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Actualités sociales en Algérie

dimanche 9 mars 2008

SITE : MATIERE ET REVOLUTION

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Sur l’Algérie, lire aussi les articles du livre "Histoire contemporaine" :

Algérie 1988 : de l’explosion sociale au terrorisme se revendiquant de l’islamisme

Révolte de 2001 en Kabylie et en Algérie

La nature du « socialisme » algérien

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Le front social en ébullition

Grèves en vue dans plusieurs secteurs publics

Augmentation des salaires, primes, indemnités, retraite, accès au logement, conditions de travail... Le mois de février s’annonce celui de toutes les protestations socioprofessionnelles.

L’intersyndicale, regroupant les syndicats de l’éducation (Cnapest, CLA, Satef, SNTE et Ceca), de l’administration (Snapap) et des paramédicaux (SNPEPM), appelle à la grève les 10, 11 et 12 du mois en cours. Insatisfaits des statuts particuliers qui devraient être bientôt adoptés, dont le chapitre concernant les salaires, les indemnités et la retraite, ces syndicats autonomes persistent et signent dans leur franche volonté de faire aboutir leur plateforme revendicative. Outre l’augmentation conséquente des salaires, le CLA et le Cnapest, par exemple, réclament au nom des enseignants de l’éducation une retraite au bout de la vingt-cinquième année de service. La Coordination nationale des syndicats autonomes prévoit, pour sa part, une grève nationale les 24 et 25 de ce mois-ci. Elle regroupe douze syndicats autonomes, à savoir le Cnes, le SNCP, le SNPDSM, le SNMAM, l’Unpef, le Snapest, le SNTE, le SNPSP, le SNVPAF, le SNPSSP, le SNAPAP et le SATEF, qui sont plus que jamais déterminés à ne pas fléchir et à aller jusqu’au bout de leurs revendications. Des secteurs entiers, dont celui de l’éducation nationale, de l’enseignant supérieur, de la santé et de l’administration publique, risquent d’être paralysés lors de ces journées de grève. Le secteur économique public est également en ébullition. Les sections syndicales des différentes entreprises de la zone industrielle de Rouiba menacent de sortir dans la rue, si les responsables des entreprises ne leur versent pas les dernières augmentations des salaires. La tension gagne également les chauffeurs de taxi qui envisagent de recourir à la grève dans les prochains jours. Ils réclament, eux aussi, un statut particulier organisant leur profession. Les travailleurs des hôtels de l’Est ont observé hier une journée de grève à travers laquelle ils ont exprimé leur refus de la privatisation des établissements hôteliers. Ces mouvements de protestation répétitifs prouvent on ne peut plus mieux que le gouvernement a échoué dans sa tentative d’« acheter » la paix sociale à travers sa signature, en 2006, d’un pacte économique et social avec l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Au lieu d’ouvrir des négociations et de tendre l’oreille aux revendications de ces millions de travailleurs, le gouvernement se complaît dans un silence qui en dit long sur ses capacités à faire face à de pareilles situations. Cela au moment où le pays s’engouffre dans une véritable crise sociale. Malgré les importantes recettes pétrolières qui ont atteint 59 milliards de dollars en 2007, l’Etat refuse de délier ses caisses et de donner des salaires décents à ses différents employés, tous secteurs confondus. Les dernières revalorisations salariales décidées en fin 2006, en ramenant notamment le salaire minimum garanti (SNMG) à 12 000 DA, sont devenues insignifiantes devant la hausse vertigineuse des prix de tous les produits sur le marché. Même les augmentations envisagées dans le cadre de l’approbation prochaine des statuts particuliers (une cinquantaine) sont jugées « insuffisantes » par les syndicats représentant les travailleurs de divers secteurs. La décision prise par le gouvernement en janvier dernier de subventionner, outre le lait et la semoule, les légumes secs, et l’huile devenue excessivement chère, est loin de constituer une réponse satisfaisante aux revendications des travailleurs, confrontés à des problèmes multiples et inextricables. En l’absence de volonté de la part du gouvernement d’ouvrir de véritables négociations avec les représentants des travailleurs, le conflit social semble s’inscrire dans la durée. Et la crise est bien loin de s’estomper. A moins que le gouvernement apporte des solutions adéquates aux nombreux problèmes et revendications posés par les travailleurs.

La décrue de la peur

Force est de relever le courage de ces fonctionnaires qui n’ont pas hésité à revêtir l’habit de syndicalistes indépendants pour affronter les pouvoirs publics historiquement hostiles à tout ce qui ne baigne pas dans la culture du syndicalisme unique. Ils n’ont pas craint les représailles de leur administration, comme les travailleurs qui ont suivi leurs mots d’ordre et observé les grèves. Collectivement ou individuellement, les Algériens ne sont plus tétanisés par l’autorité. Ils affrontent celle-ci, sans hésitation, dès lors qu’ils sont convaincus qu’elle est porteuse d’injustice et de violence gratuite et contraignante. La hogra est ce mot bien algérien, presque intraduisible, inscrit au cœur de toutes les révoltes. Celle d’émeutiers barrant une route pour protester contre une liste douteuse de bénéficiaires de logements sociaux, ou de lycéens courroucés par des programmes inutiles et surchargés risquant de compromettre leurs examens. Ou encore de jeunes et moins jeunes, la tête sur les épaules mais ne pouvant plus supporter leur condition de chômeurs ou de hittistes : en harraga, ils bravent les autorités de leur pays ainsi que celles de l’Etat où ils rêvent de vivre. En s’accélérant, la décrue de la peur forge une autre Algérie. Octobre 88 avait été le signal le plus fort en mettant fin à l’ère de la glaciation incarnée par le FLN et en ouvrant l’Algérie à la politique. Le prix a été fort : des milliers de poitrines nues face aux armes du régime de l’époque adossé à des forces répressives possédant déjà à leur actif la répression du printemps berbère et la chasse à tous les progressistes plaidant ou œuvrant pour une alternative au parti-Etat. Lorsque la terreur intégriste s’abattit sur l’Algérie avec son lot de victimes, la peur et le désespoir finirent par laisser la place à la rage de vivre. La résistance populaire fit reculer la barbarie et le pays, bien qu’isolé et boycotté par le monde entier, sortit de l’ombre offrant en exemple ses résistants, ses patriotes, ses soldats et de grands hommes du monde politique et intellectuel. Mais la vitalité et l’avancée de la société algérienne n’arrêtèrent pas d’être contrariées par la tentation des puissants de toujours réinstaller un pouvoir fort fonctionnant par lui-même et pour lui-même. Bravant la peur, le « mouvement citoyen » de Kabylie cria sa colère mais il paya le prix du sang à ce qu’il portait comme revendications culturelles des plus légitimes. En tendant la main aux intégristes et en pardonnant leurs crimes aux assassins, les autorités réintroduisirent une peur ancienne, celle de la décennie de la terreur. Coup de grâce enfin, la volonté de refuser à l’Algérie un principe sacro saint des pays démocratiques : l’alternance au pouvoir. En dépit d’un bilan politique et social fortement contesté et des rendez-vous électoraux massivement boycottés, le régime entend s’installer durablement par le biais d’une grave infraction constitutionnelle. Mais la société saura, cette fois-ci encore, dire son mot.

Ali Bahmane

Syndicalisme en Algérie

Le syndicalisme en Algérie

Alors que l’Algérie n’est éloignée que d’une centaine de kilomètres de la France, la situation syndicale n’y est pas du tout la même. À l’heure où tous cherchent un rapprochement entre les pays du bassin méditerrannéen, nous avons voulu savoir ce qu’il en était des luttes sociales algériennes.

Un droit pourtant connu et reconnu…

Les libertés syndicales sont protégées par la constitution de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Cette protection est affirmée par la constitution de l’OIT dès 1919.

Il existe aussi plusieurs conventions protégeant, officiellement, syndiqués et syndicalistes.

➢ Convention no 87 sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948) qui consacre le droit des travailleurs et des employeurs :

— De constituer des organisations syndicales de leur choix et de s’y affilier sans autorisation préalable. — De choisir leur mode de fonctionnement, leur programme d’action et leur politique syndicale. — De constituer des fédérations, confédérations et de s’y affilier. — De s’affilier à des organisations internationales. Cette même convention interdit aux autorités de :

— S’ingérer dans les affaires internes du syndicat. — Suspendre ou dissoudre une organisation syndicale par voie administrative.

➢ Convention no 98 sur le droit d’organisation et de négociation collective (1949) qui stipule que :

— Les travailleurs doivent être protégés contre toute discrimination tendant à porter atteinte à la liberté syndicale en matière d’emploi. — Tout acte d’ingérence, notamment les mesures qui visent à placer les organisations de travailleurs sous le contrôle de l’employeur, est interdit. — Des mesures doivent être prises pour encourager la négociation collective.

➢ Convention no 135 concernant la protection des représentants des travailleurs dans l’entreprise et les facilités à leur accorder (1971) qui donne de plus larges garanties à l’exercice du droit syndical et une protection adéquate des représentants des travailleurs. Notons que l’Algérie n’a pas ratifié cette convention à ce jour.

Plusieurs dispositions réglementaires consacrent le pluralisme syndical, la liberté de s’organiser et le droit de grève. Des dispositions pénales protégent même les libertés syndicales et répriment toute ingérence dans les affaires interne des organisations syndicales.

Les autorités ont, sous la pression du mouvement social de 1988, garanti aux citoyens, à travers plusieurs articles des constitutions algériennes de 1989 et 1996, le droit et la protection de leur liberté d’expression, d’association et de réunion et la défense individuelle ou associative des droits fondamentaux de l’homme et des libertés individuelles et collectives.

Le droit syndical est reconnu à tous les citoyens ainsi que le droit de grève, les infractions commises à l’encontre des droits et libertés, ainsi que les atteintes physiques ou morales à l’intégrité de l’être humain sont réprimées.

L’ouverture démocratique induite par la constitution de 1989, est suivie de la promulgation de la loi 90-14 du 02 juin 1990, relative aux modalités du droit syndical qui réglemente la vie syndicale. Si elle a le mérite d’avoir permis l’émergence de syndicats autonomes, plusieurs dispositions sont en contradiction avec les conventions internationales.

(...) Aujourd’hui les travailleurs algériens des services publics et privés jouissent officiellement du droit de liberté syndicale et du droit de grève mais la législation algérienne recèle des contradictions qui ont permis aux autorités algériennes de transgresser la législation internationale. Les organisations syndicales, unions, fédérations et confédérations ont uniquement le droit de se constituer indépendamment par profession, branche ou secteur d’activité.

La loi impose en outre trois impératifs à satisfaire : le dépôt d’une déclaration de constitution auprès de l’autorité concernée, l’obtention d’un récépissé d’enregistrement et rendre public la déclaration, par voie publicitaire, dans au moins un quotidien national d’information.

Les autorités algériennes ont toujours refusé d’enregistrer des syndicats qu’elles ne contrôlent pas et ne remettent pas le récépissé d’enregistrement ou l’accusé de réception du dossier, ce refus n’est bien sûr pas notifié officiellement. Le Conseil des Lycées d’Alger et le Conseil National Autonome des Professeurs de l’Enseignement Supérieur et Technique en sont des exemples récents.

L’atteinte au droit de choisir sa ligne syndicale est aussi matérialisée par l’ingérence des autorités dans les affaires internes des organisations syndicales. Des tentatives de déstabilisation de ces organisations sont fréquentes et les autorités facilitent toutes manœuvres et actions allant dans ce sens. L’entretien de ces conflits est un prétexte qui justifie qu’aucun des syndicats, ni centrales syndicales autres que l’UGTA (considéré comme seul représentatif) ne sont consultés, ni invités aux négociations bilatérales sur les questions engageant l’avenir des travailleurs et de l’Algérie.

Des courriers destinés aux organisations syndicales arrivent à l’employeur avant même leurs destinataires, des correspondances tendancieuses sont émises par les services du ministère du Travail dans le but de semer le doute, de démoraliser les bases syndicales et d’orienter les décisions de justice si besoin.

Les employeurs sont tout autant actifs dans la répression syndicale : les syndicalistes sont continuellement persécutés. Certains sont mutés abusivement, d’autres traduits devant les commissions de discipline et enfin beaucoup sont licenciés. Le recours aux casseurs de grève est systématique, les employeurs recrutent des contractuels pour remplacer les travailleurs en grève.

Ces atteintes, portées à la connaissance des autorités et des instances concernées, restent sans suite et sans réhabilitation ni réparation des préjudices mais la justice, régulièrement saisie par des employeurs casse les mouvements de contestation. Toutes les grèves initiées par les organisations syndicales n’entrant pas dans les calculs des autorités sont systématiquement déclarées illégales, des syndicalistes sont arrêtés par les forces de l’ordre et emprisonnés.

Quelques exemples concrets…

➢ Le SNAPAP, Syndicat National Autonome des Personnels de l’Administration Publique, conformément aux orientations de son congrès, décide d’investir le secteur économique. Le dossier essuie un refus catégorique des autorités, en effet la loi ne permet pas l’enregistrement de syndicats non sectoriels.

➢ Le Conseil des Lycées d’Alger, a essuyé un refus catégorique d’Alger quant à la délivrance de son récépissé d’enregistrement. Ce syndicat qui a paralysé les lycées d’Alger pendant plus de trois mois, s’est vu interdit de réunion au sein des établissements. Sa direction, a fait l’objet d’arrestation et de poursuites judiciaires. Les enseignants affiliés ont été persécutés, salaires bloqués, interdiction de rejoindre leurs postes de travail, menaces de licenciement.

➢ Le SNOMMAR, Syndicat National des Officiers de la Marine Marchande, d’existence récente, a été victime d’une véritable machination administrative. Juste après le déclenchement d’une grève, l’administration de l’Entreprise Nationale de Transport Maritime de Voyageurs recrute des briseurs de grève et déclare la grève illégale. S’appuyant sur une correspondance de l’inspection du Travail, destinée au syndicat SNOMMAR — mais qui est reçu par l’ENMTV avant les intéressés — le tribunal de Sidi M’Hamed déclare la grève illégale. L’employeur procède immédiatement à des sanctions administratives et des blocages de salaires. Huit officiers sont suspendus et quatre autres licenciés pour des déclarations faites dans leur mandat syndical.

➢ De nombreux syndicalistes du Syndicat National des Praticiens de Santé Publique ont fait l’objet de persécutions. Les médecins subissent menaces par téléphone et emails anonymes, harcèlements de la direction, mutations, suspentions. Les Dr Bensebaini, président du SNPSP, Dr Besbas, Secrétaire Général, et Dr Batata ont été victimes de coups et blessures volontaires au sein même de l’établissement où ils exercaient. Le directeur, commanditaire de ces actes reste intouchable à ce jour.

➢ Le siège du Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Éducation et de la Formation a été incendié, les menaces sur les membres de l’exécutif national et les poursuites judiciaires sont devenues le lot quotidien des épreuves que subissent les membres du syndicat.

Malgré la fin de la dictature en 1989, l’État algérien toujours plus riche continue de réprimer ceux qui se battent pour de meilleurs conditions de vie. Mais il n’a pas le monopole de la répression syndicale et des mouvements sociaux.

Article de la CNT-France

Algérie : Des manifestants bastonnés par la police Le rassemblement des syndicats autonomes empêché de manifester

Les cris fusent de partout : « Barakat », « y en a marre », « à bas la répression ». Les manifestants arrivent à la rue Larbi Ben M’hidi. Mais les services de sécurité sont sur place et ont déjà bloqué les accès qui mènent vers le Palais du gouvernement qui devait « accueillir » en cette matinée de mardi le rassemblement auquel ont appelé les syndicats autonomes de la Fonction publique.

Organisés en petits groupes, les manifestants tentent, tant bien que mal, de forcer le dispositif de sécurité mis en place. Sans y parvenir. Les policiers antiémeute, qui contrôlent les alentours du palais, ne leur laissent aucune chance. « Reculez ! Faites demi-tour, ne restez pas là, aya bougez-vous ! », ordonne un officier de police. Nous sommes venus faire un rassemblement pacifique », lui réplique un syndicaliste, qui finit par être bousculé, avant que l’officier lui précise : « Nous suivons les ordres. » Des renforts des forces de maintien de l’ordre arrivent. En quelques minutes, ils dispersent les syndicalistes par la force. Aucun des manifestants n’a pu rejoindre le lieu du rassemblement prévu à 11h. Face à cette mobilisation policière impressionnante, ils résistent. Certains retirent de leur sac des banderoles qu’ils exhibent en pleine rue avant que des policiers ne les leur arrachent à coups de poing. D’autres réussissent à échapper à la vigilance des policiers et montent les escaliers donnant sur la rue Docteur Saâdane longeant le palais. Mais l’accès est fermé par des haies de sécurité. Ils se rassemblent donc sur les escaliers, exhibant quelques banderoles sur lesquelles est écrit « Halte à la misère sociale » ou encore « Arrêtez le pourrissement » et scandant quelques slogans comme « Libertés syndicales » ou « Vives les syndicats autonomes ». Cela dure seulement quelques minutes, car les manifestants ont été vite roués de coups de matraque. De telles scènes défilent durant plus de 40 minutes. Les services de sécurité emploient tous les moyens pour disperser les manifestants, lesquels luttent cahin-caha contre la « répression » qui s’abat sur eux. N’arrivant plus à distinguer les manifestants des passants, les services de sécurité s’en prennent à tout le monde : femmes, enfants, vieilles et vieillards... « on est prêt à aller en prison » Au bout d’une quinzaine de minutes, ils repoussent les syndicalistes jusqu’à la Grande Poste, opérant au passage quelques arrestations. Sept en tout, affirme un syndicaliste. Les manifestants réclament ainsi leur libération. Un officier de police les rassure que toutes les personnes arrêtées seront libérées dès que tout le monde rentrera chez-soi, les sommant ainsi de quitter les lieux, sous prétexte qu’ils obstruent la voie publique. Les menaces de cet officier n’ont pas dissuadé les manifestants qui tentent toujours de se rassembler, cette fois-ci, devant la Grande Poste. En vain. Trois policiers entrent au milieu de la foule et traînent Nouar Larbi du Cnapest par sa veste. La tension monte. Ses collègues le suivent et exigent qu’il soit immédiatement libéré. Réclamation entendue : M.Nouar a été relâché. Et il reprend sa place parmi les manifestants qui exhibent à nouveau des pancartes sur lesquelles on peut lire entre autres : « Nous réclamons l’intégration des vacataires ». Mais encore une fois, des policiers en civil interviennent et arrachent les pancartes aux manifestants qui ne peuvent plus rien face à ce bouclier antiémeute. « On a réussi à briser le mur de la peur », lâche Smaïn Hadjih, secrétaire général du Syndicat national des professeurs de l’enseignement paramédical (SNPEM). Rappelant les revendications légitimes des travailleurs ainsi que leur droit à la grève constitutionnellement reconnu, il indique n’avoir pas peur de la matraque ni même de la prison. « On est prêt à aller en prison, s’il le faut, pour arracher nos droits », soutient-il, remerciant tous ceux qui leur ont apporté leur soutien dont des militants des droits de l’homme et des partis politiques de l’opposition comme le FFS et le RCD. M. A. O., pour El Watan

Sur leur chemin vers le palais du gouvernement Des enseignants « chargés » par la police Posté par khaled le 16/4/2008 12:36:09 Plusieurs enseignants ont été embarqués hier, à 11 heures , par les forces de l’ordre sur l’avenue Pasteur, à proximité de la grande poste d’Alger pour avoir refusé de se disperser.

En effet, à l’ appel de l’intersyndical autonome, quelques dizaines d’enseignants et de travailleurs de l’ éducation ont fait le pied de grue au niveau de la grande poste dans l’espoir d’être autorisés à accéder au palais du gouvernement pour remettre leurs doléances aux autorités concernées, mais en vain. Les accès, menant vers la chefferie du gouvernement, ont tous été bouclés pour empêcher les « manifestants » de s’y approcher. Devant le refus des « grévistes » d’évacuer la rue, les forces anti- émeutes ont chargé la foule. D’après le secrétaire national du CNAPEST, Ali Lamdani, plusieurs enseignants ont été « matraqués » et certains embarqués au commissariat , avant d’être relâchés vers 14 heures. « Nous avons été dispersés avec violence » nous a dit, hier, M. Lamdani en soulignant que le seul tort de l’intersyndical est de revendiquer l’ ouverture d’un dialogue avec le gouvernement, et qui n’a cessé justement, dit-il, d’appeler à cela. « Nous sommes étonnés de voir, qu’après trois jours de grève, le gouvernement fait la sourde oreille et feint d’ignorer notre mouvement » fait savoir le responsable du CNAPEST en notant que « les négociations avec le gouvernement semblent se résumer à la matraque ». Ceci étant, M. Lamdani a déclaré, hier, que « malgré la répression d’hier, les fonctionnaires sont déterminés à poursuivre leur contestation. »

« Nous sommes optimistes car il existe une nouvelle culture syndicale qui prend racine en Algérie » dira le secrétaire national du CNAPEST qui n’écarte pas, cependant, d’aller vers d’ autres actions après concertation de la base.

Il faut noter que les manifestants arrêtés ont été auditionnés par la police puis conduits à l’hôpital pour être auscultés avant d’être enfin libérés pour rejoindre leurs camarades et leurs familles.Dans un communiqué parvenu à notre rédaction , la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’ homme (LADDH) a tenu à exprimer son « soutien total aux syndicats autonomes pour l’exercice de leurs droits » et exhorte les pouvoirs publics pour ouvrir le dialogue social avec les syndicats en question. « La LADDH rappelle que les libertés syndicales, notamment le droit de grève, les libertés de réunions et de manifestations sont consacrées par la constitution et les conventions internationales ratifiées par l’Algérie » lit -on dans le communiqué qui dénonce la dispersion brutale ainsi que l’interpellation des syndicalistes par les brigades anti-émeutes.

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  • Actualités sociales en Algérie 11 janvier 2016 06:19

    La grève des camionneurs a paralysé durant une semaine le port de Béjaïa. « On n’a pas encore évalué le manque à gagner après cette semaine de grève, mais on a subi un manque à produire de l’ordre de 25 000 tonnes [toutes marchandises confondues] par jour à évacuer. Le déchargement des navires a été gêné. Le nombre de bateaux en rade a doublé. Nous avions, environ, 12 navires en rade avant le déclenchement de la grève et nous sommes actuellement à 26 navires », affirme Djelloul Achour, le PDG de l’Entreprise portuaire de Béjaïa.

    Les camionneurs ont déclenché leur mouvement de protestation dimanche 3 janvier pour réclamer une hausse des tarifs des transports, après l’augmentation des prix des carburants. Mercredi dernier, ils ont bloqué l’accès à la ville de Béjaïa pour exprimer leur revendication.

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