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La vague de COVID-19 démolit l’affirmation de Biden que la pandémie est derrière nous

samedi 31 juillet 2021, par Robert Paris

Le 4 juillet, le président Joe Biden a prononcé un discours dans lequel il a laissé entendre que la pandémie de COVID-19 était terminée en Amérique. Biden a déclaré que les États-Unis « déclaraient leur indépendance vis-à-vis d’un virus mortel… Nous pouvons vivre nos vies, nos enfants peuvent retourner à l’école, notre économie reprend son essor ».

C’est un thème que Biden a répété dans de nombreux discours. Le 13 mai, il a déclaré que l’Amérique approchait de la « ligne d’arrivée » de la pandémie. Le 15 juin, il a dit : « L’Amérique se dirige vers un été dramatiquement différent de celui de l’année dernière : un été de liberté, un été de joie, un été de rencontres et de célébrations. Un été tout américain dont ce pays mérite après le long et sombre hiver que nous avons tous enduré ».

En réalité, depuis l’annonce par Biden d’une « indépendance » vis-à-vis du COVID-19, le nombre de cas a été multiplié par sept et les hospitalisations et les décès sont en hausse, le dangereux variant Delta de la maladie étant devenu dominant. Dans les épicentres de la pandémie actuelle – Arkansas, Louisiane et Floride – les cas sont à leur plus haut niveau depuis janvier et sont en passe d’établir de nouveaux records.

Tout au long de l’année 2020, le président de l’époque, Donald Trump, a affirmé à plusieurs reprises que la pandémie allait « disparaître ». Les mensonges de Trump visaient à éliminer toutes les mesures de distanciation sociale qui avaient été imposées pour contenir la propagation du COVID-19, dans le but de remettre les travailleurs au travail pour augmenter les profits de l’oligarchie financière.

Les déclarations mensongères de Biden sur une « indépendance » vis-à-vis de la pandémie avaient le même objectif : justifier l’abandon des restrictions sur la propagation du COVID-19. « Enlevez votre masque. Vous en avez gagné le droit », a déclaré Biden en mai.

L’insistance de Trump à rouvrir les entreprises et les écoles a alimenté une résurgence massive de la pandémie. Mais maintenant, l’encouragement du gouvernement Biden aux Américains à abandonner le port du masque et la distanciation sociale a alimenté ce qui pourrait devenir la plus grande flambée de la pandémie à ce jour.

« On a signalé presque le même nombre de cas aujourd’hui (70.264) que ce jour-là l’année dernière (71.600) », a déclaré dimanche Caitlin Rivers, épidémiologiste à l’université Johns Hopkins.

Mais le pire est à venir. Mercredi dernier, le Centre de modélisation de scénarios COVID-19, un consortium de chercheurs qui travaillent en concertation avec les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), a publié un modèle qui montre que le nombre de décès quotidiens dus au COVID-19 aux États-Unis pourrait atteindre 4.000 d’ici octobre – le niveau le plus élevé de toutes les périodes de la pandémie.

Bien qu’il s’agisse du scénario le plus pessimiste du modèle, les auteurs de l’étude soulignent que la poussée actuelle de la pandémie est conforme à leurs projections antérieures les plus pessimistes. « Ce qui se passe dans le pays avec le virus correspond à nos scénarios les plus pessimistes », note Justin Lessler, épidémiologiste à l’université de Caroline du Nord, qui participe à la gestion du centre de modélisation.

C’est un avertissement extraordinaire. Malgré la disponibilité des vaccins, les taux de mortalité pourraient à nouveau atteindre les niveaux observés l’automne dernier – un résultat prévisible des politiques du gouvernement Biden et d’autres gouvernements dans le monde.

CNN a débuté son émission dominicale « State of the Union » par une interview du Dr Anthony Fauci, le principal conseiller médical de Biden. Le modérateur a commencé par poser la question suivante : « Pensez-vous que ce soit vraiment possible que la situation devienne aussi grave, 4.000 morts par jour ? »

Si Fauci n’a pas répondu directement à la question, il a donné un avertissement sans détour : « Nous allons dans la mauvaise direction ».

Séparément du centre de modélisation des scénarios COVID-19, l’épidémiologiste Eric Topol a déclaré au New York Magazine qu’un scénario probable conduirait les cas américains à bondir à 250.000 par jour, soit près de quatre fois le taux actuel. « Nous sommes en phase avec le Royaume-Uni », a-t-il déclaré. « Ils sont arrivés à plus de 50.000 cas. Et si vous multipliez ce chiffre par cinq, pour la différence de population, nous arriverons à 250.000 – c’est une extrapolation facile à faire. Cela pourrait être là où nous nous dirigeons ».

Topol a lancé un avertissement inquiétant : 10 % des personnes infectées pourraient présenter des symptômes majeurs de type « COVID long » qui dureraient des semaines, des mois, voire la vie entière de la victime. Comme il l’a dit, « ceux qui ne peuvent pas travailler, ceux qui ont un brouillard cérébral important, ceux qui souffrent vraiment, c’est probablement un sur dix ».

Face à ce désastre, avec des centaines de milliers de personnes qui meurent et des dizaines de milliers qui souffrent de symptômes débilitants de COVID-19 long terme, la classe dirigeante américaine exige la poursuite de sa politique meurtrière d’« immunité collective ».

Dans une interview accordée jeudi soir à NBC News, Rochelle Walensky, directrice du CDC, a réitéré la demande du gouvernement Biden de rouvrir complètement les écoles cet automne, plusieurs mois avant que les enfants de moins de 12 ans ne puissent être vaccinés.

À la question « Y a-t-il une quelconque considération, un quelconque scénario dans lesquels vous pourriez vouloir revenir sur la réouverture des écoles », Walensky a répondu : « Je reste convaincue que nos écoles doivent ouvrir à l’automne. Elles doivent ouvrir pour un apprentissage complet, en personne ».

À la question de savoir si « le CDC ne recommande pas aux personnes entièrement vaccinées de porter des masques ? » Walensky a répondu sans ambages : « Nous ne le faisons pas ».

Dans son indifférence totale à la défense de la vie humaine face à la pandémie, le gouvernement Biden applique la politique commune des classes dirigeantes à travers l’Europe, les Amériques et pratiquement toutes les autres parties du monde.

C’est peut-être le gouvernement du Premier ministre britannique Boris Johnson qui l’exprime le plus clairement. Dans un tweet du week-end dernier, le ministre britannique de la Santé, Said Javid, a déclaré que le public ne devait pas « se recroqueviller » devant la maladie, mais apprendre à « vivre avec » la pandémie.

L’épidémiologiste Deepti Gurdasani, l’un des principaux auteurs de l’étude du Lancet condamnant la promotion par le gouvernement britannique d’une « immunité collective par l’infection de masse », a dénoncé la déclaration de Javid en déclarant : « La compassion n’est pas de la lâcheté. Retirer des protections aux gens alors que près de la moitié de notre population n’a pas été vaccinée pour se plier à une idéologie l’est. »

Le Royaume-Uni est, selon le Wall Street Journal, en train de réaliser un « test » pour savoir si c’est possible de « profiter d’une vie proche de l’avant-pandémie face à des versions du virus qui se transmettent rapidement ».

Le Journal a développé ainsi son idée : « L’expérience devrait indiquer clairement si le COVID-19 peut être relégué au rang de menace saisonnière gérable, comme la grippe, et si le confinement et la distanciation sociale peuvent être relégués au passé. »

Cette « expérience » est répétée dans le monde entier, y compris aux États-Unis. Le week-end dernier, l’ancien commissaire de l’Administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments, Scott Gottlieb, a clairement indiqué : « les hypothèses intégrées dans ces modèles ne prévoient ni nouvelles restrictions, ni port obligatoire du masque, ni fermetures d’entreprise ». Il a ajouté : « Je pense que ce sera probablement la norme ».

En réponse à l’intransigeance totale des gouvernements sur l’abandon de toutes les mesures de distanciation sociale et l’application de la réouverture complète des écoles et des entreprises, les marchés financiers ont bondi, l’indice Dow Jones atteignant un record de 35.000 vendredi.

Dès le début de la pandémie, la réponse des gouvernements du monde entier a été entièrement animée par l’objectif de préserver la richesse et les privilèges de l’oligarchie financière, au détriment des vies humaines.

En réponse aux politiques meurtrières d’« immunité collective » de la classe dirigeante, les travailleurs doivent exiger des mesures urgentes pour arrêter la propagation de la maladie, y compris la fermeture de toutes les installations de production non essentielles, des lieux de travail et des écoles, avec une compensation complète pour les salaires perdus et des billions (1000 milliards) de dollars en dépenses de santé supplémentaires pour garantir la capacité de tester, de suivre et d’isoler chaque cas.

Tous les élèves doivent bénéficier de l’internet à haut débit et d’ordinateurs de haute qualité, et des enseignants supplémentaires doivent être embauchés pour garantir le meilleur apprentissage à distance possible jusqu’à ce que la pandémie soit maîtrisée.

Comme les scientifiques l’ont clairement indiqué à plusieurs reprises, le COVID-19 peut être maîtrisé et doit l’être si l’on veut sauver des millions de vies supplémentaires.

La mort insensée et évitable de 626.000 personnes aux États-Unis et de plus de quatre millions dans le monde – selon les chiffres officiels qui sous-estiment considérablement le bilan réel – est une condamnation sans appel du système capitaliste et la démonstration de la nécessité de le remplacer par le socialisme. Darmon - WSWS

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