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A bas l’Union sacrée autour des impérialismes, contre le Niger et sa population, de l’extrême gauche à l’extrême droite ! A bas l’armée française ! Troupes françaises hors du Niger et d’Afrique

vendredi 11 août 2023, par Alex, Karob

IMPÉRIALISME FRANÇAIS (grands groupes capitalistes et armée française) HORS DU NIGER ET D’AFRIQUE !!

Le Niger au coeur de rivalités inter-impérialistes et du recul de l’impérialisme français en Afrique !

Un coup d’Etat et des manifestations antifrançaises au Niger ont amené le gouvernement français à durcir le ton à l’égard de ce pays en imposant le retrait de tous les Français expatriés (mais pas le retrait des troupes d’occupation militaire néocoloniales), la fin des aides économiques et sociales et des menaces guerrières (les troupes françaises étant déjà sur place, le Nigeria étant prêt militairement à intervenir et des pays de la région étant prêts à donner leur appui et leur caution pour le soutien de l’impérialisme. Le gouvernement français prend des airs indignés face à un coup d’Etat au Niger au nom de la démocratie, comme si ce n’était pas la France qui avait imposé déjà de nombreux présidents à ce pays pour s’assurer la domination lorsque le président en titre avait des velléités de vendre son uranium au plus offrant, le plus souvent la Chine. La France hésite à intervenir en premier et préfère laisser en première ligne les pays africains de la Cédéao, qui viennent d’annoncer une intervention armée, parce qu’il s’agirait d’une guerre régionale et pas seulement locale et parce qu’ils n’ont pas de demande officielle d’un chef d’Etat africain. voir ici

L’impérialisme français menace de guerre le Niger.

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230805-info-rfi-niger-les-putschistes-ont-jusqu-%C3%A0-demain-pour-renoncer-%C3%A0-leur-aventurisme-affirme-le-quai-d-orsay

Il a suscité la décision de guerre de la part de la cédéao soit essentiellement le Nigeria !

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2023/08/04/coup-d-etat-au-niger-le-voisin-nigerian-en-premiere-ligne-face-aux-putschistes_6184460_3212.html

Le dictateur du Niger « ami de la France » est renversé. C’est la suite de tous les renversements d’« amis de la France », traduisez de suppôts de l’impérialisme français et des trusts français comme Bolloré, Total, Orano (ex-Areva), CEA et EDF.

https://www.liberation.fr/international/afrique/mohamed-bazoum-democrate-inflexible-rattrape-par-son-armee-20230727_EMD7QQJDJ5CDFKIFB2CDSWBMQU/

Il faut connaitre d’abord l’importance stratégique du Niger et de l’Uranium pour la filière nucléaire civile et militaire.

https://www.rfi.fr/fr/afrique/20230801-nucl%C3%A9aire-le-niger-un-fournisseur-d-uranium-essentiel-mais-plus-incontournable

Il y a aussi l’importance géopolitique pour la France (les bases militaires française dans la région).

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/niger/niger-pourquoi-est-ce-un-pays-strategique-pour-la-france_5989937.html

La France ne dénonce pas tous les coups d"Etat militaires quand ils vont dans son sens ! La France a même eu de nombreux amis dictateurs, notamment en Afrique...

https://www.legrandsoir.info/la-france-a-toujours-soutenu-les-plus-grands-dictateurs-en-afrique.html

A lire sur ces sujets :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Niger

Le dictateur Issoufou, l’ami de « la France »

https://www.lejdd.fr/International/Issoufou-l-ami-de-la-France-peut-il-etre-reelu-au-Niger-773841-3158018

Le dictateur Mohamed Bazoum, l’ami de « la France »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bazoum

Le chef d’un coup d’état pro-français Salou Djibo

https://fr.wikipedia.org/wiki/Salou_Djibo

Le dictateur Mahmadou Tandja, l’ami de « la France »

https://www.elysee.fr/jacques-chirac/2004/12/06/lettre-de-felicitations-de-m-jacques-chirac-president-de-la-republique-adressee-a-m-mamadou-tandja-president-de-la-republique-du-niger-a-loccasion-de-sa-reelection-paris-le-6-decembre-2004

La France, gendarme régional de l’impérialisme américain dans la région

"Washington a installé un contingent de 1 100 hommes au Niger construisant une de ses bases les plus importantes du continent à Agadez, avec notamment, des drones de frappe, et compte plusieurs autres bases dans le pays dont l’une, à Dirkou, située à proximité de la Libye.

C’est bien dans ce contexte qu’il faut comprendre les expressions et menaces conjointes de Washington et de Paris – son gendarme régional. Le président des USA Joe Biden a appelé « à la libération immédiate du président Bazoum », qu’il avait reçu avec tous les honneurs lors du dernier sommet Etats-Unis-Afrique, en décembre, le plaçant à côté de lui lors du dîner de gala, tandis qu’il faisait paraître dans le Washington Post un appel de Bazoum à une intervention contre son pays. Dans le même temps, l’Elysée et le Quai d’Orsay multiplient les déclarations guerrières.

Dans les lignes prêtées à Bazoum et transcrites par le journal relais habituel du département d’Etat américain, on peut lire « J’appelle le gouvernement américain et l’ensemble de la communauté internationale à aider à restaurer l’ordre constitutionnel », signant bien la tutelle américaine sur l’opération en cours." (citation d’internet)

Le conflit au Niger et la situation mondiale : de nouvelles rivalités inter-impérialistes et une troisième grande guerre mondiale de classe sur fond d’effondrement économique mondial !

Après le Burkina Faso, le Tchad, la Guinée, le Mali et la Centrafrique, c’est donc au tour du Niger de rompre avec l’impérialisme français qui dominait encore une partie de la région depuis la fin de la seconde guerre mondiale bien que cette domination soit déjà mise à mal ! Si, historiquement, l’opposition en Afrique se réalisa entre puissances impérialistes européennes, il n’en n’est plus rien aujourd’hui ! Si elles avaient pu tant bien que mal maintenir leur mainmise en faveur de leurs capitalistes respectifs et profitaient ainsi du pillage avec l’assentiment de l’impérialisme américain pendant toute la période de la guerre froide, depuis plus d’une décennie les vieux impérialismes, dont l’impérialisme français, se sont trouvés de plus en plus contestés par la Russie et la Chine capitalistes.

Ces deux récentes puissances impérialistes sont dans une situation analogue à celle du capitalisme allemand qui, à la veille de la première guerre mondiale, n’avait d’autres choix que de trouver des débouchés tant pour ses marchandises que pour ses capitaux en excédent, le cadre de l’État-Nation ne permettant pas d’absorber ces derniers et poussant ainsi l’Allemagne à une politique impérialiste cad à remettre en cause le découpage économique mondiale de l’époque ! Et, comme hier, si pendant tout un temps la rivalité inter-impérialiste était de basse intensité, il n’en est plus rien aujourd’hui !

Si les rivalités inter-impérialistes ont débouché sur deux conflits mondiaux permettant de redessiner les cartes et permettre à un impérialisme (américain) de sortir comme le grand vainqueur après les deux premières guerres mondiales, ces guerres étaient avant tout deux grandes guerres de classes contre les prolétaires et les peuples travailleurs dans le monde et le risque révolutionnaire qu’ils représentaient ! En effet les rivalités ne suffisent pas expliquer les deux grandes boucheries capitalistes du 20ème siècle !

Les racines de ces deux guerres ne se trouvent pas seulement dans les rivalités inter-impérialistes mais dans les deux grandes dépressions économique qui les ont précédés et ont exacerbé encore plus pour chaque capitalisme le caractère étriqué de l’économie nationale provoquant en retour une exacerbation des luttes de classes internes à chaque pays se transformant en montée révolutionnaire partout dans le monde de la révolution russe de 1905 à la révolution mexicaine en passant par la montée du syndicalisme révolutionnaire en France comme aux Etats-Unis ! Montée révolutionnaire qui ne fut enrayée que momentanément en 1914 avant de voir exploser la révolution mondiale d’abord en Russie en 1917, et c’est seulement la deuxième guerre mondiale qui a permis de régler momentanément le problème révolutionnaire !

Depuis plus de 15 ans, nous assistons à une nouvelle montée des conflits inter-impérialistes qui ne sont que le résultat de l’effondrement économique mondial de 2008 qui ne fut retardé qu’à coups de milliers de milliards de dollars depuis cette date pour maintenir fictivement l’économie mondiale et dont les politiques anti-covid n’ont été que le dernier exemple ! Malgré cet afflux de sang neuf, le cadavre du capitalisme n’a pas repris vie mais réclame toujours son dividende ! Dividende qu’il ne peut plus prélever sur la plus-value extraite de l’exploitation du travail, qui a ses yeux n’est plus rentable, et réduit de plus en plus à peau de chagrin !

L’impossibilité pour le capitalisme mondial de surmonter cet effondrement et donc d’élargir l’échelle de la production, seul moyen qu’il ait pour s’en sortir, le capitalisme mondial se contracte sous le poids de ses propres contradictions et devient de plus en plus nécrophage détruisant tout sur son passage ! Pour payer son dividende, il faut désormais mettre la main sur l’ensemble des richesses cad des miettes qu’il avait pu concéder dans la période précédente provoquant, de fait, une montée sans précédent de lutte de classes, qui a son tour le met en danger et contre lequel la seule solution reste la guerre mondiale !

Et c’est dans ce conteste que prend racine cette nouvelle déculottée de l’impérialisme français face à la Russie, comme la guerre Ukraine contre la Russie ou la montée des tensions entre les USA et la Chine à propos de Taïwan !

Dans cette situation, quelles sont les tâches qui incombent aux prolétaires et aux révolutionnaires face à l’impérialisme français et à la guerre mondiale qui a commencé ? Afin d’y répondre regardons de plus près comment les révolutionnaires ont tenté d’y répondre politiquement lors des deux premières guerres mondiales.

QUELLES SONT LES TÂCHES DU PROLÉTARIAT ET DES RÉVOLUTIONNAIRES (COMMUNISTES, SYNDICALISTES REVOLUTIONNAIRES, ANARCHISTES )

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Les paragraphes suivants auront une forme qui pourra sembler doctrinaire, mais un de leurs buts est de permettre de discuter d’objectifs de propagande, d’agitation, voire d’action avec tous les militants qui se réclament du marxisme, ou du léninisme, ou du trotskisme, ou de l’anarchisme, ou encore du syndicalisme révolutionnaire contre les bureaucraties syndicales, les sociaux-patriotes et le stalinisme, pour l’auto-organisation des exploités. Leur objectif est également de démasquer des groupuscules qui se réclament de telles idées, mais sont de fait dans l’Union sacrée. Parmi ces derniers nous mentionnerons surtout Lutte Ouvrière (LO), mais le NPA, RP, UCL et POI ont des écrits similaires à ceux de LO, voire pires.

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Griffuelhes (1908) : manifestations coordonnées simultanées dans différents pays

Dans son ouvrage l’Action syndicaliste, livre de chevet de tout révolutionnaire syndiqué, Griffuelhes écrit :

En janvier 1906, au moment où chacun escomptait à propos du Maroc, un conflit entre la France et l’Allemagne, je fus mandaté par la CGT pour aller à Berlin proposer l’organisation de démonstrations simultanées à Paris et à Berlin, afin de permettre à la classe ouvrière de manifester son horaire de la guerre.

Rappelons qu’à l’origine, le 1er était mai était un tel type de manifestations coordonnées, qui démontrait la force internationale potentielle du prolétariat. Il serait difficile d’organiser ce type de manifestations à propos du Niger ? Mais elles existent déjà ! Depuis des années de telles manifestations sont organisées par des organisations pan-africanistes. Elles le furent par exemple à propos du Mali, et la dernière à eu lieu samedi 5 août à Paris. Des Gilets jaunes, des militants communistes révolutionnaires isolés y apparaissent régulièrement, mais elles sont boycottés par l’extrême-gauche et les syndicats, alors qu’il est possible d’apparaitre avec nos propres slogans dans ces manifestations.

Les pan-africanistes ne sont pas plus nombreux que l’extrême-gauche en France, cette dernière n’apparaissant pas car s’interdisant toute campagne politique indépendante des confédérations syndicales.

Des groupuscules qui ne participent pas à de telles manifestations, sans donner explicitement dans leur presse leurs raisons, ne sont que des avatars des opportunistes sur lesquels Griffuelhes était tombé :

le délégué des syndicats français se heurta à Berlin à un refus, motivé, lui dit-on, par l’interdiction que fait la loi aux syndicats allemands de participer à des manifestations de ce genre.

Griffuelhes était tombé en Allemagne sur ce que les révolutionnaires baptisèrent à partir de 1914 les sociaux-patriotes, et dont ils se séparèrent définitivement pour foncer des partis communistes, voir ci-dessous le programme des marxistes les concernant.

L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays ! (K. Libeknecht, 1915)

En pleine guerre mondiale le révolutionnaire allemand K. Liebknecht distribuait un tract proclamant :

L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays !

L’ennemi principal du peuple allemand est en Allemagne : l’impérialisme allemand, le parti de la guerre allemand, la diplomatie secrète allemande. C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple allemand de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre ses propres impérialistes.

Un parti comme Lutte Ouvrière, se donnant un brevet d’avant-garde révolutionnaire, reprend régulièrement la phrase : "l’ennemi principal et dans notre propre pays." C’est tout, or à elle seule cette phrase tend à devenir un fétiche historique sans contenu, voir

https://www.lutte-ouvriere.org/breves/lennemi-principal-est-dans-notre-pays-karl-liebknecht-725985.html

Or on voit que Liebknecht était beaucoup plus explicite : il ne se cantonne pas dans des généralités mais parle du peuple allemand, appelle les ennemis par leur nom armée, diplomatie secrète. Une adaptation de son paragraphe à la situation actuelle serait par exemple :

L’ennemi principal est dans notre propre pays : en France

L’ennemi principal de chaque peuple est dans son propre pays !

L’ennemi principal du peuple français est en France : l’impérialisme français, le parti de la guerre français, la diplomatie secrète française, le gouvernement français. C’est cet ennemi dans son propre pays qu’il s’agit pour le peuple de France de combattre dans une lutte politique, en collaboration avec le prolétariat des autres pays, dont la lutte est dirigée contre nos propres impérialistes, comme le peuple du Niger aujourd’hui, suivant ceux du Mali et du Burkina Faso qui ont demandé et obtenu le départ des troupes françaises de leur pays, une revendication qui est la nôtre : armée française hors du Niger !

Au lieu de cela, toute l’extrême-gauche (LO, RP, le petit groupuscule Fraction l’Etincelle—NPA) fait la leçon à la population du Niger : vos généraux sont des démagogues, de faux anti-impérialistes. Des groupes comme LO qui pendant 6 mois du mouvements des retraites n’ont mis en avant aucune revendication contre les méfaits de leurs propres généraux en Afrique, bref qui ont soutenu de fait leurs généraux comme le fait la CGT depuis 1914, ayant supprimmé toute revendication antimilitariste, vont faire à ce propos la leçon aux Nigériens !

Les partis d’extrême-gauche devraient se poser des questions en constatant que leur propagande reprend en grande partie celle des media comme RFI voire Macron, qui dénoncent les ennemis de la France comme des "faux anti-impérialistes", "vrais alliés des exploiteurs impérialistes Russes et Chinois". Certes cela peut arriver, nous mêmes savons bien que les généraux du Niger sont de bons bourgeois, mais les populations du Niger sont bien au courant de cela. Cette extrême-gauche ne donne aucune information (compte rendu de manif, tract) qui serait le signe d’illusions énormes des Nigériens envers leurs généraux, vus comme de nouveaux Thomas Sankara.

Toute dénonciation de généraux étrangers qui ne s’accompagne pas d’une dénonciation des généraux français dans une propagande largement diffusée envers la classe ouvrière de France n’est qu’un socialisme d’Union sacrée (en 1914-1918, les socialistes français dénonçaient les généraux d’Allemagne, avec des arguments empruntés au "socialisme").

L’extrême gauche fait une morale paternaliste, néo-coloniale, à ces populations d’Afrique en reprenant des arguments de Macron, comme elle a défendu la politique anti-covid du gouvernement, répétant avec lui que les "non-diplômés" étaient "anti-science" en s’opposant au vaccin. L’extrême-gauche opportuniste n’a pas soutenu les personnels soignant refusant le vaccin, leur faisant la leçon comme au Nigériens aujourdhui.

Ces "trotskistes de la chaire" ne reprennent pas la revendication des Nigériens "Troupes françaises hors du Niger", alors que c’est la question du jour, se contentant de la généralité "Troupes françaises hors d’Afrique", voir

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/Non-a-la-guerre-au-Niger-troupes-francaises-hors-d-Afrique?navthem=1

https://www.revolutionpermanente.fr/Niger-non-a-l-intervention-militaire-non-aux-sanctions-Imperialisme-francais-hors-d-Afrique

Du défaitisme dans la guerre impérialiste (Lénine, 1915)

Dans son article du 26 juillet 1915 (recueil de textes Contre le courant, tome premier p. 116-121), Lénine écrivait

La classe révolutionnaire, dans une guerre de réaction, ne peut
faire autrement que de souhaiter la défaite de son gouvernement. C’est un axiome.

Cela ne voulait pas dire que Lénine se ralliait aux généraux allemands. Se prononcer en faveur de la défaite de l’Etat français et de son gouvernement au Niger est la seule façon d’être internationaliste dans un sens révolutionnaire.

Barta en 1945 donnait des perspectives d’actions en métropole à l’occasion de la décolonisation :

Les ennemis des peuples coloniaux sont nos propres ennemis. Ceux qui commandent l’assaut contre Saïgon sont les mêmes qui font marcher la troupe contre les grévistes de Londres. Ceux qui commandent le corps expéditionnaire français d’Indochine, ce sont le général cagoulard et membre des lignes fascistes d’Argenlieu, et le général réactionnaire de Hautecloque, baptisée Leclerc pour mieux camoufler ses attaches et ses origines.

Les peuples exploités des métropoles doivent profiter des immenses difficultés suscitées à l’impérialisme par le soulèvement des peuples coloniaux, pour asséner un coup mortel aux « classes dirigeantes ».

Opposons-nous à la guerre impérialiste pour les colonies, en soutenant la guerre des colonies contre l’impérialisme ! Secouons l’incurie des organisations ouvrières qui ne font de la solidarité qu’un vain bavardage. Faisons revivre les temps héroïques où les marins de la Mer Noire faisaient échec à l’intervention des de Wendel et des Schneider contre la révolution russe. Si Marty vieux a oublié Marty jeune, si Tillon-ministre bourgeois envoie des avions pour servir au cagoulard d’Argenlieu, les ouvriers, les marins, les dockers français ont d’autres moyens d’agir. Notre devoir est de suivre l’exemple des dockers d’Australie et de Nouvelle-Zélande qui refusent de charger les navires transportant des troupes et des armes contre les peuples coloniaux !

Le sort des peuples d’Occident et d’Orient est intimement lié. Si le prolétariat occidental doit suivre l’exemple magnifique de courage et de volonté que lui prodiguent les travailleurs coloniaux, l’avant-garde révolutionnaire des peuples coloniaux doit se mettre à l’école du marxisme occidental pour mener à bien la lutte d’émancipation socialiste des colonies.

La Lutte de Classes » 24 octobre 1945 : Le soleil luit de l’Orient

La 8ème des 21 conditions d’admission à l’Internationale communiste (IIème Congrès, 1920) : exiger l’expulsion de "nos" impérialistes du Niger

La 8ème des 21 conditions d’adhésion à l’Internationale communiste stipulait :

Dans la question des colonies et des nationalités opprimées, les Partis des pays dont la bourgeoisie possède des colonies ou opprime des nations, doivent avoir une ligne de conduite particulièrement claire et nette. Tout Parti appartenant à la III° Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies, d’exiger l’expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d’entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux.

La bourgeoisie impérialiste française et son armée oppriment le Niger depuis l’époque de la colonisation. Au colonialisme a succédé le néo-colonialisme, deux formes d’oppression du Niger et de toutes les anciennes colonies par l’impérialisme français.

Dans son éditorial du 7 août de N. Arthaud, l’impérialisme français n’est pas mentionné ! L’oppression du Niger par cet impérialisme français n’est pas dénoncée en termes clairs, sous forme d’un slogan qu’on pourrait faire circuler à l’usine !

L’ expulsion des colonies des impérialistes (mentionnée par la condition 8), en l’occurrence de l’armée française, est bien ce qu’est en train de réaliser le gouvernement (dit "putchiste" par LO, mais c’est secondaire) du Niger, demandant le départ des troupes françaises comme l’ont avec fait avec succès le Mali et le Burkina Faso.

Cette 8ème condition imposait aux révolutionnaires de France de soutenir cette expulsion sans condition ! "Troupes françaises hors du Niger !" est le slogan incontournable du jour, qui n’est plus mis en avant par N. Arthaud !

La 9-ème des 21 conditions d’admission à l’Internationale communiste (IIè-me Congrès, 1920) : dénoncer les trahisons des sociaux-patriotes

La 9ème condition d’adhésion à l’Internationale stipulait :

Tout Parti désireux d’appartenir à l’Internationale Communiste doit poursuivre une propagande persévérante et systématique au sein des syndicats, coopératives et autres organisations des masses ouvrières. Des noyaux communistes doivent être formés, dont le travail opiniâtre et constant conquerra les syndicats au communisme. Leur devoir sera de révéler à tout instant la trahison des social-patriotes et les hésitations du « centre ». Ces noyaux communistes doivent être complètement subordonnés à l’ensemble du Parti.

Où sont les noyaux communistes formés par des militants syndicaux comme J-P Mercier, Annasse Kazib ? On ne les entend jamais dénoncer le patriotisme des confédérations syndicales, qui sont sont peuplée de sociaux-patriotes (la gauche non communiste : PS-LFI-EELV-Attac etc)

Les sociaux-patriotes, dont la tendance est devenue majoritaire dans la plupart des partis sociaux-démocrates en 1914, ont été rejoints en 1935 par le PCF stalinien, lorsque Staline déclara "approuver la politique de défense nationale de la France". Le PC est devenu ouvertement patriote, nationaliste, colonialiste (ne demandant jamais l’indépendance de l’Algérie !). Le stalino-patriotisme est la cible des révolutionnaires autant que le social-patriotisme.

Dans son éditorial du 7 août , N. Arthaud ne mentionne même pas la CGT, la politique de syndicats en général !

Les militants d’extrême-gauche en vue sont pourtant souvent des délégués syndicaux, c’est cette étiquette qui leur donne accès aux plateaux télé.

Il est dans "l’intérêt des travailleurs" de combattre leur impérialisme (IVème Congrès de l’IC, 1922

Il a toujours existé des courants patriotes du mouvement ouvrier qui masquaient leur soutien à leur impérialisme derrière une prétendue "politique de classe", aboutissant à l’abstention dans les questions politiques. D’après ces courants les travailleurs n’ont que des revendications économiques, pas politiques. Cette attitude qui est typiquement celle de Lutte Ouvrière par la voix de N. Arthaud.

Lors du IVème congrès de l’IC, Lénine et Trotsky dénonçaient cette attitude dans les Thèses sur la question d’Orient :

Les refus des communistes des colonies de prendre par à la lutte contre l’oppression impérialiste sous le prétexte de "défense" exclusive des intérêts de classe, est le fait d’un opportunisme de plus mauvais aloi qui ne peut que discréditer la révolution prolétarienne en Orient.

En effet, N. Arthaud dans son éditorial du 7 août mentionne comme toujours ses fameux "intérêts des travailleurs" ... et comme toujours sans en énoncer un seul explicitement.

Les partis révolutionnaires du passé mentionnaient très rarement ces "intérêts", terme qui fait implicitement référence à une part du gâteau que les travailleurs doivent rendre la plus grand possible (revendications élémentaires comme l’augmentation des salaires, etc), bref à leurs intérêts immédiats dans la société capitaliste, qui prennent la forme de revendications non-révolutionnaires que les révolutionnaires soutiennent la plupart du temps.

Les révolutionnaires, se fixant pour objectif de détruire cette société bourgeoise, parlaient donc plutôt de "tâches" à accomplir, qu’ils exposaient dans des programmes, résolutions etc. En formant une Armée rouge, Lénine et Trotsky disaient-ils aux travailleurs : il est dans votre intérêt d’aller mourir au front ? Ils disaient plutôt : pour défendre le pouvoir des travailleurs, il faut malheureusement passer par l’étape d’une guerre civile, mais nous vaincrons.

Or la lutte contre l’impérialisme est une de ces tâches politiques, N. Arthaud ne la mentionne pas. LO ne parle d’ailleurs jamais de revendications politiques, de grève politique, la seule revendication étant l’augmentation des salaires... quand la CGT le permet.

Le fait est évident qu’on assiste dans la crise actuelle à un conflit entre une ancienne colonie, le Niger, et son ancien colonisateur, l’impérialisme français, et que les révolutionnaires et les ouvriers conscients ne renvoient pas dos-à-dos l’armée impérialiste française et l’Etat du Niger. Or c’est ce que fait LO, qui dénonce un peu les généraux français, mais surtout les généraux du Niger, qui ont le tort aux yeux de LO de favoriser les rivaux de "notre" impérialisme :

les putschistes (...) ne représentent pas les intérêts des classes populaires (...) En Afrique et dans les pays dominés par les grandes puissances, des politiciens ou des généraux joueront les anti-impérialistes pour accéder ou se maintenir au pouvoir.

Comme cela tombe bien pour LO, les ennemis de la France seraient donc les ennemis des travailleurs,la lutte de classe coïncide avec le patriotisme, c’est exactement la ligne des staliniens !

Les généraux du Burkina Faso, du Mali, et bientôt ceux du Niger, auraient d’après N. Artahud "joué", car ils ont "seulement" expulsé l’armée française. N. Arthaud, elle ne "joue" pas, combat "sérieusement" l’impérialisme français ... en termes modérés sur les plateaux télé.

Lors de la décolonisation, des courants bourgeois comme le FLN prirent la tête des lutte anti-coloniales et demandèrent la fin de la colonisation. Les révolutionnaires étaient pour cette revendication, même si elle était portée par des courants bourgeois ; seuls les staliniens étaient contre sous le prétexte que les dirigeant de ces luttes anti-coloniales "faisaient le jeu de l’Allemagne". La position de LO reprend ce discours stalinien.

C’est en ne menant en France aucune politique contre l’impérialisme français que des groupes comme LO, suivant la CGT, le PC, LFI, renforcent le poids des généraux du Niger, de même que le PS et le PC firent un cadeau aux nationalistes des colonies en 1936 en menant une politique coloniale, coupant pour une longue période les mouvements anti-coloniaux de la classe ouvrière de métropole.

La CGT est un des piliers politique de l’impérialisme français, bien plus que les généraux du Niger, LO aurait pu le mentionner dans son éditorial du 7 août

Deux politiques différentes pour deux types de pays différents : le Front prolétarien unique pour les pays impérialistes, le Front anti-impérialiste pour les pays dominés par l’impérialisme (IVème congrès de l’IC, 1922)

Dans les Thèses sur la question d’Orient on lit

Dans les pays occidentaux qui traversent une période transitoire caractérisée par une accumulation organisée des forces, a été lancé le mot d’ordre du front prolétarien unique ; dans les colonies orientales, il est indispensable, à l’heure présente, de lancer le mot d’ordre du front anti-impérialiste unique. L’opportunité de ce mot d’ordre est conditionnée par la perspective d’une lutte à longue échéance contre l’impérialisme mondial, lutte exigeant la mobilisation de toutes les forces révolutionnaires. Cette lutte est d’autant plus nécessaire que les classes dirigeantes indigènes sont enclines à des compromis avec le capital étranger et que ces compromis portent atteinte aux intérêts primordiaux des masses populaires. De même que le mot d’ordre du front prolétarien unique a contribué et contribue encore en Occident à démasquer la trahison, par les social-démocrates, des intérêts du prolétariat, de même le mot d’ordre du front anti-impérialiste unique contribuera à démasquer les hésitations et les incertitudes des divers groupes du nationalisme bourgeois. D’autre part, ce mot d’ordre aidera au développement de la volonté révolutionnaire et à la clarification de la conscience de classe des travailleurs en les incitant à lutter au premier rang. non seulement contre l’impérialisme, mais encore contre toute espèce de survivance du féodalisme.

Oui, en reprenant la revendication de départ des troupes françaises du Niger les révolutionnaires ont une revendication commune avec les généraux du Niger.

Mais pendant tout le mouvement contre la réforme des retraites, LO qui ne veut pas se compromettre avec les généraux du Niger, s’est affiché sans vergogne avec les confédérations syndicales qui sont nationalistes, patriotes, pro-impérialisme français depuis 1914. Certes des révolutionnaires pouvaient être amenés à participer à ce "mouvement" (marches pacifiques seulement sur les itinéraires autorisé par la police) des retraites, mais c’est seulement dans le cadre du Front prolétarien unique qu’il peuvent le faire afin de ne pas cautionner les ennemis des travailleurs que sont les directions syndicales.

L’analogue de ce Front prolétarien unique est donc, dans les questions des rapport de notre métropole impérialiste avec les anciennes colonies, le Front anti-impérialiste unique. Si l’on complète, et il faut le faire le slogan "troupes françaises hors du Niger", pas des slogans en faveur de la dissolution de toutes les armées permanentes et de la dictature mondiale du prolétariat appuyée sur des soviets d’exploités, on ne risque pas de se compromettre avec les généraux du Niger.

En fait, LO comme toute l’extrême gauche qui s’installe confortablement dans les syndicats ne veut pas se "compromettre" avec les généraux du Niger, parce qu’elle donne priorité à sa "compromission" avec les bureaucraties syndicales.

Historiquement les confédérations syndicales ont été hissées aux rangs de "ministres" grâce à leur soutien à l’impérialisme français en 1914 et lors de toutes les guerres suivantes, inter-impérialistes ou coloniales. Cette participation à l’Union sacrée est depuis 1914 une condition non négociable pour continuer à être acceptées par la bourgeoisie française.

La CGT est en 2023 comme en 1914 dans l’Union sacrée patriotique, pro-impérialiste, militariste, c’est le minimum que des révolutionnaires doivent dénoncer haut et fort. En criant "nous ne rentrerons pas dans l’Union sacrée", LO fait croire qu’elle que cette Union sacrée à disparu en 1918 ! Cacher une participation à l’Union sacrée derrière des slogans contre l’Union sacrée est la ligne de LO depuis des mois.

Pour un programme d’action communiste révolutionnaire anti-impérialiste

  Former des noyaux communistes et faire prendre position à des sections syndicales, des syndicats voire fédération sur la question du Niger qui doivent dénoncer l’impérialisme français, appeler à sa défaite parmi les travailleurs, appeler à ouvrir les livres de comptes sous le contrôle de comité de travailleurs afin de réquisitionner entre les mains des prolétaires toutes les entreprises qui vivent de l’exploitation et de l’esclavage au Niger !

  faire de la propagande et de l’agitation en faveur de grèves politiques notamment dans les industries d’armements et les entreprises qui exploitent le Niger et le peuple travailleur ! Dénoncer les bailleurs de fonds de l’impérialisme français au Niger qui sont par ailleurs les bailleurs de fond de Zemmour !

  Appeler à des rassemblements partout pour dénoncer l’impérialisme français, mettre en avant le retrait des troupes ! Appeler à la défaite de l’armée française ! ce qui n’est pas soutenir les militaires Nigériens !

  faire de la propagande auprès de la troupe pour dénoncer les sales guerres que lui fait mener l’impérialisme français ! les appeler à refuser de partir et à former des comités de soldats avec l’élection de délégués ! Mener une campagne anti-militiariste et anti-impérialiste auprès des soldats du rang !

  faire de la propagande pour que les comités de soldats se mettent en lien avec les comités de travailleurs ! mettre en avant le droit de grève des militaires !

  faire le lien dans la propagande entre la lutte pour l’abolition de l’Etat et le renversement du capitalisme et l’instauration du socialisme en France et la lutte anti-impérialiste contre son propre impérialisme et la lutte contre la guerre mondiale qui a commencé en Ukraine ! !

  Appeler le peuple Nigérien à former ses comités du peuple travailleur et à prendre directement le pouvoir !

  Les travailleurs du Niger et de France doivent prendre le pouvoir et exproprier les richesses mal acquises du régime et des sociétés transnationales pour répondre aux besoins sociaux essentiels ; cela, en alliance avec une large lutte internationale de la classe ouvrière et des masses opprimées contre le capitalisme en vue d’une fédération mondiale des soviets !

  Dénoncer tous les sociaux patriotes qui soutiennent l’impérialisme français !

Pour le peuple travailleur du Niger et d’Afrique, aucune confiance dans la hiérarchie militaire même soi-disant radicale.

Prolétaires d’Afrique, vos ennemis ne sont pas le peuple français mais les grands capitalistes français et leurs agents ! Nous avons les mêmes ennemis ! Paix entre les peuples, guerre contre les classes dirigeantes !

Peuple travailleur de France, ton propre ennemi est dans ton pays : ce sont les grandes fortunes capitalistes (Bolloré, Dassault, Bouygues, Pinault...), ce sont les grands groupes capitalistes (Vinci, Areva...), ce sont les institutions de la bourgeoisie (présidence, parlements, préfectures, mairies...), ce sont ses mercenaires assermentés (police) l’impérialisme et son bras armée qu’est l’armée française, les services de renseignement intérieure et extérieure...

Pour le peuple travailleur de France et des pays impérialistes, aucune confiance dans les gouvernants capitalistes, les partis bourgeois ou les syndicats, piliers de la démocratie sociale capitaliste en entreprise, intégrés à la république et à la cogestion qui soutiennent l’ordre bourgeois.

Prolétaires de France, un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre ! Pour nous libérer de l’esclavage capitaliste, renversons la bourgeoisie française, son Etat, son armée et son impérialisme !

Prolétaire de France et du Niger, abattons les frontières et les gouvernements qui nous opposent ! Unissons-nous à l’ensemble des prolétaires du du monde et érigeons le socialisme cad une fédération mondiale des soviets !

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