English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 16- EDITORIAUX DE LA VOIX DES TRAVAILLEURS > L’union des gauches n’est pas le front des travailleurs

L’union des gauches n’est pas le front des travailleurs

mercredi 11 mai 2022, par Alex, Waraa

DE MILLERAND À JLM, DU FRONT POPULAIRE À LA NUPES :

COMMENT ENFUMER LES TRAVAILLEURS AVEC DES ILLUSIONS ÉLECTORALES ET PARLEMENTAIRES DANS LE CADRE DE LA DÉMOCRATIE BOURGEOISE POUR ÉVITER TOUTE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE CONTRE LE CAPITALISME !

A lire la presse bourgeoise et même une certaine presse de la gauche à l’’extrême gauche officielle, le score de JLM à la présidentielle, c’est-à-dire celle d’une gauche « radicale », serait ou aurait été un immense espoir pour les travailleurs ou le peuple après le premier quinquennat de Macron ! Les mêmes prétendent qu’avec un gouvernement issu de la NUPES, un gouvernement de cohabitation, la situation sera plus favorable pour les milieux populaires ! Espoir en partie déçu puisque la nouvelle union de la gauche se fait avec le PS mais qui serait tout de même un moindre mal à une chambre parlementaire acquise à Macron lors de son second mandat ! Comme nous le verrons, l’union de la gauche ou non avec le PS contrairement à ce que prétend une partie de l’extrême gauche électoraliste, n’est en rien un espoir mais bien un nouveau piège pour le prolétariat et plus largement pour tout le peuple !

LA NUPES : NOUVELLE UNION DE LA GAUCHE POUR NOUVELLE TROMPERIE RÉFORMISTE !

La NUPES est une nouvelle tromperie social-démocrate ! La politique de ces unions de la gauche consiste à éviter toute lutte révolutionnaire du prolétariat contre le capitalisme quand elle ne la combat pas directement, ouvertement ou non, comme en Allemagne en 1918 ou encore France et en Espagne en 1936 ! Dès sa naissance, le courant réformiste, appelé d’abord républicain puis par la suite « la gauche », a défendu une politique de collaboration de classe avec les classes dirigeantes capitalistes.

En France, les trahisons réformistes remontent de longues dates depuis la trahison de la révolution de 1848 qui a permis à Louis Napoléon Bonaparte d’emporter d’abord les premières élections au suffrage universelle de la seconde république avant de la renverser pour instaurer le Second Empire ! Avec l’instauration de la Troisième République édifiée sur le massacre des Communes Révolutionnaires en 1871 issu de la défaite militaire de l’Empire contre la Prusse, ce qui allait devenir la gauche s’intègre à la république bourgeoise ! Cette gauche qui aime à s’appeler « socialiste » n’en porte que le nom et non le programme politique de révolution sociale !

En effet, le courant dit socialiste ou social-démocrate se caractérise dès sa naissance par la volonté, non de renverser le capitalisme, mais de réformer celui-ci en participant aux gouvernements de la bourgeoisie ! La première participation d’un socialiste à un gouvernement bourgeois est celle de Millerand qui siègera dans le même gouvernement que Gallifet qui a mené la répression sanglante de La Commune Insurrectionnelle de Paris en 1871 !

ROSA LUXEMBURG : LE « SOCIALISME » RÉFORMISTE DE GOUVERNEMENT EST L’ENNEMI DES TRAVAILLEURS ET DE LA RÉVOLUTION SOCIALE

MILLERAND devient ministre dans le gouvernement de Waldeck-Rousseau en 1899 ! Pour Rosa Luxemburg « le fait (que ce gouvernement) comprenait un socialiste ne l’empêchait nullement de demeurer un gouvernement de la bourgeoisie contre le prolétariat révolutionnaire. « Ironie du sort, le sang des ouvriers français n’avait peut-être jamais coulé aussi souvent que du temps du gouvernement « socialiste » de Waldeck-Rousseau » écrit-elle en donnant l’exemple de la grève ouvrière de Limoges. (…) Quant à ce dernier [le gouvernement], le fait qu’il comprenait un socialiste ne l’empêchait nullement de demeurer un gouvernement de domination de classe, l’organisation politico-policière de la bourgeoisie contre le prolétariat révolutionnaire, et il continua de servir fidèlement les intérêts de la classe capitaliste dans tous les domaines de la vie sociale". Rosa Luxemburg montre aussi concrètement que 35 après, pour le réformisme, LA RÉVOLUTION RESTE L’ENNEMI à l’image de la Commune de Paris de 1871 : "Il faut également noter que la police parisienne interdit à l’époque tout discours et se comporta d’une manière particulièrement insolente et provocatrice envers les congressistes quand ceux-ci se rendirent au cimetière où reposent les dépouilles des héros de la Commune, afin de rendre hommage à leur mémoire. Et ceci malgré la présence de Millerand dans le gouvernement républicain."

DE LA PARTICIPATION SOCIALISTE AUX GOUVERNEMENTS BOURGEOIS AUX GOUVERNEMENTS BOURGEOIS DES SOCIALISTES OU D’UNION DE LA GAUCHE !

Le premier gouvernement de gauche en France, agent de la 1ère grande boucherie mondiale !

Depuis la participation de socialiste à des gouvernements bourgeois comme Millerand à un gouvernement républicain mais ouvertement bourgeois cad représentant les intérêts des capitalistes, le réformisme qui allait devenir « la gauche » est arrivé au pouvoir suprême de diriger la république mais dans l’intérêt des classes possédantes ! Le premier gouvernement socialiste ou de gauche fut un gouvernement d’Union sacrée en 1914 avec des ministres socialistes comme L. Blum, et un « commissaire de la nation » dirigeant de la CGT, Léon Jouhaux ! Ce gouvernement avait pour objectif de mettre au pas les travailleurs et d’imposer l’effort de guerre à tous et de lutter au sein du prolétariat contre toute politique internationaliste dénonçant la guerre des capitalistes et des classes dirigeantes en général et qui appelait à la révolution sociale contre la guerre ! Et il en fût de même dans les autres pays européens !

Depuis le 1er gouvernement « socialiste », des gouvernements de gauche toujours au service de la bourgeoisie !

Par la suite, du Cartel des gauches en 1924, qui envoya le Maréchal Pétain soutenir Franco dans la guerre coloniale franco-espagnole du Rif au Front populaires en 1936 en passant notamment par la Participation du PCF au gouvernement de 1944 à 1947 jusqu’au Programme commun en 1972 qui déboucha sur l’élection de Mitterrand en 1981, avec un gouvernement comprenant des ministres du issus PC. Gauche plurielle de L. Jospin en 1997, la gauche se pré-tendant socialiste ou non, révolutionnaire ou non, a toujours géré loyalement les affaire de la bourgeoisie aussi bien en tant de paix comme en temps de guerre ou de révolution en luttant contre la révolution sociale !

COMMENT L’EXTREME GAUCHE PSEUDO TROTSKYSTE DU NPA DONNE DES ILLUSIONS SUR UNE UNION DE LA GAUCHE SANS LE PS !

Comme on vient de le voir rapidement, L’histoire est riche d’exemples. Faut-il donc s’émouvoir face aux péripéties des négociations qui viennent d’aboutir à la création de la NUPES autour de JL Mélenchon ? Très souvent, ces alliances de la gauche gouvernementale sont destinées à dé-tourner la classe ouvrière d’une politique révolutionnaire. Ce fut le cas en 1914, 1936, 1945 et après 1968. Est-ce le cas aujourd’hui ou doit-on comme le NPA regretter qu’il n’y ait pas eu d’union de la gauche avec le NPA en lieu et place du PS pour un programme anticapitaliste ?

Un faux communisme révolutionnaire est en tout cas bien présent autour les discussions engagées par Mélenchon, sous la forme du leurre que représentent deux partis d’extrême-gauche présents systématiquement à toutes les élections : le NPA et LO. Les media bourgeois se plaisent à scander depuis des mois que N. Arthaud et P. Poutou étaient « deux candidats trotskistes ». Pour annoncer que le NPA ne se joindra pas à la NUPES, Mediapart, dans un article repris par le NPA dans sa presse sans aucune mise au point, annonce :

« Le parti anticapitaliste a refusé de s’allier avec les Insoumis pour les législatives. En cause : l’arrivée du PS dans la coalition. Ainsi en a décidé le Conseil politique national (CPN) de l’organisation trotskiste qui, après trois semaines de discussions et cinq « rounds » de négociations avec l’équipe de l’Union populaire, a annoncé, jeudi, que le NPA ne rejoindrait pas la coalition entre La France insoumise (LFI), le PS, les écologistes et le PCF pour les législatives. »

Le NPA qui, pourtant, ne se définit pas comme Trotskyste, cite fièrement ce communiqué de Mediapart sans commentaires. Par ce type de déclaration, le NPA participe entièrement à l’entreprise de Mélenchon, qui est de remettre sur pied une gauche au service du grand capital avec ou sans le PS !

Derrière le refus du NPA se cache la théorie des « deux gauches irréconciliables » avec d’un côté LFI et le PCF et de l’autre le PS ! Ce qui est un gros mensonge. Et pour appuyer ce mensonge comme quoi il pourrait exister un gouvernement de gauche anticapitaliste réellement radical si le PS en était exclu, le NPA a besoin d’avoir une caution révolutionnaire et d’apparaitre en parti « trotskiste » pour donner ensuite, à son tour, une caution « radicale », « de rupture » au PC plus qu’au PS ! Au final, la politique du NPA c’est réhabiliter Staline et le stalinisme alors Le PC et le PS ne diffèrent en rien.

LE PCF, AGENCE DE LA CONTRE-REVOLUTION MONDIALE ET ASSASSINS DE MILITANTS REVOLUTIONNAIRES, VRAIMENT PLUS RADICALE OU RÉVOLUTIONNAIRE QUE LE PS ?

Le stalinisme : un courant contre-révolutionnaire

Le NPA fait la fine bouche face au PS ? Y a-t-il vraiment une différence entre les héritiers des assassins de Trotski (les staliniens en 1940) et ceux de Rosa Luxemburg (les sociaux-démocrates en 1919) ? Le PC ne gêne pas le NPA ? Le PC français est le reste d’un parti qui fut stalinien de-puis 1924, qui a cautionné dès cette date l’écrasement, puis l’assassinat par Staline en Russie de la génération des militants de la classe ouvrière qui avait porté le prolétariat au pouvoir en 1917. Avant de s’auto-proclamer « parti des fusillés » après 1945, le PC a d’abord été la section française du grand parti stalinien des fusilleurs de la classe ouvrière et des paysans pauvres, de la Russie à la Chine de Mao. Le PC a peut-être plus de sang ouvrier sur les mains que le PS. Ce PC a lui-même continuellement appelé à un gouvernement commun avec le PS voire avec une fusion avec ce parti.

Le PCF, la reconstruction de la France capitaliste et soutien à l’empire colonial !

Le PC soutint les gouvernements de Front populaire PS en 1936, en France et en Espagne, dont le seul but était que les soulèvements ouvriers ne se transforment en révolution. Durant la période du pacte Hitler-Staline, le PC a proposé sa collaboration à Pétain puis à l’armée d’occupation nazie. Après-guerre le PC aidât de Gaulle à remettre en selle la bourgeoisie française et son appareil d’État discrédités par la collaboration économique, politique avec l’Allemagne nazie. De septembre 1944 à octobre 1947, le PC a siégé au gouvernement aux côtés du PS, participant ainsi au massacre colonial de Sétif du 8 mai 1945, la répression coloniale à Madagascar (mars 1947). C’est à cause de l’éclatement d’une grève générale fin 1947 que le PC fut forcé de quitter le gouvernement ! Cette grève, loin de l’avoir soutenue, le PC en avait combattu les prémisses dès 1944, en appelant les ouvriers au travail, en dénonçant la grève comme « l’arme des trusts ». « Des communistes entrèrent au gouvernement. Dans le pays, l’unité communiste-socialiste se renforça. », écrivait le PC à propos de cette période. Ce même PC vota les pleins pouvoir à Guy Mollet en 1956 pour mettre en place la Bataille d’Alger, main dans la main avec Mitterrand alors ministre de la justice. Mélenchon est un admirateur du même Mitterrand. Le PCF et le PS, tout autant que Mélenchon, sont des gestionnaires loyaux du capitalisme.

Le PCF stalinien, chantre de l’Union de la gauche depuis les années 30 !

En 1945 le PC affirmait un souhait déjà émis en 1936 : fusionner avec le PS dans un grand parti chauvin :

« Urgente nécessité d’un grand Parti ouvrier français groupant socialistes et communistes, et qui sera le fondement de l’union entre les républicains, entre tous les bons français » (Xème congrès du PC, Discours de clôture, 1945).

En 1964, le PC évoquait à nouveau son désir de fusion avec le PS, en s’appuyant sur les propos de ce même Guy Mollet, incarnation de la gauche colonialiste qui assassina et tortura les Algériens :

« En 1951, Guy Mollet, au cours d’une conférence à Strasbourg, reconnaissait la nécessité de la dictature du prolétariat sous certaines formes. Ainsi, si des divergences subsistent, un rapprochement semble possible, ce qui ne peut qu’être favorable à la cause du socialisme. »

Discuter avec Guy Mollet, promoteur de la torture en Algérie, ne gênait pas le PC encore 1964, de même que Mélenchon ne fut pas gêné d’être ministre PS après le génocide de 1994 dont des artisans furent les socialistes Mitterrand et Védrine.

En donnant (ou en laissant les grands médias le faire croire) une caution « révolutionnaire » voire « trotskiste » au PCF, le NPA et sa mouvance participent à leur manière à l’opération de Mélenchon : remettre la gauche bourgeoise en selle, en inventant des divergences en son sein (Mélenchon et le PCF seraient différents du PS). Peu importe qu’ils ne soient pas récompensés par des circonscriptions.

COMMENT L’EXTREME GAUCHE PSEUDO TROTSKYSTE DE LUTTE OUVRIÈRE, SOUS COUVERT DE DÉNONCER L’UNION DE LA GAUCHE, LA SOUTIENT ET EST MEMBRE

N. Arthaud de Lutte ouvrière (LO), a donné à sa manière sa caution à cette gauche bourgeoise, en lui faisant le cadeau de ne pas la prendre à partie en s’adressant aux travailleurs du PC, du PS et de LFI. LO a fait des élections politiques sa principale, voire unique activité militante autonome visible, pour prétendument utiliser ces élections comme « tribune » pour défendre les idées révolutionnaires. Or des millions de jeunes, de travailleurs ont voté pour Mélenchon. Ne pas intervenir activement dans l’opération de Mélenchon, est avoir une politique électorale qui s’arrête à mi-chemin.

Car contrairement à ce qu’on croit, il n’est pas exclu que les révolutionnaires participent à des discussions si des partis bourgeois y invitent les travailleurs ou d’autres partis même pour des magouilles électorales. Mais c’est aux travailleurs que les révolutionnaires veulent s’adresser. Dans des conciliabules en petits comités dans le cadre des institutions bourgeoises, les politiciens et responsables (vis-à-vis de la bourgeoisie) syndicaux se sentent forts : ils sont des « habitués », biens habillés, bien nourris, ils ont des locaux, des voitures, des conseillers juridiques et techniques mis à leur disposition par l’État bourgeois. En se présentant sur ce terrain comme un petit parti marginal, le NPA avait peu de chance d’obtenir quoi que ce soit C’est dans des assemblées face à des travailleurs que les bureaucrates et politiques et syndicaux sont très faibles. Au lieu de mener des négociations « secrètes », les révolutionnaires chercheraient à s’adresser à la masse des militants de partis de gauche, dans le cadre de « comités » pour proposer par exemple la défense des salaires et des pensions face à l’inflation et le vie chère. En ne proposant pas de tenir la discussion dans le cadre de tels comités ouverts à tous les travailleurs, LO et le NPA font un cadeau à Mélenchon, au moment où celui prend le risque d’en appeler au peuple.

1936 ET 2022 ! DES SITUATION TRÈS PROCHES : EFFONDREMENT ÉCONOMIQUE ET GUERRE MONDIALE !

MAIS TOUT OPPOSE LA POLITIQUE DE TROTSKY À CELLE DU NPA ET DE LO

La situation politique et économique actuelle est en effet similaire à celle qui précédait la grève générale de 1936. Crise économique mondiale du capitalisme, menace de guerre impérialiste mondiale. Voici comment Trotski suggérait aux travailleurs de France d’intervenir dans la politique du Front populaire, une de ces magouilles électorales qu’il condamnait par ailleurs :

« Le “ Front Populaire ” est une alliance du prolétariat avec la bourgeoisie impérialiste représentée par le parti radical et d’autres débris, de la même espèce. Cette alliance s’étend au domaine parlementaire. Le Front populaire défend la “ démocratie ” ? Qu’il commence donc par l’appliquer dans ses propres rangs. En d’autres termes : la direction du Front populaire doit directement et immédiatement refléter la volonté des masses en lutte. Comment la refléter ? De la façon la plus simple qui soit, par des élections. Le prolétariat n’interdit à personne de lutter à côté de lui contre le fascisme, le gouvernement bonapartiste de Laval, le complot militaire des impérialistes et toutes les autres formes ignobles d’oppression. Tout ce que les ouvriers conscients exigent de leurs alliés, réels ou potentiels, est qu’ils luttent effectivement. Chacun des groupes qui participe réellement à la lutte à une étape donnée et qui est prêt à se soumettre à la discipline commune doit pouvoir influencer la direction du Front populaire avec des droits égaux. Chaque groupe de deux cents, cinq cents ou mille citoyens qui adhérent au Front populaire dans la ville, le quartier, l’usine, la caserne, la campagne doit, pendant les actions de combat, élire son représentant dans les comités d’action locaux. Tous ceux qui participent à la lutte s’engagent à reconnaître leur discipline. Le dernier congrès de l’Internationale communiste, dans sa résolution sur le rapport de Dimitrov, s’est prononcé pour la création de comités d’action élus qui devraient constituer la base de masse du Front populaire. C’est là la seule idée progressive de toute la résolution. Mais c’est précisément pourquoi les staliniens ne font rien pour la réaliser ; car ils ne peuvent s’y décider sans rompre du même coup la collaboration de classe avec la bourgeoisie. »

Alors qu’ils ont sommé les travailleurs de voter pour eux, ni le NPA ni LO n’ont repris cette idée de comités de travailleurs, de même que ni Poutou ni Arthaud n’ont revêtu de gilet jaune. Rien ne dit que ces comités se transformeraient en soviets révolutionnaires, mais la situation acuelle des travailleurs a un point commun avec celle de 1935 : face aux menaces de guerre mondiale et de fascisme, on observe des luttes défensives de nature économique :

« Les comités d’action, dans leur stade actuel, ont pour tâche d’unifier la lutte défensive des masses travailleuses en France, et aussi de leur donner la conscience de leur propre force pour l’offensive à venir. Cela aboutira-t-il aux soviets véritables ? Cela dépend de la réponse à la question de savoir si l’actuelle situation critique en France se développera ou non jusqu’à sa conclusion révolutionnaire. Or cela ne dépend pas uniquement de la volonté de l’avant garde révolutionnaire, mais aussi de nombre de conditions objectives. En tout cas, le mouvement de masses qui se heurte actuellement à la barrière du Front populaire n’avancera pas sans les comités d’action. Des tâches telles que la création de la milice ouvrière, l’armement des ouvriers, la préparation de la grève générale, resteront sur le papier si la masse ne s’attelle pas elle-même à la lutte, par des organes responsables. Seuls ces comités d’action nés de la lutte peuvent réaliser la véritable milice, comptant non des milliers, mais des dizaines de milliers de combattants. Seuls les comités d’action couvrant les principaux centres du pays pourront choisir le moment de passer à des méthodes de lutte plus décidées, dont la direction leur appartiendra de droit. »

La liste des tâches fixées par Trotski, qui comprend l’armement des travailleurs, ce qui signifie travail illégal et insurrection, montre tout de suite que LO et le NPA sont loin d’être trotskistes, car ils ont enlevé ces revendications de leurs programmes, désarmant d’avance les ouvriers face aux fascistes.

LA NUPES ET L’ALLIANCE OUVERTE OU NON AVEC LES PSEUDOS TROTKISTES DU NPA ET DE LO AU TRAVERS DES SYNDICATS INTÉGRÉS À L’ÉTAT CAPITALISTE !

Et de fait l’Union populaire de Mélenchon est bien en marche avec toute l’extrême gauche électorale NPA-LO. C’est essentiellement par la bureaucratie syndicale que la collaboration entre la gauche gouvernementale et l’extrême gauche s’opère. LO serait un parti de travailleurs qui dénonce en permanence ces diverses unions de la gauche ? On remarquera que N. Arthaud dénonce en permanence la gauche politique, mais jamais la gauche syndicale. Ses porte-parole sont systématiquement des cadres moyens de la CGT ou de SUD. Le bruit permanent contre le PS, le PC et LFI sert à couvrir la collaboration silencieuse avec ces partis dans les centrales syndicales.

LO et le PCF : Opposés aux élections politiques mais unis sur le même programme au travers de listes syndicales communes !

Un exemple éloquent à ce sujet est le suivant ! Depuis des années on voit dans une ville ou une circonscription un militant X d’une de ces organisations d’extrême gauche comme NPA ou LO « dénoncer » une équipe lors d’élections une liste du PC, du PS voire de LFI, à laquelle appartient par ailleurs un ouvrier Y. Mais dans une entreprise de la région, ce Y « réformiste » est tête de liste CGT aux élections professionnelles avec X « révolutionnaire » sur la même liste et le même programme ! Une extrême gauche réformiste qui dénonce la gauche bourgeoise dans les élections politique et se présente avec elle sans aucune critique dans les élections professionnelles, l’accompagnant lors des journées d’action, c’est ce qui amène les travailleurs à mettre dans le même panier PS-PC-NPA et LO lors des dernières élections.

Quand LO dénonçait la peur de la CGT des AG de travailleurs !

L’extrême- gauche électoraliste LO-NPA a donc juste titre peur des AG de travailleurs au même titre que la gauche gouvernementale. Et cette peur qu’ont les bureaucrates des AG, elle était bien décrite par LO en 1967 :

« La CGT (comme les autres) ne réunit pour ainsi dire jamais ses adhérents. Dans les grandes comme les petites entreprises, il n’y a jamais ou presque de réunions ou d’assemblées de syndiqués. La vie de l’organisation syndicale est assurée par les délégués du personnel et du comité d’entreprise qui utilisent à cet effet une grande partie des heures qui leur sont attribuées par La loi, pour l’exercice de leur mandat (sur le temps de travail et payées comme travaillées). Les seules réunions syndicales qui ont lieu se tiennent pendant les heures de travail, sur les heures de délégation, et ne réunissent donc que des militants bénéficiant, à un titre ou à un autre, d’heures de délégués, excluant ainsi la majorité des syndiqués. Les dirigeants syndicaux invoquent comme justification, le peu d’empressement des travailleurs à consacrer du temps à une réunion syndicale après une journée de travail : les délégués, selon eux, n’ont pas à faire l’effort d’organiser de telles réunions, pour permettre à quelques travailleurs peu nombreux de se réunir avec eux (« s’il y en a un ou deux qui le veulent vraiment, on peut toujours se débrouiller pour leur procurer des « heures »). En fait, les dirigeants syndicaux ne tiennent pas à réunir les travailleurs du rang, ils ont ainsi les mains plus libres, éventuellement même pour opposer les militants, les délégués, aux syndiqués et ouvriers du rang, »

A l’UNION DE LA GAUCHE OU DES PARTIS, LES RÉVOLUTIONNAIRES DÉFENDENT L’UNION DES TRAVAILLEURS ET DU PEUPLE TRAVAILLEURS AU SEIN DE COMITÉS D’USINES, DE SOVIETS, DE COMMUNES RÉVOLUTIONNAIRES FÉDÉRÉES ! COMITÉS PLACÉS SOUS LE CONTRÔLE ET LA DIRECTION DES TRAVAILLEURS EUX-MÊMES !

Que ce soit lors des élections, des grèves, des réunions syndicales, ce sont des assemblées générales de travailleurs, des comités dans les usines, les quartiers et le villes qui permettront aux ouvriers révolutionnaires de s’adresser aux travailleurs qui croient aux élections et votent (peu importe que ce soit pour le PS, le PC, Mélenchon ou Le Pen) pour leur proposer une vraie politique ouvrière, et ne pas s’enfermer, se démoraliser dans ces élections bourgeoises, qu’elles soient politiques ou professionnelles ! Ce n’est que dans ce cadre politique que les travailleurs et plus largement, le peuple travailleur peut mesurer les politiques des uns et des autres et décider par lui-même, soudainement de la politique à mettre en œuvre !

Quel front uni pour le prolétariat ? Le front électoral ou le front de lutte de classes ? La fausse alternative entre front républicain et front national ? Le front populaire qui ramène le prolétariat derrière la bourgeoisie prétendument « de gauche » ou le front prolétarien qui unit derrière le prolétariat toutes les couches sociales opprimées et exploitées ? Aux travailleurs de donner leur réponse et le plus vite sera le mieux. Cela ne se fera pas au cours des élections bourgeoises mais des élections de délégués des comités de travailleurs, des conseils ouvriers, des assemblées prolétariennes…

4 Messages de forum

  • La théorie des "deux gauches", de la vraie et de la fausse défendue par Poutou et le NPA semble sortir directement des oeuvres du stalinien Dimitrov, qui défendit la politique des Fronts populaires au 7 ème congrès de l’IC (1935) :

    Nous soulignons la nécessité de voir la différence qu’il y a entre les deux camps distincts de la social-démocratie. Il existe un camp réactionnaire de la social-démocratie, mais en même temps il existe et grandit un camp de social-démocrates de gauche, d’ouvriers en train de devenir révolutionnaires. La différence qu’il y a entre eux réside pratiquement dans leur attitude à l’égard du front unique de la classe ouvrière. Les social-démocrates révolutionnaires sont contre le front unique, ils calomnient le mouvement de front unique, ils le sabotent et le désagrègent, parce qu’il fait échec à leur politique de conciliation avec la bourgeoisie. Les social démocrates de gauche sont pour le front unique. Ce mouvement de front unique étant un mouvement de combat contre le fascisme et la réaction, constituera une force motrice permanente poussant le gouvernement de front unique à la lutte contre la bourgeoisie réactionnaire.

    Comme exemple à suivre, Dimitrov citait la France où le Parti radical, le PS et le PC mettaient en place l’alliance qui aboutirait au gouvernement Blum de 1936

    Répondre à ce message

  • Mélenchon se positionnant comme potentiel premier ministre de Macron, c’est bel et bien un coup du caméléon politique...

    https://www.matierevolution.fr/spip...

    Répondre à ce message

  • Un exemple de militante ouvrière Y qui est encensée en tant que CGT par LO, vilipendée en tant que faisant de fausses promesses est celui de Rachel Kéké, qui est bien

    1) soutien et candidate pour Mélenchon, (donc dénoncée implicitement par LO) : voir ici et ici ;

    2) animatrice d’une lutte victorieuse (gendre d’activité pour laquelle N. Arthaud n’a pas le temps) et encensée implicitement par LO d’une manière paternaliste, sans aucune discussion sur la stratégie de la CGT dans ce genre de lutte, voir ici

    Répondre à ce message

  • Un exemple de militante ouvrière Y qui est encensée en tant que CGT par LO, vilipendée en tant que faisant de fausses promesses est celui de Rachel Kéké, qui est bien

    1) soutien et candidate pour Mélenchon, (donc dénoncée implicitement par LO) : voir ici

    https://actu.fr/ile-de-france/chevi...

    et ici :

    https://www.youtube.com/watch?v=csm...

    2) animatrice d’une lutte victorieuse (gendre d’activité pour laquelle N. Arthaud n’a pas le temps) et encensée implicitement par LO d’une manière paternaliste, sans aucune discussion sur la stratégie de la CGT dans ce genre de lutte, voir ici :

    https://journal.lutte-ouvriere.org/...

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0