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Les contradictions dialectiques de la connaissance humaine du monde

mercredi 28 décembre 2016, par Robert Paris

« C’est à travers une série continue de contradictions et d’oppositions entre l’expérience et la théorie que la connaissance trouve les conditions nécessaires de son développement. »

Paul Langevin, « La Pensée et l’Action »

Les contradictions dialectiques de la connaissance humaine du monde

Pour nombre de gens et d’auteurs, la connaissance est la masse de vérités solidement établies, presque indiscutables ou reconnues par des autorités de spécialistes eux-mêmes indiscutables. En ce sens, on pourrait croire que la vérité s’opposerait diamétralement à l’erreur ou au mensonge, à l’ignorance et à la supposition arbitraire. En fait, ce n’est pas du tout ainsi que fonctionne la connaissance humaine du monde. Chaque connaissance est plutôt une étape historique amenée à être remise en question sans que l’on puisse deviner quand ni pourquoi, ni même sur quel point. Les « vérités » aussi fermes que 2+2=4 ne sont pas des connaissances sur le monde mais des pensées humaines sur la pensée humaine ce qui est très différent. Toutes les prédictions, celle de Rutherford, de Kelvin ou de Michelson, ces physiciens qui affirmaient que la science avait atteint son but, ne se sont jamais révélées fondées. Rappelons par exemple, ce que disait Michelson en 1894 : « Les lois et les faits majeurs qui fondent la physique ont tous été découverts, et ils sont aujourd’hui si fermement établis que la possibilité qu’ils soient remis en question par de nouvelles découvertes est extrêmement faible. » En 1900, Lord Kelvin prétendait devant la Royal Institution de Londres que la physique était quasiment entièrement comprise : « La connaissance en physique est semblable à un grand ciel bleu, à l’horizon duquel subsistent seulement deux petits nuages d’incompréhension. ». Ces deux problèmes non-résolus était l’expérience de Michelson-Morley (incompatible avec la théorie de l’éther) et celui du rayonnement du corps noir. Ces deux "nuages" allaient cependant rapidement mener à la création de deux branches supplémentaires de la physique : la mécanique quantique et la relativité, branches qui révolutionnaient ce que l’on croyait précédemment en Physique.

Bien des gens pensent aussi que ce sont forcément des expériences nouvelles qui ont dû amener des connaissances nouvelles et ce n’est pas si vrai que cela. Par exemple, en physique quantique, il y a de nombreuses expériences anciennes dont l’interprétation a été plusieurs fois réinterprétée, chaque nouvelle interprétation entraînant une véritable révolution conceptuelle. On peut citer ainsi l’expérience des fentes de Young, l’effet Hall ou les expériences de l’électromagnétisme. La gravitation elle-même a entièrement changé d’interprétation sans qu’on observe quelque chose de plus sur les objets qui gravitent et sans qu’on puisse observer en direct le phénomène de gravitation. Ce ne sont pas des changements radicaux dans les observations du Soleil qui ont amené notre compréhension totalement changée de la source d’énergie nucléaire de cette étoile. La connaissance n’est pas une accumulation d’observation, ni une généralisation simple de celles-ci. Observer le soleil ne nous éclaire pas plus qu’observer la matière ou observer la vie. Encore faut-il concevoir à quelle échelle observer et quelles observations souligner et analyser.

Il y a dans la connaissance à la fois un processus d’accumulation de choses qui semblent acquises et, au contraire, un processus de remise en question d’anciennes idées. C’est donc bel et bien un processus dialectique qui a cours dans la connaissance humaine.

Ainsi, bien des gens croient que diffuser une connaissance scientifique consiste seulement à la faire connaître « en positif », c’est-à-dire à évacuer tout ce qu’il a fallu combattre d’idées précédentes pour la développer. Mais la recherche scientifique a, elle, toujours besoin de connaître le cheminement qui a mené à une notion, à une conception, à une loi, à toute découverte scientifique car c’est de ce cheminement contradictoire, de ce combat d’idées, que viennent les idées nouvelles. Les avancées histoiruqes ne se produisent pas en dehors du cheminement historique. L’idée de discontinuité a progressé dans un combat permanent contre l’idée de continuité, si bien que l’on ne peut absolument pas les considérer séparément ni dans une opposition diamétrale puisqu’elles sont interpénétrées et interdépendantes. Cela ne signifie pas que la science n’aboutisse à rien ni ne fasse que tourner en rond. La discontinuité a vaincu en physique mais elle doit toujours se battre contre le continu. Et d’autre aprt, le discontinu produit toujours des phénomènes apparemment continus ou se comportant patrtiellement comme du continu. D’autre part, même les phénomènes les plus sûrs de la discontinuité ont besoin d’une philosophie du continu : les mathématiques des différentielles et des intégrales. Le combat n’est jamais définitif ni dépassé. Il change de forme, de point central, d’ojet, mais il ne s’arrête pas.

La philosophie des religions révélées est fondée sur des « vérités » indiscutables ou des autorités indiscutables mais tel n’est pas le cas de la recherche de connaissances sur le monde. Elles sont humaines et non divines donc imparfaites, discutables, remettables en question, partiellement ou fondamentalement. La remise en question n’est pas un échec mais une partie indispensable du processus de la connaissance. Opposer diamétralement vérité et erreur, connaissance et ignorance n’est pas la philosophie de la science. Quand un scientifique émet une théorie il ignore encore si elle pourra être reconnue et, si on exigeait de n’émettre que des conjectures d’avance reconnues en termes de théorie, il n’existerait aucune théorie sur le fonctionnement de l’Univers. Les oppositions diamétrales entre concepts n’ont pas cours en sciences. Bohr rappelait que « la plupart des vérités profondes en sciences sont telles que leur contraire est encore une vérité profonde » !!! Par exemple, le monde matériel est atomique et, pourtant, on remarque aussi que le réductionnisme de l’atome est une thèse erronée. Il existe des particules élémentaires et, pourtant, l’élémentarité est relative aux interactions. L’univers matériel est un jeu de construction dont les briques sont les particules matérielles mais, sans les corpuscules d’interactions, qui ne sont pas matérielles, l’univers matériel que nous connaissons n’existerait pas. Dans l’univers à notre échelle, la masse pesante de la matière et la gravitation nous semblent les phénomènes principaux de la physique avec le mouvement, le choc, la chaleur et le frottement, des phénomènes que l’on interprète souvent de manière mécanique. Pourtant, l’essentiel de la physique est l’électromagnétisme et l’énergie nucléaire de la matière, deux domaines qui ne font pas partie de la mécanique.

D’autres idées profondes en sciences sont telles que leur contraire est tout aussi profond. On peut citer l’idée selon laquelle « l’Univers est déterministe (obéit à des lois » » ou encore selon laquelle « la matière s’oppose au vide », ou bien « la matière s’oppose à la lumière ». Ou encore l’idée selon laquelle « rien n’est créé à partir de rien » et aussi l’idée selon laquelle « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». On peut également donner l’exemple de l’affirmation : « Le tout est la somme des parties ».

Les phénomènes physiques que nous observons communément sont fondés sur des contradictions qui fondent la dynamique et la stabilité de l’objet d’observation et sont à la fois constructrices et destructrices, à la fois stables et instables, continues et discontinues. Les contraires y sont indispensables à l’existence des objets, comme la gravitation et l’énergie nucléaire sont deux forces opposées au sein de l’étoile et qui fondent son équilibre, l’une rayonnant vers l’extérieur pendant que l’autre produit la concentration vers l’intérieur.

Les domaines pour lesquels la connaissance est contradictoire au sens dialectique sont très nombreux et fondés sur l’interpénétration des domaines opposés tout en étant interdépendants : connaissance/ignorance, sujet/objet, homme/univers, observation/transformation, expérience/théorie, induction/déduction, abstrait/concret, précision/imprécision, interaction d’échelles, ordre/désordre, prédictibilité/imprédictibilité, hasard/lois, corps/esprit, sens/intelligence, idées préexistantes / idées nouvelles, idées collectives / idées personnelles, philosophie/science, global/local, réductionniste/holiste, simple/complexe, stable/instable, continu/discontinu, virtuel/réel, abstrait/concret, etc.

Aucun des couples d’opposés précédemmment cités, et qui tous font partie du problème de la connaissance, ne sont séparables ni opposables diamétralement, et ils sont tous interdépendants, interféconds, interproduits, interinhibiteurs comme interactivateurs. Ce sont des couples d’opposés dialectiques. Leur interaction donne naissance à de multiples problèmes connus qui caractérisent les difficultés de conception de la connaissance humaine.

Quelles sont en effet ces difficultés ? Elles tiennent à la fois à la nature dialectique de l’effort de connaissance par le cerveau, à la nature de la matière à observer et à l’interaction entre les deux, qui ne peut se contenter d’observation et doit faire appel à un contraire dialectique de l’induction liée à cette observation : la déduction.

La réalité à observer est en effet dialectique à toutes les échelles comme dans les interactions entre les échelles. La dialectique est présente au sein de la physique quantique comme de la physique classique. Cela repose notamment sur les contradictions dialectiques ordre/désordre, que ce soient celles de la thermodynamique, des chocs, des mouvements dynamiques de la mécanique, des structures de la matière, etc…

Le fonctionnement du cerveau a de multiples niveaux d’interactions dialectiques entre les contraires, entre conscience et inconscience, entre virtuel et réel, entre imaginaire et réellement observé, entre échelles de durée des messages neuronaux, entre neurones, entre circuits neuronaux, entre activation et inhibition, entre zones du cerveau, entre circuit nerveux sympathique et parasympathique et on en passe…

Le monde à observer nous est à la fois intérieur et extérieur. Les lois du monde matériel sont celles que nous étudions mais elles déterminent aussi le fonctionnement de notre matériel neuronal qui est à la base des fonctionnements du cerveau. Mais ce dernier est émergent par rapport à une agitation d’une quantité de neurones, de même que le fonctionnement matériel est émergent par rapport à l’agitation d’une quantité de particules virtuelles du vide.

La pensée humaine, elle aussi, est émergente par rapport à une grande quantité d’influx nerveux et de communications chimiques entre neurones.

Il n’y a aucun réductionnisme dans tous ces domaines et cependant les niveaux d’organisation de la matière imposent de reconnaitre l’existence de structures discrètes qui interagissent : le neurone ou le circuit neuronal ou encore la carte neuronale pour le cerveau, la particule virtuelle, la particule réelle, le noyau, l’atome, la molécule pour la matière. Ces structures se forment bel et bien mais elles ne sont pas des états figés. Elles entrent dans des relations dynamiques qui s’établissent et se dissolvent successivement, montrant l’existence de tendances contradictoires qui coexistent et se combattent ou se combinent sans cesse.

Les difficultés de la connaissance humaine proviennent de ce caractére contradictoire de la réalité et pas seulement de difficultés subjectives de l’homme.

Les premiers philosophes comme les premiers scientifiques ont pensé que la contradiction provenait nécessairement d’une faiblesse humaine et qu’un progrès de la capacité de l’homme, que ce soit un progrès en termes de capacités d’expérimentation ou un progrès théorique, finirait par avoir raison de ces contradictions. En fait, les contradictions sont dépassées mais le dépassement mène, dialectiquement, à un autre niveau tout aussi contradictoire.

Si la connaissance menait à des notions, des définitions, des objets, des lois sans contradiction dialectique, il faudrait que ces aboutissements de la connaissance soient non contradictoires ou soient contradictoires de manière non dialectique, c’est-à-dire mènent à des opposés qui ne se composent pas, qui s’éliminent mutuellement, qui ne fondent pas de nouvelles échelles de réalité, elles-mêmes contradictoires.

Pour donner un exemple de contradiction dialectique qui n’a jamais pu être tranchée ou niée, on peut citer les opposés onde/corpuscule, espèce vivante/individu vivant, matière inerte/matière vivante, discontinuité/continuité, matière/lumière, matière/vide, génétique/épigénétique, etc, etc.

Aucun concept scientifique n’échappe à la nécessité d’une définition dialectique par deux notions opposées mais aussi composées, que ce soit l’énergie, l’objet, le mouvement, la matière, la force, etc.

La description de « ce qui se passe quand » en physique a posé problème en physique quantique comme cela est bien connu mais elle en pose tout autant en fait dans bien d’autres domaines de la physique. La description de la réalité ne peut utiliser que le langage humain qui n’est pas identique au phénomène décrit. L’expression « particule » ne colle pas avec le phénomène « particule », de même que l’expression « énergie » ne colle pas avec le phénomène « énergie », etc.

Toutes les fois que l’on a affaire avec des couples de contraires, ceux-ci ne peuvent pas être séparés, puis l’un d’entre eux choisi au détriment de l’autre, l’un détruit définitivement en faveur de l’autre. Au contraire, les deux sont aussi indispensables l’un à l’autre que matière et énergie, qu’ordre et désordre, que structuration et déstructuration, qu’hasard et nécessité, qu’onde et corpuscule, que continuité et discontinuité, que matières et interactions, que virtuel et réel, c’est-à-dire durable et fugitif, que lent et rapide et on en passe…

Bon nombre de philosophes ont longtemps cru que la seule contradiction posée par la question de la connaissance était celle du sujet et de l’objet mais c’est faux. Le sujet est contradictoire par lui-même et se contredit sans cesse au cours de la dynamique qui est indispensable à son mode de fonctionnement, à son existence, à son apparition et à sa disparition. Il en va de même du message neuronal qui fonde la pensée humaine ou encore du fonctionnement neuronal qui lui donne une base matérielle.

Le monde est-il formé de particules de masse ou de lumière (c’est-à-dire de fermions ou de bosons, de particules de matière ou d’interaction) ? Les deux et les deux sont indispensables l’un à l’autre sans que l’on puisse dire que l’un prendrait le pas sur l’autre.

Le monde est-il formé de matière ou de vide ? Même type de réponse. La matière est formée de vides et le vide de matière éphémère…

Le cerveau est-il fondé sur des interactions chimiques ou électriques entre neurones ? Les deux. Est-il fondé sur le neurone, sur le réseau neuronal, sur la carte neuronale, sur l’interaction entre zones neuronales ? Tout à la fois les uns et les autres !

Le fonctionnement du vivant est-il intérieur à la cellule, à l’organe, à l’organisme, à l’individu, au groupe, à l’espèce, au groupe d’espèces. A la fois les uns et les autres.

Les niveaux hiérarchiques intéragissent en s’opposant mais ils coexistent et se composent en même temps…

Les plus hauts niveaux hiérarchiques sont émergents sur la base des niveaux inférieurs mais même cette relation n’est pas sans rétroaction.

Le monde n’est pas une structure seulement de la matière mais une structure des interactions, ce qui est très différent car les deux types de structuration sont coexistents, contradictoires et interdépendants.

On connaît un exemple de cette situation qui est celle de la génétique où intervient le niveau des gènes, des interactions entre gènes mais aussi de la structuration des rythmes d’interventions des gènes et de l’ordre de leur intervention, qui est une structuration des interactions et plus seulement une structuration des gènes eux-même.

On trouve la même situation concernant la matière dite inerte. Les particules d’interactions doivent se structurer autant que les particules de matière. Et les deux modes de structuration, qui sont différents comme le montrent les deux « démographies » bosonique et fermionique, opposées, se composent cependant.

Dans tous ces exemples, les contraires sont capables de s’échanger l’un dans l’autre de manière spontanée.

En effet, matière et lumière s’échangent l’un dans l’autre, tout comme matière et vide, onde et corpuscule, inerte et vivant, etc….

La connaissance ne combat pas formellement ni métaphysiquement l’ignorance, mais de manière dialectique. Plus la connaissance se développe et se complexifie, plus l’ignorance en fait de même et on ne peut pas dire qu’un fasse directement reculer l’autre. Plus on sait de chose, plus on en apprend sur les choses que l’on ne sait pas. Plus on développe nos connaissances sur les lois, plus on apprend à comprendre leurs limites et les domaines où elles ne s’appliquent pas ou ont des lois qui les combattent.

Inversement, la connaissance des limites des capacités humaines de compréhension, d’interprétation, de description, de transformation, d’analyse du fonctionnement réel ne sont pas des reculs de notre connaissance mais de nouvelles avancées de celles-ci, même lorsqu’elles prouvent l’existence de limites infranchissables. Ainsi, on a plus appris sur la matière en découvrant les inégalités d’Heisenberg limitant la possibilité de connaitre à la fois vitesse et position en physique quantique. Certes, cela a permis de montrer qu’on ne pouvait pas suivre les particules comme des objets se déplaçant sur des trajectoires comme en mécanique classique mais cela nous a permis de comprendre bien plus clairement la nature intrinsèquement contradictoire de la matière, à la fois ondulatoire et corpusculaire à toutes les échelles.

La connaissance est-elle obéissance à une ancienne autorité ou combat contre celle-ci ? Est-elle accumulation de vérités ou découvertes de faits contredisants ce qu’on croyait savoir ? Est-elle une construction autour d’anciens concepts ou une destruction périodique de ceux-ci ? Est-elle abstraite ou contraite, théorisation ou expérimentation ? Les deux à la fois bien entendu et pourtant les deux processus sont contradictoires. Ils sont indispensables l’un à l’autre. On ne peut pas comprendre un réseau de concepts scientifiques par exemple sans comprendre aussi comment ils ont détrôné les anciens concepts.

Dans tous les processus de la matière, du cerveau et de la connaissance, la destruction est indispensable à la construction, la déstructuration indispensable à la structuration, le retour au concret indispensable à l’abstraction, l’imagination indispensable à l’observation, la création intellectuelle indispensable à l’expression objective du fonctionnement réel.

Toutes les idées scientifiques, considérées comme les plus sures, ont été contredites d’une manière ou d’une autre. Toutes les autorités scientifiques aussi. Toutes les philosophies scientifiques également.

Et cela ne veut pas dire que la science n’arrive à rien, que tout est faux ni que n’importe quoi peut être vrai, bien entendu, mais que le chemin de la science est un parcours, un cheminement sans fin, et non un aboutissement final.

Faire progresser la connaissance, c’est nécessairement contredire d’anciennes conceptions et parfois la contradiction est carrément révolutionnaire, renverse un ancien ordre des idées.

La connaissance n’est pas un objet, pas un fait, pas un but, pas un point terminal mais un combat, un mode d’action, un mode de confrontation, une lutte qui passe de contradictions en nouvelles contradictions, sans pour autant stagner, ne faire que tomber d’erreurs en erreurs.

Pourquoi la pensée, la recherche sur le monde, sont forcément révolutionnaires

La dialectique, un simple mode de pensée ?

La science a besoin d’une pensée ?

Qu’est-ce que la dialectique ?

Les contradictions dialectiques

Dialectique de la pensée et du langage

Penser, c’est trouver des paradoxes

Dialectique de la vie

Dialectique du sujet et de l’objet

Dialectique de la connaissance et de l’ignorance

Dialectique du faux et du vrai, de l’erreur et de la vérité, du cheminement de la connaissance

Dialectique de la nature

Dialectique du cerveau

Dialectique naturelle et sociale

Dialectique de la matière et du vide

Dialectique de l’espèce vivante

Dialectique de la pensée scientifique

Dialectique de l’intelligence

Dialectique de l’imaginaire, de l’irrationnel et du réel

Dialectique de la matière et du mouvement

Dialectique de la matière et de la lumière

Dialectique du hasard et de la nécessité

Dialectique du virtuel et du réel

Dialectique du conscient et de l’inconscient

Dialectique des deux hémisphères cérébraux

Dialectique de l’observation et de la théorie (contre l’empirisme)

Dialectique de l’abstrait du concret

Dialectique de la vie et de la mort

Dialectique de la construction et de la destruction

Dialectique du discontinu et du continu

Dialectique de la physique quantique

Dialectique de l’inerte et du vivant

Dialectique du concept

Dialectique de la plante

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  • « Depuis Kant bien entendu, nous avons une théorie propre de la connaissance et, d’autre part, la psychologie est bien là qui prétend être, de par ses revendications d’exactitude scientifique, la science générale fondamentale de l’esprit. Mais notre espoir d’une rationalité véritable, c’est-à-dire d’une intelligence véritable, est ici comme partout déçu. Les psychologues ne remarquent aucunement qu’eux non plus n’accèdent pas à eux-mêmes en tant que scientifiques opérants, ni à leur monde environnant de la vie en tant que thème. Ils ne remarquent pas qu’ils se présupposent par avance nécessairement en tant qu’hommes en communauté dans leur monde environnant, en tant qu’hommes du temps historique, lors même qu’ils veulent par là même atteindre cet objectif de la vérité en soi, valable absolument pour chacun. Par son objectivisme, la psychologie ne peut en aucune manière admettre pour thème l’âme, c’est-à-dire le moi qui agit et pâtit, en son sens propre et essentiel. Si elle peut objectiver et traiter de manière inductive le vécu de valeur, le vécu de volonté, dispersés dans la vie corporelle, le peut-elle aussi à propos des fins, des valeurs, des normes, peut-elle faire de la raison son thème, disons en tant que « disposition » ? Cela reviendrait à négliger entièrement le fait que l’objectivisme, en tant que production authentique du chercheur s’orientant à partir de normes véritables, présuppose précisément ces normes, donc cela reviendrait à négliger ceci que l’objectivisme ne saurait être dérivé de faits, car les faits sont déjà en cela pensés comme des vérités, et non comme des imaginations. »

    Husserl dans « La crise de l’humanité européenne et la philosophie »

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