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Qui croirait qu’Heidegger était proche des nazis ?

lundi 8 février 2016, par Robert Paris

Martin Heidegger

Qui croirait qu’Heidegger était proche des nazis ?

Elève du juif Edmund Husserl, amant et professeur de la juive Hannah Arendt, professeur du juif Mickae Brock, philosophe défendu par Sartre, Lévinas, Strauss, Blochman, Szilazi, Löwith et bien d’autres, le philosophe Martin Heidegger, qui avait adhéré au parti nazi le 1er mai 1933 (peu après la venue au pouvoir d’Hitler comme chancelier), a toujours eu des partisans qui défendaient que sa philosophie, présentée comme grande, n’avait rien à voir avec un « égarement passager » en faveur du nazisme. Le contenu violemment antisémite de ses « carnet noirs » devait détruire définitivement une telle thèse… Même après la défaite du nazisme, Heidegger s’est bien gardé du moindre propos public sur la shoah… Certains ont alors cherché à séparer son antisémitisme, son nazisme profond de sa philosophie. Echec total : sa philosophie consiste à faire plonger profondément l’être humain, dont la valeur individuelle est expressément niée, dans la communauté d’un peuple allemand enraciné dans le sol et uni par le sang !!!

Dans un séminaire d’éducation politique de l’hiver 1933-1934, il enseignait que « la nature de notre espace allemand (…) ne se manifestera peut-être jamais aux nomades sémites ».

Dans un second séminaire, il expose que l’affirmation de soi d’un peuple et d’une race consiste en la discrimination entre amis et ennemis.

Et, dans un cours de la même année, il exhorte ses étudiants à « se donner pour but, sur le long terme… l’extermination totale de l’ennemi du peuple germanique ».

Dans ces séminaires, Heidegger se consacre au « Gestaldt » de Hitler et à l’ « éros » du peuple à l’égard de son führer. Il y explique ce qu’il entend par « être » et « étant » : la communauté de souche et de race !!!

Ce n’est de la part de Heidegger nullement un égarement passager. Il ne découvre pas le nazisme en 1933 : son épouse est nazie depuis… 1920 ! Ce n’est ni une gène ni un problème pour Heidegger, puisqu’il écrit en 1916 à celle qui n’est pas encore sa femme : « L’enjuivement de notre culture et des universités est en effet effrayant et je pense que la race allemande devrait trouver suffisamment de force intérieure pour parvenir au sommet. »

En 1931 déjà, Heidegger confiait à Hermann Mörchen que « le national-socialisme est le seul mouvement capable de s’opposer de manière efficace au danger communiste ». D’ailleurs, les documents (plusieurs correspondances) démontrent qu’il n’a rendu officielle son adhésion au parti nazi qu’en mai 1933 mais que celle-ci a eu lieu en réalité avant décembre 1932…

C’est le 2 octobre 1929 qu’Heidegger écrit à Viktor Schwoerer (haut fonctionnaire chargé des questions académiques) :

« Il ne s’agit de rien moins que de prendre connaissance de ce que nous nous tenons devant un choix, celui d’alimenter à nouveau notre vie spirituelle allemande avec des forces et des éducateurs véritablement enracinés, ou si nous la livrons à l’enjuivement croissant au sens large et au sens restreint. Nous ne retrouverons le chemin que si nous sommes à même d’aider des forces fraîches à se déployer. »

Dans une lettre de septembre 1933 à Elisabeth Blochmann, il écrit qu’il voudrait obtenir la chaire de philosophie de Munich, « dans le but d’être plus près de Hitler » car « la possibilité d’approcher Hitler » serait très importante…

En 1933, Heidegger est nommé par les nazis recteur de l’Université de Fribourg : c’est dire qu’on est sûrs de lui en haut lieu !

En 1933-1934, l’un des proches de Heidegger est Eriche Rothbacker, le recteur de Bonn qui a élaboré le « plan d’éducation national-socialiste » et un « Manuel de philosophie » national-socialiste (qu’il adresse spécialement à Heidegger !). On peut citer notamment :

« Il ne faut à aucun prix que la bonne race devienne le lit de paresse de grosses têtes contentes d’elles-mêmes ou mène à une sous-estimation du dressage, en vue de la bonne tenue et de l’éducation des hommes. Historiquement et personnellement, la bonne race est une tâche de très haute responsabilité, dont la résolution ne peut être manquée… Nous sommes redevables à l’ « esprit prussien » et à l’esprit de la NSDAP. »

La proximité de Heidegger et de Rothbacker est prouvée jusqu’en 1941 puisqu’à cette date c’est sur intervention de Heidegger que Rothbacker obtient une chaire à Fribourg !

Heidegger adhère donc entièrement à ces conceptions qu’il entend faire pénétrer discrètement, à sa manière, dans sa philosophie de l’existence. C’est une véritable « stratégie de la dissimulation » :

« Dans quelle mesure le national-socialisme ne peut nullement être le principe d’une philosophie, mais doit toujours être seulement posé sous la philosophie comme principe. Dans quelle mesure en revanche le national-socialisme peut endosser certaines positions et ainsi contribuer à un nouveau fondement (Grundstellung) de l’être (Seyn). Cela seulement à la condition qu’il reconnaisse ses propres limites – c’est-à-dire comprenne qu’il n’est vrai que lorsqu’il est en mesure, qu’il est en position de délivrer et de préparer une vérité originelle ».

Heidegger parlant d’Adolf Hitler :

« C’est un ravissement que le Führer ait réveillé une nouvelle réalité qui indique à notre pensée la voie à suivre et lui donne une impulsion… Une merveilleuse volonté populaire se réveille et se lève dans la grande obscurité qui recouvre le monde… Une grande foi traverse le jeune pays… Le monde se dirige à nouveau vers la vérité et l’Allemagne retrouve les liens qui l’unissent aux puissances originelles…

« Je vois la tâche de la pensée, comme un moyen pour l’homme d’atteindre une relation satisfaisante avec la technicité. Le National Socialisme a pris en fait cette direction. »

« Le « communisme » est la constitution métaphysique des peuples dans la dernière phase de l’achèvement des temps modernes (…). La forme chrétienne et bourgeoise du « bolchevisme » anglais est la plus dangereuse. Sans l´anéantissement [Vernichtung] de celle-ci, l´époque moderne se maintient. La destruction définitive ne peut avoir toutefois que la forme de l’autodestruction. »

Heidegger aux étudiants allemands :

« Que chaque jour s’affermisse votre loyauté à l’allégeance (à Hitler). Que sans cesse s’accroisse en vous le courage du sacrifice pour le salut de l’essence (l’être (au delà) des étants, s’incarnant exclusivement dans le peuple allemand) et pour l’accroissement de la force la plus intime du notre peuple (allemand) dans son état… »

« Le Führer lui-même (ou en soi) est le seul qui est la réalité allemande présente et future et sa loi. »

« Les Juifs, ont un don particulièrement accentué pour le calcul » et une « aptitude tenace pour [...] le trafic et la confusion ». Ils renforcent "la machination a qu’est la rationalisation alliée à la technicisation de l’Occident ... et ont empêché ce dernier de trouver un accès à « l’Être ». La "juiverie mondiale, sans attache, car « sans monde » (ou immonde) dont la conspiration aurait « déraciné » l’Occident, explique la guerre à laquelle l’Allemagne a été confrontée ».

« Mais pourquoi à cette limite extrême de la perturbation de sa vérité sans fondement, l’Être échoue-t-il à la nécessité de sa fondation ! Pourquoi abandonne-t-il l’étant au subterfuge dans l’autre race ? »

« C’est seulement là où la subjectivité inconditionnée de la volonté de puissance devient vérité de l’étant dans sa totalité que le principe de l’institution d’une sélection raciale, c’est à dire non pas une simple formation de race se développant à partir d’elle même, mais la pensée de la race se sachant elle-même, est possible, c’est à dire métaphysiquement nécessaire. »

« La communauté Juive est dans l’espace-temps de l’accident chrétien, c’est-à-dire de la métaphysique, le principe de destruction. Elle est ce qui est destructeur dans le renversement de l’achèvement de la métaphysique, c’est-à-dire de la métaphysique de Hegel par Marx. L’esprit et la culture deviennent la superstructure de la l’économie : c’est-à-dire de l’économie, de l’organisation, du biologique, du peuple. » (Cahiers noirs 1944-45)

« L’Europe veut encore se cramponner à la démocratie et ne veut pas apprendre à voir que cette dernière équivaudrait à sa mort historique, car la démocratie n’est, comme Nietzsche l’a clairement vu, qu’une variété vulgaire du nihilisme"... « Le sérieux de ce savoir ne se choque pas de ce qui est censé être "bon" ou "mauvais", ni du fait qu’on laisse s’effondrer la tradition ou du fait qu’on fasse en sorte de la maintenir, il ne se choque pas plus devant la bonté du coeur ou la brutalité de la violence. Il ne regarde que ce qui est"... "Dans quelle mesure le nazisme ne peut jamais être le principe d’une philosophie, mais doit toujours être établi sous la philosophie comme principe.Dans quelle mesure, cependant, le national-socialisme peut probablement recouvrir certaines positions déterminées et peut donc avec cela obtenir une nouvelle position de fondation de l’Être. Mais ce ne sera que sous la condition préalable qu’il se reconnaisse dans ses propres limites, c’est à dire se rende compte qu’il n’est vrai que s’il est apte à venir en l’état de libérer et de préparer une vérité originelle"..." "Une des formes les plus dissimulées et peut-être la plus ancienne du gigantesque est l’opiniâtre compétence pour la comptabilité et le trafic ainsi que la tendance à tout mélanger, par lesquels est fondée l’absence de monde du judaïsme. »

« Leur dernier acte (des juifs et de tout ceux qui sont sous leur vision calculante - cf Einstein et la bombe atomique -, même les nazis) sera que la terre elle-même explose en l’air (bombe atomique) et que l’humanité actuelle disparaisse. Ce qui n’est pas un malheur, mais plutôt le premier nettoyage de l’Être, de sa profonde défiguration par la suprématie de l’étant. »

En 1945, il affirme encore que « La juiverie internationale a voulu mettre à genoux la nation allemande. »

Heidegger

Heidegger et le nazisme

L’introduction du nazisme dans la philosophie

Heidegger et le nazisme

La preuve du nazisme d’Heidegger par ses Carnets noirs

Le nazisme des intellectuels

Les Cahiers noirs d’Heidegger

Heidegger peut-il avoir une philosophie nazie

Heidegger était-il un philosophe ou idéologue nazi

Quand Sartre de « L’Etre et le Néant » faisait de la philosophie en copiant Heidegger de « Etre et Temps »

Pour conclure, Alain Finkielkraut, nouvel « immortel » et philosophe de crotte, ouvrait le colloque de la BnF en janvier 2015 par la question : « Comment ne pas être heideggérien ? »

Heil de guerre, quel bon copain de Fin quelle crotte !!!

Heidegger présent à des rassemblements nazis

3 Messages de forum

  • Qui croirait qu’Heidegger était proche des nazis ? 11 février 2016 15:06, par Éphraïm

    En france, Heidegger fait partie des philosophes à connaître et à maîtriser par tout étudiant ou enseignant de philosophie de l’université et par conséquent de tout enseignant de l’éducation nationale.

    Il s’agit, bien entendu, de connaître ses écrits philosophiques. Mais s’il faut connaître ses écrits philosophiques pour montrer à quel point l’étudiant et l’enseignant se conforment parfaitement à l’académisme, les écrits et théories qui sont retenues sont toujours présentées de façon séparée, en évitant la discussion de l’implication nazie ou en minimisant cette implication.

    De même, lorsque Marx est au programme de l’agrégation, en 2015, puisque le programme précise les textes (aucun texte politique ne figurait alors au programme sorti en février 2014), la partie philosophique de son oeuvre s’étudie indépendamment des écrits politiques...

    En clair, puisque Heidegger figure à la liste des programmes et du bac, et du capes comme de l’agrégation de la discipline, alors, il est à vénérer comme tous les auteurs reconnus comme ayant publié une oeuvre reconnue comme majeure : « L’étude d’œuvres des auteurs majeurs est un élément constitutif de toute culture philosophique. », annonce le programme du bac.

    Ainsi, Heidegger est étudié sans aborder autre chose que ses écrits philosophiques, métaphysiques théorisant l’être et l’étant, la plupart du temps assumés et présentés comme bien loin de ses propos nazis, malgré les revendications du personnage qui prônait un lien entre sa philosophie et son engagement nazi... Ainsi, Heidegger est donc étudié contre les déclarations de Heidegger lui-même !

    Au mieux on indique que, lui, il faisait le lien entre cette implication politique et sa philosophie, mais il va de soi dans l’académisme que l’on se doit d’étudier une philosophie « pour elle-même », et donc ce rappel n’est jamais approfondi par un enseignant. Car tout enseignant sait que s’il va plus loin, il sort de son rôle de défenseur et représentant de la République ! Or, la prétendue neutralité républicaine est sacrée et tout fonctionnaire a un devoir de réserve. Ainsi, dire ce qui est dit dans l’article serait, pour tout enseignant de philosophie, outrepasser ce devoir de réserve.

    Cela étant, il faut bien préciser que nombre d’enseignants oublient de regarder de plus près ce qui est dit dans l’article ci-dessus. Bien souvent, le devoir de mémoire, si cher à la gauche des années 1990 n’est pas même appliqué.

    Grâce à cette ignorance cultivée dans les UFR de philosophie, Heidegger fait partie de ces auteurs qu’il est bon d’étudier et concernant lesquels il est important de publier pour réussir une carrière à l’université !

    C’est ainsi que parfois à leur insu, parfois de manière plus consciente, des étudiants passent des années à réaliser mémoire ou thèse sur tel ou tel écrit de l’auteur, parfois sans même rien comprendre à une volonté de Heidegger lui-même de brouiller les pistes dans les propos prétendument philosophiques de l’auteur lui-même. Mais qu’en est-il de ceux qui, depuis des années étudient, traduisent, connaissent par coeur des pages ou des ouvrages de Heidegger, de Être et temps, ou d’autres Parménide ou des Chemins qui ne mènent nulle part ? Sont-il, eux, conscients des propos cités dans l’article ci-dessus ? Voient-il la portée du problème qu’ils contribuent à effacer ? Ou bien sont-il bien conscients du travail d’obscurcissement de la pensée auxquels il participent ?

    Voilà un tabou de l’université en france qu’il est interdit d’aborder, sous peine d’être rejeté de toute forme de lien social dans le monde académique de la philosophie ! Si vous approfondissez le sujet, si vous rejetez trop violemment Heidegger, on vous évite personnellement et physiquement ! Et que dire si vous écrivez à ce propos ? En tant qu’étudiant, vous risquez de ne pas avoir votre diplôme, et on ne vous donnera pas de poste. Et en tant qu’enseignant, vous serez, au mieux, mis au placard, et vous n’avancerez plus dans votre carrière !

    Quand on sait à quel point ce personnage est étudié, cité, mis en avant et défendu dans ses conceptions métaphysiques, dans toutes les universités de france, voire du monde, et que son engagement est à ce point minimisé, l’article ci-dessus et les citations des propos sont d’une violence extrême à lire...

    Mais une vérité qui ne dérange pas, qui ne fait pas mal est-elle une vérité ?

    Oui, la vérité fait mal, mais si ça n’était pas le cas, ça serait autre chose que la vérité.

    Merci pour ces rappels, ces découvertes, ces énormités. Et tant pis si ces énormités font si mal à entendre, à se rappeler, à découvrir.

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  • Karl Jaspers rapporte qu’Heidegger diffusait la thèse du « Protocole des Sages de Sion », affirmant qu’il y avait un vaste complot international des Juifs. C’est ce qu’a confirmé la publication, en 2014, des « Carnets noirs » d’Heidegger, son journal rédigé à partir de 1933.

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  • Sartre a simplement « copié » une thèse d’Heidegger :

    « L’existence est toujours et seulement décidée par le « Dasein » lui-même sous la forme d’une saisie ou d’une omission de la possibilité. La question de l’existence ne peut jamais être réglée que par l’exister lui-même. La compréhension alors directrice de soi-même, nous la qualifions d’ « existentielle ». »

    Heidegger dans « Etre et Temps »

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