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Editorial 09-04-2010 - Rwanda 1994 - N’ayons pas peur de savoir...

vendredi 9 avril 2010, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Rwanda : n’ayons pas peur de savoir…

Il y a exactement seize ans, vous vous souvenez ? Eh oui ! C’était jour pour jour, en avril 1994, au Rwanda... Le génocide d’environ un million d’hommes, de femmes et d’enfants, des civils qui n’étaient pas en train de contester ni de se mobiliser et qui, pourtant, ont été massacrés.

Oui, je sais, vous êtes au courant... Vous savez tout ce qu’"il faut savoir" sur ce "malheur" qui a frappé l’Afrique une fois de plus... Et vous pensez que les grandes puissances ont été trop silencieuses ou trop impuissantes, la France en premier bien sûr...

Eh bien, désolé de vous contredire. Les grandes puissances ont été particulièrement présentes et efficaces, la France en premier mais aussi le groupe USA-Angleterre, le groupe concurrent...

Non, il n’y a pas eu de haine ancestrale entre Hutus et Tutsis. S’il en fallait une preuve, il suffirait de dire que c’est la France - la plus proche du régime à l’époque - qui a réalisé des passeports avec la mention "hutu" et "tutsi" car, sans la mention, impossible de reconnaître Hutus et Tutsis tant les mariages entre les deux groupes étaient fréquents, ce qui n’est pas le cas entre ethnies...

Et la France a fait bien d’autres cadeaux de ce type. Elle était présente par ses forces armées sur place aux barrages qui faisaient le tri à l’aide de ces fameux passeports ethniques afin d’envoyer sous terre les Tutsis. Vous ne pouvez pas le croire et comme on vous comprend.

Les forces armées avaient des mois avant formé les tueurs à la manière la plus sure de tuer avec une machette... Vous ne pouvez pas le croire et c’est bien normal...

Ils avaient d’ailleurs formé dans des camps français au Rwanda toutes les troupes fascistes du génocide. Vous ne pouvez pas le croire mais il y a eu des images de ces entraînements...

Ils ont d’ailleurs formé le gouvernement génocidaire dans l’enceinte même de l’ambassade de France à Kigali. Si c’était vrai, ça se saurait. Tiens donc ! On croyait que vous saviez tout sur le génocide ?...

L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux : militaire : avant le génocide en bloquant l’avancée du FPR sur Kigali et en enseignant l’art de tuer aux futures milices génocidaires ; pendant le génocide en livrant des armes et du matériel de communication et en aidant au tri ethnique des victimes en éditant les cartes d’identités avec la mention « hutu » et « tutsi » et ensuite lors des contrôles d’identité. N’oublions pas que, durant les années qui ont précédé le génocide, le chef d’Etat major de l’armée rwandaise est un officier français.

Quel intérêt pouvait donc avoir la France, dirigée par François Mitterrand aidé de Védrine et aussi Balladur, Léotard aidés de De Vilepin, à aider des fascistes africains pour réaliser un tel massacre ? C’est vraiment incroyable !

Les génocides fascistes ont toujours l’air incroyables, inexplicables et les grandes puissances font toujours semblant de les découvrir mais elles ont toujours été complices. Et ce pour une raison de classe : il n’y a jamais eu de massacre fasciste sans que pèse sur les classes dirigeantes une grave menace sociale. En l’occurrence, plus de la moitié de la population, tous les opprimés étaient mobilisés, dans la rue, dans la capitale et refusait de craindre les forces armées de la dictature. Voilà les conditions qui nécessitaient pour les classes dirigeantes de fabriquer des forces supplétives fascistes. On ne trouve pas ainsi des troupes de la contre-révolution quand les classes dirigeantes ne se sentent pas menacées par la révolution. On ne trouve pas de complicité chez tous les impérialismes non plus si cette menace sociale n’existe pas. Voir les fascismes italiens, allemands ou français...

En 1990, c’est la révolte sociale qui est descendue dans les rues de la capitale, Kigali, bravant la dictature militaire, dans le cadre d’un soulèvement presque général à l’Afrique (rappelez-vous la chute de Moussa Traoré au Mali). Pendant deux ans, tous les opprimés se sont soulevés quelque soient leurs origines et ils ont bravé le pouvoir au point que celui-ci a été contraint, pour calmer la révolte, de mettre des membres de l’opposition démocratique à la tête du gouvernement.

Le Rwanda, c’est un massacre d’Etat et avec la caution de toutes les grandes puissances. Comme tous les autres massacres fascistes. Ce n’est pas spécifique à l’Afrique... Ne l’oublions pas.

3 Messages de forum

  • Les forces armées avaient des mois avant formé les tueurs à la manière la plus sure de tuer avec une machette... Vous ne pouvez pas le croire et c’est bien normal...

    Ils avaient d’ailleurs formé dans des camps français au Rwanda toutes les troupes fascistes du génocide. Vous ne pouvez pas le croire mais il y a eu des images de ces entraînements...

    Ils ont d’ailleurs formé le gouvernement génocidaire dans l’enceinte même de l’ambassade de France à Kigali. Si c’était vrai, ça se saurait. Tiens donc ! On croyait que vous saviez tout sur le génocide ?...

    L’impérialisme français, sous la direction du président « socialiste » François Mitterrand (ainsi que de la cellule spéciale de l’Elysée pour la Rwanda) et du gouvernement de droite Balladur-Léotard, n’a pas été passif : il a apporté son soutien, plein et entier, aux extrémistes hutus à plusieurs niveaux :

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  • List of concerned french personalities accused by the rwandan commission of inquiry for their supposed political and military responsability in the rwandan genocide -

    Liste des personnes françaises concernées dans l’acte d’accusation rwandais pour responsabilité politique et militaire supposée dans le génocide rwandais :

    François Mitterrand


    Head of French State (1982-1995) - Chef de l’Etat français

    Édouard Balladur


    French Prime Minister - Premier ministre français

    Alain Juppé

    Minister of Foreign Affairs (1993-1995) - Ministre des affaires étrangères

    François Léotard

    Minister of Defence (1993-1995) - Ministre de la défense

    Dominique de Villepin

    Office of Foreign Affairs - Ministère des affaires étrangères

    Hubert Védrine

    Secretary-General to the Presidency - Secrétaire général de la présidence

    Bruno Delaye

    Head of African Affairs at the Presidency
    (successor Jean-Christophe Mitterrand since 1992) - Chef des Affaires Africaines de la présidence (successeur de Jean-Christophe Mitterrand depuis 1992)

    Marcel Debarge

    Minister of Cooperation and Development (1992, 1993) - Ministre de la coopération et du développement

    Jean-Christophe Mitterrand

    Head of Africa Cell (1986-1992) - Chef de la cellule spéciale africaine de l’Elysée pour le Rwanda

    Paul Dijoud

    Director of African and Malagasy Affairs, Ministry of Foreign Affairs - Directeur des affaires africaines et malgaches, ministre des affaires étrangères

    Georges Martres

    Ambassador of France to Rwanda (1989-1993) - Ambassadeur de France au Rwanda

    Jean-Michel Marlaud

    Ambassador of France to Rwanda (1993-1994) - Ambassadeur de France au Rwanda

    Jean-Bernard Mérimée

    French Permanent Representative to the UN Militaries - Représentant français auprès des forces armées des Nations Unies

    Lanxade


    Admiral and French Chief of Staff - Amiral et Chef d’Etat-Major des armées

    Christian Quesnot


    General and Chief of Staff to the President of the Republic - Général et Représentant des armées auprès de la présidence de la république

    Jean-Pierre Huchon


    General and Head of military cooperation at the Ministry of Cooperation - Général et Chef de la coopération auprès du ministère de la coopération

    Germanos


    General and Vice-head of Military Missions May 1994 - Sept. 1995 - Général et commandant en second des missions militaires

    Maurin


    Lieutenant-Colonel and Chief Defence Operations 1992 – 1994 - Lieutenant-colonel et chef des opérations militaires

    Chollet


    Colonel and Chef DAMI March 1991 – Feb. 1992 - Colonel et Chef du DAMI

    Tauzin / Thibault


    Colonel and Military Advisor to the French government - Colonel et conseiller militaire du gouvernement français

    Canovas


    Colonel and Advisor of Military - Colonel et conseiller militaire

    Bernard Cussac


    Colonel and French military attaché and head of the French military assistance mission to Rwanda - Chief Military Cooperation July 1991 – April 1994 - Colonel et attaché militaire français au Rwanda - Chef de la coopération militaire

    Galinié


    Colonel and French military attaché and head of the French military assistance mission to Rwanda - Chief Military Cooperation August 1988 – July 1991

    Jacques Rosier


    Colonel and Chief COS during Turquoise - Colonel et chef du COS durant l’opération Turquoise

    de Saint Quentin


    Commander and Technical Advisor Military - Commandant et conseiller technique militaire

    Robardey


    Major and Technical Advisor Gendarmery - Major et conseiller technique de la gendarmerie

    Roux


    Major and Technical Advisor Presidential Guard - Major et conseiller technique de la garde présidentielle

    Joubert


    Capitain and Chief DAMI December 1992 – May 1993 - Capitaine et chef du DAMI

    Sartre


    Colonel and Chief group North Turquoise - Colonel et chef de l’opération Nord de Turquoise

    Marin Gillier


    Captain and Responsible detachment Turquoise Gishyita - Capitaine et responsable du détachement Turquoise à Gishyita

    de Stabenrath


    Lieutenant-Col. and Commander Turquoise at Gikongoro - Lieutenant-colonel et commandant de l’opération Turquoise à Gikongoro

    Hogard


    Colonel and Chief group Turquoise - colonel et chef de groupe de l’opération Turquoise

    Jean-Claude Lafourcade


    General and Commander Operation Turquoise - Général et commandant de l’opération Turquoise

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