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Afghanistan : à bas la sale guerre de la France !

samedi 22 mars 2008

La France en guerre en Afghanistan contre un peuple qui ne l’a jamais attaqué

Que fait l’armée française en Afghanistan

TROUPES FRANCAISES, TROUPES AMERICAINES, TROUPES ANGLAISES, TROUPES IMPERIALISTES, HORS D’AFGHANISTAN !

Les dix soldats français morts en faisant la guerre en Afghanistan ont fait plus de bruit dans les capitales occidentales que des centaines et des milliers de civils morts du fait des bombardements et des tirs des armées occidentales dans ce même pays. Sept ans après qu’une coalition mondiale soit intervenue massivement dans ce pays, comment se fait-il qu’elle soit toujours en train d’y faire la guerre ? Parce qu’elle n’est en rien une armée de libération ni une armée anti-terroriste mais une armée terroriste qui fait la guerre au peuple afghan. Il s’agit bel et bien d’une guerre d’occupation qui vise à transformer la signification des affrontements à l’échelle mondiale et la réalité de la crise du capitalisme, et à en faire une guerre du monde occidental contre le monde musulman, comme à une époque les USA avaient transformé la réalité de la lutte des classes en une lutte entre les blocs (est et ouest). L’objectif prétendu (battre le terrorisme intégriste musulman) est pure hypocrisie. Un seul fait le démontre aisément. Lorsque l’armée russe prétendait envahir l’Afghanistan pour les combattre, les USA et les puissances alliées ont soutenu les intégristes musulmans contre la Russie et ont construit alors l’organisation Al Quaida, suppôt de la CIA, des services secrets pakistanais et saoudiens, qu’ils prétendent combattre aujourd’hui.

LES IMPÉRIALISTES PRÉTENDENT SAUVER LE PEUPLE AFGHAN EN LE BOMBARDANT DANS SA PROPRE MAISON ?

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SUR LE GRAPHIQUE QUI SUIT, ON PEUT EXAMINER LE LIEN ENTRE LA CRISE (CHUTE DU PRODUIT MONDIAL) ET CERTAINS EVENEMENTS

On y remarque que les "crises" pétrolières se produisent peu avant que l’économie reparte (pour que l’économie capitaliste reparte). On remarque aussi que les attentats qui ont été suivis par la guerre d’Afghanistan ont précédé de peu la reprise économique. Il n’est pas difficile d’imaginer que la guerre d’Afghanistan avait pour but, pour les USA, la défense de leur système de domination.

Plus de sept ans après le début de la guerre d’Afghanistan, les forces impérialistes coalisées perdent pied.

On vient d’apprendre que le contingent militaire français en Afghanistan risque d’être porté de 1600 à 2600 pour aider les autres grandes puissances, Angleterre et USA en particullier, dont les contingents militaires sont fatigués, débordés et qui ne peuvent envoyer d’autres forces, englués qu’ils sont dans la guerre d’Irak.

La barbarie de ces guerres impérialistes rivalisent avec leur inefficacité. Que ce soit en Irak ou en Afghanistan, des années de guerre ont amplement montré que les grandes puissances ne luttent nullement pour l’intérêt des peuples et même que ces peuples sont contre elles.

En France, la guerre d’Afghanistan est quasiment absente des média, n’est dénoncée publiquement par personne et pourtant elle tue toutes les semaines et même tous les jours !

JEAN-DOMINIQUE MERCHET

La France s’apprête à envoyer des renforts militaires en Afghanistan où 40 combattants liés aux talibans ont été tués samedi. En s’engageant plus encore dans la guerre contre les talibans, Paris répondra aux demandes fermes et réitérées des Etats-Unis et de l’Otan. Le quotidien britannique The Times affirmait samedi que la France allait dépêcher « un peu plus de 1 000 hommes dans l’est » du pays.

Cette information n’a pas été confirmée officiellement, mais il s’agit d’un secret de Polichinelle (lire le blog « Secret Défense » de Libération.fr du 10 février 2008). Mais Nicolas Sarkozy entend s’assurer l’exclusivité de cette déclaration, à l’occasion du sommet de l’Otan qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, en Roumanie. Après avoir sérieusement hésité durant la campagne électorale sur la conduite à tenir, le chef de l’Etat a finalement opté pour un retour en force sur la scène afghane. Lors de sa visite éclair effectuée le 22 décembre, il avait affirmé qu’« il se joue ici une guerre, une guerre contre le terrorisme, contre le fanatisme, que nous ne pouvons, que nous ne devons pas perdre. »

Paras. Le détail du renforcement du dispositif militaire français n’est peut-être pas encore totalement arrêté. Il fait l’objet de discussions avec les alliés, et d’abord avec les Etats-Unis. Paris entend en effet que cet « effort militaire s’inscrive dans le cadre d’une politique globale d’aide à la reconstruction » du pays, comme Sarkozy l’a exprimé dans une lettre à ses homologues de l’Otan, début mars. La diplomatie française souhaite que la communauté internationale ne se contente pas d’envoyer un signal guerrier, mais qu’elle s’engage plus avant dans la stabilisation de l’Afghanistan, plus de six ans après la chute des talibans. Quoi qu’il en soit, des militaires français partiront bientôt rejoindre leurs 1 500 camarades déjà présents sur le terrain. Il s’agira essentiellement d’un bataillon parachutiste d’environ 700 hommes, déjà désigné comme « réserve stratégique ». Devrait s’y ajouter un groupement de forces spéciales d’environ 200 hommes et, sans doute, des équipes supplémentaires chargées de former et d’encadrer l’armée afghane. Un renforcement des moyens aériens - de six à neuf avions - n’est pas exclu.

Le doute subsiste sur leur destination exacte. Actuellement, les Français sont présents dans la région de Kaboul et seuls leurs avions sont basés dans le sud, la région la plus dangereuse, sous commandement britannique. Les militaires semblent privilégier l’option d’un engagement dans l’est, en secteur « américain », le long de la frontière avec le Pakistan.

A l’écart. Les Français sont en Afghanistan depuis 2002. Contrairement à d’autres pays de l’Otan (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada ou Pays-Bas), ils ont été tenus à l’écart des affrontements sérieux au sol. Les forces spéciales ont même été rapatriées fin 2006, alors que, dans le Sud, la guerre gagnait en intensité. En revanche, l’aviation n’a cessé de participer aux frappes. Ainsi, au cours du second semestre 2007, environ 20 bombes françaises ont été larguées chaque mois.

Pertes militaires de la coalition impérialiste

Voici les pertes annuelles des forces armées de la coalition internationale engagée dans le pays au 1er janvier 2008, 749 militaires ou civils travaillant pour les forces armées avaient perdu la vie dont 475 américains

* 2001 : 12 tués * 2002 : 68 tués * 2003 : 57 tués * 2004 : 58 tués * 2005 : 130 tués * 2006 : 191 tués * 2007 : 232 tués

Au jeudi 20 mars 2008, il y a 14 militaires français tués.

Pertes civiles afghanes

Ces pertes sont en voie d’augmentation selon Amnesty International, mais ni celles de la guerre de 2001 ni celle durant l’occupation impérialiste jusqu’à aujourd’hui n’ont été chiffrées sérieusement par personne ....

LA GUERRE IMPERIALISTE D’AFGHANISTAN

« La lutte contre le terrorisme a commencé et elle va durer longtemps. (...) C’est la première guerre du 21ième siècle » a déclaré George Bush au lendemain du 11 septembre 2001, alors qu’il affirmait encore ne pas savoir d’où venait cet attentat terroriste. Cela ne l’empêchait pas de déclencher un déluge de feu sur l’Afghanistan, une guerre qui dure toujours en 2008 !

Au delà d’une simple réponse à un attentat horrible et révoltant, la guerre est un choix politique de l’impérialisme. Ayant réussi à faire cautionner leur guerre par les principales puissances mondiales y compris Russie et Chine, Colin Powell déclarait triomphalement : « Maintenant, on est vraiment passés à l’après-guerre froide. ». La lutte contre le terrorisme est donc la suite de ce que les USA appelaient la « lutte contre le communisme ». Même si l’intervention militaire fait mine d’être seulement défensive, c’est à nouveau une politique de « containment » qui remplace celle des blocs et qui est nécessaire à la domination impérialiste du globe. Depuis la fin de l’URSS, il y a un seul bloc mais la guerre continue à être un mode de gestion des contradictions de la société capitaliste, contradictions qui sont loin d’être moins violentes. Le nom « liberté immuable » donnée à cette intervention des grandes puissances signifie, selon ses auteurs, qu’est éternelle la liberté telle que l’entend le monde capitaliste. C’est-à-dire la liberté d’exploiter, de s’approprier les richesses humaines et naturelles aux dépens des classes ouvrières et des peuples. Et cela commence par la liberté pour le pays le plus riche du monde de bombarder l’un des pays les plus pauvres de la planète, l’Afghanistan, à l’aide des moyens les plus sophistiqués du 21ième siècle.

Que font les USA en Afghanistan ?
Les USA bombardent massivement. Chaque missile de croisière américain vaut plus cher que tout le quartier où il est en train de semer la mort. Le coût de la guerre dépasse déjà le budget du pays. C’est une guerre du même type que les précédentes : la guerre du Golfe de 1991 ou la guerre du Kosovo de 1999. Après l’Irak ou la Yougoslavie, c’est l’Afghanistan. Le scénario est à chaque fois le même. Les USA choisissent comme ennemi public n° 1 un Etat qui n’a pas la capacité de riposter, un pays du tiers monde déjà très affaibli et appauvri par des années de guerre et de guerre civile. Et sous prétexte que le régime qui s’impose à la population est un régime de dictature atroce, il fait un carton parmi les habitants. L’ « ennemi » est cloué au sol par des moyens aériens gigantesques et ne peut pas riposter. Tous les peuples du monde regardent (même si ils n’ont droit à aucune information directe) ce déferlement de violence du « gendarme du monde » avec un sentiment d’impuissance (et de rage pour ceux qui se sentent solidaires des victimes).
L’Afghanistan a subi plus de 20 ans de guerre ininterrompue et des destructions innombrables, au point qu’avant l’intervention américaine les organisations humanitaires déclaraient déjà que le pays était menacé par une catastrophe humanitaire lors de l’hiver. Le jeudi 6 septembre, le Plan Alimentaire Mondial des Nations Unies reconnaissait que 3,8 millions de personne allaient connaître la famine en Afghanistan. L’objectif des Américains n’est bien sûr absolument pas de libérer le peuple afghan de la dictature réactionnaire des mollahs, de libérer les femmes d’une oppression encore plus grande ni de libérer toute la population de la misère. Ils annoncent même par avance que le régime qu’ils envisagent, dans le meilleur des cas s’ils parviennent à convaincre les seigneurs féodaux de la guerre de collaborer entre eux, est l’union entre tous ces chefs de bandes, tous aussi islamistes et réactionnaires sous l’égide d’une royauté moyenâgeuse. Et cela signifie y compris de retrouver dans ce pouvoir le plus grand nombre possible d’ex-taliban récupérés par le camp du plus fort. De toutes façons, ce sera la poursuite des guerres féodales et tribales, éventuellement sous l’égide de l’ONU. Et cela finira peut-être même par le maintien d’un régime taliban sous surveillance ! Mais le problème des USA est-il vraiment le régime des taliban, un pouvoir qu’ils ont eux-mêmes fabriqués et mis en selle, un pouvoir dictatorial qui leur semblait même propice à imposer un ordre ? Pensent-ils vraiment en finir ainsi avec l’organisation de Ben Laden qui a des bases dans de nombreux pays plus riches que le misérable Afghanistan ?
Les USA n’ont pas mobilisé leurs forces et polarisé toute la planète juste pour conquérir les montagnes d’Afghanistan qui ne recèlent pas des trésors ni pour améliorer le régime politique dans cette région arriérée et reculée. Les USA n’ont même plus la justification de la première guerre d’Afghanistan, la nécessité d’affaiblir l’URSS. Quant aux taliban, ce n’est certainement pas eux qui ont décidé d’en découdre avec les USA. Ces derniers étaient prêts à négocier avec eux le passage sur leur territoire du gaz et du pétrole d’Asie centrale, ce qui vaut une reconnaissance. Frapper l’Afghanistan c’est d’abord rappeler au monde que, malgré la gifle que représente l’attentat du 11 septembre, les USA sont la plus puissance dominante et qu’elle peut frapper quand elle veut, où elle veut.

Quels sont les buts réels de l’impérialisme dans cette guerre ?
Déclarer l’état de guerre, même si l’adversaire est peu visible (Ben Laden) ou peu crédible (les taliban), cela a l’avantage pour les USA d’obliger chacun à choisir un camp. Et ces sont les USA qui définissent les camps : d’un côté le terrorisme et particulièrement l’islamisme radical et de l’autre les USA. Ils veulent ainsi contraindre toutes les puissances à s’aligner mais ils veulent tout autant y contraindre les peuples. Et d’abord le peuple américain auquel ils peuvent ainsi justifier, par la nécessité de défendre leur sécurité, d’imposer des sacrifices d’une ampleur exceptionnelle. Ils accélèrent une opération de licenciements de grande échelle. Bien sûr ils l’avaient commencé bien avant, du fait d’une récession économique qui ne doit rien à Ben Laden, mais cela ne les gêne pas pour l’en accuser. Ils justifient ainsi le déblocage de milliards de dollars en faveur des trusts qu’ils envisageaient aussi avant pour soutenir les patrons américains. Mais dorénavant ceux-ci sont présentés comme la solidarité nationale et la mobilisation patriotique du pays nécessaires face au terrorisme. Les travailleurs américains devront payer. C’est un recul considérable du niveau de vie de la population, correspondant à l’effort demandé pour soutenir les trusts, qui les menace.
Les dirigeants américains contraignent ainsi la population à se solidariser avec son Etat et sa classe dirigeante au moment où ils attaquent de plein fouet celle-ci sur le plan économique, politique et social, en se servant pour cela du climat d’union nationale qui a suivi le choc du 11 septembre. Ils s’attaquent aux droits de la population par la nouvelle « loi patriote ». Ils maintiennent sous la pression de la peur le peuple américain et l’obligent ainsi à accepter et même à applaudir les sacrifices qu’on lui demande au nom de la lutte contre le terrorisme. Mais les dépenses que l’Etat américain réalise immédiatement consistent à renflouer les caisses des compagnies aériennes, des assurances et à relancer la course aux armements. Toutes choses qu’ils envisageaient de faire avant le 11 septembre à cause du ralentissement économique et des difficultés américaines mais que l’attentat permet de justifier et d’accélérer considérablement sans grand risque de protestations populaires. Déjà, l’entrée en guerre leur a permis, momentanément au moins, d’éviter le krach boursier attendu. Les classes dirigeantes tâchent de retourner à leur profit la situation et c’est d’autant plus faisable que les attentats n’ont porté atteinte qu’à la crédibilité sécuritaire de l’Etat mais pas à la puissance américaine.

Les USA luttent-ils contre l’islamisme ?
Les Etats-Unis lancent la politique dite d’éradication du terrorisme qui vise spécialement celui qui prétend s’appuyer sur l’Islam. L’attentat de New York et de Washington et ses presque 6000 morts peut sembler justifier une telle nécessité. Mais les Etats-Unis se sont bien gardés de s’en prendre aux Etats qui financent et organisent les organisations combattantes islamistes car ce sont tous des « pays amis » des USA : l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan. Ils ne leur ont jamais reproché de le faire et s’en sont souvent servi. Le régime pakistanais le plus soutenu par les USA était aussi le plus islamiste qu’ait connu le pays : la dictature du général Zia ul-Haq. Même le développement des groupes islamistes en Afghanistan n’a pu se faire que grâce à l’aide et à l’appui de ces trois pays et grâce aussi au soutien des USA. A l’époque, en 1988, Ben Laden constituait son organisation avec l’appui de la CIA dont il était considéré comme le pion principal dans la région et les taliban, étudiants en religion et en djihad, étaient formés et armés au Pakistan sous l’égide de l’Etat Pakistanais, avec l’aide des monarchies du pétrole et la bénédiction américaine.
Aujourd’hui, les USA prétendent se détourner de ces islamistes, depuis qu’ils ont battu le bloc de l’est. Pourtant les pays points d’appui et pourvoyeurs de fonds du terrorisme islamiste, restés des dictatures féodales qui utilisent l’Islam pour imposer des régimes ultra-réactionnaires, sont toujours des piliers des USA dans leur région. Comment peut-on dénoncer la situation de la femme afghane (avec retard) sans dénoncer celle de la femme en Arabie saoudite (totalement cachée aux regards), dans un pays où elle n’a quasiment aucun droit, même pas celui de conduire un véhicule ? Comment peut-on en même temps dénoncer la dictature du mollah Omar et justifier celle des princes du pétrole d’Arabie saoudite ? Cette monarchie absolue, sans l’ombre d’une liberté pour la population, détient le record mondial par habitant du nombre de condamnés à mort (publique et au sabre). Certains d’entre eux n’ont pas commis d’autre crime que d’avoir accidenté le véhicule d’un potentat féodal local, d’avoir dansé, bu de l’alcool ou pratiqué une religion autre que l’Islam ! Comment peut-on faire croire que les USA luttent contre l’islamisme alors que celui-ci reçoit, au vu et au su de tous, le soutien de ces monarchies du Golfe, et que les USA se gardent bien de s’en prendre aux banques islamiques qui financent ces groupes tant elles sont complètement imbriquées dans leurs propres affaires ?

Et le combat contre les financiers de Ben Laden ?
La liste des établissements financiers dont Bush a bloqué les fonds ne comprend même pas une des banques liées à Ben Laden. Comme le relève « Nouvel Observateur » du 4 octobre 2001 « certaines institutions financières ou organisations charitables d’Arabie saoudite ont été oubliées dans la liste de George Bush ». Et le journal cite ainsi Dar Al-Maal Al-Islami et Dubai Islamic Bank et rappelle que « ces banques figurent même parmi les actionnaires de la banque Al-Shamal, fondée en 1990 au Soudan, dans laquelle Ben Laden a investi 50 millions de dollars. Quant à Wadi Al-Haqiqi, la société créée par le terroriste milliardaire pour investir au Soudan, au Kenya et au Yémen dans l’électricité, l’édition et l’agro-alimentaire, elle est liée à un fonds d’investissement américain à la tête duquel on retrouve de nombreux membres de l’entourage de l’ancien président Bush.  » Et de relever que les USA ne veulent pas s’attaquer « à des établissements qui ont pignon sur rue à Riyad, Dubaï, Londres et Genève et qui hébergent le trésor de l’ ‘‘ ennemi public numéro un de l’Amérique’’ » (rapporté également par Le Monde du 2 octobre). Mais comment attaquer les commanditaires sans nuire aux intérêts des « bons » capitalistes, notamment américains ? Le même article cite Jean de Maillard, spécialiste des circuits de l’argent noir, qui déclarait : « Seuls les naïfs pensent encore qu’il y a d’un côté l’économie propre et de l’autre les réseaux financiers criminels. En réalité ce sont deux faces d’une même planète financière. » Et de relever que les terroristes qui ont procédé à l’attentat contre l’ambassade américaine de Nairobi avaient des comptes à la Barclays de Londres, à la Girocredit de Vienne, à la Deutschebank ou à la Citybbank. Quant aux présumés pilotes kamikazes de l’attentat du 11 septembre, ils étaient en relation financière avec la principale banque de Dubaï. Mais peut-on s’attaquer à des capitaux du Golfe sans prendre des risques importants de mesures rétorsion de la part des financiers du Golfe, qui seraient catastrophiques pour l’économie américaine, sans parler des retombées politiques ? Lors des attentats anti-US de 1998 attribués à Ben Laden, « le Monde » du 3 octobre 2001 rapporte que « les secrétaires d’Etat au trésor se s’étaient opposés à l’idée de bloquer informatiquement les transactions financières liées au réseau Ben Laden » car ils disaient que : « cela pouvait mettre en péril la stabilité du système financier international ».

Les USA luttent-ils vraiment contre le terrorisme ?
Comment croire aussi que les USA, le pays qui aide le plus de mouvements terroristes dans le monde, vont brusquement le combattre parce que, pour une fois ce sont eux qui en ont été victimes ? On ne peut oublier que ce sont les USA qui ont aidé, armé et financé quand ce n’est pas directement organisé, en Amérique latine, la guérilla des contras, les brigades spéciales soi-disant contre la drogue et autres escadrons de la mort ou régimes de terreur comme celui de Pinochet. On ne peut oublier que c’est eux qui, en Asie ont longtemps financé et armé les khmers rouges et autres mouvements de guérilla longtemps après avoir quitté l’Indochine en y laissant un champ de ruines. Ni que c’est encore eux qui, en Afrique continuent actuellement, conjointement avec l’impérialisme français et parfois concurremment, à financer des guérillas comme celle du Soudan, des bandes armées comme celles du Zaïre, des armées de tueurs comme celle du Sierra Leone et des régime terroristes comme celui du Nigeria. La coalition soi disant anti-terroriste des USA, de la Chine et de la Russie devrait prêter à rire. L’image de Poutine et Bush bras dessus, bras dessous, n’évoque pas plus l’anti-terrorisme que la lutte pour la démocratie, mais plutôt la caution des uns aux crimes des autres ! L’accentuation de la terreur de l’armée russe en Tchétchénie aura droit désormais au qualificatif de lutte anti-terroriste avec la caution américaine, et de même pour la Chine au Xin Jiang. Sans parler du soutien américain à l’Etat Israélien qui pratique ouvertement le terrorisme d’état contre le peuple palestinien. Et maintenant c’est en Afghanistan que les USA soutiennent des bandes armées de féodaux islamistes, comme l’alliance du nord, parce qu’elles sont soi-disant anti-taliban. Mais l’armée de l’ex-commandant Massoud est fondée sur le même type de féodaux, a commis lorsqu’elle était au pouvoir les mêmes exactions, les mêmes pendaisons au nom de l’Islam, a condamné les femmes à une dictature tout aussi barbare et le peuple à la même misère. Ministre en 1992, il fit bombarder le quartier chiite de Kaboul, faisant des milliers de morts. Dans sa lutte contre les taliban, il ne faisait pas de quartier non seulement à ses adversaires mais aussi aux populations civiles. Le deuxième nom de l’Alliance du Nord est celui de Commandement Islamique Unifié ! Et l’anti-terrorisme des USA consisterait non seulement à soutenir ces islamistes mais à déverser sur ce peuple des bombes, des missiles de croisière et maintenant des bombes à fragmentation !
Le terrorisme de grande puissance ne combat même pas le terrorisme issu des pays pauvres : il le nourrit. Les USA savent parfaitement que leur intervention militaire, loin d’affaiblir les islamistes dans le monde musulman, ne fait que les renforcer et les créditer. Cela fait partie de leur calcul pour polariser la planète, comme lors de la politique des blocs. Bush, en bombardant massivement le peuple afghan, ne fait que renforcer le sentiment des peuples musulmans selon lequel l’Occident est en lutte contre l’Islam, thèse qui ne peut que renforces Ben Laden. De même que les bombardements sur l’Afghanistan ne peuvent que contraindre la population à se rapprocher des taliban.

Comment la bourgeoisie se sert de l’islamisme autant que de l’anti-islamisme ?
Que les peuples révoltés par la misère et les dictatures, révoltés par la guerre du Golfe et les frappes américaines sans fin contre l’Irak autant que par la violence de la répression israélienne contre les Palestiniens se tournent vers des intégristes religieux, cela ne gêne pas fondamentalement l’impérialisme. Même s’il peut y avoir des dangers collatéraux pour le peuple américain comme au World Trade Center ! Même si on a vu qu’ils peuvent frapper les USA, ce n’est pas le capitalisme que les intégristes menacent malgré leurs rodomontades. Ceux qu’ils veulent mettre sous leur coupe à l’aide de leur morale moyenâgeuse ce ne sont pas les Américains ni les occidentaux mais les peuples musulmans. Par contre, les intégristes ont le mérite aux yeux de l’impérialisme d’être des ennemis mortels du socialisme et des perspectives de changement social que pourrait offrir la classe ouvrière. Du coup, pour les USA, c’est faire la part du feu que de laisser les intégristes capitaliser un mécontentement populaire et le détourner dans un sens d’extrême-droite. Pour la bourgeoisie, l’islamisme, y compris radical et violent, est un bon moyen d’écraser des révoltes populaires et de d’embrigader des peuples qui pourraient se radicaliser socialement. Les patrons indiens comme les propriétaire féodaux pakistanais l’ont fait maintes fois, avec l’aide des USA. Rappelons aussi que les USA, après la révolte populaire de 1988, poussaient le régime algérien de la fin des années 80 à faire participer au pouvoir les islamistes du FIS, qui menaient pourtant déjà des actions terroristes contre les femmes, contre les syndicalistes et contre les démocrates. Le FIS avait alors pignon sur rue à Washington !
La politique dite d’éradication du terrorisme islamiste, le peuple algérien sait ce que c’est. Il vient de la vivre pendant plus de dix ans. Il l’a payée de 150 000 morts et les attentats terroristes continuent de frapper la population. Après avoir ouvert aux islamistes les allées du pouvoir en 1989, la dictature militaire algérienne a choisi en 1991 de mener contre eux la guerre civile. Mais cela a surtout représenté une guerre des deux camps armés contre des civils désarmés et d’abord contre la classe ouvrière. Sous prétexte de défendre la sécurité des citoyens, la dictature s’en est servie pour justifier sa propre férocité, pour maintenir le peuple sous la chape de plomb, entretenir des forces spéciales de tueurs et de combattre ainsi tout risque d’explosion sociale. Il a pu ainsi licencier massivement et faire subir au peuple travailleur une misère inconnue jusque là. Voilà ce que l’impérialisme américain peut faire, de façon planétaire cette fois, sous couvert d’« éradication du terrorisme ». Et après avoir bombardé et terrorisé les peuples (car après l’Afghanistan qui dit qu’ils s’arrêteront en si bon chemin et n’enverront pas quelques missiles sur l’Irak ou ailleurs) sous prétexte de lutte contre des pays traités d’ « Etats voyous », il peut très bien s’entendre avec eux. C’est ce qu’il est en train de faire avec la Syrie, l’Iran ou la Chine parce que ces Etats prennent parti pour les USA dans le nouveau conflit. Le Soudan, ex-allié de Ben Laden mis au ban par les USA lors de l’attentat du World Trade Center de 1993, ne vient-il pas d’être rayé de la liste des « pays terroristes » établie par le Département d’Etat américain ? Le Soudan est même devenu pour les USA un « pays de haute priorité » (un détail : son sous-sol regorge de pétrole !). Pourtant cet Etat, qui pratique toujours autant la loi religieuse islamique la plus stricte et la torture, n’est pas devenu moins réactionnaire ni violent. Il a seulement choisi le camp des USA en prenant parti contre Ben Laden. Mais qui est ce Ben Laden qui peut, à lui seul nous dit-on, menacer les USA ?

D’où vient le terrorisme de Ben Laden ?

C’est bien des guerres suscitées par les USA, Pakistan-URSS en Afghanistan, puis Iran-Irak et enfin USA-Irak qu’est sorti le terrorisme d’un Ben Laden. L’histoire de Ben Laden, ancien agent de la CIA en Afghanistan dans la guerre contre l’URSS est bien connue (avec moins de diffusion aux USA). Celle de l’opposant saoudien Ben Laden, qui s’oppose à l’accroissement de la mainmise américaine sur la région pétrolière en développant un mouvement islamiste contre la monarchie saoudienne, l’est moins. Cependant, ce n’est pas l’oppression des peuples qui a armé le bras de Ben Laden. Il n’agit pas pour la cause des populations qui ont subi morts et souffrances. A l’occasion de ces guerres, les USA ont mis les pétromonarchies du Golfe sous une dépendance économique accrue du fait des embarras financiers et sous leur dépendance militaire. Ce qui motive la lutte de Ben Laden c’est la défense des intérêts de cette riche bourgeoisie du Golfe face aux USA.

Comment l’impérialisme se sert des guerres pour contrôler le pétrole du Golfe Persique ?
Il convient de rappeler que les USA ont d’abord poussé le dictateur irakien Saddam Hussein à se lancer dans une guerre meurtrière contre l’Iran, guerre qui a duré de 1980 à 1989 et a qui a mis à genoux les deux pays. Ils l’ont alors amené à s’endetter notamment auprès des pétromonarchies. Puis ils l’ont lâché face à une situation financière, sociale et politique ingérable. C’est ce qui l’a incité à envahir le Koweit en 1990. Pour punir l’Irak de cette audace, les USA ont alors déclenché en 1991 la croisade internationale appelée « tempête du désert » qui a entraîné un massacre de civils irakiens. La mobilisation monstre était justifiée alors en prétendant que l’Irak était « la deuxième armée du monde » ! Le prétexte de cette guerre était le renversement de la dictature de Saddam Hussein et l’aide aux minorités opprimées, kurde et chiite. Une fois la guerre terminée, laissant Saddam en place faute d’une dictature de rechange, les USA ont lâché ces minorités et laissé le peuple irakien subir la misère, puis les conséquences dramatiques du blocus. Ils ont même poursuivi pendant des années les bombardements périodiques. En plus de faire mourir des milliers d’enfants irakiens, l’embargo a eu comme conséquence de soustraire au marché des quantités de pétrole, celui de l’Irak et, du coup, de soutenir les prix du pétrole. Cela a permis de maintenir à flots l’économie de l’Arabie saoudite, massivement endettée depuis la guerre du Golfe dont elle avait été le principal financier.
Les USA, en convaincant le roi Fahd en 1991 que l’Arabie saoudite était menacée par l’expansionnisme irakien, ont réussi à faire porter toute la responsabilité régionale de la guerre, politique et financière, sur la monarchie saoudienne. Officiellement c’est à sa demande que les USA sont intervenus contre l’Irak en 1991. Le pays a dû débourser 60 milliards de dollars (dont la moitié payée aux USA) et accueillir sur son sol un demi million de soldats américains. Une fois la guerre finie, l’Arabie saoudite a été obligée de rester sous la coupe des USA car elle était considérablement endettée. La monarchie a été discréditée politiquement par l’alliance américaine. Une partie des troupes américaines est restée dans le Golfe et même sur le sol saoudien. C’est à ce moment que Ben Laden a créé à l’intérieur du pays un mouvement islamiste saoudien contre le pouvoir. Il a eu des appuis au sein du pouvoir, de la haute bourgeoisie comme de la hiérarchie religieuse.
L’Etat saoudien était alors en situation économique très difficile. Déjà il était tombé de son haut lors de la chute des prix du pétrole du milieu des années 80. Les guerres avaient fait le reste. Le pays a dû contracter deux emprunts internationaux en 1991 d’un total de sept milliards de dollars et, malgré une augmentation spectaculaire de la production pétrolière, le déficit du budget était encore de 20 milliards de dollars en 1992. A la limite du krach, le pays a dû passer sous les fourches caudines du FMI, réduire son train de vie, supprimer ses projets, laisser une bonne partie de ses étudiants supérieurs sans emploi et sans ressources et réduire même les dépenses somptueuses des princes (paraît-il 20% du budget).
Le régime saoudien avait obtenu, lorsque le cours du pétrole était au plus haut (avec le quadruplement du prix du pétrole en 1973), de récupérer à l’amiable la possession de ses ressources naturelles, gaz et pétrole. L’ARAMCO (conglomérat de sept sociétés dont les principales sont Chevron, Mobil, Exxon et Texaco) était alors devenue société nationale saoudienne en échange de dédommagements et d’accords sur les investissements aux USA des revenus du pétrole et sur des achats aux sociétés américaines, en particulier en termes d’armement. Les milieux bourgeois saoudiens ont eu des rêves de grandeurs de 1976 à 1980, rêves qui se sont effondrés avec la chute des cours en 1984 puis avec les guerres. Depuis que l’Etat saoudien est endetté et sur la corde raide économiquement et socialement, les USA détiennent un moyen de pression sur le régime. Les trusts pétroliers américains mettent tout leur poids pour obtenir à nouveau les concessions pétrolières et gazières en échange d’une suppression des dettes saoudiennes. C’est ce que le prince Abdallah a commencé à négocier aux Etats-Unis en septembre 1998. Mais il n’a pu signer de sa propre autorité et a dû mettre en place un conseil des princes chargé de discuter des conditions d’un accord et, trois ans plus tard, rien n’est encore réglé. Pour la royauté, céder aux pressions américaines ne peut que soulever des oppositions au sein de toutes les couches sociales, financiers, bourgeois et petits bourgeois saoudiens qui accusent la royauté de brader les richesses, chefs religieux qui ne veulent pas de l’ouverture du pays aux intérêts étrangers ni de l’introduction d’un mode de vie occidental, des princes (plusieurs milliers de descendants des diverses femmes d’Ibn Saoud) qui refusent que l’on rogne leurs rentes pétrolières comme le proposent les plans de réduction des dépenses du FMI, sans même parler du peuple lui-même dont le niveau de vie dégringole et dont la jeunesse ne trouve plus d’emploi.
Le monde capitaliste est fondé sur une industrie basée en grande partie sur le pétrole or une grande partie de ce pétrole (25% des réserves de pétrole pour la seule Arabie saoudite, le plus grand producteur mondial) sort d’une région qui peut s’embraser facilement. Les USA savent parfaitement, même s’ils se gardent bien de dévoiler ces rouages secrets de Ben Laden sous peine de dévoiler les leurs, qu’une fraction de la classe dirigeante saoudienne veut les éloigner des lieux saints ... du pétrole.
« Le Monde » du 21 octobre citait Michael Klare, professeur dans le Massachussets, spécialiste des relations internationales, auteur de « guerres pour les ressources naturelles », interrogé sur les causes de la guerre actuelle, qui déclarait « La clé de la crise est l’engagement militaire américain en Arabie saoudite. Cette implication n’a d’autre objet que le pétrole : l’Arabie saoudite possède 25% des réserves mondiales et l’économie américaine est basée sur le pétrole. Les Etats-Unis sont engagés dans la protection de la monarchie saoudienne et se trouvent donc en conflit direct avec ceux qui veulent renverser cette monarchie, donc avec Ben Laden. (...) L’Afghanistan ne joue pas un grand rôle dans la crise actuelle. Ben Laden est un saoudien qui s’est réfugié en Afghanistan, et ses intérêts réels sont en Arabie saoudite. Les Etats-Unis n’attaquent l’Afghanistan que parce que c’est là que se trouve Ben Laden.

Quelle guerre mènent les USA ... dans leur propre pays ?
Depuis, c’est toute l’économie qui a connu une vague sans précédent de licenciements mais cette vague avait en réalité commencé bien avant le 11 septembre. Il est donc tout à fait mensonger d’attribuer à Ben Laden les sacrifices que le capitalisme impose aux travailleurs américains. La récession américaine ne doit probablement rien au 11 septembre. Par contre, la réaction de l’Etat américain et des grandes firmes capitalistes a été rendue possible par le choc suscité par les attentats.
Les Etats-Unis ont, grâce à l’élan populaire, fait accepter des dizaines de milliards d’aide de l’Etat aux capitalistes sous prétexte de défense de la population contre le terrorisme. Ils ont fait accepter aussi des centaines de milliers de licenciements qui seraient sûrement passés bien plus difficilement sans le prétexte des attentats. Et il s’agit bien d’un prétexte car l’économie américaine ne s’en porte pas plus mal. On peut même dire que la réaction financière massive de l’Etat (notamment 17,5 milliards de dollars d’aide au transport aérien et 40 milliards d’aide à la reconstruction, sans compter les dépenses militaires et de sécurité) qu’ont permis les attentats a probablement sauvé la bourse d’un krach annoncé. L’économie peut même se redresser un peu si l’Etat effectue des dépenses importantes en armement. Cependant si l’on est réellement rentrés dans une période de récession, cela ne suffira pas. L’Etat peut aider les capitalistes mais est incapable de soutenir éternellement le marché s’il s’effondre. Du coup, il est clair que les capitalistes américains et leur syndicat, l’Etat, ont calculé que l’on entrait dans une période de difficultés et peut-être même de récession et qu’ils n’ont pas l’intention d’en faire les frais. Ils misent sur la baisse des affaires, désinvestissent et licencient. Autant dire qu’ils ont l’intention de faire payer les sacrifices aux travailleurs, et d’abord aux travailleurs américains. Et ils ont bien l’intention de faire en sorte que le climat de mobilisation et d’unité nationale créé par les attentats les y aide. La deuxième guerre qui a lieu en ce moment, c’est celle des capitalistes américains contre leur classe ouvrière. Pour eux, les attentats sont le prétexte à une offensive anti-ouvrière. Ils affirment que les licenciements et la récession sont liés et que les sacrifices qu’ils veulent imposer sont de la solidarité nationale !
L’attaque terroriste a en effet suscité l’une des plus grandes vagues de solidarité avec la classe dirigeante que le pays ait connu. La population américaine y a vu le seul moyen de combattre la peur d’abord et le terrorisme ensuite. La classe dirigeante y a vu une occasion de faire passer sans réaction des attaques contre la classe ouvrière les plus massives là aussi que le pays ait connu. Pour les travailleurs, la lutte contre les licenciements et autres attaques contre les salaires et condition de travail sera rendue encore plus difficile par l’ambiance entretenue depuis les attentats. C’est ce qu’ont voulu exprimer les travailleurs d’un Etat, le Minnesota, où les employés ont fait la grève et la manifestation la plus massive jamais connu dans cette région pour affirmer : « les attentats ne signifient pas que l’on n’a plus le droit de faire grève ! » Le succès de leur démonstration est plutôt encourageant pour la suite des luttes que peuvent mener les travailleurs malgré la situation et l’ambiance de guerre et de nationalisme. Malgré le climat anti-grève, des travailleurs ont commencé à lutter contre les vagues de licenciements. Des travailleurs d’A.Tet T, de Lucent et d’autres entreprises qui jettent à la rue des milliers de salariés ont manifesté et organisé des meetings.
En tout cas, c’est bien de côté qu’il faut s’orienter. Par delà les manifestations qui sont bien sûr nécessaires contre la guerre impérialiste, ce qui importe c’est que les travailleurs ne se laissent pas emporter par l’ambiance d’unité nationale, qu’ils défendent et développent leurs propres luttes de classe. Dans les pays riches où la classe ouvrière est en train de payer les frais de la crise du capitalisme, elle ne peut se battre qu’en défendant ses propres intérêts de classe et en refusant de se solidariser avec sa classe dirigeante. Elle doit non seulement dénoncer la guerre mais souhaiter que sa classe dirigeante soit vaincue dans cette guerre et mener son propre combat contre les dirigeants impérialistes. Dans ces conditions, il est indispensable que les révolutionnaires soient clairement démarqués des « gauches » qui sous un langage humanitaire enrobent la même marchandise impérialiste.

à suivre ....

4 Messages de forum

  • Front social
    La grève des vétérinaires suivie à 96%

    Pas moins de 1136 vétérinaires, soit 96% de l’effectif global de ce corps de médecine, ont répondu à l’appel à la grève lancé par le Syndicat national des vétérinaires fonctionnaires de l’administration publique (SNVFAP).

    Au premier jour de cette grève (hier), devant durer sept jours, les médecins vétérinaires ont manifesté leur volonté de se faire entendre par la direction de la Fonction publique qui continue d’ignorer leurs appels pour une redéfinition de la vocation de médecin vétérinaire. Dans un point de situation sur le taux de suivi de la grève à l’échelle nationale, le docteur Kadour, secrétaire général du SNVFAP, estime que « cela se passe très bien ». Outre les 1136 vétérinaires en grève, le même responsable dénombre un suivi dans 40 wilayas ayant mené à l’arrêt l’activité au niveau de 319 abattoirs de viandes rouges et de 393 autres de viandes blanches. La grève a par ailleurs paralysé toutes les activités de contrôle et de dépistage des animaux au niveau des postes frontières, des ports et des aéroports. La chaîne de contrôle des viandes se trouve directement touchée par ce mouvement de grève dont les retombées risquent de se faire sentir dans les prochains jours si d’autant la direction de la Fonction publique joue la carte de l’indifférence jusqu’au bout. Il est à rappeler que les revendications qui ont poussé à la naissance de ce mouvement de protestation des médecins vétérinaires sont liées à l’obstruction par la tutelle des portes du dialogue. L’avant-projet de statut de ce corps de médecine est en situation de blocage tant les aspirations des médecins vétérinaires sont loin de trouver écho auprès de la tutelle. Cette grève a donc été initiée afin de mener au déblocage de l’avant-projet de statut ainsi qu’à « la récupération de la prime vétérinaire assimilée par le ministère des Finances à l’indemnité globale spécifique, l’ouverture d’un dialogue sur le fonctionnement et le devenir des services vétérinaires devant aboutir à l’implication du syndicat dans le projet de définition du régime indemnitaire ». « C’est au niveau de la Fonction publique que le statut se trouve bloqué, il appartient donc à cette direction de débloquer la situation. Nous ne faisons pas la grève pour le plaisir de la faire, on aurait aimé nous épargner cette situation mais la tutelle demeure sourde à nos appels », explique le docteur Kadour. En guise de bonne foi du syndicat, le SG souligne que les vétérinaires d’Oran ont été appelés à surseoir à la grève « face aux événements qui ont touché dernièrement la wilaya d’Oran. Le syndicat a pris cette décision afin d’éviter tout envenimement de la situation », note notre interlocuteur. Ce dernier précise par ailleurs que quatre wilayas n’ont pas pu suivre le mouvement de grève, et pour cause, « les walis ont usé de leur autorité de réquisitionner les vétérinaires dans les wilayas de Relizane, Mostaganem, El Bayadh et Sétif ». A noter qu’avant de recourir à ce nouveau débrayage, les vétérinaires avaient formulé des demandes d’audience auprès des instances concernées qui sont restées lettre morte.

    Nadjia

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    • Afghanistan : à bas la sale guerre de la France ! 26 septembre 2008 21:01, par Robert Paris

      salut ! c’est avec une grande curiosité, que j’ai lu le texte intitulé à bas la sale guerre de la France en Afghanistan. Cette lecture m’a fait comprendre que les combats qui sont menés aujourd’hui par les grandes puissances mondiales est loin d’être un combat anti-terroriste, mais un combat des impérialistes pour accéder aux ressources économiques en leur faveur et de bafouer des régimes islamiques et monarchiques, qui s’opposent a leur système de domination et exploitation dont est le cas aujourd’hui en Afghanistan et en Irak, et qui oppose les Américains au saoudien Ben-laden. dont la population ne fait que subir à la misère, et à la pauvreté de son pays ce qui est beaucoup plus sidérant et révoltant ce que la population innocente est attaquée à la place des personnes considérées comme des terroristes. bref je salut tous les militants de la révolution merci beaucoup pour tant de précision, sur les évènements du monde.

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  • « Il est beau qu’un soldat désobéisse à des ordres criminels. »

    Anatole France

    L’Humanité, 30 novembre 1922

    quand ce n’était celui du stalinisme mais de la révolution russe

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  • Afghanistan : à bas la sale guerre de la France ! 7 octobre 2009 11:52, par F. Kletz

    Aujourd’hui, 7 octobre, vers 11heures, devant le bureau de recrutement de l’armée du boulevard Diderot (métro Reuilly-Diderot), un groupe de manifestants a exprimé son désaccord avec la présence militaire en Afghanistan.

    Il s’agit d’un collectif d’associations bien connues.

    Cette manifestation a été réprimée : les policiers sont ressortis du métros vers 11h15/11H20 à raison d’un policier par manifestant. La police les avait menottés comme s’ils étaient des criminels. Cela ne les a pas empêché de crier leur slogan : « Troupes françaises hors d’Afghanistan ».

    Ensuite, les manifestants menottés ont été mis contre le mur d’enceinte de la caserne. Ils ont repris leur slogan malgré leurs entraves et leur situation.

    Des passants s’arrêtaient, des journalistes ou des militants prenaient des photos et filmaient.

    Entre 12 et 15 manifestants menottés le long d’un mur : cela fait froid dans le dos. A une époque, ils auraient été fusillés. Les méthodes répressives de nos ennemis demeurent.

    Ces militants ont tout notre soutien face à cette répression d’une cause juste.

    Troupes françaises, hors d’Afghanistan, hors d’Afrique, hors de côte d’ivoire, hors du Gabon, hors du Tchad, de Djibouti, hors de toute l’Afrique et de ses colonies !

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