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Bangladesh : les ouvriers du textile en lutte

dimanche 22 septembre 2013

Routes bloquées, usines attaquées, manifestations, grèves… Des milliers d’ouvriers du textile au Bangladesh se sont mobilisé le 21 septembre, défilant des heures durant, parfois armés de bâtons, dans les principales zones industrielles de Gazipur, Mouchak et Ashulia. Leur revendication ? Un salaire mensuel minimum équivalant à 74 euros. "Au moins 20.000 ouvriers ont rejoint la manifestation. Ils ont bloqué des routes, exigeant une importante augmentation de salaire", confirmait samedi matin Mustafizur Rahman, chef adjoint de la police de la zone industrielle de Gazipur.

Des dizaines d’usines ont été obligées de fermer parce que les ouvriers ont délaissé leurs machines. Des manifestants en colère ont d’ailleurs lancé des briques et des pierres sur quelque 20 usines qui avaient interdit à certains employés de se joindre aux protestations, selon Mustafizur Rahman.

"La situation est calme à présent, depuis que les travailleurs ont pris la route vers Dacca pour rejoindre un rassemblement. La circulations sur les routes a repris et la manifestation dans la capitale se déroule dans le calme, assurait cependant ce dernier, samedi à la mi-journée. Des salaires de misère

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements au monde, fournissant notamment des grands noms tels que l’américain Walmart, le français Carrefour ou encore le suédois H&M. Pilier de l’économie, le secteur avec ses 4500 usines représente 80% des exportations annuelles du pays s’élevant à 27 milliards de dollars.

Cependant, la grande majorité des 3 millions de travailleurs touchent des salaires de misère. Le salaire de base mensuel est de seulement 3000 taka (28 euros) -soit un des plus bas au monde - depuis un accord tripartite entre les syndicats, le gouvernement et les fabricants signé en août 2010.

Le mécontentement lié aux faibles salaires ne date pas d’hier. Les manifestations contre les faibles salaires et les mauvaises conditions de travail ont secoué le secteur de l’habillement du Bangladesh depuis l’effondrement en avril du Rana Plaza, qui a tué plus de 1100 personnes.

La catastrophe a mis en évidence les conditions de travail déplorables dans les usines de vêtements du Bangladesh, où les ouvriers travaillent 10 à 12 heures par jour. Déjà, en 2006 et 2010, des manifestations pour des hausses de salaires s’étaient transformées en affrontements meurtriers, avec des dizaines de morts et des centaines d’usines vandalisées.

Conscient des tensions accrues depuis la catastrophe du Rana Plaza, le gouvernement avait mis en place, en juin, un groupe de travail spécial pour examiner les salaires.

C’est alors que les syndicats ont demandé un salaire mensuel minium de 8114 taka (l’équivalent de 74 euros). Mais les propriétaires d’usine leur ont opposé une quasi fin de non recevoir : ils ont fait valoir qu’ils ne pouvaient aller au délà d’une augmentation de 20 % des salaires, à 3600 taka (l’équivalent de 36,27 euros par mois), en raison de la conjoncture économique mondiale morose. La manifestation du 21 septembre est la première à grande échelle depuis lors.

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