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Argentine : la privatisation du ferroviaire qui tue...

jeudi 13 juin 2013

Argentine : la privatisation du ferroviaire qui tue...

Un accident ferroviaire survenu ce jeudi matin à Castelar, à environ 30 kilomètres à l’ouest de Buenos Aires, a fait trois morts et au moins 70 blessés, selon un bilan provisoire communiqué par les autorités municipales.

« Pour le moment, nous avons connaissance de trois décès et d’au moins 70 personnes blessées », a déclaré à l’AFP Carlos Grillo, l’adjoint à la sécurité de la municipalité de Moron, dont dépend Castelar, où l’accident est survenu peu après 07h00 locale

En février 2012, déjà, avait eu lieu un tragique accident ferroviaire qui a coûté la vie à 50 personnes et a blessé 675 autres. Dans le cadre de l’enquête sur les causes de la tragédie, les syndicalistes cheminots avaient fustigé la chute des investissements qui a suivi la privatisation de l’entreprise publique du rail Ferrocarriles Argentinos dans les années 1990.

S’exprimant sur Radio del Plata, le leader syndical Roberto Nunez a vilipendé l’entreprise privée Trenes de Buenos Aires (TBA) pour ses « irrégularités et ses défaillances » sur la ligne de banlieue Sarmiento qu’elle contrôle.

TBA admet qu’elle n’a dépensé que 12% de son budget pour l’entretien du matériel. Et Nunez a averti que bonne partie du matériel roulant date des années 1950 et 1960. TBA a acheté de vieux matériels hors d’usage dans d’autres pays, se servant ainsi de plusieurs centaines de wagons Japonais « Toshiba Classic » construits il y a plus de 40 ans.

Le délégué syndical Edgardo Reynoso a déclaré que le crash « est de la responsabilité d’une entreprise connue pour son peu d’égard pour l’entretien du matériel ainsi que pour son absence d’organisation. Il y a aussi une absence de contrôle de la part des agences étatiques. »

Reynoso insiste sur le fait que le gouvernement Argentin subventionne massivement les entreprises privées du rail – qui dilapident ensuite ces fonds publics « dans des acquisitions à l’étranger tout en n’effectuant pas les réparations adéquates dans les systèmes de frein ».

Il affirme que les cheminots qui refusaient de conduire des trains pour des questions de sécurité « ont été mis à pied ». « Les conditions sont maintenant réunies pour que l’Etat retire la concession » à la compagnie privée Trenes de Buenos Aires (TBA) qui exploite cette liaison de banlieue, a déclaré à la presse l’Inspecteur général, chargé de surveiller le fonctionnement de l’Etat, Leandro Despouy. Ce haut responsable, qui avait réalisé un audit de cette ligne de banlieue en 2008, a estimé que l’accident avait été provoqué par « le non respect des règles les plus élémentaires ».

Le pays enregistre régulièrement des accidents de trains. En 2011, trois collisions avaient eu lieu, dont une sur cette même ligne qui avait fait neuf morts. Le matériel roulant sur cette ligne date des années 1960. Les chemins de fer argentins ont été privatisés dans les années 1990.

Cet accident est le troisième plus grave recensé en Argentine, après ceux de Benavidez (périphérie nord de la capitale), qui avait fait 236 victimes en 1970, et celui intervenu en 1978 dans la province de Santa Fé (centre-ouest), avec 55 morts.

Lors de la tragédie de février 2012 à la station Once, le terminus où arrivent les trains des banlieues ouest, un convoi de voyageurs avait violemment heurté les butoirs. L’événement avait ému l’Argentine et révélé l’état dégradé des chemins de fer à la suite de leur privatisation dans les années 90. L’entreprise privée Trenes de Buenos Aires (TBA) gérant la ligne avait temporairement été placée sous la tutelle de l’Etat. Les accidents sur le réseau ferroviaire de l’agglomération de Buenos Aires sont fréquents. L’année 2012 a été marquée par plusieurs accidents.

Le 10 juin dernier, 14 personnes ont été blessées dans un accident à la station Retiro, en plein centre de Buenos Aires, quand une locomotive a violemment heurté un wagon. En août, un train avait embouti le heurtoir d’une gare à Buenos Aires et fini sa course dans un café, sans faire de victimes.

Avec la privatisation et la concession des services ferroviaires lors de la première présidence de Carlos Menem, tous les services interurbains et de longue distance du chemin de fer San Martín cessèrent, à l’exception d’un service quotidien vers Junín, presté depuis lors par Ferrobaires, l’entreprise de la province de Buenos Aires de chemins de fer. Les services de marchandises furent donnés en concession à une entreprise privée qui reprit l’ancien nom de la ligne, Ferrocarril Buenos Aires al Pacífico S.A. (BAP), actuellement partie du groupe brésilien ALL (América Latina Logística). Pour leur part, les services urbains restèrent à charge de la compagnie d’état FEMESA, pour passer ensuite dans l’orbite de Transportes Metropolitano (appelée généralement Metropolitano), un conglomérat de transports qui a aussi acquis la concession de prestation du service de passagers sur les lignes Belgrano Sur et celles du Chemin de fer General Roca vers la Patagonie.

Mais la demande prévue par le nouveau concessionnaire ne se réalisa pas. De ce fait il réduisit peu à peu les frais de maintenance. Le plus grand problème résidait dans l’obsolescence des locomotives (datant de 1958), raison pour laquelle l’entreprise concessionnaire obtint un leasing pour de nouvelles locomotives avec le groupe japonais Mitsui. Mais avec la fameuse crise économique argentine de 2001-2002 et la fin de la Loi de Convertibilité associée à la chute du Peso argentin (des deux tiers de sa valeur), la parité "peso = dollar" s’envola et Metropolitano refusa d’accepter la nouvelle parité résultante qui le forçait à payer son leasing trois fois plus cher. Mitsui esta en justice et, après de longs mois le tribunal ordonna le retrait du service des nouvelles locomotives. Ceci causa un préjudice énorme aux usagers du chemin de fer qui durent recourir à d’autres moyens de transport. Il y avait en effet plus de 50 % d’annulation des missions et 90 % de retards sur les lignes.

Finalement en janvier 2005, étant donné le non-respect du contrat, la concession à Metropolitano fut révoquée. La prestation de services resta à charge de l’ Unidad de Gestión Operativa Ferroviaria de Emergencia ou UGOFE (en français : Unité de Gestion opérative ferroviaire d’Urgence), formée par les autres concessionnaires du réseau : Ferrovías, Trenes de Buenos Aires et Metrovías. Le paiement des salaires resta temporairement à charge de l’État National.

En 2006, on est en train de réparer l’ancien matériel qui était resté hors d’usage ou qui était endommagé, cependant que l’on travaille à une solution définitive en vue d’une nouvelle autorisation du service. Comme nom commercial on utilise Línea San Martín, avec l’inscription LSM sur les locomotives et les wagons de passagers.

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