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Un monde plus que jamais divisé en classes sociales, en exploiteurs et exploités

dimanche 25 janvier 2015

Le capitalisme et la ploutocratie mondiale

Par Andre Damon

L’organisme international de bienfaisance Oxfam a publié un nouveau rapport sur les inégalités sociales qui montre que le gouffre qui sépare les super riches de la majorité de la population non seulement ne se referme pas mais s’élargit à un rythme accéléré.

Selon des chiffres actualisés, les 92 multimilliardaires les plus riches détenaient en 2013 autant de richesse que les 50 pour cent les plus pauvres de l’humanité. En 2014, ce chiffre était descendu à 80 milliardaires. En d’autres termes, un groupe de personnes qui tiendrait dans un bus à deux étages possède plus de richesse que 3,5 milliards de gens, soit l’équivalent des populations de la Chine, de l’Inde, des Etats-Unis et de l’Union européenne réunies.

L’inégalité est en train de croître à une telle vitesse que l’année prochaine, le un pour cent le plus riche possédera plus de richesse que les 99 pour cent restants. En fait, il est fort possible qu’au niveau mondial la société n’ait jamais été, dans les milliers d’années d’histoire de l’humanité, aussi inégale qu’elle ne l’est aujourd’hui.

Oxfam a fait coïncider la publication de son rapport avec l’ouverture du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, auquel participeront quelque 2.500 milliardaires, dirigeants de grandes sociétés, chefs d’Etat et ceux qu’ils ont dans leur sillage.

Winnie Byanyima, la directrice d’Oxfam, a été invitée à co-présider l’événement, et son organisme a dit dans un communiqué qu’elle profiterait de ses fonctions « pour lancer un appel pressant à l’action pour enrayer la montée des inégalités. »

Fait plutôt ironique, Byanyima adressera son appel au plus grand rassemblement annuel de la ploutocratie mondiale dont son rapport dénonce l’enrichissement. Nombreux sont ceux qui, parmi la centaine de milliardaires – et les innombrables multimillionnaires – présents ont vu leur fortune doubler au cours des cinq dernières années. Comme le montre le rapport, sur la même période, la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale a baissé. Elle est inférieure en 2014 à ce qu’elle était en 2009.

Au cours de l’année passée, toute une série de figures publiques, de Lawrence Summers, le secrétaire d’Etat adjoint au Trésor américain devenu gérant milliardaire de fonds spéculatifs, à la directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde, en passant par le président américain Barack Obama et Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, a ouvertement exprimé sa préoccupation devant la croissance de l’inégalité.

L’énorme fossé entre les ultra-riches et la vaste majorité de la population, la classe ouvrière, constitue dans le monde entier l’élément indéniable et déterminant de la vie. Certains parmi ceux qui sont responsables de cette situation s’inquiètent de ce que le capitalisme est en train de produire, comme l’ont dit Marx et Engels, ses propres fossoyeurs sous forme d’une classe ouvrière de plus en plus hostile et frondeuse.

Et pourtant, ce qui est tout à fait absent de toutes ces déclarations c’est une quelconque réflexion sur la dynamique politique et de classe qui a engendré l’écart de plus en plus grand entre les riches et la majorité de la société. Tous ces observateurs font comme si l’augmentation de l’inégalité sociale n’était que le produit de processus neutres échappant aux actions des gouvernements et des classes sociales.

En fait, l’accumulation incessante de la richesse par les ultra riches est le résultat d’une politique systématique appliquée par la classe dirigeante depuis la crise financière de 2008, elle-même déclenchée par les activités criminelles de l’élite financière. Le gouvernement américain a acheminé à lui seul près de sept mille milliards de dollars vers le système bancaire, qui furent employés à soutenir plus de trente mille milliards de dollars de valeurs financières. Les banques centrales du monde entier l’ont ensuite imité.

Les sociétés opérant au niveau mondial ont utilisé le chômage de masse dû au ralentissement économique pour réduire drastiquement les salaires et imposer l’accélération des cadences à leurs ouvriers tandis que les gouvernements du monde entier ont mis à profit la crise économique pour imposer de vastes mesures d’austérité.

Près de sept ans après l’effondrement de Lehman Brothers, la politique suivie après le krach conduit à un nouveau stade de la crise mondiale. Il semble bien que la bulle des marchés boursiers chinois qui a produit des dizaines de nouveaux milliardaires cette année, ayant subi lundi sa plus grosse perte depuis 2008, soit en train d’éclater. L’Europe est touchée par la déflation et les analystes prédisent que l’économie russe se contractera de cinq pour cent cette année. Le Fonds monétaire International a révisé à la baisse lundi ses prévisions de croissance pour cette année.

Et pourtant, la seule réponse de la classe dirigeante à la crise de son système est d’acheminer encore plus d’argent dans les coffres des riches. « La politique monétaire doit… rester accommodante, » a déclaré le FMI, « y compris par d’autres moyens si les taux directeurs ne peuvent être réduits davantage, » une référence voilée aux programmes d’‘assouplissement quantitatif’.

Le parasitisme est la substance sociale dont est faite la ploutocratie mondiale. Elle génère sa richesse non pas par la production, mais par la fraude, la spéculation et le pillage. Elle se sert de ses immenses ressources pour dominer la vie économique et faire une politique visant à s’enrichir et à s’étendre, aux dépens de la grande masse de l’humanité.

La ploutocratie mondiale est un cancer au corps du genre humain. Dans leur défense implacable de leur richesse et du système capitaliste sur lequel elle repose, les classes dirigeantes du monde ont conduit l’humanité au bord de la ruine. Les principales puissances impérialistes sont engagées dans un nouveau partage du monde. L’année dernière, avec l’offensive anti-russe des Etats-Unis et de l’OTAN en Ukraine, la possibilité d’une guerre nucléaire est apparue, un siècle après la Première Guerre mondiale, comme un danger précis et présent.

La ploutocratie ne réagit pas à la croissance des tensions sociales par la réforme mais par la répression. Des appareils de renseignement policier et militaire massifs ont été érigés et sont de plus en plus ouvertement utilisés contre la population à l’intérieur. Les idéologies politiques nocives du siècle dernier – fascisme, chauvinisme, autoritarisme – sont ressuscitées afin de les tourner contre tout défi de la classe ouvrière à la domination de la richesse.

Il est tout à fait naïf de croire qu’un seul des grands problèmes auxquels la société est confrontée puisse être résolu sans briser l’emprise de l’oligarchie financière. Sa fortune mal acquise doit être expropriée ; les entreprises qu’elle contrôle doivent être nationalisées et placées sous contrôle démocratique de la classe ouvrière pour être gérées dans l’intérêt de la société et non à des fins d’enrichissement personnel.

Il faut à cette fin construire un mouvement politique qui vise à unifier la classe ouvrière internationale – la vaste majorité de la population mondiale – sur la base d’un programme révolutionnaire dans le but de renverser le système capitaliste en faillite.

Les dix PDG américains les mieux payés empochent plus de 100 millions de dollars chacun

Les dix directeurs généraux les mieux payés aux États-Unis ont chacun reçu plus de 100 millions de dollars en 2012, d’après un sondage de GMI Ratings dont les résultats ont été publiés dans le Guardian mardi dernier. Deux chefs d’entreprise ont chacun reçu plus de 1 milliard de dollars, et le salaire combiné des dix premiers directeurs généraux était de 4,7 milliards de dollars.

Pendant même que les salaires de la population travailleuse diminuent, les revenus des super-riches continuent d’augmenter et sont gonflés en plus par les injections massives de liquidités de la Réserve fédérale qui viennent alimenter la croissance des marchés boursiers. « Je n’ai jamais rien vu de tel », dit Greg Ruel, l’auteur de l’article, au Guardian, « d’habitude, quelques directeurs généraux dépassent le seuil des 100 millions de dollars, mais jamais tous les 10 mieux payés ».

Mark Zuckerberg, le directeur général du géant des médias sociaux Facebook, a reçu plus de 2,27 milliards de dollars, pendant que Richard Kinder, qui est à la tête de la compagnie énergétique Kinder Morgan, a encaissé 1,16 milliard de dollars.

Trois de ces 10 directeurs sont à la tête d’entreprise en technologie, incluant Zuckerberg, Tim Cook de Apple, qui a reçu 143,8 millions $, et Marx Benioff de salesforce.com, qui a empoché 109,5 millions $.

Deux autres dirigent des entreprises médiatiques. Mel Karmazin de Sirius XM Radio a empoché 255.3 millions $, et Gregory Maffei a reçu 254,8 millions $ en tant que dirigeant de Liberty Media, et un autre 136,4 millions $ en tant que chef de son entreprise sœur, Liberty Interactive.

Dans le secteur du commerce de détail, Edward Stack de Dick’s Sporting Goods a empoché 142 millions $, tandis que Howard Schultz de Starbucks a reçu 117.5 millions $.

Frank Coyne, le dirigeant de l’entreprise d’informations sur les finances Verisk Analytics, a reçu 100,4 millions $.

Zuckerberg a reçu plus de 6 millions $ par jour, ou 5133 $ par minute. Avec un salaire de base de « seulement » un demi million de dollars, la vaste majorité de sa rémunération provient de l’exercice des 60 millions d’actions acquises lors du premier appel public à l’épargne de Facebook l’an dernier.

Les autres PDG de la liste ont également accumulé tous leurs gains à travers le marché boursier, recevant un total de 3,3 milliards $ d’options sur actions comparé à une rémunération au comptant de 16.2 millions $.

Malgré la stagnation de l’économie réelle, la valeur des actions a augmenté, le Dow Jones Industrial Average ayant grimpé de plus de 15 pour cent au cours de l’année passée et plus de 132 pour cent depuis 2009.

Ruel a dit au Guardiam qu’un marché boursier en hausse « permet aux PDG d’empocher de vastes sommes d’argent qui proviennent de gratifications en actions de l’ordre de centaines de milliers et parfois de millions de dollars. » Il a rajouté que « des comités de rémunération continuent d’accorder de larges parts de capitaux propres qui vont profiter de toute augmentation du prix des actions. »

Le sondage de GMI a trouvé une augmentation moyenne en rémunération de 8,47 pour cent pour plus de 2 000 PDG sondés. Le salaire moyen d’un PDG d’une entreprise des Fortune 500 a atteint 13,7 millions $, d’après GMI.

D’après le rapport de Forbes 400 publié en septembre, les 400 individus les plus riches aux États-Unis ont augmenté leur fortune de 17 pour cent en 2013, leur richesse collective passant de 1,7 billions de dollars à plus de 2 billions de dollars.

La richesse de ces 400 individus représente plus de deux fois la somme nécessaire pour rembourser le déficit du budget fédéral, qui est utilisé comme justification pour sabrer l’aide alimentaire, l’éducation, le logement et les programmes de services de santé.

Une statistique en particulier illustre l’incroyable augmentation de l’inégalité sociale aux États-Unis. La part des revenus des 1 pour cent les plus riches de la société a presque doublé entre 1979 et 2013, passant de 10 pour cent à 19.8 pour cent.

Le fossé grandissant qui sépare les riches et super-riches du reste de la population est lié au dépérissement de l’infrastructure productive du capitalisme américain et au rôle grandissant de la spéculation financière. Une étude récente publiée dans l’American Economic Review a trouvé qu’entre 1982 et 2011, la portion des Forbes 400 qui doivent leur fortune à la finance a augmenté de façon importante : de 4.4 pour cent à 20 pour cent.

Le revenu d’un ménage typique aux États-Unis a baissé au niveau le plus bas depuis 1989, pendant que la pauvreté atteint des niveaux qui n’ont pas été vus depuis des décennies, d’après un rapport publié par le Centre américain des statistiques (US Census Bureau) le mois dernier. Depuis 1999, le revenu moyen d’un ménage, ajusté à l’inflation, a chuté de presque 10 pour cent.

La pauvreté et la misère sociale ont atteint des niveaux épidémiques. Une étude publiée plus tôt ce mois-ci par la Southern Education Foundation montre que plus de la moitié des enfants qui fréquentent les écoles publiques aux États-Unis étaient pauvres quand l’année scolaire a pris fin en 2011. Des 45 pays les plus riches au monde, les États-Unis se situent en deuxième place derrière la Roumanie pour le taux de pauvreté infantile.

Pendant même que la Réserve fédérale continue d’injecter 85 milliards de dollars dans le système financier par mois, les démocrates et républicains ont agressivement coupé dans les dépenses qui servent la population travailleuse, incluant les coupes de 85 milliards $ du « séquestre » cette année seulement.

Maintenant, à la suite de la fermeture du gouvernement, l’administration Obama et le Congrès conspirent pour couper des centaines de milliards de plus des programmes sociaux fondamentaux comme l’assurance-maladie (Medicare) et l’assurance sociale.

Une augmentation temporaire dans l’aide alimentaire (Programme complémentaire d’aide alimentaire, SNAP) introduite en 2009 doit prendre fin à la fin du mois, ce qui va entraîner une réduction annuelle des prestations de plus de 300 dollars pour une famille de trois. Après les coupes, l’assistance alimentaire représentera moins de 1,40 dollar par individu par repas, d’après le Centre pour les priorités budgétaires et politiques (Center on Budget and Policy Priorities).

Pendant ce temps, le programme fédéral d’indemnité d’urgence pour personnes au chômage (Emergency Unemployment Compensation), qui offre des prestations de chômage prolongées au-delà de la limite des 26 semaines des programmes d’assurance-emploi de la plupart des États, arrive à échéance en décembre.

L’affirmation selon laquelle il n’y aurait « pas d’argent » pour maintenir ces programmes sociaux est démentie par les niveaux obscènes de richesse monopolisée par une minuscule couche de parasites en haut de l’échelle sociale.

L’enrichissement continu des super-riches à travers les injections d’argent dans les marchés financiers par le gouvernement, pendant que des programmes sociaux vitaux sont éliminés, reflète la subordination complète du système politique et des deux grands partis à l’élite patronale et financière. Le système capitaliste entraîne la pauvreté et la misère pour de sections grandissantes de la population. La défense des droits sociaux les plus élémentaires : un emploi stable et bien payé ; un logement ; des soins de santé et une retraite confortable, requiert une lutte consciente de la classe ouvrière pour un système basé sur la propriété collective des moyens de production – c’est-à-dire, le socialisme.

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