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Accueil du site > 04 - Livre Quatre : HISTOIRE CONTEMPORAINE > 35- Vers la troisième guerre mondiale ? > La guerre menace de ne pas rester froide entre Russie et USA

La guerre menace de ne pas rester froide entre Russie et USA

mardi 23 août 2016, par Robert Paris

Montée des tensions entre la Russie et l’Ukraine après une provocation terroriste

Le régime ukrainien soutenu par l’Occident a annoncé jeudi qu’il mettait ses forces militaires en alerte maximum de combat alors qu’on fait monter les tensions avec la Russie suite à des informations sur une provocation terroriste en Crimée, gouvernée par la Russie.

Pour sa part, Moscou a annoncé des manœuvres dans la mer Noire, où la marine russe s’entraîne à des tactiques pour repousser une attaque de la Crimée.

Le gouvernement ukrainien, qui a envoyé jeudi son ambassadeur aux Nations-Unies afin de prendre la parole sur la question devant le Conseil de sécurité, a accusé la Russie d’avoir massé plus de 40.000 soldats en Crimée et sur la frontière ukrainienne. Comme la Crimée a été dans l’histoire la base de la flotte russe en mer Noire, elle a toujours comporté de nombreuses troupes.

L’ambassadeur de Russie à l’ONU, Vitaly Tchourkine, a rejeté l’accusation, déclarant : « Au lieu de compter nos militaires, ils devraient mettre un terme au conflit » dans l’est de l’Ukraine où les forces du gouvernement de Kiev continuent d’attaquer une minorité russophone séparatiste, causant quelque 10.000 morts depuis avril 2014.

Moscou a accusé le gouvernement ukrainien d’avoir organisé une attaque terroriste visant à frapper l’infrastructure vitale de la Crimée, un territoire que la Russie a annexé après un plébiscite où la population de la péninsule a voté pour une réunion à la Russie. L’action a suivi le coup d’État de février 2014, orchestré par Washington et l’Allemagne et dirigé par des forces ultra-nationalistes et fascistes dans le but d’intensifier la campagne des États-Unis d’encerclement et de subjugation militaire de la Russie.

Un responsable de l’OTAN a déclaré à l’agence de presse AFP que l’alliance militaire conduite par les Etats-Unis suivait avec attention la montée des tensions entre la Russie et l’Ukraine. « L’activité militaire récente de la Russie en Crimée ne contribue pas à apaiser les tensions » a-t-il dit.

La porte-parole du Département d’Etat Elizabeth Trudeau a qualifié la situation de « très dangereuse » et a réitéré la position de Washington, qui est que « la Crimée fait partie de l’Ukraine ».

Tous deux ont rejeté la version russe des faits, que des actes terroristes avaient été menés contre le territoire de la Crimée par un commando d’opérations spéciales organisé par l’Ukraine.

L’agence de sécurité russe FSB a rendu public une déclaration détaillée mercredi disant que les attaques avaient été menées dans la nuit du 6 au 7 août, conduites par la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense. D’autres tentatives d’infiltration avaient eu lieu le 8 août.

Selon la déclaration, un agent du FSB avait été tué en essayant de détenir les agents ukrainiens, dont l’objet a été décrit comme le ciblage des « infrastructures et des installations critiques de soutien de vie » en Crimée. Un soldat russe aurait également été tué par les tirs des unités militaires ukrainiennes qui comptaient des véhicules blindés appuyant l’opération.

Le FSB a affirmé avoir récupéré « 20 engins explosifs improvisés d’une puissance explosive totale de 40 kg [de] TNT », ainsi que des mines terrestres, des grenades et des armes spéciales d’assaut.

L’agence a également présenté des preuves fournies selon elle par un Ukrainien présenté comme un agent de renseignement militaire ukrainien et un chef des unités d’opérations spéciales, identifié comme Yevgeniy Aleksandrovich Panov.

Le premier ministre de la Crimée Sergei Aksyonov, a porté l’accusation que la source réelle des opérations terroristes était Washington. « Les responsables ukrainiens n’auraient pas osé de telles actions ... Ce ne sont pas leurs propres actions et messages, » a-t-il dit, ajoutant : « derrière eux, il y a le Département d’Etat américain ».

Il y a toutes raisons de soupçonner qu’il en est ainsi. La provocation en Crimée survient au milieu d’une escalade continue dans le langage et les mesures américaines contre la Russie. Les États-Unis ont intensifié leur armement et leur financement des milices liées à Al-Qaïda en Syrie pour tenter d’inverser les victoires des forces gouvernementales étroitement soutenues par l’aviation russe. Le 1er août, les djihadistes soutenus par les USA ont abattu un hélicoptère russe en mission de secours, tuant les cinq personnes à son bord. Dans les médias, d’anciens hauts responsables et chroniqueurs ayant des relations étroites avec le gouvernement ont appelé à des frappes aériennes américaines contre les forces soutenues par la Russie et l’imposition d’une « zone d’exclusion aérienne » ce qui ne manquerait pas de signifier un affrontement avec l’aviation russe.

En Ukraine même, Washington a œuvré pour renforcer l’armée du régime droitier en crise de Kiev dirigé par l’oligarque Petro Porochenko. Une unité américaine de 500 hommes est actuellement sur place dans l’ouest de l’Ukraine formant des forces ukrainiennes, dont les membres des milices dirigées par les fascistes, tandis que des centaines, voire des milliers d’autres membres du personnel militaire et d’entrepreneurs militaires américains se relaient dans le pays. Le mois dernier, la marine américaine a rejoint des navires de guerre ukrainiens dans les exercices « Sea Breeze » visant à défier la Russie dans la mer Noire. En juillet, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a visité l’Ukraine pour des entretiens avec Porochenko, où il a réitéré le soutien de Washington aux revendications du régime de Kiev concernant la Crimée.

Les tensions militaires dangereuses entre l’Ukraine et la Russie ont été déclenchées alors que dans la campagne électorale américaine, la favorite présidentielle, la candidate démocrate et ex-secrétaire d’Etat Hillary Clinton tente d’attaquer depuis la droite le candidat républicain fascisant Donald Trump, en particulier sur la question de la Russie.

Les démocrates ont organisé contre Trump une campagne de type maccarthyste, l’accusant d’être une marionnette de Vladimir Poutine, tout en accusant sans preuves le président russe d’être derrière la diffusion par WikiLeaks de courriels du Comité national du Parti démocrate exposant ses tentatives de truquer les primaires contre le sénateur Bernie Sanders, le rival de Clinton.

On a entre autre accusé la campagne de Trump – sans substance, encore une fois – d’« édulcorer » le langage de la plate-forme républicaine sur l’Ukraine. La plate-forme, en fait, attaque le gouvernement Obama pour aider à une « résurgence de la Russie », soutient des sanctions contre Moscou et appelle à « une aide appropriée aux forces armées de l’Ukraine ». La plainte était que la plate-forme omettait de mentionner qu’on leur fournirait des « armes létales », ce que l’administration Obama elle-même affirme ne pas faire.

Le fait que Clinton attaque ces politiques depuis la droite, avec un soutien croissant de personnages clés de l’appareil militaire et du renseignement ainsi que d’un nombre croissant de décideurs politiques républicains, constitue un net avertissement. Des préparatifs sont en cours pour une confrontation militaire directe avec la Russie en Europe de l’Est, des provocations comme celles montées en Crimée servant de déclencheur probable. Qu’une telle escalade dangereuse du conflit, impliquant deux des grandes puissances nucléaires, soit reportée jusqu’après novembre n’est en rien évident.

Par Bill Van Auken

Le « plan B » américain pour la Syrie et la menace d’une guerre mondiale

Des négociations sur le conflit armé sanglant de Syrie ont eu lieu jeudi à Munich sur fond d’une offensive gouvernementale syrienne soutenue par des frappes aériennes russes et destinée à briser l’emprise des « rebelles », soutenus par l’Occident, sur la partie orientale largement en ruines d’Alep.

Les pourparlers se sont tenus sous les auspices des 17 membres du Groupe international de soutien à la Syrie qui comprend les États-Unis et leurs alliés régionaux – Arabie Saoudite, Turquie et Qatar – dans la guerre de changement de régime en Syrie, la Russie et l’Iran étant alliés au gouvernement du président Bachar al-Assad, qu’ils aident activement.

Washington a exigé un cessez-le-feu immédiat et un arrêt des frappes aériennes russes en Syrie. Les Etats-Unis, les monarchies réactionnaires arabes et le régime turc craignent que sans arrêt des combats, les milices islamistes qu’ils soutiennent, financent et arment depuis près de cinq ans, ne puissent éviter une défaite irréparable.

La Russie aurait pour sa part proposé un cessez-le-feu qui commencerait le 1er mars, donnant ainsi suffisamment de temps au gouvernement syrien pour rétablir son contrôle sur Alep.

Vendredi dernier, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont annoncé qu’ils étaient parvenus à une entente de principe pour un cessez-le-feu « dans une semaine » et une accélération de l’aide humanitaire. Kerry a reconnu que même si l’accord faisait bien « sur le papier » il devait encore faire ses preuves. Tous les conflits sous-jacents restent sans solution et les opérations militaires américaines, et russes, vont se poursuivre au nom de la lutte contre l’État islamique (EI).

A la veille des pourparlers de Munich, Kerry a fait, dans une interview avec le chroniqueur du Washington Post David Ignatius, une menace sans équivoque relative à la stratégie de négociation des États-Unis à Munich : « Ce que nous faisons est tester le sérieux [russe et iranien], » a-t-il dit. « Et s’ils ne sont pas sérieux, alors il faudra considérer un plan B ... On ne peut pas en rester là ».

Un « Plan B » consisterait en une brusque escalade de l’intervention militaire américaine en Syrie, réalisée sous couvert de lutte contre EI, mais axée sur un renversement du gouvernement Assad.

L’Arabie Saoudite et le Qatar auraient également discuté d’un « plan B » ces derniers jours, où ils participeraient à une intervention militaire directe pour sauver les « rebelles » qu’ils soutiennent. L’agence de presse saoudienne Al-Arabiya a cité des responsables de Riyad confirmant la décision de la monarchie des Saoud d’envoyer des troupes en Syrie pour une invasion hostile et provocatrice.

Réagissant aux implications sinistres d’une telle escalade, le premier ministre russe Dmitri Medvedev a dit au quotidien allemand Handelsblatt jeudi : « Les Américains et nos partenaires arabes doivent y réfléchir sérieusement – veulent-ils une guerre permanente ? Toutes les parties doivent être forcées à la table de négociation au lieu de déclencher une nouvelle guerre mondiale ».

Les mots choisis par Medvedev n’étaient pas une simple hyperbole. Une intervention militaire pour sauver les « rebelles », qui revient à une guerre pour sauver la filiale syrienne d’Al-Qaïda, le Front al Nosra, principale force au sol dans la province d’Alep, pourrait rapidement mener les États-Unis et leurs alliés dans des combats avec la Russie, un affrontement armé entre les deux principales puissances nucléaires.

Des responsables américains ont évoqué ces derniers jours la création d’un « corridor humanitaire » à Alep et dans d’autres zones rebelles assiégées par les forces gouvernementales. On peut supposer que ce « corridor » est destiné à remplacer la principale voie d’approvisionnement des « rebelles » depuis la Turquie, coupée par l’offensive du gouvernement. Cela perturbe l’armement des « rebelles » orchestré par la CIA avec les stocks venus de Libye, des royaumes pétroliers du golfe et d’au-delà. Un tel corridor nécessiterait une force militaire de protection et l’application d’une « zone d’exclusion aérienne », ce qui signifie une confrontation non seulement avec les forces du gouvernement syrien, mais avec les avions de combat russes.

La Turquie, alliée de Washington dans l’OTAN, est en train de bloquer ses frontières aux réfugiés syriens pour créer un maximum de crise de façon à poursuivre ses propres objectifs stratégiques : non seulement un changement de régime à Damas mais aussi la répression sanglante de la minorité kurde de part et d’autre de la frontière.

Le gouvernement Obama n’a donné aucun avertissement au peuple américain qu’il se lançait en Syrie dans une politique qui pourrait opposer les Etats-Unis à l’armée russe et potentiellement déclencher une catastrophe mondiale.

Il n’y a pas de soutien populaire significatif pour une intervention militaire américaine en Syrie, promue sous le faux prétexte de « l’humanitarisme » et aidée par toute une coterie d’organisations pseudo de gauche dont la spécialité est de représenter la campagne sectaire sanglante des milices islamistes soutenues par la CIA comme la « révolution syrienne ».

L’ampleur de la catastrophe déchaînée en Syrie a été articulée dans une nouvelle étude réalisée par le Centre syrien pour la recherche politique, qui a constaté que 11,5 pour cent de la population syrienne avait été soit tuée soit blessée en raison du conflit. Le bilan des morts de cette guerre, combiné à la destruction systématique de l’infrastructure et du système de santé, et à une baisse spectaculaire du niveau de vie, a fait chuter l’espérance de vie, estimée à 55,4 ans en 2015, alors qu’elle était de 70,5 ans en 2010.

L’étude a aussi révélé que le taux de chômage du pays avait grimpé de 14,9 pour cent en 2011 à 52,9 pour cent à la fin de 2015 et que le taux global de pauvreté était estimé à 85,2 pour cent.

Bref, le gouvernement Obama a infligé à la Syrie une guerre qui est tout aussi criminelle et meurtrière que la guerre menée par le gouvernement Bush contre l’Irak.

Le peuple syrien est la victime d’une guerre orchestrée par les Etats-Unis, motivée par la stratégie mondiale de l’impérialisme américain qui est d’inverser son déclin économique par l’emploi ou la menace de la force militaire. Washington a recherché un changement de régime en Syrie comme moyen de réaliser une fin : l’affaiblissement des deux principaux alliés de Damas, la Russie et l’Iran, et la réaffirmation de la mainmise occidentale sur les vastes ressources énergétiques du Moyen-Orient.

La menace d’une guerre mondiale vient non seulement de la perspective que des avions de combat américains et russes s’affrontent dans le ciel syrien, mais de toute la logique de la guerre de changement de régime et des objectifs stratégiques plus larges qu’elle remplit. Celle-ci se traduit aussi par l’intensification de l’encerclement militaire de la Russie par l’OTAN et par la politique anti-chinoise de plus en plus provocatrice du Pentagone en mer de Chine méridionale.

La campagne des Etats-Unis pour l’hégémonie mondiale a été articulée dans la maxime stratégique énoncée par le Pentagone il y a près d’un quart de siècle : Washington doit empêcher l’émergence d’une puissance capable de contester la domination du capitalisme américain à l’échelle mondiale ou même régionale. Cette « grande stratégie » a mené depuis à des guerres américaines d’agression incessantes et pose maintenant la menace réelle d’une troisième guerre mondiale, nucléaire.

Contre la stratégie barbare de l’élite dirigeante américaine, la classe ouvrière américaine et internationale doit avancer sa propre stratégie indépendante, la lutte pour le retrait des États-Unis et de toutes les forces militaires étrangères de Syrie, d’Irak et du Moyen-Orient, et l’unité de la classe ouvrière à travers toutes les frontières nationales, religieuses et ethniques, dans une lutte commune pour mettre fin au capitalisme, source du militarisme et de la guerre.

Par Bill Van Auken

Sous couvert d’une trêve avec la Russie Washington prépare une escalade militaire en Syrie

Un jour après l’annonce par les Etats-Unis et la Russie d’un accord sur une « cessation » partielle « des hostilités » en Syrie, les signes se multiplient que Washington se prépare à une escalade militaire majeure de sa campagne de renversement du gouvernement de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie, et d’installation d’un régime fantoche.

Le soi-disant « plan B » discuté intensément à la Maison Blanche risque de déclencher une confrontation militaire directe avec les forces russes soutenant le régime Assad et fait apparaître le spectre d’une guerre entre les deux plus grandes puissances nucléaires du monde.

On prépare ces plans derrière le dos de la population américaine. Ils ont été bannis de la campagne présidentielle des candidats des deux partis, républicain et démocrate. (Voir : La guerre et l’élection présidentielle américaine de 2016).

L’accord annoncé lundi à la suite d’intenses discussions entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prévoit un cessez-le-feu à partir de samedi et s’appliquant à tous les combattants de la guerre civile syrienne à l’exclusion de l’État islamique (EI) et du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda. La déclaration commune des Etats-Unis et de la Fédération russe exclut également les « autres organisations terroristes désignées par le Conseil de sécurité de l’ONU ».

Plus tard lundi, le président Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine ont confirmé l’accord lors d’un appel téléphonique. Le plan du cessez-le-feu a ensuite été accepté, avec diverses mises en garde et conditions, par le gouvernement syrien, le Haut conseil de négociation soutenu par les Etats-Unis et l’Arabie Soudite, instance de l’opposition anti-Assad appuyée par l’Occident, et par la Turquie.

Le plan dont l’objectif est prétendument une guerre menée contre l’EI par le camp qui suit les Américains comme par celui regroupant la Russie, l’Iran et Assad, cherche à occulter cette réalité que Washington et Moscou poursuivent des objectifs opposés. Pour les Etats-Unis, la « guerre contre l’EI » sert largement de couverture à une guerre de changement de régime contre Assad et ses alliés, alors que Moscou et Téhéran interviennent pour soutenir leur seul allié arabe au Moyen-Orient.

L’accord de cessez-le-feu appelle à des pourparlers pour engager en Syrie une « transition politique » dont les Etats-Unis et leurs alliés d’Arabie Saoudite, du Qatar et de Turquie insistent qu’elle doit aboutir au renversement d’Assad. L’autre préoccupation centrale de la Turquie qui pilonne actuellement les milices kurdes pro-américaines près de sa frontière avec le nord-ouest de la Syrie, est d’empêcher la consolidation d’une entité politique kurde en Syrie.

Le gouvernement américain et les médias de l’establishment cachent également le fait que les seules forces militaires anti-Assad significatives sur le terrain sont précisément l’EI et al-Nosra. Les soi-disant « rebelles modérés » armés, financés et soutenus militairement par la CIA, les Saoudiens, les Turcs, les Qataris et les Jordaniens sont soit eux-mêmes des djihadistes islamistes sunnites, comme Ahrar al-Sham, qui se bat aux côtés d’al-Nosra, soit sans grande importance militaire.

Un obstacle majeur à l’application de l’accord de cessez-le-feu est qu’une poursuite du bombardement d’al-Nosra par la Russie et Assad, en particulier dans la province d’Alep, autorisée par l’accord, signifie aussi le ciblage des groupes soutenus par les Etats-Unis et étroitement associés à al-Qaïda.

Le gouvernement Obama a poussé à une trêve surtout pour gagner du temps et éviter une déroute militaire totale d’al-Nosra et ses alliés « rebelles » dans leur fief d’Alep assiégé par les forces gouvernementales syriennes, appuyées par les frappes aériennes russes. Interrogé mardi par Al Jazeera Amérique, un porte-parole de l’opposition syrienne a spécifiquement critiqué la déclaration de cessez-le-feu pour avoir exclu al-Nosra de sa protection.

Washington cherche également à empêcher les forces kurdes de couper les routes permettant d’approvisionner les « rebelles » depuis la Turquie. Il veut aussi empêcher la Turquie, membre de l’OTAN, d’envoyer des troupes en Syrie contre les Kurdes, ce qui pourrait rapidement déclencher une confrontation militaire avec les forces russes, avec le potentiel d’entraîner l’OTAN dans une guerre contre la Russie.

En ce qui concerne Washington, la trêve est principalement une manœuvre lui permettant de préparer une escalade majeure de sa guerre de changement de régime pour une date ultérieure, peut-être après les élections américaines.

Si Poutine a salué l’accord comme une avancée majeure sur la voie de la paix en Syrie, les déclarations du côté américain étaient plus discrètes et les responsables, tant au sein du gouvernement Obama qu’en dehors, se sont montrés nettement sceptiques qu’une trêve puisse tenir.

« Cela sera difficile à mettre en œuvre », a dit le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest. Kerry, auditionné mardi par la Commission des relations étrangères du Sénat, n’a donné aucune assurance que la trêve pourrait effectivement être appliquée et a souligné qu’« il y a certainement des options d’un plan B à l’étude. » Il a encore dit que ce serait une erreur de sous-estimer la volonté du gouvernement Obama de prendre des mesures punitives contre la Russie.

Le Wall Street Journal a rapporté mardi que le secrétaire à la Défense Ashton Carter avait dit à de « hauts responsables » lundi que le cessez le feu ne serait pas respecté. Le journal cite un haut responsable du gouvernement disant de Carter qu’« il pense que c’est une ruse [russe] ».

L’article intitulé « Les chefs du Pentagone et de la CIA ne pensent pas que la Russie respectera le cessez-le feu syrien, » cite un « haut responsable » affirmant que le cabinet d’Obama était divisé sur la politique américaine en Syrie. Le secrétaire à la Défense Carter, le général Joseph Dunford, chef d’état-major interarmées, et le directeur de la CIA John Brennan demandaient dans les réunions de la Maison Blanche une escalade militaire majeure contre Assad et ses alliés russes.

Le Journal cite ce responsable gouvernemental disant que les chefs militaires et du renseignement exigeaient de nouvelles mesures pour « infliger aux Russes une douleur réelle ». Il écrit qu’ils demandent spécifiquement l’extension du soutien secret aux « rebelles ». L’article suggère que cela pourrait inclure l’approvisionnement des forces anti-Assad en « armes sol-air de pointe pour que les combattants de l’opposition puissent repousser la puissance aérienne russe, le genre de système qui pourrait changer la donne ».

Cela pourrait en effet rapidement « changer la donne » en permettant aux forces par procuration des Etats-Unis d’abattre des avions de guerre russes et créer les conditions d’un affrontement militaire direct entre les Etats-Unis et la Russie. Le Journal fait lui-même le commentaire que, « Toute décision d’aider directement les rebelles à attaquer les soldats russes ou détruire les avions russes pourrait marquer une escalade dramatique du conflit. »

L’article cite un responsable commentant l’examen par la Maison Blanche de ses options en Syrie : « Pour être clair : nos actions ne visent pas la Russie. Notre axe ne change cependant rien au fait que la Russie, en s’impliquant de plus en plus dans un conflit dangereux au côté d’un dictateur brutal, s’empêtrera dans un bourbier. Si elle ne change pas de trajectoire, la Russie s’infligera ce sort elle-même ».

L’impérialisme américain a été l’instigateur d’une guerre civile qu’il a attisée pour renverser, dans le cadre de sa campagne d’hégémonie sur le Moyen-Orient riche en pétrole, le régime pro-russe et pro-iranien en Syrie et affaiblir la Russie et l’Iran. Cette guerre, qui approche de sa sixième année, a coûté autour de 470.000 vies syriennes, poussé plus de cinq millions de Syriens à l’exil, déplacé des millions de personnes en Syrie même et détruit l’infrastructure sociale et physique du pays. A présent, Washington prépare une escalade qui risque de déclencher une troisième guerre mondiale.

Par Barry Grey

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3 Messages de forum

  • Les États-Unis accusent la Russie de “crime de guerre”, le risque d’un affrontement américano-russe s’intensifie en Syrie...

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  • Le général de la marine, Joseph Dunford, le chef de l’état-major interarmées des États-Unis, a énoncé les graves implications de la politique préconisée à la fois par les factions prédominantes au sein du Parti républicain et par la candidate démocrate à la présidence, Hillary Clinton, au milieu de la violence montante en Syrie, et de la pression croissante de Washington sur le gouvernement russe pour qu’il accepte unilatéralement l’immobilisation de ses propres avions, ainsi que ceux du gouvernement syrien.

    Le Secrétaire d’État, John Kerry, a demandé à plusieurs reprises que la Russie adhère à ce qui serait essentiellement une zone d’exclusion aérienne unilatérale contre la Russie et la Syrie où des avions de guerre américains continueraient d’effectuer des attaques aériennes.

    Kerry a présenté sa proposition comme un moyen de faire revivre et de rétablir la « crédibilité » d’un accord de cessez-le-feu que lui et le ministre russe des Affaires étrangères avaient négocié le 9 septembre. Cette cessation des hostilités s’est effondrée moins d’une semaine après sa mise en œuvre face à des centaines de violations par des « rebelles » islamistes soutenus par les États-Unis qui ont refusé d’accepter ses conditions, ainsi que deux grandes attaques consécutives.

    La première a été réalisée par des avions de combat des États-Unis et de leurs alliés il y a une semaine contre une position de l’armée syrienne, tuant 90 soldats syriens et en blessant une centaine d’autres. Washington a affirmé que le bombardement était une erreur, mais les responsables syriens ont signalé que la frappe aérienne semblait être coordonnée avec une offensive terrestre par les combattants de l’État islamique (EI) qui ont envahi brièvement la position bombardée.

    Cela a été suivi le 19 septembre par une attaque sur un convoi d’aide humanitaire à Alep, qui a tué au moins 20 personnes et a détruit 18 camions. Les États-Unis ont immédiatement attribué l’attaque à la Russie, sans fournir aucune preuve à l’appui de cette accusation. La Russie et le gouvernement syrien ont nié toute responsabilité et ont suggéré que les prétendus « rebelles » ont bombardé le convoi.

    La position américaine a été reflétée dans le témoignage à la fois de Dunford et du Secrétaire à la Défense, Ashton Carter, devant le comité du Sénat jeudi. Le général a admis au comité : « Je ne connais pas les faits », au sujet de l’identité des avions qui ont attaqué le convoi, mais il a ajouté rapidement : « Il ne fait aucun doute dans mon esprit que les Russes sont responsables ». De même, Carter a déclaré, « Les Russes sont responsables de cette frappe qu’ils l’aient mené ou non ».

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  • Un déploiement massif de troupes américaines et de l’OTAN en Pologne et dans les pays baltes est en cours. Selon une déclaration du Centre de presse et d’information de la Bundeswehr (les forces armées allemandes) le 30 décembre : « dans le cadre de l’opération OTAN “Atlantic Resolve”, trois navires de transport américains sont attendus à Bremerhaven la première semaine de janvier ».

    La déclaration a noté qu’au début de novembre : « les soldats de la 3e Brigade de la 4e Division d’infanterie américaine ont commencé à charger les navires avec des véhicules et des conteneurs ». Dans l’ensemble, « plus de 2500 pièces de cargaison (des camions, des véhicules de combat, remorques, et conteneurs) [ont été] initialement expédiées vers l’Allemagne, puis transportées vers la Pologne et d’autres pays d’Europe centrale et orientale ». Le matériel doit « arriver dans la période du 6 au 8 janvier par transport maritime à Bremerhaven et sera ensuite transporté vers la Pologne par rail et des convois militaires d’ici le 20 janvier ».

    Plus tôt ce mois-ci, le quotidien allemand Kieler Nachrichten a qualifié l’accumulation des armes d’« opération la plus importante de redéploiement de l’armée américaine en Allemagne depuis 1990 ». Plus de 2000 chars, obusiers, jeeps et camions sont déployés dans le cadre des exercices de l’OTAN en Europe de l’Est qui vont continuer pendant neuf mois.

    Selon les déclarations faites par les forces armées américaines en Europe, 4000 soldats supplémentaires et 2000 chars d’assaut vont « contribuer à et renforcer la défense et la dissuasion de l’alliance ». Le colonel Todd Bertulis, directeur adjoint de la logistique du Commandement américain en Europe (EUCOM) à Stuttgart, a déclaré que l’opération veillera à ce que « la puissance de combat nécessaire soit apportée au bon endroit en Europe au bon moment ».

    Le lieutenant-général Frédéric « Ben » Hodges, commandant des forces américaines en Europe, a déclaré : « Trois ans après que les derniers chars américains aient quitté le continent, nous devons les y remettre ». Il a fait la déclaration lors d’une visite à l’école de logistique de la Bundeswehr à Garlstedt, en Basse-Saxe. Il a déclaré aux journalistes que ces mesures étaient une « réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et à l’annexion illégale de la Crimée ».

    La Russie se prépare à la guerre, a affirmé le général. Tous les ministères russes, a-t-il déclaré : « se prépareront en conséquence, mobilisez-vous, si vous voulez ». Il a continué : « Cela ne signifie pas nécessairement qu’il doit y avoir une guerre, rien de tout cela n’est inévitable, mais Moscou se prépare à cette possibilité ».

    Cette présentation tourne la réalité à l’envers. Le déploiement de troupes de combat américaines fait partie des préparatifs de l’OTAN en vue de la guerre contre la Russie, culminant d’une expansion continue vers l’est de l’OTAN depuis la dissolution de l’Union soviétique il y a 25 ans.

    En Ukraine, ce n’est pas la Russie qui est l’agresseur, mais les États-Unis et l’OTAN. Washington et Berlin, en étroite collaboration avec les forces fascistes, ont organisé un coup d’État contre le président pro-russe, Viktor Ianoukovitch, au début de 2014, en installant un régime nationaliste et férocement anti-russe à Kiev. Ce mouvement a déclenché une rébellion séparatiste par les régions russophones de l’est du pays, que Moscou a soutenu et que le gouvernement de Kiev, soutenu par les armes et l’argent des occidentaux, a cherché, sans succès, à supprimer violemment.

    Les événements en Ukraine ont été saisis par les États-Unis, l’Union européenne et l’OTAN pour imposer des sanctions économiques et diplomatiques et étendre considérablement les forces militaires de l’OTAN le long de la frontière occidentale de la Russie.

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