligados a intervenir para salvar el Banco Fortis (el mayor de Bélgica), el HBOS y el Bradford-Bingley (ambos de Inglaterra), y el Hypos Real Estate, principal banco de financiamiento inmobiliario de Alemania. El gobierno de Inglaterra estatizó parcialmente los bancos más importantes del país, inyectando 50 millones de libras en estas instituciones y tomando a cambio una parte de sus acciones. Fue una "estatización" para salvar a los banqueros, porque el estado capitaliza sus empresas pero permite que sigan como dueños de los bancos. El gobierno de Estados Unidos y otros gobiernos de países imperialistas quizás sigan este ejemplo. Hubo una enorme "quema" de capital ficticio en este corto período : títulos con lastre en créditos "podridos", hipotecas que no podían ser pagadas por los deudores, acciones supervalorizadas, etc. Pero también hubo pérdidas de capital real, principalmente de los fondos de pensión y dos pequeños inversores que apostaron sus economías en títulos o acciones. Ya existe una recesión en los países capitalistas imperialistas, comenzando por los EEUU, que se está extendiendo a todo el mundo. Francia ya acusó dos trimestres seguidos de crecimiento negativo. Japón sufrió una caída del 2% del PIB en el segundo trimestre de este año. Ya existe recesión en Italia, Inglaterra y España. También hay recesión en algunos de los países más débiles de Europa, como Islandia e Irlanda. Hubo una caída de ventas de automóviles en EEUU, con una media del 30% en setiembre. La General Electric, una de las mayores empresas del mundo, tuvo una caída del 12% en sus vendas y busca financiamiento. No se puede prever aún si esta recesión va a durar apenas dos o tres años o si va a inaugurar un largo período de depresión semejante al que se abrió después de la crisis de 1929. No es casual que la mayoría de los economistas burgueses o de los líderes políticos mencione la crisis de 29, sea para negar que el mundo esté a punto de entrar en un período similar o para advertir sobre las semejanzas entre los dos procesos y alertar el riesgo de que la crisis evolucione para una situación parecida o peor. La crisis de 1929 es un fantasma que asusta a la burguesía mundial porque sabe que esto significaría un prolongado período de declinación del propio capitalismo, con enormes consecuencias políticas. De cualquier manera, ésta ya es, como mínimo, la mayor crisis de la economía mundial desde 1929. Ciertamente habrá países más o menos afectados, pero ninguno dejará de sufrir los efectos de la recesión instalada en los países imperialistas. Además de eso, esta crisis económica tiene una particularidad que la vuelve superior a las anteriores, más generalizada e devastadora que las de la década de 1990 : su epicentro está en Estados Unidos, la mayor economía del mundo y el corazón del imperialismo. Esto potencializa al máximo su extensión y profundidad. Los países más frágiles y dependientes no tienen como escapar de sus efectos.

La evolución de la crisis

La actual crisis apareció, en un primer momento, bajo la forma de una crisis inmobiliaria en Estados Unidos. En los últimos años, los bancos norteamericanos ofrecieron en forma generalizada créditos hipotecarios a compradores de alto riesgo de inmuebles ("subprimes"), cobrando altos intereses. Estas hipotecas eran "empaquetadas" por grandes compañías hipotecarias y transformadas en papeles o títulos, luego negociados en el mercado por corredoras y bancos de inversiones, captando así más capitales y permitiendo que las compañías ofreciesen más crédito. Los títulos fueron asegurados por compañías de seguros y evaluados con buenas notas por agencias de clasificación de riesgo, como la Standard & Poor’s. De esta forma, los papeles fueron comprados por inversores de todo el mundo, a través de los grandes bancos y los fondos de pensión. Este esquema especulativo, parecido con las famosas "pirámides", se vino abajo cuando se tornó evidente que millones de compradores no podrían pagar sus hipotecas. Los bancos comenzaron a retomar las casas de los deudores incobrables. La gran oferta de inmuebles resultante hizo bajar bruscamente los precios y dejó en evidencia que bancos, empresas vendedoras, compañías inmobiliarias, compañías de seguros e inversores en general no sólo no conseguirían obtener ganancias sino que tendrían pesadas pérdidas sobre el capital invertido. La crisis financiera actual es otra manifestación de un proceso permanente de crecimiento-auge-crisis-depresión, propio del sistema capitalista, que vive crisis cíclicas desde el comienzo del siglo XIX, en un permanente movimiento de equilibrio y desequilibrio. Cada crisis, sin embargo, tiene sus particularidades y alcances. La crisis actual se expresa de forma particularmente violenta por la situación del capitalismo imperialista y de la lucha de clases en la época en que vivimos. En verdad, las contradicciones que explotaron ahora se vienen se desarrollando desde hace varios años. Durante la década de 1990 y principios del siglo XXI, después de décadas de crisis, el imperialismo consiguió inaugurar un período de expansión y crecimiento a través del enorme aumento de la explotación de los trabajadores de todo el mundo y de un verdadero proceso de recolonización de los países explotados. Esto se dio de distintas formas : • A través de la restauración del capitalismo en China, Rusia y los ex estados obreros del Este europeo y Asia. Esto permitió que el imperialismo explotase directamente a los trabajadores de estos países, principalmente China que se transformó en la "fábrica del mundo", pagando salarios de hambre y extrayendo así una enorme masa de plusvalía. • Con la abertura de nuevos mercados para los productos de las transnacionales en los países donde se restauró el capitalismo y también en los países donde se impusieron los Tratados de Libre Comercio (TLC’s). • Con la quiebra de los monopolios estatales para la explotación de las riquezas naturales de los países pobres, seguida de un verdadero pillaje de estos recursos por parte de las transnacionales. • Imponiendo un amplio y generalizado proceso de privatizaciones de empresas estatales y servicios públicos, que permitió a las empresas imperialistas explotar directamente a todo un sector de los trabajadores de los países periféricos y de los propios países imperialistas y obtener enormes lucros, lo que antes sólo hacía en forma indirecta. • Creando nuevas formas de aumentar la explotación del trabajo asalariado, la llamada "flexibilización laboral", es decir : tercerizaciones, todo tipo de contratos precarios, eliminación de conquistas, aumento de la jornada de trabajo, etc. Todas estas formas de explotación y expansión de los mercados permitieron un aumento de la tasa de ganancias (relación entre la plusvalía apropiada por el capitalista y el capital invertido por él). Las nuevas tecnologías digitales también posibilitaron aumentar la productividad y crear un mercado financiero mundial que funciona on-line y permite un ritmo instantáneo de reparto de beneficios y de acumulación y sobreacumulación de capital. Todos estos procesos redundaron en la extracción de una enorme masa de plusvalía. Se produjo una gran sobreacumulación de capital. Sin embargo, esta sobreacumulación de capital genera una caída de la tasa de ganancias en la medida en que la parte superior de la ecuación, la plusvalía, permanece igual, pero la parte inferior (el capital) aumenta. El capital busca, entonces, lo más rápidamente posible, nuevas inversiones donde obtener ganancias y revertir la caída de tasa de ganancias. Durante las últimas décadas, esta sobreacumulación de capital provocó un gran aumento del capital ficticio, es decir, capital que no es invertido en la producción directamente, sino en la especulación, en sus diversas formas. En general, esta gran masa de capital disponible es inyectada de nuevo en la economía bajo la forma de una enorme oferta de crédito (acciones en bolsa, títulos, títulos de la deuda pública, créditos para exportación, créditos para las empresas, crédito al consumidor), sobre el cual los capitalistas esperan conseguir una remuneración mayor y más rápida que la obtenida en la producción. Pero este movimiento provoca un brutal endeudamiento, no sólo de los consumidores individuales, sino de las empresas e incluso de los Estados. La deuda pública de los Estados Unidos, por ejemplo, ya alcanza la increíble cantidad de 13 billones de dólares. Cuando se produjo la última crisis mundial, en 2001-2002, el imperialismo buscó atenuar sus efectos y producir un nuevo ciclo de crecimiento bajando a tasa de intereses y facilitando aún más la oferta de crédito, entre otras medidas. Con eso, consiguió estimular el consumo y recuperar la tasa de ganancia por un corto período. Esto se combinó con otra política fundamental del gobierno Bush : iniciar las guerras de Irak y Afganistán, aumentando violentamente los gastos con el presupuesto militar y estimulando así un crecimiento generalizado de la industria militar y de los sectores ligados al aprovisionamiento de las Fuerzas Armadas. Sin embargo, ambas medidas significaron una fuga para adelante, es decir, consiguieron suavizar la crisis de 2001-2002 pero sólo aumentaron las contradicciones del capitalismo norteamericano. Por un lado, llevaron a niveles insoportables el endeudamiento generalizado de las empresas, los consumidores y el Estado. Por otro, la heroica resistencia de las masas iraquíes y afganas generó una crisis política en el imperialismo y una extensión por encima de cualquier expectativa de las guerras y, consecuentemente, de los gastos públicos y de la deuda del Estado. Por eso, esta crisis es particularmente explosiva. Porque, además de su naturaleza común a todas las crisis del capitalismo (es decir, se manifiesta en una caída abrupta de la tasa de ganancias y un desequilibrio que lleva a una crisis de superproducción) comporta un elemento que la potencializa tremendamente. Estamos hablando de la crisis del sistema financiero de Estados Unidos y Europa que, por obra de la mundialización del capital y del desarrollo espectacular de la técnica, ya alcanza al mundo entero, reflejando este enorme endeudamiento de los consumidores, empresas y estados.

El supuesto "despegue" de los países emergentes es una farsa

La famosa tesis del "despegue" de los llamado "países emergentes que, por ser supuestas potencias en ascenso, podrían escapar de la crisis, se reveló un mito. Existe una única economía y un único mercado mundiales. Las economías nacionales son partes de este todo y están subordinadas a él. Como ya dijimos antes, el centro de la crisis es la principal economía del planeta, Estados Unidos, lo que hace que sus efectos se extiendan a las economías de todos los países, principalmente los países de economía más débil o secundaria. Los "emergentes" ya están sintiendo estos efectos. La crisis financiera ya afectó a Rusia donde, en una semana, las sesiones de la Bolsa ya fueron interrumpidas 4 veces en un intento de impedir la fuga de capitales. Solamente el 6/10, la Bolsa de Moscú cayó un 19% y el gobierno fue obligado a suspender el funcionamiento bursátil 2 días para evitar que se cayera completamente el sistema financiero En América Latina no es diferente. Al principio, los gobiernos latinoamericanos, como Lula y Cristina Kirchner, intentaron minimizar la crisis mientras permitían que los banqueros y capitalistas internacionales y nativos retirasen sus capitales con beneficios extraordinarios, aprovechando las remesas de ganancias, los altos intereses pagados por los gobiernos y los pagos de las deudas externa e interna. Ahora, la crisis mundial está desequilibrando estas economías de varias maneras, sea por la fuga de capitales, por la caída de las exportaciones o por la desaceleración de la producción agrícola e industrial, fruto de la caída del consumo de los países imperialistas. Todo apunta para la recesión. La ilusión del "despegue" se derrumbó y, ahora, los mismos gobiernos que antes hacían poco caso de la crisis intentarán imponer su costo a la clase trabajadora y a los pobres. Las afirmaciones de que Brasil o Argentina, u otros países periféricos, no serían afectados por la crisis no tienen sólo el objetivo de encubrir la inacción de estos gobiernos. Además de esto, existe un claro carácter intencional : los gobiernos de Lula, Cristina Kirchner y otros quieren "anestesiar" a la clase obrera y a los sectores populares, desarmarlos y amarrar sus manos para que acepten pagar pasivamente por los costos de la crisis, o que la enfrenten totalmente sin preparación para la inevitable lucha de vida o muerte contra la superexplotación, el desempleo y el hambre que ya se vislumbran en el horizonte.

La crisis económica va a provocar una enorme crisis social

Como en todas las crisis de la economía capitalista, la burguesía mundial ya comenzó a descargar sus costos en las espaldas de los trabajadores y de los sectores populares. Las primeras manifestaciones son las restricciones del crédito al consumidor y los aumentos de precios. Por ejemplo, sólo en Estados Unidos, más de un millón setecientas mil familias fueron expulsadas de sus casas porque no pudieron pagar sus hipotecas. Pero el ataque que está por venir será mucho peor. La recesión provocará un enorme aumento del desempleo. Sólo en Estados Unidos, 750 mil personas ya perdieron su trabajo. Antes de la explosión de los mercados financieros, la Organización Internacional del Trabajo (OIT) preveía que 5 millones de trabajadores se sumarían a la población desempleada en todo el mundo, este año. Ahora, este número debe aumentar mucho. Los trabajadores inmigrantes en los países imperialistas, oriundos de países pobres, serán los primeros en sufrir el desempleo, el aumento del trabajo precario y las leyes para extranjeros promovidas por los gobiernos de estos países. La crisis económica y el desempleo también traerán el crecimiento de la xenofobia y del racismo, como ya está ocurriendo en Italia y en Austria. Por otro lado, en más de treinta países pobres ya existía una crisis social por causa del aumento del precio de los alimentos y de los combustibles. En ellos, la recesión y el desempleo tendrán el efecto de una verdadera hecatombe social. Los reflejos de la crisis económica entre los trabajadores contrastan con los privilegios de la alta burguesía. El capitalismo busca salvar a los bancos con paquetes estatales que, sólo en Estados Unidos, ya suman más de un billón de dólares. ¿Qué significa este gasto frente a otras necesidades agudas de la humanidad ? Según la ONU, para dar agua potable a todo el planeta serían necesarios 32.000 millones de dólares. Según la FAO, para acabar con el drama de las 925 millones de personas que pasan hambre en el mundo serían precisos 30.000 millones de dólares. Cantidades ínfimas comparadas con la fortuna destinada a salvar a los bancos que fueron los protagonistas de la crisis financiera. Además de eso, otra farsa cayó por tierra. Durante décadas la propaganda neoliberal hizo apología de las privatizaciones, de la libertad del capital para actuar libremente, obedeciendo sólo las "leyes del mercado". Ahora piden desesperadamente, en realidad exigen, una inyección de dinero público para cubrir sus pérdidas. Lo que están diciendo es que en un momento de crecimiento económico y altas ganancias es preciso privatizar el Estado, pero que en los momentos de crisis y grandes pérdidas el Estado debe financiar a los capitalistas. Privatizar las ganancias y socializar las pérdidas, tal es la lógica del capitalismo. Por eso, no todos sufren la crisis por igual. Los trabajadores pierden sus casas y sus empleos, y muchos ya están amenazados por el hambre. Pero muchos burgueses, cuya especulación llevó a los bancos a la quiebra, conservan privilegios escandalosos, casi obscenos. Ejecutivos de los bancos que cayeron cobraron "indemnizaciones" y bonos millonarios. Richard Fuld, que conducía el banco Lehman Brothers, que pidió concordato en setiembre, tuvo "ingresos" de 45 millones de dólares en 2007. Stan O’Neal del banco Merryl Lynch, comprado por el Bank of América, se jubiló llevando para casa 161 millones de dólares en indemnizaciones. Pero que nadie se engañe. El costo de esta benevolencia con los grandes bancos y sus ejecutivos será pagado por los Estados con dinero público, es decir de los trabajadores. Peor aún, para desviar dinero del Estado para salvar a los bancos, los gobiernos capitalistas buscarán aumentar los ataques al nivel de vida de los trabajadores. Porque las enormes cuantidades gastadas para salvar los bancos aumentarán el déficit del presupuesto y la duda pública de Estados Unidos y de los países europeos. Los gobiernos de estos países buscarán cortar gastos de salud, educación y planes de jubilación, bancados por el estado. También buscarán aumentar la explotación de los países periféricos, haciendo funcionar su conocida "aspiradora" de capitales.

El imperialismo vive una crisis política

Sería un gran engaño pensar que la crisis se limita a la esfera de la economía. El descalabro económico dejó evidente una crisis política en el país más poderoso do mundo. Este descontrol no fue sólo un producto de un gobierno que finaliza su mandato. Uno dos ejemplos más evidentes fue el episodio de la votación del paquete de ayuda a los bancos. El gobierno Bush, con pleno apoyo de los dos candidatos presidenciales, Barack Obama y John McCain, y de las direcciones de los partidos demócrata y republicano, fue derrotado en una primera votación en la Cámara. Hoy, incluso después de la aprobación del paquete, la crisis no cede. El gobierno Bush, la Fed, el Congreso, nadie tiene control sobre la situación o dispone siquiera de mecanismos eficaces para enfrentar la crisis. La crisis política no viene de ahora. Es producto de la derrota de la ofensiva del imperialismo norteamericano después de los atentados del 11 de setiembre de 2001. Esta acción, encabezada por el gobierno Bush, consistía en atacar a todos los países explotados del planeta, principalmente a los que tienen grandes reservas petrolíferas o una posición estratégica para su transporte. La "guerra contra el terrorismo" sirvió como justificativa para el ataque y la guerra contra Irak y Afganistán. Pero la heroica resistencia de los pueblos iraquí y afgano llevó a las tropas de Estados Unidos y de la OTAN a un atolladero que ya no permite una victoria militar. A este hecho, se suma el fracaso do imperialismo en intentar derrotar los procesos revolucionarios en América Latina. También contribuyeron a esta derrota, la resistencia de los trabajadores inmigrantes latinos en Estados Unidos y la lucha de los trabajadores europeos contra las reformas neoliberales. La crisis política del imperialismo norteamericano influyó decisivamente en el desarrollo de la crisis económica por lo menos en dos aspectos. Primero, porque la resistencia de los pueblos iraquí y afgano prolongó la guerra por más de cinco años, obligando al gobierno norteamericano a gastar, hasta ahora, más de 800.000 millones de dólares en el conflicto, debilitando la economía del país. Segundo, porque el atolladero de la guerra se tradujo en un costo político para el gobierno Bush, debilitándolo profundamente en la hora en que precisó enfrentar la crisis económica.

Frente al desastre provocado por el capitalismo, sólo la clase obrera puede ofrecer una salida para la humanidad.

Durante las más de dos décadas que se sucedieron a la restauración del capitalismo en los países del llamado "socialismo real", una sofocante propaganda, promovida por la burguesía mundial y sus agentes, pregonaba que el capitalismo era el único sistema posible para la humanidad, fuente de riqueza y bienestar crecientes para todo el planeta. Decretaron la "muerte del socialismo". La crisis de la economía mundial viene a restaurar la verdad. No fueron las políticas "neoliberales", los excesos especulativos o incluso la falta de reglamentación las que la provocaron, como pregonan muchos pensadores burgueses o reformistas. Al contrario, las crisis son inherentes al sistema capitalista. Están en su esencia. El capitalismo es un sistema en decadencia, que desarrolla tecnología únicamente para aumentar las ganancias y no para beneficio de la humanidad. Al contrario, casi siempre la utiliza para la destrucción del hombre y de la naturaleza. Este sistema precisa desesperadamente de las guerras para generar lucros. En él rige la anarquía de la producción, el consumo descontrolado y superfluo de una minoría, la superexplotación de los recursos naturales que provoca un desastre ecológico mundial y la especulación financiera. Un sistema en que la mundialización del capital, que no tiene fronteras, utiliza permanentemente de las barreras impuestas por las fronteras nacionales para reprimir y explotar mejor a los trabajadores inmigrantes. Un sistema que, cíclicamente, lanza a la humanidad en períodos de intenso desempleo, hambre y miseria. Sin embargo, el fracaso de este sistema está lejos de significar la victoria definitiva para los trabajadores y los sectores populares de todo el mundo. Al contrario, la burguesía imperialista, en su decadencia, puede arrastrar a toda la humanidad para la barbarie. La crisis no torna al imperialismo menos peligroso para los explotados de este mundo. Un monstruo herido, que lucha desesperadamente para sobrevivir, puede, en su agonía, destruir todo a su alrededor. La burguesía demostró una más vez que ya no cumple ningún papel progresivo. Es una clase que busca sólo defender sus privilegios y su dominación con todas las armas de las que dispone. Ya no consigue desarrollar las fuerzas productivas de la humanidad y ni siquiera atender sus necesidades mínimas. Una minoría de grandes capitalistas y financistas, los dueños de los medios de producción y distribución, explotan cada vez más a las grandes mayorías. Cada tanto amenazan no sólo nuestros puestos de trabajo, salarios y casas, sino también la propia existencia física de la clase obrera y de toda la humanidad. Los medios de comunicación y los gobiernos dicen que no hay otra salida. Que tenemos que acostumbrarnos y tratar de adaptarnos porque el mundo es así. Pero la actual crisis del capitalismo produce una gran transformación en la conciencia habitual de los trabajadores. Cada día de la crisis trae enormes lecciones prácticas para la clase obrera de todo el mundo. Los obreros ven diariamente los escándalos financieros, el aumento brutal de las desigualdades, la amenaza de depresión, la irracionalidad y la anarquía del capitalismo y del mercado mundial. Esto se concreta después en las duras experiencias del desempleo, pérdida de conquistas y bajos salarios, que muchos obreros de los países imperialistas van a enfrentar en el próximo período. La nueva situación mundial que se abre con la crisis económica hará que el proletariado viva una experiencia concentrada con la explotación y las lacras del sistema capitalista, que normalmente sólo seria posible en el curso de muchos años. Esto permitirá el despertar de una nueva conciencia, similar a lo que representaron recientemente las guerras, las agresiones imperialistas y las políticas neoliberales, en términos de conciencia antiimperialista, para los pueblos de los países explotados. Sin embargo, para que esta nueva conciencia de un salto es preciso que la clase pase a la acción. Sólo una acción consciente de la clase obrera puede ofrecer una alternativa para todos los explotados del mundo. Esta acción consciente debe comenzar por la organización para la lucha en defensa de su supervivencia física, en defensa de sus vidas y de sus familias, de las centenas de millones de personas amenazadas por la crisis. Los trabajadores del mundo entero precisan organizarse y luchar para defender sus empleos, salarios y casas. Precisan movilizarse contra los aumentos de los precios, contra el trabajo precario y por los derechos de los inmigrantes. Sólo medidas de fondo (tales como la escala móvil de horas de trabajo con igual salario y planes de obras públicas para contener el desempleo ; reajustes salariales automáticos de acuerdo con el aumento de la inflación ; el fin de todas las formas de trabajo precario y otras similares) serán capaces de enfrentar efectivamente esta crisis. Los sindicatos, comisiones de fábrica y todas las organizaciones de clase serán convocados a cumplir un papel activo en este combate, o estarán destinadas a perecer y dar lugar a nuevas organizaciones que puedan enfrentar el desafió. Yendo más lejos, es preciso buscar una salida global y definitiva que impida que la humanidad permanezca a merced de crisis cada vez más violentas y arrasadoras. Esta salida existe. Es necesario planificar la economía, colocarla al servicio de la satisfacción de las necesidades de la gran mayoría, los trabajadores y los sectores populares, y no para aumentar la riqueza de unos pocos. Sólo esta planificación permitirá utilizar racionalmente los recursos naturales y cesar inmediatamente con su uso predatorio y con a destrucción de la naturaleza. Sólo una economía planificada puede poner fin al hambre, al desempleo, a la miseria. Solamente esta planificación permitirá el pleno desarrollo de las tecnologías y su utilización en beneficio del desarrollo material y cultural de la humanidad. Es necesario reorganizar toda la economía mundial. Esto es imposible sin atacar a los bancos, el corazón de la economía capitalista imperialista. Hoy, los grandes bancos, y todo el sistema financiero dominado por ellos, son una fuente permanente de anarquía y parálisis de la economía mundial. Fueron responsables por la escandalosa especulación y por pérdidas gigantescas. Ahora no prestan más dinero, provocando disminución de la producción, desempleo y caídas de empresas. No es posible reorganizar la economía de forma racional sin acabar con el dominio de los bancos e implantar un sistema único de inversiones y crédito controlado por el Estado. Pero esto se debe hacer de forma opuesta a la estatización promovida hoy por los gobiernos burgueses, como el de Inglaterra, que significa dar dinero del Estado a los banqueros y permitir que ellos continúen al frente de sus bancos. Es necesario expropiar todos los bancos y estatizar todo el sistema financiero de Estados Unidos y de todos los países imperialistas, bajo control de los trabajadores y sin indemnizar a los banqueros. Es preciso expropiar también a las grandes empresas imperialistas, anular las deudas externas de los países pobres y establecer un rígido control de capitales que impida su fuga para los países imperialistas. Para acabar con la escasez de alimentos y sus altos precios hay que expropiar los latifundios y realizar reformas agrarias radicales que den la tierra a los campesinos pobres que la trabajan y a los "sin-tierra" que quieren producir alimentos. Eso significa construir una sociedad totalmente distinta. Una sociedad que no viva en función del lucro y donde no sea necesaria la explotación para garantizarla. Una sociedad solidaria con todos, en vez de estar basada en la competencia y en el individualismo. Una sociedad socialista. Los trabajadores, que con nuestro trabajo creamos todas las riquezas, podemos construir esta nueva sociedad. Para ello será necesario derrotar al imperialismo, expropiar a la burguesía parasitaria y desalojarla del poder, creando un estado obrero que encamine la transición para esta sociedad socialista. La experiencia concreta de una Revolución Socialista victoriosa ya fue feita por el proletariado ruso, que tomó el poder en 1917 y construyó un estado basado en Consejos Obreros democráticos, al servicio de las grandes mayorías populares. Esa experiencia duró pocos años y después degeneró por la acción de una burocracia privilegiada. Sin embargo, a pesar de la burocracia, la URSS mostró la enorme fuerza de una economía asentada en la propiedad colectiva estatal de los medios de producción (fábricas, bancos y medios de distribución), en la planificación de la economía y en el monopolio del comercio exterior. En la década de 1930, cuando Estados Unidos y todo el mundo capitalista vivían los años de la Gran Depresión, la URS se desarrollaba a tasas de crecimiento anual del 20% o más , y se transformó de un país atrasado y rural en la segunda potencia del mundo, en menos de 40 años. Hoy, la clase obrera mundial enfrenta el desafío de retomar la estrategia de la Revolución Socialista mundial para derrotar al sistema capitalista imperialista y terminar para siempre con la explotación y el flagelo de las guerras y de las crisis económicas. Pero, sin dudas, hay un enorme obstáculo en este camino, que hoy impide al proletariado luchar por sus objetivos históricos e, incluso, defenderse plenamente de los ataques del capital : al frente de la mayoría absoluta de las organizaciones sindicales y políticas de la clase obrera están direcciones burocráticas y oportunistas que defienden sus privilegios y al sistema capitalista que los mantiene. Estas direcciones traidoras condujeron al proletariado a tremendas derrotas en el pasado y preparan un nuevo desastre para las luchas del futuro. La lucha espontánea de las masas, por sí sola, por más heroica que sea, no llevará a la conquista del poder. Para hacer la Revolución Socialista mundial, única forma de impedir que el mundo se precipite en la barbarie, la clase obrera, colocándose al frente de todos los explotados del mundo, necesita de una dirección política revolucionaria que la conduzca. El proletariado necesita de partidos revolucionarios en todos los países, que sean parte de una Internacional revolucionaria, opuesta firmemente a todos los partidos y organizaciones burgueses y oportunistas. Una Internacional que levante un programa que reúna la experiencia y la tradición internacionales del proletariado desde la publicación del Manifiesto Comunista, hace 160 años. Que se base en una amplia democracia interna y en el principio organizativo del centralismo democrático : completa libertad de discusión, total unidad en la acción. La nueva situación mundial abierta por la actual crisis económica abre enormes posibilidades para la construcción de esta Internacional y sus secciones, los partidos revolucionarios nacionales. Este es el gran desafió y la principal tarea de los revolucionarios en esta época de decadencia del capitalismo. En setiembre de este año, mientras la confusión y la crisis se apoderaban de las bolsas y de todas las instituciones del mundo burgués e imperialista, se cumplieron 70 años de la fundación de la IV Internacional. La IV es la legítima heredera de las tradiciones, del programa y de los principios de la III Internacional, fundada por Lenin y Trotsky, en 1919, poco después de la Revolución Rusa. Trotsky luchó años contra la degeneración del Estado soviético y de la Tercera cuando estos pasaron a ser controlados por la burocracia encabezada por Stalin. El Programa de Transición (escrito por Trotsky y adoptado por la IV como su programa de fundación), los principios políticos y organizativos de la Internacional y su objetivo estratégico continúan más válidos que nunca. Estas palabras de Trotsky no sólo mantiene toda su validez sino que expresan muy bien la disyuntiva dramática de la actual situación : "Las premisas objetivas de la revolución proletaria no están solamente maduras, sino que comienzan a pudrirse. Sin la victoria de la revolución socialista en el próximo período histórico, toda la civilización humana estará amenazada de ser conducida a una catástrofe. Todo depende del proletariado y, antes que nada, de su vanguardia revolucionaria. La crisis histórica de la humanidad se reduce a la crisis de la dirección revolucionaria". Enfrentar esta nueva etapa de crisis económica y decadencia del capitalismo exigirá de los revolucionarios del mundo entero concentrar todos sus esfuerzos en la tarea de reconstruir la IV Internacional, luchando para que lo mejor de la vanguardia de la clase obrera ingrese a sus filas.

Secretariado Internacional de la LIT Octubre de 2008

[1] Utilizamos la palabra "billón" con el significado que tiene en la mayoría de los países de habla hispana. Es decir "un millón de millones", equivalente a la palabra "trillón" del inglés o del portugués

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